J’aime bien l’application de l’effet Dunning Kruger à la gestion des dépendances externes dans la programmation.
On commence par inclure un peu tout et n’importe quoi sans trop y réfléchir avant. Avec l’expérience on réalise les risques et on se prend quelques méchants murs. À cette étape les plus techos finissent vite avec un « je refais tout moi-même, après tout il n’y a rien de magique et je sais faire ».
Cette phase de crise est appelée « vallée de l’humilité » dans les graphiques de l’effet Dunning Kruger. À propos de la gestion des dépendances c’est tout le contraire : une crise d’égo. On se croit meilleur que tout le monde. On croit pouvoir tout faire soi-même, et que ce sera mieux.
La sagesse vient de se rendre compte qu’on va faire moins bien, pour avoir au final les mêmes problèmes, mais après avoir dépensé tout son temps pour rien. Là on commence alors à réutiliser de nouveau des briques tierces. On fait juste plus attention à quoi, quand, comment, et surtout au cycle de vie de ce qu’on intègre.
Oui vous savez faire, mais vous ne ferez probablement pas aussi bien, faute de temps, faute de relecteurs, faute d’expérience. Vous ferez des erreurs. Vous oublierez des cas. Vous ne verrez pas certains problèmes de sécurité. Vous n’implémenterez pas toutes les fonctions utiles.
Ce n’est pas que l’auteur de la bibliothèque de code trouvée sur internet est meilleur que vous, c’est qu’il a choisi de se concentrer sur un ou deux problèmes là où vous en avez bien d’autres à gérer. Ce n’est pas qu’il fera moins d’erreurs, c’est qu’il bénéficiera des corrections de tiers. Ce n’est pas qu’il a plus de temps ou plus de connaissances, c’est que lui ne sera pas tout seul.
Ce n’est pas forcément vrai aujourd’hui, mais avec le temps les projets communs gagnent forcément sur les projets individuels, pour ces raisons. Et si vous pensez avoir le temps et l’expertise pour faire mieux ou pour corriger le code déjà en ligne, contribuez afin d’enrichir pour les autres. Ayez juste l’humilité de voir que vous ne pouvez le faire que sur un nombre limité d’items. Sur le reste il sera préférable de réutiliser ce que d’autres auront réalisé.
Je voulais voir depuis un moment comment faire interagir mon site photo ou mon compte Mastodon photo avec Pixelfed.
TL;DR: Ça communique, mais ça reste deux espaces distincts. Mastodon sera le seul à avoir les messages pur texte, Pixelfed le seul à avoir les story.
Par rapport à Instagram
Les story sont limitées à une photo telle quelle. Il n’y a pas de widgets à ajouter, pas de possibilité d’y mettre du texte, pas de possibilité de référencer une publication existante ou un compte existant.
De la même façon, il n’y a pas de « publication à la une » permettant de donner une pérennité à certaines story. Il semble aussi que la suppression manuelle des story avant leur expiration ne soit pas encore implémentée.
Sur le fond, sinon, au moins du point de vue des publications du flux standard, ça semble très similaire.
Accéder aux contenus Mastodon
Je peux, depuis Pixelfed, m’abonner à des comptes Mastodon. Je verrai alors dans mon flux toutes les nouvelles images publiques qui seront publiées depuis l’abonnement.
Je vois aussi les réponses publiques faites depuis Mastodon, qu’elles soient faites à des publication Mastodon ou des publications Pixelfed.
Enfin, je vois les messages privés qui me sont envoyés depuis Mastodon, et peux y répondre.
Je ne vois cependant pas les messages texte publics des comptes Mastodon. Je ne vois non plus aucun contenu « réservé aux abonnés » publié sur un compte Mastodon, même si j’y suis abonné. Enfin, je ne vois pas les like faits pas des comptes Mastodon sur les publications Mastodon. Plus étonnant, Pixelfed ne voit même pas les photos de profils des comptes Mastodon.
Accès depuis Mastodon
Ça fonctionne aussi dans l’autre sens.
Depuis Mastodon je peux m’abonner à un compte Pixelfed, y voir les publications du flux standard et les réponses qui y sont faites. Je peux aussi voir les réponses ou likes de Pixelfed sur mes propres contenus, ainsi que les messages privés qui me sont envoyés.
Je ne vois cependant pas les story publiées. Je m’attendais à les voir sous forme de message effacé au bout de 24h.
Et alors ?
Alors, sauf à utiliser les story, je vois mal l’intérêt de Pixelfed pour celui qui publie. Mieux vaut se laisser toutes les possibilités ouvertes par Mastodon, et une compatibilité agrandie quant aux intéractions. Ce serait dommage de louper un utilisateur Mastodon qui nous interpelle en public, l’interface Pixelfed n’en montrera rien.
Je vois par contre l’intérêt de l’interface Pixelfed pour la lecture de tiers avec une navigation purement photo, surtout pour un habitué d’Instagram.
