Catégorie : Livre numérique

  • Libre de droit sous DRM

    J’ai toujours pensé que la posi­tion des éditeurs vis à vis des DRM était au moins en partie  irra­tion­nelle et sans moti­va­tion de fond. Certains veulent des DRM, ils savent pourquoi, comment, et ce que ça implique, mais je ne crois pas qu’ils soient majo­ri­taires.

    J’ai trouvé de bons exemples aujourd’­hui en cher­chant des livres peu chers : PlatonBlaise Pascal, Epicure, Rous­seau, Descartes, Sénèque, Voltaire et Aris­tote sont distri­bués sous DRM. La liste est malheu­reu­se­ment loin d’être exhaus­tive

    Pour les gens ayant une répul­sion natu­relle avec la litté­ra­ture, on parle d’au­teurs morts depuis des siècles, parfois pas si loin de la Grèce antique. Bien évidem­ment tous ces textes ont été élevés au domaine publique, et pour les non-fran­co­phones il existe le plus souvent des traduc­tions qui sont libres de diffu­sion elles aussi.

    Bref, on ne parle pas de droit d’au­teur et même si la traduc­tion était encore sous mono­pole d’au­teur – ce qui est loin d’être certain – le texte lui-même peut faci­le­ment être obtenu gratui­te­ment et léga­le­ment par ailleurs et rend donc un peu sans objet la présence du DRM. Si le fait de vendre ces clas­siques ne me choque pas – et les prix des titres concer­nés, sans être spécia­le­ment bon marché, sont accep­tables – les mettre sous DRM dépasse mon enten­de­ment.

    C’est d’au­tant plus vrai qu’ici sur 3 €, l’édi­teur va faire une croix sur 10 % de ses recettes pour payer le four­nis­seur du DRM. Même écono­mique­ment ça ne fonc­tionne pas.

    Bon, et après mettre du DRM sur de la philo­so­phie, comme on me le fait remarquer, c’est vrai que c’est assez cocasse. La remarque pour­rait aussi être expri­mée pour le livre d’Ar­naud Monte­bourg contre la mondia­li­sa­tion. La présence du DRM va quasi­ment tota­le­ment contre le discours et l’objec­tif de la publi­ca­tion. À 1,50 € le livre, si l’au­teur est commis­sionné à 10 % du brut et le reven­deur à 30%, le DRM va coûter presque 20% des recettes de l’édi­teur, qui ne sont déjà pas du béné­fice pur.

    On marche sur la tête.

  • Le livre numé­rique c’est capi­tal (sur M6)

    Pour ceux qui n’ont pas vu le repor­tage sur le livre numé­rique diffusé par M6 dans Capi­tal, voici un résumé :

    1. Amazon ils font du livre numé­rique, c’est super
    2. Les prix des éditeurs sont trop chers et il y a surement entente illé­gale
    3. ..mais ache­ter sur Amazon c’est quand même vache­ment simple
    4. Les éditeurs ne sont plus indis­pen­sables pour le livre numé­rique
    5. …d’ailleurs Amazon accueille des auteurs direc­te­ment, qui font plein de ventes
    6. Les éditeurs sont vrai­ment des méchants
    7. …heu­reu­se­ment qu’A­ma­zon est là (on vous a dit qu’ils sont super ?)

    Bref, assez réduc­teur, et très promo­tion­nel pour Amazon. Pas que je leur reproche d’ailleurs, c’est un angle habi­tuel de Capi­tal : On trouve une grosse entre­prise qui a plein de brou­zoufs et on l’élève sur un piédes­tal.

    En passant, forcé­ment, ça devient limite un publie-repor­tage qui fait l’écho de la ligne direc­trice de l’en­tre­prise ciblée. Pour Amazon c’est « achat simple, si les éditeurs bais­saient leurs prix on vendrait plus, et si les auteurs venaient direc­te­ment chez nous on aurait plus de marge ». On a retrouvé direc­te­ment ce fil rouge dans le repor­tage, même pas masqué.

