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Verba­lisé (parce que)

Préam­bule : J’in­clus dans cet inven­taire des PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment. Au delà de la subjec­ti­vité dans l’ap­pré­cia­tion, ce n’est qu’une collec­tion de liens publics, qui ne se veut même pas exhaus­tive. Je me contente d’évi­ter ce qui me parait contes­table ou liti­gieux. Mes critères de base sont soit une cita­tion dans la presse de métier, soit un message en ligne public par un témoin direct en son nom propre et via une iden­tité établie (donc pas de propos rappor­tés, pas de comptes de réseaux sociaux créés il y a deux semaines ou sans inter­ac­tions person­nelles solides).

Pour autant, cela ne consti­tue pas un travail de jour­na­liste et ne doit pas être consi­déré comme tel. Entre autres, je ne contacte pas les personnes concer­nées ou les auto­ri­tés, et ne recherche pas d’éven­tuels témoins. Vous êtes donc invi­tés à garder votre esprit critique et faire vous-même les véri­fi­ca­tions si vous les jugez impor­tantes.

Vous êtes plus que les bien­ve­nus à m’ai­der en me propo­sant d’autres liens à inclure (nouveaux témoi­gnages publics, confir­ma­tions ou correc­tifs par des jour­na­listes, etc.).

Comme je vois des gens qui me citent avec un message poli­tique que je ne soutiens pas forcé­ment : J’ai forcé­ment des opinions sur tout ça, je m’au­to­rise des commen­taires d’hu­meur, mais ne me prêtez aucune inten­tion ni aucun message poli­tique que je n’au­rais moi-même expli­ci­te­ment exprimé. En parti­cu­lier, cet inven­taire n’est *pas* un appel à mettre fin au confi­ne­ment, à lutter contre la police, à braver les règles, ou à quoi que ce soit d’autre (ni tout ça ni l’op­posé de tout ça).


Le droit de faire les courses, mais pas d’y inclure des paquets de gâteaux

Même si votre dépla­ce­ment est motivé, on risque de fouiller vos courses pour déter­mi­ner ce qui semble perti­nent ou pas comme achat de nour­ri­tu­re…

Préci­sions :

Le coca-cola non plus

Non, le chariot ne contient pas que du coca-cola.

Les serviettes hygié­niques non plus

Je n’ai pas l’in­for­ma­tion, mais on parie combien que le poli­cier était un homme qui aurait consi­déré le savon ou le gel hydro­al­coo­lique comme de néces­sité ?

La baguette ok, mais unique­ment par deux

A Sanary-sur-Mer, comme le racon­tait notre corres­pon­dante dans le Var, c’est deux baguettes sinon… un PV. Le maire a en effet pris un arrêté obli­geant ses conci­toyens à restreindre leurs dépla­ce­ments chez le boulan­ger. «  Toute personne sortant d’une boulan­ge­rie avec une seule baguette sera verba­li­sée », préve­nait [le maire] Ferdi­nand Bern­hard.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Bon, en fait non, pas la boulan­ge­rie

Elle est ouverte, mais il ne faut pas y aller

A Parmain (Val-d’Oise), un habi­tant pour­tant muni de son attes­ta­tion a juste­ment pris une amende alors qu’il se rendait à la boulan­ge­rie, comme il le rappor­tait au Pari­sien. « J’avais coché la deuxième case du formu­laire : dépla­ce­ment pour effec­tuer des achats », préci­sait Jean-François, auquel un gendarme aurait rétorqué qu’il ne s’agis­sait pas d’un motif d’ur­gence, dres­sant un PV que Jean-François entend bien contes­ter.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020 ; aussi raconté le 22 mars dans « Confi­ne­ment : un habi­tant du Val-d’Oise verba­lisé après être allé ache­ter une baguette de pain »

Et gardez bien le ticket de caisse

Parce qu’é­vi­dem­ment si on revient sur le trajet du super­mar­ché le coffre plein de courses et une auto-attes­ta­tion qui dit « je suis parti faire les courses », ça ne prouve rien.

A Fresnes-sur-Marne (Seine-et-Marne), Pierre a été verba­lisé vendredi en rentrant de Lidl, où il venait de faire ses courses. C’est sa mère qui raconte pour lui. Pierre est handi­capé mental. « Asper­ger, précise Michelle, sa maman. Il a des capa­ci­tés pour certaines choses, pas pour d’autres. Excu­sez-moi de le dire, mais ça se voit… » Les gendarmes de la brigade locale ne l’au­raient pas vu. « En poste sur un rond-point, ils lui ont demandé son motif de dépla­ce­ment. Cons­ta­tant les provi­sions dans le coffre, ils ont alors exigé le ticket de caisse, que dans l’af­fo­le­ment mon fils n’a pas été capable de produi­re… » Là encore : 135 € pour Pierre ainsi que pour son amie.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Et pas dans la ville à côté

Le drive, c’est trois jours d’at­tente pour la commande et il y a beau­coup de produits manquants. Et je ne voulais pas non plus m’en­gouf­frer au Leclerc, que je savais encore bondé. J’ai donc estimé plus prudent de me rendre à l’In­ter­mar­ché de Kerfi­chant, à Lorient, que je sais plus calme et où j’ai égale­ment mes habi­tudes […]

Ses courses termi­nées, Cyrille Le Meur a repris la voiture en direc­tion de son domi­cile. Au niveau de la gare, il tombe sur un contrôle de police. « À la vue de ma domi­ci­lia­tion, les poli­ciers lorien­tais m’ont dressé une contra­ven­tion de 135 €

Le télé­gramme, « Une amende de 135 € pour avoir fait ses courses à Lorient plutôt qu’à Lanes­ter », 26 mars 2020

À ceux qui se demandent, la distance entre les deux super­mar­chés est de moins de 5 km d’après Google Maps ; la gare est à la moitié du chemin, donc 2,5 km. C’est litté­ra­le­ment « de l’autre côté du pont ». Visi­ble­ment à Lorient c’est « pas d’étran­gers chez nous ».

Pas plus d’un kilo­mètre en fait

J’ha­bite à Plou­gas­tel Daou­las, je mets exac­te­ment 4 min en voiture pour aller à Picard de chez moi (4km). Je ne croise personne. Je tombe sur un contrôle de police à la sortie du pont de Plou­gas­tel. Je ne m’inquiète pas. Je suis en règle.

Et là … je prends une contra­ven­tion ! Mais pourquoi ?

Le poli­cier me dit que je ne suis pas à 1 km de chez moi. Mais j’avais lu que cela concer­nait que les prome­neurs de chien et les joggeurs ! Pas les courses. Je n’ai rien à 1km de chez moi à part la boulan­ge­rie et le tabac et j’ima­gine que nous sommes beau­coup dans cette situa­tion d’ailleurs.
Et j’ai véri­fié partout sur le net et je n’ai vu nulle part que cette nouvelle règle concer­nait les courses. Puis bon je n’ai pas fait 20 bornes non plus quoi.

« Attes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire et abus de pouvoir….l’in­hu­ma­nité pointe son nez », 25 mars 2020

J’ai véri­fié. Le premier commerce alimen­taire de proxi­mité est à pile 950 mètres de chez moi. Je l’ai échappé belle… (et non, les décrets ne précisent de distance que pour l’exer­cice physique).

Et pas à vélo s’il vous plait

C’est vrai quoi, on ne va pas lais­ser ces trucs d’écolo-gauchistes s’ins­tal­ler.

Défi­ni­ti­ve­ment, pas de vélo, même utili­taire

Le vélo c’est mal, la voiture c’est telle­ment moins risqué… ou pas. On a une logique pro-voiture dans notre société que j’ai toujours du mal à comprendre. Ce n’est perti­nent ni écolo­gique­ment, ni écono­mique­ment, ni même d’un point de vue sani­tai­re…

Et atten­tion à l’heure

Il y a d’ailleurs un vrai sujet entre les injonc­tions données dans les discours, celles écrites sur le site du minis­tère de l’in­té­rieur, et ce qu’il y a dans les décrets. Problème : Les poli­ciers vont se baser sur ce qu’ils entendent et inter­prètent, pas sur les décrets.

Et lais­sez les bébés dans la voiture

Je reste sans voix…

Puisqu’on vous dit de lais­ser les enfants seuls !

« À chaque fois que je veux faire un drive, l’ap­pli­ca­tion ne fonc­tionne pas, le site est saturé […] ça faisait quatre jours que j’es­sayais sans succès, je n’avais pas d’autre choix que de me dépla­cer » […]

Pour cette sortie, sa fille âgée de quatre ans et demi l’ac­com­pagne, « je n’ai aucun moyen de la faire garder pendant le confi­ne­ment », affirme la mère céli­ba­taire. Lundi 23 mars au matin, munie de son papier, obli­ga­toire pour chaque sortie, la jeune maman se rend donc dans l’hy­per­mar­ché le plus proche de chez elle, soit le Leclerc de Jonchery-sur-Vesle.

[…] À son retour, le vigile confirme : « il n’y a pas le droit aux enfants. Le direc­teur accepte excep­tion­nel­le­ment juste pour aujourd’­hui de vous lais­ser passer, mais ça ne sert à rien de reve­nir, car c’est la seule et unique fois », cite Mathilde. « Le vigile m’a dit la prochaine fois ce sera non »,  raconte-t-elle d’un ton las. 