Je me demande pourquoi Pixelfed n’a pas été conçu comme un front-end aux serveurs Mastodon existants, plutôt qu’en réimplémentant un serveur moins complet à côté.
Tumblr, Facebook, Twitter, Instagram, 500px et autres. Les conditions changent, les comptes sont supprimés parfois arbitrairement, le modèle économique devient un peu trop pesant. Ça a déjà eu lieu, et ça recommencera. Le problème n’est pas celui de choisir la bonne plateforme, mais de s’en rendre dépendant.
L’idée c’est d’avoir un espace à vous, pérenne, où vous êtes totalement libre. Quoi qu’il se passe, c’est votre point de référence.
D’un point de vue technique c’est une adresse, un espace et un contenu :
L’adresse web c’est ce que vous tapez dans la barre d’adresse du navigateur, l’équivalent de « instagram.com ». On trouve des noms de domaine (c’est ainsi que ça s’appelle) pour entre 3 et 15 euros par an.
L’espace c’est le serveur et le disque. Les coûts sont variables suivant ce dont vous avez besoin. Ça va du gratuit, parfois inclut avec le nom de domaine, jusqu’à quelques dizaines d’euros par an.
Pour gérer votre contenu le choix est vaste. Il y a plein de possibilités gratuites comme Piwigo ou Wordpress, et les payantes ne sont pas forcément meilleures.
Tout ça est un peu technique mais vous trouverez des prestataires avec des solutions tout-en-un pour quelques dizaines d’euros par an. Le cas échéant il y a souvent un ami informaticien qui sera prêt à vous aider dans ce type de démarche de prise d’indépendance plutôt que de vous réinstaller une énième fois votre imprimante.
Vérifiez juste que le nom de domaine vous appartient et que vous pourrez le rediriger ailleurs si un jour vous souhaitez changer de prestataire.
Sur votre tout nouveau site il n’y a qu’une seule chose indispensable : Le flux RSS. C’est un protocole qui permet à des tiers de s’abonner à votre site et de suivre ce que vous y publiez, souvent associé à une petite icône orange. Wordpress et quasiment tous les logiciels de gestion de contenu en ont un. Si un ami vous fait votre site à la main, demandez-lui d’en faire un.
Mettez en avant l’adresse de ce flux RSS pour que les gens suivent votre fil pérenne plutôt que les comptes volatiles que vous avez sur les plateformes.
Je laisse les lecteurs proposer des prestataires en commentaire.
Diffusez partout
On est d’accord, votre site web ne suffira probablement pas. Il n’y a rien de mal à chercher une présence sur les différentes plateformes.
L’idée est juste de considérer que ce que vous postez n’est qu’un lien vers la page correspondante de votre site, éventuellement avec une image ou une copie du contenu pour s’intégrer à la plateforme.
On vous supprime un contenu ou un compte sur une plateforme ? Tout le monde a déjà le lien vers votre site web, partout. Ils pourront éventuellement retrouver votre nouveau compte à partir de là. Certains vous suivront déjà par votre site et ne verront même pas la différence.
Profitez des plateformes décentralisées
Si vous cherchez à diminuer la main mise des plateformes tout en cherchant une alternative « sociale », je vous encourage à trouver une instance Pixelfed. C’est un réseau similaire à Instagram mais décentralisé. Vous avez aussi Mastodon, en alternative à Twitter.
Si un serveur se met à avoir un comportement qui ne vous correspond pas, il suffira d’en changer. Vous pourrez toujours interagir, like commentaires et repartages, avec les gens situés sur d’autres serveurs.
Ok, il faudra reconstruire un réseau d’abonnés et ces plateformes ont globalement moins d’inscrits, et pas forcément qui vous cherchez, mais on ne sortira pas de la dépendance aux plateformes centralisées sans faire un effort.
Si vous suivez le principe de POSSE il ne s’agit pas d’abandonner les anciennes plateformes, juste de faire l’effort de fournir une alternative pour amorcer la pompe. Votre effort compte aussi.
« Combien faudrait-il gagner au loto pour assurer une rente à vie à toute la famille et oublier les contraintes financières ? »
La question de ce midi
Oui, parfois j’ai des occupations étranges.
Bon, forcément, ça dépend de la durée de la vie, du montant de la rente, du montant de l’inflation, du taux d’intérêt net qu’on peut attendre du capital, et de l’âge actuel du capitaine.
TL;DR: Il faut gagner bien plus que je ne l’anticipais.
Pour une rente égale au revenu médian pour chaque adulte (40 ans aujourd’hui) et la moitié pour les enfants (un, 10 ans aujourd’hui), une inflation moyenne de 2%, un taux d’intérêt net de 1%, et une vie jusque 100 ans, ça demande quand même un capital de 7 millions d’euros.
Si on s’amuse à pousser les curseurs ça peut monter très très vite.
En imaginant 3 revenus médians au lieu d’un seul (si on gagne au loto, c’est bien pour vivre dans le confort, faire des voyages et en profiter), un taux d’intérêt net plus conservateur de 0,5% (évitons les mauvaises surprises) et une vie jusque 120 ans (soyons très optimistes mais ce serait dommage de tomber à court avant d’être mort), ça monte à 39 millions d’euros.
