Auteur/autrice : Éric

  • HADOPI : la gadge­to­phrase de l’Ely­sée qui fait tâche

    Des fois il y a des croi­se­ments amusants.

    Premier acte, le gouver­ne­ment tente d’agir contre la contre­façon en prenant des moyens détour­nés qui lui évitent d’avoir à prou­ver quoi que ce soit : Si votre adresse IP est repé­rée sur des serveurs de télé­char­ge­ment et liée à des conte­nus proba­ble­ment illi­cites, vous voilà aver­tis puis inter­dit de connexion Inter­net. Le prétexte offi­ciel c’est le défaut de sécu­ri­sa­tion de la connexion. L’ar­gu­ment offi­ciel c’est que votre adresse IP suffit à vous attri­buer la faute.

    Second acte, un petit malin monte un site qui tente de lister les télé­char­ge­ments P2P faits à partir de votre adresse IP. Là on peut tenter des adresses de l’Ély­sée et rire d’y trou­ver des conte­nus contre­faits. Il est diffi­cile de savoir si l’adresse IP a été injec­tée dans les serveurs P2P par un petit malin ou si réel­le­ment quelqu’un a télé­chargé des conte­nus illi­cites à partir de l’Ély­sée. Les deux hypo­thèses semblent peu crédibles et nous ne saurons jamais laquelle est la bonne.

    C’est le troi­sième acte qui est amusant avec une décla­ra­tion de l’Ély­sée. HADOPI, la gadge­to­phrase de l’Ely­sée qui fait tâche :

    « les adresses IP ne sont pas fiables car elles peuvent être pira­tées. »

    C’est le fonde­ment même de toute la poli­tique du gouver­ne­ment via la Hadopi qui est pour­tant basé sur la soli­dité des repé­rages par adresse IP. Bref, ça fonc­tionne pour les autres, mais pas pour eux.

    Bien évidem­ment, nous sommes dans la réalité et il ne faut pas cher­cher de la cohé­rence. Cela ne remet bien entendu pas du tout en cause le côté répres­sif de la Hadopi qui fonc­tionne sur ce prin­cipe, ou les millions d’eu­ros qui y sont dédiés. Faudrait pas rigo­ler trop long­temps.

  • Google’s Android Update Alliance Is Already Dead

    En mai dernier, les construc­teurs de smart­phones et tablettes s’as­so­ciaent à Google pour promettre des mises à jour vers les nouvelles versions de l’OS Android pendant 18 mos après la sortie du télé­phone.

    C’est le mini­mum si on veut consi­dé­rer que le produit est main­tenu, et qu’il a une durée de vie signi­fi­ca­tive. Ache­ter un produit plus de 500 euros et avoir l’im­pres­sion qu’il est dépassé car non mis à jour 6 mois après, ce n’était plus tenable. Que cette obso­les­cence soit unique­ment du ressenti marke­ting ou pas n’y change fina­le­ment rien, c’est inte­nable.

    Sauf que voilà, à peine moins de 6 mois après cet enga­ge­ment, sort la version 4 d’An­droid, tant atten­due. Visi­ble­ment l’en­ga­ge­ment n’aura même pas tenu une seule mise à jour. Les construc­teurs parlent de mises à jour discré­tion­naires pour tel ou tel appa­reil suivant les volon­tés marke­ting. Avoir un appa­reil haut de gamme large­ment assez puis­sant n’y chan­gera rien : Google’s Android Update Alliance Is Already Dead.

    S’il fallait un exemple sur le pourquoi il devient impor­tant d’ou­vrir les boot­loa­der des télé­phones pour que les commu­nau­tés puissent prendre la main sur les mises à jour : le voilà. À vous de faire votre choix, sur ce point comme sur celui du suivi des mises à jour, tous ne sont pas logés à la même enseigne.

  • Marine Le Pen veut créer « une natio­na­lité à points » – Laïcité

    Oubliez le fait qu’on parle de Marine Le Pen. N’im­porte quel poli­tique peut dire n’im­porte quoi, et quand on parle de natio­na­lité ou de laïcité, aucun parti n’est à l’abri d’im­bé­ciles. Mais voilà, quand Marine Le Pen veut créer « une natio­na­lité à points », elle consi­dère qu’il faut se soumettre aux grands prin­cipes de la France, dont la laïcité. Et là ça me fait mal.

    Ça ne me fait pas mal sur les grands prin­cipes ou sur la laïcité, mais sur la soumis­sion à la laïcité. Nous faisons telle­ment de cas de ce grand prin­cipe que nous en arri­vons à l’in­ver­ser tota­le­ment.

