Auteur/autrice : Éric

  • Mon problème avec le Deco­dex

    J’aime beau­coup ce que font Les Déco­deurs. Je soutiens très fort Samuel Laurent et son équipe qui s’en prennent plein la figure tout le temps sur le moindre sujet.

    Le Deco­dex était une bonne idée, avec une bonne inten­tion. Vous avez essayé et… ça s’est révélé au mieux hasar­deux. Plus proba­ble­ment c’était tout simple­ment une mauvaise idée. Il est temps de le ranger au placard et de célé­brer une bonne initia­tive qui n’a pas fonc­tionné pour pouvoir tenter autre chose la prochaine fois. Persis­ter n’ap­porte rien.

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    J’ai un problème avec l’axiome de base du Deco­dex, l’idée que la répu­ta­tion du conte­nant doit permettre d’avoir – ou non – confiance dans le contenu.

    Si je me base dessus, j’au­rais plutôt du donner foi à l’ar­ticle d’un jour­nal fiable qui parle d’une consul­tante profi­leuse, aussi inter­viewée sur une chaîne d’in­for­ma­tion natio­nale. Dans le contenu elle parle de son don de sixième sens, à l’oc­ca­sion de la sortie de son livre sur le sujet. Hum…

    Je repère régu­liè­re­ment des erreurs graves ou gros­sières dans mon domaine d’ex­per­tise dans des propos relayés sur les média très bien répu­tés. Je ne vois pas pourquoi il en serait diffé­rem­ment dans les domaines où je n’y connais rien. Ne parlons même pas des rubriques horo­scope des hebdo­ma­daires bien clas­sés par le Deco­dex.

    Inver­se­ment une ques­tion ou une infor­ma­tion révé­lée sur le plus immonde site poubelle ou sur un blog tota­le­ment inconnu n’est pas forcé­ment fausse pour autant. Toujours sur mon domaine d’ex­per­tise, l’in­for­ma­tique, les blogs sont souvent bien plus poin­tus que les média natio­naux. J’ai l’im­pres­sion que c’est parfois aussi vrai pour le droit.

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    Bref, la répu­ta­tion du conte­nant ne me permet pas de juger de la fiabi­lité d’une infor­ma­tion. Je dois faire appel à mon juge­ment. Si une infor­ma­tion semble extra-ordi­naire, je dois remon­ter vers la source, recou­per et utili­ser mon esprit critique.

    Cette analyse est vraie que je commence à partir d’un site fiable ou nonJe ne dois pas l’ap­prendre aux jour­na­listes des Deco­deurs, je suis certains qu’ils véri­fient et croisent leurs infor­ma­tions même quand elle vient d’une source à priori connue comme fiable.

    Tout ça est long, parfois je ne le fais pas, géné­ra­le­ment je ne le fais pas. Quand je ne le fais pas je prête foi à mes sites habi­tuels, ceux que je connais et que j’ai déjà choisi en fonc­tion de mon juge­ment décrit plus haut. Les autres, tous les autres, je les écar­te­rai en atten­dant mieux.

    Je ne me base­rai certai­ne­ment pas sur le simple fait que le conte­nant est marqué comme géné­ra­le­ment fiable sur le Deco­dex. Je connais juste­ment trop ce que ces sources peuvent faire comme erreurs sur mon domaine d’ex­per­tise pour leur faire une confiance aveugle sur le reste. Que le site ait bonne répu­ta­tion ne veut pas dire que toutes les rubriques se valent, ou qu’il n’y ait pas des sujets aussi liti­gieux que l’ho­ro­scope (mais pas toujours aussi faci­le­ment iden­ti­fiables).

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    Du coup, de quelle aide est le Deco­dex ?

    Je connais bien un site et il a ma confiance ? Le Deco­dex ne me fera pas chan­ger d’avis, que ce site soit indiqué comme fiable ou non. Les fan des sites liti­gieux risquent même de reje­ter le Deco­dex dans son ensemble.

    Je connais bien un site et il n’a pas ma confiance ? Je doute que je vais d’un coup appor­ter ma confiance à un contenu que j’y lis simple­ment parce que le Deco­dex me dit que le media a bonne répu­ta­tion.

    Je ne connais pas bien un site et il n’est pas classé fiable ? Je suppose que tous ceux qui seraient inté­res­sés par le Deco­dex au point de l’uti­li­ser sont aussi ceux qui vont consi­dé­rer une infor­ma­tion d’un media inconnu comme non fiable par défaut. Tout ça ne va rien chan­ger.

