La crèche a, une fois de plus, donné de l’homéopathie à notre enfant de 18mois, sans nous prévenir. Ma réponse: pic.twitter.com/MhEHrfg8NH
— Doc Jedi (@Docjedy) 15 novembre 2016
La crèche a, une fois de plus, donné de l’homéopathie à notre enfant de 18mois, sans nous prévenir. Ma réponse: pic.twitter.com/MhEHrfg8NH
— Doc Jedi (@Docjedy) 15 novembre 2016
Dans la catégorie je-pose-ça-là. On me demande souvent ce que c’est une start-up. J’ai un critère assez clair finalement :
Une jeune société qui est en phase de très fort investissement initial en vue de créer un produit ou une technologie.
Société : Ce peut même être une personne seule aux manettes (dans un premier temps), mais conceptuellement on parle d’une création de structure indépendante de la personne.
Jeune : Les vieilles startup ne sont plus des startups. Amazon l’a peut-être été, n’est pas encore sorti de sa phase d’investissement, mais de part son âge et sa taille ne qualifie plus pour moi au terme de startup.
Phase d’investissement : L’idée c’est d’investir pour une rentabilité future, pas simplement de grossir vite. Une fois la rentabilité atteinte ou la société fondue dans un plus gros groupe, on sort pour moi du qualificatif de startup.
Produit ou technologie : Je ne limite pas à un produit technologique, mais j’exclus immédiatement les sociétés de service qui vendent des gens en prestation ou du temps humain.
J’en arrive à un point où j’ai honte des gens autour de moi.
Honte des déclarations des politiques de mon pays comme des actions qui en découlent, honte du discours de certains chefs d’entreprise comme de l’organisation à laquelle on s’assimile, mais aussi et surtout honte des réactions et du soutien d’une grande majorité de la population.
Je ne me reconnais plus dans les choix sociaux qu’on porte collectivement. On m’a éduqué en parlant du siècle des lumières, de la fin des privilèges, de droits l’humain et de liberté, de fraternité et d’empathie. Suis-je seul ou avez-vous oublié ?
Comment en est-on arrivés là ? Comment s’en sortir ? J’ai honte à en avoir mal au cœur.
Dénonciation :
2. Droit pénal. Action de dénoncer à la justice une infraction dont on n’est pas lésé
Notre culture est bien moche à ce niveau.
Nous apprenons à taire les faits ou l’identité du coupable, comme dans une culture mafieuse. Celui qui parle est un traitre à son groupe. Quand c’est vis-a-vis d’un tiers on parle de délation, avec une comparaison immédiate à la collaboration sous l’occupation nazie.
Dès la petite enfance on apprend à ne pas rapporter. Même ceux qui sont censés faire respecter les règles, parents et instituteurs, sont parfois les premiers à qualifier de rapporteur ceux qui brisent le silence sans qu’on ne leur demande. C’est dire à quel point nous sommes schizophrènes.
Il y fraternité sur notre devise, mais il semble qu’elle doive s’exercer avec celui qui brise les règles de la collectivité, pas avec les victimes ou avec la collectivité elle-même. Toute autre comportement serait vite jugé immoral ou intégriste. Allez comprendre…
Pas très étonnant que bien peu réagissent face à une agression dont ils sont témoin. Le « pas mon problème » est tellement bien ancré que quand s’y ajoute la peur de se mettre à risque soi-même, bouger devient mission impossible.
Je ne comprends définitivement pas. La position morale, de fraternité et d’altruisme, serait pourtant de soutenir les victimes et la collectivité dans son ensemble.
Confondre dénonciation et délation, c’est un peu perdre notre fraternité quelque part.
Délation :
Dénonciation, généralement secrète, dictée par des motifs vils et méprisables
Je ne demande pas à chacun d’aller dénoncer son voisin, mais au moins de ne pas parler de délation pour ceux qui sortent de l’égoïsme facile et son « je ne suis pas concerné ».
Le seul critère est l’intention. Celui qui alerte et dénonce, cherche-t-il à faire le bien ou à faire le mal ? Nous devrions soutenir et protéger les premiers, à défaut d’en faire partie nous-même.
