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Verba­lisé (parce que)

Préam­bule : J’in­clus dans cet inven­taire des PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment. Au delà de la subjec­ti­vité dans l’ap­pré­cia­tion, ce n’est qu’une collec­tion de liens publics, qui ne se veut même pas exhaus­tive. Je me contente d’évi­ter ce qui me parait contes­table ou liti­gieux. Mes critères de base sont soit une cita­tion dans la presse de métier, soit un message en ligne public par un témoin direct en son nom propre et via une iden­tité établie (donc pas de propos rappor­tés, pas de comptes de réseaux sociaux créés il y a deux semaines ou sans inter­ac­tions person­nelles solides).

Pour autant, cela ne consti­tue pas un travail de jour­na­liste et ne doit pas être consi­déré comme tel. Entre autres, je ne contacte pas les personnes concer­nées ou les auto­ri­tés, et ne recherche pas d’éven­tuels témoins. Vous êtes donc invi­tés à garder votre esprit critique et faire vous-même les véri­fi­ca­tions si vous les jugez impor­tantes.

Vous êtes plus que les bien­ve­nus à m’ai­der en me propo­sant d’autres liens à inclure (nouveaux témoi­gnages publics, confir­ma­tions ou correc­tifs par des jour­na­listes, etc.).

Comme je vois des gens qui me citent avec un message poli­tique que je ne soutiens pas forcé­ment : J’ai forcé­ment des opinions sur tout ça, je m’au­to­rise des commen­taires d’hu­meur, mais ne me prêtez aucune inten­tion ni aucun message poli­tique que je n’au­rais moi-même expli­ci­te­ment exprimé. En parti­cu­lier, cet inven­taire n’est *pas* un appel à mettre fin au confi­ne­ment, à lutter contre la police, à braver les règles, ou à quoi que ce soit d’autre (ni tout ça ni l’op­posé de tout ça).


Le droit de faire les courses, mais pas d’y inclure des paquets de gâteaux

Même si votre dépla­ce­ment est motivé, on risque de fouiller vos courses pour déter­mi­ner ce qui semble perti­nent ou pas comme achat de nour­ri­tu­re…

Préci­sions :

Le coca-cola non plus

Non, le chariot ne contient pas que du coca-cola.

Les serviettes hygié­niques non plus

Je n’ai pas l’in­for­ma­tion, mais on parie combien que le poli­cier était un homme qui aurait consi­déré le savon ou le gel hydro­al­coo­lique comme de néces­sité ?

La baguette ok, mais unique­ment par deux

A Sanary-sur-Mer, comme le racon­tait notre corres­pon­dante dans le Var, c’est deux baguettes sinon… un PV. Le maire a en effet pris un arrêté obli­geant ses conci­toyens à restreindre leurs dépla­ce­ments chez le boulan­ger. «  Toute personne sortant d’une boulan­ge­rie avec une seule baguette sera verba­li­sée », préve­nait [le maire] Ferdi­nand Bern­hard.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Bon, en fait non, pas la boulan­ge­rie

Elle est ouverte, mais il ne faut pas y aller

A Parmain (Val-d’Oise), un habi­tant pour­tant muni de son attes­ta­tion a juste­ment pris une amende alors qu’il se rendait à la boulan­ge­rie, comme il le rappor­tait au Pari­sien. « J’avais coché la deuxième case du formu­laire : dépla­ce­ment pour effec­tuer des achats », préci­sait Jean-François, auquel un gendarme aurait rétorqué qu’il ne s’agis­sait pas d’un motif d’ur­gence, dres­sant un PV que Jean-François entend bien contes­ter.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020 ; aussi raconté le 22 mars dans « Confi­ne­ment : un habi­tant du Val-d’Oise verba­lisé après être allé ache­ter une baguette de pain »

Et gardez bien le ticket de caisse

Parce qu’é­vi­dem­ment si on revient sur le trajet du super­mar­ché le coffre plein de courses et une auto-attes­ta­tion qui dit « je suis parti faire les courses », ça ne prouve rien.

