Auteur/autrice : Éric

  • Avec des lettres de A à Z

    Le truc que j’ai du faire avec quasi­ment tous les langages mais pour lequel j’ai rare­ment trouvé une solu­tion satis­fai­sante : trans­for­mer un texte en reti­rant tous les accents et conver­tis­sant les lettres pour ne garder que les a à z.

    Tant que je me limite au français, italien et espa­gnol, j’ai une suite de recher­cher-rempla­cer qui me suffit :

    const ascii_replacements = [
      ['áàâä', 'a'],
      ['éèêë', 'e'],
      ['íìîï', 'i'],
      ['óòôö', 'o'],
      ['úùûü', 'u'],
      ['ñ', 'n'],
      ['æ', 'ae'],
      ['œ', 'oe'],
    ].map(([search, replace]) => [
      [new RegExp(search, 'gu'), replace],
      [new RegExp(search.toUpperCase(), 'gu'), replace.toUpperCase()],
    ]).flat()
    
    function ascii(text) {
      return ascii_replacements.reduce(
       (text, [search, replace]) => text.replace(search, replace),
       text
      )
    }

    Le gros problème c’est qu’il faut tout lister et que dès que je m’aven­ture hors du français, je risque d’en oublier.

    Via Le Hollan­dais Volant, une solu­tion qui utilise normalize :

    text.normalize("NFD").replace(/\p{Diacritic}/gu, "");

    C’est plus court, presque magique, mais en géné­ral j’ai aussi besoin de conver­tir æ et œ, qui seront oubliés ici. Il faut donc ajou­ter ces deux cas et leur version en majus­cule. Du coup c’est mieux mais pas encore ça.

    On peut se dire qu’en échange ça fonc­tionne pour toutes les langues, pas que le français, mais c’est passer à côté des spéci­fi­ci­tés locales. Si en français ö peut être dégradé en o, en alle­mand c’est l’équi­valent de oe.

    Reti­rer les signes diacri­tiques ne suffit pas pour obte­nir une version accep­table. La conver­sion dépend de la langue. L’al­le­mand est loin d’être la seule langue avec ce type de spéci­fi­ci­tés. Il faudra aussi ajou­ter les lettres propres à chaque langues, comme ß qui donne­rait ss.

    Par le passé j’ai utilisé iconv en PHP. Je me souviens que ce n’était pas parfait mais ça faisait ce type de job.

     iconv('UTF-8', 'ASCII//TRANSLIT', $text)

    Il faut juste penser à bien défi­nir la bonne locale avant. Ce n’est pas un défaut, c’est une fonc­tion­na­lité : Le résul­tat sera diffé­rent pour diffé­rentes locales.

  • Bicy­code

    Ça y est, j’ai un fait faire tatouage.

    Non, pas pour moi, pour mon vélo.

    C’est marrant mais ça renforce l’im­pres­sion d’avoir un vélo de grand, à moi, un qu’il faut réfé­ren­cer à mon nom.

    Le vélo, le code

    Du coup je suis passé à la Maison du Vélo à Lyon, et l’ac­cueil était super sympa. Ça prend 5 minutes et les quelques euros incluent l’adhé­sion à l’as­so­cia­tion.

    Je m’at­ten­dais à une machine type marteau piqueur. Je me suis retrouvé avec quelque chose plus proche du pyro­gra­veur du petit cousin en terme de niveau sonore.

    La bête (via)

    Faites marquer vos anciens vélos. Ça n’em­pêche pas le vol mais ça dissuade un peu et ça complique la vie des reven­deurs.

  • Lecture : 1 000 km à travers la Lapo­nie

    Arnaud Maza­nini a achevé son projet North­cal­ling : l’ul­tra-cycliste français a roulé près de 1 000 km jusqu’au Cap Nord, traver­sant la Lapo­nie. Par moins trente, bravant la tempête (et les tests PCR) consom­mant plus de 6000 KCal par jour.

    https://www.lequipe.fr/Velo-mag/Parcours/Actua­lites/1–000-km-a-travers-la-lapo­nie-le-recit-de-l-expe­di­tion-hiver­nale-d-arnaud-maza­nini/1311556

    De fait, les jours suivants, Arnaud roule­rait « à la tempé­ra­ture » comme d’autres roulent « au capteur de puis­sance » ou « au cardio ». « J’ai géré, de sorte à me main­te­nir entre 37,4°C et 37,6°C. Ainsi je ne trans­pi­rais pas, donc je ne gelais pas, donc je ne m’ar­rê­tais pas, je gagnais du temps. En fait la tempé­ra­ture corpo­relle est une clé de la perfor­mance. »

  • GPS illus­tré

    Global Posi­tio­ning System is, without a doubt, one of the most useful inven­tions of the late 20th century. It made it signi­fi­cantly easier for ships, airplanes, cars, and hikers to figure out where they are with high degree of accu­racy.

    https://ciecha­now.ski/gps/

    Cet article est juste excep­tion­nel. On explique tout le GPS, depuis la trian­gu­la­tion dans un espace à trois dimen­sion jusqu’au déco­dage radio, en passant par les ques­tions de trajet élip­tique et dérives de temps dues à la rela­ti­vité.

    Il faut tout ça et ça reste tota­le­ment acces­sible, à base d’illus­tra­tions qui se mani­pulent dans la page. Incroyable.

    À lire jusqu’au bout (via Nim)

  • Engi­nee­ring Ladders

    This frame­work allows soft­ware engi­nee­ring mana­gers to have meaning­ful conver­sa­tions with their direct reports around the expec­ta­tions of each posi­tion and how to plan for the next level in their career ladder.

    http://www.engi­nee­rin­glad­ders.com/

    Je regrette de ne pas avoir trouvé ça il y a quelques mois. J’ai défini mes grilles de carrière sous forme de tableaux fixes et je trouve ce système bien plus adapté pour diffé­ren­cier les progres­sions.

  • Quelques décou­vertes sur les trot­ti­nettes élec­triques

    Le code de l’EDPM (Trot­ti­nette, hover­board, gyro­roue, gyro­po­de…) tuto­riels vélo

    J’ap­prends que les vélos et les trot­ti­nettes élec­triques ne sont pas dans la même caté­go­rie. Les dernières étant dans les EDPM (engins de dépla­ce­ment moto­ri­sés), avec les consé­quences suivantes :

    • L’as­su­rance est obli­ga­toire — si les assu­rances couvrent les cycles, elles ne couvrent pas toujours les EDPM — avec quand même une amende de 3 750 €
    • Les M12 (qui trans­forme le feu rouge en céder le passage pour les vélo) sont réser­vés aux cycles et ne concernent pas les EDPM qui doivent respec­ter le feu en toute occa­sion
    • Les voies bus ouvertes aux cyclistes ne sont pas ouvertes aux EDPM si cette caté­go­rie n’est pas indiquée expli­ci­te­ment en plus des cycles (c’est à dire jamais à ma connais­sance)
    • À l’in­verse, l’EDPM doit obli­ga­toi­re­ment utili­ser la piste cyclable si elle existe, même si cette dernière n’est pas obli­ga­toire pour les cycles (panneau carré plutôt que panneau rond)

    Autant dire qu’un agent de police qui voudrait s’amu­ser en ville pour­rait vite faire faire fortune à la mairie.

