Auteur/autrice : Éric

  • La petite révo­lu­tion

    J’avais partagé ma propre expé­rience du livre numé­rique et des liseuses élec­tro­niques, mais fina­le­ment certains résument ça bien mieux que moi

    La petite révo­lu­tion :

    « Fina­le­ment, on a l’im­pres­sion de lire un livre même si on n’a plus la sensa­tion du papier entre les doigts […] pour lire en dépla­ce­ment ou en voyage ça doit être très pratique. Ça tient dans la poche. »

    Tout est dit, même si ça ne vous fait pas aban­don­ner le papier (et ce n’est pas l’objec­tif).

  • L’ave­nir des liseuses élec­tro­niques

    Quand on vous parle de liseuse élec­tro­nique et livre numé­rique, on parle de petits objets en noir et blanc avec des flash tous les quatre ou cinq chan­ge­ment de page. C’est génial pour lire, mais vrai­ment unique­ment pour ça.

    L’ave­nir le voilà : Kyobo Mira­sol (à ne pas confondre avec les liseuses Kobo, sans y) des écrans à encre élec­tro­nique couleur, sans flash et à réac­ti­vité correcte. Faites arri­ver le tout sous Android et on a la prochaine révo­lu­tion des tablettes.

    Comp­tez quand même encore un ou deux ans proba­ble­ment avant de voir ça arri­ver sur nos produits grand public.

  • « Je n’ai­me­rais pas être DRH »

    Il est diffi­cile de se mettre à la place de l’autre. En tant que sala­rié on voit faci­le­ment les excès des employeurs, et on prend un plai­sir à mettre le doigt dessus pour faire bouger les choses.

    Quand on a soi même la charge d’em­ployer des tiers la vision ne s’in­verse pas mais elle est forcé­ment plus complexe, et des fois, sans renier ses prin­cipes, le point de vue change assez pour qu’on oublie ce en quoi on croit.

    Clai­re­ment « Je n’ai­me­rais pas être DRH » moi non plus. L’ex­pé­rience est à lire, et à réflé­chir.

    Garder ses valeurs quand les enjeux changent, c’est un combat de tout les jours. Celui qui pense que c’est facile ou que chacun ne voit jamais que son propre inté­rêt est d’un mani­chéisme auquel je ne peux me ranger.

    Même votre employeur cherche souvent à être quelqu’un de bien et croit l’être. Il a simple­ment des contraintes et des points d’at­ten­tion diffé­rents, qui font qu’il oublie un point de vue et envi­sage les choses sous un autre angle. Personne n’a raison ni tort, personne n’est le grand méchant de James Bond. En colla­bo­rant on arrive souvent mieux à ses fins qu’en s’op­po­sant, juste­ment parce qu’au fond tout le monde aime­rait mieux aider les gens que de les enfon­cer.

  • Orange va expé­ri­men­ter du QoS data diffé­ren­ciée pour les entre­prises

    Reflets arrive souvent à voir pas mal de choses concer­nant les réseaux mais j’ai l’im­pres­sion qu’ils ont ici manqué la portée de ce qu’ils révèlent.

    Quand Orange expé­ri­mente du QoS data diffé­ren­ciée pour les entre­prises, on parle de réser­ver une bande passante à ceux qui payent plus cher. Le concept même est mauvais, et Reflets le pointe très bien.

    Cela mène à une situa­tion magique : non seule­ment cela dégrade la situa­tion de tous les autres, mais cette dégra­da­tion est au béné­fice de l’opé­ra­teur qui renforce ainsi l’in­té­rêt de l’offre premium. Bref, l’offre n’a pas à venir avec une amélio­ra­tion de la qualité ou du réseau en géné­ral, on se contente de créer de la rareté pour faire payer des surcoûts en plus. C’est même encore plus magique puisqu’il devient de l’in­té­rêt de l’opé­ra­teur de dégra­der l’offre stan­dard, ce qui fait écono­mi­ser des sous : on gagne sur les deux tableaux.

    Bref, du connu. Mais j’ai l’im­pres­sion que Reflets se laisse avoir par l’idée que c’est pour l’ins­tant unique­ment une offre pro. Main­te­nant n’ou­blions pas. S’il y a 10 personnes à 1 Mb/s sur la borne 3G et qu’on offre un accès prio­ri­taire au pro pour sa télé­con­fé­rence à 4 Mb/s, ce sont tous les autres qui perdent un tiers de leur bande passante.

    Comme il n’y a pas des bornes 3G pro et des bornes 3G parti­cu­liers, si l’offre est pour les pro, elle dégrade la situa­tion de tous les autres, qui sont majo­ri­tai­re­ment des parti­cu­liers. Ces derniers font bel et bien partie de l’ex­pé­ri­men­ta­tion, malgré eux et malgré les annonces.

    Neutra­lité du net ? visi­ble­ment c’est déjà perdu.

