Auteur/autrice : Éric

  • « Visons la lune », points de contrôle avant départ

    Pour obte­nir des résul­tats excep­tion­nels il faut des objec­tifs excep­tion­nels.

    Sérieu­se­ment, visez la lune. Les équipes ne demandent que ça et, si les condi­tions sont réunies, ça finit souvent par donner des choses inté­res­santes.

    Souvent, pas tout le temps, et unique­ment si les condi­tions sont réunies.

    Le problème du mana­ge­ment à la française c’est de se conten­ter d’ap­pliquer des objec­tifs irréa­listes, croire que ça va tirer les gens vers le haut, et renvoyer ensuite un feed­back néga­tif sur les résul­tats pas à la hauteur. Non seule­ment ça ne fonc­tionne pas mais en plus ça donne des résul­tats oppo­sés.

    Points de contrôle avant départ

    • L’objec­tif intro­duit-il une rupture, un rêve, ou un mur à abattre ? quelque chose d’ir­réa­li­sable dans sa nature et pas juste un chiffre plus impor­tant que d’or­di­naire ?
    • L’objec­tif motive-t-il en lui-même et non simple­ment par la satis­fac­tion de la direc­tion, voire par crainte de l’al­ter­na­tive ou de l’échec ? L’échec est-il possible ? bien accepté ? L’objec­tif est-il complé­men­taire à un bon fonc­tion­ne­ment de la société ?
    • L’équipe est-elle sur une dyna­mique posi­tive, avec des résul­tats posi­tifs et célé­brés comme tels ?
    • L’équipe a-t-elle des ressources humaines et maté­rielles dispo­nibles qu’elle peut utili­ser à cet objec­tif complé­men­taire ?
    • L’équipe a-t-elle une pleine liberté d’ac­tion et de déci­sion ?

    Il s’agit plus d’oser faire diffé­rent, autre­ment, sans se préoc­cu­per de ce qu’on croit possible ou non. Si l’ému­la­tion est là, que les voyants sont au vert, il est possible de faire tomber énor­mé­ment de barrières jugées infran­chis­sables.

    Parce qu’il y a d’autres voies

    Si par contre vous répon­dez « non » quelque part ou si vous biai­sez un peu, proba­ble­ment ne faut-il pas cher­cher un objec­tif ambi­tieux.

    Il y a d’autres chemins possibles, peut-être plus adap­tées à la situa­tion :

    Si tout est contraint, qu’il n’y a pas de moyens ou de liber­tés, mieux vaut envi­sa­ger des petits pas qu’on pourra réus­sir pour cher­cher un peu plus de souffle à l’ave­nir.

    Si la dyna­mique n’est pas bonne mais qu’il y a moyens et liber­tés, mieux vaut cher­cher des prises de risque faibles mais suffi­sam­ment diffé­rentes des objec­tifs habi­tuels, le temps de retrou­ver un collec­tif posi­tif.

    Si le mana­ge­ment n’est pas capable de libé­rer des ressources, de donner la liberté à l’équipe ou d’ac­cep­ter que l’objec­tif ambi­tieux ne sera pas atteint : chan­gez de mana­ge­ment, vite :-)

    Et si vrai­ment rien n’est à même de faire rêver, aucune rupture à créer, c’est à vous de voir suivant vos objec­tifs de vie mais il y a peut-être des rêves à accom­plir ailleurs.

    Quelques scéna­rios trop vus

    Quitte à enfon­cer les portes ouvertes, la diffé­rence entre des objec­tifs ambi­tieux et des objec­tifs irréa­listes tient beau­coup de la percep­tion et du contexte.

    Il ne suffit pas d’un mana­ge­ment qui répète sa confiance avec force. Voici des cas chacun vu plusieurs fois, soit person­nel­le­ment soit dans des équipes proches. Ne faites pas ça, ne vous lais­sez pas embarquer dans ce qui ne sont que des objec­tifs irréa­listes :

    « On va mettre des objec­tifs élevés pour que les gens se dépassent » avec simple­ment des chiffres diffi­ciles à atteindre. Démo­ti­va­tion par l’échec, perte de confiance dans la vision du mana­ge­ment, au mieux un essouf­fle­ment parce qu’on a pris l’al­lure du sprint pour faire un mara­thon.

