Auteur/autrice : Éric

  • Respon­sive image

    Il y a eu des centaines d’ar­ticles tech­niques détaillés et plus ou moins smart sur la possi­bi­lité de télé­char­ger une image plus ou moins grosse suivant la taille d’af­fi­chage, afin de ne pas utili­ser une énorme image sur mobile ou une ridi­cu­le­ment petite sur un écran 24″.

    Si vous ne devez en lire qu’un

    Le dernier pour comprendre où en sont les réflexions, c’est proba­ble­ment l’ar­ticle de Bruce Lawson. Il faut aussi lire les commen­taires.

    Tout d’abord oubliez les astuces à base de javas­cript et de noscript. Il existe des machins horribles qui résistent à peu près à tout, mais ça reste fran­che­ment bancal. Oubliez encore plus les scripts à base de cookie, qui de toutes façons ne pour­ront jamais répondre à plus du tiers de la problé­ma­tique, et encore, avec des effets de bords.

    Bruce part d’une solu­tion unique­ment basée sur des CSS, qui de plus à la bonne idée d’être théo­rique­ment déjà fonc­tion­nelle. Il suffi­rait d’amé­lio­rer le support CSS 3 des navi­ga­teurs pour que cela ne se pose plus. Pour l’ins­tant cela n’est possible qu’a­vec Opera et Chrome, et les opti­mi­sa­tions de perfor­mance de ces navi­ga­teurs risquent de faire télé­char­ger deux images au lieu d’une seule (ce qui est un peu l’op­posé du but recher­ché).

    Il propose ensuite un marquage HTML pour arri­ver au même résul­tat. C’est rétro-compa­tible avec les navi­ga­teurs actuels, et ne devrait pas être impos­sible à implé­men­ter.

    Main­te­nant ça ne me plait pas

    Tout d’abord le marquage HTML me semble le mauvais endroit pour résoudre la problé­ma­tique. On parle de répondre à des tailles d’af­fi­chage, et ça c’est typique­ment une ques­tion de présen­ta­tion, donc de CSS. Certai­ne­ment il y a des fois où un marquage HTML aura du sens, mais selon moi ce sera un cas parti­cu­lier du cas géné­ral, et utili­ser HTML est prendre le problème par le mauvais sens.

    Ensuite il y a des problé­ma­tiques qui marquent un manque de recul (pas de la personne, mais bien en rapport avec les besoins réels et les capa­ci­tés des navi­ga­teurs). Filtrer sur le fait que l’uti­li­sa­teur est en 3G est seule­ment impos­sible pour beau­coup de situa­tions (le navi­ga­teur n’a pas l’in­for­ma­tion), mais aussi n’a aucun sens. Pour une même connexion 3G je peux être à des vitesses réelles qui font presque passer mon ancien 56K pour une alter­na­tive accep­table (par exemple à cause des pertes de paquets à gogo), soit être à 7Mb/s et crâner devant la majo­rité des liai­sons ADSL de mon pays (qui est pour­tant très bien connecté). De toutes façons la vitesse de connexion sur mon propre accès est un très mauvais révé­la­teur de la vitesse réel­le­ment dispo­nible pour joindre le serveur d’en face. Le réseau peut être encom­bré chez moi, chez mon FAI, sur le serveur d’en face, ou n’im­porte où au milieu.

    Je seconde le commen­taire numéro 8 : s’il fallait vrai­ment tailler le contenu de manière fixe en fonc­tion unique­ment de taille d’écran et de vitesse de connexion, une décla­ra­tion dans les entêtes de la requête et une négo­cia­tion HTTP seraient bien plus effi­caces. L’op­tion a de plus l’avan­tage de ne poser aucun problème de compa­ti­bi­lité arrière.

    La problé­ma­tique de base

    Toute­fois, on revient au problème initial. À force de discu­ter certains ont oublié la problé­ma­tique de base : choi­sir une image en fonc­tion de la taille à affi­cher. Le méca­nisme éven­tuel ne doit prévoir que ça : permettre de spéci­fier diffé­rentes adresses (ou diffé­rents suffixes) en fonc­tion de diffé­rentes hauteurs ou largeurs.

    Charge à vous d’uti­li­ser une entête ou l’adresse IP côté serveur pour véri­fier si c’est de l’ADSL ou de la 3G (ça me semble une mauvaise idée mais vous pouvez déjà le faire). Charge à vous d’uti­li­ser des @media pour propo­ser plusieurs versions en fonc­tion de la taille de l’écran ou de son orien­ta­tion, ou de contraindre cette taille en fonc­tion. En combi­nant tout cela vous devriez pouvoir faire tout ce qui vous amuse, mais la problé­ma­tique qui nous manque c’est unique­ment celle de four­nir plusieurs URLs en fonc­tion de la taille prévue pour l’af­fi­chage. De toutes façons on ne trou­vera jamais de solu­tion qui fait le café.