    En fait le seul cas où le Deco­dex aura une influence c’est le dernier cas : le site peu ou pas connu qui est classé comme fiable. Et là le seul risque c’est que ça m’in­cite à faire confiance sans véri­fier… là où il y a peut-être un problème moins évident à remarquer que la profi­leuse un peu medium qui fait la promo­tion de son livre.

    Bref. un peu le contraire de l’objec­tif pour­suivi, non ?

    C’était une bonne idée, je suis heureux qu’elle ait été lancée, je ne critique­rai pas les auteurs pour avoir essayé, main­te­nant il est temps de consta­ter que c’est une impasse qui n’ap­porte rien de posi­tif mais qui en plus pose des ques­tions déli­cates sur qui classe, comment, et les biais que ça intro­duit.

  • Du plafon­ne­ment des indem­ni­tés prud’­hom­males

    E. Macron reprend encore l’idée du plafon­ne­ment des indem­ni­tés prud’­hom­males en cas de licen­cie­ment.

    L’idée c’est de limi­ter la respon­sa­bi­lité de l’en­tre­prise quand elle viole la loi ou le contrat de travail. En creux ça veut aussi dire que la victime de ces illé­ga­li­tés ne serait pas indem­ni­sée à hauteur du préju­dice. C’est déjà la partie la plus faible des deux mais tant pis pour elle si elle est victime, à elle d’as­su­mer.

    Je ne comprends même pas dans quel monde on peut imagi­ner ça légi­time ou même souhai­table. Quelqu’un m’ex­plique ?

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    Qu’on ne me dise pas que les plafonds sont étudiés en fonc­tion de cas pratiques et ne chan­ge­ront rien en réalité. Si ça ne chan­geait rien, il n’y aurait pas besoin de les mettre en œuvre.

    Lors des discus­sions précé­dentes le ministre avait dit faire en sorte que le plafond corres­ponde en théo­rie à la moyenne des indem­ni­sa­tions de la caté­go­rie. Par défi­ni­tion ça veut dire qu’à peu près la moitié des indem­ni­sa­tions sont réduites, mais que les autres ne sont pas augmen­tées pour autant. Bref, ça change, et pas qu’un peu.

    En pratique je me rappelle que dans mon cas il était prévu que le plan­cher d’in­dem­ni­sa­tion mini­mum de 6 mois de salaire devienne un plafond d’in­dem­ni­sa­tion maxi­mum. Je ne sais pas vous mais pour moi ça chan­geait tout.

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    Je n’achète pas non plus l’ar­gu­ment d’amé­lio­ra­tion de l’ef­fi­ca­cité et des délais. Quand les parties sont d’ac­cord il y a déjà un proces­sus de conci­lia­tion avec des barèmes de réfé­rence. Si on cherche à faire des plafonds c’est bien que ça ne fonc­tionne pas.

    Il faudra toujours juger qui a raison, et évaluer le dommage (ce serait un plafond, pas un forfait). Les délais seront toujours énormes rien que pour obte­nir la première audience de conci­lia­tion qui ne sert à rien. Si on veut raccour­cir les délais il y a de quoi faire, et ça ne se joue pas sur les montants des indem­ni­tés.

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    Si la mesure est soute­nue c’est surtout pour les entre­prises, pour faci­li­ter le calcul qu’elles font déjà : « si je licen­cie alors que je n’ai pas le droit, combien ça va me coûter ».

    Là il s’agit non seule­ment de sécu­ri­ser finan­ciè­re­ment une action qu’on sait déjà illé­gale, mais en plus d’en dimi­nuer le montant.

    De là à dire qu’on fragi­lise les droits et qu’on renforce l’en­tre­prise face au sala­rié, il n’y a qu’un pas. Et ‘op, je le fran­chis.

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    Le dernier argu­ment c’est celui du pauvre gérant de TPE qui fait des erreurs de bonne foi.

    Outre que le plafon­ne­ment couvre surtout tous les autres cas, j’ai toujours du mal à voir pourquoi ce serait au sala­rié d’as­su­mer l’er­reur et de payer le dommage créé par son employeur, fut-il de bonne foi.

    En cette période de chômage de masse le sala­rié (lui aussi souvent pauvre) est-il à ce point en posi­tion aisée pour qu’on doive lais­ser les consé­quences à sa charge ?

    Aidons ces gérants de TPE via une ligne de support juri­dique, propo­sons-leur une assu­rance gérée par le privé ou par l’État pour gérer ce genre de problèmes, mais en aucun cas il n’est légi­time de faire payer la victime qui est déjà celle qui est le plus en posi­tion de faiblesse.