    On est passé vite sur les avan­tages du numé­riques, et on n’a quasi­ment pas vu les enjeux qu’il y a derrière. Les ques­tions de péren­nité, de prêt, de compa­ti­bi­lité de format, de marché dominé par quelques acteurs mono­po­lis­tiques, d’éco­sys­tème fermé, d’ho­mo­thé­tie entre le papier et le numé­rique, de diffé­rence entre les écrans des solu­tions de lecture, des capa­ci­tés d’an­no­ta­tion et d’en­ri­chis­se­ment, de numé­ri­sa­tion des indis­po­nibles, de vente des oeuvres orphe­lines, de l’ac­cès au patri­moine, …. Alors certes c’est du grand public et de l’in­tro­duc­tion, mais ne pas parler d’au moins deux ou trois ques­tions parmi tout ça (au moins les ques­tions de DRM et de prêt) c’est bacler le sujet.

     

  • Du droit d’édi­teur et des oeuvres orphe­lines

    Puisqu’on parle de droit d’au­teur en ce moment, repar­lons des œuvres orphe­lines – ces œuvres dont on ne connaît pas ou ne sait pas joindre les ayants droits.

    Les textes en cours de vote tendent à auto­ri­ser l’ex­ploi­ta­tion de ces œuvres via une société de percep­tion et de répar­ti­tion créée pour l’oc­ca­sion.

    Ce projet de loi est incom­pré­hen­sible

    Pour les parti­sans de la sauve­garde du patri­moine et de la diffu­sion de la culture, il est impos­sible de comprendre qu’on impose la collecte de droits d’au­teur sur de vieilles œuvres alors qu’il n’y a aucun auteur à rétri­buer.

    Pour les parti­sans du droit d’au­teur strict, il est impos­sible de comprendre qu’on s’ar­roge la possi­bi­lité de se passer de l’ac­cord de l’au­teur pour diffu­ser ces textes, ou qu’on collecte en leur nom des béné­fices et des droits d’au­teurs qui fina­le­ment ne revien­dront pas aux auteurs.

    Les deux posi­tions sont tota­le­ment oppo­sées, mais aucune de ces deux là ne peut se conci­lier au texte en cours.

    On passe d’un droit d’au­teur à un droit d’édi­teur

    Fina­le­ment, le seul à y gagner dans la publi­ca­tion d’œuvres sans accord des ayants droits mais dans l’in­ter­dic­tion simul­ta­née d’une diffu­sion gratuite par la commu­nauté, c’est l’édi­teur.

    Dans tout ceci, et dans l’au­to­ri­sa­tion de diffu­sion en numé­rique des œuvres indis­po­nibles d’avant 2001, c’est bien l’édi­teur origi­nal du livre papier qui prend une place et qui peut obte­nir de droit des exclu­si­vi­tés.

    Fina­le­ment, si on ne donne pas un droit de diffu­sion gratuit et public, on ne fait qu’un cadeau aux éditeurs histo­riques : celui de ne plus avoir besoin d’ac­cord de l’au­teur et de s’af­fran­chir de la loi géné­rale, celui d’une rente de situa­tion

    Le cas des biblio­thèques

    D’au­cuns ont pensé accor­der tout de même un droit d’ex­ploi­ta­tion gratuit des œuvres orphe­lines pour les biblio­thèques. Cela rentre­rait en effet parfai­te­ment dans leur mission publique de diffu­sion et de sauve­garde du patri­moine.

    Pourquoi unique­ment les biblio­thèques ? je ne l’ai pas compris, à part imagi­ner que nos poli­tiques ne savent réflé­chir qu’en rentes de situa­tion et ne comprennent pas la révo­lu­tion qui s’opère avec la diffu­sion numé­rique que chacun peut s’ap­pro­prier.

    Heureu­se­ment, rassu­rez-vous, personne n’a rogné le droit d’édi­teur, ex droit d’au­teur. Les biblio­thèques ne pour­ront avoir cette auto­ri­sa­tion unique­ment pour les œuvres qu’elles ont déjà à leur cata­logue, unique­ment à desti­na­tion de leurs abon­nés (comprendre : sous DRM ou contrôle d’ac­cès, et pas de diffu­sion publique), mais surtout unique­ment si l’édi­teur de la version papier est introu­vable (ce qui n’ar­ri­vera proba­ble­ment quasi­ment jamais).

    Même là – un fichier numé­rique d’une œuvre orphe­line depuis plus de dix ans numé­ri­sée par la biblio­thèque elle-même à partir de son propre fond et acces­sible sur place ou sous DRM à desti­na­tion de ses abon­nés seuls – la société de répar­ti­tion pour­rait donner un avis moti­vés pour fina­le­ment ne pas donner le droit d’ex­ploi­ta­tion.

