Catégorie : Livre numérique

  • Et le water­mar­king alors ? L’his­toire IKEA

    Ok. À titre person­nel je n’aime pas les DRM. Il faut quelques minutes pour cracker un DRM clas­sique d’ebook, et on trouve même presque sans cher­cher des outils qui le font de façon trans­pa­rente. Quand bien même cela fonc­tion­nait, je doute que ce qu’on en attend puisse à mon humble avis peser plus lourd dans la balance que les dégâts d’in­te­ro­pé­ra­bi­lité et de péren­nité que le système occa­sionne. Bref, pourquoi jouer à ça ?

    Où on favo­rise le water­mar­king

    Mais, et le water­mar­king ? J’avoue que l’idée est appré­ciable. On marque le livre de façon à l’at­ta­cher à son proprié­taire, de la même manière qu’un tampon de biblio­thèque sur la page de garde. Ça peut être invi­sible, pour tracer une filière de contre­façon, ou visible, pour dissua­der le partage à la source.

    Quand c’est bien fait (comprendre : pas sur chaque page ou à chaque fin de chapitre), ça m’a toujours paru un très bon compro­mis. L’in­for­ma­tion est là, mais contrai­re­ment à l’in­tro­duc­tion anti-contre­façon des DVD, on la saute aussi faci­le­ment qu’on tourne une page. Péren­nité, inter­opé­ra­bi­lité, rien n’est cassé.

    Où on va à IKEA

    Je suis allé à IKEA ce week-end. J’ai payé à la caisse auto­ma­tique où on peut scan­ner soi-même ses articles. Il y a une personne pour surveill..aider. Soit, OK. Par contre j’ai le droit à un premier écran où on me dit que je suis surveillé, que j’ai inté­rêt à ne pas tricher, et que si j’es­saye le GIGN va débarquer en force (j’exa­gère un peu mais l’es­prit est là). Et fran­che­ment… l’ef­fet a été désas­treux pour moi. S’ils n’ont pas confiance qu’ils mettent suffi­sam­ment de cais­siers. S’ils ne souhaitent pas me voir payer, j’irai ailleurs. Je suis *dégou­té*. Il est certain que je revien­drai (en prenant une place avec un cais­sier, qui leur coûte plus cher), mais je sais aussi que le jour où j’hé­si­te­rai, je m’abs­tien­drai d’y faire un tour, à cause de ça.

    Où on se pose des ques­tions

    Et pour en reve­nir au water­mar­king des livres : Je conti­nue à penser que c’est un des meilleurs compro­mis pour ceux qui ont peur, un compro­mis qui peut aider à faire un premier pas hors du DRM pur et dur. Main­te­nant, est-on certain que ça vaut le coup par rapport à un livre en clair, sans rien ? C’est loin d’être évident, très loin.

    Walrus en parle, et quand je repense à mon histoire d’IKEA, je me dis qu’il a peut être raison.

  • Choi­sir sa liseuse numé­rique – fin d’an­née 2012

    –> Mis à jour pour Noël 2014 <–

    La ques­tion revient encore et toujours. D’abord les recom­man­da­tions, pour rempla­cer celles de juin, puis je ferai un peu plus de blabla expli­ca­tif :

    • La solu­tion conseillée : La Cybook Odys­sey Front­light, à 129 € chez les bons libraires [1]. Haute défi­ni­tion, éclai­rage « par devant » débrayable, écosys­tème ouvert, légère, française : C’est le top à prix abor­dable.
    • En ultra-nomade, la Kobo-mini peut être un choix inté­res­sant. Elle est plus petite, moins chère, mais a aussi un écran poten­tiel­le­ment de moins bonne qualité (même pour un simple défi­ni­tion). Ce n’est pas forcé­ment une recom­man­da­tion pour un premier achat, qui risque­rait d’être décep­tif si vous ne savez pas à quoi vous attendre, mais ça peut être inté­res­sant pour certains.
    • Si c’est pour offrir à la grand-mère afin qui a déjà du mal avec son magné­to­scope mais qui aime­rait pouvoir lire en gros carac­tères, la Kindle Basic peut être envi­sa­gée. Elle a l’avan­tage de fonc­tion­ner unique­ment par boutons (non tactile), et le mode « push » d’Ama­zon vous permet de lui envoyer des livres à distance. Atten­tion tout de même à l’en­vi­ron­ne­ment très fermé d’Ama­zon et au fait que le push néces­site du WIFI. Lisez le blabla plus bas pour le détail : si je conti­nue à refu­ser et lutter contre le modèle Amazon, c’est la seule demie-solu­tion pour ce cas très précis.
    • Si vous souhai­tez vrai­ment une tablette de lecture, la Nexus 7 à 199 € est un bon choix. Si c’est pour de la lecture, je ne saurai trop insis­ter pour que vous envi­sa­giez plutôt l’encre élec­tro­nique que la tablette. Là aussi, lire le blabla plus bas est utile avant de vous lancer dans votre achat.