  • CTO’z de Samuel Rossille

    CTO’z ce sont des entre­tiens de CTO. L’in­ter­viewé a du temps pour s’ex­pri­mer, sans être coupé, avec un fil qui dure entre 1h et 1h30. J’avais parti­cipé cet été.

    J’aime bien quelques passages de l’en­tre­tien de Samuel Rossille.

    • Le déve­lop­peur senior s’adapte au contexte (techno, qualité utile, etc.) plutôt qu’im­po­sant ses propres façons de faire à l’en­vi­ron­ne­ment.
    • Dans le recru­te­ment ce ne sont pas les hard skills qui sont les plus impor­tantes.
    • La diffé­rence entre CTO et lead tech c’est que tu es obligé de déci­der, même si tu ne sais pas.
    • Dans le milieu profes­sion­nel, la plupart des gens ne savent pas ce qu’ils font. […] Il faut lais­ser de côté son amour pour les certi­tudes.
    • La culture d’une boite c’est celle des fonda­teurs.
    • On peut faire de l’en­tre­prise un monde de bisou­nours sans perdre de l’ef­fi­ca­cité.
  • Casque vélo, quelques chiffres et sources

    Ça parle d’obli­ga­tion de casque à vélo pour les adultes. J’ai voulu lire pour me faire une opinion, et je colle ici de que j’ai trouvé, peu importe dans quel sens ça va.

    Atten­tion toute­fois aux convic­tions de bon sens et appels à l’évi­dence. Parfois c’est contre-intui­tif. Du coup je ne retiens que les chiffres, les études, et les affir­ma­tions d’ex­perts ou d’au­to­ri­tés.


    Résumé très rapide

    Effet indi­vi­duel : Porter un casque prévient des dommages graves. Nous avons tous inté­rêt, indi­vi­duel­le­ment, à porter un casque à vélo : Portez un casque et inci­tez les autres à faire de même.

    Effet collec­tif : La sécu­rité à vélo dépend plus du nombre que du port du casque. Instau­rer le port du casque comme un critère obli­ga­toire pour l’ac­cès au vélo dimi­nue l’usage du vélo et se révèle contre-produc­tif.

    Diffi­cile de mieux illus­trer que par ce graphique :


    Résumé moins rapide

    1. Le casque réduit forte­ment la sévé­rité des acci­dents impliquant des bles­sures à la tête.

    Le casque est utile, portez un casque à vélo.

    2. En pratique, quand ça a eu lieu dans les autres pays, l’obli­ga­tion du casque à vélo a eu peu ou pas d’im­pact sur la morta­lité ou les commo­tions céré­brales.

    Si porter le casque est utile, avoir une obli­ga­tion géné­rale n’a aucun effet. Il y a d’autres facteurs en jeu, construire une poli­tique publique demande de prendre en compte ces facteurs.

    3. Dans les exemples étran­gers, l’obli­ga­tion du casque a généré une baisse d’usage des vélos, ou un arrêt de la crois­sance quand on était sur une dyna­mique de crois­sance exis­tante.

    Rien ne permet de penser qu’il en sera diffé­rem­ment en France.

    4. Si l’ac­ci­den­to­lo­gie est peu corré­lée à l’obli­ga­tion du port du casque, il est démon­tré qu’elle est très forte­ment corré­lée au nombre.

    Le nombre entraine de la visi­bi­lité, des habi­tudes, des infra­struc­tures, et ces trois points dimi­nuent très forte­ment les risques.

    Plus il y a de vélos et moins la pratique du vélo est à risque. On parle d’un facteur expo­nen­tiel. Mieux vaut beau­coup de cyclistes pas tous casqués que peu de cyclistes tous casqués.

    5. Le résul­tat des points précé­dents c’est que si le casque est utile à vélo et que nous devrions tous en porter un, le rendre obli­ga­toire serait contre-produc­tif car ça frei­ne­rait l’usage du vélo, qui a beau­coup plus d’im­pact que le casque sur l’ac­ci­den­to­lo­gie cycliste.

    Autre­ment dit : Une poli­tique publique c’est plus compliqué que la somme des inté­rêts indi­vi­duels. Même s’il est protec­teur indi­vi­duel­le­ment, l’obli­ga­tion géné­ra­li­sée du casque à vélo est une mauvaise idée.


    Pour ceux qui veulent tout le détail avec les cita­tions des études :

    Quelques préa­lables

    Atten­tion aux lectures statis­tiques trop simplistes.

    Compa­rer les popu­la­tion sans prendre en compte qu’elles ont des compor­te­ments diffé­rents amène toujours à de faux résul­tats. Les parti­sans de l’obli­ga­tion comme ses détrac­teurs s’y laissent prendre assez faci­le­ment dans le débat public.

    Parmi les casqués on trouve les personnes qui ont des compor­te­ments à risque et qui le savent, dont les enfants et les spor­tifs. Cela peut faus­ser les statis­tiques en intro­dui­sant un taux d’ac­ci­dent ou une propen­sion à la gravité plus impor­tants dans cette popu­la­tion sans que ce ne soit lié à la présence du casque elle-même.

    Inver­se­ment, parmi les casqués on trouve aussi les personnes les plus prudentes, qui auront natu­rel­le­ment moins d’ac­ci­dents mais sans que ça ne soit lié à la présence ou à l’ab­sence de casque.

    De la même façon, dans les non casqués on retrouve les occa­sion­nels moins équi­pés, ceux qui font quelques rares balades ou qui utilisent ponc­tuel­le­ment le libre service. On peut imagi­ner qu’ils sont moins expé­ri­men­tés que les régu­liers, donc peuvent avoir moins de maitrise ou moins de bons réflexes, avec plus d’ac­ci­dents sans que ce ne soit lié à la présence ou à l’ab­sence du casque.

    La prise en compte des biais possibles est ce qui diffé­ren­cie les études sérieuses de vous ou moi qui lisons des statis­tiques sur un coin de table.

    Atten­tion à la compa­rai­son avec les pratiques spor­tives

    Cadrer le besoin quoti­dien sur la pratique spor­tive revient à récla­mer des arceaux, des fauteuils baquets, des cein­tures quatre points et des casques sur la voiture de tous les jours parce que c’est ce dont les pilotes de rallye ont besoin.

    Il en va de même pour les compa­rai­sons avec le vélo­tou­risme ou la moto. On tombe pas de la même manière entraîné par le poids d’une moto de 150 kg qu’a­vec un cadre de vélo de 15 kg.