    Rien n’en­cadre les motifs et vu ce que les éditeurs ont obtenu jusqu’à main­te­nant, il n’est pas impos­sible qu’ils arrivent aussi à empê­cher l’uti­li­sa­tion concrète de cette micro-niche.

    Allez compren­dre…

    Pour plus de détails, je vous recom­mande les liens de S.I.Lex dédié aux œuvres d’uti­lité publique (blog d’uti­lité publique).

  • Le vieil homme et l’édi­tion

    Je trouve qu’on s’em­balle vite dans l’his­toire entre François Bon et Galli­mard.

    Pour l’his­toire elle-même, François Bon semble avoir fait une erreur. Une erreur de bonne foi, compré­hen­sible vu la complexité des ques­tions de durées de droit d’au­teur, mais une erreur tout de même. Bloquer la diffu­sion d’un titre qui contre­vient aux droits en cours, c’est certai­ne­ment la procé­dure stan­dard et proba­ble­ment ce qui me semble le plus sage. Ça permet d’abor­der la ques­tion serei­ne­ment sans se dire que le problème est en cours. La publi­ca­tion n’était pas à quelques jours près de toutes façons.

    De l’autre côté on peut aussi repro­cher à Galli­mard d’avoir contacté les diffu­seurs mais ni l’édi­teur ni l’au­teur de la traduc­tion, d’au­tant qu’il s’agit ici de la même personne. Une issue autre aurait peut être pu être envi­sa­gée – au moins sur la forme si ce n’est sur le fond – si ça avait été fait direc­te­ment et avec un ton sans confron­ta­tion. Ce n’est pas comme si François Bon avec sa maison d’édi­tion numé­rique connue était un pirate avec jambe de bois au sol et poignard entre les dents.

    Comme trop souvent il n’y a pas un gentil d’un côté et un méchant de l’autre, ce serait trop simple. C’est d’au­tant plus vrai quand finissent par se mêler des histoires person­nelles et des ressen­tis liés au papier contre numé­rique, alors que fonda­men­ta­le­ment il ne s’agit pas de ça.

    On s’em­balle, et je suis déçu de voir que ça s’em­balle encore plus dans la commu­nauté web. Au final on ne fait que radi­ca­li­ser les posi­tions d’un problème sommes toute mineur et réso­luble, au point qu’il soit désor­mais diffi­cile de conci­lier qui que ce soit.

     

    Mais surtout cette radi­ca­li­sa­tion empêche d’abor­der les ques­tions de fond sur le droit d’au­teur, les contrats d’édi­tion et le numé­rique.

    Parce que fina­le­ment, plus que l’his­toire de cette traduc­tion et des petites erreurs de chacun, cette histoire soulève beau­coup de sujets : Pourquoi un tel clas­sique n’est-il pas dispo­nible en numé­rique ? Pourquoi une traduc­tion qui semble mauvaise à autant de monde dans le milieu n’a-t-elle pas été rempla­cée si des gens avaient le souhait de le faire ? Une exclu­si­vité si longue est-elle perti­nente ? Pourquoi un tel clas­sique est-il encore sous mono­pole d’au­teur après si long­temps ? La durée du droit d’au­teur est-elle vrai­ment adap­tée à notre monde où la diffu­sion va désor­mais si vite ?

    Et si nous discu­tions plutôt de tout ça ? Tout ça n’est lié ni à Hemig­way ni à François Bon, ni à Galli­mard. Ce n’est pas non plus une ques­tion de David contre Goliath : C’est une ques­tion de choix de société, et ça c’est d’un coup bien plus inté­res­sant.

    “De mon vivant, aurais-je le droit de lire une autre traduc­tion de l’œuvre d’He­ming­way que celle de Jean Dutour ?”

    Par contre, ça se discute à tête reposé, pas à chaud après un événe­ment qui fait de l’écho.

     

  • Révo­lu­tion numé­rique ? L’édi­tion ‘con­ti­nue de vivre sous l’An­cien Régi­me’

    Parfois le livre numé­rique est aussi cher que le papier. La décote atten­due par les lecteurs est de 25 à 50 % mais les éditeurs ont du mal à se lancer sur de tels chiffres. Le marché est encore ridi­cule et les inves­tis­se­ments sont lourds. Même à prix équi­valent, pour l’ins­tant la marge sur le numé­rique peut très bien être plus faible que sur papier.