Avec le ministre de l’Intérieur, nous avons voulu relancer la construction d’un Islam de France, apaisé, indépendant des influences étrangères. Bernard Cazeneuve fera des propositions ce lundi.
L’Etat est là pour réaffirmer ce qui fait, depuis plus d’un siècle, la condition de notre vie en société : la laïcité
— Manuel Valls
Depuis le début, le concept de laïcité à la française est une vaste blague. Deux visions pas franchement conciliables s’opposent et chacun parle de choses différentes.
D’une part la vision modérée, qui s’impose à l’État. L’État est neutre, ne peut promouvoir ni financer aucun culte. À l’inverse, le citoyen est libre de conscience mais aussi de exercer et manifester sa religion, y compris dans l’espace public. Mieux : C’est le rôle de l’État que d’assurer ces libertés.
D’autre part la vision radicale. Elle ne s’impose plus à l’État mais au citoyen. Là il s’agit de retirer la religion de l’espace public pour la renvoyer à l’intime et au privé. Les manifestations publiques des religions ne sont que des aménagements historiques propres à disparaitre ou être limités à l’insignifiant tel une croix sous une chemise.
Malgré ce qu’on pourrait penser en écoutant nos élus aujourd’hui, c’est la vision modérée d’Aristide Brian qui est portée par notre droit, via la loi de 1905.
Il faut dire que la vision radicale serait contraire aux conventions internationales des droits de l’Homme. Oui, rien que ça.
* * *
Seul ce qui porte atteinte à la sécurité, à la santé, à l’ordre public ou aux droits des autres peut être interdit. Même là, l’importance pour l’État d’assurer la liberté de culte a amené à faire des compromis, par exemple sur l’abattage rituel des animaux à des fins religieuses. Ces principes ont été rappelés récemment par le Conseil d’État. Oui, rien que ça.
Qu’un premier ministre ose dire quel habillement est ou n’est pas légitime dans une religion, qu’il prétendre construire et orienter les choix d’une religion, est en violation directe avec la vision de notre droit.
#Sarkozy : « Nous ne voulons pas de signe extérieur de religion dans notre pays » #Touquet
— mael thierry (@maelthierry) 27 août 2016
Il n’est pas le seul, c’est quasiment toute notre classe politique qui est plus ou moins directement en dehors des clous, au point qu’il serait plus simple de lister ceux qui défendent nos lois et notre constitution.
Avec un peu de recul, entre une vision qui restreint l’État à une situation neutre en donnant la liberté au citoyen et une vision qui restreint le citoyen en permettant à l’État d’en assurer le contrôle… est-ce vraiment étonnant que nos élus cherche à avancer sur la seconde ?
Ce qui est étonnant c’est qu’on les laisse faire. Ça me dépasse encore. Dans d’autres pays il y aurait eu démission et opprobre publique pour bien moins que ça.
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La laïcité n’est qu’un exemple. N’allez pas argumenter sur le Burkini dans les commentaires. Il en va de même quand on parle de respecter la constitution dans le processus législatif.
Là aussi, ce qui m’inquiète c’est qu’on laisse faire. Chaque renoncement, chaque acceptation de ces entailles publiques à nos textes fondateurs nous rapproche chaque jour de la fin de ces derniers.
La plus grande menace est intérieure. Elle ne vient pas de l’Islam. Elle vient de notre laissé faire, de la caste des gouvernants qui s’affranchit du cadre donné par la constitution et par les citoyens. C’est pourtant ce qui distingue un État de droit d’une dictature.
La France a décidément bien du mal à abandonner sa monarchie. L’élire tous les quatre à cinq ans ne la fait pas disparaitre.
Le prochain qui me dit que le chômage est le problème principal en France, je lui sers son contrat de travail pour dîner.
Les gens n’ont le plus souvent pas besoin d’un emploi. Ils trouveront très bien à s’occuper tout seul, y compris en travaillant. S’ils ne le font pas c’est justement qu’ils ont un besoin bien plus important : Trouver comment vivre plus décemment.
Quand on évite de confondre le moyen et l’objectif on peut s’autoriser prendre un peu de recul. La France, pays riche, a surtout un problème de répartition des richesses.