    [1] 129 € sur Decitre.fr et Cultura.com. Au même prix, si vous préfé­rez l’ac­com­pa­gne­ment d’une librai­rie physique, vous pouvez les ache­ter dans 9 librai­ries Decitre en Rhône-Alpes, la librai­rie Chemi­nant à Vannes, la librai­rie Mont­bar­bon à Bourg-en-Bresse, la librai­rie Bisey à Mulhouse et la librai­rie Planet’R à Saint-Lô, ainsi que 51 maga­sins Cultura dans toute la France. Celles à 99 € sont iden­tiques d’ap­pa­rence mais avec une défi­ni­tion stan­dard et sans éclai­rage.

    Liseuses HD à haute défi­ni­tion

    Une nouvelle gamme de liseuses est arri­vée depuis mes dernières recom­man­da­tions. Elles sont HD et avec éclai­rage « front­light ».

    Le HD c’est comme pour les tablettes ou les télé­vi­sions : Une meilleure réso­lu­tion d’écran. Ici on gagne 60% de points en plus. Ça se ressent sur le lissage des carac­tères et sur la qualité géné­rale de l’af­fi­chage.

    L’éclai­rage se traduit par quelques LED et un filtre quasi invi­sible sur l’écran. La lumière des LED se diffuse sur le filtre et éclaire l’écran, permet­tant de lire la nuit ou en faible lumi­no­sité. Cette lumière vient donc d’au dessus puis se reflète sur l’écran avant d’at­teindre vos yeux. C’est une diffé­rence fonda­men­tale avec les tablettes LCD, écrans d’or­di­na­teurs et télé­vi­sions qui sont en rétro-éclai­rage et qui projettent la lumière direc­te­ment vers vos yeux, en les fati­guant (surtout en envi­ron­ne­ment sombre). Les craintes de fatigue oculaire sont donc bien plus faibles. Pour ne rien gâcher cet éclai­rage est débrayable : Une fois éteint on se retrouve avec un écran à encre élec­tro­nique clas­sique, et tous ses avan­tages.

    Dernier point parti­cu­lier, la liseuse HD éclai­rée d’Ama­zon, la Kindle Paperw­hite, a pris de l’em­bon­point (+25% en poids) mais c’est la seule. La Cybook Odys­sey reste à 180 grammes (ce qui est appré­ciable) par exemple. Ça n’a l’air de rien mais le poids est un élément essen­tiel sur ces appa­reils. Pour le reste, toutes les marques ont le même type d’éclai­rage, le même écran, le wifi, le tactile, le même contraste, et une auto­no­mie simi­laire.

    Liseuse ou tablette

    L’écart de prix se réduit entre les tablettes et les liseuses. On trouve des tablettes tout premier prix à moins de 100 €, des tablettes 7″ correctes à partir de 160 € des tablettes 7″ plutôt haut de gamme à 199 €.

    La réac­tion de beau­coup est « pourquoi ne pas mettre quelques euros de plus et avoir une tablette qui fait bien plus de choses ? ». Je répon­drai qu’on trouve des voitures fami­liales pour à peine plus cher qu’une smart ou qu’une mini. On peut même en trou­ver des moins chères. Elles permet­tront bien plus de choses mais ne seront pas forcé­ment adap­tées à vos usages.

    Si vous vous desti­nez à la lecture de textes, essen­tiel­le­ment des livres numé­riques au format EPUB, je conseille très (très) forte­ment les liseuses à encre élec­tro­nique et non une tablette : Poids, format pour