    Je n’ai pas « la » solu­tion, mais selon moi (et je rejoins beau­coup le commen­taire 15) :

    • La réponse prin­ci­pale doit être côté CSS (quitte à avoir d’autres types de réponses ailleurs pour des cas niches)
    • Elle ne doit s’oc­cu­per que de propo­ser des images alter­na­tives en fonc­tion de la largeur ou hauteur prévue pour affi­cher l’image (et non de la taille du view­port ou d’autres para­mètres tiers)
    • Elle ne doit pas provoquer de double télé­char­ge­ment sur les navi­ga­teurs non compa­tibles
    • Elle doit avoir un fall­back accep­table sur les navi­ga­teurs non compa­tibles

    Le reste se fait avec les outils exis­tants, pas en les remplaçant.

    Le jeu de « ma solu­tion à moi »

    Si vrai­ment je devais créer quelque chose à chaud (ce qui se révè­lera forcé­ment une erreur), j’au­rai quelque chose comme ça :

    img.intro {
      content: content-if(attr(data-big), width > 300px),
               content-if(attr(data-small), height < 50),
               attr(src) ;
    }
    @media all and (max-width:600px) {
      img.intro {
        width: 300px ;
        height: 200px ;
      }
    }
    @media all and (max-width:320px) {
      img#thingy {
        width: 50px ;
        height : 30px ;
      }
    }

    Bon, le pseudo langage sur la condi­tion n’est proba­ble­ment pas celui qu’il faut rete­nir mais il est volon­tai­re­ment basé sur un jeu de mot clefs limité et des contraintes qui le sont tout autant (hauteur et largeur dispo­nibles, c’est tout). On peut tout à fait envi­sa­ger que cela ne fonc­tionne que si les tailles width ou height sont déter­mi­nées expli­ci­te­ment dans la CSS, histoire de ne pas rendre l’im­plé­men­ta­tion irréa­li­sable. Autre avan­tage : c’est à priori compa­tible avec l’exis­tant puisqu’au pire si content-if n’est pas supporté, c’est toute la règle qui est igno­rée. Reste au navi­ga­teur qui supporte ça de prendre la première version qui corres­pond.

  • Appel à orateurs − Sud Web 2012

    Après Paris Web, c’est le tour de Sud Web. La précé­dente édition étant un succès, ils remettent ça les 25 et 26 mai 2012 à Toulouse. À vous de propo­ser des sujets via le formu­laire de l’appel à orateurs. Si vous voulez parler de concep­tion web, c’est un des événe­ments à suivre.

  • Boulan­ger : modèle Essen­tiel B à 99€

    Preuve que la lecture numé­rique devient grand public : On voit arri­ver des modèles « no name » réali­sés sous des marques premier prix comme ici Boulan­ger avec la liseuse Essen­tiel B à 99 €. Pas de wifi ni de tactile, et aspect un peu sovié­tique. L’offre est peu inté­res­sante par rapport à la concur­rence mais sa seule exis­tence est un signe.

  • Le Nook Tablet n’oc­troie qu’un seul 1 Go aux fichiers venus d’ailleurs

    Je vous parle de modèle fermé pour le Kindle en abor­dant les ques­tions d’ex­port des anno­ta­tions, de format de fichier ou de péren­nité des achats. Parfois c’est vague alors mieux vaut un bon exemple qu’un mauvais discours.

    Ici il s’agit de Barnes & Nobble plutôt que d’Ama­zon mais l’exemple reste éclai­rant sur le prin­cipe même de travailler contre le lecteur là où ça n’a pour­tant aucun sens : Le Nook Tablet n’oc­troie qu’un seul 1 Go aux fichiers venus d’ailleurs, sur les 16 au total. Si vous pensiez pouvoir y mettre vos mp3 et vidéos, vous voilà fort marri. L’idée étant bien de profi­ter du client pour l’en­fer­mer et le forcer à consom­mer dans la chaîne fermée.

    L’in­ci­ta­tion est compré­hen­sible et même peut être souhai­table, l’obli­ga­tion par une contrainte arti­fi­cielle est contre mes valeurs, le faire comme ici sur un critère qui ne sera pas vrai­ment visible de l’ache­teur est d’au­tant plus problé­ma­tique.