    C’est le peuple et le citoyen de natio­na­lité française qui soumet l’état à un prin­cipe de laïcité. Le citoyen, lui, a au contraire un grand prin­cipe de liberté de son exer­cice et de son expres­sion reli­gieuse, garanti et par la consti­tu­tion et par la conven­tion des droits de l’homme.

    Compre­nons nous bien, la laïcité est un attri­but de l’état

    et, par exten­sion, de ses repré­sen­tants. On peut trou­ver anor­mal que le Président de la Répu­blique assiste offi­ciel­le­ment à une messe catho­lique. On peut consi­dé­rer comme une erreur grave qu’il accepte et vienne se faire remettre une charge reli­gieuse comme le titre de chanoine. On peut même trou­ver anti­cons­ti­tu­tion­nel que ce président parle de remettre la reli­gion au coeur de la vie de la cité. Tout ceci est une atteinte grave à la laïcité de l’État.

    Par contre quand on parle de soumettre un citoyen nouvel­le­ment français au prin­cipe de laïcité je ne comprends plus. Ce prin­cipe ne s’ap­plique pas à lui, il est à son entière béné­fice. Lui a le droit d’ex­pri­mer sa reli­gion publique­ment, de l’exer­cer sans autre limi­ta­tion que la loi. On peut à la limite consi­dé­rer qu’il doit s’abs­te­nir de signes exté­rieurs osten­ta­toires quand il a un rôle public lié à l’État comme un rôle d’ac­cueil en mairie ou d’en­sei­gnant. On peut même (bien que je le digère mal), consi­dé­rer que ces signes doivent aussi être reti­rés dans quelques situa­tions très spéci­fiques comme le milieu éduca­tif où cela serait une pres­sion sur autrui trop impor­tante. Ça s’ar­rête là.

    J’ai­me­rai bien qu’on puisse me dire dans quelle situa­tion un citoyen, en tant que citoyen, pour­rait faire une entorse au prin­cipe laïcité. Nulle part ça ne s’ap­plique à lui.

    La Laïcité ce n’est pas la dispa­ri­tion des reli­gions, c’est l’in­dif­fé­rence totale par rapport à la ques­tion. Quand un poli­tique, en son rôle public parlant de poli­tique de l’État, cherche à mili­ter contre telle ou telle mani­fes­ta­tion reli­gieuse en usant du terme de laïcité, ce qu’il fait est exac­te­ment opposé au prin­cipe de laïcité. Du coup je retire un point au permis de natio­na­lité française de Marine Le Pen. Il en reste combien ?

  • Les dispa­rus de Fuku­shima

    Nous pouv­pons lire que fina­le­ment Fuku­shima n’au­rait pas été aussi grave que le battage média­tique le lais­sait croire, que Tcher­no­byl n’a pas non plus fait sérieu­se­ment beau­coup de morts. L’ac­tua­lité de la catas­trophe n’ai­dait pas les discours mesu­rés. Toute néga­tion passait vite soit pour une contes­ta­tion de la réalité soit pour du complo­tisme du plus mauvais effet.

    Main­te­nant que tout ça est un peu derrière nous, il est plus qu’im­por­tant de se retour­ner et voir où nous en sommes. Sans ce retour en arrière nous serons condam­nés à subir les actua­li­tés, à entendre ce que tel ou tel lobby veut bien nous dire à force d’oc­cu­pa­tion média­tique.

    Alors voilà un petit compte rendu de la situa­tion actuelle, et il faut bien dire que tout n’est pas si rose : Nos JT sont passés à autre chose de plus vendeur, mais je vous invite à lire en entier l’ar­ticle qui suit pour vous faire votre propre opinion avant de passer vous même à autre chose.

    Il ne s’agit pas de savoir si le nucléaire est bien ou mal, si nous devons l’ar­rê­ter ou pas. Il s’agit juste de savoir comment nous trai­tons ce que nous avons, et à quel point nous ne pouvons oublier les événe­ments de ce type 10 jours après la fin des titres dans les JT : Les dispa­rus de Fuku­shima.

  • Shre­diquette – a multi­ro­tor MAV by W. Thie­licke

    Je ne connais­sais pas mais visi­ble­ment c’est vieux. Pour ceux qui veulent monter seuls leur micro héli­co­ptère radio commandé 3 ou 6 hélices, il y a les plans PCB, les codes infor­ma­tiques et tout ce qu’il faut sur Shre­diquette – a multi­ro­tor MAV by W. Thie­licke.