France 3 régions, « En allant faire des courses accom­pa­gnée de sa fille de 4 ans, une mère céli­ba­taire a été infor­mée qu’elle ne pour­rait plus reve­nir dans l’hy­per­mar­ché de sa commune. La raison : les mesures prises par le maga­sin dans le cadre de la crise du covid-19, limi­tant l’ac­cès à une personne maxi­mum. », 24 mars 2020

L’ap­pel de la rédac­tion de France 3 a permis à la direc­tion du maga­sin d’as­sou­plir sa poli­tique.


On a dit pas d’hy­giène

C’est telle­ment surfait quand on parle de lutter contre la mala­die. Le fait que la lave­rie soit un des cas expli­ci­te­ment auto­ri­sés par le site du minis­tère de l’in­té­rieur n’y change rien.

Un tren­te­naire de Pontivy (Morbi­han) s’est fait verba­li­ser devant une lave­rie, malgré son attes­ta­tion de dépla­ce­ment. Il n’a pas de lave-linge chez lui et laver ses vête­ments est une néces­sité profes­sion­nelle : il est agent d’en­tre­tien. Il a inter­pellé la préfec­ture du Morbi­han et le gouver­ne­ment.

[…] J’avais une attes­ta­tion de sortie sur moi. Je l’ai montrée aux gendarmes, je leur ai expliqué ma situa­tion : je n’ai pas de machine à laver chez moi, je vis dans un petit loge­ment de 20 m2. Comment font les gens qui ont ni les moyens d’avoir un lave-linge ni la place chez eux pour en avoir un ?

[…] Je travaille dans le nettoyage, je dois donc laver mes vête­ments très régu­liè­re­ment. Mon métier exige une bonne hygiène person­nelle, encore plus avec le coro­na­vi­rus : je nettoie des bureaux occu­pés par des personnes qui évidem­ment ne souhaitent pas être en contact avec le virus inuti­le­ment. Vu le contexte actuel, la bonne hygiène semble vrai­ment essen­tielle. Je ne comprends pas que l’on puisse me donner une contra­ven­tion…

« Sans machine à laver chez lui, il est verba­lisé en allant à la lave­rie à Pontivy », 25 mars 2020

Le test de gros­sesse ce n’est pas essen­tiel

À ranger dans la même case « moi je n’en ai pas besoin donc ça doit être inutile »…

Les cour­riers admi­nis­tra­tifs urgents peuvent attendre

Même si on fait pour­tant venir les postiers pour ça

Le coup de colère du jour nous vient des bords du lac d’An­necy, d’un habi­tant de Veyrier-du-Lac verba­lisé par la gendar­me­rie, samedi 21 mars au matin, sur le retour du bureau de poste où il était allé dépo­ser des cour­riers urgents, attes­ta­tion en poche.

[…] « J’ai été contrôlé devant la mairie par un jeune gendarme qui ne connais­sait pas Veyrier, j’ai présenté mon attes­ta­tion et je lui ai dit que j’ha­bi­tais à 700 mètres mais il n’a pas voulu me croire […] Il m’a dit que j’étais à plus de 500 mètres

« Je vais produire les copies des cour­riers que j’ai envoyés pour le compte de deux familles, adres­sées à la Caisse d’al­lo­ca­tions fami­liales (CAF), des lettres urgentes décou­lant d’une erreur commise par l’or­ga­nisme. Je n’ai pas grand espoir mais je veux prou­ver ma bonne foi et qui sait… »

Le Dauphiné, « Haute-Savoie : verba­lisé à 700 mètres de chez lui après avoir posté des cour­riers urgents », le 24 mars 2020

Pas deux dans la même voiture

Ce matin, je me rends en courses au super­mar­ché à côté de chez moi. J’ai mon attes­ta­tion dûment remplie et signée, mes papiers d’iden­tité.
Ma femme m’ac­com­pagne parce qu’elle doit faire les courses pour ses parents de 88 ans. Elle a son attes­ta­tion et ses papiers, comme moi.
La règle dans le super­mar­ché : 1 personne = 1 caddie. Normal. Donc nous allons faire nos courses à 2.

Contrôle de gendar­me­rie : je me suis fait sanc­tion­ner parce que je ne respec­te­rais pas les consignes de confi­ne­ment !
Eh oui, le gendarme a décidé que nous devions être seuls chacun dans une voitu­re… ou alors il a entendu trop de fake news.

Patrice V, Face­book, 26 mars 2020

Le site offi­ciel du gouver­ne­ment indique pour­tant expli­ci­te­ment l’au­to­ri­sa­tion de prendre la voiture à plusieurs, et même de faire du co-voitu­rage.

Le droit à l’exer­cice physique mais unique­ment si on court

Parce que ça change tout (ou pas) à la conta­gion, au fait de se dégour­dir les jambes quand on habite dans un petit studio. Les mauvaises langues diront que la même chose dans les beaux quar­tiers plutôt qu’à Ménil­mon­tant aurait proba­ble­ment mené à une autre issue.

Et on ne court pas en jean !

Repris par David Dufresne dans son signa­le­ment 904.

Et pas de pause hein…

Parce que même à 78 ans, l’exer­cice, pour­tant indis­pen­sable, doit se faire d’une traite. On ne sait jamais.

La presse ? celle qui suit les manifs ? ah non ! (foutu crayon de papier)

Ce matin, le télé­phone sonne. Ô joie ! Une commande pour un maga­zine. Ce genre d’ap­pel est devenu, à l’ins­tar du pango­lin, une espèce en voie de dispa­ri­tion… J’en­fourche mon vélo et rejoins les abords de l’hô­pi­tal Saint-Antoine à Paris pour photo­gra­phier une char­mante épidé­mio­lo­giste.

[…]

Moi : Oui, mais la carte de presse suffit vous savez….

Lui : J’m’en fous, je veux l’at­tes­ta­tion et votre pièce d’iden­tité

Moi, en bon petit soldat (et oui, on est en guerre qu’il a dit le chef) j’ai prévu l’at­tes­ta­tion déro­ga­toire ET une lettre de mission du jour­nal.

Moi : Voici l’at­tes­ta­tion.

[…]

Lui : Ah les jour­na­lis­tes… Vous faites quoi là d’ailleurs ?

Je lui explique et ajoute, avec toute ma compas­sion, que c’est compliqué pour tous ceux qui doivent conti­nuer à faire leur travail dans ces condi­tions.

Lui : Ouais, comme quand vous venez faire des photos en manif, hein, ça vous savez faire, surtout pour faire des photos des poli­ciers.

[…]

Lui : Je vais vous verba­li­ser
Moi : Pardon ? Et pour quel motif ?
Lui : La date, sur votre attes­ta­tion déro­ga­toire est écrite au crayon de papier
Moi : Monsieur, la carte de presse suffit à justi­fier mon dépla­ce­ment comme je vous l’ai déjà indiqué, l’at­tes­ta­tion est simple­ment acces­soire, je l’ai impri­mée car on me l’a déjà deman­dée lors de contrôle et que cela accé­lère le proces­sus.

Seb Lelan, Face­book, 30 mars 2020

Aller, sur demande des pompiers, récu­pé­rer quelqu’un ayant eu un acci­dent n’est pas un motif valable

Qu’elle rentre à pied après son acci­dent ! (et en courant, parce que sinon ils alignent aussi, mais moins de 1 km parce que sinon…)

Ce jeudi encore, il était aux alen­tours de 14 heures lorsque, circu­lant sur l’au­to­route A86 à hauteur d’Al­fort­ville (Val-de-Marne), Lena, 19 ans, percute un autre véhi­cule. Le sien est réduit à l’état d’épave. Elle n’est que légè­re­ment bles­sée. « Les pompiers m’ont dit d’ap­pe­ler un proche pour qu’il vienne me cher­cher, raconte la jeune femme. J’ai télé­phoné à mon copain, qui est venu avec son frère. »
Les deux jeunes prennent soin de se munir au préa­lable de leur attes­ta­tion. Pas suffi­sant aux yeux des poli­ciers, qui sont arri­vés entre-temps sur le lieu de l’ac­ci­dent. « Les CRS leur ont demandé ce qu’ils faisaient là. Leurs expli­ca­tions n’ont pas suffi. Ils ont écopé chacun de 135 € », soupire Lena, dépi­tée. Elle-même rentrait de son travail. Léna est hôtesse de caisse dans un super­mar­ché Leclerc.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Gérer les animaux, mais pas donner à boire aux chevaux

Au Pouli­guen (Côtes-d’Ar­mor), une adoles­cente de 16 ans a été verba­li­sée jeudi alors qu’elle trans­por­tait, selon sa mère, plusieurs bidons d’eau pour abreu­ver ses chevaux, situés à 500 m de chez elle. « Les fonc­tion­naires, dans une voiture bleue, lui ont expliqué que ce n’était pas vital », a dénoncé la maman dans Ouest-France, avant que les poli­ciers de La Baule démentent ce mardi soir toute verba­li­sa­tion. « Qui, alors, l’a verba­lisé ? » inter­ro­geait en retour le quoti­dien.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Au pire on vous donnera un motif d’al­ler à l’hô­pi­tal

il est dans les envi­rons de 16 h lorsqu’elle sort faire des courses près de son domi­cile à Auber­vil­liers (Seine-Saint-Denis). […] Sur le chemin du retour, alors qu’elle ne se trouve plus qu’à quelques mètres de chez elle, une patrouille de police décide de contrô­ler son attes­ta­tion de déro­ga­tion de sortie, dans le cadre du confi­ne­ment lié à la propa­ga­tion du coro­na­vi­rus Covid-19.