A Fresnes-sur-Marne (Seine-et-Marne), Pierre a été verba­lisé vendredi en rentrant de Lidl, où il venait de faire ses courses. C’est sa mère qui raconte pour lui. Pierre est handi­capé mental. « Asper­ger, précise Michelle, sa maman. Il a des capa­ci­tés pour certaines choses, pas pour d’autres. Excu­sez-moi de le dire, mais ça se voit… » Les gendarmes de la brigade locale ne l’au­raient pas vu. « En poste sur un rond-point, ils lui ont demandé son motif de dépla­ce­ment. Cons­ta­tant les provi­sions dans le coffre, ils ont alors exigé le ticket de caisse, que dans l’af­fo­le­ment mon fils n’a pas été capable de produi­re… » Là encore : 135 € pour Pierre ainsi que pour son amie.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Et pas dans la ville à côté

Le drive, c’est trois jours d’at­tente pour la commande et il y a beau­coup de produits manquants. Et je ne voulais pas non plus m’en­gouf­frer au Leclerc, que je savais encore bondé. J’ai donc estimé plus prudent de me rendre à l’In­ter­mar­ché de Kerfi­chant, à Lorient, que je sais plus calme et où j’ai égale­ment mes habi­tudes […]

Ses courses termi­nées, Cyrille Le Meur a repris la voiture en direc­tion de son domi­cile. Au niveau de la gare, il tombe sur un contrôle de police. « À la vue de ma domi­ci­lia­tion, les poli­ciers lorien­tais m’ont dressé une contra­ven­tion de 135 €

Le télé­gramme, « Une amende de 135 € pour avoir fait ses courses à Lorient plutôt qu’à Lanes­ter », 26 mars 2020

À ceux qui se demandent, la distance entre les deux super­mar­chés est de moins de 5 km d’après Google Maps ; la gare est à la moitié du chemin, donc 2,5 km. C’est litté­ra­le­ment « de l’autre côté du pont ». Visi­ble­ment à Lorient c’est « pas d’étran­gers chez nous ».

Pas plus d’un kilo­mètre en fait

J’ha­bite à Plou­gas­tel Daou­las, je mets exac­te­ment 4 min en voiture pour aller à Picard de chez moi (4km). Je ne croise personne. Je tombe sur un contrôle de police à la sortie du pont de Plou­gas­tel. Je ne m’inquiète pas. Je suis en règle.

Et là … je prends une contra­ven­tion ! Mais pourquoi ?

Le poli­cier me dit que je ne suis pas à 1 km de chez moi. Mais j’avais lu que cela concer­nait que les prome­neurs de chien et les joggeurs ! Pas les courses. Je n’ai rien à 1km de chez moi à part la boulan­ge­rie et le tabac et j’ima­gine que nous sommes beau­coup dans cette situa­tion d’ailleurs.
Et j’ai véri­fié partout sur le net et je n’ai vu nulle part que cette nouvelle règle concer­nait les courses. Puis bon je n’ai pas fait 20 bornes non plus quoi.

« Attes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire et abus de pouvoir….l’in­hu­ma­nité pointe son nez », 25 mars 2020

J’ai véri­fié. Le premier commerce alimen­taire de proxi­mité est à pile 950 mètres de chez moi. Je l’ai échappé belle… (et non, les décrets ne précisent de distance que pour l’exer­cice physique).

Et pas à vélo s’il vous plait

C’est vrai quoi, on ne va pas lais­ser ces trucs d’écolo-gauchistes s’ins­tal­ler.

Défi­ni­ti­ve­ment, pas de vélo, même utili­taire

Le vélo c’est mal, la voiture c’est telle­ment moins risqué… ou pas. On a une logique pro-voiture dans notre société que j’ai toujours du mal à comprendre. Ce n’est perti­nent ni écolo­gique­ment, ni écono­mique­ment, ni même d’un point de vue sani­tai­re…

Et atten­tion à l’heure

Il y a d’ailleurs un vrai sujet entre les injonc­tions données dans les discours, celles écrites sur le site du minis­tère de l’in­té­rieur, et ce qu’il y a dans les décrets. Problème : Les poli­ciers vont se baser sur ce qu’ils entendent et inter­prètent, pas sur les décrets.