Oui le revenu d’existence ne répondra pas à tout. Par contre il transformera le foutu « j’ai besoin d’un emploi » en « j’ai envie d’un emploi ». Je ne sais pas pour vous, mais pour moi on ne parlera plus du tout de la même chose.
Là on pourra réfléchir à comment créer de la valeur pour tous (le sacro-saint PIB). Quand tout le monde vivra correctement, ça deviendra une pétouille à résoudre, ensemble.
J’ai bien conscience que cette nouvelle orientation professionnelle pourrait se concilier avec une position de disponibilité, qui m’assurerait, au moins pendant huit ans, de pouvoir retrouver mes fonctions à la Cour des comptes à tout moment.
Mais j’aborde mes activités à venir dans un état d’esprit marqué par un engagement total, comme cela a d’ailleurs toujours été le cas dans les précédentes étapes de ma carrière administrative et politique, et la force de cet engagement me semble incompatible avec le choix du confort, de la précaution et de la minimisation du risque dont un maintien en disponibilité serait, à mes yeux, synonyme.
C’est son choix, et parce qu’il ne m’impacte en rien – retenez-le bien, c’est le point principal du billet – je n’ai rien à y redire.
Ce d’autant moins qu’après avoir été ministre, plutôt bien appréciée par le milieu entrepreneurial, elle n’a pas besoin de la sécurité de la mise en disponibilité pour pantoufler si d’aventure elle le souhaitait, que ce soit dans du semi-public ou dans du privé.
La prise de risque est toute relative. Si elle voulait un avenir politique, elle a même peut-être pris le chemin le moins risqué.
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Ce choix est le sien. Je n’ai rien à lui reprocher.
Non, ce qui me gêne ce sont ceux qui s’en félicitent, que ce soit à cause de la fable entrepreneuriale de la prise de risque ou à cause du climat de défiance vis à vis des politiques et de la haute fonction publique.
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La fable entrepreneuriale c’est celle qui valorise la prise de risque et l’inconfort extrême de l’entrepreneur, comme un chevalier qui va combattre un dragon pour l’honneur et la gloire.
On raconte de belles histoires en y recréant une noblesse, celle qui a pris des risques et vécu l’inconfort pour créer la valeur de demain, les emplois, la prochaine révolution. Il y a eux et les autres, dans ces derniers les pires étant les salariés, les syndicalistes et les fonctionnaires.
La belle romance permet de valoriser soi et ceux de son rang, puis de barrer la route à toute critique sur les travers négatifs des activités.
La fable s’entretient et certains finissent par y croire, par voir de la valeur dans la prise de risque et l’inconfort, comme une médaille et un aboutissement.
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Foutaises que tout cela. Savoir prendre des risques est important. Les prendre effectivement est souvent nécessaire. Savoir les éviter est la plus grande qualité.
Si on peut obtenir les mêmes effets positifs sans passer par la prise de risque, le faire quand même est juste du masochisme. À la limite chacun ses plaisirs, mais c’est aussi jouer à la roulette avec les finances des investisseurs, avec les vies de famille des collaborateurs, avec l’équilibre des sociétés prestataires et partenaires.
Ces risques, cet inconfort, ne sont que des outils, des leviers, et plutôt de ceux à manier avec précaution. Quand certains les voient comme l’objet même de l’activité entrepreneuriale, je ne peux me retenir de repenser à la maxime « quand le sage pointe la lune, l’imbécile regarde le doigt ».
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Si un jour l’aventure de Fleur Pellerin la pose dans une situation réellement difficile pour son avenir, qu’il lui faut faire des choix, quelle est donc la situation qui lui permettra de continuer à s’investir à fond plutôt que de commencer à réfléchir à la voie de secours ? Est-ce de savoir qu’elle a un filet de sécurité quoi qu’il se passe ? ou est-ce de savoir que si elle ne fait rien et que ça se passe mal elle va vraiment avoir de graves problèmes ?
Un jour les gens comprendront que le confort et la sécurité permettent de travailler avec les gens à leur plein potentiel. Le stress et le risque ne sont là qu’à défaut de savoir ou de pouvoir le faire. Ça revient à travailler contre les gens qu’on met dans une telle situation. Quand c’est de soi-même dont on parle et que c’est volontaire, il faut consulter.