A la suite de ce contrôle musclé, la jeune femme se voit pres­crire cinq jours d’in­ca­pa­cité tempo­raire totale (ITT).

« Coro­na­vi­rus en Seine-Saint-Denis. Elle est tasée et frap­pée pour ne pas avoir montré son attes­ta­tion », 24 mars 2020

Reve­nir avec les courses c’est sortir pour un bon motif. Tout ce qu’on peut repro­cher c’est un défaut de papier. Même s’il y avait alter­ca­tion, cinq jours d’ITT est-ce bien raison­nable comme propor­tion pour une sortie moti­vée mais poten­tiel­le­ment un défaut admi­nis­tra­tif ?

Oh, c’est la Seine Saint Denis, elle est noire et voilée. Oui je le précise parce que c’est loin d’être neutre dans les expli­ca­tions possibles.

Non, on ne rigole pas

Même durée mais il ne s’agit pas du même cas qu’au-dessus. Je n’ai mis que ces deux là car les autres vidéos soit ne sont pas datables faci­le­ment soit on ne sait pas si ça parle d’at­tes­ta­tion de sortie, mais il y a d’autres cas qui tournent

Vrai­ment… c’est dange­reux

L’his­toire est aussi racon­tée illus­trée. Je ne reco­pie pas tout ici et je vous laisse suivre le lien :

Ne cour­rez pas (enfin si, mais pas ici)

Besoin d’en parler : je viens d’être témoin de ma première violence poli­cière (gendar­mière en fait) et ça fait vrai­ment bizar­re… 🥺

Un groupe de gendarmes contrô­laient les gens qui marchaient dans ma rue sous mon balcon, tout se passait « norma­le­ment ».

Plus grand monde dans la rue, ils repartent dans le four­gon, font 50 m et sortent le méga­phone pour crier à un type qui marchait dans l’autre sens sur le trot­toir opposé : « gendar­me­rie natio­nale, arré­tez-vous, présen­tez votre attes­ta­tion ».

Le gars hésite un instant, hausse les épaules et se mets à marcher plus vite. 5 gendarmes sortent du four­gon en courant, il se mets alors à courir, mais pas très vite.

L’un deux arrive vite à son niveau et le projette très violem­ment contre la vitre d’un restau­rant, à tel point que la vitre se casse. Le gars est par terre, ne bouge pas, ne se débat pas, ils se jettent sur lui à 4 avec une grande violence pour le mettre face contre terre. (Objec­ti­ve­ment, je crois que c’est cette partie qui m’a le plus choqué car certains gestes me parais­saient vrai­ment gratuits, pire qu’au cinéma et le gars avait vrai­ment l’air « normal » et ne protes­tait pas, ne se débat­tait pas.)

Il ne bouge plus, il est blessé, il leur dit dit qu’il n’avait juste pas d’at­tes­ta­tion et pas envie de payer 135€. Ils s’éloignent de lui, appelent le samu qui après l’avoir examiné sors le bran­card, lui mets une minerve, lui déchire le jean pour lui mettre bandages et immo­bi­li­sa­tion aux jambes.

Et en route pour l’hô­pi­tal sur un bran­card. Voilà.

Au-delà de la dispro­por­tion de la violence de l’ar­res­ta­tion qui m’a enfin fait voir ce qu’on a entendu dans les mani­fes­ta­tions de ces deux dernières années, je suis choqué de voir qu’une ambu­lance et des services hospi­ta­liers soient mobi­li­sés pour ça en ce moment…
Et la vitre du restau­rant va coûter plus que 135€.

Cyril R., message Face­book du 22 mars 2020

Toujours les mêmes ciblés

On y voit Rama­tou­laye, 19 ans, entou­rée de six poli­ciers, avec un chariot de courses pas loin. Elle raconte qu’elle allait “faire les courses pour [son] enfant de 7 mois, accom­pa­gnée de [son] petit frère ». « Je marquais un arrêt parce que mon caddie était lourd »,

[…]

On y entend Rama­tou­laye crier, dans un mouve­ment de recul, provoqué selon elle par « un coup de taser ». Elle est ensuite mise à terre.

La vidéo cesse sans que l’on puisse consta­ter ce qu’il s’est produit par la suite. Elle raconte avoir été “jetée dans le four­gon”. À partir de là, “ça a été encore pire”, soupire Rama­tou­laye. « En pleurs », elle aurait été « giflée plusieurs fois » et un poli­cier aurait tenu des propos racistes.

[…]

Sur le certi­fi­cat d’in­ca­pa­cité émis par les services d’ur­gences médico-chirur­gi­cales qui nous a été trans­mis, cinq jours d’in­ter­rup­tion de travail

[…]

une plainte pour « violences volon­taires ayant entraîné une ITT infé­rieure à dix jours, en réunion, avec arme, par personnes dépo­si­taires de l’au­to­rité publique, et violence en présence d’un mineur de moins de 15 ans ».

France Inter, « Confi­ne­ment : plusieurs personnes affirment avoir été bruta­li­sées et insul­tées lors de contrôles de police », 5 avril 2020

L’im­por­tant c’est le papier

Parce qu’on n’est pas la France pour rien. Que le motif soit bon, s’il n’y a qu’un seul papier le prou­vant sans ambi­guité et pas en plus une auto-attes­ta­tion, mieux vaut mettre 2x 135€. D’au­tant plus aux soignants qui se déplacent vu les condi­tions d’exer­cice en ce moment…

En colère, Chris­tophe Blon­del, secré­taire du syndi­cat CGT au sein du centre hospi­ta­lier Béthune-Beuvry : «  Deux collègues ont été verba­li­sés ce matin. Une patrouille de police les a contrô­lés. Ils avaient leur justi­fi­ca­tif de dépla­ce­ment profes­sion­nel, mais avaient oublié de remplir l’at­tes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire ! C’est ridi­cule ! Ils avaient leur justi­fi­ca­tif d’em­ployeur pour la santé ! » L’in­fir­mière et le person­nel soignant ont donc reçu une amende de 135 euros.

L’ave­nir de l’Ar­tois, « Béthune : deux person­nels soignants verba­li­sés pour leur attes­ta­tion de dépla­ce­ment », 19 mars 2020

Vrai­ment… il faut ce papier

Et ce n’est pas une excep­tion, il y a d’autres témoi­gnages simi­laires.

Et imprimé s’il vous plaît

Et l’at­tes­ta­tion pour aller au taxi­phone alors ? On ne me reti­rera pas faci­le­ment de l’es­prit que cette situa­tion n’au­rait jamais eu lieu dans un beau quar­tier (d’au­tant que les taxi­phones n’y sont pas légion).

Faut dire qu’à la main il ne faut rien oublier

Ce qui est non seule­ment idiot, inutile, mais aussi contraire aux instruc­tions offi­cielles qui disent qu’on peut se conten­ter de la ligne utile.

Reco­piez tout on vous dit !

Pas même la date de nais­sance

L’his­toire qui suit est relayée par un jour­na­liste profes­sion­nel qui dit avoir fait les véri­fi­ca­tions néces­saires.

H. travaille pour Santé Publique France dans le 94. En mission #COVID19, il peut être appelé à n’im­porte quelle heure. Un lais­sez-passer lui a été déli­vré par employeur pour rejoindre le centre à n’im­porte quelle heure. Jeudi soir, H. est appelé en urgence dans la nuit.

Au moment de quit­ter son domi­cile en voiture, une patrouille le klaxonne. Contrôle. « Rien ne te dérange ? Tu fous quoi dehors ? » lui lance un poli­cier avant de lui deman­der son attes­ta­tion. H. lui présente donc son attes­ta­tion et le lais­sez-passer de son employeur

Le poli­cier regarde le lais­sez-passer avant de lui jeter à travers la fenêtre. Dans l’ur­gence, H. a oublié de mettre son année de nais­sance sur l’at­tes­ta­tion mais celle-ci était inscrite sur l’autre doc. Le poli­cier lui lance : « t’es con, t’as pas mis ton année de nais­sance »

« Il l’a même pas regardé mon lais­sez-passer » me dira H, hier soir au télé­phone, encore sous le choc.

Il était alors à peine plus de minuit, bascu­lant donc à vendredi. Le poli­cier pour­suit : « ton attes­ta­tion est pas bonne, elle date d’hier ». Il décide de le verba­li­ser. La voiture de police bloque la voiture de H. sur sa place de parking.

Le poli­cier devient alors viru­lent : « main­te­nant bouge, casse toi ! ». H. lui indique que la voiture bloque la sienne et fait preuve, de son propre aveu, de mauvaise foi. 15 mn plus tard, le poli­cier revient vers lui.

« Tu n’as plus que 5 pts sur ton permis ». H. en a pour­tant 12. Le poli­cier lui dit : « non tu en as 5. Tu viens d’en perdre 7 pour usage du télé­phone au volant » et relève deux autres « infrac­tions ». H. était garé sur son parking, à l’ar­rêt.

H. conteste. Réponse : « ça sera ta parole contre la notre ». Sentant les choses mal tour­ner, le jeune homme sort son télé­phone pour tenter de filmer ou enre­gis­trer ce qu’il peut, sur snap­chat. Un autre véhi­cule est contrôlé à quelques mètres.