Et lais­sez les bébés dans la voiture

Je reste sans voix…


On a dit pas d’hy­giène

C’est telle­ment surfait quand on parle de lutter contre la mala­die. Le fait que la lave­rie soit un des cas expli­ci­te­ment auto­ri­sés par le site du minis­tère de l’in­té­rieur n’y change rien.

Un tren­te­naire de Pontivy (Morbi­han) s’est fait verba­li­ser devant une lave­rie, malgré son attes­ta­tion de dépla­ce­ment. Il n’a pas de lave-linge chez lui et laver ses vête­ments est une néces­sité profes­sion­nelle : il est agent d’en­tre­tien. Il a inter­pellé la préfec­ture du Morbi­han et le gouver­ne­ment.

[…] J’avais une attes­ta­tion de sortie sur moi. Je l’ai montrée aux gendarmes, je leur ai expliqué ma situa­tion : je n’ai pas de machine à laver chez moi, je vis dans un petit loge­ment de 20 m2. Comment font les gens qui ont ni les moyens d’avoir un lave-linge ni la place chez eux pour en avoir un ?

[…] Je travaille dans le nettoyage, je dois donc laver mes vête­ments très régu­liè­re­ment. Mon métier exige une bonne hygiène person­nelle, encore plus avec le coro­na­vi­rus : je nettoie des bureaux occu­pés par des personnes qui évidem­ment ne souhaitent pas être en contact avec le virus inuti­le­ment. Vu le contexte actuel, la bonne hygiène semble vrai­ment essen­tielle. Je ne comprends pas que l’on puisse me donner une contra­ven­tion…

« Sans machine à laver chez lui, il est verba­lisé en allant à la lave­rie à Pontivy », 25 mars 2020

Le test de gros­sesse ce n’est pas essen­tiel

À ranger dans la même case « moi je n’en ai pas besoin donc ça doit être inutile »…

Les cour­riers admi­nis­tra­tifs urgents peuvent attendre

Même si on fait pour­tant venir les postiers pour ça

Le coup de colère du jour nous vient des bords du lac d’An­necy, d’un habi­tant de Veyrier-du-Lac verba­lisé par la gendar­me­rie, samedi 21 mars au matin, sur le retour du bureau de poste où il était allé dépo­ser des cour­riers urgents, attes­ta­tion en poche.

[…] « J’ai été contrôlé devant la mairie par un jeune gendarme qui ne connais­sait pas Veyrier, j’ai présenté mon attes­ta­tion et je lui ai dit que j’ha­bi­tais à 700 mètres mais il n’a pas voulu me croire […] Il m’a dit que j’étais à plus de 500 mètres

« Je vais produire les copies des cour­riers que j’ai envoyés pour le compte de deux familles, adres­sées à la Caisse d’al­lo­ca­tions fami­liales (CAF), des lettres urgentes décou­lant d’une erreur commise par l’or­ga­nisme. Je n’ai pas grand espoir mais je veux prou­ver ma bonne foi et qui sait… »

Le Dauphiné, « Haute-Savoie : verba­lisé à 700 mètres de chez lui après avoir posté des cour­riers urgents », le 24 mars 2020

Le droit à l’exer­cice physique mais unique­ment si on court

Parce que ça change tout (ou pas) à la conta­gion, au fait de se dégour­dir les jambes quand on habite dans un petit studio. Les mauvaises langues diront que la même chose dans les beaux quar­tiers plutôt qu’à Ménil­mon­tant aurait proba­ble­ment mené à une autre issue.

Et on ne court pas en jean !

Repris par David Dufresne dans son signa­le­ment 904.

Et pas de pause hein…

Parce que même à 78 ans, l’exer­cice, pour­tant indis­pen­sable, doit se faire d’une traite. On ne sait jamais.

