Auteur/autrice : Éric

  • NAS custom

    Je dis custom, mais si vous avez quelque chose qui convient parfai­te­ment sur le marché, ça m’in­té­resse.

    Usage:

    • Serveur de fichiers
      • Inter­face web à la NextC­loud pour ponc­tuel­le­ment cher­cher un fichier dans les archives
      • Inter­face réseau local (AFP, SMB) pour ponc­tuel­le­ment déver­ser de gros volumes pour archi­vage, lire un film, ou cher­cher un ficher dans les archives
      • Synchro­ni­sa­tion auto­ma­tique type Next­cloud de certains réper­toires avec les laptops mac de la maison ; avoir une synchro­ni­sa­tion sélec­tive est un indis­pen­sable
    • Serveur de sauve­garde
      • Faire tour­ner des scripts type getmail qui vont synchro­ni­ser loca­le­ment des boites emails en ligne de plusieurs (dizaines) de Go
      • Faire tour­ner des scripts type rclone qui vont synchro­ni­ser loca­le­ment des stockages de photo ou de fichiers en ligne sur plusieurs centaines de Go
      • Sauve­garde auto­ma­tique des photos qui viennent des télé­phones.
      • Faire tour­ner des scripts pour synchro­ni­ser loca­le­ment d’autres types de fichiers en ligne, par exemple des dépôts git.
      • Faire tour­ner des scripts et poten­tiel­le­ment des navi­ga­teurs head­less pour aller se connec­ter à diffé­rents services en ligne et y rapa­trier les données person­nelles en local.
      • Faire tour­ner du Borg ou simi­laire pour sauve­gar­der plusieurs To sur des serveurs en ligne.
      • Option­nel­le­ment: Servir de stockage pour TimeMa­chine
    • Serveur local
      • Serveur Vault­war­den pour les mots de passe
      • Serveur IMAP pour certaines boites emails d’ar­chive
      • Serveur Webcal/Caldav
      • Strea­ming musique / mp3
      • Parcours des galle­ries et archives photos
      • Poten­tiel­le­ment dans le futur, servir de serveur domo­tique

    Bruit: Je n’ai pas de pièce isolée ou faire tour­ner ça. Le silence au repos est donc un indis­pen­sable. Le fanless serait idéal, et sinon plutôt des gros venti­la­teurs qui tournent peu. Dans tous les cas, ça implique une consom­ma­tion réduite au repos.

    Perfor­mance: À l’op­posé, quand je déverse plusieurs dizaines de Go ou que je passe sur la sauve­garde incré­men­tale de plusieurs To, j’ai­me­rais de bonnes perfor­mances en lecture/écri­ture. Je veux éviter les CPU famé­liques et chip­set de carte mère sans vraie bande passante, quitte à payer plus cher.

    Stockage: Aujourd’­hui j’ai un SSD SATA 2.5″de 8 To mais ça ne tien­dra pas sur le long terme. Vu que désor­mais les NVMe ne sont pas plus chers et bien plus rapides, j’ima­gine qu’à terme ça sera plusieurs NVMe plus poten­tiel­le­ment un gros disque méca­nique 3.5″ pour ce qui prend énor­mé­ment de place mais qui est de moindre impor­tance.

    Le setup idéal serait donc au moins 4 ports NVMe et 2 baies SATA 3.5″. La réalité c’est que si j’ai 2 ports NVMe et 1 baie SATA 2.5″ ou 3.5″, je peux m’ima­gi­ner faire en scéna­rio mini­mum.

  • Morta­lité cyclistes, chiffres 2025

    Oh lala… Tu as vu la catas­trophe des mobi­li­tés douces dans les chiffres de la sécu­rité routière ? Ils en parlent à la TV.

    Non, je n’ai pas vu.
    Ou plutôt je n’y ai pas vu la même chose qu’à la TV.

    Tableau de mortalité par type de déplacement et par année. Les chiffres intéressants sont discutés dans le billet.
    Bilan provi­soire de l’an­née 2025, Sécu­rité Routière

    Vélo, on a +10 morts, +4%. Ce n’est poten­tiel­le­ment pas une anoma­lie statis­tique, d’au­tant que ça monte pas à pas depuis des années : +25% depuis 2019, soit juste­ment pas loin de 4% par an sur toute la période.