  • L’étude affli­geante d’Ernst & Young sur la propriété intel­lec­tuelle

    Bon, des études sur la propriété intel­lec­tuelle il y en a pour tous les gouts. Il est habi­tuel de voir simple­ment un agré­gat de posi­tions choi­sies par avance par le comman­di­taire ou par le contexte. L’étude affli­geante d’Ernst & Young sur le propriété intel­lec­tuelle a l’air de celles là.

    Je ne peux me rete­nir de vous donner la meilleure cita­tion de l’an­née :

    les entre­prises dans l’in­ca­pa­cité de vendre un même contenu aux consom­ma­teurs plusieurs fois (pour diffé­rents supports, plate­formes) risquent d’ac­cu­ser des pertes de chiffres d’af­faires

    Où on voit que les offres « dans les nuages » sont un danger parce qu’ils empêchent les gentils distri­bu­teurs de vendre plusieurs fois le même contenu au même utili­sa­teur, afin qu’il puisse le lire sur ses diffé­rents appa­reil. Que je puisse lire ma vidéo et sur pc et sur télé­phone et sur tv c’est, pour E&Y, une perte de chiffre d’af­faire. C’est certain qu’en voyant les choses sous cet angle, la contre­façon n’est pas prête de s’ar­rê­ter.

    Le plus navrant c’est que ce rapport arrive au moment où on redis­cute de la rému­né­ra­tion liée à la copie privée. Nous payons depuis main­te­nant des années une taxe rela­ti­ve­ment lourde sur tous les stockages numé­riques, de la clef USB à la carte mémoire de votre appa­reil photo en passant par votre GPS. Cette taxe est à desti­na­tion des socié­tés de collecte des droits d’au­teurs, pour compen­ser *jus­te­ment* le droit de copier un contenu d’un appa­reil vers un autre. Nous payons ce droit exagé­ré­ment cher, souvent sans possi­bi­lité de le mettre en oeuvre à cause des DRM, et voilà que de l’autre côté on nous dit que l’im­pos­si­bi­lité de nous vendre plusieurs fois le contenu pour cela serait une perte gênante de chiffre d’af­faire.

    Tous ces gens se tirent une balle dans le pied. L’Al­le­magne commence à faire gros­sir son parti pirate qui a désor­mais des dépu­tés aux assem­blées régio­nales. S’il est diffi­cile de trans­po­ser cela en France, il est clair qu’un mouve­ment finira forcé­ment par écla­ter ici aussi. À force d’ex­cès, le retour de bâton sera violent et c’est tout le droit d’au­teur qui risque d’être secoué voire mis à terre. Tant va la cruche à l’eau qu’à un moment …

  • Media Can Avoid NYPD Arrest By Getting Press Pass They Can’t Get

    Outre la petite histoire de la police qui demande des passes presse qu’elle ne propose pas de donner, il y a là un problème de fond avec cette crois­sante habi­tude de deman­der des cartes de presse pour auto­ri­ser quelqu’un à filmer ou à se trou­ver sur un lieu pour rappor­ter un événe­ment.

    C’est pour moi tota­le­ment contraire au prin­cipe même de liberté d’ex­pres­sion, liberté d’in­for­ma­tion, et capa­cité du citoyen à contrô­ler ce qu’il se passe. Le jour­na­liste est un profes­sion­nel qui fait de l’in­for­ma­tion son métier. Forcé­ment, on lui donne des accré­di­ta­tions parce que parfois il faut contrô­ler des entrées, gérer des rela­tions avec les jour­naux, etc. Main­te­nant rien ne doit rendre néces­saire un statut spécial avant de rappor­ter, enre­gis­trer ou être témoin d’évé­ne­ment.

    C’est ainsi qu’on dérobe au citoyen son droit à l’in­for­ma­tion. Ce droit n’est pas une délé­ga­tion ni réservé à une profes­sion, c’est un droit person­nel de chacun. C’est d’ailleurs quand l’État veut restreindre la portée ou la diffu­sion d’un événe­ment public qu’on commence à deman­der des accré­di­ta­tions, ce qui marque bien que l’objec­tif est d’al­ler contre l’in­for­ma­tion et le témoi­gnage.

  • La voix obli­gée de l’Ély­sée

    Quand on parle d’hy­per président et de volonté de contrôle de Nico­las Sarkozy, voici un exemple où les maires sont la voix obli­gée de l’Ély­sée.

    Bon, pas si obli­gée que ça, mais combien se lais­se­ront fina­le­ment avoir et feront le discours demandé ? Quel est le droit du Président de faire une telle demande. N’abuse-t-il pas de sa posi­tion en faisant une telle demande qui n’est fondé sur aucun texte lui donnant ce rôle ou ce pouvoir ?