    « Pour que la société survive, il faut réus­sir à faire deux fois plus que l’objec­tif que nous avons échoué la dernière fois » accom­pa­gné d’une perte de liberté déci­sion­nelle parce qu’on ne peut pas échouer. Bonus pervers quand on sait qu’on n’y arri­vera pas et qu’on aura un plan B.

    « Nous voulons gros­sir et pour ça il faut faire beau­coup plus » en oubliant que c’est une bonne moti­va­tion pour les diri­geants ou les action­naires mais peu moti­vant sur la durée pour ceux qui réalisent.

    « Visons la lune » mais en réser­vant l’es­sen­tiel du temps et des ressources sur le courant et les objec­tifs de fonc­tion­ne­ment. Démo­ti­va­tion par senti­ment d’in­ca­pa­cité, qu’il soit justi­fié ou non.

    « Qu’est-ce que vous voudriez faire ? » avec une vraie volonté de mettre en capa­cité malgré les compro­mis à faire, mais après des projets qui ont systé­ma­tique­ment été décrits par le mana­ge­ment comme échoués, trop lents ou insa­tis­fai­sants. Manque soit d’adhé­sion au mana­ge­ment, de confiance et donc de moti­va­tion, soit manque de confiance de l’équipe en elle-même qui ne verra que les murs devant elle.

  • J’ai vu des gens se réjouir, je vais être un peu plus critique

    On nous a vendu une procé­dure trans­pa­rente et égali­taire pour les inves­ti­tures En Marche. Ce n’est pas pire qu’ailleurs, c’est même proba­ble­ment mieux, mais il reste quand même l’im­pres­sion de s’être fait entu­ber.

    * * *

    Au moins trois personnes inves­ties ont immé­dia­te­ment démen­ties avoir même candi­daté (François Pupponi, Augus­tin Augier et Mourad Boudjel­lal). Je ne sais pas vous mais réus­sir un sortir un nom de non-candi­dat lors d’un proces­sus de sélec­tion, ça me semble juste impos­sible. Quand il y en a un c’est une erreur incom­pré­hen­sible. Quand il y en a trois, dont un ami, c’est que le proces­sus est une façade qui cache l’ar­bi­traire.

    Après avoir rejeté publique­ment Manuel Valls parce qu’il ne respec­tait pas les critères et n’avait de toutes façon pas candi­daté suivant la procé­dure propo­sée, on se rend compte qu’il n’y aura aucun candi­dat En Marche en face de lui. C’est le cas de plusieurs autres person­na­li­tés du PS proches du mouve­ment. Pas offi­ciel­le­ment inves­tis mais ce n’est pas si diffé­rent. Person­nel­le­ment j’ap­pelle ça une pirouette pas très honnê­te… et une procé­dure fantoche.

    Plus expli­cite, à Lyon les direc­tives sur le renou­vel­le­ment et le cumul des mandats sont aussi seule­ment indi­ca­tives. Gérard Collomb conti­nue de distri­buer ses terres comme il en a toujours été (et ça ne surpren­dra pas grand monde). Pas tout à fait ce que le parti a promis, ni en procé­dure ni en résul­tat.

    * * *

    Bref, le mouve­ment a bien les mêmes jeux d’ap­pa­reil que les autres. Il a juste la chance de ne pas avoir d’his­to­rique donc peut se permettre plus de nouveau­tés sur les circons­crip­tions sans enjeu.

    Quand Manuel Valls avait publique­ment déclaré qu’ils serait candi­dat pour la majo­rité mais pas dans le mouve­ment, il s’était fait rembar­rer publique­ment. On voit aujourd’­hui que c’est pour­tant le cas. Pas très diffi­cile d’ima­gi­ner que l’ac­cord était scellé mais que l’an­nonce n’au­rait pas du être faite si tôt.

