Auteur/autrice : Éric

  • Tarifs de santé conven­tion­nés pour les non-affi­liés CPAM

    Je lis des méde­cins parler de faire payer les étran­gers bien plus cher que les locaux et j’en ai été étonné. Véri­fi­ca­tion faite, les dispo­si­tions de la conven­tion entre les méde­cins et la CPAM ne vaut que pour les affi­liés à la CPAM.

    « En outre, la conven­tion médi­cale béné­fi­cie à toutes celles et ceux dont les risques sont garan­tis par les régimes d’as­su­rance mala­die obli­ga­toire, y compris le régime de la couver­ture mala­die univer­selle et celui des acci­dents du travail et des mala­dies profes­sion­nelles. »

    Conven­tion médi­cale 2016

    Les méde­cins peuvent donc effec­ti­ve­ment faire payer plus cher les patients non couverts par la sécu­rité sociale.


    Quid de l’hô­pi­tal ? Outre les dispo­si­tions de rembour­se­ment et de tiers payant, les non-affi­liés reçoivent-ils une facture d’un montant diffé­rent des affi­liés ? Dans quelle propor­tion ?

  • La peine ou la réac­tion à un problème doit être juste, néces­saire et propor­tion­née

    Je tiens au « juste, néces­saire et propor­tion­née » plutôt que « juste, néces­saire ou propor­tion­née ».

    On ne peut pas justi­fier quelque chose unique­ment parce qu’« il le mérite », « c’est sa faute » ou « il n’avait qu’à pas […] » et autres « il fallait y penser avant ».

    On ne devrait pas plus justi­fier la réac­tion par l’éven­tuelle douleur d’une victime ou par le préju­dice créé initia­le­ment. Faire le mal ne répa­rera jamais le passé. Les maux s’ad­di­tionnent et ne s’an­nulent pas l’un l’autre.

    Si ce n’est pas néces­saire ou que ce n’est pas propor­tionné, c’est juste un problème supplé­men­taire. Rappel lié : Quand on parle de personnes, de leurs actions ou de leur travail, on juge sur les inten­tions ainsi que les efforts ou les moyens déployés, pas sur les résul­tats.

  • Dis tonton, c’est quoi le chif­fre­ment au repos, en tran­sit, et de bout en bout ?

    Ben oui, c’est bien joli de dire que les données sont sécu­ri­sées parce que chif­frées, mais ça veut tout et rien dire.

    Petite analo­gie avec des bijoux et un coffre-fort qu’on va consi­dé­rer invio­lable pour l’exer­cice.

    Chif­fre­ment au repos

    La banque vous offre un coffre-fort person­nel pour vos bijoux à la banque. Ils sont super sécu­ri­sés, personne ne peut forcer le coffre.

    Bon, par contre c’est le person­nel de la banque qui a la clef de tous les coffres, le votre aussi. Ce sont eux qui vont cher­cher vos bijoux, accé­der à la salle des coffres, ouvrir le coffre, et vous les rame­ner au guichet à chaque vous que vous voulez y accé­der.

    La banque sait exac­te­ment ce que vous stockez et comment vous y accé­der. En fait c’est même elle qui stocke et qui accède. Elle peut voler ou copier le contenu. Un sala­rié de la banque peut accé­der à ce même contenu ou le voler s’il arrive à mettre la main en interne sur la clef du coffre. Un voleur tiers pour­rait réus­sir à profi­ter d’une faille dans les procé­dures de la banque et faire un braquage qui lui permet d’ac­cé­der à la fois aux clefs et aux coffres, et voler ou copier vos bijoux. Enfin, peut-être que la banque ou un de ses pres­ta­taire seront négli­gents, et lais­se­ront traî­ner n’im­porte où la clef, ou un double de celle-ci, ou même vos bijoux avant de vous les remettre.

    Bref, c’est mieux que rien (il y a un coffre), mais tout repose dans la confiance en la banque, en sa sécu­rité, en ses employés.

