Catégorie : Politique et société

  • Leçons de la crise islan­daise: lais­ser les banques faire faillite

    Pour couper court avant même de donner le lien : Non, tout n’est pas trans­po­sable, tout n’est pas équi­valent, et tout n’est pas rose là bas non plus. Main­te­nant, avec le recul, les leçons de la crise islan­daise: lais­ser les banques faire faillite, n’au­raient peut être pas du être évaluées un peu plus sérieu­se­ment.

    Tout du moins je vous propose la lecture de cet article. Le contenu n’est pas argu­menté, n’a pas d’ana­lyse tech­nique, mais au moins peut donner une autre orien­ta­tion que les promesses de centaines ou milliers de milliards avec lesquels on jongle actuel­le­ment.

    Je me permets au moins de noter, comme à mon habi­tude, l’in­for­ma­tion annexe du docu­ment :

    « l’Is­lande a, en fait, augmenté son filet de protec­tion social »

    Pendant une crise, ne serait-ce pas natu­rel fina­le­ment ? De notre côté nous dimi­nuons le filet de protec­tion social (qui était, il est vrai, assez haut) à cause de la crise et pour sa réso­lu­tion. Plus qu’un choix écono­mique, c’est un choix idéo­lo­gique de lais­ser pour compte certains afin de régler le problème géné­ral. Je ne dis pas que ce choix était le mauvais, mais il serait temps d’ar­rê­ter de croire qu’il va de soi.

  • Le Riche et le Pauvre: la France égali­taire ?

    Le Riche et le Pauvre: la France égali­taire. D’après l’au­teur qui se base­rait sur des chiffres INSEE, le rapport entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres serait non seule­ment un des plus faibles au monde mais en plus dimi­nue­rait avec le temps. Cela va clai­re­ment à l’en­contre des préju­gés actuels, au moins sur la seconde partie.

    Je ne sais qu’en penser. Déjà sur le rapport de 6,6, qui est en même temps beau­coup et pas exces­sif, mais aussi sur les chiffres eux même. Malheu­reu­se­ment, critique persis­tante pour à peu près tous ceux qui publient sur LeMonde.fr, il n’y a pas de liens ou de réfé­rences. La réfé­rence à l’INSEE est vague et j’au­rai bien aimé avoir un lien direct vers la statis­tique concer­née pour voir ce qu’elle recoupe. En parti­cu­lier, qu’est-t-il compté dans le niveau de vie ? dans le revenu ? Est-ce qu’on compte aussi les reve­nus du capi­tal ? le capi­tal- lui même ? Sans ces réponses il est bien impos­sible d’in­ter­pré­ter les affir­ma­tions.

    Mais aussi j’ai peur que le jeu soit encore faussé ici. Ce qui serait parfait c’est une repré­sen­ta­tion par courbe et pas que les premiers et derniers déciles. La France est connue pour avoir une médiane très basse et une pointe haute très réduite. Si nous compa­rons au 1% les plus riches et non aux 10% c’est que juste­ment même dans les 10% les plus riches, nous avons un gros palier et juste quelques uns qui acca­parent l’in­té­gra­lité de la valeur de ce dernier décile. Le fait de dire qu’en amor­tis­sant sur 10% ça prend forme humaine ne compense pas l’inac­cep­table de quelques uns.

    C’est inté­res­sant, ça incite à modé­rer un peu certaines idées, mais tel quel impos­sible d’in­ter­pré­ter le billet pour en tirer des choses vrai­ment inté­res­santes. Il faudrait aller plus loin. Qui tente de fouiller un peu ?

     

  • Report d’ef­fet dans le temps

    Le conseil consti­tu­tion­nel a fait sauté l’in­ter­dic­tion de perqui­si­tion de certains lieux impo­sée par l’exé­cu­tif au nom du secret défense ou de la sépa­ra­tion des pouvoirs. Il y a cepen­dant un report d’ef­fet dans le temps, de trois semaines.

