Auteur/autrice : Éric

  • [Récap photo] Un pas envers tout

    Diffi­cile de quali­fier cette séance. Elle fait partie de celles où j’ai eu beau­coup de mal à accep­ter mon travail, à me mettre à la post-produc­tion, et à être content de moi. Les dernières retouches lors de la publi­ca­tion ont toute­fois beau­coup changé les choses… et ma percep­tion.

    Les textes et les images complètent sont sur les liens suivants : Rien d’autre, Séré­nité, Épuré, Regards, Fort, Dérive, Ombres et Découpe.

    Vous retrou­ve­rez les séances passées sur Flickr, avec géné­ra­le­ment un lien vers le texte en bas de chaque photo. Outre Flickr, les futures publi­ca­tions sont annon­cées sur le RSS et le fil Twit­ter.

    J’ai appris que quelques un·e·s d’entre vous sont parfois tenté·e·s mais hésitent. Je vous encou­rage à venir discu­ter avec moi. Ça n’en­gage rien et je suis preneur même si ce n’est que pour discu­ter photo et pour entendre ce que mes photos vous évoquent. Des petits riens aussi simples que des marques d’ap­pré­cia­tion sont aussi une grande source de moti­va­tion.

  • [Photo] Découpe

    Découpe (9651) - Flickr
    Découpe (9651) – Flickr

    Elle ne me plait pas en clôture de publi­ca­tion mais elle ne s’in­sé­rait pas avant. J’y trouve un aspect très graphique, presque art moderne. Seule me gêne la possi­bi­lité que d’autres y voient du sulfu­reux.

    Le réca­pi­tu­la­tif de séance vien­dra demain mais le Flickr est déjà complet si les textes ne vous inté­ressent pas.

  • [Photo] Ombres

    Ombres (9540) – Flickr

    J’hé­site toujours sur ce que je montre, sur comment je dessine avec la lumière. Quand j’hé­site je retombe faci­le­ment dans mes premières photos, où parfois le noir est un refuge et où seuls les contours ressortent.

    J’ai hésité à savoir si elle valait publi­ca­tion, peut-être juste­ment parce qu’elle me rappelle mes premières déclen­che­ments très gauches d’il y a un peu plus de deux ans. J’ai envie de mon égo me dise que je progresse mais celle-ci est telle­ment proche… Tant pis, elle corres­pond à quelque chose aujourd’­hui et elle mérite d’être publiée rien que pour ça.

    C’est norma­le­ment l’avant-dernière photo à publier de la séance, avant de passer à tout autre chose.

  • [Photo] Dérive

    Dérive (9457) - Flickr
    Dérive (9457) – Flickr

    Je repro­duis sans le vouloir une ancienne photo passée, avec je pense une progres­sion. Cette pose renforce un peu l’image stéréo­ty­pée du corps fémi­nin mais c’est aussi un peu l’objec­tif. Il s’agit d’oser accep­ter que ces images ne sont pas réser­vées aux modèles parfaits et retou­chés des maga­zines, de jouer avec.

    J’ai longue­ment hésité sur le sens à lui donner et fini par garder l’orien­ta­tion à gauche pour forcer à reve­nir en arrière lors de la lecture, et suivre le corps avec ses courbes. L’idée c’est un peu retrou­ver le regard qui dérive sur le corps. Tentez de l’in­ver­ser, je suis curieux de voir laquelle vous préfé­rez et pourquoi.

  • [Photo] Fort

    Fort (9431) - Flickr
    Fort (9431) – Flickr

    J’ai une fois sur deux un gros malaise lors du premier passage sur les photos d’une séance. L’im­pres­sion d’avoir tout loupé, de finir avec une qualité digne de quelqu’un qui n’a aucune recherche, peur de la réac­tion du modèle, de son juge­ment sur mon travail voire d’être pris pour un impos­teur, et surtout de déce­voir.

    Et vient la dernière touche avant publi­ca­tion – avec l’aide de quelques ami·e·s, merci à vous – qui me permet d’avoir quelque chose que j’aime et dont je suis parfois fier.

