Usage de jet privé et vie privée


Pour reprendre une polé­mique récente, les ✅ ok ou ❌ ko pour moi :
(les exemples sont fictifs)

ok ✅ Notre premier ministre est actuel­le­ment en dépla­ce­ment à Munich, il a pris un jet privé pour faire l’al­ler-retour dans la jour­née.

ok ✅ Qui dans les 10 célé­bri­tés les plus atten­dues a pris un jet privée pour venir monter les marches au festi­val de Cannes ?

ok ✅ Les 10 plus grandes fortunes de France rejettent en moyenne chacun en un mois unique­ment avec leurs jets privés autant qu’un français moyen en 40 ans.

ok ✅ 40% des PDG du CAC 40 utilisent leur jet privé pour des trajets de moins d’une heure.

ok ✅ Sur les célé­bri­tés que nous avons étudié, nous avons même iden­tité des trajets en jet pour voir sa femme une nuit, et un aller-retour pour cher­cher une glace sur la côte à 300 km de là.

ok ✅ Le jet privé du PDG de Geen­peace a été utilisé pour des trajets courts qui ont une alter­na­tive en train à grande vitesse.

ko ❌ Léon Zitrone utilise deux fois plus son jet privé que l’abbé Pierre, avec deux usages par semaine.

ko ❌ Voici les dépla­ce­ments récents du jet privé de Léon Zitrone, il est actuel­le­ment à Rodez où vit juste­ment sa fille.

ko ❌ Léo Zitrone a fait un aller-retour de 300 km en jet privé pour manger une glace au glacier bien connu de Toulouse.


Dans mes réflexions :

  • Est-ce une personne publique dans le cadre d’un dépla­ce­ment public ou une personne privée dans le cadre d’un dépla­ce­ment privé ou lié à une entre­prise privée ?
  • Si on est dans le domaine privée, l’in­for­ma­tion pose-t-elle un problème de respect de la vie privé ?
  • Si oui, l’in­for­ma­tion a-t-elle un inté­rêt tel dans le débat public, avec ce niveau de détail et l’iden­ti­fi­ca­tion nomi­na­tive, que ça renverse le besoin de vie privée ?

Il n’y a pas de réponse toute faite, mais si l’idée est que ces usages de jet privé sont néfastes et à empê­cher (ce avec quoi je ne suis pas forcé­ment en désac­cord, il faut juste s’ac­cor­der sur un péri­mètre), c’est dans la loi qu’il faut agir et pas via un lynchage public extra­lé­gal.


Le premier cas concerne une personne publique dans l’exer­cice d’un mandat public. Le second cas des célé­bri­tés avec une vie publique et une vie privée, dans le cadre d’un événe­ment qui fait partie de leur vie publique.

Les trois cas suivants obtiennent à mon avis le même impact que les derniers au niveau du débat public (y compris celui de cibler certaines caté­go­ries de personnes) sans avoir besoin de donner des noms ou d’in­di­vi­dua­li­ser qui a fait quoi.

Le 6ème est nomi­na­tif, précis, mais l’enjeu public me semble suffi­sant rapport au fait qu’on parle d’une asso­cia­tion qui aurait (exemple fictif) un discours contraire aux actes et qui a une place impor­tante dans ce débat public précis.

Les trois derniers je ne vois pas ce qu’ap­porte de plus le nom ou la loca­li­sa­tion. On pour­rait obte­nir le chan­ge­ment de compor­te­ment indi­vi­duel de x ou de y quant à l’uti­li­sa­tion de leur jet privé mais même en nommant les 20 pires on aurait un impact insi­gni­fiant vis à vis du chan­ge­ment clima­tique lui-même. Le béné­fice d’in­di­vi­dua­li­ser ne me semble donc pas présent au point de géné­rer un préju­dice indi­vi­duel.

Sauf à vouloir faire justice soi-même (ce que je ne cautionne pas), l’enjeu reste un enjeu collec­tif de chan­ge­ment des compor­te­ments ou des poli­tiques publiques et, même si on souhaite viser spéci­fique­ment les ultra-riches du fait de leur compor­te­ment exces­si­ve­ment toxique par rapport à la moyenne, ça peut être obtenu aussi bien avec des statis­tiques non nomi­na­tives.


2 réponses à “Usage de jet privé et vie privée”

  1. Tiens, parce que je ne l’ai pas dit :

    – Je n’ai rien contre FlightRadar & co

    – J’ai par contre un problème avec ceux qui utilisent FlightRadar & co pour publier les déplacements des moyens de transports de X ou Y nominativement

    – Je n’ai pas d’avis tranché mais un préjugé plutôt bienveillant sur les articles de presse ponctuels qui mettent en avant les trajets excessifs de X ou de Y si c’est contextualisé vers un objectif de transformation collective et pas de pointage de doigt individuel

    – J’ai un problème quand ça tourne en vindicte ou lynchage individuel (généralement hors de la presse générale, qui connait ses responsabilités à ce niveau)

    – Je reste convaincu que, dans les cas récents, le nominatif (à la fois des personnes et des lieux) n’apporte quasiment rien au discours de presse (qui lui a un intérêt public clair)

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