    On peut se moquer du posi­tion­ne­ment de François Bayrou mais il est connu et reconnu comme quelqu’un de droit et honnête, par tous, sans discon­ti­nuer, depuis long­temps. Quand il dit à la presse qu’il y avait un accord mais qu’il n’a pas été respec­té… j’ai tendance à au moins envi­sa­ger que ça puisse être vrai.

    Les jour­na­listes poli­tiques ne font d’ailleurs pas diffé­rem­ment. Il y a encore beau­coup de circons­crip­tions sans personne d’of­fi­ciel­le­ment inves­tis. Souvent il y a un baron de Les Répu­bli­cains en face. De là à imagi­ner que c’est en attente de trac­ta­tions entre les struc­tures, il n’y a qu’un pas. La procé­dure égali­taire d’in­ves­ti­ture ne semble plus si primor­diale en tout cas.

    * * *

    Peut-être feront-ils d’ex­cep­tion­nels dépu­tés – je l’es­père – mais après ce qui précède, je n’ai pas plus foi dans la procé­dure En Marche que dans celle des autres partis. Je ne sais donc pas si les soutiens publics de la garde rappro­chée comme Mounir Mahjoubi et Cédric Villani ont été inves­tis pour leur adéqua­tion au poste, pour les remer­cier, ou à cause d’un accord préa­lable.

     

    * * *

    Il y a aussi du bon. Je n’ou­blie pas une seconde que ce que je reproche existe dans tous les autres partis natio­naux.

    Ici il y a au moins du renou­vel­le­ment via une majo­rité de personnes dont ce serait le premier mandat s’ils étaient élus. Je n’ai pas exploré les listes pour voir s’ils sont dans des circons­crip­tions réel­le­ment gagnables mais je n’ai pas de raison de douter que ça puisse être le cas.

    Après j’es­père que ces non-profes­sion­nels de la poli­tique auront le courage de résis­ter aux pres­sion et de garder leur indé­pen­dance face à un président qui a déclaré plusieurs fois qu’il allait forcer les dépu­tés de sa majo­rité à voter comme le gouver­ne­ment le demande.

  • [Lecture] « Oise: un maire décide de priver les « ivrognes » de RSA pour « nettoyer les rues » »

    La mesure a pour but de « nettoyer les rues des ivrognes », assume Arnaud Dumon­tier. Après les trafiquants de drogue, le maire (LR) de Pont-Sainte-Maxence (Oise) cible main­te­nant « une demi-douzaine de personnes qui s’al­coo­lisent dans le centre-ville ». Parmi eux, certains sont béné­fi­ciaires du RSA (revenu de soli­da­rité active). L’édile de cette commune de 13 000 habi­tants a donc décidé de s’at­taquer à ce revenu pour sanc­tion­ner ceux qu’il a dans le colli­ma­teur. Un levier d’ac­tion inédit. « Toucher l’aide de l’Etat pour la pico­ler, c’est into­lé­rable », justi­fie-t-il.

    L’élu a ainsi signalé un premier indi­vidu […qui…] vient de voir son allo­ca­tion suspen­due, pendant trois mois, de 80 %. Léga­le­ment, ce n’est pas l’al­coo­li­sa­tion qui est en cause, mais « le non-respect des obli­ga­tions en matière d’in­ser­tion », comme le fait de cher­cher du travail.

    — Le Pari­sien (mai 2017)

    Emilie, une maman de 31 ans vivant à Armen­tières (Nord), a mis fin à ses jours dimanche, rapporte ce vendredi La Voix du Nord.

    Cette mère de deux enfants âgés de 8 et 6 ans, qui avait contacté le quoti­dien régio­nal en mai pour parler de ses problèmes finan­ciers, ne perce­vait plus les allo­ca­tions de la Caisse d’al­lo­ca­tions fami­liales (CAF) depuis qu’elle touchait une allo­ca­tion enfant handi­capé de la part de la Belgique, pour sa fille triso­mique.