    C’est moche mais les statis­tiques c’est traitre, ça ne dit pas la même chose suivant comment on les présente.

    En paral­lèle, depuis 2019, l’usage du vélo a explosé. Il y a eu le covid, le vélo à assis­tance élec­trique, et les villes ont investi massi­ve­ment dans les infra­struc­tures. La plate­forme natio­nale des fréquen­ta­tion (PNF) montrait +37 % d’usage entre 2019 et 2023, et ça ne s’est pas arrêté depuis. On parle de +5% pour l’an­née 2025.

    Et du coup, +4% de morta­lité pour un usage qui monte de +5% il n’y a pas de quoi crier victoire mais ça montre une absence d’aug­men­ta­tion du risque, et proba­ble­ment plutôt une légère _baisse_ de ce risque.

    Quand j’en­tends les édito­ria­listes parler d’ur­gence de port du casque1, de folie gran­dis­sante des inci­vi­lité cyclistes, je me dis qu’il est grand temps de chan­ger d’édi­to­ria­listes pour mettre des gens qui regardent réel­le­ment les chiffres.


    On voit par contre un +35 morts pour les EDP-m, soit +78%. Là c’est une toute autre histoire. Je n’ai pas les chiffres mais je doute très fort qu’il y ait eu +78% d’usage sur les 12 mois. On a vrai­sem­bla­ble­ment un problème, majeur, à la fois sur l’usage et sur le maté­riel utilisé2.

    Alors oui, les EDP-m font partie des fameuses mobi­li­tés douces, mais les agré­gats n’ont de sens que pour repré­sen­ter des réali­tés communes. Je conteste tota­le­ment la réalité commune d’usage entre les cycles et les EDP-m, et les chiffres de la sécu­rité routière tendent plutôt à me donner raison.


    Mais vu qu’on parle de mobi­li­tés douces au sens large, on voit aussi +45 morts chez les piétons, soit +10%. Il est peu probable que ça vienne d’un chan­ge­ment majeur de compor­te­ment des piétons. Le danger vient d’ailleurs.

    Si je reprends les matrices de colli­sion du rapport de la sécu­rité routière, on voit plutôt une faible dange­ro­sité du vélo et même des EDP-m. Avec la respon­sa­bi­lité d’un piéton mort pour chaque, on est dans l’aléa statis­tique3.

    Tableau de mortalité par type de déplacement du tué et par type de déplacement de l'antagoniste principal de l'accident.

Les chiffres importants sont repris dans le corps du billet.

    Ce qui frappe c’est le contraire, les moto­ri­sés clas­siques sont impliqués dans presque 99% des colli­sions mortelles4, ce qui dépasse leur part modale que ce soit en nombre de dépla­ce­ments ou en kilo­mètres parcou­rus.

    La voiture tue, mais on s’est habi­tué à trou­ver ça normal, du coup on se foca­lise sur les tués.

    Les voitures ont d’ailleurs une augmen­ta­tion de +45 morts, soit +3% alors que l’usage n’a très proba­ble­ment pas progressé d’au­tant. Là pour­tant les édito­ria­listes ne parlent que d’un léger relâ­che­ment.

    Quand on ne veut pas voir l’élé­phant au milieu du couloir, on regarde de l’autre côté.


    Il y a presque deux fois plus de morts hors agglo­mé­ra­tion (hors auto­route) qu’en agglo­mé­ra­tion. C’est 50% de plus même pour les cyclistes alors que le boom à vélo est majo­ri­tai­re­ment urbain.

    Bref, ce n’est pas une ques­tion de feu rouge. La conclu­sion probable c’est que le problème est majo­ri­tai­re­ment au niveau du contrôle des véhi­cules moto­ri­sés (vitesse, alcool, stupé­fiants, atten­tion).


    Une autre facette, mise en lumière par le rapport de la sécu­rité routière, c’est le genre et l’âge des personnes impliquées. Les hommes sont sur-repré­sen­tés, ainsi que les jeunes.

    On a une culture d’agres­si­vité au volant qui est à ques­tion­ner, bien plus que le port du casque des cyclistes ou le fait que les piétons traversent au rouge.