    • La liseuse fait 180 grammes (moins qu’un livre de poche), là où une tablette LCD 7″ est au mini­mum à 400 grammes (plus qu’un gros livre). À la longue ça joue beau­coup, surtout à bout de bras.
    • La tablette a un rétro-éclai­rage. Elle projette de la lumière direc­te­ment sur vos yeux. Pour de la vidéo ou du jeu ça a un petit effet hypno­tique mais pour la lecture ça va énor­mé­ment vous fati­guer à la longue (vive les yeux rouges). C’est d’au­tant plus vrai qu’une page de livre est quasi­ment toujours essen­tiel­le­ment du blanc (ce qui projette le plus de lumière et fatigue le plus). La nuit c’est aussi un très bon encou­ra­ge­ment à l’in­som­nie.
    • Dans le meilleur des cas, en auto­no­mie théo­rique, une tablette LCD ça se recharge tous les jours ou tous les deux jours. La liseuse vous l’ou­bliez tota­le­ment. En théo­rie c’est un à deux mois sans recharge. Dans la pratique même si c’est une fois par quin­zaine, la diffé­rence est flagrante avec une tablette.

    Rien ne vous empêche d’ache­ter une tablette pour vos autres usages, mais si vous pouvez vous le permettre je vous conseille plutôt une bonne tablette 9 ou 10″ pour le multi­mé­dia. La lecture de textes hors lignes restera à côté sur son maté­riel dédié : liseuse à encre élec­tro­nique.

    Une liseuse pour mes (grands)-parents

    Le livre numé­rique c’est aussi la capa­cité à lire en gros carac­tères. Sur papier l’offre est limi­tée, pas toujours évidente à trou­ver. Pour les moins tech­no­philes (vous savez, ceux qui ont du mal à utili­ser le magné­to­scope) il faut un appa­reil ultra-simple. Je consi­dère les liseuses comme simple, mais peut être pas encore assez. Même le tactile peut être perçu comme une diffi­culté supplé­men­taire. Le second critère est de pouvoir faci­le­ment ajou­ter du contenu, soit à distance (par la famille), soit en passant en librai­rie avec l’aide du libraire.

    Je n’ai pas encore trouvé de liseuse qui corres­ponde à ces critères, et ma grand-mère n’aura donc pas de liseuse sous la chemi­née pour Noël. La plus proche semble être la Kindle Basic (non tactile). J’ai peur que même avec les boutons, je crains qu’on soit encore peu acces­sible. La capa­cité à pous­ser des conte­nus à distance pour­rait quand même m’in­ci­ter à tenter l’ex­pé­rience (malgré l’as­pect fermé de la liseuse, c’est dire si je suis prêt à essayer) mais ça néces­si­te­rait d’avoir chez elle une connexion Inter­net avec une borne WIFI. Ce n’est pas le cas. Si vous avez tenté une expé­rience simi­laire, discu­tons-en.

    Envi­ron­ne­ment fermé ou écosys­tème ouvert

    Le point de vue n’a pas changé depuis l’an­née dernière. Il s’est même renforcé avec plusieurs épisodes récents, dont un qui a fait du bruit. Amazon a créé quelque chose d’ex­cep­tion­nel avec Kindle, surtout consi­dé­rant qu’ils ont créé le marché de zéro, mais le résul­tat reste inac­cep­table pour moi.

    Les plus geeks peuvent dire qu’ils vont ache­ter leurs livres ailleurs et n’uti­li­ser que le maté­riel, mais ça veut dire passer par des conver­tis­seur et refu­ser la simpli­cité de l’éco­sys­tème, qui est un argu­ment prin­ci­pal. Il est très probable que tous fini­ront pas céder et se faire enfer­mer, malgré toute la bonne volonté initiale. Les quelques irré­duc­tibles auront simple­ment un bon maté­riel mais castré, avec encore moins de faci­lité que sur les autres appa­reils. C’est juste dommage et pas forcé­ment un bon choix.

    La recom­man­da­tion prin­ci­pale est et restera : Pas de Kindle, pas d’iPad, pas de système fermé qui met des menottes aux utili­sa­teurs, mettant à bas la péren­nité de mes conte­nus et ma capa­cité à buti­ner faci­le­ment ailleurs.

    C’est d’au­tant plus vrai que si Amazon et Apple ont indé­nia­ble­ment des points forts, le maté­riel lui même a désor­mais des concur­rents au même niveau. Choi­sir des alter­na­tives ouvertes n’est plus du maso­chisme.

    Je ne donne que mon point de vue

    Je ne fais que donner mon point de vue person­nel. Je ne prétends pas à une totale objec­ti­vité : Ce me serait diffi­cile étant donné que je suis profes­sion­nel­le­ment impliqué dans le milieu du livre numé­rique (j’opère les solu­tions numé­rique pour les libraires en [1]). Au contraire, j’as­sume tota­le­ment d’avoir des choix basés sur mes valeurs, mes expé­riences, et mes crédos. Faites en ce que vous voulez, mais la géniale grille objec­tive manquera toujours certains points essen­tiels comme l’ou­ver­ture, la confiance et l’éthique (si le mot vous semble gran­di­lo­quent, lisez-y « volonté de faire évoluer les choses dans le bon sens »).