    — L’ex­press (juillet 2016)

    Il y a quelques mois je poin­tais la vraie diffé­rence entre le RSA et le RUE. Il ne s’agit pas forcé­ment de distri­buer plus d’argent à tout le monde. Ce qu’on verse est amené à être compensé par l’im­pôt et pas la fonte des minima sociaux dans le système.

    La révo­lu­tion c’est de consi­dé­rer que de trans­for­mer un outil de contrôle et de pres­sion en un outil d’entre-aide et de soli­da­rité. C’est consi­dé­rer que tout le monde a le droit de vivre sans avoir à prou­ver qu’il le mérite ou rentrer dans les cases d’un formu­laire.

    L’al­coo­lisme est une vraie dépen­dance. Peu importe ce qui a été essayé, en conclure que c’est juste un manque de volonté et que couper les vivres permet de faire retour­ner au travail, c’est comme arrê­ter d’ali­men­ter un hospi­ta­lisé en espé­rant que ça le respon­sa­bi­li­sera sur sa situa­tion. Ça n’a juste aucun sens.

    Le plus fati­guant c’est de croire que c’est une ques­tion d’im­pôts.

     

    Il fallait y penser avant. Chacun a des droits et des devoirs. Je suis le maire de ceux qui se lèvent tôt. Ces derniers sont venus me dire qu’ils en ont marre de payer des impôts pour ces indé­si­rables ivrognes.

    Un dépen­dant ne peut pas arrê­ter de boire magique­ment. Il trou­vera moyen, même sans le sou. C’est pour ça qu’on parle de dépen­dance à l’al­cool.

    À la place il sera à la rue sans le mini­mum. Il devra par contre quit­ter son loge­ment, dépendre des dons pour manger et arrê­ter tout soin. Son premier passage en urgence à l’hô­pi­tal à cause de ses condi­tions de vie coûtera bien plus cher à la collec­ti­vité que son ancien RSA.

    Même finan­ciè­re­ment ça n’a aucun sens. Tout ça arrive parce que le RSA est fait pour être mérité. Il impose une soumis­sion de ceux qui le perçoivent à ceux qui le donnent. Et quand des gens ont un pouvoir sur les autres… ils l’uti­lisent à leurs fins, le détourne de sa fina­lité.

  • Vous m’em­mer­dez (et pas que moi)

    Vous m’em­mer­dez à écar­ter les jambes comme si les sièges à gauche et à droite n’étaient que des repose-genoux.

    Vous emmer­dez tout le monde en fait.

    Vous emmer­dez tout le monde et vous me faites honte à prétex­ter que c’est justi­fié par votre sexe et votre anato­mie. Vous croyez que les autres hommes font comment ? oui, celui à votre gauche par exemple. Il est fait comme vous, comme moi. Non seule­ment il n’em­piète pas sur votre fauteuil mais en plus, à cause de vos excès, il ne tient que sur une partie du sien. S’il y arrive, vous le pouvez aussi.

    La seule diffé­rence entre vous et les autres c’est votre sans-gêne, la croyance que vous avez un droit plus fort que les autres. Vous, vous vous servez juste de votre sexe comme un prétexte pour emmer­der les autres, comme si avoir un sexe mascu­lin vous donnait ce droit. Bref rappel : ce n’est pas le cas.

    Écar­tez les jambes si ça vous amuse, mais respec­tez l’es­pace des gens à côté. Et si la femme à côté de vous serre ou croise ses jambes ce n’est nulle­ment une accep­ta­tion à vous voir poser votre genoux en face de son siège… quand ce n’est pas vous même qui lui impo­sez cette posture.

  • Je créé un mouve­ment citoyen trans­par­ti­san et apoli­tique

    « Je créé un mouve­ment citoyen trans­par­ti­san et apoli­tique »

    Non, c’est une fausse cita­tion mais enle­vez un seul des mots et je peux proba­ble­ment vous trou­ver un groupe qui s’en réclame.