     

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    Tout ça répond à une seule logique bien connue du libé­ra­lisme contem­po­rain : Il faut privi­lé­gier l’en­tre­prise sur l’in­di­vidu, l’en­tre­pre­neur sur le sala­rié, l’éco­no­mie sur la vie person­nelle. L’idéo­lo­gie jamais confir­mée dans l’his­toire, c’est que ça profi­tera in fine à la popu­la­tion, quitte à sacri­fier quelques années voire quelques géné­ra­tions le temps que ça s’équi­libre.

    Merci mais non merci.

  • [Photo] Séré­nité

    Séré­nité (9377) – Flickr

    Je suis heureux de cette photo. J’avais déjà cher­ché le regard inti­miste avec cette lumi­no­sité qui trans­perce mais sans le trou­ver tout à fait. Ici j’y lis du calme et de la séré­nité.

    On me demande parfois si le nu est néces­saire. Proba­ble­ment pas, mais je ne me vois pas atteindre le même effet sans le dépouille­ment de la nudité. Les ambiances qui sont créées via le nu sont vrai­ment parti­cu­lières à mes yeux, autant sur la photo que pendant la séance.

  • [Photo] Épuré

    Épuré (9446) – Flickr

    J’adore ces photos douces, qui permettent d’ou­blier le côté terre-à-terre du corps. Tout le monde se voit avec plein de défauts. J’ai souvent la remarque « je ne suis pas comme les modèles que tu as déjà eu » et en fait si, toujours. Le regard des autres est telle­ment diffé­rent de celui qu’on a sur soi…

    L’his­toire n’est pas la même, mais je vous propose un second cadrage plus dans l’op­tique de la photo d’hier. Je suis inté­ressé par vos retours.

  • [Photo] Regards

    Regards (9647) - sur Flickr
    Regards (9647) – sur Flickr

    C’est évident après coup mais ce sont les photos de dos qui semblent provoquer le plus le regard des modèles après la séance. Ce ne sont pas celles qu’on a l’ha­bi­tude de voir, et encore moins mises en valeur.

    Je fais mes photos pour chan­ger le regard. Chan­ger le regard que j’ai sur moi-même et sur les autres, humble­ment parfois aider les autres dans le regard qu’ils ont d’eux-même.

    Et ça fonc­tionne mais plus j’avance plus je me rends compte qu’il s’agit aussi d’ac­cep­ter le regard des autres, ou au contraire de savoir passer outre et vivre sans lui donner trop d’im­por­tance. Que nous refu­sons-nous sous la contrainte du regard d’au­trui ? Est-ce raison­nable ?

  • [Photo] Rien d’autre

    Parfois les images sortent diffi­ci­le­ment. Celles qui suivront ces prochains jours ont mis plus de six mois. Mon parcours a évolué depuis mais si je n’au­rais pas choisi ces situa­tions aujourd’­hui, elles ont toujours un sens. Certaines sont en couleur, ce qui est une excep­tion dans ma produc­tion. Ça aurait été un sacri­lège de ne pas en profi­ter ici.

    Rien d’autre (9364)

    Je parlais de croix il y a quelques temps, et sans le savoir j’ai failli donner le même titre à cette photo. Quand on enlève tout le reste pour se mettre à nu, pour révé­ler qui nous sommes, on s’aperçoit qu’il reste toujours quelque chose qui nous repré­sente. À nu on ne triche pas mais on exprime toujours quelque chose de fort.

  • Oups Crash­plan

    J’ai plusieurs fois parlé de Crash­plan par le passé. Je l’uti­lise avec un backup sur le cloud de la société, et un second sur un serveur person­nel en ligne.

    Crash disque il y a un mois. Je devrais être heureux d’avoir pris les devants mais…

    Tout d’abord c’est lent. C’était exagé­ré­ment lent lors de l’en­voi des données mais ce n’était pas bien grave. Par contre la récu­pé­ra­tion des données se fait entre 2 et 8 Mb/s à partir du cloud alors que j’ai du 60 Mb/s soutenu avec le crash­plan sur mon serveur distant person­nel. Là fran­che­ment il y a de l’abus.

    Là où ça coince c’est ma femme qui a cher­ché une photo spéci­fique dans les données récu­pé­rées. Elle me signale de multiples sous-réper­toires vides qui ne devraient pas l’être. Je regarde, ils sont vides sur une des sources de backup mais pas sur l’autre, à la même date, plusieurs mois après leur ajout.