  • Kindle vidé

    J’ai du mal à expliquer que oui Amazon a été excep­tion­nel sur le livre numé­rique, que sa plate­forme est tech­nique­ment abou­tie, mais que malgré les avan­tages tech­niques la solu­tion Kindle est inac­cep­table.

    Avec Amazon qui efface le livre « 1984 » des liseuses de ses clients on avait pour­tant déjà un signal fort. Visi­ble­ment c’était trop loin­tain, trop sur l’anec­dote. Même les geeks renoncent à croire qu’un problème peut leur arri­ver, à eux.

    Bon, un livre c’est encore gérable si on vous rembourse, même faire un exemple sur 1984 relève d’un humour noir certain. Quid de vous effa­cer toute votre librai­rie et de vous inter­dire de recréer un compte ou d’ac­cé­der à vos achats ? Aucune expli­ca­tion concrete, la société s’au­to­rise tout simple­ment à vous reti­rer les droits sur tout votre contenu. Je serai très surpris qu’un quel­conque rembour­se­ment soit possible. Quand bien même il y aurait une fin heureuse cette fois ci – ce qui ici semble peu probable – ça risque d’être long, pénible, et très lié à la publi­cité qu’on peut faire autour de sa situa­tion person­nelle.

    Oh, un service client peu commu­ni­ca­tif peut arri­ver partout. La diffé­rence est qu’ici la combi­nai­son du format proprié­taire, du DRM et du stockage dans les nuages fait perdre toute donnée. Choi­sis­sez un libraire qui vous permet de télé­char­ger vos livres, qui utilise un format stan­dard pour cela, qui n’ajoute pas code incom­pa­tible dans ces fichiers, qui n’uti­lise les DRM que quand c’est stric­te­ment requis, et qui dans ce cas là utilise le DRM commun à toute l’in­ter­pro­fes­sion, pour l’in­te­ro­pé­ra­bi­lité.

    Je peux citer la société à laquelle je colla­bore mais ce n’est pas l’objet ici, nous ne sommes pas les seuls. Vous avez tout un choix d’in­ter­lo­cu­teurs à votre dispo­si­tion. Certaines socié­tés font le choix de viser unique­ment leur inté­rêt quand d’autres posent des prin­cipes fonda­teurs qui permettent de guider la suite. La ques­tion c’est celle de se lais­ser enfer­mer par une société qui, de par sa posi­tion ultra domi­nante, ne vous lais­sera aucune échap­pa­toire, ou de sacri­fier un peu de confort pour éviter les menottes. Que ferez-vous ?

  • Et Galli­mard épousa la reine d’An­gle­terre

    Un canu­lar avec une annonce radi­cale pile au moment d’un grand événe­ment. La fausse annonce a été reprise en masse. Les gens sont-ils crédules ou l’an­nonce est-elle crédible, je ne sais pas. Peu importe, les fausses infor­ma­tions se diffusent vite sur les réseaux. Rien de neuf et je ne vois même plus l’uti­lité de ce type d’ex­pé­rience.

    Par contre le billet est inté­res­sant dans ses captures d’écran des messages twit­ter. J’y ai vu une parti­cu­la­rité : Chaque relai fait un lien vers l’ar­ticle source. Là où les jour­na­listes des medias tradi­tion­nels ont tendance à écrire des articles origi­nels ou à refaire une annonce à leur compte, sur le web c’est le lien vers la source qui prime. Chaque à chacun de déci­der quelle confiance il accorde à la source origi­nelle. Sauf à le préci­ser expli­ci­te­ment, le relai web ne fait qu’in­for­mer, il n’en­dosse pas la respon­sa­bi­lité de la véra­cité de l’in­for­ma­tion.

    Je trouve cette façon de faire beau­coup fina­le­ment beau­coup plus saine. Ce réflexe des inter­nautes met aussi plus ou moins en échec la critique « vous avez repu­blié une fausse infor­ma­tion sans la véri­fier ». Person­nel­le­ment je trouve beau­coup plus déran­geant l’ab­sence de lien vers la source pour les articles plus tradi­tion­nels, même s’ils véri­fient l’in­for­ma­tion avant de publier.

