Auteur/autrice : Éric

  • Favo­ri­ser des usages – numé­rique

    Pour faire suite au billet précé­dent, je trouve que La Quadra­ture, avec tout le soutien que je peux leur appor­ter sur certains sujets, se four­voie en voulant taxer la publi­cité en ligne.  Ce faisant il s’agit de choi­sir quels usages sont légi­times ou non, et de dire plus ou moins que « la publi­cité c’est mal ».

    Le texte qui présente cette solu­tion est juste­ment là pour remettre en cause une poli­tique et un modèle qui privi­lé­gie certains usages – les usages commer­ciaux – par rapport aux autres – les usages non marchands, privés, éduca­tifs – Cette diffé­ren­cia­tion des usages et le fait d’avoir écrasé les uns pour faire perdu­rer les autres est juste­ment le fond du problème initial.

    On peut alter­na­ti­ve­ment voir le modèle publi­ci­taire comme propre à mono­po­li­ser l’at­ten­tion sur un nombre limité de produc­tions (l’ar­gu­ment de La Quadra­ture). On peut aussi le voir comme propre à finan­cer des œuvres qui n’au­raient pas forcé­ment aussi faci­le­ment vu le jour, ou qui n’au­raient pas eu la visi­bi­lité méri­tée. Même si on pense qu’aujourd’­hui c’est plutôt le premier effet qui est à l’œuvre, taxer spéci­fique­ment ce modèle pour finan­cer les autres c’est s’in­ter­dire de voir les choses évoluer, de voir la société trou­ver d’autres façons de penser ou de s’ar­ti­cu­ler.

    Ce serait simple­ment repro­duire les mêmes erreurs, mais avec un nouveau choix idéo­lo­gique. Lais­sons libre les usages et les modèles des uns et des autres. Ne refai­sons pas les mêmes erreurs.

    Encore une fois, si nous pensons qu’il y a un finan­ce­ment à trou­ver et que c’est au béné­fice de la société dans son ensemble, n’hé­si­tons pas à cher­cher le finan­ce­ment au niveau de la société dans son ensemble.

  • Arrê­tons de surtaxer le numé­rique

    Nous avons d’un côté l’État qui taxe « là il y a de l’argent » et « là où ça se déve­loppe » pour compen­ser et subven­tion­ner « là où il n’y a ni argent ni déve­lop­pe­ment possible », et parfois un peu « là où les indus­triels savent s’y prendre pour quéman­der ». On y trouve la fameuse « taxe Google » sur la publi­cité en ligne.

    D’un autre côté nous avons les éditeurs de conte­nus et de services qui cherchent simple­ment à taxer les nouveaux usages et nouveaux types de concur­rences pour assu­rer la péren­nité de leur ancien modèle en perte de vitesse. On y trouve les histo­riques « taxe rede­vance pour la copie privée » et  « finan­ce­ment du cinéma par les télé­vi­sions et les opéra­teurs Inter­net ». Plus récem­ment on voit l’idée de taxer les liens voire les clics au béné­fice de la presse ou des photo­graphes.

    C’est agaçant. Pire, c’est contre-produc­tif pour les objec­tifs visés. En frei­nant les relais de crois­sances et nouveaux usages afin d’évi­ter quelques années de plus de faire évoluer les modèles ou envi­ron­ne­ments qui le néces­sitent, c’est forcé­ment perdant sur le long terme.

    Là où je suis surpris c’est quand ceux qui réflé­chissent à de nouveaux modèles se laissent embarquer dans la même faci­lité. À réflé­chir sur de nouveaux équi­libres au niveau de la créa­tion, des droits d’au­teur, des rému­né­ra­tions et des usages, on me parle de contri­bu­tion créa­tive et de finan­ce­ment par une taxe sur la publi­cité en ligne.

    Fran­che­ment, permet­tez-moi d’être un peu fami­lier mais : lâchez la grappe au numé­rique, aux réseaux et globa­le­ment aux NTIC !

    Ces domaines doivent parti­ci­per à la société au même titre que les autres : pas moins, mais pas plus non plus. S’il est néces­saire d’em­pê­cher les contour­ne­ments fiscaux divers et variés, il est inac­cep­table de voir arri­ver de multiples taxes ou compen­sa­tions qui financent des acti­vi­tés tierces.