Le point positif c’est qu’un grand gagnant à l’euro-millions a encore de quoi payer une grande villa avant de mettre en place sa rente.
Si ça vous amuse de jouer vous aussi, vous pouvez cloner cette feuille de calcul et modifier les valeurs des cases en jaune sur la première page.
On vous dira que les indemnités de licenciement sont identiques. C’est vrai mais ça ne dit que la moitié de l’histoire. La réalité est toute autre.
Le licenciement économique est très protecteur en France. Si on vous le propose et que vous avez au moins un an d’ancienneté, ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle en soi mais ça l’est par rapport aux alternatives. Si on ne vous le propose pas et qu’il y a un motif économique, vous avez probablement intérêt à lever vous-même la question, voire à l’exiger.
Quelques points de différence avec un licenciement classique (ruptures conventionnelles incluses) :
Rupture co.
Licenciement éco.
Indemnité de licenciement
standard
standard
Indemnité négociée
possible
possible
Durée d’attente
4 à 5 semaines pas de préavis
21 jours (hors préparation employeur) pas de préavis
Délai de carence
7 jours à 6 mois
aucun
Indemnisation chômage
57%
75%
Prime de reclassement
non
jusqu’à 5 mois de salaire
TL;DR:
Si tu as plus d’un an d’ancienneté et que tu penses mettre entre 1 et 24 mois pour commencer un nouvel emploi ou un projet de création d’entreprise, il est très probable que le licenciement économique soit bien plus avantageux pour toi.
Dans le cas contraire il y a un calcul à faire. Il est possible que l’intérêt d’un licenciement économique soit faible ou nul, mais il reste peu probable que le solde financier soit négatif.
Pour toute la suite je pendrais un exemple de développeur logiciel, cadre convention collective syntec dans une petite entreprise avec un salaire brut de 48 k€ annuels et 4 ans d’ancienneté. Il lui reste environ moitié de congés non pris au compteur (4 RTT + 12 CP).Il commencera un poste dans les 4 mois.
NDLA 1 :Aucun des calculs ne se prétend exact, ils sont uniquement là pour illustrer le scénario en donnant un ordre de grandeur. Faites-moi signe si vous voyez des erreurs ou des oublis.
NDLA 2 : Je ne suis pas expert du sujet et ce n’est pas mon métier. Je ne prétends pas à plus que donner une information et vous inciter à vous renseigner plus avant si ça vous semble important pour vous. Faites-moi cependant signe si vous voyez des erreurs ou des oublis.s
Indemnités de licenciement
L’employeur vous mettra en avant l’indemnité de licenciement. Elle est effectivement identique dans les deux cas, et assez réduite :
Rupture co.
Licenciement éco.
Théorique
⅓ de mois de salaire si > 2 ans d’ancienneté
⅓ de mois de salaire si > 2 ans d’ancienneté
Exemple
5 300 € (bruts)
5 300 € (bruts)
Indemnités de licenciement
Dans les deux cas vous êtes libres de négocier une indemnité supérieure avec votre employeur.
Le supplément, l’indemnité extra-légale, sera cependant convertie les délais de carence du Pole Emploi. Vous n’avez donc intérêt à en négocier une que si vous pensez réembaucher avant la fin des délais de carence du Pole Emploi.
Durée d’attente
Dans les deux cas, vous n’effectuerez pas le préavis de 3 mois prévu au contrat. Les durées d’attente correspondent aux temps de réflexion ou de validation des procédures.
Pour la rupture conventionnelle, il y a un délai de rétractation de deux semaines, plus un délai de validation de la direccte de deux semaines, plus un ou deux jours au milieu. Comptez 5 semaines. Ajoutez-y un premier entretien formel avant de pouvoir contractualiser l’offre. Si c’est l’employeur qui vous le propose il faudra aussi compter quelques jours pour que vous réfléchissiez, donc 1 mois et demi au total.
Pour le licenciement économique vous avez 21 jours de délai entre la notification et le licenciement lui-même, plus la préparation en amont côté employeur.
Rupture co.
Licenciement éco.
Théorique
4 semaines + entretien préalable
21 jours + préparation employeur (0 à plusieurs mois)
Exemple
1 mois et demi
1 mois du point de vue salarié + 2 semaines à 1 mois de préparation côté employeur
Délais d’attente
La préparation côté employeur est variable suivant qu’il s’agit d’une procédure individuelle ou collective, suivant la taille de l’entreprise, et suivant la bonne volonté des instances représentatives le cas échéant.
Un licenciement économique individuel dans une petite entreprise ne demande pas un délai de préparation vraiment significatif par rapport à une rupture conventionnelle (même si souvent l’employeur en fera une montagne pour vous en dissuader, et parfois en y croyant lui-même). Au final l’un ou l’autre sont assez similaires sur le délai.