    Chaque pratique a ses propres contraintes. Les clubs vélo spor­tif imposent déjà le casque. Les enfants de moins de 12 ans qui ont un crâne moins solide ont eux aussi déjà une obli­ga­tion de casque.

    Je porte un casque

    Je porte un casque à vélo depuis au moins 15 ans, date de mon premier voyage à vélo avec tente sur le porte-bagage. Je le porte à chaque trajet, même court. Je recom­mande à tous de porter un casque, sans excep­tion.

    Ma pratique person­nelle et ma recom­man­da­tion ne sont toute­fois pas le sujet si on parle de défi­nir une obli­ga­tion.

    Est-ce impor­tant ?

    Il y a de plus en plus de morts à vélo

    Entre juin et septembre, le nombre de décès de cyclistes a augmenté par rapport à la même période en 2019, passant de soixante-dix-huit à quatre-vingt-quatorze. Pour le seul mois de septembre, trente-sept décès ont été recen­sés, soit « la morta­lité la plus élevée de ces dix dernières années » , affirme la Sécu­rité routière.

    Ouest France, Pourquoi le nombre de morts à vélo progresse autant ?

    Mais c’est proba­ble­ment parce que l’usage lui-même augmente beau­coup

    « Il est évident que l’aug­men­ta­tion très impor­tante du trafic cycliste est la prin­ci­pale cause de la hausse de la morta­lité », affirme Marie Gautier-Melle­ray, délé­guée inter­mi­nis­té­rielle à la Sécu­rité routière.

    Ouest France, Pourquoi le nombre de morts à vélo progresse autant ?

    Le casque réduit forte­ment la sévé­rité des bles­sures à la tête lors des acci­dents

    Des cher­cheurs de l’Uni­ver­sité de Tucson en Arizona ont établi un lien direct entre port du casque à vélo et l’in­ci­dence des trau­ma­tismes crâniens. Porter un casque à vélo dimi­nue de 58% le risque de trau­ma­tisme crânien sévère. L’éven­tua­lité de décès est réduite de 59%.

    Perier avocats : Sécu­rité routière, pratique du vélo, trau­ma­tisme crânien

    Une étude TECVU (2017) indique que :

    – le risque de frac­ture crânienne serait divisé par deux, et les lésions neuro­lo­giques par vingt, pour un empor­tié­rage pratiqué à une vitesse de 15 à 25 km/h ;
    – le risque de frac­ture du crâne est divisé par trois lors d’un heurt laté­ral par un véhi­cule de tourisme roulant à 45 km/h.

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    Une étude (2017) londo­nienne a confirmé que le port du casque dimi­nue le risque de lésions intra­crâ­niennes en géné­ral, d’hé­ma­tome sous-dural en parti­cu­lier, et celui de frac­ture du crâne mais pas d’autres bles­sures extracrâ­niennes spéci­fiques. Cela suggère que les casques de vélo protègent contre les bles­sures causées par un impact direct sur la tête.

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    Une étude récente (2019) faite à New-York, portant sur 6621 des 11192 bles­sures en 66 mois ayant impliqué un vélo (base de données TARN), la morta­lité brute à 30 jours était signi­fi­ca­ti­ve­ment plus élevée chez les non-casqués (5,6%) par rapport aux cyclistes casqués (1,8%) et ils ont eu moins de lésions céré­brales trau­ma­tiques graves (TCC) (19,1% contre 47,6%), moins besoin de soins inten­sifs (19,6% contre 27,1%) et d’in­ter­ven­tion neuro­chi­rur­gi­cale (2,5% contre 8,5%)

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    Helmets provide a 63 to 88% reduc­tion in the risk of head, brain and severe brain injury for all ages of bicy­clists. Helmets provide equal levels of protec­tion for crashes invol­ving motor vehicles (69%) and crashes from all other causes (68%). Inju­ries to the upper and mid facial areas are redu­ced 65%.

    Helmets for preven­ting head and facial inju­ries in bicy­clists

    In conclu­sion, the evidence is clear that bicycle helmets prevent serious injury and even death.

    Bicycle helmet effi­cacy: a meta-analy­sis

    D’après nos résul­tats basés sur des acci­den­tés, il est inté­res­sant de consta­ter que parmi les cyclistes bles­sés qui ne sont pas touchés à la tête/face, le port du casque est égale­ment de 26%, c’est-à-dire équi­valent au taux de port dans la popu­la­tion des cyclistes circu­lants. En revanche, pour les cyclistes bles­sés à la tête/face, le taux de port du casque est plus faible : 19%. De même, le taux de port du casque pour les usagers de deux-roues à moteur est infé­rieur pour les victimes atteintes de lésions crânio-faciales (83%) que pour les autres victimes (90%). Deux études précé­dentes menées sur le Registre ont confirmé l’uti­lité du casque pour proté­ger les cyclistes (Amoros et al., 2012) et les usagers de deux-roues moto­ri­sés (Moskal et al., 2008) de lésions à la tête, sans pour autant montrer d’ef­fet délé­tère sur une autre zone.

    Trau­ma­tismes crânio-faciaux consé­cu­tifs à un acci­dent de la route : Analyse des données du registre du Rhône 2005 – 2014

    Le risque grave à vélo est prin­ci­pa­le­ment hors des villes, à cause de la vitesse des voitures

    Cyclistes des villes et cyclistes des champs sont loin d’être logés à la même enseigne. Si le cita­din peut se sentir vulné­rable en slalo­mant entre les voitures, les motos et les bus, soyons clairs : les acci­dents sont moins graves en ville qu’à la campagne. Le cycliste est blessé légè­re­ment dans 70 % des cas en zone urbaine, contre 32 % hors agglo­mé­ra­tion. La vitesse des autres véhi­cules sur les grands axes n’y est pas pour rien, 80 % des personnes tuées en milieu rural le sont hors inter­sec­tion, toujours selon la Sécu­rité routière.

    Le Pari­sien : Cyclisme : la carte des zones les plus dange­reuses à vélo
    Le Pari­sien : Cyclisme : la carte des zones les plus dange­reuses à vélo

    Selon l’IFSTTAR, l’ef­fet protec­teur du casque est plus marqué pour les bles­sures sérieuses à la tête (réduc­tion de 70 %), mais moins marqué en agglo­mé­ra­tion que hors agglo­mé­ra­tion

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    La vitesse repré­sente le prin­ci­pal danger dans les envi­ron­ne­ments ruraux. Un cas typique d’ac­ci­dent : un cycliste qui se fait percu­ter de côté, sur une route dépar­te­men­tale par exemple. En 2019, « la gravité hors agglo­mé­ra­tion (quatorze cyclistes tués pour cent cyclistes bles­sés) était six fois plus élevée que celle en agglo­mé­ra­tion. Les voiries en agglo­mé­ra­tion concentrent 84 % des acci­dents impliquant un cycliste, mais 49 % de la morta­lité » , révèle la Sécu­rité routière.

    Ouest France, Pourquoi le nombre de morts à vélo progresse autant ?