Aller, sur demande des pompiers, récu­pé­rer quelqu’un ayant eu un acci­dent n’est pas un motif valable

Qu’elle rentre à pied après son acci­dent ! (et en courant, parce que sinon ils alignent aussi, mais moins de 1 km parce que sinon…)

Ce jeudi encore, il était aux alen­tours de 14 heures lorsque, circu­lant sur l’au­to­route A86 à hauteur d’Al­fort­ville (Val-de-Marne), Lena, 19 ans, percute un autre véhi­cule. Le sien est réduit à l’état d’épave. Elle n’est que légè­re­ment bles­sée. « Les pompiers m’ont dit d’ap­pe­ler un proche pour qu’il vienne me cher­cher, raconte la jeune femme. J’ai télé­phoné à mon copain, qui est venu avec son frère. »
Les deux jeunes prennent soin de se munir au préa­lable de leur attes­ta­tion. Pas suffi­sant aux yeux des poli­ciers, qui sont arri­vés entre-temps sur le lieu de l’ac­ci­dent. « Les CRS leur ont demandé ce qu’ils faisaient là. Leurs expli­ca­tions n’ont pas suffi. Ils ont écopé chacun de 135 € », soupire Lena, dépi­tée. Elle-même rentrait de son travail. Léna est hôtesse de caisse dans un super­mar­ché Leclerc.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Gérer les animaux, mais pas donner à boire aux chevaux

Au Pouli­guen (Côtes-d’Ar­mor), une adoles­cente de 16 ans a été verba­li­sée jeudi alors qu’elle trans­por­tait, selon sa mère, plusieurs bidons d’eau pour abreu­ver ses chevaux, situés à 500 m de chez elle. « Les fonc­tion­naires, dans une voiture bleue, lui ont expliqué que ce n’était pas vital », a dénoncé la maman dans Ouest-France, avant que les poli­ciers de La Baule démentent ce mardi soir toute verba­li­sa­tion. « Qui, alors, l’a verba­lisé ? » inter­ro­geait en retour le quoti­dien.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Au pire on vous donnera un motif d’al­ler à l’hô­pi­tal

il est dans les envi­rons de 16 h lorsqu’elle sort faire des courses près de son domi­cile à Auber­vil­liers (Seine-Saint-Denis). […] Sur le chemin du retour, alors qu’elle ne se trouve plus qu’à quelques mètres de chez elle, une patrouille de police décide de contrô­ler son attes­ta­tion de déro­ga­tion de sortie, dans le cadre du confi­ne­ment lié à la propa­ga­tion du coro­na­vi­rus Covid-19.

A la suite de ce contrôle musclé, la jeune femme se voit pres­crire cinq jours d’in­ca­pa­cité tempo­raire totale (ITT).

« Coro­na­vi­rus en Seine-Saint-Denis. Elle est tasée et frap­pée pour ne pas avoir montré son attes­ta­tion », 24 mars 2020

Reve­nir avec les courses c’est sortir pour un bon motif. Tout ce qu’on peut repro­cher c’est un défaut de papier. Même s’il y avait alter­ca­tion, cinq jours d’ITT est-ce bien raison­nable comme propor­tion pour une sortie moti­vée mais poten­tiel­le­ment un défaut admi­nis­tra­tif ?

Oh, c’est la Seine Saint Denis, elle est noire et voilée. Oui je le précise parce que c’est loin d’être neutre dans les expli­ca­tions possibles.

Non, on ne rigole pas

Même durée mais il ne s’agit pas du même cas qu’au-dessus. Je n’ai mis que ces deux là car les autres vidéos soit ne sont pas datables faci­le­ment soit on ne sait pas si ça parle d’at­tes­ta­tion de sortie, mais il y a d’autres cas qui tournent

Vrai­ment… c’est dange­reux

Ne cour­rez pas (enfin si, mais pas ici)

Besoin d’en parler : je viens d’être témoin de ma première violence poli­cière (gendar­mière en fait) et ça fait vrai­ment bizar­re… 🥺

Un groupe de gendarmes contrô­laient les gens qui marchaient dans ma rue sous mon balcon, tout se passait « norma­le­ment ».

Plus grand monde dans la rue, ils repartent dans le four­gon, font 50 m et sortent le méga­phone pour crier à un type qui marchait dans l’autre sens sur le trot­toir opposé : « gendar­me­rie natio­nale, arré­tez-vous, présen­tez votre attes­ta­tion ».