    Si vous avez un avis sur un sujet de société, et encore plus si vous comp­tez peser dans le débat public, vous n’êtes pas apoli­tique. Vous êtes tout le contraire, par défi­ni­tion. Si en plus vous comp­tez vous présen­ter ou présen­ter des gens à une élec­tion, vous récla­mer apoli­tique c’est juste décla­rer que vous souhai­tez des emplois fictifs.

    Si vous comp­tez mili­ter pour une cause, des valeurs, une orien­ta­tion, une vision ou un programme, vous n’êtes pas trans­par­ti­san, vous êtes tout le contraire. Tout au plus vous êtes assez intel­li­gents pour recon­naitre les bonnes idées qui viennent d’ailleurs. Plus proba­ble­ment c’est simple­ment que vous souhai­tez voir les mili­tants des autres partis se rallier à votre mouve­ment. Je vais vous dire un secret : Tous les partis aime­raient que les autres se regroupent avec eux.

    Dans certains pays qui n’ont pas de plura­lisme ou qui sont contrô­lés par les mili­taires, la mention citoyen aurait un sens. Ici, sauf si vous montez un syndi­cat de mili­taires ou si vous êtes une auto­rité admi­nis­tra­tive offi­cielle, vous êtes effec­ti­ve­ment citoyens. Comme tous les autres groupes poli­tiques quoi.

    C’est vrai que mouve­ment ça fait plus cool et moderne que parti. On a même l’im­pres­sion d’un soulè­ve­ment popu­laire rien qu’a­vec la déno­mi­na­tion. Toute­fois, si vous comp­tez présen­ter ou regrou­per des candi­dats aux élec­tions, et encore plus s’il est prévu que les éven­tuels élus se rattachent à votre struc­ture dans le cadre des finan­ce­ments publics, j’ai la désa­gréable tâche de vous dire que vous quali­fiez à toutes les défi­ni­tions de parti poli­tique que j’ai pu trou­ver. Même si vous perdez, même si vous vous sentez diffé­rents. Oui, c’est triste. Main­te­nant rien ne vous empêche effec­ti­ve­ment de choi­sir le terme de mouve­ment pour vos publi­ci­tés, c’est vrai que ça en jette…

    * * *

    Fran­che­ment, vous serez plus crédibles à parler de renou­veau et à prétendre faire les choses diffé­rem­ment si déjà vous ne commen­cez pas à vouloir tordre la réalité à coup de voca­bu­laire.

    Assu­mez votre posi­tion­ne­ment. Il n’y a rien de honteux à former un parti poli­tique, parti­ci­per aux choix collec­tifs et souhai­ter chan­ger les choses. Il y a même de quoi être fier.

    En crachant sur le terme « poli­tique » et en déva­lo­ri­sant l’idée de former un parti, vous n’ai­dez pas les citoyens à se récon­ci­lier avec la démo­cra­tie, ou à enga­ger une réflexion collec­tive profonde.

    En Marche, France Insou­mise et quelques autres, je pense à vous et vous fais plein de bisous.

  • [Lecture] Les Français dépensent trop

    Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit inté­rieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau rela­ti­ve­ment élevé de la dette cela ne peut pas fonc­tion­ner dans la durée

    — Juncker à Macron : « Les Français dépensent trop », Europe 1

    Calcu­ler la part des dépenses publiques dans le PIB c’est quand même un indi­ca­teur à la con… ou plutôt un biais idéo­lo­gique majeur.

    Ce que révèle la part des dépenses publiques dans le PIB, c’est le choix de la popu­la­tion d’in­di­vi­dua­li­ser ou de mutua­li­ser certaines dépenses.

    Priva­ti­sez l’édu­ca­tion supé­rieure, les retraites, nous dimi­nue­rons la part des dépenses publiques de plusieurs points de PIB mais ça nous coûtera plus cher, autant humai­ne­ment que finan­ciè­re­ment.

    Petit rappel : « sur 100 euros de coti­sa­tions reçues par les complé­men­taires, 15 à 19 % partent en frais de gestion, contre 4 à 5 % pour la Sécu­rité sociale. »

    Cet indi­ca­teur ne révèle qu’une seule chose : l’adhé­sion à la vision écono­mique libé­rale. C’est un indi­ca­teur pure­ment idéo­lo­gique.