    1. Et ça peu importe ce que vous pensez de l’obli­ga­tion du port du casque. Il ne s’agit pas de dire « pour » ou « contre » ici, juste de dire qu’il n’y a ici aucune dété­rio­ra­tion qui justi­fie­rait de nouvelles mesures. ↩︎
    2. Je suis prêt à parier ma chemise que sur Lyon la part des EDP-m régle­men­taires ne dépasse pas 50%. ↩︎
    3. Note: Sur les 7 cyclistes morts sur une colli­sion entre vélo, 5 sont hors agglo­mé­ra­tion. Je ne serais pas étonné que ce soient plutôt des pratiques spor­tives, genre des descentes ou des pelo­tons de course. Bref, je consi­dère ça un peu à part. ↩︎
    4. Pour rappel, les « sans tiers » sont des morts pour lesquels aucun tier n’a été remonté dans les statis­tiques. C’est plus une case fourre-tout « on ne sait pas » qu’une statis­tique « mort seul » (même si les véhi­cu­lés qui sont morts seuls en font effec­ti­ve­ment partie). ↩︎
  • Partir de chez Google

    Je procras­tine la migra­tion hors Google depuis des années. Je le souhai­tais par prin­cipe plus que par besoin, et ça ne me moti­vais pas beau­coup de me retrou­ver avec moins bien.

    La situa­tion géopo­li­tique fait que j’ai­me­rais me retrou­ver en Europe occi­den­tale ou appa­renté. Plus qu’a­vant. Alle­magne, Suède ou Suisse ont poten­tiel­le­ment ma préfé­rence.

    J’ai deux options :

    • Un système tout inté­gré, email, calen­drier, contacts, docu­ments, stockage, tout en ligne avec un (vrai­ment très) gros quota.
    • Juste email et calen­drier, idéa­le­ment carnet de contacts, quota signi­fi­ca­tif. Je garde le stockage par ailleurs, sur Treso­rit ou rapa­trié chez moi.

    Je cherche des recom­man­da­tions pour savoir où aller.

    Je ne veux pas de solu­tion Outlook/Exchange et j’ai­me­rais éviter l’hé­ber­ge­ment de la solu­tion sur AWS, GCP ou Azure même si c’est sur des centre de données Euro­péens.


    Email

    Je veux pouvoir relier ma boite à plusieurs domaines, avec des adresses catch-all, des limites assez hautes pour les fichiers joints, et un quota assez impor­tant (50 Go serait idéal, 5 Go un mini­mum).

    Ce serait vrai­ment excellent d’avoir un système aussi bon que gmail pour la recherche, la gestion des tags, et surtout des règles de filtrage serveur. Peut-être que je rêve un peu. Point bonus s’il y a un système qui me permet de faire à distance une sauve­garde incré­men­tale quoti­dienne de ma boite email.

    Je ne cherche pas forcé­ment de chif­fre­ment de bout en bout. S’il y a, je veux qu’il existe un pont local pour inter­agir en IMAP (Proton le propose, Tuta ne le propose pas à ma connais­sance).

    Note : Je ne veut pas de chaton ou de copain ou de petit héber­geur pour mes emails, à la fois pour des ques­tions de déli­vra­bi­lité et pour des ques­tions de confiance/sécu­rité.

    Calen­drier

    Je veux pouvoir parta­ger mon calen­drier avec des proto­coles stan­dards (webcal ou caldav), et avoir plusieurs calen­driers.

    Le chif­fre­ment de bout en bout peut être sympa mais je vois mal comment ça peut fonc­tion­ner avec le partage dans les proto­coles stan­dards.

    Contacts

    Rien d’ex­tra­or­di­naire, sinon la possi­bi­lité d’in­te­ra­gir avec un proto­cole stan­dard.

    Stockage

    Pour en faire mon stockage prin­ci­pal il me faut un énorme quota (on parle en To), un chif­fre­ment de bout en bout (indis­pen­sable), la possi­bi­lité de parta­ger des fichiers et réper­toires au moins en lecture (idéa­le­ment en écri­ture), et des logi­ciels de synchro­ni­sa­tion effi­caces à la fois sous Mac et sous Linux. L’in­ter­face Linux doit pouvoir être utili­sée sans inter­face graphique.