Le gars hésite un instant, hausse les épaules et se mets à marcher plus vite. 5 gendarmes sortent du four­gon en courant, il se mets alors à courir, mais pas très vite.

L’un deux arrive vite à son niveau et le projette très violem­ment contre la vitre d’un restau­rant, à tel point que la vitre se casse. Le gars est par terre, ne bouge pas, ne se débat pas, ils se jettent sur lui à 4 avec une grande violence pour le mettre face contre terre. (Objec­ti­ve­ment, je crois que c’est cette partie qui m’a le plus choqué car certains gestes me parais­saient vrai­ment gratuits, pire qu’au cinéma et le gars avait vrai­ment l’air « normal » et ne protes­tait pas, ne se débat­tait pas.)

Il ne bouge plus, il est blessé, il leur dit dit qu’il n’avait juste pas d’at­tes­ta­tion et pas envie de payer 135€. Ils s’éloignent de lui, appelent le samu qui après l’avoir examiné sors le bran­card, lui mets une minerve, lui déchire le jean pour lui mettre bandages et immo­bi­li­sa­tion aux jambes.

Et en route pour l’hô­pi­tal sur un bran­card. Voilà.

Au-delà de la dispro­por­tion de la violence de l’ar­res­ta­tion qui m’a enfin fait voir ce qu’on a entendu dans les mani­fes­ta­tions de ces deux dernières années, je suis choqué de voir qu’une ambu­lance et des services hospi­ta­liers soient mobi­li­sés pour ça en ce moment…
Et la vitre du restau­rant va coûter plus que 135€.

Cyril R., message Face­book du 22 mars 2020

L’im­por­tant c’est le papier

Parce qu’on n’est pas la France pour rien. Que le motif soit bon, s’il n’y a qu’un seul papier le prou­vant sans ambi­guité et pas en plus une auto-attes­ta­tion, mieux vaut mettre 2x 135€. D’au­tant plus aux soignants qui se déplacent vu les condi­tions d’exer­cice en ce moment…

En colère, Chris­tophe Blon­del, secré­taire du syndi­cat CGT au sein du centre hospi­ta­lier Béthune-Beuvry : «  Deux collègues ont été verba­li­sés ce matin. Une patrouille de police les a contrô­lés. Ils avaient leur justi­fi­ca­tif de dépla­ce­ment profes­sion­nel, mais avaient oublié de remplir l’at­tes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire ! C’est ridi­cule ! Ils avaient leur justi­fi­ca­tif d’em­ployeur pour la santé ! » L’in­fir­mière et le person­nel soignant ont donc reçu une amende de 135 euros.

L’ave­nir de l’Ar­tois, « Béthune : deux person­nels soignants verba­li­sés pour leur attes­ta­tion de dépla­ce­ment », 19 mars 2020

Et ce n’est pas une excep­tion, il y a d’autres témoi­gnages simi­laires.

Et imprimé s’il vous plaît

Et l’at­tes­ta­tion pour aller au taxi­phone alors ? On ne me reti­rera pas faci­le­ment de l’es­prit que cette situa­tion n’au­rait jamais eu lieu dans un beau quar­tier (d’au­tant que les taxi­phones n’y sont pas légion).

Faut dire qu’à la main il ne faut rien oublier

Ce qui est non seule­ment idiot, inutile, mais aussi contraire aux instruc­tions offi­cielles qui disent qu’on peut se conten­ter de la ligne utile.


Bon, ça dépend évidem­ment de qui vous êtes

On le voyait déjà venir les premiers jours. Quand les mêmes jour­naux montraient des quais de Seine intra-muros en prome­nade tranquille mais annonçaient en même temps fière­ment que 10% des amendes venaient de Seine Saint Denis, on voyait bien que la réac­tion des forces de l’ordre n’était pas la même partout.

Plus il y a d’ar­bi­traire, plus les biais habi­tuels tendent à ressor­tir.