    Si les relais web ne méritent pas tant la critique, je pense qu’il y a une ques­tion à se poser vis à vis des auteurs initiaux du canu­lar. Relayer une source erro­née est une chose, créer une fausse infor­ma­tion en est une autre. Quel est le contrat moral vis à vis des lecteurs ? Même si la vérité est révé­lée plus tard, souhaite-t-on douter à chaque future lecture en se deman­dant si c’est un nouveau canu­lar ? C’est encore plus vrai étant donné que d’autres infor­ma­tions sont relayées sur ces mêmes sites, cette fois sans lien source, basées sur la confiance dans l’édi­to­rial du site. Que le canu­lar soit révélé ensuite ou pas ne change rien, qu’on soit tombé dedans ou pas non plus, on est légi­time à douter. C’est plutôt amusant pour l’ex­pé­rience passé, mais gênant pour l’ex­pé­rience à venir. Tel est pris qui croyait prendre dit-on parfois.

  • La tour Folks­trom, Jeff Balek, Éditions ONLIT

    J’ai traîné à faire la chro­nique de La tour Folks­trom que m’a trans­mis les éditions ONLIT. Je ne sais toujours pas comment formu­ler la fin du troi­sième para­graphe lié au contenu, mais rete­nir le texte plus long­temps n’y chan­gera rien.

    Comme les précé­dents, ça commence par une couver­ture extrê­me­ment claire, contras­tée avec un titre très lisible, le tout dans un format epub stan­dard sans DRM avec petit prix honnête. Rien que pour ça, ça mérite d’al­ler plus loin.

    Le contenu

    La tour Folks­trom c’est un roman court d’un peu plus d’une heure, premier de ce qui sera proba­ble­ment une sorte de feuille­ton d’aven­tures du détec­tive héros. On se retrouve dans un poli­cier clas­sique porté dans un univers steam-punk léger. L’am­biance y est bien trans­mise, les person­nages faci­le­ment indi­vi­dua­li­sables, et l’in­trigue est suffi­sam­ment simple pour s’adap­ter au format court.

    J’avais regretté l’ab­sence d’illus­tra­tions type gravures dans ma dernière chro­nique d’un roman court ONLIT. C’est à croire qu’ils m’ont écouté car elles y sont ici, en fin de chapitre. C’est léger, mais ça permet d’en­trer un peu plus dans l’am­biance. Pour ces formats courts qui créent des univers parti­cu­liers, j’ap­pré­cie, Merci.

    Je reproche peut-être juste­ment des person­nages et une intrigue un peu trop simples. En conden­sant un peu on aurait pu se retrou­ver sur un format de 40 minutes un peu plus dyna­mique. Là fina­le­ment je manque de complexité quelque part et je n’au­rai pas été surpris d’un clas­se­ment « jeunesse » (en espé­rant que l’au­teur n’y voit rien de néga­tif, ce ne l’est pas dans mon esprit).

    Trans­mé­dia

    En fait la valeur ajou­tée est peut être autre : Jeff Balek, l’au­teur, s’es­saye à des styles d’écri­ture spéci­fiques au numé­rique. Le monde créé est le même que celui du Waldgän­ger, un feuille­ton court par tranches de 45 minutes plus orienté action et aven­tures., mais plusieurs années en arrière.

    Le tout est enri­chit par un site Inter­net sur le monde et un sur l’enquê­teur. Les concepts de la ville Yumming­ton et objets steam punk sont enri­chits de sites web qui permettent d’étendre la lecture. L’au­teur parle de trans­mé­dia. Ce qui est certain c’est qu’on touche quelque chose de « diffé­rent ».

    En fait plus que le manque de punch c’est ça qui m’a gêné. Le visuel de fin de section avec un texte hors récit inci­tant à aller sur le site web pour raccro­cher les deux média a fini par me couper de l’am­biance. Je me suis pris à faire une pause dans la lecture à ces moments là alors que le volume de lecture ne le rendait pas natu­rel. Peut-être est-ce aussi moi qui ne suis pas encore prêt, j’ai d’ailleurs assez peu exploré le site.

    S’il y a un point à amélio­rer dans un tome 2 c’est d’abord celui là. Nous sommes un peu sur le terrain de l’ex­pé­ri­men­ta­tion et j’ap­pré­cie beau­coup l’idée que des auteurs comme Jeff Balek ne se contentent pas du livre homo­thé­tique. Il faut des auteurs et des éditeurs pour tenter des choses.