    Chif­fre­ment en tran­sit

    Quand la banque vous donne accès aux bijoux, elle vous les livre chez vous. Pour ça elle utilise un petit coffre-fort dont vous avez échangé les clefs à l’avance. La banque en a une copie, la seconde est entre vos mains. Personne d’autre ne peut ouvrir le coffre en l’état actuel des tech­no­lo­gies pour peu que ni vous ni la banque ne laisse traî­ner les clefs.

    Vos bijoux restent acces­sibles à la banque. La banque sait ce qu’elle vous envoie. Elle peut les exami­ner à loisir, voire les voler ou les copier à ce moment là. Plusieurs employés de la banque peuvent faire de même, pour plein de raisons légi­times diffé­rentes. Certains pour­raient profi­ter de failles dans les proces­sus internes pour y accé­der de façon illé­gi­time. Un braqueur pour­rait toujours avoir accès à vos bijoux s’il braque la banque.

    Enfin, peut-être que la banque ou un de ses pres­ta­taire seront négli­gents, et lais­se­ront traî­ner n’im­porte où la clef, ou un double de celle-ci, ou même vos bijoux avant de vous les remettre. Peut-être que vous-même aurez laissé votre exem­plaire de votre clef dans votre appar­te­ment privé non sécu­risé et que quelqu’un pourra y accé­der.

    Bref, c’est indis­pen­sable (on ne va pas vous envoyer vos bijoux dans un carton stan­dard par La Poste) mais ça ne « sécu­rise » pas tota­le­ment vos bijoux pour autant.

    Chif­fre­ment au repos et en tran­sit

    Bien évidem­ment votre banque est sérieuse, elle s’oc­cupe donc du stockage et du tran­sit.

    Sauf qu’au final c’est quand même la banque qui va accé­der et ouvrir votre coffre à la banque, prendre les bijoux, puis les stocker dans le coffre qui sert à l’en­voi. Au passage elle les mani­pule direc­te­ment sans protec­tion, par exemple pour les nettoyer.

    La banque a toujours total accès à vos bijoux, pour savoir lesquels est-ce, les copier, les dégra­der ou les voler si elle n’est pas de bonne foi. Plusieurs employés de la banque ont accès direc­te­ment ou indi­rec­te­ment à ces bijoux, pour des raisons légi­times. Certains pour­raient être de mauvaise foi. D’autres employés pour­raient abuser certaines faiblesses dans les procé­dures de sécu­rité pour y accé­der mali­cieu­se­ment aussi. Un braqueur pour­rait accé­der à la banque et récu­pé­rer les bijoux ou les clefs, ou les deux à la fois. Des pres­ta­taires pour­raient avoir une copie des clefs, ou les lais­ser trai­ner. Des employés pour­raient être négli­gents.

    Bref, on protège avec des coffres mais le prin­ci­pal reste : Il faut faire confiance à la banque, à ses employés, à ses pres­ta­taires, à la robus­tesse des procé­dures de sécu­rité.

    Chif­fre­ment de bout en bout

    Vous avez un coffre, que vous avez acheté dans une boutique de confiance ou construit de vos propres mains. La boutique de confiance peut être votre banque mais pour­rait aussi être un tiers, ou une banque concur­rente.

    Seul vous en avez les clefs. Vous stockez vos bijoux dedans, donnez le coffre fermé au trans­por­teur. La banque stocke votre coffre tel quel, sans pouvoir l’ou­vrir, en inspec­ter le contenu, le copier ou le voler. Quand vous voulez accé­der à vos bijoux, on vous rend votre coffre et c’est à vous de l’ou­vrir. Personne n’a pu voir vos bijoux, ou même savoir si ce sont vrai­ment des bijoux.

    La banque n’a plus accès à rien. Vous n’avez pas besoin de lui faire confiance. Tout au plus elle peut perdre votre coffre mais personne ne pourra accé­der au contenu tant que vous n’en perdez pas les clefs (*). C’est par contre à vous de vous assu­rer de garder les clefs dans un endroit sûr, et d’ache­ter le coffre à un tiers de confiance qui n’en garde pas les doubles.