    Du coup je fouille. Sur un des dossiers qui m’in­té­resse le plus j’ai près d’un Go de diffé­rence entre mes les deux desti­na­tions de stockage. Je ne peux même pas dire que l’une a des fichiers plus récents parce que la première a plus de fichiers mais que l’autre a plus de sous-dossiers. Sachant que que je fais que des ajouts et jamais des suppres­sions… ça n’a aucun sens.

    En remon­tant plus loin, mes photos de mariage vielles de 10 ans et qui ne changent jamais sont passées de 7 Go à moins de 200 Mo sur une des desti­na­tions. Il va falloir que fouille mes DVD de backup mais je crois que j’avais plus de 7 Go de toutes façons…

    Bref, atten­tion Crash­plan. Simple : vous allez dans l’on­glet restau­ra­tion, vous cliquez sur le disque pour tout sélec­tion­ner, ça vous donne un nombre de fichiers, de dossiers et un volume de backup. Si ce n’est pas cohé­rents entre vos diffé­rentes desti­na­tions de sauve­garde (ça ne l’est pas chez moi) ou si ce n’est pas cohé­rent avec vos données sources, alors vous avez un problème.

    Même si c’était un problème spéci­fique à mes instal­la­tions, n’avoir aucune erreur d’in­té­grité pour un truc si impor­tant que le backup, c’est un peu un échec. Et du coup si vous avez une autre recom­man­da­tion que Crash­plan, je suis preneur.

    Entre temps je vais passer une semaine (esti­ma­tion Crash­plan) à restau­rer ce qui doit l’être depuis leur Cloud, puis faire la même chose depuis mon stockage Crash­plan person­nel avant de faire un diff manuel.

  • Corps et tabous

    Je me moque copieu­se­ment de Face­book et de son filtre de respec­ta­bi­lité pour les photos. J’iro­nise sur les censures. On peut voir les corps mais pas de téton fémi­nin ou de sexe. On en arrive a des situa­tions déli­rantes où les artistes mettent des caches-téton sur les photos et où on bannit des photos de promo­tion contre le cancer du sein.

    Je me moque mais fina­le­ment, en discu­tant photo avec des amis, je me rend compte qu’on fait bien les même idio­ties. Notre limite est juste placée un peu plus loin, en auto­ri­sant les seins et un peu de pilo­sité. Même pour des photos artis­tiques et inté­res­santes par ailleurs, j’écarte systé­ma­tique­ment celles où le photo­graphe laisse le sexe appa­rant. Il faut qu’il soit caché ou hors cadre, à la limite dans l’ombre si on ne distingue pas grand chose.

    J’ai l’im­pres­sion de me faire domi­ner par des tabous stupides. Quel sens cela a-t-il de rendre honteux ou inter­dit quelques dizaines de centi­mètres carrés sur un corps sachant qu’on sait bien tous comment c’est fait de toutes façons ? Qu’il y a-t-il de si sulfu­reux à avoir un corps ou à l’as­su­mer ?

    Il y a quelques temps j’avais publié une photo quasi­ment unique­ment pour sortir de ce genre de tabous. C’était fina­le­ment plutôt pudique et consen­suel. Aujourd’­hui j’ai presque envie de repro­duire le tableau de Cour­bet, juste pour montrer qu’il n’y a là rien qui devrait faire faire honte, pour me montrer que je n’en ai pas honte.

    L'origine du monde - Gustave Courbet
    L’ori­gine du monde – Gustave Cour­bet

    Ce tableau a déjà 150 ans, et rien n’a changé. Nous l’ac­cep­tons, mais à condi­tion de ne le voir qu’à titre histo­rique, en pein­ture et entouré d’un cadre.

  • Quelques idéaux sur l’hé­ri­tage

    On a parlé héri­tage et je me rends compte que je n’avais toujours pas écrit ce billet. Pas d’ar­gu­men­ta­tion chif­frée, essen­tiel­le­ment de l’opi­nion pour l’ins­tant :

    Je n’ai jamais compris la légi­ti­mité de l’hé­ri­tage. Au delà de la source d’iné­ga­lité, je ne vois pas en quoi on mérite quoi que ce soit sous prétexte de filia­tion. Alors certes, je comprends que les parents veuillent donner mais la fisca­lité des dons me semble alors parfai­te­ment adap­tée. La volonté passée d’un mort ne me semble pas d’un poids suffi­sam­ment fort pour méri­ter des avan­tages fiscaux dans l’or­ga­ni­sa­tion sociale entre les vivants.

