Auteur/autrice : Éric

  • Partir de chez Google

    Je procras­tine la migra­tion hors Google depuis des années. Je le souhai­tais par prin­cipe plus que par besoin, et ça ne me moti­vais pas beau­coup de me retrou­ver avec moins bien.

    La situa­tion géopo­li­tique fait que j’ai­me­rais me retrou­ver en Europe occi­den­tale ou appa­renté. Plus qu’a­vant. Alle­magne, Suède ou Suisse ont poten­tiel­le­ment ma préfé­rence.

    J’ai deux options :

    • Un système tout inté­gré, email, calen­drier, contacts, docu­ments, stockage, tout en ligne avec un (vrai­ment très) gros quota.
    • Juste email et calen­drier, idéa­le­ment carnet de contacts, quota signi­fi­ca­tif. Je garde le stockage par ailleurs, sur Treso­rit ou rapa­trié chez moi.

    Je cherche des recom­man­da­tions pour savoir où aller.

    Je ne veux pas de solu­tion Outlook/Exchange et j’ai­me­rais éviter l’hé­ber­ge­ment de la solu­tion sur AWS, GCP ou Azure même si c’est sur des centre de données Euro­péens.


    Email

    Je veux pouvoir relier ma boite à plusieurs domaines, avec des adresses catch-all, des limites assez hautes pour les fichiers joints, et un quota assez impor­tant (50 Go serait idéal, 5 Go un mini­mum).

    Ce serait vrai­ment excellent d’avoir un système aussi bon que gmail pour la recherche, la gestion des tags, et surtout des règles de filtrage serveur. Peut-être que je rêve un peu. Point bonus s’il y a un système qui me permet de faire à distance une sauve­garde incré­men­tale quoti­dienne de ma boite email.

    Je ne cherche pas forcé­ment de chif­fre­ment de bout en bout. S’il y a, je veux qu’il existe un pont local pour inter­agir en IMAP (Proton le propose, Tuta ne le propose pas à ma connais­sance).

    Note : Je ne veut pas de chaton ou de copain ou de petit héber­geur pour mes emails, à la fois pour des ques­tions de déli­vra­bi­lité et pour des ques­tions de confiance/sécu­rité.

    Calen­drier

    Je veux pouvoir parta­ger mon calen­drier avec des proto­coles stan­dards (webcal ou caldav), et avoir plusieurs calen­driers.

    Le chif­fre­ment de bout en bout peut être sympa mais je vois mal comment ça peut fonc­tion­ner avec le partage dans les proto­coles stan­dards.

    Contacts

    Rien d’ex­tra­or­di­naire, sinon la possi­bi­lité d’in­te­ra­gir avec un proto­cole stan­dard.

    Stockage

    Pour en faire mon stockage prin­ci­pal il me faut un énorme quota (on parle en To), un chif­fre­ment de bout en bout (indis­pen­sable), la possi­bi­lité de parta­ger des fichiers et réper­toires au moins en lecture (idéa­le­ment en écri­ture), et des logi­ciels de synchro­ni­sa­tion effi­caces à la fois sous Mac et sous Linux. L’in­ter­face Linux doit pouvoir être utili­sée sans inter­face graphique.

    La contrainte est forte. Je peux accep­ter une solu­tion qui ne gère pas le stockage, et le gérer par ailleurs de mon côté.


    Pour l’ins­tant dans les recom­man­da­tions je trouve :

    • Proton, chif­fré, avec poten­tiel­le­ment les défauts liés ;
    • Info­ma­niak, sans le drive qui n’est pas chif­fré côté client ;
    • OVH pour email et calen­drier ;
    • Migadu, pour email et calen­drier ;
    • Fast­mail pour email et calen­drier, mais Austra­lien.
  • Implé­men­ta­tion du secret de Shamir

    Régu­liè­re­ment, je tourne en rond et je reviens à mon point de départ. C’est le cas aujourd’­hui sur le secret de Shamir.

    J’ai hésité entre l’an­cêtre ssss et le plus récent libgf­share. En pous­sant un peu j’ai iden­ti­fié d’autres implé­men­ta­tions qui se veulent plus fiables, par exemple en implé­men­tant une véri­fi­ca­tion d’in­té­grité. Plus j’avançais et plus je trou­vais d’al­ter­na­tives et de déri­vés. Le dernier étant SLIP-0039.

    Je ne vous colle pas tout mais il y a au moins:

    • ssss, le dino­saure, dont l’URL origi­nale n’est même plus en ligne mais qui est encore dans Debian et qui le restera proba­ble­ment à vie. Il y a un portage Javas­cript, et même une version qui permet d’ajou­ter de nouvelles clés à un partage exis­tant.
    • libgf­share, qui par rapport à ssss permet de parta­ger un secret d’une taille infi­nie, et qui lui aussi est dans Debian proba­ble­ment à vie. Des portages JS existent mais je n’en ai pas trouvé qui permettent d’ajou­ter de nouvelles clés.
    • sss, qui se veut plus sécu­risé et qui ajoute une garan­tie d’in­té­grité du secret. Le README a la bonne idée de faire une liste d’al­ter­na­tives. Malheu­reu­se­ment je n’ai pas vu de portage JS et je n’ai pas forcé­ment envie de le faire moi sur un objet mathé­ma­tique que je ne comprends pas. Il ne semble de toutes façons pas parti­cu­liè­re­ment connu hors de github.
    • sssa, qui semble avoir plusieurs implé­men­ta­tions, mais à priori ni récentes ni très utili­sées.
    • SLIP39, qui va beau­coup plus loin, avec des notions de groupes sur deux niveaux, une véri­fi­ca­tion d’in­té­grité. Il y a l’avan­tage d’un stan­dard établi (à priori pour des ques­tions de block­chain. Il y a même un portage JS, mais j’ai eu peur de complexi­fier inuti­le­ment la procé­dure de récu­pé­ra­tion manuelle.