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Ce sont ceux qui se réjouissent par défiance qui me gênent le plus. Ils fêtent ça comme une victoire, comme une justice reprise sur les élus et les fonctionnaires, comme un besoin pour remettre élus et hauts fonctionnaires dans la réalité, voire comme ça de moins à payer en tant que contribuable.
C’est très simple. Que son aventure réussisse ou non, soit Fleur Pellerin reste dans le privé, soit elle revient à son poste dans le public. La dernière alternative n’est possible qu’avec la mise en disponibilité à laquelle elle vient de renoncer.
Si elle reste dans le privé, à part le plaisir sadique de la savoir dans la panade si elle se plante, il n’y a strictement rien à gagner à cette démission. Rien. Pas un kopeck. Et je ne prends personnellement jamais de plaisir à contempler le malheur des autres.
Si elle revenait dans le public on aurait par contre une haute fonctionnaire avec une expérience significative récente dans le privé, à l’heure où on fustige la déconnexion des élites publiques avec ce qui s’y passe.
Est-ce donc cette dernière éventualité qui serait si grave ? Il faudrait un peu de cohérence dans le discours. D’autant qu’à défaut c’est quelqu’un sans cette expérience dans le privé qui officiera à sa place.
Même financièrement, une reprise de disponibilité se fait à l’ancienne rémunération, sans augmentation due à l’expérience et l’ancienneté passées dans le privé. Bref, tout à y gagner.
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On peut discourir autant qu’on veut sur l’injustice de la mise à disponibilité des fonctionnaires, mais il n’y a rien à se réjouir du cas individuel.
Même collectivement, ce système est clairement à l’avantage des contribuables. Il permet d’encourager les fonctionnaires à explorer et se faire d’autres expériences. Il permet ensuite potentiellement à la fonction publique d’en profiter, sans rien débourser.
Le pire c’est de voir que ceux qui discréditent ce système sont les mêmes qui critiquent la déconnexion entre privé et public. Il va falloir choisir…
Non, ce qui serait intelligent serait d’au contraire encourager tous les grands groupes à mettre en place un système similaire. C’est impossible à tenir pour des petites structures mais, dès qu’on parle de milliers ou dizaines de milliers d’employés, la société a la masse pour assumer ces départs et retours sans mettre en péril l’activité.
Il y a certes les congés sabbatiques mais il faut annoncer une durée fixe à l’avance, et cette durée est forcément inférieure à l’année. C’est vraiment adapté à des congés. Difficile d’aller se lancer dans une réelle aventure professionnelle avec ce cadre.
Ne croyez donc pas qu’ils soient incompétents. C’est faux. Ils sont compétents. Ils sont entourés de gens brillants. Ils ont été avertis, par les bonnes personnes, qu’il ne fallait pas faire ça. Et ils le font quand-même.
Toute analyse qui s’appuie sur l’idée que nos ministres sont idiots est invalide. Toute analyse qui s’appuie sur le fait qu’ils soient incompétents, ou mal informés, cherche à leur trouver une excuse qui n’est pas la bonne.
Mais alors… Alors l’analyse est plus compliquée à poser.
J’aimais bien la maxime qui disait en gros « ne cherchez pas l’intention maligne là où il peut n’y avoir que de l’idiotie ». Elle était beaucoup ressortie du temps de Georges W. Bush et elle permet de rester sur terre : Nos dirigeants font parfois des choses que nous jugeons idiotes mais c’est non seulement réfléchi mais en plus quasiment toujours avec une bonne
Donc, oui, ils ne sont pas fous, pas au sens « je fais n’importe quoi ». Le laisser croire c’est se mettre des œillères.
Non. Ils ont peur qu’on leur reproche leur inaction. Ils ont peur qu’il y ait encore des attentats, et qu’on dise que c’est de leur faute. Alors il faut bien faire quelque chose. Inutile, dangereux, totalitaire, n’importe quoi, mais quelque chose.