Le troi­sième poli­cier s’ap­proche de la fenêtre de H. « Il surveillait ce que je faisais avec mon télé­phone. J’ai eu peur que ça tourne mal donc j’ai lâché mon télé­phone » me raconte ce jeune habi­tant d’Aul­nay.

« Oh sale arabe, main­te­nant tu dégages ou je t’em­barque ». Les insultes racistes fusent. H. s’exé­cute. « Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient de moi. J’étais leur pute » pour­suit H. Arrivé sur son lieu de travail, il en fait part à Santé Publique France.

L’Agence natio­nale contes­tera l’amende de 135€. H. a déposé une pré plainte en ligne et va saisir l’IGPN.

« Je me suis dis… ça existe encore ça en France ? » conclura H au télé­phone. Et oui, malheu­reu­se­ment ça existe encore. Et c’est drama­tique.

Relayé par Brice Ivano­vic, le 28 mars 2020

La victime a depuis témoi­gné en vidéo :

Et aussi retracé sur le Bondy­blog le 2 avril 2020.

Et ne grou­pez pas les motifs

En venant consul­ter sa psychiatre, un patient au RSA écope d’une amende de 135 euros pour avoir « mal rempli » son attes­ta­tion de sortie. Témoi­gnage circons­tan­cié du méde­cin qui dénonce une police auto­ri­taire.

[…] Je me présente à l’agent, lui expliquant que je suis le méde­cin avec qui le jeune homme verba­lisé avait rendez-vous, souhai­tant ainsi attes­ter de sa bonne foi. Elle me répond : « Non mais vous avez vu comment elle est remplie son attes­ta­tion ? » Elle est manus­crite, et mon patient, par égare­ment, avait coché deux cases, la raison de santé et l’exer­cice physique. Je recon­nais tout cela et c’est le motif de ma présence, clari­fier et justi­fier le dépla­ce­ment, c’est-à-dire l’objet de l’at­tes­ta­tion. L’agent n’en a cure : « Si tout le monde commence à faire comme ça ! C’est bon, il suffit de cocher une case. » J’avais prévenu mon patient (« nous ferons profil bas de toute façon ») et j’ex­plique à l’agent qu’il s’agit d’un patient qui vient consul­ter un psychiatre, il est donc dans un moment de fragi­lité et il lui a été compliqué de remplir l’at­tes­ta­tion. Elle me rétorque : « Vous êtes en train de dire que les gens comme ça, qui vont voir un psychiatre, ne sont pas capables de remplir cette feuille ! »

Libé­ra­tion, « La poli­cière, l’at­tes­ta­tion, et « les gens comme ça »  », 30 mars 2020

Bon, ça dépend évidem­ment de qui vous êtes

On le voyait déjà venir les premiers jours. Quand les mêmes jour­naux montraient des quais de Seine intra-muros en prome­nade tranquille mais annonçaient en même temps fière­ment que 10% des amendes venaient de Seine Saint Denis, on voyait bien que la réac­tion des forces de l’ordre n’était pas la même partout.

Plus il y a d’ar­bi­traire, plus les biais habi­tuels tendent à ressor­tir.

Le thème du racisme et du focus sur des « jeunes de banlieue » ressort d’ailleurs bien sur certains témoi­gnages, surtout les plus violents.


Les SDF aussi

L’his­toire des SDF est plus complexe. Je préfère que vous lisiez l’enquête de CheckNews au complet plutôt que de faire des cita­tions diffi­ciles à comprendre.

Dans les faits, ont été verba­li­sés :

  • Des familles « ne parlent pas forcé­ment la langue » trim­ba­lées d’hô­tels sociaux en hôtels sociaux tous les trois à quatre jours par le SAMU social, verba­li­sées en se déplaçant d’un lieu à l’autre.
  • Six personnes dans diffé­rents arron­dis­se­ments de la métro­pôle lyon­naise, qui se sont décla­rées SDF sur le PV mais dont la police pense qu’ils ne le sont pas. « Nous connais­sons les SDF de nos arron­dis­se­ments »
  • Au moins 1 SDF à Bayonne et 3 SDF atten­dant de se doucher devant l’ac­cueil de jour, tous quatre recon­nus comme tels mais verba­li­sés sous prétexte d’at­ti­tude viru­lente en réac­tion au contrôle d’at­tes­ta­tion.

Je ne sais pas vous mais moi une famille que le SAMU social change deux fois d’hé­ber­ge­ment d’ur­gence, j’ap­pelle bien ça des sans domi­cile fixe. Et au moins mora­le­ment, les verba­li­ser quand ils se déplacent pour joindre leur loge­ment suivant…

Quand aux autres SDF, si je prends au mot les décla­ra­tions offi­cielles de la police, ils connaissent parfai­te­ment les SDF de leurs loca­lité mais… en contrôlent quand même les attes­ta­tion (puisque c’est lors des contrôles qu’il y a eu atti­tude agres­sive).

Au mieux (ou au pire, suivant), nos forces de l’ordre détournent arbi­trai­re­ment l’amende pour défaut d’at­tes­ta­tion pour sanc­tion­ner une atti­tude viru­lente. On est bel et bien en plein dans les « PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment » que je liste ici.


Des faux ? Pas impos­sible, mais n’en faisons pas un présup­posé

Il n’est pas impos­sible qu’une partie des témoi­gnages soient montés de toute pièce. J’écarte toute­fois déjà les on-dit et les comptes qui semblent trop frais ou trop anonymes, et pour certain on a même des vidéos.

Il n’est pas non plus impos­sible qu’une partie de ces gens aient été de vraies victimes d’ar­naques par de faux poli­ciers ou faux gendarmes. Pour certains on voit toute­fois des uniformes ou des voitures de fonc­tion dans la vidéo, pour d’autres ça trans­pa­raît dans le témoi­gnage. Atten­tion donc à ne pas y voir une expli­ca­tion trop facile.

Dans tous les cas, ne payez rien sur place et atten­dez l’amende offi­cielle par cour­rier, à payer par des biais offi­ciels (ou à contes­ter le cas échéant).


D’un point de vue légal

Sur propo­si­tion de Me Fran­cis­cot, je relaie aussi l’ap­pel de Me Eolas qui cherche copie des PV reçus.


Hors péri­mètre mais qui mérite d’être mentionné quand même :

Au Royaume Uni aussi

Dozens of people, inclu­ding those consi­de­red vulne­rable by the Govern­ment guide­lines, accu­sed the police of being over­zea­lous with their approach.

[… ] « Serious breaches should attract fines, but news reports of over-enfor­ce­ment by police and public are deter­ring the timid from exer­ci­sing even the limi­ted free­doms they have. »

[…] « This is over­zea­lous enfor­ce­ment and a misrea­ding of the rules. »

[…] Mr Lowman added: « In the cases where offi­cers have chal­len­ged retai­lers and shop­pers in this way, it’s brought confu­sion, distrac­ted retai­lers in the busiest weeks of their lives, and increa­sed the inter­ac­tions between people at a time when the Govern­ment is trying to mini­mise them. »

An ACS spokes­man said about four conve­nience stores repor­ted that they had been « wron­gly » told by coun­cil envi­ron­men­tal health offi­cers to stop selling certain items which they deemed as non-essen­tial.

The Tele­graph, « ‘Over­zea­lous’ police use coro­na­vi­rus powers to charge shop­pers for buying ‘non-essen­tial items’ », 30 mars 2020

La sortie d’hé­li­co­ptère

Déci­dé­ment le délire sécu­ri­taire nantais ne s’ar­range pas. À l’heure où les hôpi­taux font des appels à dons publics, ils ont fait venir un héli­co­ptère de Rennes pour traquer les sortes sans attes­ta­tion. Le coût probable est de plusieurs milliers d’eu­ros.

À la clef, trois personnes verba­li­sées pour une sortie en voiture, avec un scéna­rio qui ressemble à un mauvais film.

Nantes Révol­tée le 20 mars 2020, relayé par David Dufresne, le tout recoupé avec Ouest France.

L’ap­pel à dons

Et puisqu’on parle des appels à dons…

Je suis furieux. Ces gens sont juste­ment char­gés d’or­ga­ni­ser la redis­tri­bu­tion et l’ef­fort collec­tif, de tous en fonc­tion des moyens. En orga­ni­sant un appel aux dons pour un besoin primaire, en tant que ministre de l’ac­tion et des comptes public, il vient juste de démis­sion­ner de sa fonc­tion de base.

Désor­mais l’idée est que les finances viennent de ceux qui se sentent concer­nés plutôt que de ceux qui en ont les moyens. La charité plutôt que l’im­pôt. La fin de la poli­tique publique choi­sie collec­ti­ve­ment par les citoyens et le règne de l’in­di­vi­duel.

Surveillance numé­rique

Le défen­seur des droits se dit, dans un entre­tien à « L’Obs », inquiet de l’uti­li­sa­tion de la géolo­ca­li­sa­tion pour lutter contre la pandé­mie de Covid-19, sans débat parle­men­taire.

Le Monde, « Surveillance numé­rique contre le coro­na­vi­rus : Jacques Toubon s’inquiète de possibles dérives », 30 mars 2020, qui relaie l’Obs, « Jacques Toubon : « Géolo­ca­li­sa­tion, je dis : atten­tion ! »  » du 30 mars 2020 aussi.

La dérive hongroise

Je ne sais pas encore où on va, mais ça n’a pas l’air très tentant.