    Ce que j’ima­gine :

    Exoné­ra­tion totale de droits pour :

    – Le conjoint (sous condi­tion de vie commune depuis un certain temps et de déjà gérer leur patri­moine de façon commune) ;

    – Les personnes à charge qui vivent sous le même toit ou en insti­tu­tion (enfants jusque 20 à 25 ans, inva­lides, ascen­dants dépen­dants, …).

    Fran­chise totale jusqu’à 100 000 € pour les autres cas de trans­mis­sions à des proches ayant encore un lien actif (si tu n’as plus de liens de soli­da­rité depuis des années, tu oublies).

    Fisca­li­sa­tion élevée de l’ordre de 60% pour tout le reste, sans excep­tion, sans abat­te­ment, y compris pour l’im­mo­bi­lier. Le 60% n’est pas arbi­traire, c’est la fisca­lité pour les dons quand il n’y a aucun statut privi­lé­gié.

    Aucune trans­mis­sion vers des tiers sans lien affec­tif ou de soli­da­rité récent avec le défunt, sauf à ce qu’ils soient dési­gnés nommé­ment dans un testa­ment. Contrai­re­ment à aujourd’­hui, sauf si  par le défunt le demande expli­ci­te­ment, le petit fils du cousin n’au­rait droit à rien même s’il est le descen­dant le plus direct. Ce genre d’hé­ri­tage n’a aucun sens et aucune légi­ti­mité.

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    Par contre je trou­ve­rai légi­time de trou­ver une solu­tion éviter la mise aux enchères forcée des biens dont l’at­ta­che­ment fami­lial est parti­cu­lier.

    Le dona­teur trans­met une habi­ta­tion fami­liale dans laquelle le léga­taire a passé une partie signi­fi­ca­tive de sa vie et dont il projette de faire sa rési­dence prin­ci­pale ? On peut imagi­ner deman­der le paie­ment des droits de succes­sions corres­pon­dants, modulo des inté­rêts légaux, unique­ment quand cette situa­tion change.

    On peut imagi­ner un système simi­laire au cas par cas pour d’autres biens comme des objets d’art.

    Pour les petites entre­prises histo­rique­ment contrô­lées par la famille et dont le léga­taire prévoit d’en reprendre le contrôle actif, on peut imagi­ner un méca­nisme simi­laire, ou que l’État en devienne action­naire silen­cieux avec un droit de sortie conjoint auto­ma­tique en cas de revente.

    Bref, il y a des solu­tions à la problé­ma­tique de la fameuse maison fami­liale qui a pris une valeur déme­su­rée.

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    Je sais que ça ne chan­gera pas les finances publiques de façon gigan­tis­sime, mais si on réaf­fecte ces sommes pour subven­tion­ner l’édu­ca­tion des jeunes ou leur prise d’in­dé­pen­dance, ça sera proba­ble­ment mieux utilisé et plus légi­time.

    Je sais, tout ça est irréa­li­sable, mais au moins ça me permet­tra d’y faire réfé­rence sur une prochaine discus­sion.

  • Sens du marquage au sol des dos d’âne

    J’ai l’im­pres­sion d’être fou. Je me souviens avec force que dans ma jeunesse les dos d’ânes avaient un marquage au sol avec les flèches pointe vers le conduc­teur – le sens du marquage aidant à mieux perce­voir le relief en ques­tion.

    Aujourd’­hui le marquage au sol se fait avec la pointe dans le sens de circu­la­tion. Si ça évite de trom­per sur le sens de circu­la­tion, illu­sion d’op­tique oblige, ça a aussi tendance à réduire l’im­pres­sion de relief du dos d’âne.

    Mes souve­nirs sont très forts, j’au­rais parié n’im­porte quoi. Étran­ge­ment je ne trouve aucun texte sur cet éven­tuel chan­ge­ment, ou même aucune image avec cet éven­tuel ancien marquage au sol. S’il y a vrai­ment eu une inver­sion un jour, ça a pour­tant forcé­ment du faire parler…

    J’ai vécu en Italie pendant ma jeunesse donc peut-être est-ce là bas que c’était diffé­rent, mais je n’en trouve pas plus de traces. Ma femme a le même souve­nir mais avec les mêmes termes, donc peut-être que l’un a influencé l’autre, ou que nous avions eu un dos d’âne anor­ma­le­ment marqué dans le mauvais sens près de chez nous à un moment dans notre vie.

    Est-ce que je délire ? Me suis-je vrai­ment forgé un faux souve­nir de façon aussi forte ?