    Peut être qu’une toute petite icône en face du terme plutôt qu’en fin de chapitre serait plus adap­tée, ou un lien avec souli­gne­ment en poin­tillé direc­te­ment dans le texte, ou quelques phrases en fin de section mais sans le visuel et avec une mise en forme qui permet de ne pas trop accro­cher l’œil.

  • De l’im­por­tance des méta­don­nées

    Sérieu­se­ment, éditeurs de conte­nus numé­riques : Travaillez les méta­don­nées embarquées dans les fichiers !

    Trop souvent ces méta­don­nées sont partielles, mal remplies, et peu quali­ta­tives. Parfois ce sont même des infor­ma­tions essen­tielles qui manquent comme la pochette de l’al­bum pour un fichier de musique ou le thème pour un livre.

    Éditeurs, ces méta­don­nées font partie de votre travail, de ce qu’on attend de vous, voire de ce qu’on achète. Vendre du numé­rique ce n’est pas comme vendre des objets physiques en reti­rant l’as­pect maté­riel. Il y a des attentes diffé­rentes dues aux usages qui eux aussi sont diffé­rents. Les méta­don­nées en sont une : C’est ce qui permet de clas­ser, retrou­ver, et globa­le­ment profi­ter d’un contenu. C’est un réel critère de choix entre diffé­rents conte­nus à ache­ter, et une cause très fréquente pour ne pas ache­ter de nouveau chez un éditeur ou dans collec­tion.

    Person­nel­le­ment j’en ai marre de remplir après coup ces méta­don­nées après achat. J’ai plusieurs fois reporté des achats sur cette raison mais désor­mais ce sera expli­cite : Je n’achè­te­rai plus chez ceux qui ne font pas un travail au mini­mum « correct ».

    Musique

    Pour les fichiers musi­caux, « correct » c’est au mini­mum la liste de tous les auteurs avec nom et prénom, le compo­si­teur, l’an­née de publi­ca­tion de la musique (pas celle du fichier numé­rique), l’al­bum dont est extrait le titre, le numéro de piste sur cet album, une illus­tra­tion 500×500 pixels mini­mum, la langue des paroles et le genre de musique. Bien entendu ces données sont inscrites avec la bonne casse (pas tout en majus­cule et des accents si néces­saires sur les majus­cules) et de façon homo­gène.

    Ceux que je quali­fie de « bons » ont une quali­fi­ca­tion très précise du genre (par exemple : quel type de jazz ?), une illus­tra­tion très haute défi­ni­tion, le texte complet des paroles, voir le tempo.

    Livres et textes

    Pour les textes j’at­tends aussi, en plus des auteurs et du titre (souvent mal codés), le nom de l’édi­teur, le nom de la série et le numéro dans la série, un résumé ou accroche, la langue, la date de publi­ca­tion du livre origi­nal (tous formats confon­dus) ou de son écri­ture et l’EAN du livre. L’illus­tra­tion de couver­ture doit être au grand mini­mum de 800×600 pixels et ici la quali­fi­ca­tion précise du genre est indis­pen­sable (« fantasy » ne suffit pas, il peut y avoir une dizaine de genres de fantasy, et agré­ger science-fiction fantasy et fantas­tique est une faute impar­don­nable).

    Pour le livre tout ce qui précède est indis­pen­sable, sans excep­tion. Les bonus qualité se font sur le résumé, les biogra­phies et la table des matières.

    Et d’autres

    Je suis certain que chacun a sa vision de l’in­dis­pen­sable, mais peu importe. Éditeurs, remplir ces méta­don­nées de façon complète et haute­ment quali­ta­tive est votre travail. C’est presque le mini­mum en fait. J’ac­cepte même quelques erreurs légères dans le contenu si au moins les méta­don­nées me permettent de l’ex­ploi­ter plei­ne­ment. Le numé­rique c’est aussi ça.

    Vous vous y mettez quand ?

  • Apple won’t carry an ebook because it mentions Amazon

    Voilà ce qui arrive quand on donne trop de liberté à un ou deux acteurs pour faire la police. Voilà que le passage obligé pour une part impor­tante de toute la publi­ca­tion litté­raire, après avoir banni ce qui lui semble immo­ral suivant ses propres critères, bannit les liens et cita­tions de son concur­rents. Apple won’t carry an ebook because it mentions Amazon

    Si cela semble anodin, on entre de plein pied dans l’as­sujet­tis­se­ment des citoyens à la méga­corp de leur choix, qui créera un envi­ron­ne­ment « propre » avec les bonnes oeillères où il faut. Les romans d’an­ti­ci­pa­tion étaient très pessi­mistes et nous n’en sommes pas encore à les dépas­ser, mais nous en prenons la direc­tion.