    Pour accé­der à vos bijoux il faudra cepen­dant vous braquer vous (ou que le vendeur du coffre ait été fautif au point de garder un double des clefs et qu’il se fasse braquer lui) et ensuite aller braquer la banque pour accé­der au coffre. C’est possible mais ça commence à être bien plus limité.

    Bien évidem­ment, vous êtes toujours sujet à un braquage chez vous, une fois le coffre ouvert, mais ça la banque n’y pourra jamais rien.

    (*) Point sensible : Si le coffre est invio­lable et que vous perdez vos clefs, plus personne ne pourra vous aider à récu­pé­rer vos bijoux. Ils seront perdus à jamais pour tout le monde. La sécu­rité complète c’est à double tran­chant. Il y a des solu­tion à ce problème, des bonnes et des mauvaises, mais c’est un sujet à part entière.

  • Un cade­nas pour mon vélo (2022)

    J’avais déjà un peu écrit en 2017, et tout ce qui y était est toujours vrai : Mis à part le futur HipLock D1000, aucun anti­vol ne résiste plus de quelques dizaines de secondes à une disqueuse portable.

    La solu­tion ultime

    Oui, elle semble exis­ter. Le HipLock D1000 est un anti­vol U qui semble résis­tant aux disqueuses. Les tests en ligne montrent qu’il faut plusieurs dizaines de minutes avec de nombreux disques diamants pour décou­per l’an­ti­vol à la disqueuse dans de bonnes condi­tions en atelier. Autant dire que le voleur aura proba­ble­ment aban­donné avant.

    Même avec ça, la sécu­rité sera toujours du même niveau que son maillon le plus faible. Tous les points d’at­tache ne résis­te­ront pas à une disqueuse et un voleur pourra souvent quand même récu­pé­rer votre vélo dans une camion­nette pour décou­per l’an­ti­vol plus tard chez lui.

    Person­nel­le­ment je n’aime pas les solu­tions ultimes. N’im­porte quel gamin pourra mettre un chewing-gum dans la serrure par jeu ou par malice et je ne pour­rai plus moi non plus récu­pé­rer mon vélo. Gênant…

    Le lieu sécu­risé

    La solu­tion plus réaliste pour moi c’est d’at­ta­cher le vélo dans un lieu où la découpe d’un anti­vol U risque de faire inter­ve­nir des tiers pour l’em­pê­cher de repar­tir avec le vélo.

    Il faut un anti­vol U haut de gamme, ceux qui mettent au moins 30 secondes à être décou­pés.

    Pour le lieu, la pleine rue ne fonc­tionne malheu­reu­se­ment pas. Les passants n’in­ter­vien­dront proba­ble­ment pas, la police n’aura pas le temps d’ar­ri­ver jusque là même si elle était à deux blocs de là.

    Il faut un lieu privé, avec des personnes qu’on connait, ou une commu­nauté à laquelle on appar­tient. Un parking privé peut aussi faire l’af­faire si un vigile est juste devant (il peut inter­ve­nir en moins de 30 secondes) ou s’il peut bloquer les sorties.

    Les fameux parkings sécu­ri­sés avec juste des camé­ras ou plusieurs sorties libres ne servent pas à grand chose. On aura une vidéo d’un homme avec une capuche ou une casquette, mais plus de vélo.

    Deux anti­vols plutôt qu’un

    Parce que deux c’est toujours mieux qu’un mais aussi parce que deux U haut de gamme c’est autant à décou­per. Si le temps est un facteur impor­tant et que mon vélo n’est pas hors de prix, le voleur préfé­rera prendre celui d’à côté. L’autre avan­tage c’est aussi que ça permet de sécu­ri­ser les deux roues du vélo.

    Un anti­vol de cadre peut aussi être un bon anti­vol secon­daire à côté du U haut de gamme. Ça demande un peu plus de préci­sion à la disqueuse, proba­ble­ment trop pour que ce soit inté­res­sant. Il faut un gros coupe boulon à côté et ça met de côté les vols rapides avec un seul outil.