  • Quand NKM fait la manche dans les socié­tés contrô­lées par son minis­tère

    Un maire qui fait spon­so­ri­ser les actions publiques par des entre­prises privées ça me gêne déjà. Le G20 en était un bon exemple.

    Par contre quand un maire profite de son statut de ministre pour faire parti­ci­per des entre­prises sous son appar­te­nance qui n’ont rien à voir avec sa ville, là ça devient fran­che­ment un scan­dale.

    La ville de Longju­meau (Essonne) s’ap­prête à offrir à ses admi­nis­trés quatre semaines de glisse sur une pati­noire de plein air

    […] dans un cour­rier adressé à quelques entre­prises, Natha­lie Kosciusko-Mori­zet soutient l’ap­pel à la géné­ro­sité

    […]la singu­la­rité de la démarche de NKM réside dans le choix des entre­prises auxquelles elle a écrit : RATP, Aéro­ports de Paris (ADP) : des socié­tés sous la coupe… du minis­tère de l’Eco­lo­gie et des Tran­sports.

    Quand NKM fait la manche dans les socié­tés contrô­lées par son minis­tère, il est néces­saire de vrai­ment donner un coup de balai dans les pratiques de nos élus.

  • Biblio­thèque publique, abon­ne­ment, loca­tion, achat et livre numé­rique

    Le numé­rique vendu plus cher que le papier à la biblio­thèque. Et fina­le­ment, c’est plutôt normal.

    La biblio­thèque publique c’est en même temps génial et en même temps mons­trueu­se­ment contrai­gnant. Il faut se dépla­cer dans les heures et jours d’ou­ver­ture, choi­sir ce qu’il y a sur place, faire la queue pour emprun­ter, se rete­nir d’an­no­ter, et penser à bien le rame­ner, en faisant atten­tion à ne pas lais­ser courir le dernier samedi de libre sinon on passe à l’amende.

    Ce qu’ap­porte l’achat person­nel ce n’est pas tant la propriété ou la capa­cité de relire, que la souplesse d’uti­li­sa­tion et l’ac­cès à un cata­logue plus complet ou récent. Je ne crois pas avoir jamais entendu dire quelqu’un qu’il retient un achat pour fina­le­ment aller à la biblio­thèque. Les publics sont en partie diffé­rents, les livres dispo­nibles aussi

    Mais fina­le­ment, la biblio­thèque publique a-t-elle du sens avec la déma­té­ria­li­sa­tion ? Tout le modèle est basé sur la contrainte de l’objet physique qu’on ne peut pas parta­ger, qui met du temps à arri­ver dans les rayons, et qu’il faut aller cher­cher puis rappor­ter sans pouvoir écrire dessus. Toutes ces choses n’ont plus de sens en numé­rique.

    De plus si je peux prendre un livre à distance, le rendre auto­ma­tique­ment, l’an­no­ter à côté sans risques, accé­der à un grand cata­logue qui peut même conte­nir des nouveau­tés, là je vais réel­le­ment empié­ter sur les ventes normales.

    Les éditeurs ne s’y trompent pas quand le numé­rique est vendu plus cher que le papier à la biblio­thèque.

    Fina­le­ment, pour du numé­rique, quelle est la diffé­rence entre une biblio­thèque publique et un système d’abon­ne­ment à la Spotify ? C’est tout le concept de biblio­thèque publique qui perd son sens et qui est remplaçable par des nouveaux modèles de distri­bu­tion.

    D’ailleurs, pour aller plus loin, tout le modèle d’achat et de propriété perd aussi partiel­le­ment son sens. Ce qu’on achète devient plus un droit de lecture qu’une propriété sur un objet. Tout ce qui m’in­té­resse est donc de savoir si je vais pouvoir réac­cé­der à mes anciens livres quand je le souhaite, et combien ça me coûte. Comme je relis rare­ment mes livres, et que j’ai plutôt envie d’en lire de nouveaux, la notion d’abon­ne­ment dans un très large cata­logue a bien plus de sens pour moi que la notion d’achat d’un fichier précis.

    L’idéal étant peut être entre les deux : un abon­ne­ment où je peux garder à vie les fichiers lus. Publie.net le fait, mais le cata­logue leur est limité.

     

     

     

  • Les maladresses d’une inter­view sur un nouveau média

    Petite polé­mique entre Rue89 et Alain Lipietz. Le premier publie un article après un déjeu­ner en tête à tête avec le second. Alain Lipietz réagit en consi­dé­rant qu’on a trahit ses propos et manqué de déon­to­lo­gie. Le rédac chef s’ex­prime à son tour pour défendre le papier publié.

    Je vous conseille de lire les deux derniers. Le premier article n’a lui-même que peu d’in­té­rêt dans l’his­toire. Person­nel­le­ment c’est le dernier qui me fait réagir.