    Il m’est diffi­cile de commen­ter sans para­phra­ser telle­ment, pour une fois, j’ai une vision simi­laire à celle de Samuel. Du coup je me contente de citer :

    « C’est la première fois que le Conseil consti­tu­tion­nel « aménage » ainsi une déci­sion d’in­cons­ti­tu­tion­na­lité, pour le confort du pouvoir poli­tique de manière aussi évidente. »

    « En repor­tant ainsi l’ef­fet dans le temps de sa déci­sion, le Conseil consti­tu­tion­nel se rend coupable de compli­cité de destruc­tion de preuves. »

    « Il y a encore du chemin pour que nous ayons une cour consti­tu­tion­nelle indé­pen­dante de l’exé­cu­tif, ou qui au moins, ait un mini­mum de digni­té… »

  • Projet de loi copie privée : le député dési­gné rappor­teur est…

    Ce n’est pas la première fois que j’ai un problème avec la vision de leur rôle par certains élus, et parti­cu­liè­re­ment les dépu­tés. Dans la nomi­na­tion de Marie-Hélène Thora­val comme rappor­teur sur un projet de loi rapport à la copie privée, on sent bien qu’on cherche quelqu’un qui exécu­tera le projet et pas quelqu’un qui pensera la loi ou qui soupè­sera les enjeux.

    C’est toute­fois la dépu­tée elle-même en l’af­firme le mieux avec cette phrase à garder en mémoire : « C’est un honneur d’être choi­sie par ses collègues pour leur appor­ter un éclai­rage sur un projet de loi présenté par le Gouver­ne­ment, surtout pour moi qui suis là depuis moins d’un an. Les prochaines semaines promettent d’être parti­cu­liè­re­ment char­gées, mais le rôle du parle­men­taire est de faire voter la loi donc j’en­dosse cette respon­sa­bi­lité avec beau­coup d’en­thou­siasme et de sérieux  »

    Alors non, le rôle du parle­men­taire n’est pas de faire voter la loi, mais au contraire de déci­der ou non s’il y a lieu de voter un projet de loi, et de le discu­ter avant. Exprimé ainsi, et je n’ai aucun doute que ce soit bien l’état d’es­prit de la dépu­tée, on voit bien que pour certains le député est au service du gouver­ne­ment pour faire appliquer ce que le gouver­ne­ment a décidé.

    C’est d’au­tant plus étrange que, bien que le gouver­ne­ment soit à l’ori­gine des projets de loi, c’est au gouver­ne­ment de faire exécu­ter les lois discu­tées et votées par le parle­ment, et non au parle­ment d’en­re­gis­trer et acter les lois déci­dées par le gouver­ne­ment.

    Je sais que tout ce délire découle du système des partis, mais il serait plus que temps que nos godillots se réveillent et se rendent compte du rôle primor­dial qu’ils ont dans notre répu­blique. Ce qui arrive n’est pas la faute du gouver­ne­ment qui négo­cie les projets de loi et qui les enchaîne en urgence, mais bien la faute des dépu­tés qui n’as­sument pas leur rôle et font une simple chambre d’en­re­gis­tre­ment.

  • Surveillance du net : un député demande à Claude Guéant de s’ex­pliquer

    Encore un bon exemple de la société de surveillance dans laquelle nous nous enfonçons, et qui aurait fait peur à George Orwell : « Surveillance du net : un député demande à Claude Guéant de s’ex­pliquer ».

    Nous sommes le troi­sième pays au monde qui envoie le plus de demandes d’iden­ti­fi­ca­tion à Google, avec 1300 demandes sur le premier semestre 2011. Le plus agaçant est que nous parlons en volume et pas en propor­tion à la popu­la­tion : Notre petit pays est le troi­sième au monde ! Coco­rico !

    Diffi­cile d’ex­pliquer cela dans le cadre d’une société qui se veut démo­cra­tique, basée sur le droit et la liberté d’ex­pres­sion. Impos­sible de s’y trom­per puisque d’ailleurs Google affirme avoir répondu favo­ra­ble­ment à moins d’une requête sur deux (48%). Cela veut aussi dire que notre pays a fait plus de 52% de requêtes d’iden­ti­fi­ca­tions à priori illé­gi­times ou sans raison (% en hausse).

    À titre de compa­rai­son les États Unis sont à 93% de requêtes légi­times, l’Al­le­magne 67%. Il est évident qu’il y a un problème spéci­fique­ment français ici, et l’aug­men­ta­tion de 30% du nombre de requêtes sur une période de 6 mois montre sans état d’âme qu’il s’agit d’une poli­tique volon­taire du gouver­ne­ment actuel.

  • Le jour­na­lisme est-il à la hauteur ?

    À lire : Le jour­na­lisme est-il à la hauteur ?

