Chris­tian, 12 ans, risque la prison à vie

La justice est trop laxiste nous dit-on. Vous allez me dire que mon histoire se passe aux États Unis et non en France, mais quand je vois ce genre de délire, je me dis que nous n’avons pas tant fait de chemin que ça par rapport au moyen âge. Je me demande même si par rapport à des dates plus récentes, nous n’au­rions pas regressé.

Chris­tian, 12 ans, risque la prison à vie. Quelle que soit sa faute, c’est déjà diffi­cile à entendre. Chris­tian aurait provoqué la mort de son petit frère en le proje­tant contre une étagère. C’est horrible, surtout que si la prison à vie est envi­sa­gée c’est que l’État pense que ça puisse être volon­taire.

Main­te­nant, est-ce que ça mérite de tuer la vie d’un second enfant en ne lui faisant connaitre que la prison ? Comment pense-t-on en faire un citoyen et lui permettre de prendre le droit chemin avec un tel histo­rique ? D’au­tant que vu le reste de son histoire fami­liale, c’est plutôt d’aide dont il a besoin.

L’offre du procu­reur, s’il y a recon­nais­sance de culpa­bi­lité, est un empri­son­ne­ment jusqu’à 21 ans. Vous vous voyez sortir à 21 ans de prison, en n’ayant connu que ça comme enfance et comme rela­tions humaines ? Que pensez-vous qu’il puisse construire et trou­ver comme vie ensuite ?

Les maux du coupable et de la victime ne se compensent pas, ils ne feront jamais que s’ajou­ter. Si la peine est néces­saire, c’est à titre dissua­sif pour tous, et pour permettre au coupable faire un retour sur lui-même en se forgeant un nouveau chemin.

Une justice qui se trans­forme de plus en plus en puni­tion est une justice qui se perd.

Je m’égare parce que je voulais atti­rer l’at­ten­tion sur les mots de la procu­reure :

« J’ai de la compas­sion pour Cris­tian Fernan­dez. […] Mais ce n’est pas mon travail de pardon­ner. Mon travail, c’est d’ap­pliquer la loi ».

Quand on a l’im­pres­sion qu’ap­pliquer la loi implique forcé­ment de récla­mer le maxi­mum en dépit de l’objec­tif de réha­bi­li­ta­tion et des condi­tions spéci­fiques, à mon avis on a oublié son rôle.

Le procu­reur de Floride est élu, ceci peut aussi entraî­ner cela. Le prin­cipe des élec­tions incite à montrer et à agir sans mesure, afin d’avoir une visi­bi­lité publique.

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