Ça j’y crois beaucoup. Parfois c’est d’ailleurs dit explicitement sous le ton « les français ne comprendraient pas » ou « il faut agir ». Cependant l’attaque contre le chiffrement arrive dans un espace vide, pas sous la pression. C’est le gouvernement qui amène lui-même le sujet. Personne ne lui aurait reproché de ne pas le faire.
C’est une superbe raison pour moultes interdictions et annulations, pour l’état d’urgences et bien d’autres choses. Ici ça me semble moins pertinent.
Brandir le tout sécuritaire, agiter les peurs et les haines, c’est une stratégie pour récolter les votes des gens qui ont peur.
C’est fait tous les jours, même si principalement par ceux qui ne sont pas au pouvoir – ceux qui sont au pouvoir doivent aussi rassurer pour prouver qu’ils ont agit ou que ce qu’ils font va tout solutionner, difficile exercice d’équilibriste.
Pour autant je n’y crois pas là non plus. Le sujet ne tourne pas, ne rassure pas l’électorat conservateur. Si le débat était établi, incontournable, pourquoi pas. Là ça va durer maximum deux semaines. Ça ne vaut vraiment pas le coup.
Si notre gouvernement propose de sucrer le chiffrement c’est qu’ils veulent vraiment le faire. Ce n’est d’ailleurs pas neuf.
Enfin, il reste l’angle d’analyse le plus raisonnable. Nos dirigeants veulent surveiller le peuple pour s’assurer de rester au pouvoir quoiqu’il advienne. Oh, pas forcément eux individuellement, mais leur caste.
Là on est directement dans l’intention maligne, limite dans le complot. Je ne crois pas une seconde qu’il y ait une réflexion consciente à faire un choix politique pour que le pouvoir reste aux mains d’une caste qui inclut aussi le parti d’en face.
On exclurait qui ? Le peuple ? mais il en est déjà exclu de toutes façons, par définition. Ceux qui arrivent dans le jeu politique à un niveau sérieux ne sont déjà plus « le peuple ».
Non, par contre je crois à cette distinction « nous » – « le peuple ». Quand ils coupent le chiffrement, ils n’imaginent pas une seconde que ça va les impacter eux. Le chiffrement sera encore légitime pour les services de l’État et des collectivités, pour protéger les secrets des entreprises. Leurs communications ne risquent rien. Ça ne concerne que le peuple, les autres, ceux en qui on ne peut ni ne doit avoir confiance.
On le voit facilement aujourd’hui dans les débats où l’opposition demande la fin de l’État de droit et des arrestations sans motifs. Ils n’imaginent pas un instant que eux pourraient être emprisonnés ainsi sur une simple note confidentielle d’un service sous l’autorité hiérarchique directe du Premier ministre, bref, sur simple volonté de la personne qu’ils combattent. Je crois que ça veut tout dire.
Nos dirigeants sont coupés de tout, et sont alimentés en continu d’informations anxiogènes par des hauts fonctionnaires des services de police, parfois (souvent ?) avec des visées sécuritaires ou totalitaires, typiquement Alain Bauer et ses semblables. Ça peut suffire à perdre les pédales.
Je ne nie pas qu’ils soient coupés de tout, et parfois de la réalité. Je doute que ça soit une explication de la lutte contre le chiffrement. Certes on peut s’emballer mais s’ils ont des conseillers, ils ont aussi des gens pour filtrer, trier, résumer et remettre en contexte l’information.
Si on se dit qu’ils ne peuvent pas ignorer que leur solution est erronée vu le nombre de conseillers brillants qu’ils ont, alors ils ne devraient pas non plus pouvoir perdre les pédales par simple amas d’informations anxiogènes, pour la même raison.
Le truc : écoutent-ils ces conseillers ? Ce qu’on lit régulièrement laisse plutôt à penser qu’ils écoutent un ou deux conseillers favoris, qui n’appartiennent justement pas au corps de fonctionnaires, et eux-seuls. Je me rappelle aussi cet article de presse qui relevait des propos de E. Valls disant en gros qu’il éprouvait une fierté à avoir raison seul contre tous et à mener sa politique ainsi.