    Fran­che­ment, j’ai trop souvent l’im­pres­sion de voir des atta­chés presse à la place des jour­na­listes poli­tiques en France. Côté télé­vi­sion je rejoins ce que je lis chez Philippe Bilger : Si nous avons parfois des jour­na­listes acides ou agres­sifs, le fond est creux. Nous ne voyons pas de jour­na­liste contes­tant les chiffres donnés, refu­sant les réponses qui tournent autour du pot, ou poin­tant avec préci­sion les inco­hé­rences. Les réponses sont accep­tées, comme si de rien n’était. Au mieux on relance une fois, et puis c’est bon. Il semble que le jour­na­liste consi­dère que son rôle s’ar­rête à poser les ques­tions, et pas à discu­ter du fond. Sur papier ce n’est guère mieux. Si nous avons des édito­riaux et des articles qui parlent du fond, la parole offi­cielle n’est pas vrai­ment mise en défaut, ou si peu.

    Pire, de nombreux articles sont plus ou moins le reflet des commu­niqués de presse et des conte­nus prémâ­chés des agences de commu­ni­ca­tion. On leur donne des images, l’angle d’ap­proche, la date à laquelle commu­niquer, et parfois même une demande de ne pas diffu­ser telle ou telle infor­ma­tion avant le futur point presse mis au bon moment. Si les contre­feux média­tiques fonc­tionnent si bien, c’est parce que trop de nos jour­na­listes ne sont que des rédac­teurs qui refor­mulent ce qu’on leur donne, ni plus ni moins. C’est au point ou l’UMP s’était même éner­vée une fois l’an­née dernière parce que la presse n’avait pas repris un de ses commu­niqués (qui n’ap­por­tait pour­tant rien de neuf). C’est dire à quel point d’au­to­ma­ti­sa­tion nous sommes.

    Heureu­se­ment nous avons des jour­na­listes comme à Media­part, mais d’ici à ce que ces derniers soient auto­ri­sés à inter­vie­wer nos poli­tiques, il risque de couler de l’eau sous les ponts.

  • La Cour des comptes révèle des contrats de com’ obscurs de Mati­gnon et du gouver­ne­ment

    Que les postes de pouvoirs soient détour­nés pour assu­rer la survi­vance de l’élu à ce poste, ou pour favo­ri­ser le parti et ses soutiens n’est même plus éton­nant. Que par contre on arrive à sortir des scan­dales de ce type, mis en lumière par une insti­tu­tion neutre et au dessus de tout soupçon, et que cela ne donne … rien, là ça me dépasse.

    Nous aurions déjà du avoir un scan­dale menant à plus qu’une démis­sion quand cela touchait l’Ély­sée mais le manque de détail et l’ab­sence d’enquête cumu­lée à un soupçon de bluff sur l’im­mu­nité de tout le person­nel lié au président pouvait encore expliquer que cela n’ait mené à rien. Ici il n’y a rien de tout cela et s’il n’y a enquête et éven­tuel­le­ment saisie de la Cour de justice de la Répu­blique, alors c’est que nos préten­tions d’État de droit sont bien loin. Si les montants sont bien faibles par rapport au budget de l’État, les présomp­tions sont graves, d’au­tant qu’elles ne sont pas nouvelles.

  • Archos est spon­sor du G20. La Société Géné­rale aussi.

    Faire une opéra­tion de commu­ni­ca­tion d’une prési­dence tour­nante d’un sommet poli­tique est déjà le comble de l’égo et une concep­tion très parti­cu­lière du « travailler en commun » et du « se mettre au service des autres ».

    Mais quand le sommet ou la prési­dence deviennent spon­so­ri­sés ouver­te­ment, Que doit-on en penser ? Ces enseignent ne sont pas philan­thropes et ne parti­cipent pas juste pour aider les finances publiques. Elles parti­cipent avec l’es­poir d’un retour sur inves­tis­se­ment. (suite…)

  • Notre visage : l’enjeu biomé­trique de demain

    Fichage géné­ra­lisé nous voilà. Aujourd’­hui c’est une base de données de visages qui est à l’étude. Une telle base si on se contente d’un échan­tillon réduit de 70 millions de personnes, permet quasi­ment d’iden­ti­fier les gens en temps réel avec une simple caméra. (suite…)

  • La dimen­sion cultu­relle du bonheur… et du malheur français

    Les français sont des râleurs. Main­te­nant c’est plus ou moins prouvé scien­ti­fique­ment : Objec­ti­ve­ment nous ne sommes pas tant à plaindre, mais nous sommes parti­cu­liè­re­ment insa­tis­faits, sans lien avec la réalité.