    La publi­ca­tion de cette séance a commencé par trois images en couleur et j’ai l’im­pres­sion d’avoir fait un pas de plus. Trai­ter la couleur et trou­ver le côté inti­miste me parait infi­ni­ment plus diffi­cile que tout ce que j’ai fait jusqu’a­lors, et pour­tant j’aime parti­cu­liè­re­ment la dernière.

    Le noir et blanc reste toute­fois un vrai choix, au delà de la simpli­cité, et le reste de la séance s’y tien­dra. Pour les images brutes j’y trouve une force que je ne perçois pas autre­ment. C’est encore plus vrai sur les compo­si­tions simples et directes comme celle ci.

  • Mon problème avec le Deco­dex

    J’aime beau­coup ce que font Les Déco­deurs. Je soutiens très fort Samuel Laurent et son équipe qui s’en prennent plein la figure tout le temps sur le moindre sujet.

    Le Deco­dex était une bonne idée, avec une bonne inten­tion. Vous avez essayé et… ça s’est révélé au mieux hasar­deux. Plus proba­ble­ment c’était tout simple­ment une mauvaise idée. Il est temps de le ranger au placard et de célé­brer une bonne initia­tive qui n’a pas fonc­tionné pour pouvoir tenter autre chose la prochaine fois. Persis­ter n’ap­porte rien.

    *

    J’ai un problème avec l’axiome de base du Deco­dex, l’idée que la répu­ta­tion du conte­nant doit permettre d’avoir – ou non – confiance dans le contenu.

    Si je me base dessus, j’au­rais plutôt du donner foi à l’ar­ticle d’un jour­nal fiable qui parle d’une consul­tante profi­leuse, aussi inter­viewée sur une chaîne d’in­for­ma­tion natio­nale. Dans le contenu elle parle de son don de sixième sens, à l’oc­ca­sion de la sortie de son livre sur le sujet. Hum…

    Je repère régu­liè­re­ment des erreurs graves ou gros­sières dans mon domaine d’ex­per­tise dans des propos relayés sur les média très bien répu­tés. Je ne vois pas pourquoi il en serait diffé­rem­ment dans les domaines où je n’y connais rien. Ne parlons même pas des rubriques horo­scope des hebdo­ma­daires bien clas­sés par le Deco­dex.

    Inver­se­ment une ques­tion ou une infor­ma­tion révé­lée sur le plus immonde site poubelle ou sur un blog tota­le­ment inconnu n’est pas forcé­ment fausse pour autant. Toujours sur mon domaine d’ex­per­tise, l’in­for­ma­tique, les blogs sont souvent bien plus poin­tus que les média natio­naux. J’ai l’im­pres­sion que c’est parfois aussi vrai pour le droit.

    *

    Bref, la répu­ta­tion du conte­nant ne me permet pas de juger de la fiabi­lité d’une infor­ma­tion. Je dois faire appel à mon juge­ment. Si une infor­ma­tion semble extra-ordi­naire, je dois remon­ter vers la source, recou­per et utili­ser mon esprit critique.

    Cette analyse est vraie que je commence à partir d’un site fiable ou nonJe ne dois pas l’ap­prendre aux jour­na­listes des Deco­deurs, je suis certains qu’ils véri­fient et croisent leurs infor­ma­tions même quand elle vient d’une source à priori connue comme fiable.

    Tout ça est long, parfois je ne le fais pas, géné­ra­le­ment je ne le fais pas. Quand je ne le fais pas je prête foi à mes sites habi­tuels, ceux que je connais et que j’ai déjà choisi en fonc­tion de mon juge­ment décrit plus haut. Les autres, tous les autres, je les écar­te­rai en atten­dant mieux.

    Je ne me base­rai certai­ne­ment pas sur le simple fait que le conte­nant est marqué comme géné­ra­le­ment fiable sur le Deco­dex. Je connais juste­ment trop ce que ces sources peuvent faire comme erreurs sur mon domaine d’ex­per­tise pour leur faire une confiance aveugle sur le reste. Que le site ait bonne répu­ta­tion ne veut pas dire que toutes les rubriques se valent, ou qu’il n’y ait pas des sujets aussi liti­gieux que l’ho­ro­scope (mais pas toujours aussi faci­le­ment iden­ti­fiables).