    Et en pratique ?

    L’obli­ga­tion du casque dans d’autres pays n’y a pas accé­léré la baisse des commo­tions céré­brales

    Un rapport de l’IRTAD (2018) estime que les pays ayant commencé à rendre obli­ga­toire le casque béné­fi­cient d’une réduc­tion de la morta­lité de 53 %, contre 45 % dans les pays sans régle­men­ta­tion, mais ce sont aussi géné­ra­le­ment des pays qui déve­loppent les pistes cyclables et la préven­tion.

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    In contrast to the fall in all road inju­ries in South Austra­lia coin­ci­ding with helmet legis­la­tion, percen­tages of cyclists with concus­sion and other head or face inju­ries show gene­rally decli­ning trends, espe­cially for concus­sion, but no clear response when helmet wearing increa­sed substan­tially. Falls in concus­sions were also noted for other road users and explai­ned by: “The proce­dure for patients with a short episode of concus­sion has chan­ged in that such patients are not now admit­ted routi­nely.”

    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son
    Head inju­ries among cyclists admit­ted to hospi­tals in South Austra­lia
    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son
    Head inju­ries among cyclists and other road users admit­ted to hospi­tal in Western Austra­lia
    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son

    In New South Wales, enfor­ce­ment increa­sed adult use of helmets from 26% in 1990 to 77% and 85% in 1991 and 1992.9 w5 Here again the rate of decline of head inju­ries did not change. Offi­cial analyses of data from Victo­ria in the three years after legis­la­tion came into force also found no alte­ra­tion in the trend for decrea­sing inju­ries.

    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son

    In Hali­fax, Nova Scotia, use of helmets increa­sed from below 40% in 1995 and 1996 to 75% in 1997 and over 80% in 1998 and 1999.w7 There was a non-signi­fi­cant reduc­tion in the percen­tage of head inju­ries (P = 0.06) that appa­rently star­ted before the law.

    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son

    Au Canada, le port du casque est obli­ga­toire dans cinq provinces : la Colom­bie-Britan­nique, l’Al­berta, l’On­ta­rio, chez les moins de dix-huit ans seule­ment, le Nouveau-Bruns­wick et la Nouvelle-Écosse. Une étude statis­tique a relevé une dimi­nu­tion de 52 % de la morta­lité de jeunes cyclistes en Onta­rio après le passage de la loi rendant obli­ga­toire le port du casque chez ces derniers.

    Mais l’ori­gine de cette baisse est contro­ver­sée : dans le même temps, au Québec, le nombre de victimes cyclistes a aussi forte­ment dimi­nué (sans casque obli­ga­toire, et alors que le nombre de cyclistes augmen­tait).

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    En Espagne, le port du casque est obli­ga­toire depuis 2005 sur le réseau de routes natio­nales, hors agglo­mé­ra­tion, avec une dispense possible par grande chaleur. Selon les données de la Direc­tion du trafic espa­gnole et de l’uni­ver­sité poly­cli­nique de Valen­cia pour 2004 à 2007, la part de cyclistes portant un casque parmi les victimes d’ac­ci­dent de la circu­la­tion est passée de 28 % à 48 %, mais le taux de bles­sés hospi­ta­li­sés touchés au crâne n’a pas varié.

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    Les taux d’hos­pi­ta­li­sa­tion à la tête ne sont pas corré­lés à la présence du casque mais à l’état des infra­struc­tures

    Helmet legis­la­tion was not asso­cia­ted with hospi­ta­li­sa­tion rates for brain, head, scalp, skull, face or neck inju­ries.
    Conclu­sions: These results suggest that trans­por­ta­tion and health poli­cy­ma­kers who aim to reduce bicy­cling injury rates in the popu­la­tion should focus on factors rela­ted to increa­sed cycling mode share and female cycling choices. Bicy­cling routes desi­gned to be physi­cally sepa­ra­ted from traf­fic or along quiet streets fit both these crite­ria and are asso­cia­ted with lower rela­tive risks of injury.

    BMJ : Bicy­cling injury hospi­ta­li­sa­tion rates in Cana­dian juris­dic­tions: analyses exami­ning asso­cia­tions with helmet legis­la­tion and mode share

    Porter un casque peut même intro­duire des risques annexes plus élevés

    Une étude scien­ti­fique publiée mi-novembre 2018 démontre qu’il serait plus risqué de circu­ler à vélo sur la route en portant un casque plutôt que rien sur la tête…

    Une affir­ma­tion surpre­nante qui peut en toute logique paraître à première vue inco­hé­rente. Pour clari­fier de suite le thème de cette étude trai­tant de sécu­rité routière impliquant les cyclistes, les auteurs Ian Walker et Doro­thy Robin­son ont effec­tué des recherches sur une consta­ta­tion première précise : les auto­mo­bi­listes qui rasent les cyclistes lors d’un dépas­se­ment.

    […]

    « L’écart entre auto­mo­bile et vélo lors d’un dépas­se­ment est en moyenne 8,5 cm plus faible pour un cycliste casqué »

    Velo­chan­nel : Le port du casque ampli­fie­rait-il le danger sur la route ?

    L’étude a été démen­tie, puis le démenti a été contesté, l’étude repro­duite, puis de nouveau discu­tée comme dépen­dante du pays (ayant des compor­te­ments diffé­rents)

    This analy­sis confirms that drivers did, overall, get closer when the rider wore a helmet. The distri­bu­tion of over­ta­king events shif­ted just over one-fifth of a stan­dard devia­tion closer to the rider – a poten­tially impor­tant beha­viour if, as theo­re­ti­cal frame­works suggest, near-misses and colli­sions lie on a conti­nuum.

    Bicycle helmet wearing is asso­cia­ted with closer over­ta­king by drivers: A response to Olivier and Walter, 2013 (preprint)

    Une étude de Barbara Schmidt et al, publiée en 2019 a comparé le compor­­te­­ment et l’état
    d’ac­­ti­­vité du cerveau de deux groupes de personnes, l’un portant un casque de vélo pendant
    l’ex­­pé­­ri­­men­­ta­­tion, l’autre non, dans un jeu de hasard à l’écran. Les deux groupes présentent la même
    varia­­bi­­lité indi­­vi­­duelle et la même moyenne quant aux prises de risques, mais ils diffèrent
    signi­­fi­­ca­­ti­­ve­­ment sur l’adap­­ta­­tion au niveau de risque. Le groupe avec casque garde le même
    compor­­te­­ment quand le risque augmente ou dimi­­nue, alors que le groupe non casqué change de
    compor­­te­­ment : il privi­­lé­­gie l’op­­tion la moins risquée quand la diffé­­rence entre les deux options est très
    élevée, et à l’in­­verse il tend à privi­­lé­­gier l’op­­tion plus risquée quand la diffé­­rence de risque est faible

    Surmor­­ta­­lité des cyclistes casqués en agglo­­mé­­ra­­tion : données
    statis­­tiques et hypo­­thèses expli­­ca­­tives

    ce type de message simpli­fi­ca­teur [sur le port du casque] s’avère contre-produc­tif : il conduit à mini­mi­ser l’im­por­tance des autres facteurs de sécu­rité active, contri­buant à éviter les acci­dents, au profit d’un seul facteur de sécu­rité passive, contri­buant seule­ment à dimi­nuer la gravité des dégâts. Cela pour­rait renfor­cer l’ef­fet « anes­thé­siant » du phéno­mène d’in­dif­fé­rence aux risques lié au port du casque

    Surmor­ta­lité des cyclistes casqués en agglo­mé­ra­tion : données
    statis­tiques et hypo­thèses expli­ca­tives

    We found images of cyclists wearing helmets or safety vests to have a higher proba­bi­lity of being selec­ted as less human compa­red to images of cyclists wearing no safety equip­ment.