Un licenciement économique collectif dans une grande entreprise peut effectivement prendre plusieurs mois (mais si vous lisez mon billet pour savoir quoi négocier, vous n’êtes probablement pas dans ce cas).
Délai de carence
On entre dans la partie « Pole Emploi » et c’est là que se logent les différences.
Sur une rupture conventionnelle vous avez déjà un délai de 7 jours francs, puis un différé d’indemnisation correspondant au nombre de congés non pris payés par votre employeur à votre départ. Ce sont autant de jours qui ne vous seront pas indemnisés par l’employeur (23 jours dans notre exemple, soit ¾ de mois d’indemnités chômage).
Si vous avez négocié une indemnité de licenciement extra-légale, elle génèrera un différé d’indemnisation supplémentaire elle-aussi, suivant une formule assez peu avantageuse pour les gens bien payés. Vous n’y aurez rien gagné (sauf à trouver un nouveau job avant la fin de ce différé d’indemnisation).
Sur un licenciement économique vous êtes indemnisé dès le premier jour, sans carence ni différé. Simple et efficace. Les éventuels congés payés vont directement sur votre compte en banque.
Rupture co.
Licenciement éco.
Théorique
7 jours + solde de CP et RTT
Aucun
Exemple
23 jours de non indemnisation
23 jours d’indemnisation (~ 2 250 €)
Délai de carence
Si vous ne pensez pas commencer immédiatement un nouveau poste dans le mois, vous venez déjà de perdre littéralement plusieurs milliers d’euros en acceptant la rupture conventionnelle.
Indemnisation chômage
Là c’est plus simple. L’indemnisation brute est de 57% du salaire brut de référence dans le cas de la rupture collective. Dans le cadre d’un contrat de sécurisation professionnelle (ce à quoi vous avez le droit dans le cadre d’un licenciement économique et plus d’un an d’ancienneté), la première année est indemnisée à 75% au lieu de 57%. 18 points ce n’est pas rien.
Rupture co.
Licenciement éco.
Théorique
57% du salaire de réf.
75% du salaire de réf.
Exemple (3 mois)
~ 6 800 €
~ 9 000 €
Indemnisation
Pour l’exemple, je compte 3 mois après les 23 jours du sous-titre précédent. On vient d’augmenter la différence entre les deux scénarios de plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Outre le financier, le contrat de sécurisation professionnelle ouvert par le licenciement économique vous fera probablement aussi accéder plus facilement à des formations. Il risque aussi de vous donner un encadrement plus serré, on aime ou on n’aime pas.
Prime de reclassement
C’est la grande oubliée. Dans le cadre d’un contrat de sécurisation professionnelle, si vous reprenez un travail durable ou un projet de création d’entreprise dans la première année, vous pouvez demander une prime de reclassement.
Il s’agit d’une prime qui correspond à la moitié des indemnisations restant à pourvoir au titre de la première année. Si vous trouvez un poste dans les 4 mois, on vous offre 3 mois d’indemnisation en prime (la moitié de 12 mois – 4 mois).
Rupture co.
Licenciement éco.
Théorique
(rien)
La moitié de l’indemnisation restante des 12 premiers mois
Exemple
0
9 000 €
Prime de reclassement
Théoriquement vous pouvez demander à la place une compensation de la différence entre votre nouveau salaire et votre ancien salaire. Faites le calcul mais la prime de reclassement est probablement plus intéressante.
Note : Le conseiller Pole Emploi ne vous parlera pas forcément, ou alors en ne vous proposant que la compensation de différence de salaire. S’il vous en parle il ne vous le rappellera pas forcément quand ce sera le moment, ou ne vous donnera les papiers que si vous les exigez explicitement vous-même. Pensez-y, d’autant que vous n’avez qu’un mois à compter de votre embauche pour faire la demande.
Un petit calcul
Dans mon exemple, la différence entre les deux scénarios est d’environ 13 500 € (bruts). Le vrai calcul dépendra de votre solde de congés payés et de la date à laquelle vous pensez retrouver un emploi ou initier un projet de création d’entreprise.
Rupture co.
Licenciement éco.
Indemnité de licenciement
5 300 €
5 300 €
23 premiers jours de chômage
0 €
2 250 €
3 mois suivants de chômage
6 800 €
9 000 €
Reprise après 3 mois et 23 jours
0 €
9 000 €
Total
12 100 €
25 550 €
Différence
13 450 €
Total
Il ne s’agit pas de rentrer systématiquement en confrontation avec l’employeur ni de chercher à le faire plonger alors qu’il est potentiellement déjà en situation difficile. Il ne s’agit pas non plus d’ignorer ce que ça veut dire pour le salarié, parce que c’est plus que significatif.
Maintenant voilà, vous avez un ordre de grandeur de la différence entre une rupture conventionnelle et un licenciement économique.
Exigez le licenciement économique
Si vous acceptez la rupture conventionnelle dans une situation où un licenciement économique serait théoriquement possible, c’est comme si vous faisiez un don de plusieurs milliers d’euros à votre employeur. Dans notre exemple on parle de 13 500 € (bruts) quand même.