Des faux ? Pas impos­sible, mais n’en faisons pas un présup­posé

Il n’est pas impos­sible qu’une partie des témoi­gnages soient montés de toute pièce. J’écarte toute­fois déjà les on-dit et les comptes qui semblent trop frais ou trop anonymes, et pour certain on a même des vidéos.

Il n’est pas non plus impos­sible qu’une partie de ces gens aient été de vraies victimes d’ar­naques par de faux poli­ciers ou faux gendarmes. Pour certains on voit toute­fois des uniformes ou des voitures de fonc­tion dans la vidéo, pour d’autres ça trans­pa­raît dans le témoi­gnage. Atten­tion donc à ne pas y voir une expli­ca­tion trop facile.

Dans tous les cas, ne payez rien sur place et atten­dez l’amende offi­cielle par cour­rier, à payer par des biais offi­ciels (ou à contes­ter le cas échéant).


À propos de l’es­pace de commen­taires qui suit : N’hé­si­tez pas à me donner des liens publics pour que je les intègre. Mes critères sont expli­ci­tés en préam­bule et je ne publie­rai donc pas les témoi­gnages rédi­gés direc­te­ment en commen­taire ici. Si vous jugez votre témoi­gnage essen­tiel au débat public, publiez les quelque part pour m’en donner le lien ou contac­tez un jour­na­liste profes­sion­nel qui saura respec­ter votre anony­mat.

De même, cette page a été citée par David Dufresne et, forcé­ment, les trolls viennent. J’ai le privi­lège d’un espace person­nel. Comme d’ha­bi­tude ici, je ne publie donc que les commen­taires qui me semblent avoir un inté­rêt pour mes lecteurs. Si je ne publie pas vos opinions ou remarques, vous avez la liberté de les publier ailleurs.

27 réponses sur « Verba­lisé (parce que) »

N’hésitez pas à venir m’aider en complétant.

Je ne prends que les liens publics non anonymes (si vous voulez inclure ce qui vous est arrivé, à vous de le publier quelque part pour m’en donner le lien) avec des témoins directs (pas de récit de quelqu’un qui dit que quelqu’un…) ou rapportés par la presse.

Je vais appliquer mon propre jugement arbitraire sur l’inclusion. En gros je vais éviter les comptes ou sources qui me paraissent peu fiables (comptes créés pour l’occasion, ou comptes récents, ou comptes dont le contenu n’apparaît pas sérieux ou avec suffisamment d’interactions sérieuses/sociales).

Malgré ces précautions ce ne sont que des liens, sans authentification ou vérification. Je ne donne aucune garantie. Savoir si vous croyez la personne qui raconte ne tient qu’à vous.

Si un journaliste vérifie un des liens et en parle, n’hésitez pas à le pointer pour que je rajoute la mention en dessous.

Il faudrait voir à mieux sélectionner les anecdotes car une bonne partie d’entre elles n’ont rien de scandaleux. En période de confinement, c’est effectivement stupide et égoiste se sortir pour deux paquets de gâteaux, deux baguettes ou un caddie de coca cola…

Je pense que vous avez manqué une partie de la question. Les deux paquets de gâteaux c’est *au milieu* de sacs de courses de la semaine. Le coca aussi si tu regardes la vidéo, même si on ne voit pas grand chose, tu remarques que ce n’est pas la seule chose présente. En gros on fouille tes courses pour te dire ce que tu es censé manger ou non. Oui c’est un problème

Bonjour,
Je rappelle simplement que lorsque l’on est confiné, on ne sort pas pour acheter un article ou un type d’article, on sort une fois au plus dans la semaine pour acheter sa nourriture, de plus votre site ne mentionne aucun document officiel, comment vérifier les on dit de ces personnes, cela me rappelles les verbalisés des radars qui se plaignent des 2 km heures au dessus de la limite autorisée…
Pour ma part, je suis tellement radical, que pour tout ceux qui enfreignent la règle du confinement, je ne les verbalise pas, je note la localisation de la famille du contrevenant et elle ne sera pas prioritaire et (ou) sera obligée d’avancer les frais liés au traitement de la maladie, si celle ci était contaminée par le covid… la liberté, ce n’est pas l’égoïsme. On réfléchi avant d’agir, on pense aux autres d’abord, la vie en société est à ce prix