    Pour la même raison, un anti­vol à câble en plus du U est poten­tiel­le­ment une bonne idée. Ça ne sert à rien seul — ça se coupe instan­ta­né­ment — mais ça demande un outil diffé­rent de la disqueuse. Ça ne coûte (et ne pèse) rien à ajou­ter.

    La seule option qui me fait un peut douter, c’est le second U de faible section. Celui qui coupe un U haut de gamme aura déjà une disqueuse avec des disques adap­tés et un mauvais U lui pren­dra à peine 10 secondes de plus. Si le vélo vaut le coup, ça ne le gênera pas vrai­ment plus qu’un câble (et peut-être moins s’il n’a qu’une disqueuse à sa dispo­si­tion).

    Un anti­vol U haut de gamme

    À défaut, s’il n’y a qu’un seul anti­vol, le U de meilleure sécu­rité de n’im­porte quelle bonne marque connue devrait faire l’af­faire. Ce n’est pas le meilleur en résis­tance mais le Elops U 900 de Décath­lon a proba­ble­ment le meilleur rapport qualité/prix.

    Certaines assu­rances ne couvri­ront le dommage qu’a­vec une facture nomi­na­tive pour l’achat d’un U certi­fié 2 * par l’ART, 2 roues par la FUB, ou Gold par SoldSe­cure.

    Il faut juste penser à reti­rer les attaches rapides sur les roues si on ne peut pas sécu­ri­ser les deux. Un axe anti­vol est encore mieux. Certains attachent d’ailleurs un câble à leur U pour aller sécu­ri­ser la seconde roue. C’est une option peu chère aussi.

    Un anti­vol autre qu’un U haut de gamme

    « U » ne veut pas dire magique. Un mauvais U ou une mauvaise chaîne ne sont pas beau­coup mieux qu’un gros câble.

    Et, juste­ment, les anti­vols à câble ou les petites chaînes ne valent pas grand chose. Ça se découpe instan­ta­né­ment avec le bon outil.

    Les anti­vols plats pliants type Bordo ont la répu­ta­tion de se faire casser rela­ti­ve­ment faci­le­ment sans outils bien qu’A­bus en note certains à 15/15 en résis­tance. Par prin­cipe de précau­tion, je les mets dans la case « à éviter ».

    Et des acces­soires

    En plus des axes anti­vol, on peut aussi reti­rer l’at­tache rapide pour la selle. Tout ce qui s’at­tache avec une vis sur le cadre peut aussi proba­ble­ment être sécu­risé avec un bête serflex. Tout ça permet­tra au moins d’évi­ter les vols d’op­por­tu­ni­tés par quelqu’un de non équipé.

    Et le bicy­code

    Il est là d’of­fice sur les vélos de 2022 mais parfois il s’agit d’une bête étiquette. Un passage à la gravure opère poten­tiel­le­ment une meilleure dissua­sion chez ceux qui ne sont pas des profes­sion­nels du vol (oui, juste une dissua­sion, ça n’em­pêche pas le vol, ça rend juste légè­re­ment moins facile la revente des vélos de qualité).

    Faites graver vos anciens vélos. Pour 5€, ça serait dommage de se priver.

  • Démo­cra­tie des partis poli­tiques

    Je lis un article de Thomas Guénolé sur l’ab­sence de démo­cra­tie interne à La France Insou­mise.

    Il y a plein de choses inté­res­santes à explo­rer là dedans, sur ce que ça dit des diri­geants du parti, ou de pourquoi les mili­tants ont l’im­pres­sion de vivre du parti­ci­pa­tif alors que les déci­sions sont prises par une oligar­chie, et si cette disso­nance n’est pas le ver dans le fruit.

    Pour autant il y a un fond qui ne semble pas exploré : Je ne crois pas que la démo­cra­tie interne soit un élément néces­saire pour un parti poli­tique.

    L’enjeu d’un parti c’est de propo­ser un plan et une personne pour mettre en œuvre ce plan. La démo­cra­tie c’est de déci­der tous ensemble de ce qu’on choi­sit.