    Main­te­nant c’est aussi le serpent qui se mord la queue puisque le marché ne décol­lera pas tant que les prix semble­ront illé­gi­times pour les lecteurs. Tout est histoire d’in­ves­tis­se­ment et de courage pour initier le mouve­ment.

    Malheu­reu­se­ment, quand s’ajoute la peur du numé­rique, la peur de devoir chan­ger d’ac­ti­vité, la peur de la contre­façon, et globa­le­ment la peur de perdre le contrôle ne donnent pas envie de faire ce premier pas.

    On voit déjà parfois des livres numé­riques plus chers que leur version de papier. Ça se retrouve quand les deux sont au même prix mais que le papier béné­fi­cie de la promo­tion des 5% légaux. Moins accep­table mais pas si rare, ça arrive aussi quand le prix du numé­rique est relié au prix du papier grand format : à l’ar­ri­vée de la version poche le papier se retrouve moins cher que le numé­rique.

    Mais c’est bien la première fois que j’en­tends dire aussi expli­ci­te­ment que ce sont parfois des manœuvres volon­taires de certains éditeurs. On vend du numé­rique, pour ne pas être taxé de mauvaise volonté et pour pouvoir être prêt si jamais le marché change, mais on fait tout pour que ça n’in­té­resse personne.

    Refu­ser de vendre un livre numé­rique à 6,50 euros pour éviter de perdre la vente d’un livre de poche à… 6,50 euros, relève d’une curieuse logique.

    Révo­lu­tion numé­rique ? L’édi­tion ‘con­ti­nue de vivre sous l’An­cien Régi­me’. Heureu­se­ment, beau­coup d’édi­teurs ont compris que quelque chose se passait et jouent le jeu.

  • Premiers résul­tats : liseuse ou tablette ?

    Avec 200 réponses, je peux commen­cer à trai­ter quelques infor­ma­tions. Je commence par le plus simple mais n’hé­si­tez pas à me propo­ser de véri­fier des corré­la­tions ou d’opé­rer des croi­se­ments/filtrages.

    N’hé­si­tez pas non plus à conti­nuer à diffu­ser le lien vers le formu­laire. Plus il y a de parti­ci­pants, plus les résul­tats seront inté­res­sants.

    Qui êtes vous ?

    Bien entendu, ces résul­tats ne prétendent pas être repré­sen­ta­tifs des français, ou de quoi que ce soit d’autre que des gens qui ont répondu. J’ai touche un public précis, avec une orien­ta­tion spéci­fique, et via des canaux qui n’ont rien de géné­riques. J’ai proba­ble­ment dans mes résul­tats une majo­ri­tés de geeks, profes­sion­nels du web, ou profes­sion­nels du livre (voire les trois à la fois).

    J’ai aussi une propor­tion non négli­geable de gens qui me lisaient déjà, poten­tiel­le­ment parce que juste­ment ils sont en accord avec mes opinions. C’est à prendre en compte.

    Le public n’est pas d’ailleurs si tech­no­phile que je le crai­gnais puisque moins d’un tiers est équipé en tablette LCD, et majo­ri­tai­re­ment iPad (le stéréo­type geek cari­ca­tu­ral a tendance à plutôt avoir de l’An­droid).

    À l’in­verse, ces résul­tats sont inté­res­sants parce qu’ils concernent des grands lecteurs et des gens qui ont souvent eu l’oc­ca­sion de tester la tech­no­lo­gie. Ainsi 80% lisent plus de 3 heures par semaine et 25% lisent plus de 15 heures par semaines. Nous sommes bien au dessus de la moyenne française. Ça se ressent dans l’équi­pe­ment : 40% sont déjà équi­pés en liseuse à encore élec­tro­nique et savent de quoi ils parlent.

    Sur quoi souhai­tez-vous lire ?

    Je regagne confiance sur mon crédo : le livre numé­rique ne passe pas par une tablette LCD. Même quand on offre l’ap­pa­reil, s’il s’agit de lire un livre, c’est l’encre élec­tro­nique et les liseuses légères qui gagnent haut la main : plus de 80%, le reste se répar­tis­sant entre les aficio­na­dos du papier et les tablettes LCD.