J’ai décidé de publier et répondre parce que votre second paragraphe laisse entendre que vous êtes dans les forces de l’ordre. Du coup un rappel : Votre rôle n’est pas de faire justice mais d’appliquer la loi. Vous n’êtes pas un justicier. Que vous vous permettiez de parler de parler de priorisation de l’assistance en fonction de vos constatations est proprement ahurissant pour quelqu’un qui est censé défendre la loi. Vous pronez méthode des petits carnets noirs pour ensuite décider de qui on respecte ou non les droits ? vraiment ?

Quant au premier paragraphe, vous parler de celle qui a deux paquets de gâteaux dans justement ses courses de la semaine ? de celui qui a son supermarché à 4km ? de celle à qui on dit de laisser son bébé dans la voiture ? de celle qui ne peut pas prendre un test de grossesse ? des soignants qui ont une attestation de l’employeur mais qui n’ont pas auto-rempli un doublon avec l’attestation personnelle ? de celui qui a fait ses courses de la semaine mais sans la ticket de caisse ? de celui qui va chercher quelqu’un comme demandé par les pompiers plutôt que de le laisser au bord de la route ? de celle qui a 5 jours d’itt faute d’avoir le bon papier ? non, c’est juste pour savoir…

C’est bien justement ce genre de comportement que je liste ici, celui de justiciers du dimanche, qui veulent faire vengeance tout seul et qui pensent leur jugement plus important que la loi de la société. Il n’y a pas que ça, il y a aussi certainement des intervenants de bonne foi qui sont autant perdu que le reste de la population quant à ce qui est autorisé ou non, mais votre second paragraphe vous place probablement dans la première catégorie.

Bonjour Balbrunie, je suis étonnée par votre façon de procéder. A moins que je n’ai pas bien compris vos propos, ce que j’ai saisi c’est que lorsque vous constatez une infraction au confinement (manque de justificatif ou autre raison) vous ne verbalisez pas mais vous notez les coordonnées de la personne afin que ses droits à la prise en charge de ses éventuels soins lui soient retirés ? Comment la police ou la gendarmerie peuvent-elles interférer auprès des services de santé ou de la sécurité sociale d’un contrevenant ? Comment se peut-il qu’un agent de la sécurité nationale puisse décider tout seul d’une sanction autre que celle prévue sous forme de contravention ? Expliquez-moi s’il vous plaît.

bonjour,
ce matin je n’ai même pas pu faire 70 mètres autour de chez moi pour aller au magasin bio de mon quartier (j’habite au centre ville), la « Feldgendarmette de sévice » voulait obtenir son « Ausweiss » écrit, alors que je l’ai envoyé au capitaine de la « Feldgeendarmerie », ça ne l’a pas convaincue et j’ai dû rebrousser chemin sans avoir obtenu la moindre denrée alimentaire ….
on m’a déclaré handicapé …

Comme dit, je ne prends pas les récits directs ici, que des liens vers des récits publics où on peut retracer de façon relativement fiable l’auteur (compte ancien, bien implanté avec du relationnel), ou de la presse. Ca n’empêche pas les gens de raconter n’importe quoi mais ça filtre un minimum.

Des journalistes pourraient faire mieux (vous contacter manuellement, vérifier et croiser les témoins). Je leur laisse ce travail. Je me contente de collecter les liens qui pourraient leur servir de base.

Merci pour le correctif. Je retiens qu’au final il y a bien eu des amendes au titre du confinement mais « pour agressivité ». Je n’aime pas cet arbitraire, et le « oui mais le contexte » est un peu trop fréquent. Je ne vois pas comment il peut y avoir agressivité si le policier ne cherche pas à demander à la base une attestation au sdf. Mais bon, ça sort de l’inventaire que je cherche à construire ici.