    Si nous choi­sis­sons d’avoir des poli­tiques de société, si nous pensons que la société doit finan­cer le cinéma, la créa­tion, la presse ou je ne sais quoi d’autre, assu­mons un choix de société et finançons le sur le budget de la société, via l’im­pôt où une taxe géné­rale. Ne cher­chons pas le coupable idéal, celui qui semble avoir de l’argent, pour tout lui coller sur le dos.

  • Statis­tique du jour : 10 573 … la guerre du spam

    10 573. C’est le nombre de spam par mail que j’ai reçu ces 30 derniers jours.

    C’est bien évidem­ment plus que le nombre de cour­riers réels, pas loin d’un ratio de 1 à 10. C’est surtout plus d’une quin­zaine par heure en flot continu. Je n’ima­gine plus une adresse sans filtre anti-spam.

     

  • La tour Folks­trom, Jeff Balek, Éditions ONLIT

    J’ai traîné à faire la chro­nique de La tour Folks­trom que m’a trans­mis les éditions ONLIT. Je ne sais toujours pas comment formu­ler la fin du troi­sième para­graphe lié au contenu, mais rete­nir le texte plus long­temps n’y chan­gera rien.

    Comme les précé­dents, ça commence par une couver­ture extrê­me­ment claire, contras­tée avec un titre très lisible, le tout dans un format epub stan­dard sans DRM avec petit prix honnête. Rien que pour ça, ça mérite d’al­ler plus loin.

    Le contenu

    La tour Folks­trom c’est un roman court d’un peu plus d’une heure, premier de ce qui sera proba­ble­ment une sorte de feuille­ton d’aven­tures du détec­tive héros. On se retrouve dans un poli­cier clas­sique porté dans un univers steam-punk léger. L’am­biance y est bien trans­mise, les person­nages faci­le­ment indi­vi­dua­li­sables, et l’in­trigue est suffi­sam­ment simple pour s’adap­ter au format court.

    J’avais regretté l’ab­sence d’illus­tra­tions type gravures dans ma dernière chro­nique d’un roman court ONLIT. C’est à croire qu’ils m’ont écouté car elles y sont ici, en fin de chapitre. C’est léger, mais ça permet d’en­trer un peu plus dans l’am­biance. Pour ces formats courts qui créent des univers parti­cu­liers, j’ap­pré­cie, Merci.

    Je reproche peut-être juste­ment des person­nages et une intrigue un peu trop simples. En conden­sant un peu on aurait pu se retrou­ver sur un format de 40 minutes un peu plus dyna­mique. Là fina­le­ment je manque de complexité quelque part et je n’au­rai pas été surpris d’un clas­se­ment « jeunesse » (en espé­rant que l’au­teur n’y voit rien de néga­tif, ce ne l’est pas dans mon esprit).

    Trans­mé­dia

    En fait la valeur ajou­tée est peut être autre : Jeff Balek, l’au­teur, s’es­saye à des styles d’écri­ture spéci­fiques au numé­rique. Le monde créé est le même que celui du Waldgän­ger, un feuille­ton court par tranches de 45 minutes plus orienté action et aven­tures., mais plusieurs années en arrière.

    Le tout est enri­chit par un site Inter­net sur le monde et un sur l’enquê­teur. Les concepts de la ville Yumming­ton et objets steam punk sont enri­chits de sites web qui permettent d’étendre la lecture. L’au­teur parle de trans­mé­dia. Ce qui est certain c’est qu’on touche quelque chose de « diffé­rent ».

    En fait plus que le manque de punch c’est ça qui m’a gêné. Le visuel de fin de section avec un texte hors récit inci­tant à aller sur le site web pour raccro­cher les deux média a fini par me couper de l’am­biance. Je me suis pris à faire une pause dans la lecture à ces moments là alors que le volume de lecture ne le rendait pas natu­rel. Peut-être est-ce aussi moi qui ne suis pas encore prêt, j’ai d’ailleurs assez peu exploré le site.

    S’il y a un point à amélio­rer dans un tome 2 c’est d’abord celui là. Nous sommes un peu sur le terrain de l’ex­pé­ri­men­ta­tion et j’ap­pré­cie beau­coup l’idée que des auteurs comme Jeff Balek ne se contentent pas du livre homo­thé­tique. Il faut des auteurs et des éditeurs pour tenter des choses.