    Mais ce qui est surtout inté­res­sant c’est de regar­der ce que les gens souhaitent en fonc­tion de ce qu’ils ont déjà, afin de voir l’ex­pé­rience réelle et élimi­ner quelques uns des biais de mon étude :

    Ceux qui ont une tablette LCD voudraient lire pour moitié sur une liseuse. Ce peut être de l’in­sa­tis­fac­tion ou de la curio­sité, et l’échan­tillon est faible. Par contre ceux qui sont déjà sur liseuse n’ont aucune volonté de lecture sur tablette. Ça se confirme chez ceux qui ont déjà les deux : pour la lecture de livre c’est une liseuse qu’il faut.

  • La veille, ce tableau était encore dans le domaine public

    Pour complé­ter le lien précé­dent sur l’af­fai­blis­se­ment du domaine public, entrons encore plus dans un monde formi­dable :

    La veille, ce tableau était encore dans le domaine public [aujourd’­hui il ne l’est plus]

    Alors certes, on peut juger qu’il y a eu un travail d’au­teur et donc qu’il mérite d’être protégé en tant que tel (même si pour moi la restau­ra­tion c’est une exécu­tion qui peut être excep­tion­nelle dans le travail et la réali­sa­tion, mais qui par prin­cipe n’est pas origi­nale et donc ne devrait pas être soumise au droit d’au­teur).

    Main­te­nant, si toute réuti­li­sa­tion implique de refaire courir un droit d’au­teur, fina­le­ment le domaine public devient figé et empri­sonné. Tout ce qui en est fait va le limi­ter encore plus, mettre des barrières quant aux utili­sa­tions qui pour­raient en être faites par les suivants, et inter­dire toute élabo­ra­tion d’une culture commune.

    Culture figée dans notre passé, est-ce cela notre futur ?

    C’est valable pour un tableau restauré mais on en parle aussi sur des livres qui ne sont plus sous mono­pole d’au­teur mais dont la numé­ri­sa­tion ou la repu­bli­ca­tion tente de refaire courir des droits. Pour pouvoir réuti­li­ser l’œuvre il faut alors retrou­ver une édition origi­nale car toute repu­bli­ca­tion implique de nouveaux droits et une inter­dic­tion par défaut. On peut aussi proté­ger les inter­pré­ta­tions musi­cales, et si un passage est accen­tué sur une inter­pré­ta­tion d’une vieille musique, plus personne n’a le droit de le rejouer avec cette même accen­tua­tion.

    Plus français, on en vient à inter­dire la photo­gra­phie de certains monu­ments en ce qu’ils ont été repeints ou éclai­rés, et que ce travail tombe­rait sous droit d’au­teur. Sauf à ne pas photo­gra­phier de nuit ou enle­ver subrep­ti­ce­ment toute pein­ture, le monu­ment vient de simple­ment être mono­po­lisé une seconde fois.

    Tout ce qui est suscep­tible d’être mani­pulé ou travaillé est en fait sensible à ce système de renou­vel­le­ment des droits d’au­teur. C’est sans quand il y a un travail origi­nal en lui même, mais plus que dange­reux dans notre capa­cité à profi­ter publique­ment et cultu­rel­le­ment ce cette éléva­tion de l’œuvre hors du mono­pole de l’au­teur.

    Plus qu’une culture figée, c’est la réap­pro­pria­tion privée d’un bien public.

    Il est vrai­ment temps de faire du ménage dans le droit d’au­teur et le copy­right pour mieux proté­ger l’œuvre et l’au­teur dans ce qu’ils ont d’ori­gi­nal et afin de permettre le finan­ce­ment de la créa­tion, mais aussi pour mieux proté­ger le domaine public et auto­ri­ser tous les usages qui ne mettent pas en péril les auteurs et les créa­tions d’ori­gine. Nous ne pouvons pas conti­nuer ainsi.

  • Votre solu­tion de lecture atten­due pour le livre numé­rique

    Cette fois ci c’est moi qui ai besoin de votre aide. J’ai lancé un petit formu­laire qui devrait prendre au plus 2 ou 3 minutes à remplir pour me donner votre avis sur le livre numé­rique.

    Je suis inté­ressé par ce que vous pouvez me dire, y compris si vous n’y connais­sez rien (et dans ce cas : remplis­sez au mieux comme si les ques­tions vous étaient posées par votre libraire de quar­tier et qu’il fallait répondre de suite). Les choix sont limi­tés : faites au mieux en prenant le choix le plus adapté ou le plus proche.