    Déjà que comme indi­ca­teur le PIB lui-même est discu­table… Ne nous lais­sons pas berner.

  • [Photo] Éclai­rage continu ?

    Je fais suite à mes recherches sur l’éclai­rage photo. J’ai eu peu de retours donc je cherche encore.

    Je vois passer des setup avec des ampoules à écono­mie d’éner­gie à 5 5 500 K, souvent par blocs de 3 à 7(exemple), d’autres avec de gros projec­teurs. Quand on compte, on a l’équi­valent ampoule à fila­ment de 500 à 1000W, parfois plus.

    Et du coup… je me demande. Pouvoir regar­der le rendu direc­te­ment plutôt que d’avoir la surprise lors du déve­lop­pe­ment, c’est certai­ne­ment un avan­tage.

    Quelqu’un a essayé ? Ça vaut quoi par rapport à un très bon flash cobra ? J’ai du mal à compa­rer les puis­sances ou ce que ça veut dire.

  • Punir, une passion contem­po­raine

    Croisé sur le web :

    L’au­teur souligne égale­ment le phéno­mène de l’ag­gra­va­tion des sanc­tions. il est le résul­tat selon lui de l’ins­tau­ra­tion des peines plan­chers, du déve­lop­pe­ment du juge­ment en compa­ru­tion immé­diate, des pres­sions de l’opi­nion et du pouvoir sur les magis­trats qui se protègent en prononçant plus souvent des peines d’em­pri­son­ne­ment et en main­te­nant plus de déten­tions provi­soires. Et il rappelle que cela n’est en rien propre à la France mais présent dans de nombreux pays. Quand bien même la popu­la­tion pénale dimi­nue dans d’autres.

    Mais comme cela abou­tit à une explo­sion de la popu­la­tion pénale, Didier Fassin écrit que la solu­tion est devenu le problème. Autre­ment dit, alors que la sanc­tion doit être la solu­tion au problème de la trans­gres­sion d’une règle, la sanc­tion devient elle aussi un problème. A cause du nombre d’in­di­vi­dus mis à l’écart, du coût écono­mique et humain induit, de la produc­tion ou la repro­duc­tion d’iné­ga­li­tés, de l’in­sé­cu­rité géné­rée, le châti­ment appa­raît de plus en plus comme ce qui menace la société plus qu’il la protège.

    — Paroles de juge, Le blog de Michel Huyette

    Rien de neuf, mais c’est toujours inté­res­sant de réflé­chir. Quelqu’un a-t-il eu l’oc­ca­sion de lire ce livre parti­cu­lier ?

    Je ne saurais trop conseiller de mon côté l’ul­tra clas­sique Surveiller et punir de Michel Foucault. Je sais, ça manque d’images, mais ça fait bien réflé­chir sur le rôle de la prison dans la justice, et les dérives qui ne manquent pas de surve­nir.

  • Je veux une entre­prise où le produit est au centre

    Qu’est-ce qui fait avan­cer l’en­tre­prise ?

    On pour­rait aussi deman­der « qui dirige ? ».  En France j’ai surtout vu des socié­tés diri­gées par le dépar­te­ment commer­cial. Que ce soit un direc­teur ou tout une équipe de commer­ciaux, il s’agit d’es­sayer de vendre.

    On vend, puis on demande aux opéra­tion­nels de réali­ser ou d’exé­cu­ter ce qu’on a vendu. Dans ces struc­tures il y a géné­ra­le­ment une pyra­mide très forte, ceux qui décident au dessus, ceux qui font en dessous.

    Peu importe quoi, celui qui vend a raison. Dans les pires des cas les ventes se font avant même de savoir si c’est faisable, si c’est rentable, si les délais sont réalistes. Tout ça c’est le problème des opéra­tion­nels après tout : Qu’ils se débrouillent. Forcé­ment, ces struc­tures génèrent beau­coup de pres­sion, peu d’au­to­no­mie opéra­tion­nelle, peu d’in­no­va­tion, et une déva­lo­ri­sa­tion très forte de la plupart des métiers.