    Peut être qu’une toute petite icône en face du terme plutôt qu’en fin de chapitre serait plus adap­tée, ou un lien avec souli­gne­ment en poin­tillé direc­te­ment dans le texte, ou quelques phrases en fin de section mais sans le visuel et avec une mise en forme qui permet de ne pas trop accro­cher l’œil.

  • De l’im­por­tance des méta­don­nées

    Sérieu­se­ment, éditeurs de conte­nus numé­riques : Travaillez les méta­don­nées embarquées dans les fichiers !

    Trop souvent ces méta­don­nées sont partielles, mal remplies, et peu quali­ta­tives. Parfois ce sont même des infor­ma­tions essen­tielles qui manquent comme la pochette de l’al­bum pour un fichier de musique ou le thème pour un livre.

    Éditeurs, ces méta­don­nées font partie de votre travail, de ce qu’on attend de vous, voire de ce qu’on achète. Vendre du numé­rique ce n’est pas comme vendre des objets physiques en reti­rant l’as­pect maté­riel. Il y a des attentes diffé­rentes dues aux usages qui eux aussi sont diffé­rents. Les méta­don­nées en sont une : C’est ce qui permet de clas­ser, retrou­ver, et globa­le­ment profi­ter d’un contenu. C’est un réel critère de choix entre diffé­rents conte­nus à ache­ter, et une cause très fréquente pour ne pas ache­ter de nouveau chez un éditeur ou dans collec­tion.

    Person­nel­le­ment j’en ai marre de remplir après coup ces méta­don­nées après achat. J’ai plusieurs fois reporté des achats sur cette raison mais désor­mais ce sera expli­cite : Je n’achè­te­rai plus chez ceux qui ne font pas un travail au mini­mum « correct ».

    Musique

    Pour les fichiers musi­caux, « correct » c’est au mini­mum la liste de tous les auteurs avec nom et prénom, le compo­si­teur, l’an­née de publi­ca­tion de la musique (pas celle du fichier numé­rique), l’al­bum dont est extrait le titre, le numéro de piste sur cet album, une illus­tra­tion 500×500 pixels mini­mum, la langue des paroles et le genre de musique. Bien entendu ces données sont inscrites avec la bonne casse (pas tout en majus­cule et des accents si néces­saires sur les majus­cules) et de façon homo­gène.

    Ceux que je quali­fie de « bons » ont une quali­fi­ca­tion très précise du genre (par exemple : quel type de jazz ?), une illus­tra­tion très haute défi­ni­tion, le texte complet des paroles, voir le tempo.

    Livres et textes

    Pour les textes j’at­tends aussi, en plus des auteurs et du titre (souvent mal codés), le nom de l’édi­teur, le nom de la série et le numéro dans la série, un résumé ou accroche, la langue, la date de publi­ca­tion du livre origi­nal (tous formats confon­dus) ou de son écri­ture et l’EAN du livre. L’illus­tra­tion de couver­ture doit être au grand mini­mum de 800×600 pixels et ici la quali­fi­ca­tion précise du genre est indis­pen­sable (« fantasy » ne suffit pas, il peut y avoir une dizaine de genres de fantasy, et agré­ger science-fiction fantasy et fantas­tique est une faute impar­don­nable).

    Pour le livre tout ce qui précède est indis­pen­sable, sans excep­tion. Les bonus qualité se font sur le résumé, les biogra­phies et la table des matières.

    Et d’autres

    Je suis certain que chacun a sa vision de l’in­dis­pen­sable, mais peu importe. Éditeurs, remplir ces méta­don­nées de façon complète et haute­ment quali­ta­tive est votre travail. C’est presque le mini­mum en fait. J’ac­cepte même quelques erreurs légères dans le contenu si au moins les méta­don­nées me permettent de l’ex­ploi­ter plei­ne­ment. Le numé­rique c’est aussi ça.

    Vous vous y mettez quand ?

  • French food

    Les États Unis nous envie­raient nos cantines scolaires, et mange­raient moins bien ou moins variés, mais ne vous y trom­pez pas : Chez les adultes nous mangeons plus riche et plus éner­gé­tiques qu’outre Atlan­tique, et nos enfants ne mange­raient pas aussi équi­li­bré.