Pour archive, le lien BFM était https://www.bfmtv.com/societe/lyon-des-sans-abri-verbalises-pour-non-respect-des-mesures-de-confinement-1878297.html
L’article du monde donne les liens source vers Le Progrès et l’AFP

Vu, mais sauf erreur l’autorisation des déplacement pour obsèques n’a été précisé officiellement qu’après cet événement, et je me rappelle le message du Premier Ministre à la TV parlant d’obsèques auxquelles il fallait renoncer. Bref, j’hésite à le mettre parce que ça peut passer sous le titre « la communication brouillonne du gouvernement » plus que sous « l’arbitraire et les abus de ceux qui contrôlent »

Comme je vois des gens qui me citent avec ce message :
Mon inventaire n’est *pas* un appel à mettre fin au confinement, ou à lutter contre la police, ou à braver les règles.

Je tente d’inventorier les PV arbitraires ou abusifs, moralement ou légalement, parce que la situation me fait halluciner. J’en pense forcément des choses moi-même mais ne me prêtez aucune intention que je n’aurais moi-même explicitement exprimée.

Pourriez vous vérifier un peu ce que vous publiez ou laisser au moins un droit de réponse ?

L’histoire des 2 paquets de gâteaux n’est pas fiable car elle parle d’une majoration d’amende à 360€ ce qui est impossible.

L’histoire des chevaux près de La Baule a été démenti par la direction départementale du 44.

Merci.

Les mises en gardes sont en amont, avec les conditions d’inclusion (ou de non inclusion).
Il y a un article de journaliste professionnel qui relate la chose, y compris l’information comme quoi la police a nié la chose, sans conclure sur le côté faux. Je cite l’ensemble. Le démenti des chevaux occupe 3 des 8 lignes que j’ai cité.

Oui mais non, la verbalisation a été démentie par le commissariat (en clair, la police nationale) ; or, la jeune fille a été verbalisée par des gendarmes qui sont les seuls à circuler en « voiture bleue » !!!
Donc, forcément, si on s’adresse à la police pour savoir si les gendarmes ont dressés un PV ou inversement même si je note que 90% des problèmes relevés sont le fait de gendarmes « zélés), la réponse ne pourra être que négative… d’où l’intérêt de ne pas mélanger les torchons et les serviettes !!!

Bonjour,

Super travail, merci de faire cette veille :)

Et pour tous ceux qui « blabla normale de pas aller acheter de gateaux/clopes/tampons/… »
Je rappellerais que ce n’est pas aux FDO de décider des règles (donc de décider ce qui est nécessaire ou pas). Si c’est ouvert (et en vente), c’est donc nécessaire (sinon ça serait fermé par la préfecture sur arrêté prefectorale ou décret. Chez nous ils ont même empêché l’accès … aux forêts donc c’est possible).

Cordialement

Salut et merci pour ce travail de compilation.

une petite remarque: ce serait plus pratique pour les lecteurs qui y reviennent si cette page était mise à jour avec les nouveaux cas affichés en haut de la page plutôt qu’en bas.

Je tentais de les classer dans un ordre logique plutôt que par date, mais effectivement, ça ne facilite pas la lecture. Je ferai peut-être des commentaires pour identifier ceux que j’ajoute.

Ajouté ce soir :
– Plusieurs liens pro-vélo
– Plusieurs liens relatifs à la distance (pour autre chose que l’activité physique)
– Un lien sur la verbalisation de gens qui se déplacent pour bosser et qui ont bien l’attestation de leur employeur mais pas forcément le papier d’auto-attestation qui n’atteste rien de sérieux
– Deux autres cas de violences avec ITT
– Ajout de l’alerte sur les faux gendarmes/policiers
– et encore un délire sur l’exercice physique où le policier regarde si vous courrez bien

Témoignage direct (il relate ce que lui a vu, pas les propos d’un autre), pour moi c’est ok.

Bon je vais l’écrire ici pour tous les gens qui sont en boucle sur « on achète pas du coca, on achète pas des gâteaux. »

Les gens ont TCA.
Vous avez de la chance si vous n’êtes pas concernés.

(TCA – trouble du comportement alimentaire)

Je crains que tu n’écrives au mauvais endroit, ou que tu n’aies pas compris l’ironie de mes titres.

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