    La contrainte est forte. Je peux accep­ter une solu­tion qui ne gère pas le stockage, et le gérer par ailleurs de mon côté.


    Pour l’ins­tant dans les recom­man­da­tions je trouve :

    • Proton, chif­fré, avec poten­tiel­le­ment les défauts liés ;
    • Info­ma­niak, sans le drive qui n’est pas chif­fré côté client ;
    • OVH pour email et calen­drier ;
    • Migadu, pour email et calen­drier ;
    • Fast­mail pour email et calen­drier, mais Austra­lien.
  • Implé­men­ta­tion du secret de Shamir

    Régu­liè­re­ment, je tourne en rond et je reviens à mon point de départ. C’est le cas aujourd’­hui sur le secret de Shamir.

    J’ai hésité entre l’an­cêtre ssss et le plus récent libgf­share. En pous­sant un peu j’ai iden­ti­fié d’autres implé­men­ta­tions qui se veulent plus fiables, par exemple en implé­men­tant une véri­fi­ca­tion d’in­té­grité. Plus j’avançais et plus je trou­vais d’al­ter­na­tives et de déri­vés. Le dernier étant SLIP-0039.

    Je ne vous colle pas tout mais il y a au moins:

    • ssss, le dino­saure, dont l’URL origi­nale n’est même plus en ligne mais qui est encore dans Debian et qui le restera proba­ble­ment à vie. Il y a un portage Javas­cript, et même une version qui permet d’ajou­ter de nouvelles clés à un partage exis­tant.
    • libgf­share, qui par rapport à ssss permet de parta­ger un secret d’une taille infi­nie, et qui lui aussi est dans Debian proba­ble­ment à vie. Des portages JS existent mais je n’en ai pas trouvé qui permettent d’ajou­ter de nouvelles clés.
    • sss, qui se veut plus sécu­risé et qui ajoute une garan­tie d’in­té­grité du secret. Le README a la bonne idée de faire une liste d’al­ter­na­tives. Malheu­reu­se­ment je n’ai pas vu de portage JS et je n’ai pas forcé­ment envie de le faire moi sur un objet mathé­ma­tique que je ne comprends pas. Il ne semble de toutes façons pas parti­cu­liè­re­ment connu hors de github.
    • sssa, qui semble avoir plusieurs implé­men­ta­tions, mais à priori ni récentes ni très utili­sées.
    • SLIP39, qui va beau­coup plus loin, avec des notions de groupes sur deux niveaux, une véri­fi­ca­tion d’in­té­grité. Il y a l’avan­tage d’un stan­dard établi (à priori pour des ques­tions de block­chain. Il y a même un portage JS, mais j’ai eu peur de complexi­fier inuti­le­ment la procé­dure de récu­pé­ra­tion manuelle.

    Bref, j’ai fini par exac­te­ment la même conclu­sion que l’autre fois : Je préfère quelque chose de simple, éprouvé, et le fait de pouvoir ajou­ter des nouvelles clés après coup a un énorme avan­tage.

    J’ai donc amélioré une vieille implé­men­ta­tion de ssss, et je vais partir de là.

  • [Lecture] AI writes code faster. Your job is still to prove it works.

    Cet article met proba­ble­ment le doigt sur une des incom­pré­hen­sions j’ai avec les inter­lo­cu­teurs critiques à propos d’ia dans les proces­sus de dev.

    Il ne s’agit pas de tout accep­ter. Oui, l’IA aujourd’­hui amène son lot de défauts. Je ne compare pas la qualité de la produc­tion de l’IA avec la qualité de la produc­tion d’un dev humain.

    C’est tout le proces­sus qui change. Ce que je compare c’est le résul­tat d’un proces­sus histo­rique avec celui où l’IA est au centre. Dans ce second proces­sus on a aujourd’­hui un dev qui véri­fie, qui relance, qui contraint. C’est un chan­ge­ment de métier.

    L’ar­­ticle parle de revue mais les deux points à rete­­nir pour moi c’est que l’hu­­main doit rester en maîtrise et toujours prou­­ver que le résul­­tat est le bon, sans juste faire confiance, et que le volume de code est un ennemi encore plus fort qu’a­­vant parce que l’IA est forte à géné­­rer beau­­coup de code.