    J’ai l’hon­neur de vous faire parve­nir, sous ce pli, le message du président de la Répu­blique, qui devra être lu lors de la céré­mo­nie commé­mo­ra­tive du 11 novembre que vous orga­ni­se­rez dans votre commune. [la graisse est de moi]

    Mais surtout ce qui gêne c’est que ce n’est même pas une ques­tion de simple abus ou exagé­ra­tion de rôle de Président, c’est l’uti­li­sa­tion de ce rôle à des fins de commu­ni­ca­tion poli­tique parti­sane, voire de campagne. Parce que n’en doutons pas un instant, il s’agit là d’un sujet fait pour rallier ou faire parler, à des fins de combat entre partis, pas d’une volonté de fond au nom de la France. Et ça c’est peut être ce que je trouve le plus inac­cep­table.

  • Aujourd’­hui, Coluche serait avec Marine Le Pen

    Je n’ai aucune envie de savoir si aujourd’­hui Coluche serait avec Martine Le Pen ou non. La ques­tion contient en elle-même la réponse qu’elle cherche à provoquer, peu importe si cette réponse a du sens.

    Par contre je ne peux m’em­pê­cher, à chaque fois que j’en­tends de vieux sketchs, et pas que de Coluche, que ces comiques seraient aujourd’­hui mis au ban de la société. Je suis même convaincu qu’ils fini­raient proba­ble­ment pour beau­coup dans les extrêmes, à force de rejet. Les extrêmes sont les seuls espaces où il est possible d’ac­cep­ter des gens dont les idées sont reje­tées par les autres. Ceux qui refusent de se plier au consen­suel finissent forcé­ment soit par se taire soit par s’y faire plus ou moins happer, même si les idées ne s’y assi­milent pas..

    Ce n’est pas qu’une ques­tion de contexte social, ou le racisme étaient moins jugé inac­cep­table et donc encore sujet à l’hu­mour, c’est un enjeu plus large de capa­cité à s’ex­pri­mer sur tous les sujets. Nous avons plus de tabous, et nous n’ac­cep­tons plus aucune pensée hors du consen­sus. C’est très dange­reux pour notre avenir. C’est ainsi que la société peut se faire embri­ga­der, contrô­ler, ou simple­ment qu’elle s’em­pêche d’évo­luer et progres­ser.

  • Joue-la comme Copé à la télé, en douze leçons

    Rien de neuf, les poli­tiques font de la langue de bois. Rue89 s’amuse à jouer comme Copé à la télé et à repé­rer les manœuvres. Il est vrai qu’en ce moment c’est peut être lui qui joue le plus de mauvaise foi (rôle de porte parole du parti domi­nant oblige ?) mais ça pour­rait tout à fait se faire avec la plupart des poli­tiques actuels.

    Et si le problème était plutôt dans l’ab­sence de vrais jour­na­listes pour insis­ter et contrer ces systèmes de commu­ni­ca­tion éculés ? C’est plutôt là notre problème en France. Si on subit ce genre de commu­ni­ca­tion, c’est parce que nulle part on ne l’em­pêche. Il ne tient qu’à nous d’avoir de vrais jour­na­listes comme dans les pays qui ont un vrai débat poli­tique, et de boycot­ter les autres.

  • Serai-je empri­son­née pour avoir dénoncé les dérives de magis­trats ?

    Je vous laisse lire l’ar­ticle sur le combat d’une jour­na­liste dénonçant des dérives et des juges dénon­cés par cette jour­na­liste, que ce soit à raison ou à tort. Le fond ne m’est pas assez profon­dé­ment connu pour que je le commente. Il est inté­res­sant en lui-même et je ne veux pas vous détour­ner de ce qu’il exprime. Je me permets toute­fois deux hors-sujets partiel :

    • L’ou­trage est de plus en plus un juge­ment arbi­traire de ceux qui agissent au nom de la loi. On voit beau­coup de déra­pages dans les outrages récla­més par les poli­ciers. On voit ici que fina­le­ment le problème est éven­tuel­le­ment diffa­ma­toire, peut être un sérieux abus de liberté d’ex­pres­sion, mais proba­ble­ment pas un outrage. Quand bien même cela en sera un dans les textes (ce qui serait douteux), il s’agi­rait d’un fait par trop arbi­traire à première vue.
    • Mais ce qui dérange beau­coup c’est fina­le­ment que celui qui juge est celui mis en cause, du moins à ce que j’en lis dans l’ar­ticle. Et ça, dans quel État de droit est-ce possible ? Là il y a forcé­ment un problème indé­niable.