  • Le MacBook Air de 1994

    Ça n’a l’air de rien, mais avec cette vidéo, qui n’est pas un MacBook Air de 1994, on ne peut que voir une copie totale du concept et de l’ap­proche. Ça permet de remettre quelques procès récents en pers­pec­tive.

  • Analyse d’un frag­ment d’idéo­lo­gie anti-nucléaire

    L’ar­ticle du Monde est effec­ti­ve­ment mauvais, avec même des erreurs factuelles comme base de départ. La réponse en analyse d’un frag­ment d’idéo­lo­gie anti-nucléaire est bien rédi­gée, et donne un superbe aperçu de comment sont gérés les risques.

    Oui, c’est sérieux, c’est raisonné, c’est maîtri­sé… du point de vue de l’in­gé­nie­rie, du point de vue finan­cier, et du point de vue des risques.

    Là où à mon avis le fond de l’ar­ticle du Monde touche juste, même s’il l’ex­prime très mal, c’est que du point de vue de la société, cette gestion des risques raison­née elle n’existe pas.

    Dans quasi­ment tout le reste de l’in­dus­trie, les acci­dents peuvent toujours dépas­ser l’ima­gi­na­tion, on arrive encore à borner l’in­ci­dent ultime. Une digue qui lâche, un avion qui s’écrase, un immeuble qui tombe, on peut le quan­ti­fier en nombre de morts et bles­sés, avant et après. On a beau se dire « ça n’ar­ri­vera jamais », on sait à peu près ce que ça donne­rait si ça arri­vait.

    Dans le nucléaire d’une part le risque maxi­mum est impos­sible à imagi­ner dans son impact, mais en plus il est large­ment moins facile à mesu­rer du fait de leur impact diffus et durable. Comment quali­fier un tel risque ? D’un point de vue ingé­nie­rie ou finan­cier on peut prendre des mesures, mais du point de vue poli­tique de la société dans son ensemble la ques­tion est toute autre.

    Là on nous répond « l’en­tre­prise est bien gérée et a pris en compte ses risques », mais ça ne dit en rien que ces risques sont accep­tables par la société, ou même mesu­rables par elle.

  • Retour sur la première semaine – livre webperf

    J’ai ouvert le projet pour parta­ger mon début de livre sur la perfor­mance des sites web via github il y a une petite semaine. Il est temps de faire un premier point.

    Tout d’abord « merci ». J’ai eu plus de retours que je n’en espé­rais la première semaine. Le niveau de correc­tion des premier chapitres a dépassé celui des multiples relec­tures que dont j’avais déjà pu béné­fi­cier. Ce n’est pas grand chose en soi mais une multi­pli­ca­tion de petites fautes, c’est ce qui fait la diffé­rence entre une bonne lecture et un livre pénible à ouvrir.

    Au niveau de la tech­nique je confirme tous les techos qui disent que github est un bonheur. Le système de pull request et de commen­taires asso­ciés est infi­ni­ment mieux que ce que je faisais dans un pas si loin­tain passé avec des patchs envoyés par mail. La faci­lité de contri­bu­tion vient de là. Je regrette toute­fois ne pas pouvoir exclure/inclure ligne à ligne une contri­bu­tion envoyée par pull request. Là c’est du tout ou rien, et c’est dommage pour ce projet parti­cu­lier.

    Le contenu a lui été converti bien plus vite que prévu grâce à la contri­bu­tion de Yoav. Pour ceux qui le souhaitent, il y a désor­mais un script de conver­sion ODT -> Pandoc qui produit un code assez bon.

    Le gros défi à venir c’est l’évo­lu­tion de ce contenu. Jusqu’à main­te­nant les contri­bu­tions se sont concen­trées exclu­si­ve­ment sur des correc­tions de typo ou de formu­la­tion, et deux sur les outils. Pour que le projet vive, pour que je n’en sois plus le seul déten­teur, et pour arri­ver à un contenu complet, il faut que le contenu soit mis à jour, enri­chi et étendu.

    Bref, main­te­nant nous avons (aussi) besoin de contri­bu­teurs sur le contenu lui-même. N’ayez pas peur, c’est un très bon moyen de progres­ser et de se confron­ter aux autres. Il n’y a pas de risques à part celui d’ap­prendre.