    Les résul­tats sont publics. Si quelqu’un veut avoir accès aux données brutes pour faire des corré­la­tions, il suffit de deman­der.

    Merci de votre aide

  • Impri­mante ePaper : nouveauté écolo pour les entre­prises

    Parfois il y a des idées excel­lente. Trans­for­mer toutes nos impres­sions jetables en un affi­chage tempo­raire sur une liseuse à encre numé­rique, ça inter­pelle.

    Bon, on ne rempla­cera pas toutes les impri­mantes, mais un appa­reil 14 à encre élec­tro­nique qui est reconnu sur le réseau comme une impri­mante, qu’on peut prendre en main et qui permet des recherches et des dessins/anno­ta­tions … je prédis un véri­table avenir.

    Il n’y a pas que le côté écolo­gique (qui reste à démon­trer), mais surtout le côté pratique de la chose. Impri­mer des contrats, spéci­fi­ca­tions manuels, mémos, juste pour les relire, les anno­ter et les ranger dans un coin, c’est clair que c’est plus une contrainte qu’autre chose.

    Impri­mante ePaper : nouveauté écolo pour les entre­prises

  • Avec quoi « protège » t-on les conte­nus numé­riques ?

    Dans le grand monde de la lutte contre la contre­façon numé­rique nous croi­sons trois mesures bien distinctes : les DRM, les verrous d’ac­ti­va­tion, le tatouage numé­rique, et la notice d’in­for­ma­tion.

    Ceux qui connaissent un petit peu le monde numé­rique ne décou­vri­ront proba­ble­ment rien, mais ça me permet­tra de poin­ter plus tard vers cette page dans des discus­sions ou de futurs billets.

    Une note tout de même avant la suite : Malgré le titre, ces mesures ne protègent pas les conte­nus, elles protègent les inté­rêts des ayants droits. Les conte­nus ne risquent rien, merci pour eux. C’est évident mais ça méri­tait d’être dit, parce que les formu­la­tions ont un impact sur la manière dont nous perce­vons les choses.

    Les DRM

    Les DRM, pour digi­tal right mana­ge­ment (gestion des droits numé­riques) permet au logi­ciel de lecture de prendre connais­sance des limi­ta­tions choi­sies par le distri­bu­teur du contenu et de les respec­ter stric­te­ment. Il peut s’agir par exemple d’une date d’ex­pi­ra­tion, d’un nombre de copies, de la taille d’éven­tuels extraits copiés, d’un nombre de lecture ou d’un nombre d’ins­tal­la­tion.

    Les DRM sont toujours accom­pa­gnés d’un verrou qui empêche la lecture sur des logi­ciels non auto­ri­sés, et parfois sur du maté­riel non auto­risé. L’objec­tif est bien entendu qu’on ne puisse pas utili­ser un logi­ciel ou un maté­riel qui permet­trait de ne pas respec­ter les limi­ta­tions deman­dées.

    Le DRM, s’il est effi­cace, tend à brider l’uti­li­sa­tion du contenu par le lecteur. Parce qu’il limite les logi­ciels ou maté­riels de lecture auto­ri­sés, il pose de plus des problèmes sérieux de péren­nité et d’in­te­ro­pé­ra­bi­lité. Ce problème d’in­te­ro­pé­ra­bi­lité est renforcé quand l’édi­teur du contenu en profite pour impo­ser un circuit fermé entre son maté­riel, ses logi­ciels, et ses conte­nus. Enfin, il est fréquent pour le lecteur de perdre l’ac­cès aux conte­nus ache­tés, parce qu’il perd les certi­fi­cats d’ori­gine lors d’un chan­ge­ment de machine, ou que les serveurs de contrôle du DRM sont simple­ment éteints après quelques années.

    Les DRM utili­sés par le grand public sont finissent toujours par être cassés et finissent donc par être inef­fi­caces pour brider la contre­façon volon­taire. Ils conti­nuent toute­fois de brider les utili­sa­teurs honnêtes.