    Il est diffi­cile de pouvoir juger quoi que ce soit, faute d’avoir été présent au déjeu­ner, d’avoir vu les notes de la jour­na­liste, ou d’avoir lu la version envoyée avant publi­ca­tion à Alain Lipietz. Toute­fois, dans la réponse du rédac chef, je vois trop de choses contes­tables pour accep­ter la posi­tion de Rue89. (suite…)

  • Publi­ca­tion numé­rique des oeuvres indis­po­nibles

    Le Sénat a voté ces dernies jours une propo­si­tion de loi sur l’édi­tion sous forme numé­rique des livres dits « indis­po­nibles », c’est à dire de ceux qui n’ont pas fait l’objet d’ex­ploi­ta­tion commer­ciale par un éditeur, et dont la publi­ca­tion date d’avant 2001.

    Un des problèmes prin­ci­paux de la tran­si­tion vers le numé­rique c’est que le cata­logue est trop faible. Les anciens contrats ne compre­naient pas de clause en rapport avec le numé­rique. Il faut trou­ver et recon­tac­ter les ayants droits, donc certains ne sont plus trou­vables, puis négo­cier les droits numé­riques.

    Bref, l’in­ten­tion est louable mais la faisa­bi­lité reste discu­table, et la propo­si­tion contes­table. (atten­tion, c’est long) (suite…)

  • Prêt d’ebooks : ça ressemble à un prêt…

    Une des portes de sortie pour le finan­ce­ment des conte­nus déma­té­ria­li­sés c’est l’abon­ne­ment et la loca­tion. L’achat n’est pas toujours perti­nent, et se retrouve basé sur une démarche de propriété du contenu acheté qui n’a plus lieu d’être (surtout avec les notions de DRM).

    L’in­dus­trie du livre n’y est proba­ble­ment pas prête, en tout cas elle fonc­tionne à l’en­vers ces temps ci. Les enjeux du numé­rique ne sont compris que par l’angle commer­cial, sans aper­ce­voir la révo­lu­tion dans les usages et dans ce que les gens sont prêts à accep­ter ou non. Les acteurs y vont à recu­lons ou avec des vieux réflexes, et ça donne ça. Prêt d’ebooks : ça ressemble à un prêt…

    On y va à grands renforts de logo, d’in­ci­ta­tion à l’achat, de rappels commer­ciaux par email, alors que ce qui est attendu avec le numé­rique c’est juste­ment cette distance et cette indé­pen­dance.

    Nous nous tirons une balle dans le pied. Avec l’ex­pé­rience comp­tée, qui croit que le lecteur hési­tera long­temps face aux circuits de contre­façons qui four­nissent le contenu, tout le contenu mais rien que le contenu : neutre, simple, auto­nome et sans contrainte ?

    Côté livre nous avons encore l’oc­ca­sion d’ame­ner une offre et un cata­logue avant que les gens prennent l’ha­bi­tude de la contre­façon. Si nous y arri­vons le combat sera proba­ble­ment gagné parce que ceux qu’on veut rete­nir sont ceux qui piratent par raz le bol ou par simpli­cité. Les autres ne sont pas prin­cipe de toutes façons pas ceux qui assurent la rému­né­ra­tion des créa­teurs et distri­bu­teurs. J’ai toute­fois peur qu’on échoue, vu comme c’est parti.

     

  • France : Google privé du statut d’hé­ber­geur pour ses liens Adwords

    Le statut d’hé­ber­geur est un réel flou en France. Il permet norma­le­ment à un héber­geur ou inter­mé­diaire tech­nique d’être exonéré de respon­sa­bi­lité pour des conte­nus illé­gaux à certaines condi­tions, mais savoir qui peut en profi­ter semble faire conti­nuel­le­ment sujet à débat.

    Par le passé on l’a refusé à l’un parce qu’il avait de la publi­cité, à l’autre parce qu’il avait une caté­go­ri­sa­tion des actua­li­tés postées par les visi­teurs, à un troi­sième parce qu’il y avait une modé­ra­tion… Pas mal de ces déci­sions sont souvent jugées contes­tables par les gens du métier, moi le premier.

    Ici Google est privé du statut d’hé­ber­geur pour ses liens Adwords, parce qu’il prévoit que les demandes doivent être lancées plusieurs jours avant la prise d’ef­fet pour permettre à Google de faire des obser­va­tions, des modi­fi­ca­tions, ou des refus. Parti de là, c’est qu’il y a une revue de prévue à priori, et donc qu’il y a travail édito­rial et publi­ca­tion en connais­sance de cause, du moins telle semble être l’in­ter­pré­ta­tion du juge. On peut simple­ment dire comme dans l’ar­ticle que Google est pris à son propre jeu juri­dique, mais je serai tenté de dire que pour une fois l’in­ter­pré­ta­tion est intel­li­gente. On ne peut pas et récla­mer ne pas pouvoir vali­der les conte­nus, et impo­ser un délai préa­lable destiné à juste­ment les vali­der (ce qui n’im­plique pas que c’est fait, mais au moins qu’il est prévu que ce puisse être fait). C’est une histoire de cohé­rence et de réci­pro­cité.