    The effect of safety attire on percep­tions of cyclist dehu­ma­ni­sa­tion

    Il faut plus de vélos si on veut réduire les risques

    Via @GlmMrt

    As with over­seas data, the expo­nen­tial growth rule fits Austra­lian data well. If cycling doubles, the risk per kilo­metre falls by about 34%; conver­sely, if cycling halves, the risk per kilo­metre will be about 52% higher. Poli­cies that adver­sely influence the amount of cycling (for example, compul­sory helmet legis­la­tion) should be revie­wed.

    Safety in numbers in Austra­lia: more walkers and bicy­clists, safer walking and bicy­cling, D L Robin­son

    On a pu consta­ter un lien direct entre la fréquence des acci­dents impliquant un tiers et la propor­tion des dépla­ce­ments urbains effec­tués à vélo : plus les cyclistes sont nombreux, moins les acci­dents (par cycliste) sont nombreux et moins ils sont graves. Réci­proque­ment, lorsque le nombre de cyclistes dimi­nue, il appa­raît un seuil en dessous duquel le risque d’ac­ci­dent avec un tiers (géné­ra­le­ment moto­risé) augmente signi­fi­ca­ti­ve­ment, ainsi que la gravité des bles­sures.

    Ce double phéno­mène a pu être quan­ti­fié dans diffé­rents pays euro­péens entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000 : après une période d’usage massif du vélo comme moyen de dépla­ce­ment indi­vi­duel, la voiture s’est impo­sée sous l’in­fluence de la crois­sance du pouvoir d’achat et des poli­tiques d’en­cou­ra­ge­ment menées par diffé­rents gouver­ne­ments dans les années 1960 et 1970 (notam­ment en France). En paral­lèle, la dange­ro­sité des dépla­ce­ments à vélo a augmenté, avec le nombre de tués à vélo (rapporté au nombre de cyclistes). Depuis la fin des années 1980, la part modale de la bicy­clette augmente de nouveau, et les statis­tiques semblent montrer une baisse du nombre de cyclistes tués (toujours rapporté au nombre de pratiquants).

    Wiki­pe­dia : Acci­dent de vélo

    Safety-in-numbers denotes the tendency for the number of acci­dents to increase less than in propor­tion to traf­fic volume.

    Safety-in-numbers: An upda­ted meta-analy­sis of esti­mates, Rune Elvik

    Nearly all regres­sion coef­fi­cients showing the rela­tion­ship between traf­fic volume and the number of acci­dents indi­cate a safety-in-numbers effect for cyclists and pedes­trians.

    Safety-in-numbers: An upda­ted meta-analy­sis of esti­mates, Rune Elvik

    If all 167 Euro­pean cities achie­ved a cycling mode share of 24.7% over 10,000 prema­ture deaths could be avoi­ded annually.

    Health impact assess­ment of cycling network expan­sions in Euro­pean cities
    Via @GlmMrt

    En l’état (sans obli­ga­tion) le vélo apporte plus de béné­fices que de risques pour la santé

    Car la pratique régu­lière du vélo est excel­lente pour la santé. Loin des idées reçues, qui font de la bicy­clette un « moyen de dépla­ce­ment dange­reux », l’Ob­ser­va­toire régio­nal de santé d’Ile-de-France (ORS), un orga­nisme financé par l’État et la région, a publié la semaine dernière une étude montrant que les béné­fices de la pratique du vélo étaient vingt fois supé­rieurs aux risques. Oui, 20 fois.

    Le Monde, Ne pas faire de vélo, c’est dange­reux pour la santé

    2745 vies épar­gnées. Après avoir présenté ces résul­tats, Mme Praz­noczy s’est amusée, si l’on peut dire (et on espère pour elle), à calcu­ler les effets sur la morta­lité de la popu­la­tion fran­ci­lienne d’une progres­sion de la propor­tion de cyclistes. Si, en 2020, 20% des Fran­ci­liens se déplaçaient à vélo (contre 2% aujourd’­hui), on sauve­rait 2745 personnes grâce aux seuls bien­faits en matière de mala­dies. On « gagne­rait » égale­ment entre 4 et 24 vies grâce à l’apai­se­ment de la circu­la­tion auto­mo­bile. On comp­te­rait en revanche davan­tage de tués par acci­dent, 7 cyclistes mais aussi 9 piétons.

    Le Monde, Ne pas faire de vélo, c’est dange­reux pour la santé

    Le vélo prévient envi­ron 6500 décès chaque année, et les Néer­lan­dais ont une espé­rance de vie plus longue due 6 mois grâce au vélo. Ces avan­tages pour la santé corres­pondent à plus de 3 % du produit inté­rieur brut néer­landais.

    Rue de l’ave­nir, Cyclisme aux Pays-Bas : la pratique du vélo prévient envi­ron 6500 décès chaque année

    Less than 0.5 percent of Dutch cyclists wear helmets, which is one in 200 people on bikes. And that’s really just the sport cyclists. Virtually every­body else, from chil­dren to old people, doesn’t even think about helmets. It’s just not present in their culture, because they’ve ulti­ma­tely deci­ded that it’s far more impor­tant to build this culture of every­day cycling, and to build safe streets, instead of requi­ring people to protect them­selves.

    Vox, No helmets, no problem: how the Dutch crea­ted a casual biking culture

    Nos enfants ont perdu en 40 ans un quart de leurs capa­ci­tés cardio-respi­ra­toires. L’inac­ti­vité physique serait respon­sable de 9% des décès en France.

    Huffing­ton­post, La séden­ta­rité est une épidé­mie insi­dieuse, qui nous tue et handi­cape nos enfants, réagis­sons!

    Le casque freine l’usage du vélo

    Before helmet laws, cycling was increa­sing. Austra­lian census data show cycling to work increa­sed by 47%, from 1.1% in 1976 to 1.6% in 1986. This trend conti­nued in states without enfor­ced helmet laws, where the average propor­tion cycling to work increa­sed in 1991, contras­ting with an average decline for other states. By 1996, when all states had enfor­ced laws, only 1.2% cycled to work, with a simi­lar propor­tion in 2001.