À propos de l’es­pace de commen­taires qui suit : N’hé­si­tez pas à me donner des liens publics pour que je les intègre. Mes critères sont expli­ci­tés en préam­bule et je ne publie­rai donc pas les témoi­gnages rédi­gés direc­te­ment en commen­taire ici. Si vous jugez votre témoi­gnage essen­tiel au débat public, publiez les quelque part pour m’en donner le lien ou contac­tez un jour­na­liste profes­sion­nel qui saura respec­ter votre anony­mat.

De même, cette page a été citée par David Dufresne et, forcé­ment, les trolls viennent. J’ai le privi­lège d’un espace person­nel. Comme d’ha­bi­tude ici, je ne publie donc que les commen­taires qui me semblent avoir un inté­rêt pour mes lecteurs. Si je ne publie pas vos opinions ou remarques, vous avez la liberté de les publier ailleurs.

62 réponses sur « Verba­lisé (parce que) »

N’hésitez pas à venir m’aider en complétant.

Je ne prends que les liens publics non anonymes (si vous voulez inclure ce qui vous est arrivé, à vous de le publier quelque part pour m’en donner le lien) avec des témoins directs (pas de récit de quelqu’un qui dit que quelqu’un…) ou rapportés par la presse.

Je vais appliquer mon propre jugement arbitraire sur l’inclusion. En gros je vais éviter les comptes ou sources qui me paraissent peu fiables (comptes créés pour l’occasion, ou comptes récents, ou comptes dont le contenu n’apparaît pas sérieux ou avec suffisamment d’interactions sérieuses/sociales).

Malgré ces précautions ce ne sont que des liens, sans authentification ou vérification. Je ne donne aucune garantie. Savoir si vous croyez la personne qui raconte ne tient qu’à vous.

Si un journaliste vérifie un des liens et en parle, n’hésitez pas à le pointer pour que je rajoute la mention en dessous.

Il faudrait voir à mieux sélectionner les anecdotes car une bonne partie d’entre elles n’ont rien de scandaleux. En période de confinement, c’est effectivement stupide et égoiste se sortir pour deux paquets de gâteaux, deux baguettes ou un caddie de coca cola…

Je pense que vous avez manqué une partie de la question. Les deux paquets de gâteaux c’est *au milieu* de sacs de courses de la semaine. Le coca aussi si tu regardes la vidéo, même si on ne voit pas grand chose, tu remarques que ce n’est pas la seule chose présente. En gros on fouille tes courses pour te dire ce que tu es censé manger ou non. Oui c’est un problème

Bonjour,
Je rappelle simplement que lorsque l’on est confiné, on ne sort pas pour acheter un article ou un type d’article, on sort une fois au plus dans la semaine pour acheter sa nourriture, de plus votre site ne mentionne aucun document officiel, comment vérifier les on dit de ces personnes, cela me rappelles les verbalisés des radars qui se plaignent des 2 km heures au dessus de la limite autorisée…
Pour ma part, je suis tellement radical, que pour tout ceux qui enfreignent la règle du confinement, je ne les verbalise pas, je note la localisation de la famille du contrevenant et elle ne sera pas prioritaire et (ou) sera obligée d’avancer les frais liés au traitement de la maladie, si celle ci était contaminée par le covid… la liberté, ce n’est pas l’égoïsme. On réfléchi avant d’agir, on pense aux autres d’abord, la vie en société est à ce prix

J’ai décidé de publier et répondre parce que votre second paragraphe laisse entendre que vous êtes dans les forces de l’ordre. Du coup un rappel : Votre rôle n’est pas de faire justice mais d’appliquer la loi. Vous n’êtes pas un justicier. Que vous vous permettiez de parler de parler de priorisation de l’assistance en fonction de vos constatations est proprement ahurissant pour quelqu’un qui est censé défendre la loi. Vous pronez méthode des petits carnets noirs pour ensuite décider de qui on respecte ou non les droits ? vraiment ?

Quant au premier paragraphe, vous parler de celle qui a deux paquets de gâteaux dans justement ses courses de la semaine ? de celui qui a son supermarché à 4km ? de celle à qui on dit de laisser son bébé dans la voiture ? de celle qui ne peut pas prendre un test de grossesse ? des soignants qui ont une attestation de l’employeur mais qui n’ont pas auto-rempli un doublon avec l’attestation personnelle ? de celui qui a fait ses courses de la semaine mais sans la ticket de caisse ? de celui qui va chercher quelqu’un comme demandé par les pompiers plutôt que de le laisser au bord de la route ? de celle qui a 5 jours d’itt faute d’avoir le bon papier ? non, c’est juste pour savoir…

C’est bien justement ce genre de comportement que je liste ici, celui de justiciers du dimanche, qui veulent faire vengeance tout seul et qui pensent leur jugement plus important que la loi de la société. Il n’y a pas que ça, il y a aussi certainement des intervenants de bonne foi qui sont autant perdu que le reste de la population quant à ce qui est autorisé ou non, mais votre second paragraphe vous place probablement dans la première catégorie.

Bonjour Balbrunie, je suis étonnée par votre façon de procéder. A moins que je n’ai pas bien compris vos propos, ce que j’ai saisi c’est que lorsque vous constatez une infraction au confinement (manque de justificatif ou autre raison) vous ne verbalisez pas mais vous notez les coordonnées de la personne afin que ses droits à la prise en charge de ses éventuels soins lui soient retirés ? Comment la police ou la gendarmerie peuvent-elles interférer auprès des services de santé ou de la sécurité sociale d’un contrevenant ? Comment se peut-il qu’un agent de la sécurité nationale puisse décider tout seul d’une sanction autre que celle prévue sous forme de contravention ? Expliquez-moi s’il vous plaît.

bonjour,
ce matin je n’ai même pas pu faire 70 mètres autour de chez moi pour aller au magasin bio de mon quartier (j’habite au centre ville), la « Feldgendarmette de sévice » voulait obtenir son « Ausweiss » écrit, alors que je l’ai envoyé au capitaine de la « Feldgeendarmerie », ça ne l’a pas convaincue et j’ai dû rebrousser chemin sans avoir obtenu la moindre denrée alimentaire ….
on m’a déclaré handicapé …

Comme dit, je ne prends pas les récits directs ici, que des liens vers des récits publics où on peut retracer de façon relativement fiable l’auteur (compte ancien, bien implanté avec du relationnel), ou de la presse. Ca n’empêche pas les gens de raconter n’importe quoi mais ça filtre un minimum.

Des journalistes pourraient faire mieux (vous contacter manuellement, vérifier et croiser les témoins). Je leur laisse ce travail. Je me contente de collecter les liens qui pourraient leur servir de base.

Merci pour le correctif. Je retiens qu’au final il y a bien eu des amendes au titre du confinement mais « pour agressivité ». Je n’aime pas cet arbitraire, et le « oui mais le contexte » est un peu trop fréquent. Je ne vois pas comment il peut y avoir agressivité si le policier ne cherche pas à demander à la base une attestation au sdf. Mais bon, ça sort de l’inventaire que je cherche à construire ici.

Pour archive, le lien BFM était https://www.bfmtv.com/societe/lyon-des-sans-abri-verbalises-pour-non-respect-des-mesures-de-confinement-1878297.html
L’article du monde donne les liens source vers Le Progrès et l’AFP

Vu, mais sauf erreur l’autorisation des déplacement pour obsèques n’a été précisé officiellement qu’après cet événement, et je me rappelle le message du Premier Ministre à la TV parlant d’obsèques auxquelles il fallait renoncer. Bref, j’hésite à le mettre parce que ça peut passer sous le titre « la communication brouillonne du gouvernement » plus que sous « l’arbitraire et les abus de ceux qui contrôlent »

Comme je vois des gens qui me citent avec ce message :
Mon inventaire n’est *pas* un appel à mettre fin au confinement, ou à lutter contre la police, ou à braver les règles.

Je tente d’inventorier les PV arbitraires ou abusifs, moralement ou légalement, parce que la situation me fait halluciner. J’en pense forcément des choses moi-même mais ne me prêtez aucune intention que je n’aurais moi-même explicitement exprimée.

Pourriez vous vérifier un peu ce que vous publiez ou laisser au moins un droit de réponse ?

L’histoire des 2 paquets de gâteaux n’est pas fiable car elle parle d’une majoration d’amende à 360€ ce qui est impossible.

L’histoire des chevaux près de La Baule a été démenti par la direction départementale du 44.

Merci.

Les mises en gardes sont en amont, avec les conditions d’inclusion (ou de non inclusion).
Il y a un article de journaliste professionnel qui relate la chose, y compris l’information comme quoi la police a nié la chose, sans conclure sur le côté faux. Je cite l’ensemble. Le démenti des chevaux occupe 3 des 8 lignes que j’ai cité.

(voir aussi le commentaire du 31 mars à 10h27 pour l’histoire des 360 €)

Oui mais non, la verbalisation a été démentie par le commissariat (en clair, la police nationale) ; or, la jeune fille a été verbalisée par des gendarmes qui sont les seuls à circuler en « voiture bleue » !!!
Donc, forcément, si on s’adresse à la police pour savoir si les gendarmes ont dressés un PV ou inversement même si je note que 90% des problèmes relevés sont le fait de gendarmes « zélés), la réponse ne pourra être que négative… d’où l’intérêt de ne pas mélanger les torchons et les serviettes !!!