    Savoir comment ce plan a été élaboré et cette personne dési­gnée n’est fina­le­ment pas un enjeu démo­cra­tique à notre échelle. Ce peut-être l’œuvre d’un indi­vidu seul dans le train à son retour de vacances. Ce peut-être l’œuvre d’un collec­tif démo­cra­tique dans un long travail sur plusieurs années éclairé par des experts. Peu importe, c’est le résul­tat qui sert de base au choix démo­cra­tique et sur lequel se fonde notre système poli­tique actuel.


    Je ne cache pas mes affi­ni­tés avec le Parti Pirate qui a lui fait le choix d’avoir une struc­ture avec une démo­cra­tie interne très pous­sée. Ce n’est pas le seul choix possible, pas forcé­ment le meilleur, et d’ailleurs pas forcé­ment le plus effi­cace. Ça corres­pond juste a son ADN et ses aspi­ra­tions.

    Que LFI, LREM et d’autres, fassent le choix d’une autre démarche n’est en rien anti-démo­cra­tique en soi. Tout au plus ça peut permettre d’ou­vrir le débat avec les diri­geants de ces mouve­ments pour comprendre comment ils voient l’exer­cice du pouvoir.

  • Un petit peu de fedi­verse

    Désor­mais ce blog est visible depuis le fedi­verse à l’adresse @n.survol.fr@n.survol.fr. Vous pouvez donc vous y abon­ner depuis Masto­don.

    Je reste dubi­ta­tif sur l’uti­lité face au RSS mais je vais essayer de donner cette possi­bi­lité en plus.

    Tout ceci reste de l’ex­pé­ri­men­ta­tion :

    Les réponses devraient arri­ver en commen­taires mais dans mes premiers essais elles arrivent toutes dans la boite à spam. Je ne garan­tis donc rien.

    Je ne pour­rai proba­ble­ment pas lire les messages qui sont envoyés direc­te­ment sans répondre à un article. Mieux vaut m’in­ter­pel­ler sur @edas­fr@­ma­mot.fr (mon compte person­nel).

  • La fin, les moyens, et la démo­cra­tie

    J’ai attendu un peu avant d’écrire ce billet sinon il risquait d’être inau­dible.

    Je sors mal à l’aise des moyens de lutte contre le vote d’ex­trême droite autour de moi. Des argu­ments liti­gieux contre la candi­date d’ex­trême droite, des trom­pe­ries pour espé­rer vicier le vote de ses élec­teurs, et des appels à ne pas corri­ger les critiques liti­gieuses envers elle, ou à ne pas poin­ter les problèmes chez son oppo­sant.

    La fin justi­fie-t-elle les moyens ?

    On ne peut pas sauver la démo­cra­tie en viciant l’élec­tion. Cher­cher à ce que certains élec­teurs votent de façon erro­née ou sur la base de mauvaises infor­ma­tions c’est forcé­ment cher­cher à sortir de la légi­ti­mité démo­cra­tique.

    Est-on prêt à usur­per le pouvoir, rompre à avec la démo­cra­tie, si ça permet d’évi­ter le fascisme ?

    Je laisse chacun répondre à cette ques­tion, tant qu’on ne se voile pas la face.

    Ce qui est certain pour moi c’est que dans ce cas on devrait au moins s’abs­te­nir de dire qu’on veut sauver ou défendre la démo­cra­tie. Dans ce cas on devrait au moins s’abs­te­nir de dire que ceux qu’on combat sont un danger pour la démo­cra­tie, la consti­tu­tion ou l’État de droit, parce qu’on ne ferait pas mieux de ce point de vue.

    Mon malaise vient de là : Les mêmes qui prétendent défendre la démo­cra­tie semblent accep­ter d’en sortir eux-mêmes, parce qu’eux ont raison et que les autres risquent d’être majo­ri­taires à avoir tort.

  • Not Alone

    Je recom­mande chau­de­ment Not Alone. Il m’a été offert par une amie et ne quitte plus mon podium depuis.