Énorme égo et préjugé de supériorité monstrueux. Ça j’y crois facilement et ça casse toute l’argumentation liée aux conseillers brillants. Encore faudrait-il que ces conseillers soient écoutés et leurs avis pris en compte…
Pire, encore faudrait-il que ces conseillers ne soient pas noyés dans ceux qui se font une joie de flatter les avis de la personne au pouvoir pour faire avancer leur carrière…
Voilà ce qui me parait finalement le plus probable, parce que le plus humain et ne nécessitant aucune intention maligne : Ces gens croient avoir raison, envers et contre tous, surtout contre ces ignorants de citoyens qui ne comprennent pas la complexité et les responsabilités que eux portent sur les épaules. Égo démesuré, comportement d’une caste de privilégiés.
Je vois les politiques gesticuler dans une escalade à celui qui reniera le plus les valeurs qu’il prétend défendre, et la population qui cherche à qui la faute.
J’ai mal, parce qu’avoir arrêté un camion qui se lance sur la foule en tout juste deux minutes, c’est une sacré réussite, un exploit même. Pas dit que le lance roquette de Henri Guaino aurait fait mieux.
Oui, c’est une réussite de nos services de police, malgré le lourd bilan.
Bon, c’est aussi un énorme coup de chance mais quand l’auteur prépare ça sur quelques jours sans historique ni connexion avec le milieu terroriste, il est illusoire de penser faire mieux.
Dès que quelqu’un est prêt à mourir, il pourra toujours facilement tuer des gens au hasard dans la rue, potentiellement beaucoup, quoi qu’on fasse.
Nous pouvons mettre des checkpoints tous les deux kilomètres, des blocs de béton en zigzag sur tous les axes, des patrouilles militaires lourdement armées en surnombre à tous les carrefours, une surveillance totale sur toutes les communications, des fouilles systématiques à chaque bâtiment, un emprisonnement préventif et sans procès, des reconduites à la frontières en masse, un contrôle de la religion et une interdiction de tout prosélytisme d’une opinion non cautionnée par le pouvoir en place…
Nous pouvons, mais ça ne changerait rien. Si nous pouvions combattre le terrorisme ainsi, à voir les moyens déployés en ce sens du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord, la paix aurait été obtenue depuis longtemps. Au lieu de cela, nos morts sont presque anecdotiques face aux leurs.
Ne rien faire n’est pas une solution non plus, mais il y a un équilibre à trouver. Aujourd’hui j’ai l’impression que nous l’avons largement dépassé.
Il y a bien des causes en France qui provoquent plus de 300 drames par an et pour lesquelles on ne déploie même pas le dixième des moyens actuels. Des causes pour lesquelles nous n’aurions même pas besoin de renier nos valeurs. Des causes pour aider et permettre plutôt que pour empêcher et humilier.
De quels moyens aurions-nous besoin pour accompagner ses parents isolés qui viennent de perdre leur conjoint et qui ne savent comment faire face aux besoins de la famille ? De quels moyens aurions-nous besoin pour éviter que 500 SDF meurent dans nos rues chaque année ? De quels moyens aurions-nous besoin pour accompagner quelques milliers de syriens qui fuient la guerre que nous menons chez eux plutôt que de les laisser se noyer ou mourir en chemin ? Certainement beaucoup moins, autant au niveau financier qu’au niveau symbolique.
On me dira que ça n’a rien à voir. Je ne suis pas d’accord. C’est un choix. À part que les gens qui prennent les décisions ne sont ni dans le besoin ni SDF ni syriens, il y a-t-il vraiment une bonne raison de plutôt continuer d’investir dans l’écrasement inutile de nos valeurs et de nos libertés ?
Mon fils a commencé à toucher au matériel électronique à l’âge de deux ans. J’ai tenté de protéger en mettant des choses devant mais ça n’a été qu’une complexité à résoudre, rien qui n’a changé l’issue. J’ai surveillé le matériel en sa présence, évité qu’il n’approche. Je me suis épuisé mais lui a continué à profiter de chaque inattention, et surtout il y a trouvé plein d’autres trucs que je ne voulais pas qu’il touche. Évidemment j’ai interdit mais à cet âge ça lui passe au-dessus. Quoique… au moins il savait quoi faire quand il avait envie de faire une bêtise. J’ai eu une période difficile, avec opposition systématique. Je ne suis pas fier, j’ai même du crier trop fort ou punir quand je n’en pouvais plus.