    Thus all avai­lable long and short term data show cycling is less popu­lar than would have been expec­ted without helmet laws.

    No clear evidence from coun­tries that have enfor­ced the wearing of helmets, D L Robin­son

    Plus de deux décen­nies après avoir rendu le casque de vélo obli­ga­toire, l’Aus­tra­lie songe à annu­ler cette loi qui a fait chuter consi­dé­ra­ble­ment les dépla­ce­ments sur deux roues. […] l’usage du vélo par les écoliers a chuté de 47 % après la loi sur le port du casque. Chez les étudiantes de niveau collé­gial, c’est encore pire : 90 % de celles qui se rendaient à l’école à vélo ont renoncé à cause du casque obli­ga­toire.

    Le Devoir, L’Aus­tra­lie songe à renon­cer au casque de vélo obli­ga­toire

    Il faut penser aux enfants !

    Je finis par là même si c’est hors sujet dans le débat (le casque est déjà obli­ga­toire pour les moins de 12 ans) parce que c’est l’ar­gu­ment « émotion » qui est beau­coup apparu dans les échanges.

    Le casque réduit bien les trau­ma­tismes crâniens ;
    ces trau­ma­tismes sont fréquents chez les enfants (moins de 15 ans).

    En cas d’ac­ci­dent à vélo, la tête est touchée plus d’une fois sur trois. Pour ces acci­dents, 3 décès sur 4 sont dus à un trau­ma­tisme crânien.

    Le port du casque est un élément impor­tant pour la sécu­rité, notam­ment du cycliste et des pratiquants de glisse urbaine.

    Il réduit de 80 % la gravité des trau­ma­tismes crâniens.

    Deux tiers des acci­dents surviennent chez les moins de 15 ans.

    Minis­tère de l’éco­no­mie et des finances >  DGCCRF > Trau­ma­tisme crânien

    L’étude française SERAC (Suivi des enfants réani­més à la suite d’un acci­dent de la circu­la­tion) de 2006 conte­nait 139 cas d’en­fants cyclistes : tous lors de l’ac­ci­dent étaient non-casqués (sauf peut-être un pour lequel l’in­for­ma­tion sur le casque n’était pas connue).

    Wiki­pe­dia : Casque de vélo

    Le casque est déjà obli­ga­toire pour les enfants en France (moins de 12 ans)

    I. – En circu­la­tion, le conduc­teur et le passa­ger d’un cycle, s’ils sont âgés de moins de douze ans, doivent être coif­fés d’un casque conforme à la régle­men­ta­tion rela­tive aux équi­pe­ments de protec­tion indi­vi­duelle. Ce casque doit être atta­ché.

    Article R431–1–3 du code de la route

    Mais en pratique ça a eu peu d’ef­fet dans les autres pays

    In 2005 Sweden intro­du­ced a helmet law for cycling chil­dren. Manda­tory helmet laws have been contro­ver­sial in that they seem to have a limi­ted effect on the number of head inju­ries,

    Euro­pean Cyclists Fede­ra­tion : What happens when you mandate helmet-wearing among young Swedish cyclists?
    Euro­pean Cyclists Fede­ra­tion : What happens when you mandate helmet-wearing among young Swedish cyclists?

    Par contre ça désin­cite à l’uti­li­sa­tion du vélo

    Howe­ver there does seem to be another effect of helmet laws, namely a decline in cycling among school chil­dren. In 1983 57% of chil­dren aged 7–9 had permis­sion from their parents to bike to school without adult compa­nion, and for the age group 10–12, 94% had such permis­sion. By the year 2007 this had decrea­sed to 25% and 79% respec­ti­vely. Bearing in mind, the helmet law was intro­du­ced in 2005,

    Euro­pean Cyclists Fede­ra­tion : What happens when you mandate helmet-wearing among young Swedish cyclists?

    So the data does show a decline in cycling, but without annual surveys it’s hard to be sure of a corre­la­tion. Howe­ver, a Danish report made the same link between decli­ning cycling to school and helmet promo­tion and safety/scare campai­gns. They deter­mi­ned that half the decline in cycling was caused by these campai­gns

    Euro­pean Cyclists Fede­ra­tion : What happens when you mandate helmet-wearing among young Swedish cyclists?

    Correc­tifs et contra­dic­tions

    Le vélo ne provoque pas plus de dommages à la tête que d’autres pratiques pour lesquelles on n’ima­gi­ne­rait pas impo­ser un casque

    J’ai initia­le­ment réfé­rencé les deux jeux de données suivants. Il est possible qu’ils ne repré­sentent pas ou qu’ils ne repré­sentent plus la réalité aujourd’­hui.

    Via @GlmMrt

    Le second serait même proba­ble­ment une mauvaise refor­mu­la­tion de données tierces mal inter­pré­tées.

    Via Le Monde

    Ces données sont en effet contre­ba­lan­cées par les suivantes :

    Trau­ma­tismes crânio-faciaux consé­cu­tifs à un acci­dent de la route : Analyse des données du registre du Rhône 2005 – 2014
    Trau­ma­tismes crânio-faciaux consé­cu­tifs à un acci­dent de la route : Analyse des données du registre du Rhône 2005 – 2014

    Les dernières illus­tra­tions sont plus récentes mais faites à partir d’un jeu de données plus restreint que la première. Elles sont aussi faites sur des trau­ma­tismes incluant les trau­ma­tismes légers (AIS 2+) et pas unique­ment les trau­ma­tismes graves (AIS 3+).

    La dernière analyse ajoute elle-même aussi que le Rhône étant un dépar­te­ment urbain, il présente moins de gravi­tés que la moyenne française. On ne sait pas si cette parti­cu­la­rité joue diffé­rem­ment suivant les modes de trans­port (mais c’est probable puisque les vélos chutent souvent seuls et que la diffé­rence de vitesse ville/campagne est moindre à vélo qu’en voiture).

    L’in­ci­dence moyenne annuelle des séquelles majeures consé­cu­tives à une bles­sure de la tête (IIS3+) a été esti­mée pour la France à 6,8 pour 100 000. Comme attendu, elle était plus élevée que dans le Rhône, du fait du carac­tère urbain de ce dépar­te­ment où les acci­dents y sont plutôt moins graves que sur l’en­semble du terri­toire français

    Trau­ma­tismes crânio-faciaux consé­cu­tifs à un acci­dent de la route : Analyse des données du registre du Rhône 2005 – 2014

    Il est donc possible qu’il n’y ait aucune contra­dic­tion mais, ne sachant pas conclure et voyant l’évo­lu­tion du dernier graphique, il me semble préfé­rable de donner plus foi aux chiffres plus récents du dépar­te­ment du Rhône et d’ex­clure ce point de l’ar­gu­men­ta­tion.