Est-ce vraiment légitime ? Est-ce vraiment ce que vous souhaitez faire ?
Sinon exigez le licenciement économique, même si on ne vous le propose pas d’emblée, même si on vous dit que ce sera long et compliqué (parfois l’employeur le croit vraiment, parfois à tort), même si ça l’est vraiment (dans le cas d’une entreprise de plusieurs centaines de salariés avec des instances représentatives qui veulent bloquer).
Souvenez-vous que votre employeur, lui, ne vous aurait pas fait don de 13 500 € dans une situation similaire. Il le montre d’ailleurs très clairement s’il cherche à éviter le licenciement économique.
Et si on me propose une plus grosse indemnité ?
« Faites le calcul » mais n’oubliez pas qu’une indemnité extra-légale augmente d’autant le différé d’indemnisation. Ça n’a d’intérêt que si vous comptez retrouver un emploi avant la fin du différé d’indemnisation. Dans le cas contraire c’est surtout Pole Emploi qui profitera de l’indemnité, pas vous.
Une alternative, ça se faisait beaucoup pour les cadres avant l’existence des ruptures conventionnelles, c’est de faire un licenciement pour faute simple tout en sachant qu’il n’est pas motivé, et de faire un accord transactionnel dans la foulée pour compenser le licenciement irrégulier. Les sommes en jeu sont hors cotisations et hors différé d’indemnisation.
Cela dit il faut qu’on vous propose une grosse sur-prime pour que ce soit intéressant face à un licenciement économique. C’est peu probablement le cas (si ça coûte plus de 3 mois de salaire, l’employeur a aussi bien fait de faire ce licenciement économique, comme c’est détaillé plus bas).
Le coût pour l’employeur
Ne nous le cachons pas, ce n’est pas équivalent non plus pour l’employeur. Il y a un coût de préparation et un coût d’exécution.
La préparation pour une petite entreprise ça veut peut-être dire payer 1 000 € de conseil juridique pour bien confirmer et appliquer la procédure. Pour une entreprise de plusieurs centaines de salariés qui fait une procédure collective, il y a un coût interne d’occupation des ressources RH et légales ainsi que le coût humain d’une négociation avec les instances représentatives. C’est difficilement mesurables mais c’est important.
Ensuite c’est en partie l’employeur qui finance le contrat de sécurisation professionnelle proposé par le Pole Emploi. Au lieu de vous payer à exécuter votre préavis, l’employeur verse le même montant au Pole Emploi (3 mois de salaire brut dans notre exemple).
Ce n’est pas l’exact équivalent mais, pour faire court, si l’ex salarié gagne plus, c’est que l’employeur paye plus, avec un ordre de grandeur similaire.
Mais la boite risque de couler !
Est-ce vraiment le cas ? uniquement à cause des 3 mois de salaire qu’elle versera en plus à Pole Emploi ?
Possible, mais aussi peu probable malgré tout ce qu’on vous dira (nous sommes en période de covid, c’est encore moins probable en ce moment vue la facilité à avoir des aides sous forme de prêt pour justement éviter les dépôts de bilan). L’entreprise est-elle vraiment à ça du dépôt de bilan ? de « situation acceptable » à « on met la clef sous la porte » ?
Et si c’est le cas (soyez-en vraiment certains, ne vous contentez pas des dires de l’employeur, même si vous avez confiance en lui), êtes-vous prêts à faire un don de 10 à 15 000 euros pour que lui éviter ça ? Est-ce votre rôle plutôt que celui des actionnaires de la société ?
Et si vraiment la boite est à ça près, et que vous avez les moyens de donner cet argent nécessaire, et que vous seul pouvez le faire (pfiou, vous cumulez quand même, hein ?) : Est-ce que vous ne devriez pas ensuite en détenir une partie, soit pour récupérer des bénéfices quand elle en fera dans le futur, soit pour revendre ces parts plus tard quand la faillite sera évitée, soit pour, au pire, ne rien en faire mais avoir un droit de regard sur le futur ?
Bref, faites un licenciement économique puis donnez ensuite, si vous le souhaitez, la somme que vous voulez à l’entreprise, sous forme de prêt ou d’achat de capital. C’est quand même plus honnête et plus clair pour tout le monde.
La seule règle à retenir
Ne signez pas de rupture conventionnelle ou d’accord sans avoir fait vos comptes et avoir tous les éléments. Ne signez pas tant que vous n’êtes pas certain de vouloir le faire, avec tous les éléments en tête.
Prenez votre temps, prenez des conseils de tiers, démarchez un syndicat ou un représentant du personnel si besoin.
Quelle que soit l’urgence qu’on vous donne, vous ne devriez pas faire un gros cadeau à votre employeur sous la pression. Si vous le faites, faites le en conscience, volontairement, à tête reposée. Demandez du temps si vous en avez besoin.