  • Trans­mis­sion à l’épreuve des chan­ge­ments de secret

    Je reprends mon projet de trans­mis­sion numé­rique.

    Un des points qui me freine c’est comment main­te­nir à jour les données. Les mots de passe changent, les instruc­tions aussi.

    Par le passé j’avais en tête de simple­ment donner les clés du gestion­naire de mots de passe et de lais­ser une note dedans.

    Ça faisait le job mais depuis j’ai changé de serveur pour le gestion­naire de mots de passe pour passer à un euro­péen. Un peu plus tard le gestion­naire de mots de passe a imposé une authen­ti­fi­ca­tion double facteurs par email. Mon authen­ti­fi­ca­tion email a aussi changé et elle doit être direc­te­ment dans le secret. Cette authen­ti­fi­ca­tion email a un double facteur télé­phone, et mon verrouillage télé­phone va aussi chan­ger régu­liè­re­ment pour contraintes profes­sion­nelles.

    Bref, je vais avoir besoin de faire des mises à jour, renvoyer de nouveaux docu­ments à tous les desti­na­taires.

    Pourquoi pas, mais plus j’en demande plus je cours le risque que ces docu­ments soient mal stockés, perdus, ou que les versions récu­pé­rées par les diffé­rents desti­na­taires ne soient pas les mêmes.


    Pour l’ins­tant ma solu­tion c’est d’avoir une indi­rec­tion.

    Le secret de Shamir se contente de chif­frer une clé symé­trique type AES-256. Le reste est chif­fré à partir de cette clé. J’ajoute quelque part la date de géné­ra­tion.

    À chaque mise à jour, je peux réuti­li­ser la même clé AES-256, et juste mettre à jour la donnée chif­frée elle-même, accom­pa­gnée d’une nouvelle date.

    L’avan­tage c’est qu’il suffit aux desti­na­taires de récu­pé­rer chacun un des docu­ments que je leur ai trans­mis. Ensemble ils pour­ront toujours retrou­ver la clé, et la clé permet­tra de déchif­frer le contenu le plus récent qu’ils auront entre eux, même si tout le monde n’a pas le même.

  • Chef

    J’ai l’ha­bi­tude des films avec une intrigue forte et du suspense, genre espion­nage ou poli­tique.

    Là pour une fois j’ai bien appré­cié le road movie Chef. Pas de suspense ni d’in­trigue, juste un chemin vers le bonheur. Bref, c’était beau.

    https://fr.wiki­pe­dia.org/wiki/Chef_(film,_2014)

  • C’était mieux avant, ou pas

    J’ai une vision assez noire du monde, assez pessi­miste du futur, mais je ne comprends pas l’idéa­li­sa­tion du passé.

    Non, ça n’était pas mieux avant, peu importe le avant qu’on choi­sit.

    Ce n’était mieux ni sur les condi­tions de vie, ni sur les liber­tés, ni sur la santé, ni sur le travail, ni sur la pauvreté, ni sur les domi­na­tions, ni sur la justice, ni sur l’es­pé­rance de vie, ni sur les violences ou la crimi­na­lité, ni sur le confort, ni sur l’ali­men­ta­tion, ni… sur rien en fait.

    La télé­vi­sion et la litté­ra­ture nous abreuvent d’images qui sont celles d’une mino­rité de domi­nants de chaque époque, oubliant que la masse n’avait pas ces condi­tions de vie et que même cette mino­rité n’avait pas plein de choses qui sont une évidence pour nous.

    Soyons critiques sur le présent, précau­tion­neux sur l’ave­nir, mais n’idéa­li­sons pas le passé.

  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • L’ar­ti­san et l’usine

    J’ai passé la majo­rité de ma vie à façon­ner du code, et j’en ai fait mon métier. Je me suis long­temps vu comme arti­san logi­ciel. Pour moi c’était une des spéci­fi­ci­tés de notre profes­sion. On ne faisait pas deux fois les choses de la même façon. Sinon c’était auto­ma­ti­sable, et auto­ma­tisé. Le déve­lop­pe­ment logi­ciel c’était ce qui restait, et c’était de l’ar­ti­sa­nat.

    Je remets en ques­tion cette vision depuis quelque temps.