Il y avait d’autres solutions. Il y avait lui accorder plus de temps, jouer avec lui plutôt que travailler à côté sur l’ordinateur, lui donner à manger quand il a faim mais avant qu’il ne le demande lui-même, lui faire faire la sieste quand il a sommeil plutôt que de le laisser vaquer, lui enseigner des choses, éveiller son esprit, lui permettre et lui proposer de faire d’autres choses plutôt que de lui interdire de faire des bêtises, l’accompagner plutôt que de le sanctionner. La réussite était d’autant plus éclatante.
Si vous avez eu un enfant, vous savez probablement de quoi je parle. C’est évident pour tout le monde mais aussi tellement facile de se laisser entrainer dans la mauvaise boucle si on n’y prête pas garde. Parfois un peu de fatigue suffit.
Non, ça n’a rien à voir.
Ça n’a rien à voir mais je ne peux m’empêcher de voir que toute une classe politique investit dans la réponse punitive, dans les mesures de protection, de police et de contrôle.
On s’étonne de générer nos propres opposants mais nous faisons tout pour éviter qu’ils aspirent à vivre ici et s’y sentent épaulés.
La défiance de la population envers la police est au plus haut depuis quelques mois. La défiance de l’administration envers les administrés a atteint un point de non-sens total. La défiance des politiques envers tout le monde et de tout le monde envers les politiques ne date pas d’hier. Vu les déclarations de ces derniers après l’attentat de Nice, de l’abandon assumé de l’État de droit à l’emprisonnement arbitraire 24h/24 sans procès en passant par l’histoire du lance-roquette, j’ai du mal à ne pas participer moi-même à cette défiance généralisée.
Certains diront que je vis chez les bisounours. Moi j’ai peur qu’ils veuillent faire ressembler notre monde à leurs peurs et leurs cauchemars.
présenté par Mme Attard
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ARTICLE PREMIER
Supprimer cet article.
EXPOSÉ SOMMAIRE
Les chiffres du ministère de l’Intérieur et les rapports parlementaires ont démontré que l’état d’urgence n’a plus d’intérêt au-delà des 15 jours initiaux décidés par le Président de la République. De nombreuses auditions l’ont confirmé. Comme son nom l’indique, l’état d’urgence doit être réservé aux situations d’urgence. C’est pourquoi il est nécessaire de supprimer cet article, afin de lutter efficacement contre le terrorisme. Cette lutte doit passer par un accroissement des moyens financiers et humains consacrés à l’enquête de proximité, à l’éducation et à la justice. La surenchère sécuritaire et l’agitation médiatique ne constituent pas une politique efficace.
Merci. Merci d’essayer de faire vivre notre société, de la faire progresser, de penser au futur plutôt qu’au jeu médiatique.
« Je l’avais vu un peu avant, il conduisait bizarrement. Il accélérait, freinait, re-accélérait, re-freinait… », a affirmé un témoin dans les colonnes de Nice-Matin. « Plusieurs personnes m’ont raconté la même histoire, s’agace un riverain auprès de Mediapart. Les poids lourds sont interdits dans le centre-ville, il y a des caméras à chaque coin de rue et aucune d’entre elles ne réagit… Ça interroge sur les limites du système quand même… »— Mediapart
Oui il s’agit d’une formulation bancale mais elle est tellement révélatrice…
Non, une caméra ça ne réagit pas. Une caméra ça ne fait rien, ça n’empêche rien. Ça filme, et c’est tout. Au moins on aura de belles images (enfin si c’est une caméra correctement positionnée, de bonne qualité, branchée et avec une maintenance régulière – malheureusement c’est loin d’être une évidence).
que des gens ne le réalisent vraiment que maintenant montre le degré d’enfumage qu’ils ont subi jusque là.
— Pierre Beyssac (@pbeyssac) 18 juillet 2016
Ce camion n’est qu’une illustration du problème. Ce qui me gêne c’est que les gens ne se réveillent qu’à peine, et que maintenant.
On a pris les caméra comme une solution alors que ce n’est qu’un outil. Et si on arrêtait avec ces caméras ?