    De quoi voler en exté­rieur avec gps et caméra. Bon, ça fait cher et ce n’est pas vrai­ment un jouet, mais ça va atti­rer plus d’un geek ce truc.

  • Démo­cra­tie et votes de groupe au Sénat

    Je rumine dans ma barbe à chaque fois que je vois des votes au parle­ment qui ne devraient légi­ti­me­ment pas passer parce qu’ils ne sont clai­re­ment pas soute­nus par les dépu­tés.

    De la liberté de vote de nos dépu­tés

    Les dépu­tés de l’As­sem­blée Natio­nale sont tenus par leur parti et leur groupe parle­men­taire. Ils peuvent s’op­po­ser, mais la pres­sion poli­tique fait qu’ils risquent de perdre leur inves­ti­ture aux prochaines élec­tion, ou de perdre quelques avan­tages et privi­lèges comme être rappor­teur de telle ou telle comis­sion.

    L’ab­sence devient souvent la façon de s’op­po­ser sans le dire, et l’abs­ten­tion expli­cite le comble de l’op­po­si­tion. Voire des dépu­tés voter « oui » en disant partout qu’ils sont contre devient d’un banal qui fait peur. Rares sont ceux qui osent vrai­ment et souvent faire ce pour quoi ils sont élus : voter en leur âme et conscience ce qu’ils pensent bien.

    Il faudrait abso­lu­ment chan­ger ça, mais personne ne peut créer de règle « ne cédez pas aux pres­sions » ou « conti­nuez à inves­tir les indé­pen­dants aux élec­tions ».

    Vote de groupe au Sénat

    Au Sénat c’est encore pire. Là on y fait encore des votes de groupes. C’est une jolie figure de style où le chef de groupe vote pour tout son groupe, en une fois. Voter contre son groupe devient une réelle mesure d’op­po­si­tion, trop forte pour que nos séna­teurs en aient vrai­ment le courage.

    Bien évidem­ment c’est anti­cons­ti­tu­tion­nel. Si nous avons des centaines de séna­teurs et de dépu­tés, c’est pour avoir une plura­lité des voix et une garan­tie de non-dérive. Avoir cinq ou six repré­sen­tants de groupe qui votent pour tout le monde met bien entendu en écec toute la repré­sen­ta­tion natio­nale.

    Article 27 : « le droit de vote des membres du Parle­ment est person­nel » et « la loi orga­nique peut auto­ri­ser excep­tion­nel­le­ment la délé­ga­tion de vote. Dans ce cas, nul ne peut rece­voir délé­ga­tion de plus d’un mandat. »

    De l’in­si­gni­fiance des règles consti­tu­tion­nelles

    Notre Conseil Cons­ti­tu­tion­nel, dans son immense courage, a jugé que pour que cela ne pose aucun problème, malgré le fait qu’ef­fec­ti­ve­ment ce soit expli­ci­te­ment contraire à la consti­tu­tion. C’est à ce deman­der à quel est son rôle.

    « ne saurait enta­cher de nullité la procé­dure d’adop­tion de ce texte que s’il est établi,  d’une part, qu’un ou des dépu­tés ont été portés comme ayant émis un vote contraire à leur opinion et d’autre part, que, sans la prise en compte de ce ou ces votes, la majo­rité requise n’au­rait pu être atteinte ».

    J’ad­mire le raison­ne­ment qui fait que même si suffi­sam­ment de séna­teurs se rebel­laient, ce qui serait quasi­ment une révo­lu­tion, c’est tout juste le vote en ques­tion qui serait remis en cause.

    Le plus marrant est que des situa­tions où le résul­tat du vote a été faussé ont été iden­ti­fiées. Le cas n’est pas que théo­rique. Autant dire que rien n’a changé.

    Sur la situa­tion du vote de groupe, son histoire, sa situa­tion juri­dique et tout ce qui l’en­toure, la lecture du réca­pi­tu­la­tif regars­ci­toyens est indis­pen­sable. C’est une vraie mine d’or factuelle et bour­rée de réfé­rences.

    De l’ac­tua­lité

    Bien entendu, le PS a plusieurs fois combattu le système des votes de groupe. Il faut dire que quelques votes contraires ou quelques absten­tions peuvent faire chan­ger la majo­rité au Sénat. C’est le PS qui a d’ailleurs inter­pelé plusieurs fois le Conseil Cons­ti­tu­tion­nel.

    Fait histo­rique le 19 décembre dernier, le PS est majo­ri­taire et un vote est mis en oeuvre qui permet de suppri­mer le recours au vote de groupe.