    J’ai l’im­pres­sion que penser d’abord ainsi est un biais très français, mais peut-être me trompe-je.

    * * *

    J’ai aussi vu des struc­tures diri­gées par le marke­ting, par la tech­nique, par le produit, ou par la commu­ni­ca­tion.

    Je crois que le plus fati­guant est celle diri­gée par la commu­ni­ca­tion. Quand on cherche plus à paraitre qu’à faire, les équipes courent après les chimères, les enga­ge­ments donnés et l’image qu’on pour­rait avoir si… Au bout d’un moment ça commence à ne plus être tenable en interne. Au mieux on s’es­souffle.

    Il n’y a pas de réponse idéale. Tout dépend de ce que vous voulez obte­nir, du contexte, et des valeurs que vous portez.

    Peut-être est-ce mon propre biais d’in­gé­nieur mais j’ai trouvé des envi­ron­ne­ments beau­coup plus humains quand ils étaient diri­gés par le produit ou la tech­nique (au sens large, je ne parle pas forcé­ment d’in­for­ma­tique ou d’in­gé­nie­rie). Ce sont les gens qui font qui sont au centre, et ça force à tenir compte des condi­tions de travail ou à voir long terme.

    Ce n’est pas parfait, il y a d’autres biais, mais si c’est ce que vous montez, je suis à votre écoute.

    C’est peut-être aussi ce qui fait que j’aime les star­tup malgré tous les défauts bien connus de ces enti­tés : Le plus souvent elles ont compris qu’il fallait mettre le produit au centre.

    * * *

    J’ai souvent eu la réponse « ça ne fonc­tionne pas comme ça, tout le monde est impor­tant, il faut tenir un équi­libre ». Ne vous leur­rez pas, c’est pareil chez tout le monde.

    Il y a toujours un biais, un groupe qui a ou qui a pris le pas sur les autres. Si vous croyez que vous êtes parfai­te­ment équi­li­brés c’est plutôt mauvais signe. Ça veut dire que vous n’en avez pas conscience, et donc que vous ne saurez pas y prêter atten­tion pour en compen­ser les défauts. Peut-être même que ça veut dire que vous combat­tez ceux qui soulèvent le problème en interne.

    Une petite cari­ca­ture pour vous aider :

    Est-ce que vous réali­sez ce que vous vendez/promet­tez ? ou est-ce que vous vendez/annon­cez ce que vous réali­sez ?

  • Sisi, c’est bien un parti

    On m’a dit « ce n’est pas un parti, c’est un mouve­ment ». Le marke­ting n’est pas l’ex­clu­si­vité d’Em­ma­nuel Macron. Il ne s’agit que d’un bel enro­bage de voca­bu­laire.

    Plutôt que de partir dans une grande démons­tra­tion, je propose d’al­ler sur le site offi­ciel de la France Insou­mise et de cliquer sur la rubrique « donner ». Je cite :

    Pour finan­cer les dépenses liées à l’or­ga­ni­sa­tion d’évé­ne­ments, aux campagnes prési­den­tielle et légis­la­tives, à l’achat de maté­riel, au fonc­tion­ne­ment de ce site, etc., nous avons besoin du soutien finan­cier de chacun.e d’entre vous.

    Moi une struc­ture juri­dique qui a dans son objet de finan­cer des campagnes aux élec­tions natio­nales, j’ap­pelle ça un parti poli­tique. Vous pouvez contes­ter la déno­mi­na­tion mais…

    Un reçu, édité par la CNCCFP, vous sera adressé et vous permet­tra de déduire cette somme de vos impôts dans les limites fixées par la loi.

    Pour rappel, la CNCCFP c’est la commis­sion natio­nale des comptes de campagne et des finan­ce­ments poli­tiques. Bref, l’ins­tance qui s’oc­cupe des comptes des partis poli­tiques.