    Amazon lui-même n’est pas forcé­ment moins risqué. Le problème c’est bien le poids trop impor­tant d’un seul acteur, quel qu’il soit.

  • Revente de licences logi­cielles

    Il y a des choses qui n’ont l’air de rien, mais avec le dernier juge­ment de la cour de justice de l’union euro­péenne, je me demande si on ne se dirige pas vers une auto­ri­sa­tion d’un marché de l’oc­ca­sion pour le livre numé­rique, au même titre que le papier.

    Il s’agit ni plus ni moins que d’af­fir­mer le droit de revente au déten­teur d’une licence logi­ciel. Or fina­le­ment, au niveau numé­rique, le livre n’est qu’une copie asso­ciée à une licence ou un droit de lecture.

    Un créa­teur de logi­ciels ne peut s’op­po­ser à la revente de ses licences « d’oc­ca­sion » permet­tant l’uti­li­sa­tion de ses programmes télé­char­gés via Inter­net.

    Le droit exclu­sif de distri­bu­tion d’une copie d’un programme d’or­di­na­teur couverte par une telle licence, s’épuise à sa première vente.

    Qu’en pensent ceux qui ont de véri­tables compé­tences juri­diques ?

  • Les grottes de Gettys­burg, de Simon Auclair

    Et si je vous recom­man­dais un livre ?

    Je l’ai déjà fait avec Mira­dor. Les éditions ONLIT m’ont fait passé d’autres livres numé­riques depuis. Je vous avoue que sur les trois ouverts je me suis forcé à lire le premier jusqu’au bout mais j’ai aban­donné avant la fin sur les deux autres. Je n’ai simple­ment pas accro­ché. Diffi­cile d’ex­pliquer pourquoi, même si la nais­sance d’un mini-moi a du jouer dans mon inca­pa­cité à me mettre à ces lectures (j’in­cite tous ceux qui veulent avoir des enfants à s’ha­bi­tuer avant à dormir par tranches de quinze minutes).

    Toujours est-il que l’édi­teur a tout de même fait le suivi en me recom­man­dant Les grottes de Gettys­burg de Simon Auclair. Vous savez-quoi ? je le recom­mande à mon tour.

    Sur l’his­toire et le plai­sir de lire, parce que c’est ça l’im­por­tant

    Avec une centaine de pages c’est un de ces formats courts qu’on commence à trou­ver en numé­rique. Vous allez vous sentir frus­trés si vous atten­dez un roman bien épais mais – et j’es­père que l’au­teur pren­dra ça comme un compli­ment – c’est une lecture excel­lente pour un trajet de train.

    Cette impres­sion est renfor­cée par le contenu qui ne demande pas une atten­tion de chaque instant. Pas de néces­sité d’at­ten­tion mais on se laisse faci­le­ment trans­por­ter. C’est assez intem­po­rel, au point que je me deman­dais pendant long­temps si l’his­toire de situait de nos jours, dans le futur, ou en 1863.

    Peu de person­nages, une intrigue très réduite et qui ne change pas du début à la fin mais qui réus­sit tout de même à entre­te­nir ma curio­sité jusqu’au bout. On s’en­fonce l’air de rien dans la petite folie et les tour­ments des person­nages qui gran­dissent avec leur enfer­me­ment. Je dois être un handi­capé des fins, mais le seul vrai reproche sur le contenu est que j’au­rai peut être aimé une dernière page un peu plus claire et moins intel­lec­tuelle, en ligne avec la simpli­cité appa­rente de l’his­toire.

    J’ai toujours été plutôt réfrac­taire aux enri­chis­se­ments et autres illus­tra­tions mais du fait du format court et de l’am­biance, j’au­rais forte­ment appré­cié cinq à dix illus­tra­tions pleine page. Pendant ma lecture j’ai clai­re­ment eu à l’es­prit les Jules Verne rouge et or et ses gravures noir et blanc au fil des pages. J’au­rais voulu avoir ça dans le texte de Simon Auclair, et même en 16 niveaux de gris sur ma liseuse je suis certain que pour une fois ça aurait renforcé le texte et l’am­biance.