    Devi­nez quoi : Ce vote a été réalisé par vote de groupe. Le PS, dont la majo­rité ne tient qu’à un fil, n’a pas voulu prendre de risques et a voté contre la réforme. Cohé­rence, prin­cipes et courage ? fi donc !

    Rassu­rez-vous, l’UMP a voté contre aussi. À défaut de vouloir une meilleure démo­cra­tie ou un respect de la consti­tu­tion, au moins ils sont cohé­rents avec leurs posi­tions passées.

  • Chris­tian, 12 ans, risque la prison à vie

    La justice est trop laxiste nous dit-on. Vous allez me dire que mon histoire se passe aux États Unis et non en France, mais quand je vois ce genre de délire, je me dis que nous n’avons pas tant fait de chemin que ça par rapport au moyen âge. Je me demande même si par rapport à des dates plus récentes, nous n’au­rions pas regressé.

    Chris­tian, 12 ans, risque la prison à vie. Quelle que soit sa faute, c’est déjà diffi­cile à entendre. Chris­tian aurait provoqué la mort de son petit frère en le proje­tant contre une étagère. C’est horrible, surtout que si la prison à vie est envi­sa­gée c’est que l’État pense que ça puisse être volon­taire.

    Main­te­nant, est-ce que ça mérite de tuer la vie d’un second enfant en ne lui faisant connaitre que la prison ? Comment pense-t-on en faire un citoyen et lui permettre de prendre le droit chemin avec un tel histo­rique ? D’au­tant que vu le reste de son histoire fami­liale, c’est plutôt d’aide dont il a besoin.

    L’offre du procu­reur, s’il y a recon­nais­sance de culpa­bi­lité, est un empri­son­ne­ment jusqu’à 21 ans. Vous vous voyez sortir à 21 ans de prison, en n’ayant connu que ça comme enfance et comme rela­tions humaines ? Que pensez-vous qu’il puisse construire et trou­ver comme vie ensuite ?

    Les maux du coupable et de la victime ne se compensent pas, ils ne feront jamais que s’ajou­ter. Si la peine est néces­saire, c’est à titre dissua­sif pour tous, et pour permettre au coupable faire un retour sur lui-même en se forgeant un nouveau chemin.

    Une justice qui se trans­forme de plus en plus en puni­tion est une justice qui se perd.

    Je m’égare parce que je voulais atti­rer l’at­ten­tion sur les mots de la procu­reure :

    « J’ai de la compas­sion pour Cris­tian Fernan­dez. […] Mais ce n’est pas mon travail de pardon­ner. Mon travail, c’est d’ap­pliquer la loi ».

    Quand on a l’im­pres­sion qu’ap­pliquer la loi implique forcé­ment de récla­mer le maxi­mum en dépit de l’objec­tif de réha­bi­li­ta­tion et des condi­tions spéci­fiques, à mon avis on a oublié son rôle.

    Le procu­reur de Floride est élu, ceci peut aussi entraî­ner cela. Le prin­cipe des élec­tions incite à montrer et à agir sans mesure, afin d’avoir une visi­bi­lité publique.

  • 15 minutes with Jack Abra­moff

    Il est facile de se faire une image grand bandi­tisme de la corrup­tion des poli­tiques mais proba­ble­ment ça ressemble plus à des faveurs et petits biais entre amis telle­ment courants et peu gênants indi­vi­duel­le­ment que l’es­sen­tiel des concer­nés clame­ront leur honnê­teté avec bonne foi.

    15 minutes with Jack Abra­moff vous donnera un peu d’éclai­rage sur un repenti du système des États Unis. Si le système des lobby est très diffé­rent ici, ne croyons surtout pas que la réalité française n’a rien de commun. Ici rien n’est visible, et en soi rien que ça est déjà pire.

  • Briser la grève afin d’as­su­rer l’ordre public, ou son contraire

    Petite discus­sion récem­ment avec Ludo­vic qui reproche au gouver­ne­ment d’avoir attenté au droit de grève en faisant inter­ve­nir la force publique en rempla­ce­ment des agents de sécu­rité privés aux aéro­ports de Paris.

    Pour moi on a deux inté­rêts contra­dic­toires : 1– Le respect du droit de grève, ce qui implique le non rempla­ce­ment des grévistes par du person­nel tiers, 2– et l’obli­ga­tion pour l’État d’as­su­rer la sécu­rité publique.