    2 à 7 joueurs. Souvent les jeux sont plus portés sur un faible nombre ou un grand nombre. Là il est excellent sans discon­ti­nuer sur toute l’éten­due et super pratique parce que ça passe partout. Je le trouve moins sympa à 2 joueurs parce qu’on perd en inter­ac­tions mais ça reste une vraie possi­bi­lité et pas un mode dégradé comme dans trop de jeux.

    tous contre un. C’est un équi­libre parfait entre le coopé­ra­tif (sur la table on a 2 à 6 joueurs en coopé­ra­tifs entre eux) et le fait d’avoir un vrai adver­saire humain. Ça permet aussi d’in­té­grer faci­le­ment des débu­tants à une table qui connait déjà le jeu vu que les coopé­rants peuvent parler libre­ment pour s’ex­pliquer la stra­té­gie et les enjeux du tour.

    program­ma­tion + bluff, mais limité en calcu­la­toire. La main de celui qui joue seul permet une dose d’aléa qui suffit à réunir sur la même table à la fois ceux qui aiment calcu­ler, réflé­chir ou faire des combo, et ceux qui jouent plus dans le fun de l’ins­tant. C’est un des seuls que je connais qui réus­sisse ça.

    simple à apprendre et à jouer. Il y a un peu à expliquer au début mais la méca­nique est simple et les cartes qui décrivent les phases de jeu suffisent. En réalité il suffit de choi­sir une carte parmi la poignée qu’on a en main, seules 10 diffé­rentes existent et ce qu’elles font est écrit dessus en 2 lignes. Comme c’est du coopé­ra­tif, on peut même expliquer le jeu en jouant sans lui faire perdre son inté­rêt.

    durée un peu longue mais limi­tée. La partie peut tirer jusqu’à 30 minutes, 45 quand on est beau­coup et que ça met du temps à jouer, mais le pion avance chaque tour donc ça ne peut pas s’éter­ni­ser dans une partie à rallonge.

    petite boite avec espace de jeu fixe. L’es­pace de jeu néces­site la place d’un carré de 5×5 cartes à jouer plus un petit espace devant chacun mais ça se joue sur une table basse à l’apéro sans trop de diffi­cul­tés.

    Une quin­zaine d’eu­ros d’oc­ca­sion, vingt à vingt-cinq neuf, ce serait dommage de se priver. Par contre je n’ai pas testé les exten­sions.

  • Comp­ta­bi­li­ser le vote blanc… mais pas plus

    Encore une péti­tion pour la comp­ta­bi­li­sa­tion du vote blanc. Je ne comprends toujours pas. L’idée de départ est sédui­sante mais dès qu’on fouille…

    Il faudrait comp­ta­bi­li­ser le vote blanc !

    Il l’est. Au dépouille­ment chacun pourra le consta­ter. On décompte aussi préci­sé­ment les votes blancs que les autres votes, avec un compte séparé, public, publié, au vote près.

    Ok, mais comme il n’y a pas de bulle­tin blanc, on ne peut pas voter blanc !

    On peut mettre son propre papier blanc, mais surtout on peut mettre une enve­loppe vide. Une enve­loppe vide est un vote blanc, compté comme tel. Sur les ordi­na­teurs de vote (il en reste malheu­reu­se­ment), le vote blanc fait expli­ci­te­ment partie des choix propo­sés.

    Ok, ils sont comp­ta­bi­li­sés, on peut voter blanc, mais à la TV ils présentent des pour­cen­tages sans les votes blancs !

    Oui, souvent, quoi qu’on voit passer de plus en plus de repré­sen­ta­tions pour mesu­rer l’abs­ten­tion. Le vote blanc est géné­ra­le­ment moins inté­res­sant car assez faible. S’il était de 10 % la TV en parle­rait certai­ne­ment plus.

    Les chiffres sont publics, au vote près. Il est possible à chacun de faire une repré­sen­ta­tion incluant les blancs, ou l’abs­ten­tion, ou ce qu’on veut. J’en ai d’ailleurs vu plusieurs passer.