Tant pis si vous vous êtes à moitié engagé avant de lire tout ça, ne signez pas juste parce que vous avez donné un accord oral auprès de quelqu’un qui ne vous a pas donné toutes les clefs de compréhension.
Même si vous avez signé, vous avez encore 15 jours de délai de rétractation. Utilisez-les, ils sont faits pour ça. Ce n’est pas une trahison : c’est l’utilisation légitime d’un temps de réflexion prévu à la procédure. L’employeur n’aurait, lui, aucun remord à utiliser un temps prévu pour, comme il le fait (à raison) quand il met fin à une période d’essai.
Je ne vois pas la différence entre une opinion religieuse et une opinion vestimentaire. […] Tant qu’on ne parle que de la foi elle-même, savoir si mon interlocuteur est catholique ou musulman m’intéresse presque autant que de savoir s’il préfère les t-shirt ou les chemises. Le voir exercer son culte me concerne autant que de savoir s’il porte la chemise dont on vient de parler.
Plus exactement, je ne fais pas de différence entre quelqu’un qui prie dans la rue et quelqu’un qui y fait son exercice de yoga.
Je ne fais pas non plus de différence entre quelqu’un qui me tend une invitation à une cérémonie religieuse ou un extrait de je ne sais livre sacré et quelqu’un qui me tend une invitation à un meeting politique ou prospectus à propos du nucléaire.
Je ne fais pas de différence entre quelqu’un qui choisit d’exclure le porc de son assiette pour des questions religieuses et quelqu’un qui choisit de l’exclure pour des questions éthiques vis à vis des animaux, qui exclut les produits de l’agriculture intensive sur des croyances sanitaires, ou qui exclut les OGM par peur des conséquences long terme.
Je ne fais pas de différence entre quelqu’un qui choisit une robe noire longue pour des questions religieuses et quelqu’un qui choisit la même robe parce que ça colle avec son affiliation gothique, ou une mini-jupe parce que ça colle avec sa vision de la libération de la femme.
Je ne fais pas de différence entre qui propose une loi qu’il croit intimement souhaitable parce que c’est enseigné ainsi dans sa religion et qui la propose en la croyant intimement souhaitable pour d’autres raisons morales ou éthiques.
Ce n’est pas que je n’ai pas d’avis sur tout ça, mais que le motif de la personne soit religieux ou non n’entre pas en considération. C’est sa conscience, pas la mienne.
Si nous avons des règles spécifiques sur le fait religieux, c’est essentiellement pour des raisons historiques. Parce qu’il le faisait par le passé et parce qu’il a un rôle particulier qui lui permet d’imposer ou d’interdire, il a fallu contraindre l’État. Il a fallu à la fois le contraindre à garantir la liberté de culte et lui interdire de prendre parti.
La laïcité c’est ça (et des questions pratiques sur comment opérer une séparation entre l’état et l’église, un peu comme la gestion des biens et des enfants après un divorce). Rien de plus.
La prière dans la rue n’est pas interdite (et c’est une bonne chose). Prêcher la bonne parole non plus (idem). La religion n’a pas plus à rester privée qu’une quelconque autre opinion.
Il s’agit de séparer le temporel et le spirituel, pas d’interdire ou de limiter ce dernier, y compris dans l’espace public.
On interdit par contre les discriminations, la violence envers autrui, la contrainte sur autrui. C’est ça qui est interdit, peu importe que ce soit pour des raisons religieuses ou non.
Ce qui est dit c’est simplement que votre religion ne vous ouvre aucun droit en plus, ne justifie rien ni en plus ni en moins aux yeux de la loi. Votre opinion religieuse n’est pas plus protégée des critiques qu’une quelconque autre. On s’assure juste que vous ayez le droit de l’avoir et pas de contrainte spécifique à l’exercer.
J’irai même plus loin. La croyance que dieu n’existe pas est une croyance religieuse (liée au rapport au divin). Je la traite exactement de la même façon que celles qui veulent qu’un ou plusieurs dieux existent.
Vouloir empêcher autrui de prier, de s’habiller, d’exprimer sa croyance, me semble aussi dommageable que vouloir forcer la prière, l’habit, ou l’expression d’une croyance.
J’avais fait un premier inventaire qui a pas mal circulé en avril. J’ai fini par l’arrêter, faute de temps, parce que les pratiques s’étaient (relativement) calmées quand la presse a commencé à s’en faire le relai.
J’ai aussi arrêté parce que mon objectif commençait à être mal interprété. Mon but n’était pas de créer une base exhaustive. Il aurait fallu trier en enquêtant sur chaque cas. Le nombre, le nom de certains des auteurs, la diversité et la crédibilité de certains témoignages me suffisaient à attirer l’attention sur l’existence d’un phénomène.
L’exercice n’était pas plaisant. Je ne pensais pas le recommencer. Et là je tombe sur suffisamment exaspérant pour au moins en faire quelques lignes. Cette fois-ci pas de débat, pas de petite histoire de la cousine sur twitter, mais ce n’en est que pire.