Bonjour,

Super travail, merci de faire cette veille :)

Et pour tous ceux qui « blabla normale de pas aller acheter de gateaux/clopes/tampons/… »
Je rappellerais que ce n’est pas aux FDO de décider des règles (donc de décider ce qui est nécessaire ou pas). Si c’est ouvert (et en vente), c’est donc nécessaire (sinon ça serait fermé par la préfecture sur arrêté prefectorale ou décret. Chez nous ils ont même empêché l’accès … aux forêts donc c’est possible).

Cordialement

Salut et merci pour ce travail de compilation.

une petite remarque: ce serait plus pratique pour les lecteurs qui y reviennent si cette page était mise à jour avec les nouveaux cas affichés en haut de la page plutôt qu’en bas.

Je tentais de les classer dans un ordre logique plutôt que par date, mais effectivement, ça ne facilite pas la lecture. Je ferai peut-être des commentaires pour identifier ceux que j’ajoute.

Ajouté ce soir :
– Plusieurs liens pro-vélo
– Plusieurs liens relatifs à la distance (pour autre chose que l’activité physique)
– Un lien sur la verbalisation de gens qui se déplacent pour bosser et qui ont bien l’attestation de leur employeur mais pas forcément le papier d’auto-attestation qui n’atteste rien de sérieux
– Deux autres cas de violences avec ITT
– Ajout de l’alerte sur les faux gendarmes/policiers
– et encore un délire sur l’exercice physique où le policier regarde si vous courrez bien

Témoignage direct (il relate ce que lui a vu, pas les propos d’un autre), pour moi c’est ok.

Bon je vais l’écrire ici pour tous les gens qui sont en boucle sur « on achète pas du coca, on achète pas des gâteaux. »

Les gens ont TCA.
Vous avez de la chance si vous n’êtes pas concernés.

(TCA – trouble du comportement alimentaire)

Je crains que tu n’écrives au mauvais endroit, ou que tu n’aies pas compris l’ironie de mes titres.

Bonjour,
Au sujet de faire ses courses, il n’a jamais été dit que cela ne devait être fait qu’une fois par semaine. Les gens (et les forces de l’ordre apparemment) inventent des règles.
Personnellement j’ai une famille nombreuse : 2 enfants en bas âge et un bébé, et mon conjoint. Rien que pour le bébé, entre les couches, le coton, le lait maternisé, les pots de compote et les pot de de légumes pour les repas solides, on remplit déjà énormément le cadis.
J’ai 42 ans, c’est la première fois de ma vie que j’ai été faire les courses en voiture, pour pouvoir en ramener le plus possible. On habite Rosny-Sous-Bois dans le 93, on a le luxe d’avoir accès absolument à tout à pied facilement. Nous mangeons un yaourt chacun (en dehors du bébé) en guise de dessert. lors des 2 repas par jour donc ça fait 8 yaourts par jour, soit 56 yaourts (ou équivalent) par semaine. Je ne sais pas si les gens se rendent compte du nombre de pack de yaourts qu’on doit acheter par semaine ! A nous 4 (je ne compte pas le bébé), on boit plus de 9L de lait par semaine. Et il faut bien sûr ajouter le reste (féculent, légumes, viande, etc., comme tout le monde). Un cadis rempli ne nous suffit pas pour la semaine.

Sur la question du document dérogatoire, le Décret n°2020-293 du 23 mars 2020, dans son Article 3(II), dispose :

« Les personnes souhaitant bénéficier de l’une de ces exceptions doivent se munir, lors de leurs déplacements hors de leur domicile, d’un document leur permettant de justifier que le déplacement considéré entre dans le champ d’application de l’une de ces exceptions. »
Point.

Le document proposé sur le site gouvernement.fr est seulement un modèle — et non un CERFA — d’attestation sur l’Honneur. Il n’y a pas d’obligation de mettre toutes les exceptions prévues par décret, et même si je conseil vivement de ne pas oublier de mettre la mention « En application du décret n°2020-293 du 23 mars 2020 », un document manuscrit portant votre nom, le motif du déplacement et éventuellement un trombone pour pincer le ticket de caisse au retour des courses, est en théorie largement suffisant.

Sur la question des déplacements pour se dégourdir les jambes, le Décret n°2020-293 du 23 mars 2020, dans son Article3(I)(5), dispose :

« Jusqu’au 31 mars 2020, tout déplacement de personne hors de son domicile est interdit à l’exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes : […]
5° Déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés soit à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie ; »

Il est donc clair, qu’aucune forme de sport n’est imposé ici, seul les sports collectifs sont prohibés et qu’il est même question de « promenades ».
On retiendra aussi la notion de « besoin des animaux de compagnie » qui comprend bien entendu le fait de promener son chien, mais aussi d’aller hydrater ses chevaux (il n’y aucun raison de laisser mourir ces pauvres bêtes, au contraire on s’expose à d’autres sanctions).

Sur la question des déplacements pour aller faire ses courses, le Décret n°2020-293 du 23 mars 2020, dans son Article3(I)(2), dispose :

« Jusqu’au 31 mars 2020, tout déplacement de personne hors de son domicile est interdit à l’exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes : […]
2° Déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisées par l’article 8 du présent décret ; »

L’annexe en question dresse la liste suivante :
« Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles.
Commerce d’équipements automobiles.
Commerce et réparation de motocycles et cycles.
Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles.
Commerce de détail de produits surgelés.
Commerce d’alimentation générale.
Supérettes.
Supermarchés.
Magasins multi-commerces.
Hypermarchés.
Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé.
Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé.
Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé.
Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé.
Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé.
Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé.
Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives.
Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé.
Commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé.
Commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé.
Commerce de détail de matériels de télécommunication en magasin spécialisé.
Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé.
Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé.
Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé.
Commerce de détail d’articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé.
Commerces de détail d’optique.
Commerce de détail d’aliments et fournitures pour les animaux de compagnie.
Commerce de détail alimentaire sur éventaires sous réserve, lorsqu’ils sont installés sur un marché, des dispositions du III de l’article 8.
Commerce de détail de produits à base de tabac, cigarettes électroniques, matériels et dispositifs de vapotage en magasin spécialisé.
Vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés n. c. a.
Hôtels et hébergement similaire.
Hébergement touristique et autre hébergement de courte durée lorsqu’il constitue pour les personnes qui y vivent un domicile régulier.
Terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs lorsqu’ils constituent pour les personnes qui y vivent un domicile régulier.
Location et location-bail de véhicules automobiles.
Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens.
Location et location-bail de machines et équipements agricoles.
Location et location-bail de machines et équipements pour la construction.
Activités des agences de placement de main-d’œuvre.
Activités des agences de travail temporaire.
Réparation d’ordinateurs et de biens personnels et domestiques.
Réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication.
Réparation d’ordinateurs et d’équipements périphériques.
Réparation d’équipements de communication.
Blanchisserie-teinturerie.
Blanchisserie-teinturerie de gros.
Blanchisserie-teinturerie de détail.
Services funéraires.
Activités financières et d’assurance. »

On relève parmi les établissements autorisés, les « Commerce de détail de boissons […] » — soit les cavistes — ainsi que les « Commerce de détail de produits à base de tabac, cigarettes électroniques, matériels et dispositifs de vapotage […] » et même les « Services funéraires ». Oui, vous avez encore le droit d’enterrer dignement vos proches et d’honorer leur mémoire.

Bien que la question philosophique a déjà été soulevé quand à savoir si les cigarettes, machines à fumée aromatisés, ou la bouteille de Bordeaux sont bel et bien de première nécessité, il faut comprendre qu’à aucun moment — stricto sensu — une liste de produits de n’est imposée. Et si c’était le cas, il serait paradoxal d’interdire l’achat de produit en vente libre.
Or, ni ce décret, ni la Loi n°2020-290 du 23 mars 2020 dites « Loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19 » ne dispose, à aucun moment, d’une interdiction de vente quelconque.

En toute logique, vous pouvez aller faire vos courses dans l’objectif principal de vous approvisionner en denrée alimentaire, papier toilette, etc… qui justifient le déplacement. Mais le fait de prendre des produits qui sortent de cette vague définition de devrait pas invalider le reste du panier.

Sur la question de la fouilles des sacs, véhicules et autres effets personnels, il faut garder en tête que c’est considéré comme une perquisition et donc n’est possible qu’en cas de flagrant délit ou sur commission rogatoire, par un gendarme, un OPJ ou un douanier. Un agent de police pourra vous demander s’il peut effectuer une fouille de votre sac et vous êtes totalement en droit de refuser, et à fortiori si ce n’est pas un OPJ. Dans le cas d’un véhicule, vous risquez alors d’être immobilisé pour un maximum d’un demi-heure et dans cet espace de temps, un procureur de la République pourra émettre une commission rogatoire qui ordonne la fouille.
À noter en passant, qu’un fonctionnaire de police doit porter de manière visible un numéro d’identification (RIO) et qu’à défaut vous pouvez exiger qu’il vous présente sa carte d’identité professionnelle (carte de police), d’autant plus après l’annonce rapporté dans cet article émanant du Ministère de l’Intérieur dénonçant des usurpations de fonctions et invitant les Citoyens à se méfier.

Enfin, sur la question des violences policières, il faut rappeler que le PR a tenu les propos suivants : « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. »
Rassurez-vous, en est d’accord que ça ne veut absolument rien dire, car non seulement nous avons un droit fondamental à la liberté d’expression, que ce droit est conditionné « aux limites permises par la loi » et que la loi ne dispose PAS d’une interdiction d’avoir une opinion sur la façon dont les autorités font leur travail ; mais au contraire, il est révélateur des tentatives du pouvoir en place de nous noyer de poudre de perlimpinpin. C’est une négation totale de la réalité.