    Toujours est-il que les chaines de TV sont libres et font bien les analyses avec les répar­ti­tions qu’elles souhaitent. Le problème n’est là ni dans le vote blanc ni dans sa comp­ta­bi­li­sa­tion.

    Oui mais il ne fait pas partie des suffrages expri­més !

    Il est dans les suffrages, comp­ta­bi­lisé. La notion de « suffrage exprimé » est juste une caté­go­ri­sa­tion arbi­traire qui veut dire « suffrages sans les blancs et les nuls ». Dire que ça n’in­clut pas les blancs, c’est une tauto­lo­gie. C’est un peu comme si on se plai­gnait que quelqu’un n’in­clut pas le PCF dans la répar­ti­tion des suffrages de droite.

    Mais du coup il ne sert à rien dans l’élec­tion !

    Oui. C’est même son rôle : Permettre à quelqu’un de ne pas s’ex­pri­mer (mais quand même aller voter, parce qu’on garan­tit le secret de ce choix de vote).

    Si on veut s’ex­pri­mer, il y a des bulle­tins avec des choses expri­mées dessus (pas forcé­ment ce qu’on veut, mais ça c’est discuté plus bas)

    Sauf qu’il exprime quelque chose, il devrait empê­cher l’élec­tion si [le blanc est majo­ri­taire] !

    Ah ? Mais si un élec­teur vote blanc, pourquoi imagi­ner qu’il exprime forcé­ment une volonté de recom­men­cer l’élec­tion ?

    Certains votent blanc par rejet du système lui-même, d’autres par rejet des choix propo­sés, d’autres parce qu’ils ne savent pas se déci­der, d’autres parce qu’ils n’ont pas d’avis, d’autres parce qu’ils ont un avis mais que plusieurs candi­dats leur vont, d’autres parce qu’ils ont une pres­sion sociale pour aller au bureau de vote mais n’ont pas envie de s’ex­pri­mer pour autant, d’au­tres…

    Prêter une inten­tion unique et spéci­fique au vote blanc c’est le prendre pour un bulle­tin avec quelque chose de précis écrit dessus. Ce n’est pas le cas.

    À dire vrai, si quelque chose devait relan­cer l’élec­tion, ce serait plutôt le décompte des votes nuls, soit parce qu’une majo­rité d’er­reurs de vote dénote un problème avec l’élec­tion, soit si on avait une majo­rité de votes expri­mant effec­ti­ve­ment quelque chose de commun même si ce n’est pas dans les choix propo­sés.

    Il faut juste une élec­tion avec de nouveaux candi­dats, ceux là n’ont pas su créer une adhé­sion.

    Outre le problème expli­cité dans le bloc précé­dent : Avec qui ? Qu’est-ce qui fait penser que ces nouveaux candi­dats auront plus d’adhé­sion ?

    Les candi­dats de l’élec­tion sont ceux qui ont gagné les primaires, ou ont eu le soutien de groupes de grande taille, ou sont sortis comme les plus propices dans les sondages dans leur base élec­to­rales. Ce sont objec­ti­ve­ment les meilleurs possibles pour porter les diffé­rentes voix. Pas les seuls, mais objec­ti­ve­ment parmi les meilleurs. Recom­men­cer avec d’autres c’est recom­men­cer avec ceux qui n’at­tei­gnaient même pas ces jalons, qui sont objec­ti­ve­ment moins bons à rempor­ter l’élec­tion et obte­nir l’adhé­sion. Selon toutes proba­bi­li­tés, ils auraient eu des scores encore plus faibles. Ne parlons même pas des élec­teurs qui vote­ront blanc la seconde fois parce qu’ils préfé­raient les candi­dats du premier vote, ou parce qu’ils sont contre l’idée de recom­men­cer l’élec­tion.

    Au bout d’un moment il y aura peut-être rési­gna­tion des élec­teurs à ne pas faire de rejet et à accep­ter un candi­dat, mais si c’est à la seconde ou à la troi­sième élec­tion, le candi­dat de ce moment là sera-t-il vrai­ment meilleur que celui qu’on aurait eu au premier tour et qui avait assez de soutien et d’adhé­sion pour se présen­ter à ce moment là ? Proba­ble­ment pas.