    S’il fallait une dernière confir­ma­tion, les limites de la loi sont expli­ci­te­ment rappe­lée plus bas dans la page et ce sont bien celles des partis poli­tiques. Les règles géné­rales des asso­cia­tions à but non lucra­tif sont beau­coup plus souples :

    La loi n° 95–65 du 19 janvier 1995 précise que seules les personnes physiques sont auto­ri­sées à verser des dons et des coti­sa­tions à un parti ou grou­pe­ment poli­tique.
    Tout don de personne morale (entre­prise, asso­cia­tion, SCI, compte profes­sion­nel de profes­sions libé­rales ou de commerçants…) est donc inter­dit.
    Le montant cumulé des dons et des coti­sa­tions d’adhé­rent-e à une ou plusieurs forma­tions poli­tiques est plafonné à 7 500 euros par personne et par an depuis la loi n° 2013–907 du 11 octobre 2013
    La France Insou­mise ne peut accep­ter de dons que par l’in­ter­mé­diaire de son manda­taire finan­cier : l’As­so­cia­tion de Finan­ce­ment de La France Insou­mise (ALFI), agréée le 23/01/2017, n°1202, paru­tion au JO le 31/12/2016).
    Les dons et coti­sa­tions en espèces de plus de 150 € (cumu­lées sur un an) ne sont pas accep­tés et ne donnent pas droit à réduc­tion d’im­pôt.
    Les dons et les coti­sa­tions versés à l’AFLFI par chèque ou carte ou vire­ment donnent droit à une réduc­tion d’im­pôt de 66% des sommes versées dans la limite de 20% du revenu impo­sable et de 15 000 euros par an et par foyer fiscal.

    Bref, il y a deux asso­cia­tions, décla­rées en même temps, une pour l’ac­ti­vité poli­tique elle-même et une asso­cia­tion sœur, passage obligé pour tout finan­ce­ment. C’est comme ça que sont struc­tu­rés tous les partis que je connais, et je suppose que c’est tout simple­ment une obli­ga­tion légale.

    S’il en fallait plus, la charte pour les légis­la­tives demande aux candi­dats inves­tis de se ratta­cher à l’AFLFI pour ce qui est du finan­ce­ment poli­tique public, et de former un groupe à l’As­sem­blée Natio­nale qui soit au nom de la France Insou­mise.

    La France Insou­mise, via ses deux asso­cia­tions loi 1901, inves­tit des candi­dats, leur impose une ligne de conduite, créé un grou­pe­ment dédié dans l’exer­cice du pouvoir, et se destine à rece­voir un finan­ce­ment poli­tique public.

    Je prends la défi­ni­tion de Wiki­pe­dia, celles du TLFi et de l’Aca­dé­mie française étant encore plus larges :

    Un parti poli­tique est une orga­ni­sa­tion poli­tique qui cherche à influen­cer une poli­tique gouver­ne­men­tale, en nommant ses propres candi­dats et en tentant d’ob­te­nir des mandats poli­tiques.

    Plus géné­ra­le­ment, la notion de parti poli­tique possède deux défi­ni­tions. La première, d’ordre idéo­lo­gique, est presque syno­nyme de faction : il s’agit, pour reprendre les termes de Benja­min Cons­tant, d’une « réunion d’hommes qui professent la même doctrine poli­tique »1.

    La seconde, d’ordre insti­tu­tion­nel, le tient pour un élément essen­tiel du jeu démo­cra­tique : « elle consiste à saisir le parti poli­tique en tant que forme poli­tique, struc­ture d’or­ga­ni­sa­tion de la démo­cra­tie »2.

    En France, un parti poli­tique est une asso­cia­tion loi de 1901.

    Il va falloir argu­men­ter sévère pour affir­mer que ça ne corres­pond pas à la situa­tion, autant dans la défi­ni­tion géné­rale que dans les deux défi­ni­tions parti­cu­lières. Tout au plus la France Insou­mise peut dire qu’elle n’est pas un parti poli­tique mais un grou­pe­ment poli­tique. La diffé­rence est pure­ment litté­raire.