    On conti­nue toute­fois de noter que la voiture et les piétons sont tous les deux sources de trau­ma­tismes crâniens d’un ordre de gran­deur simi­laire en valeur abso­lue.


    Autres liens

    Enquête auprès de 900 usagers de vélo ; utili­sa­tion du casque et
    des équi­pe­ments de conspi­cuité

  • DCP or not DCP ?

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614710688600065

    Mon accroche quand on parle de DCP (données à carac­tère person­nel) c’est de dire « si la base fuite, qu’est-ce qui va pouvoir être fait avec ? » et d’ajou­ter ensuite « quel est le risque ? »

    Il y a forcé­ment une dose d’in­ter­pré­ta­tion et de subjec­ti­vité dans la réponse. Ça se verra parti­cu­liè­re­ment avec l’exemple 7. Je ne donne ici que mes propres inter­pré­ta­tions, pas des véri­tés géné­rales qui préten­draient s’ap­pliquer de façon univer­selle.

    1. prénom + nom + adresse postale

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614716913037323

    Celui là est le plus facile. C’est évidem­ment une donnée à carac­tère person­nelle puisqu’elle est nomi­na­tive. Le risque asso­cié est toute­fois faible pour la plupart des gens.

    Dans toute la liste c’est la seule qui est nomi­na­tive mais c’est proba­ble­ment aussi la moins sensible. C’était impor­tant pour moi de le montrer.

    2. plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion + heure de passage devant une caméra fixe

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614720541016064

    La plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion est une DCP en elle-même. Elle iden­ti­fie le proprié­taire du véhi­cule. Même si on parle du conduc­teur et pas du proprié­taire, on se restreint à un très petit groupe de personnes avec un très fort niveau de proba­bi­lité. Ça suffit très large­ment à parler de DCP.

    Cet exemple est impor­tant parce qu’il réper­to­rie toutes vos allées et venues. On sait qui vous êtes, où vous êtes, et quand.

    On peut savoir que vous vous trou­vez tous les jours à l’hô­pi­tal, ou que vous passez en pleine jour­née dans un quar­tier rési­den­tiel à une heure où vous devriez être au boulot, ou que depuis deux mois vous ne vous rendez plus au même endroit pour aller au travail, ou que vous êtes en isole­ment parce que sans dépla­ce­ment cette semaine, ou en voyage parce qu’on vous a croisé sur le trajet vers l’aé­ro­port puis plus rien pour quinze jours.

    Tout ça dit des choses sur vous, beau­coup de choses, pas toujours neutres.

    C’est d’au­tant plus impor­tant que le proprié­taire d’une imma­tri­cu­la­tion n’est pas une donnée si privée que ça. Le fichier des cartes grises est vendu (les pubs sur le contrôle tech­nique, ça vient de là) et acces­sible à pas mal de monde sous une forme ou une autre.

    Quand vous voyez certains se battre contre la recon­nais­sance faciale ou recon­nais­sance de plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion sur la voie publique, on parle exac­te­ment de ça : Atten­tion danger si ces données sont conser­vées quelque part.

    3. traces GPS des diffé­rentes sorties de footing

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614725603540999

    Celui là a été étudié dans la presse en long et en large avec des exemples réels. Oui c’est une donnée à carac­tère person­nel même s’il n’y a aucun iden­ti­fiant d’uti­li­sa­teur.

    On peut indi­vi­dua­li­ser des parcours, des habi­tudes, ou même simple­ment l’adresse de départ de la sortie. Sur certaines recherches la presse a pu iden­ti­fier des bases mili­taires, des indi­vi­dus, et mêmes des agents dont on n’au­rait pas dû savoir qu’ils travaillaient pour l’ar­mée. Ça unique­ment sur la base de traces GPS spor­tives.

    C’est vrai de la même façon pour vous et moi. On sait que vous n’êtes pas chez vous et quand, que ce matin vous avez inter­rompu votre footing pour voir quelqu’un pendant deux heures, et à quelle adresse, si vous avez fait une halte en phar­ma­cie ou si vous vous êtes arrêté devant la devan­ture de l’agent immo­bi­lier, si depuis deux semaines vous avez un problème de santé qui vous bloque à la maison, etc.

    4. statis­tiques de visite d’un site web avec : adresse ip + adresse de la page visi­tée + horo­da­tage

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614730292834305

    L’adresse IP a une problé­ma­tique simi­laire à celle de la plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion de la voiture. La liste des pages visi­tées est l’équi­valent numé­rique de la trace GPS. Oui c’est de la donnée à carac­tère person­nel, et c’est sacré­ment sensible.

    On sait ce que vous lisez, quand, vos habi­tudes et vos secrets, même les plus indis­crets. Un forum sur le cancer, l’or­ga­ni­sa­tion d’un diner, le programme de la télé… on fait quasi­ment tout par le web.

    De façon géné­rale tout ce qui est lié à une adresse IP est géné­ra­le­ment à carac­tère person­nel. Ça iden­ti­fie géné­ra­le­ment un foyer donc un groupe de personnes assez restreint. Il existe même des brokers en ligne qui à partir de l’adresse IP donnent contre quelques cents les nom, prénom et adresse des membres du foyer avec un bon niveau de confiance.

    Vous n’êtes pas anonymes sur le web. Les sites qui vous imposent Google Analy­tics sans votre consen­te­ment posent de sérieux problèmes de vie privée. Ce n’est pas que théo­rique.

    5. Tracking des taux de réponse à des publi­ci­tés avec pour chaque publi­cité vision­née : iden­ti­fiant unique aléa­toire pour chaque utili­sa­teur + infor­ma­tion sur le clic ou non clic sur la publi­cité

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614730292834305

    Jusque là il n’y avait pas débat. On entre dans l’in­ter­pré­ta­tion un peu plus fine et ça se voit sur les réponses « non » qui montent à 25%.

    Sur le prin­cipe, s’il y a un iden­ti­fiant utili­sa­teur, même s’il ne corres­pond à rien (donc tiré au sort), pour peu qu’il permette de lier des données dans le temps, c’est géné­ra­le­ment une DCP.

    Si c’est juste une poignée de publi­ci­tés, sans marquage horaire ni adresse de la page, le risque d’iden­ti­fi­ca­tion est quasi nul et ne permet pas de savoir grand chose même si on y arrive.

    Si c’est un iden­ti­fiant stable sur vos visites de plein de sites, là c’est un grand « oui ». On commence à connaitre vos inté­rêts et à créer un profil. Parfois ça donne des infor­ma­tions que vous consi­dé­rez « très privées » (santé, sexe, amours, achats).

    Dans la réalité il y a un horo­da­tage, l’adresse de la page et des infor­ma­tions de profi­lage, et ça devient un énorme « oui ».
    Quand on se bat contre « les cookies » on se bat juste­ment contre ça.