Contre ça, il n’y a malheureusement pas 36 solutions — si on écarte la guerre civile/révolution : continuez à documenter ces violences, filmez, enregistrez, photographiez, de préférence de loin voir depuis votre fenêtre afin que les policiers ne cherchent pas à illégalement détruire vos images.
Ne prenez pas de risque, vous n’êtes pas journaliste : même si vous avez toute légitimité à photographier des fonctionnaires de police, sur la voie publique et dans l’exercice de leur fonction — tant qu’ils n’appartiennent pas aux quelques corps — même dans le cas d’un contrôle fait sur vous, le droit fondamental à informer et être informé s’effiloche de jour en jour, ce que plusieurs mois de mouvement sociaux où des JRI ont sciemment été pris pour cible par les force de l' »Ordre », nous a clairement fait comprendre.

Et pour conclure sur deux conseils techniques : 
– évitez les « Live ». Le logiciel adapte la qualité d’image à la volée pour coller à la bande passante, ce qui résulte inévitablement de matériaux qui sont difficilement exploitables. Préférez enregistrer normalement vos vidéos, pour qu’elles soient « propre » et plus facilement recevable par un tribunal, avant de les mettre en ligne ;
– utilisez l’application CameraV par The Guardian Project, qui collecte des informations sur l’environnement au moment de la prise de vue, afin de transformer une simple vidéo en élément de preuve recevable.

[ADDENDUM]

§9 « L’annexe en question dresse la liste suivante : » corrigé en « L'Article 8 renvoi à une annexe qui dresse la liste suivante : »

§15 « tant qu’ils n’appartiennent pas aux quelques corps » corrigé en « tant qu’ils n’appartiennent pas aux quelques corps spécifiques qui ont des missions sensibles (contre-terrorisme, etc…) désignés par arrêté ministériel »

Un douanier n’a absolument pas besoin de commission rogatoire, (art60 du code des douanes) et en ce moment ils sont bien occupés, plus que de fouiller les sacs de course….

Bonjour Eric

Rendez-vous compte que l’histoire des gâteaux est racontée différemment entre le tweet et le récit envoyé à dufresnes ?

Il y a beaucoup d’éléments troublants, l’amende majorée, le sac fouillé qui devient un chariot plein de nourriture où les gendarmes (ou policiers) ne verraient que les gâteaux au dessus

Trop peu crédible à mon sens.
Faites du ménage.

Je vous laisse juge, je doute qu’on invente un truc pareil alors que c’était un des premiers témoignages publics. Qu’un événement ressenti comme une injustice voire une violence soit raconté à chaud puis à froid plusieurs jours ensuite, ça ne devrait troubler personne.

Depuis plusieurs jours je cherche quelle est la distance que l’on est autorisé ou non à faire pour ses courses. Je n’ai pas envie de téléphoner au FDO pour savoir car j’ai peur justement des interprétations de chacun.

Il n’y a pas de distance règlementée. Si tu fais Paris Marseille, ça sera jugé hors cadre. Sinon ça sera à l’appréciation arbitraire du policier.

Ce soir, ajouté :

– Encore un cas de parent célibataire qu’on embête pour ne pas avoir laissé son jeune enfant (4 ans) seul à la maison. « Puisqu’on vous dit de lais­ser les enfants seuls ! »
– Un ancien conseiller de gouvernement, verbalisé pour n’avoir recopié que le motif de son déplacement sur papier libre et pas tous les autres qui ne s’appliquaient pas. « Reco­piez tout on vous dit ! »
– Une arrestation vraisemblablement raciste, avec abus de retrait de points sur permis, et amende faute d’avoir la date de naissance sur le papier. « Pas même la date de nais­sance »
– Un malade qui se rendait chez son psychiatre (oui, pour certains c’est essentiel) et qui a une amende parce qu’il a coché à la fois la raison de santé et l’exercice physique. « Et ne grou­pez pas les motifs »

L’histoire du corbillard ajoutée ce soir a été retirée dans la foulée suite au démenti de https://www.lavoixdunord.fr/733317/article/2020-03-30/coronavirus-un-agent-funeraire-oublie-son-attestation-pendant-un-convoi-il-est

J’initie aussi une section « Hors périmètre mais qui mérite d’être mentionné quand même »
– Des cas similaires au Royaume Uni rapportés par The Telegraph,
– Le délire sécuritaire de Nantes qui fait venir un hélicoptère de Rennes pour trouver des contrevenants sans attestation de sortie
– L’alerte de Jacques Toubon, défenseur des droits, sur la surveillance numérique
– Et la Hongrie qui vient de quitter la démocratie, on espère juste temporairement. Plus d’élections, plus de parlement, pleins pouvoirs à l’éxécutif, peines disproportionnées (8 ans de prison la sortie interdite), et ce sans limite de durée
– L’appel à dons de Gérald Darmanin

Je me fais interpeler sur la véracité des histoires (et c’est une bonne chose tant que c’est fait avec respect et bienveillance, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas).

Vérifier des faits c’est un métier. Je n’en ai ni le temps ni l’expérience. C’est annoncé très explicitement en préambule. Je me contente de la vraisemblance du témoignage via quelques règles simples et je laisse les journalistes faire leur travail. Si d’aventure un témoignage est explicitement infirmé par un journaliste, alors je le retire.

Pour autant je vois certains chasser les incohérences des témoignages et ça me parait bien plus complexe que ça.

Voir https://n.survol.fr/n/la-veracite-du-recit

Personne n’est une machine et il y a des pertes et transformations à chaque étape, en plus d’angles de vue différents. C’est normal, surtout pour quelque chose qui a été vécu comme fort émotionnellement (comme une agression, une injustice, un abus, etc.).

Pour reprendre deux exemples :

1/ Un témoignage parle d’amende à 360 €. Ce montant n’existe pas. Visiblement certains rejettent le témoignage et le considèrent par principe comme faux. Ca me parait plus complexe.

Peut-être est-ce aussi un faux de bout en bout, mais pas forcément. Peut-être qu’on lui a effectivement parlé de 360 € pour lui faire peur. Peut-être qu’on lui a donné ce chiffre comme le montant en cas de récidive et que l’erreur vient du policier. Peut-être que ce n’est pas ce que le policier a dit mais ce qu’elle a entendu dans le brouillard de l’indignation. Peut-être que le chiffre n’a même pas été évoqué mais qu’on lui a parlé d’amende et que dans sa tête c’était 360 € et elle a retranscrit ça ainsi. Peut-être a-t-elle voulu en rajouter tellement elle était indignée.

Bref, le chiffre est faux mais ça me semble une erreur d’en tirer de trop grandes conclusions. Le métier de journaliste est plus complexe que de dire « ahah le montant est faux, c’est encore un fake fait pour décrédibiliser les forces de l’ordre ». Je vais les laisser le faire.

Pour l’instant j’ai choisi de laisser le témoignage. Pourquoi ? Parce qu’il est crédible, repris par des journalistes de métier, et qu’on a vu *par la suite* un enregistrement vidéo des propos similaires (avec des bouteilles de coca plutôt que des paquets de gâteaux). Bref, ça vient renforcer la crédibilité du « il s’est passé quelque chose », sans dire pour autant que chaque mot est « la vérité qui ne peut pas avoir d’autres angle de vue ».

Que la concernée, dont ce n’est pas le métier, ait retenu 360 € là où la majoration fait 375 € (prononcez les deux nombres, vous comprendrez), ça m’indiffère totalement dans l’histoire.

2/ À l’inverse vous ne trouverez pas ici l’histoire du corbillard. Un journaliste a fait des vérifications. J’aime bien cet exemple parce que ça montre de nouveau les deux points de vue.

Dans le témoignage on parle d’un conducteur de corbillard. Il n’avait pas son attestation mais baladait endimanché un macchabée dans le coffre en direction du lien de crémation. La famille du défunt suivait.
On peut imaginer qu’il prenne très mal d’être arrêté et qu’on lui fasse la leçon.

Le journaliste rapporte aussi la version de la police : Un fourgon sans signe distinctif, et une conversation qui s’envenime, probablement suite à non seulement l’absence d’attestation mais aussi l’oubli du permis de conduire. La version du policier est qu’il n’a pas été verbalisé.

Si on oublie la question de savoir s’il y a bien eu verbalisation, les deux histoires sont totalement opposées mais peuvent bien être vraies toutes les deux. On a juste deux points de vue d’un même événement, vécu différemment par chacun.

Considérant que c’est probablement plus un différent et une incompréhension standard qu’un abus de contravention, vous ne trouverez pas ce témoignage ici. Il est pourtant vrai, alors que le précédent avait une erreur grossière et j’avais choisi de le garder. Je vous avais dit que c’était complexe.

Et est-ce qu’il y a eu verbalisation ici ? Je n’en sais rien. Le chauffeur a dit que oui. La hiérarchie policière dit que non. Il est tout à fait possible que le chauffeur ait compris qu’il recevrait une amende alors que le policier lui ait juste dit que c’est ce qu’il devrait faire (mais sans le faire). Intuitivement c’est ce qui me parait le plus probable.