    Sur tout le reste, parce que ça l’est aussi

    Pour la taille, et consi­dé­rant qu’il a déjà eu une vie papier, vu qu’on trouve des romans au format long vers les 5 euros chez les éditeurs, j’au­rai préféré à prix à 2 €. À 2 € j’achète et je suis prêt à « essayer ». À 3 €, son prix réel, je m’y risque­rai plus diffi­ci­le­ment pour juste un trajet (mais avec les gravures propo­sées plus haut, je n’au­rai pas trouvé ça cher). Ça reste toute­fois dans les gammes de prix honnêtes et j’ap­pré­cie beau­coup le fait que l’édi­teur soit trans­pa­rent à l’avance dans ses fiches produits concer­nant la taille du texte en nombre de pages.

    Côté forme, j’ap­pré­cie forte­ment les couver­tures claires de ONLIT. On sait ce qu’on mani­pule sans avoir besoin d’une vignette à taille réelle et c’est un avan­tage certain sur liseuse élec­tro­nique. C’est le seul titre parmi la ving­taine actuel­le­ment sur ma liseuse que je peux iden­ti­fier immé­dia­te­ment dans la liste.

    Dernier point pour l’édi­teur s’il me lit : Ajou­ter une liste de livres ou de recom­man­da­tions en fin de lecture est une très bonne idée… à condi­tion de faire des liens vers chaque titre. Si j’étais exigeant j’in­ci­te­rais même à mettre une petite vignette de la couver­ture et une ou deux lignes de descrip­tion pour savoir de quoi ça parle (sujet, style et taille). Ça ne coûte pas grand chose et ça améliore beau­coup la qualité visible quand on referme le livre.

  • Choi­sir sa liseuse – juin 2012

    –> Mis à jour pour Noël 2014 <–

    La ques­tion revient souvent alors je l’écris pour archive. Mes trois recom­man­da­tions pour une liseuse élec­tro­nique :

    • Les Cybook Odys­sey vendues chez Decitre.fr ou Cultura.com (les modèles vendus chez d’autres reven­deurs sont parfois à des anciennes versions qui n’ont pas ma préfé­rence). En ce moment la couver­ture/protec­tion y est offerte, ce qui revient à une réduc­tion de près de 25 €. Les diction­naires multi­lingues qui manquaient par rapport à la concur­rence sont en béta publique désor­mais. Deux tests : LesNu­mé­riques (la librai­rie embarquée n’est pas celle testée par LesNu­mé­riques) et Aldus
    • La Sony PRS-T1, un peu plus chère et sans boutique inté­grée (il faudra passer par le site web) mais parfois comme un cran au dessus malgré son design peu moderne. Deux tests : LesNu­mé­riques (l’étoile en moins est due au manque de boutique inté­grée) et Aldus.
    • La Kobo by Fnac noire (je conseille d’évi­ter la blanche qui sera moins confor­table en lecture) si vrai­ment vous souhai­tez passer par Kobo. Elle n’a pas de support audio, pas de bouton physique pour tour­ner les pages, et pas de dico français.

    Les trois sont des bonnes machines, pratiques, avec un bon rendu, et vous ne regret­te­rez pas votre achat. Une fois passé au livre numé­rique avec ces appa­reils, vous ne vous en passe­rez plus. Pour être complet : je suis partie prenante (et donc peu objec­tif) dans la première alter­na­tive ; je ne peux que vous encou­ra­ger à choi­sir la Cybook Odys­sey chez un de ces deux libraires.

    Dans tous les cas, si vous avez le choix, choi­sis­sez du noir, qui donnera un meilleur contraste ressenti et reflè­tera moins la lumière sur les bords. La diffé­rence ne saute peut être pas aux yeux tout de suite, mais faites moi confiance sur ce point là.

    Dans tous les cas, évitez la Kindle sauf si vous vous moquez de la péren­nité de vos achats et de pouvoir impor­ter des conte­nus stan­dard venant d’ailleurs. Le problème est le même que pour vos appli­ca­tions iPhone : le jour où vous passez à un télé­phone autre qu’Apple, vous perdez tout ce que vous avez acheté. Tech­nique­ment il est certes possible d’ache­ter ses livres hors du Kindle Store et éven­tuel­le­ment de les conver­tir avant envoi sur le Kindle mais ça risque vite de deve­nir pénible, en plus d’avoir des résul­tats parfois impar­faits. On pense toujours que ce n’est pas grave et on pleure quand il est trop tard : Vous êtes préve­nus.