    Exemples : DVD, Blu-ray (qui demandent des mises à jour régu­lières par Inter­net), livres numé­riques sous format Adobe

    Les verrous d’ac­ti­va­tion

    Les verrous d’ac­ti­va­tion viennent du monde logi­ciel. Il s’agit alors souvent d’un numéro de licence qu’on saisit à l’ins­tal­la­tion pour débloquer le logi­ciel. Un numéro unique et person­nel est alors trans­mis à tous les béné­fi­ciaires. La péren­nité du contenu est alors dépen­dante de la capa­cité à garder ce numéro unique. Pour un contenu repris plusieurs mois ou plusieurs années après l’achat, cela peut poser des diffi­cul­tés. La véri­fi­ca­tion du numéro est aussi dépen­dante d’un logi­ciel exécu­table, prévu pour certaines versions d’un système d’ex­ploi­ta­tion parti­cu­lier, qui pour­rait ne plus être d’ac­tua­lité ou même ne plus être supporté par les maté­riels récents plusieurs années plus tard.

    Les verrous d’ac­ti­va­tion ont évolué et demandent souvent une connexion à Inter­net pour véri­fier la cohé­rence du numéro de licence avec un serveur central. Ils véri­fient aussi que ce numéro n’est pas utilisé plusieurs fois, ou que le contenu numé­rique n’a pas été modi­fié. L’uti­li­sa­tion de ces serveurs distants rend dépen­dant de la connexion Inter­net et de la bonne volonté de l’édi­teur pour lais­ser actifs ces serveurs plusieurs années après la vente des conte­nus (ou après l’ar­rêt de la vente).

    Parfois c’est un iden­ti­fiant utili­sa­teur accom­pa­gné d’un mot de passe qui est demandé en lieu et place du numéro d’ac­ti­va­tion. Dans ce cas il devient diffi­cile ou impos­sible de parta­ger le contenu avec un tiers, même dans la même famille, ou de fusion­ner sur la même machine ou le même logi­ciel les conte­nus de deux comptes distincts.

    Exemples : Certains conte­nus annexes de Blu-Ray, les livres sous format Adobe (pour télé­char­ger le contenu réel), la plupart des logi­ciels commer­ciaux, les jeux vidéos

    Les tatouages numé­riques

    Le tatouage numé­rique, aussi appelé water­mar­king, a pour objec­tif de marquer le fichier pour en repé­rer le desti­na­taire licite. Il existe deux types de tatouages, le tatouage visible et le tatouage invi­sible.

    Le tatouage visible passe par l’in­ser­tion d’un code, d’une marque ou d’in­for­ma­tions person­nelles dans le contenu numé­rique. Pour un livre c’est par exemple un code barre et les noms et coor­don­nées de l’ache­teur du livre. L’objec­tif est double : faire comprendre au lecteur que son contenu est person­nel, et l’in­ci­ter à ne pas diffu­ser ce contenu à des tiers.

    Le tatouage invi­sible passe par l’in­ser­tion d’un code dans le contenu de telle façon qu’il ne puisse être visible que s’il est cher­ché expli­ci­te­ment. On s’en sert pour trou­ver la source d’un contenu contre­fait et agir s’il y a contre­façon de masse ou contre­façon volon­taire.

    Certains tatouages sont tota­le­ment invi­sibles et ne gênent en rien l’ex­ploi­ta­tion du contenu. Même visibles, ils peuvent être insé­rés à un endroit discret et sans impact sur l’œuvre elle-même. À l’in­verse, d’autres peuvent dégra­der l’œuvre, casser sa compa­ti­bi­lité, ou être pénible pour le lecteur. Malheu­reu­se­ment, les tatouages les plus résis­tants à la contre­façon sont aussi les plus intru­sifs et ceux qui apportent le plus de risques de dégra­da­tion ou d’in­com­pa­ti­bi­lité.

    Exemples : Fichiers musi­caux (MP3), certains livres numé­riques, les images ou photo­gra­phies

    Les notices d’in­for­ma­tion

    Les notices d’in­for­ma­tion sont des textes, vidéos, bandes son, images ou tout autre procédé permet­tant d’in­for­mer le déten­teur de l’œuvre des droits et limites d’ex­ploi­ta­tion.

    Ces notices sont toute­fois souvent intru­sives, répé­ti­tives, et souvent une source impor­tante de mauvaise expé­rience utili­sa­teur quand elles sont impo­sée au lecteur par une DRM ou un verrou d’ac­ti­va­tion. Elles sont de plus parfois inin­tel­li­gibles (texte légal) ou tendent à la propa­gande (texte promo­tion­nel sur un point de vue unique).

    Exemples : DVD et Blu-Ray, contrats de licence des logi­ciels