Il n’est bien entendu pas totalement impossible que l’un des deux soit de mauvaise foi (le chauffeur qui savait qu’il ne serait pas verbalisé mais qui en a ajouté en pensant que ça aurait pu arriver, ou le policier qui a mis une amende qui a été bloquée plus en aval suite à l’intervention de la presse, ou même qu’il y aura vraiment verbalisation et on ne le saura qu’à réception du courrier) mais il n’y a pas besoin de l’imaginer pour expliquer la différence entre les versions.

Vous voulez plus que ce que je ne fais ? Moi aussi. J’espère qu’un journaliste sera intéressé pour vérifier les témoignages un à un. En attendant j’applique quelques règles strictes, et beaucoup de jugement personnel. Oui c’est subjectif et vous n’aurez pas forcément le même jugement que moi sur tout. Entre temps le préambule explique ce que je fais, comment, et vous incite à votre démarche critique personnelle.

je trouve ce regroupement très interessant, car il serait intéressant de savoir si la masse des pv est une conséquence de non respect du confinement à savoir un problème de fond (et en ce cas, quel est vraiment le motif car tout est interprétable, vélo pour les achats une fois c oui, l’autre fois c non…autorisation d’apporter de l’eau à son cheval à plus d’1 km du domicile…une fois c oui une fois c non) ..ou une conséquence d’un problème de forme (pas le bon papier, pas la bonne case, pas la bonne date…écrit à la main, tous les paragraphes ou pas…)

Ajouté ce matin :
– Un journaliste qui écrivait en crayon à papier sur l’attestation (pourtant optionnelle dans son cas)
– Une verbalisation parce que deux dans la même voiture (pourtant explicitement autorisé)
– Un récit en image pour le cas de Sofiane, déjà répertorié

J’ai aussi un billet sur la suite que peut prendre cet inventaire. Je commence à en toucher les limites personnelles : https://n.survol.fr/n/et-la-suite
Vos retours y sont les bienvenus

est ce que sur le procès verbal il y a le motif de l’amende ? pour le moment, je n’en ai pas eu…je respecte les autorisations, mais comme il y a tellement de vérités et de contre vérité de la part même du gouvernement, et d’interprétations possibles comme c’est du cafouillage…pour ne pas mettre en doute les témoignages…et que ce site soit vraiment fiable, et non contestable, ça serait bien que les personnes joignent copie du pv (en floutant l’identité au besoin)

L’insistance d’un membre des forces de l’ordre sur Twitter à crier au fake en prenant exemple de la verbalisation des SDF (qui n’était pas dans ma liste car l’argumentation est un peu plus complexe) et l’histoire du corbillard (qui est restée sur cette page moins d’une heure) m’a plutôt incité à me repencher sur mon jugement.

Il y a eu d’abord un temoignage de SDF verbalisé à Lyon, démenti par la préfecture, puis dans d’autres villes. Checknews a enquêté https://www.liberation.fr/checknews/2020/03/24/est-ce-que-des-sdf-ont-ete-verbalises-en-france-pour-non-respect-du-confinement_1782742

Certains (dont le membre dont je parle) semblent y lire une confirmation d’intox. Je ne suis pas d’accord.

Trois choses intéressantes dans l’article :

1/ Des familles trimbalées d’hôtels sociaux en hôtels sociaux toutes les 3 ou 4 nuits ont effectivement des problèmes. Je ne sais pas vous, mais des familles qui changent d’hébergement de secours plusieurs fois par semaine, j’appelle bien ça des sans domiciles fixe. Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire, c’est du jugement du policier qui verbalise dont on parle. Que la personne soit techniquement à la rue ou en train de quitter son foyer du matin pour rejoindre son foyer du soir, ça ne change pas grand chose.

2/ Des gens déclarés comme SDF mais que la police ne considère pas comme tels. À défaut d’en savoir plus, croyons-les. Ils disent connaître leurs SDF.

Notez le bien puisqu’ensuite on dit qu’il y a des vrais SDF reconnus comme tels qui ont bien été verbalisés, mais parce qu’ils étaient agressifs lors du contrôle d’attestation.

Mais alors… ils connaissent les SDF et en contrôlent les attestations quand même ? Le serpent se mord la queue.

3/ On est justement en plein dans l’abus et l’arbitraire. On est en train de parler de détourner une amende pour défaut d’attestation afin de sanctionner une attitude virulente. C’est plus que problématique.

Bonjour,
Je n’ai pas encore été verbalisé, mais je suis limite. Nous habitons en Lot et Garonne à 150 kms de Toulouse. Mon épouse, invalide, doit se rendre régulièrement au CHU de Toulouse pour des séances de chimiothérapie et un suivi de traitement. Séances programmées de longues dates avant en hospitalisation de jour.
C’est moi qui la conduit en véhicule. J’ai donc demandé à la brigade de gendarmerie autoroutière si nous pouvions faire une demande de déplacement dérogatoire. La réponse a été vite faite. Non ! la distance n’est pas raisonnable, trouvez un médecin plus proche. Si c’est si urgent que ça, il existe des ambulances !! oui, à 600 euros la journée, non remboursées. Si nous vous trouvons sur l’autoroute c’est 2 fois 135 euros de P.V.
Je crois que je vais tenter le diable.
Cordialement.

Bonjour,
Si votre femme a un protocole de soins établi avec le CHU de Toulouse, les hommes en képis n’ont pas à juger de l’opportunité de véhiculer votre femme du 47 au 31.
Prenez la précaution de prendre avec vous le volet papier de ce protocole et tout justificatif qu’elle est soignée à Purpan (cf courrier de l’établissement confirmant son entrée en hôpital de jour) lors de vos trajets, et en cas d’amende contestez-la devant la juridiction compétente.
Cordialement,

J’ai une amie qui va à Lyon en taxi pour chimio également, à 150km de son domicile, et qui est prise en charge intégralement…Pourquoi pas de prise en charge dans votre cas?

Ajouté une histoire de violence incluant un taser : « Toujours les mêmes ciblés »

Ca se calme, je reçois moins de témoignages, et j’en suis heureux (en présupposant que ça veut dire moins de dérapages)

[…] La lutte contre le Covid-19 nourrit ces penchants. En quelques semaines, le format de l’attestation dérogatoire a été modifié à plusieurs reprises, il s’est complexifié en obligeant les citoyens à inscrire leur date et lieu de naissance. De nombreuses personnes ont été verbalisées pour avoir « mal rempli » leur attestation, avoir omis des informations ou l’avoir écrite simplement au crayon de papier. À Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dans une vidéo, un informaticien de Santé publique France témoigne d’un contrôle policier accompagné d’insultes racistes. Il a dû payer 135 euros d’amende pour avoir oublié d’inscrire son année de naissance. Sur les réseaux, les exemples sont légion. Un site les recense. […]

Trouvé sur facebook : Manuel Boghossian
10 avril, 16:14 ·

Hier ma mère (79 ans) a été verbalisée (135 euros) en la bonne ville de Graulhet (Tarn) pour s’être arrêtée à la fenêtre de mon père (93 ans) en maison de retraite, cela à 500 mètres de chez elle et alors qu’elle était munie de son attestation
. La raison invoquée : interdiction de s’arrêter dans sa promenade quotidienne. Résultat des courses : mon père, désormais, n’aura plus aucun contact avec l’extérieur même à travers une vitre.
https://www.facebook.com/manuel.boghossian.73?__tn__=%2CdCH-R-R&eid=ARBBddrRGOMyG2d1XWT5FdrBs1Shtqr2ORuulgFtEfly2Xg2OjcbelwCLpaW1nIuh6GKin3Y0-DYR8Tx&hc_ref=ARSsISXwMOSRMtQiIsCLH-bZ2dCAPPKzpoODnPG4JjqObUa65TaO-52q4Ev-1tyu2UU&fref=nf

Bonjour, pour ma part pas de violence subie heureusement, mais tout de même verbalisée de 135€ à Paris, Montmartre, car le policier qui m’a contrôlée a estimé qu’être assise n’était « pas être confiné pour lui ». Avec des réflexions montrant bien que la loi de lui convenait pas du type « il n’est pas normal que vous ayez le droit de faire ça » et « de toute façon il n’y a qu’en France que c’est comme ça ». Il m’a aussi intelligemment été précisé que mon comportement tuait des gens.
Je précise que je sortais après 19h pour une promenade sportive, que je m’asseyais une minute avant de reprendre ma route, loin de toute personne, que je ne m’accorde une sortie que tous les trois jours, avec bien sûr tous les papiers et dans le strict respect des règles de distanciation. Je prends la situation très au sérieux et respecte le travail de tous. Ma sortie etait légale mais la loi ne semblait pas convenir à l’équipe qui effectuait ce jour là sa tournée à Montmartre (mon périmètre, je précise encore). AH et je n’ai reçu aucun récépissé et j’ai reçu moi aussi, parce que je disais mon désaccord, des menaces d’aggravation de mon amende « pour récidive ».
Les 135€ qui m’ont été pris correspondaient exactement à la somme que j’avais reçu du fonds de solidarité pour les entrepreneurs. Quand la main gauche mord la main droite….
Lien vers mon tweet : https://twitter.com/Leonore_Twitt/status/1249053921106001920?s=19

Bonjour Léonore C.
A vous lire, on peut comprendre que « l’agent » vous a fait payer les 135€ sur place ? Or, les fdo ne font jamais payer l’amende, ils enregistrent le PV et vous recevez l’avis de contravention chez vous. Donc grande probabilité d’une arnaque (faux agent) !

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