    *

    Du coup, de quelle aide est le Deco­dex ?

    Je connais bien un site et il a ma confiance ? Le Deco­dex ne me fera pas chan­ger d’avis, que ce site soit indiqué comme fiable ou non. Les fan des sites liti­gieux risquent même de reje­ter le Deco­dex dans son ensemble.

    Je connais bien un site et il n’a pas ma confiance ? Je doute que je vais d’un coup appor­ter ma confiance à un contenu que j’y lis simple­ment parce que le Deco­dex me dit que le media a bonne répu­ta­tion.

    Je ne connais pas bien un site et il n’est pas classé fiable ? Je suppose que tous ceux qui seraient inté­res­sés par le Deco­dex au point de l’uti­li­ser sont aussi ceux qui vont consi­dé­rer une infor­ma­tion d’un media inconnu comme non fiable par défaut. Tout ça ne va rien chan­ger.

    En fait le seul cas où le Deco­dex aura une influence c’est le dernier cas : le site peu ou pas connu qui est classé comme fiable. Et là le seul risque c’est que ça m’in­cite à faire confiance sans véri­fier… là où il y a peut-être un problème moins évident à remarquer que la profi­leuse un peu medium qui fait la promo­tion de son livre.

    Bref. un peu le contraire de l’objec­tif pour­suivi, non ?

    C’était une bonne idée, je suis heureux qu’elle ait été lancée, je ne critique­rai pas les auteurs pour avoir essayé, main­te­nant il est temps de consta­ter que c’est une impasse qui n’ap­porte rien de posi­tif mais qui en plus pose des ques­tions déli­cates sur qui classe, comment, et les biais que ça intro­duit.

  • Du plafon­ne­ment des indem­ni­tés prud’­hom­males

    E. Macron reprend encore l’idée du plafon­ne­ment des indem­ni­tés prud’­hom­males en cas de licen­cie­ment.

    L’idée c’est de limi­ter la respon­sa­bi­lité de l’en­tre­prise quand elle viole la loi ou le contrat de travail. En creux ça veut aussi dire que la victime de ces illé­ga­li­tés ne serait pas indem­ni­sée à hauteur du préju­dice. C’est déjà la partie la plus faible des deux mais tant pis pour elle si elle est victime, à elle d’as­su­mer.

    Je ne comprends même pas dans quel monde on peut imagi­ner ça légi­time ou même souhai­table. Quelqu’un m’ex­plique ?

    * * *

    Qu’on ne me dise pas que les plafonds sont étudiés en fonc­tion de cas pratiques et ne chan­ge­ront rien en réalité. Si ça ne chan­geait rien, il n’y aurait pas besoin de les mettre en œuvre.

    Lors des discus­sions précé­dentes le ministre avait dit faire en sorte que le plafond corres­ponde en théo­rie à la moyenne des indem­ni­sa­tions de la caté­go­rie. Par défi­ni­tion ça veut dire qu’à peu près la moitié des indem­ni­sa­tions sont réduites, mais que les autres ne sont pas augmen­tées pour autant. Bref, ça change, et pas qu’un peu.

    En pratique je me rappelle que dans mon cas il était prévu que le plan­cher d’in­dem­ni­sa­tion mini­mum de 6 mois de salaire devienne un plafond d’in­dem­ni­sa­tion maxi­mum. Je ne sais pas vous mais pour moi ça chan­geait tout.

    * * *

    Je n’achète pas non plus l’ar­gu­ment d’amé­lio­ra­tion de l’ef­fi­ca­cité et des délais. Quand les parties sont d’ac­cord il y a déjà un proces­sus de conci­lia­tion avec des barèmes de réfé­rence. Si on cherche à faire des plafonds c’est bien que ça ne fonc­tionne pas.

    Il faudra toujours juger qui a raison, et évaluer le dommage (ce serait un plafond, pas un forfait). Les délais seront toujours énormes rien que pour obte­nir la première audience de conci­lia­tion qui ne sert à rien. Si on veut raccour­cir les délais il y a de quoi faire, et ça ne se joue pas sur les montants des indem­ni­tés.

