La faute de la hiérar­chie

L’his­toire le montre : le compor­te­ment des poli­ciers dépend large­ment des ordres qui leur sont donnés, de la fermeté des rappels aux procé­dures et au droit, de l’im­pu­nité promise ou non. « Vous serez couverts », décla­rait aux poli­ciers pari­siens le préfet Maurice Papon quelques jours avant le massacre de mani­fes­tants algé­riens le 17 octobre 1961. A l’in­verse, on sait ce que l’ab­sence de drame pendant les émeutes de Mai 1968 doit aux consignes du préfet Maurice Grimaud : « Frap­per un mani­fes­tant tombé à terre, c’est se frap­per soi-même en appa­rais­sant sous un jour qui atteint toute la fonc­tion poli­cière. »

Or, lundi, à Paris, dans un tout autre contexte, c’est un commis­saire divi­sion­naire, haut gradé de la brigade anti­cri­mi­na­lité de Seine-Saint-Denis, qui fait un croche-pied à un mani­fes­tant. C’est le préfet Lalle­ment qui couvre une opéra­tion où des hommes entraî­nés pour courir après des délinquants sont char­gés d’éva­cuer des migrants instal­lés dans des tentes et au cours de laquelle un jour­na­liste est molesté. En juillet, devant les dépu­tés, c’est Gérald Darma­nin qui déclare : « Quand j’en­tends le mot violences poli­cières, person­nel­le­ment, je m’étouffe », repre­nant le verbe utilisé à sept reprises, au cours de son agonie, par Cédric Chou­viat, ce livreur mort en janvier, à la suite d’un contrôle poli­cier.

Édito­rial sur Le Monde, « Police : une grave crise de comman­de­ment »

2 commentaires

  1. Dans le contexte de votre phrase, on a l’impression que vous dîtes que Gérald Darmanin aurait repris volontairement le terme « s’étouffer »… Est-ce que c’est ce que vous voulez dire ?

    1. Les deux paragraphe que vous lisez sont cités d’un article complet dont le lien est juste en dessous des dits paragraphes.

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