À Paris, les policiers viennent de verbaliser au pied du Tribunal la soeur d’une personne présentée en comparution immédiate, venue là pour remettre des pièces justificatives à l’avocat de la personne qui devait être jugée. Et ainsi meurt le droit. C’est lamentable.#Confinementpic.twitter.com/jcRlWpdYnB
[#ContrelaCovid] Nos policiers veillent à l’application des mesures sanitaires liées à la #COVID19.
Contrôle ce jour dans 2 hypermarchés de #Nantes pour s’assurer du respect des règles & de la fermeture des rayons non-essentiels. Verbalisation des clients démunis d’attestation. pic.twitter.com/EZhgkqBQ7Q
[#Covid19] …L’opération visait également à s’assurer que les clients des supermarchés étaient bien détenteurs de l’attestation de déplacement dérogatoire#TenirEnsemblepic.twitter.com/GS2b1iOaBK
Pourtant être dans un supermarché, s’il y a une chose de certaine, c’est bien que le déplacement est justifié au titre du confinement. Bon, ils n’ont pas auto-attesté qu’ils étaient là où on les a contrôlé alors ça ne compte pas. C’est bien ça l’important, non ?
Vous admirerez la synchronisation des préfectures de Loire-Atlantique et du Morbihan, et la fierté d’icelles au point d’en faire une opération de communication. Difficile d’arguer d’un simple dérapage des agents locaux.
PARIS – Manifestation contre la fermeture des urgences de l’hôpital Hotel-Dieu.
Les forces de l’ordre relèvent les identités des manifestants et annoncent des verbalisations pour leur rassemblement. pic.twitter.com/3EUhW3eU6Q
Je pourrais encore et encore me scandaliser des sorties de nos représentants en réaction au meurtre récent, toutes plus stupides et dangereuses les unes que les autres, et certaines foncièrement racistes ou xénophobes. Je pourrais expliquer et militer, encore et encore.
Mais surtout je ne comprends pas. Vraiment. Je ne comprends pas cette escalade.
Même en agrégeant une décennie d’attentats en France, nous arrivons à peine à quelques centaines de morts et rien — à part nos propres réactions politiques — qui ait réellement mis à mal nos libertés ou notre sécurité, du moins pas au regard des autres enjeux et des autres risques.
Ce n’est pas rien, ça mérite toute notre attention, mais des morts et des scènes horribles on en a eu d’autres. Une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint, avec plus d’une centaine de viols par jour, rien qu’en France, plus d’un demi-million sur la décennie. Cette mort là est particulièrement barbare mais ce n’est pas non plus unique, malheureusement.
Pour autant c’est ici que nous passons en mode bulldozer écrasant tout sur son passage. Nous faisons fi de toute raison ou de tout dommage collatéral.
Traitez-moi d’insensible ou de détaché mais vous auriez tort. Ce n’est pas un froid relativisme à partir d’une naïve comparaison de chiffres. Je ne cherche pas quel est le pire ni ne rejette l’horreur sous prétexte qu’il y a pire. Ça n’aurait aucun sens.
Si je remets en contexte c’est que je ne comprends simplement pas comment nous justifions des discours d’un tel renoncement à toute mesure, à nos libertés et à nos valeurs. Je ne comprends pas l’emballement de ces jours ci.
Notre président a plusieurs fois dit « nous sommes en guerre » par le passé. Nous venons effectivement de passer dans une logique de guerre, où tout devient possible, où la fin justifie les moyens, et où on accepte de mettre nos principes au placard.
Peut-être que ça va se calmer d’ici quelques jours. Je le souhaite. Je l’espère. Même dans ce cas, nous avons passé des lignes que je ne pensais pas voir de la part des personnes au pouvoir.
Un simple tweet de JL Mélenchon suite aux annonces de couvre feu du gouvernement.
Je ne discute pas le fond. Il est un des leaders de l’opposition, et est totalement fondé à dire ce qu’il pense des décisions politiques, qu’on soit d’accord ou pas avec lui. Il a même le droit de dire des bêtises.
S’en suit un article de France Inter qui contredit le chiffre. Ce ne sont pas 60% des contaminations mais 60% des contaminations dans des clusters identifiés, ce qui représente en réalité une très faible part des contaminations totales. Vrai problème : On n’a pas d’indicateurs sur les autres.
Les décodeurs du Monde font pareil moins d’une demie-heure ensuite. Leur article est déjà un peu plus dérangeant parce que les deux paragraphes de conclusion se basent sur des « le gouvernement estime désormais pertinent de … » et « le chef de l’Etat a par ailleurs revendiqué l’objectif de … », donnant un poids aux décisions politiques justement contestées par JL Mélenchon, mais sans les justifier par un quelconque chiffre de meilleure qualité que ceux avancés par JL Mélenchon.
Je suis assez gêné parce qu’entre un opposant qui sur-interprête le seul chiffre disponible et un gouvernement qui n’en donne aucun… on vient de sacraliser la position politique du gouvernement et de déclarer l’opposant comme un trublion qui ne se base pas sur les faits.