    6. Envoi de statis­tiques par une balance connec­tée : poids mesuré + numéro de série de la balance

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614739243417600

    J’aime beau­coup cet exemple parce que c’est un cas réel et « oui », c’est une DCP. Le numéro de série de la balance iden­ti­fie avec suffi­sam­ment de préci­sion une personne. Si on ajoute le poids, on a même géné­ra­le­ment qui dans la famille.

    Si la base fuite, n’im­porte qui passé chez vous peut tracer vos courbes de poids. Certains s’en foutent, d’autres pas du tout. Au niveau régle­men­taire, c’est de la donnée à carac­tère person­nel. Certains parle­ront même de données de santé, donc sensible par nature.

    Au niveau des objets connec­tés c’est malheu­reu­se­ment le far west.

    7. Statis­tiques de visites et de compor­te­ment d’un site web avec : adresse de la page, temps de char­ge­ment, date sans heure, temps d’in­te­rac­tion avec la page, adresse du lien cliqué, mesures des dépla­ce­ments de la souris, pays d’ori­gine

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614742431088642

    Là c’est… « non » pour moi. On récolte beau­coup de choses, énor­mé­ment de choses, mais il n’y a rien pour lier les diffé­rentes visites d’un même utili­sa­teur, ni pour l’iden­ti­fier.

    C’est inté­res­sant parce que ça montre que :

    • DCP ou non n’est pas unique­ment lié à la quan­tité de données ou leur sensi­bi­lité, mais aussi comment on les lie ;
    • On peut faire des stats web pous­sées sans avoir besoin de consen­te­ment.

    Je note tout de même la réponse que m’a fait Aeris : Il y a un risque que vos habi­tudes de mani­pu­la­tion de souris puissent repré­sen­ter une empreinte unique que vous repro­dui­sez de visite en visite, et qu’un attaquant très poussé puisse lier vos données, donc les voir comme des DCP.

    L’in­ter­pré­ta­tion est là : Dans un cadre géné­ral c’est « non », pas de DCP, pas besoin de consen­te­ment. Si vous montez le nouveau wiki­leaks ou un outil d’ano­ny­mi­sa­tion comme Tor, ça pour­rait être « oui » parce que le risque est plus grand.

    Parler données person­nelles se fait aussi en fonc­tion du contexte.

    8. Statis­tiques anony­mi­sées sur les achats de médi­ca­ments dans les phar­ma­cies avec : iden­ti­fiant anony­misé (*) de la phar­ma­cie, ville de la phar­ma­cie, médi­ca­ment acheté, date sans heure, iden­ti­fiant anony­misé (*) à partir de la carte vitale

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614746612871174

    C’est un autre cas réel. Un coucou pas très amical à IQVIA qui fait exac­te­ment ça. Oui, vos achats en phar­ma­cie sont tracés et enre­gis­trés par un tiers privé pour son propre usage commer­cial.

    La réalité c’est qu’ils parlent d’ano­ny­mi­sa­tion (et j’ai donc repris leur voca­bu­laire) mais ce qui est expli­cité est de la pseu­do­ny­mi­sa­tion (on garde un iden­ti­fiant stable par utili­sa­teur) et ça fait toute la diffé­rence.

    Oui les données, même sous pseu­do­nyme, restent à carac­tère person­nel vu qu’elles conti­nuent à vous concer­ner vous et personne d’autre.

    Combien de personnes en Savoie ont eu à la fois (des médi­ca­ments contre) un cancer en 2020 et (des médi­ca­ments contre) des cham­pi­gnons au pied en décembre en 2021 ? pas grand monde.

    Si la base fuite, on pour­rait iden­ti­fier qui vous êtes à partir de vos habi­tudes, et connaitre tout ce qui manque sur vos autres achats : quelles phar­ma­cies et donc où vous vous dépla­cez, quels achats et donc quelles affec­tions de santé.

    On pour­rait aussi vous iden­ti­fier en rejouant toute la chaîne de pseu­do­ny­mi­sa­tion (donc partir de vos iden­ti­fiants publics jusqu’à créer l’en­trée dans la base finale) et faire le lien ensuite. Des enti­tés du niveau d’un État peuvent tout connaître de vous.

    Pour finir l’his­toire du cas réel, même si c’est le cas en théo­rie, en pratique vous n’avez malheu­reu­se­ment aucun moyen de savoir si la phar­ma­cie parti­cipe à ce projet (plus d’une sur deux le fait) et aucun moyen d’ac­cès pour voir après coup si vos données ont été envoyées. La CNIL a validé sur la base d’un devoir d’in­for­ma­tion qui n’est pas du tout présent dans la réalité et ça pose un vrai problème public.

    9. Collecte statis­tique sur l’obé­sité avec : poids + taille + profes­sion + ville + méde­cin trai­tant + date sans heure

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614752661094408

    On pour­rait même proba­ble­ment reti­rer un des items sans chan­ger le résul­tat : Ces données permettent de vous iden­ti­fier avec une granu­la­rité raison­nable et ce sont des données à carac­tère person­nel.

    Rien que le méde­cin + date, c’est de l’ordre de la ving­taine de personnes. Si on ajoute la profes­sion, la taille ou le poids, on tombe à la poignée de personnes.

    Même sans la date, la somme des données peut indi­vi­dua­li­ser assez peu de personnes pour un même méde­cin. La date permet de tracer votre fréquence de visite et vos jours de visite chez le méde­cin. On est dans les données de santé.

    10. jour­naux d’ac­ti­vité d’un aspi­ra­teur connecté pour permettre l’amé­lio­ra­tion et la correc­tion des anoma­lies avec : carto­gra­phie spatiale de l’ap­par­te­ment, date de dernier passage, date de dernier passage avec succès, date de dernier échec à retrou­ver la base pour se char­ger

    https://twit­ter.com/edasfr/status/1481614757614522374

    La carto­gra­phie spatiale c’est un appar­te­ment et un seul, ou pas loin. Si on a le place­ment de la table du salon, ou la base de l’as­pi­ra­teur, ou une date de passage, on peut vous indi­vi­dua­li­ser et récu­pé­rer les autres données, qui peuvent dire des choses sur vous.

    C’est assez peu sensible, il faut déjà bien vous connaitre pour vous iden­ti­fier dans la base, et les infor­ma­tions annexes sont faibles, mais théo­rique­ment on est bien dans la donnée à carac­tère person­nel.

    Les objets connec­tés sont de vrais cafteurs.

  • Le passé c’est le passé

    Le passé c’est le passé darling, ça para­site le présent

    Edna, Les Indes­truc­tibles

    Prendre ses déci­sions en fonc­tion du passé est un très mauvais réflexe. Peu importe les faits passés, ils sont passés.

    On prend les déci­sions en fonc­tion du présent, éven­tuel­le­ment en se servant de ce qu’on sait du passé pour imagi­ner ce que pour­rait être l’ave­nir.

    La distinc­tion est majeure mais elle demande une atten­tion de tous les jours quand l’émo­tion­nel et les juge­ments de valeur viennent s’en mêler.