    * * *

    Si la mesure est soute­nue c’est surtout pour les entre­prises, pour faci­li­ter le calcul qu’elles font déjà : « si je licen­cie alors que je n’ai pas le droit, combien ça va me coûter ».

    Là il s’agit non seule­ment de sécu­ri­ser finan­ciè­re­ment une action qu’on sait déjà illé­gale, mais en plus d’en dimi­nuer le montant.

    De là à dire qu’on fragi­lise les droits et qu’on renforce l’en­tre­prise face au sala­rié, il n’y a qu’un pas. Et ‘op, je le fran­chis.

    * * *

    Le dernier argu­ment c’est celui du pauvre gérant de TPE qui fait des erreurs de bonne foi.

    Outre que le plafon­ne­ment couvre surtout tous les autres cas, j’ai toujours du mal à voir pourquoi ce serait au sala­rié d’as­su­mer l’er­reur et de payer le dommage créé par son employeur, fut-il de bonne foi.

    En cette période de chômage de masse le sala­rié (lui aussi souvent pauvre) est-il à ce point en posi­tion aisée pour qu’on doive lais­ser les consé­quences à sa charge ?

    Aidons ces gérants de TPE via une ligne de support juri­dique, propo­sons-leur une assu­rance gérée par le privé ou par l’État pour gérer ce genre de problèmes, mais en aucun cas il n’est légi­time de faire payer la victime qui est déjà celle qui est le plus en posi­tion de faiblesse.

     

    * * *

    Tout ça répond à une seule logique bien connue du libé­ra­lisme contem­po­rain : Il faut privi­lé­gier l’en­tre­prise sur l’in­di­vidu, l’en­tre­pre­neur sur le sala­rié, l’éco­no­mie sur la vie person­nelle. L’idéo­lo­gie jamais confir­mée dans l’his­toire, c’est que ça profi­tera in fine à la popu­la­tion, quitte à sacri­fier quelques années voire quelques géné­ra­tions le temps que ça s’équi­libre.

    Merci mais non merci.

  • [Photo] Séré­nité

    Séré­nité (9377) – Flickr

    Je suis heureux de cette photo. J’avais déjà cher­ché le regard inti­miste avec cette lumi­no­sité qui trans­perce mais sans le trou­ver tout à fait. Ici j’y lis du calme et de la séré­nité.

    On me demande parfois si le nu est néces­saire. Proba­ble­ment pas, mais je ne me vois pas atteindre le même effet sans le dépouille­ment de la nudité. Les ambiances qui sont créées via le nu sont vrai­ment parti­cu­lières à mes yeux, autant sur la photo que pendant la séance.

  • [Photo] Épuré

    Épuré (9446) – Flickr

    J’adore ces photos douces, qui permettent d’ou­blier le côté terre-à-terre du corps. Tout le monde se voit avec plein de défauts. J’ai souvent la remarque « je ne suis pas comme les modèles que tu as déjà eu » et en fait si, toujours. Le regard des autres est telle­ment diffé­rent de celui qu’on a sur soi…

    L’his­toire n’est pas la même, mais je vous propose un second cadrage plus dans l’op­tique de la photo d’hier. Je suis inté­ressé par vos retours.

  • [Photo] Regards

    Regards (9647) - sur Flickr
    Regards (9647) – sur Flickr

    C’est évident après coup mais ce sont les photos de dos qui semblent provoquer le plus le regard des modèles après la séance. Ce ne sont pas celles qu’on a l’ha­bi­tude de voir, et encore moins mises en valeur.

    Je fais mes photos pour chan­ger le regard. Chan­ger le regard que j’ai sur moi-même et sur les autres, humble­ment parfois aider les autres dans le regard qu’ils ont d’eux-même.

    Et ça fonc­tionne mais plus j’avance plus je me rends compte qu’il s’agit aussi d’ac­cep­ter le regard des autres, ou au contraire de savoir passer outre et vivre sans lui donner trop d’im­por­tance. Que nous refu­sons-nous sous la contrainte du regard d’au­trui ? Est-ce raison­nable ?