Ces journaux sont dans leur plein rôle à remettre de l’ordre dans des affirmations trop rapides. Pour autant, les remises en contexte ont elles aussi un impact politique à ne pas négliger. Le choix de ce qu’on dit ou ne dit pas n’est pas neutre.
Ce qui me gêne vraiment je l’ai vu ensuite. Quelqu’un a republié les dires de JL Mélenchon en capture d’écran sur Instagram.
Et là on saute dans une autre dimension. La parole de l’opposant politique, légitime à défaut d’être juste, se fait remettre en contexte par… un lien vers le site du gouvernement.
J’ai un peu mal. La question n’est pas qui a raison et qui dit des bêtises, mais comment on présente et contextualise tout ça.
Ce n’est pas comme ça que devrait se passer le débat politique public. On a du se planter quelque part.
Entre ceux qui hurlent au fascisme à chaque contrainte d’urgence sanitaire et ceux qui ne veulent pas libéraliser le télétravail là où c’est possible pour ne pas casser le lien social mais qui sont prêts à couper toute relation sociale hors du travail… je ne me retrouve nulle part.
Ok mais si tu es contre les mesures du gouvernement, tu proposes quoi ?
Honnêtement ce n’est pas que je sois contre, juste que je n’ai vu aucun chiffre ni aucune argumentation qui laisse penser que ça aura un effet à la hauteur du nécessaire.
Je sais qu’il faut viser un temps long. Notre président a parlé d’été 2021 mais même ce scénario est assez optimiste. Arrêter de nouveau le pays c’est une solution d’ultime recours.
Cela dit c’est facile d’interdire des trucs au fur et à mesure de la propagation de l’épidémie mais, si on ne veut toucher ni au travail ni aux études, ça finit par brasser beaucoup de vent.
Nous avions un trimestre pour préparer.
On aurait pu se dire que subventionner le matériel et les infrastructures qui permettent de télétravailler aux salariés qui le peuvent. Ça aurait été cher, mais probablement pas plus que du chômage partiel, et ça aurait été un investissement durable pour les entreprises, donc pas perdu pour l’économie.
On aurait pu en faire de même pour les étudiants et les enseignants, avec des équipements informatiques utilisables (pas ceux d’Ile de France), et des solutions 4G pour la connectivité. On a royalement prévu 5 000 postes (non, il ne manque pas de 0), autant dire rien.
On aurait pu établir un protocole pour faire un maximum de cours à distance aux lycéens et étudiants, tout en permettant à ceux qui ne le peuvent pas (isolement très fort, manque de place à la maison, manque de matériel, manque de compétences, suivi absolument nécessaire) de venir suivre ces cours distanciels dans les locaux (bien plus vides et donc moins risqués, y compris côté transports pour y aller) avec quelques recrutements ad-hocs supplémentaires pour cet accompagnement.
On aurait pu faire que le télétravail soit un droit pour les salariés dont le travail et les conditions personnelles le permettent, et les autoriser – éventuellement après confirmation des instances représentatives – à passer outre les réticences des managers ou de la direction, voire à forcer l’entreprise à investir dans un VPN et des outils pour ça. Ça ne concernerait pas tout le monde mais ça sera ça de moins, y compris dans les transports.
On aurait pu renforcer les offres de formation et de reconversion, quitte à les subventionner de façon massive. Si le travail ne tourne pas à plein régime, autant utiliser ce temps pour investir sur l’avenir.
C’est vrai aussi pour toutes les industries qu’on sait en déclin ou problématiques pour le climat. Plutôt que de subventionner leur activité pour la faire redémarrer à l’identique sur fonds publics, c’était l’occasion de jeter les premières pierres de transformation.
On aurait probablement pu et on peut encore probablement plein de choses, mais non. Peut-être pas ce que je propose (je n’ai peut-être pas vu tel ou tel problème majeur dans mes paragraphes précédents) mais imaginer des solutions de transformation.
Les transformations les plus profondes que j’ai vu passer, ce sont des peintures pour des pistes cyclables temporaires dans certaines agglomérations. Je ne critique pas, j’applaudis au contraire d’avoir transformé plutôt que juste interdit ou règlementé, mais c’est bien peu.
Nous avions un trimestre. J’ai envie de hurler parce qu’on n’a rien préparé à part de jolis discours pour dire qu’on était prêts.
J’ai envie de hurler mais je préfère me concentrer sur l’avenir. Nous avons encore du temps, plein de temps, trop de temps en fait parce que la situation risque de durer. Ce temps il serait bien de l’utiliser à autre chose que délimiter ce qu’on interdit au fur et à mesure de la propagation.
Je n’ai pas l’impression que nos réponses soient aujourd’hui à la hauteur des enjeux.
Sans entrer dans le poncif stupide de « transformons le désastre en opportunité », il y avait et il y a toujours une opportunité d’investissement et pas juste de « dépensons plus ».