    Mais on ne peut pas accep­ter l’élec­tion d’un candi­dat majo­ri­tai­re­ment rejeté !

    Alors déjà on ne peut pas dire qu’il est majo­ri­tai­re­ment rejeté. Le blanc est loin d’être signi­fi­ca­tif aujourd’­hui, et même s’il l’était on ne sait toujours pas quelle propor­tion de ces blancs exprime un rejet. Juste­ment parce que ces votes sont… blancs.

    Ensuite c’est vicié, surtout sur une élec­tion à deux tours. On trou­vera toujours une coali­tion majo­ri­taire pour empê­cher le favori de gagner. Ça ne veut pas dire que cette coali­tion dégage un avis majo­ri­taire pour quoi que ce soit.

    Oui mais si on ne veut rien dans les choix propo­sés ?

    Comme il y a des opinions très diverses dans la popu­la­tion, tout le monde ne peut pas être en phase avec le choix final et c’est normal.

    La péti­tion actuelle en est une bonne illus­tra­tion. Elle tente de fédé­rer sur le mode « les résul­tats du second tour ne nous conviennent pas ». Soit, mais quand il y a 12 candi­dats au premier tour et 2 au second tour, c’est normal qu’une bonne partie des élec­teurs auraient préféré autre chose. Ça n’est pas une justi­fi­ca­tion pour bloquer le système.

    Si on est mino­ri­taire, alors on prend son mal en patience, et on donne sa voix à celui qui se reproche le plus de ses opinions, même s’il en est très loin (ça sera toujours mieux que quelqu’un qui est encore plus loin). Vous pouvez aussi ne pas voter ou voter blanc, si pour vous le résul­tat ne change rien.

    Si on appar­tient à un courant majo­ri­taire ou qui peut l’être, alors… on présente un candi­dat et on le fait arri­ver au second tour. Si c’est vrai­ment un courant majo­ri­taire, alors pourquoi ne pas le faire ? Les dates d’élec­tion sont connues à l’avance, il y a tout le temps de s’y prépa­rer.

    On aurait pu gagner si on avait été au second tour mais on n’a pas su s’unir…

    Le problème n’est alors pas le vote blanc et le recom­men­ce­ment de l’élec­tion mais le fonc­tion­ne­ment du scru­tin. Il y a de vraies initia­tives pour corri­ger le problème de la disper­sion des voix et du vote utile, dont la propo­si­tion d’uti­li­ser un scru­tin par vote majo­ri­taire.

    Et si on veut vrai­ment tout chan­ger, renver­ser la caste au pouvoir ?

    Réfor­miste ou révo­lu­tion­naire ?

    Réfor­miste, vous vous fédé­rez et faites élire votre candi­dat qui chan­gera tout, via les méca­nismes prévus pour chan­ger le système lui-même.

    Révo­lu­tion­naire, ben il faudra faire la révo­lu­tion, d’une façon ou d’une autre. Faire un vote blanc, recom­men­cer l’élec­tion puis quand même élire le premier à la seconde itéra­tion de l’élec­tion, ça ne va pas trop faire un révo­lu­tion.


    Et même avec tout ça, même si on comp­tait le vote blanc dans les suffrages expri­més, avec une propriété élimi­na­toire s’il arri­vait en tête, avec un blanc qui peine à atteindre 2 ou 5% aujourd’­hui, il est très discu­table d’ima­gi­ner qu’on ait réel­le­ment une majo­rité d’élec­teurs qui voudraient recom­men­cer avec d’autres candi­dats incon­nus, et qui préfé­re­raient ces nouveaux candi­dats. Rien ne le démontre aujourd’­hui, pas même un sondage. L’exemple de la Colom­bie, qui a ce vote blanc élimi­na­toire, ne pousse pas en ce sens.

    Il faut peut-être juste accep­ter qu’on se trouve dans la mino­rité, et jouer le jeu de la démo­cra­tie même quand les déci­sions prises ne sont pas les notres.