    Fin de l’ar­ti­san logi­ciel

    L’ar­ri­vée de l’IA change ce qui est auto­ma­ti­sable, et donc les acti­vi­tés restantes. J’ai deux futurs auxquels je crois.

    Le premier, c’est celui de l’in­gé­nieur qui va mettre en place le cadre, les outils, la surveillance, les docu­men­ta­tions, la chaîne de produc­tion et de livrai­son. On passe de l’ar­ti­sa­nat à l’usine robo­ti­sée, comme plusieurs métiers avant nous.

    Le second reste quelque part un arti­san, mais un arti­san produit plus qu’un arti­san logi­ciel. L’enjeu est de remon­ter partiel­le­ment la chaîne, se concen­trer sur ce qu’on veut produire, pourquoi, comment, et traduire le besoin. C’est fina­le­ment ce qu’on fait déjà : le déve­lop­peur traduit des besoins en code. Cette traduc­tion sera diffé­rente, et moins proche du code.

    Ces deux trajec­toires ne s’ex­cluent pas. On pourra sans doute navi­guer de l’une à l’autre selon les projets, les envies, les moments de carrière. Mais dans les deux cas, le métier change, radi­ca­le­ment, et l’ar­ti­san logi­ciel ne sera proba­ble­ment plus au cœur de l’ac­ti­vité d’ici fin 2026.

    Ça demande de chan­ger de métier, et ça pose plein de ques­tions.

    Moyen ou fina­lité ?

    La ques­tion qui m’ap­pa­raît prégnante pour cette année 2026, c’est de savoir si on fait du logi­ciel parce qu’on aime faire du logi­ciel ou parce qu’on aime faire des choses avec du logi­ciel.

    Jusqu’à présent, les deux étaient assez indis­so­ciables. Pour faire des choses avec du logi­ciel, la meilleure façon était de faire du logi­ciel, avec atten­tion et exper­tise. Pour faire un bon logi­ciel, durable, main­te­nable, évolu­tif, il fallait travailler la qualité interne, à la main.

    Cette dualité permet­tait de botter en touche avec un « les deux ». Je ne crois pas que ce soit encore vrai, ni que ça le reste long­temps.

    Pour l’amour du code

    Il y a toujours un peu « des deux » mais je sais que ce qui me motive prin­ci­pa­le­ment : ce que je vais pouvoir faire avec le logi­ciel, pas le logi­ciel en lui-même.

    Je comprends parfai­te­ment ceux qui ont appris à aimer le code, à le peau­fi­ner, à le faire gran­dir, et dont c’est la moti­va­tion prin­ci­pale. Ceux-là voudront peut-être rester dans l’ar­ti­sa­nat logi­ciel.

    Il y a toujours des arti­sans potiers, céra­mistes et porce­lai­niers aujourd’­hui. Peu, mais il y en a. Ils répondent à des demandes diffé­rentes. Certains sont experts pour des demandes hors normes. D’autres, plus nombreux, visent des objec­tifs non utili­taires : le luxe, le tourisme, les cadeaux, les symboles, l’hé­ri­tage histo­rique, l’art.

    À quoi est-ce que corres­pon­dra l’ar­ti­sa­nat dans le logi­ciel ? Je ne sais pas encore. Peut-être à des systèmes critiques où la confiance exige une main humaine. Peut-être à des créa­tions où l’in­ten­tion artis­tique prime sur l’ef­fi­ca­cité. Peut-être simple­ment au plai­sir de comprendre ce qu’on construit, ligne par ligne. Il y a un métier à trou­ver, ce ne sera pas tout à fait le même et il sera proba­ble­ment plus l’ex­cep­tion que la règle.

    Je serai proba­ble­ment toujours un arti­san logi­ciel. Mes premiers codes datent d’il y a presque 40 ans. On ne remet pas faci­le­ment au placard un tel héri­tage. Je pres­sens toute­fois que cet arti­sa­nat ne sera plus mon métier.

    Comme les photo­graphes qui n’ont jamais lâché l’ar­gen­tique et la démarche artis­tique, je conti­nue­rai proba­ble­ment à coder un peu à la main, mais pour le plai­sir. Côté déve­lop­pe­ment on a toujours eu un énorme terrain de jeu hors profes­sion­nel avec l’open source. Ça restera proba­ble­ment.