    Je laisse l’as­pect pure­ment juri­dique de côté. D’autres s’y connaissent bien mieux que moi et je ne doute pas que de toutes façons les syndi­cats porte­ront la ques­tion en référé pour qu’elle soit tran­chée sous au plus quelques jours. S’il y a la moindre ambi­guïté sur des droits si fonda­men­taux, il est légi­time qu’ils le fassent. Reste donc la ques­tion morale et le « qu’est-il le mieux pour notre pays » :

    Il est toujours diffi­cile de mettre un droit ou un devoir par dessus l’autre. Pour­tant, en l’es­pèce, la sécu­rité publique impliquant des risques de dommages perma­nents aux personnes, elle doit selon moi être assu­rée prio­ri­tai­re­ment. L’al­ter­na­tive serait d’ac­cep­ter des risques de bles­sés, ou pire, afin de respec­ter le droit de grève. C’est d’ailleurs suivant ce même prin­cipe que les forces de l’ordre ou les services d’ur­gence peuvent être forcés de travailler en dépit du droit de grève.

    La ques­tion est de savoir quelle est la tâche réelle affec­tée aux forces de l’ordre. Les agents privés assu­raient la sécu­rité mais ils étaient aussi là faire respec­ter les files, s’as­su­rer que personne ne passe derrière le guichet, et globa­le­ment assu­rer le règle­ment et le fonc­tion­ne­ment de l’aé­ro­port. Si les forces de polices dépê­chées s’oc­cupent des mêmes missions annexes, alors on peut faci­le­ment consi­dé­rer qu’ils dépassent l’obli­ga­tion d’as­su­rer la sécu­rité publique pour assu­rer le rôle de sala­riés grévistes. Là, il y aurait problème, et problème grave (du moins tant que l’ac­cès au trans­port aérien n’est pas vu comme un besoin primaire ou un droit fonda­men­tal, ce que je ne crois pas qu’il soit).

    En nous battant contre la présence même des poli­ciers nous simpli­fions à l’ex­trême, et nous nous battons avec de mauvais argu­ments. Il sera simple pour beau­coup de juger la présence de la police justi­fiée, d’au­tant que si la grève dure jusqu’au nouvel an, il est certain qu’on risque des débor­de­ments. Ce sera plus complexe à expliquer, moins porteur comme slogan, mais si nous voulons être honnêtes, regar­dons plutôt à quoi sont employés sur place les poli­ciers.

    Il y a un critère assez simple fina­le­ment : S’ils prennent en quel­conque occa­sion des ordres ou des instruc­tions de la part du person­nel ou de la direc­tion des Aéro­ports de Paris, ou qu’ils ont pour mission de « faire fonc­tion­ner » l’aé­ro­port voire d’en faire appliquer le règle­ment, alors ils auront une mission privée, atten­ta­toire au droit de grève. Si à l’in­verse ils ne prennent d’ins­truc­tion que de leur hiérar­chie et du préfet de police, à objec­tif unique d’as­su­rer la sécu­rité et du public et du person­nel, alors leur présence est plus que légi­time : elle est néces­saire.

    Malheu­reu­se­ment je ne crois pas une seconde à cette seconde hypo­thèse.

  • The divi­ded brain

    Si vous ne connais­sez pas les RSA Animate, vous avez un manque dans votre construc­tion intel­lec­tuelle. J’ai­me­rai pouvoir les écou­ter toutes, mais les vidéos ça prend du temps. Celles-ci, dessi­nées en même temps que racon­tées, ont un impact éton­nant, surtout que les inter­ve­nants et les sujets sont géné­ra­le­ment excel­lents.

    Aujourd’­hui je vous propose The divi­ded brain. On y parle de cerveau gauche et cerveau droit. Oui, encore. Bon, ça commence par jeter beau­coup des stéréo­types clas­siques sur « ça c’est à droite » et « ça c’est à gauche ». La suite est inté­res­sante mais je pensais fermer mon navi­ga­teur sans vous faire parta­ger le lien.

    Sauf qu’aux deux tiers (la vidéo fait 12 minutes seule­ment), on commence à peindre le monde tel qu’on l’a, avec son ambi­guité de liberté mais d’un nombre de règles imme­su­rable. L’au­teur tourne ça habi­le­ment et fait la liai­son avec son discours.

    Ce n’est pas la vidéo de l’an­née. C’est même peut être une des moins bonnes vidéo des RSA Animate (ce qui la laisse au dessus de la plupart des autres vidéos tout court quand même), mais ça donne à réflé­chir. Bref, si vous avez 10 minutes, ça peut valoir le coup d’y jeter un oeil mais sans couper avant la fin ni sauter le début.