    Bref, j’ai fini par exac­te­ment la même conclu­sion que l’autre fois : Je préfère quelque chose de simple, éprouvé, et le fait de pouvoir ajou­ter des nouvelles clés après coup a un énorme avan­tage.

    J’ai donc amélioré une vieille implé­men­ta­tion de ssss, et je vais partir de là.

  • [Lecture] AI writes code faster. Your job is still to prove it works.

    Cet article met proba­ble­ment le doigt sur une des incom­pré­hen­sions j’ai avec les inter­lo­cu­teurs critiques à propos d’ia dans les proces­sus de dev.

    Il ne s’agit pas de tout accep­ter. Oui, l’IA aujourd’­hui amène son lot de défauts. Je ne compare pas la qualité de la produc­tion de l’IA avec la qualité de la produc­tion d’un dev humain.

    C’est tout le proces­sus qui change. Ce que je compare c’est le résul­tat d’un proces­sus histo­rique avec celui où l’IA est au centre. Dans ce second proces­sus on a aujourd’­hui un dev qui véri­fie, qui relance, qui contraint. C’est un chan­ge­ment de métier.

    L’ar­­ticle parle de revue mais les deux points à rete­­nir pour moi c’est que l’hu­­main doit rester en maîtrise et toujours prou­­ver que le résul­­tat est le bon, sans juste faire confiance, et que le volume de code est un ennemi encore plus fort qu’a­­vant parce que l’IA est forte à géné­­rer beau­­coup de code.

  • Trans­mis­sion à l’épreuve des chan­ge­ments de secret

    Je reprends mon projet de trans­mis­sion numé­rique.

    Un des points qui me freine c’est comment main­te­nir à jour les données. Les mots de passe changent, les instruc­tions aussi.

    Par le passé j’avais en tête de simple­ment donner les clés du gestion­naire de mots de passe et de lais­ser une note dedans.

    Ça faisait le job mais depuis j’ai changé de serveur pour le gestion­naire de mots de passe pour passer à un euro­péen. Un peu plus tard le gestion­naire de mots de passe a imposé une authen­ti­fi­ca­tion double facteurs par email. Mon authen­ti­fi­ca­tion email a aussi changé et elle doit être direc­te­ment dans le secret. Cette authen­ti­fi­ca­tion email a un double facteur télé­phone, et mon verrouillage télé­phone va aussi chan­ger régu­liè­re­ment pour contraintes profes­sion­nelles.

    Bref, je vais avoir besoin de faire des mises à jour, renvoyer de nouveaux docu­ments à tous les desti­na­taires.

    Pourquoi pas, mais plus j’en demande plus je cours le risque que ces docu­ments soient mal stockés, perdus, ou que les versions récu­pé­rées par les diffé­rents desti­na­taires ne soient pas les mêmes.


    Pour l’ins­tant ma solu­tion c’est d’avoir une indi­rec­tion.

    Le secret de Shamir se contente de chif­frer une clé symé­trique type AES-256. Le reste est chif­fré à partir de cette clé. J’ajoute quelque part la date de géné­ra­tion.

    À chaque mise à jour, je peux réuti­li­ser la même clé AES-256, et juste mettre à jour la donnée chif­frée elle-même, accom­pa­gnée d’une nouvelle date.

    L’avan­tage c’est qu’il suffit aux desti­na­taires de récu­pé­rer chacun un des docu­ments que je leur ai trans­mis. Ensemble ils pour­ront toujours retrou­ver la clé, et la clé permet­tra de déchif­frer le contenu le plus récent qu’ils auront entre eux, même si tout le monde n’a pas le même.

  • Chef

    J’ai l’ha­bi­tude des films avec une intrigue forte et du suspense, genre espion­nage ou poli­tique.

    Là pour une fois j’ai bien appré­cié le road movie Chef. Pas de suspense ni d’in­trigue, juste un chemin vers le bonheur. Bref, c’était beau.

    https://fr.wiki­pe­dia.org/wiki/Chef_(film,_2014)

  • C’était mieux avant, ou pas

    J’ai une vision assez noire du monde, assez pessi­miste du futur, mais je ne comprends pas l’idéa­li­sa­tion du passé.

    Non, ça n’était pas mieux avant, peu importe le avant qu’on choi­sit.

    Ce n’était mieux ni sur les condi­tions de vie, ni sur les liber­tés, ni sur la santé, ni sur le travail, ni sur la pauvreté, ni sur les domi­na­tions, ni sur la justice, ni sur l’es­pé­rance de vie, ni sur les violences ou la crimi­na­lité, ni sur le confort, ni sur l’ali­men­ta­tion, ni… sur rien en fait.

    La télé­vi­sion et la litté­ra­ture nous abreuvent d’images qui sont celles d’une mino­rité de domi­nants de chaque époque, oubliant que la masse n’avait pas ces condi­tions de vie et que même cette mino­rité n’avait pas plein de choses qui sont une évidence pour nous.

    Soyons critiques sur le présent, précau­tion­neux sur l’ave­nir, mais n’idéa­li­sons pas le passé.

  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • L’ar­ti­san et l’usine

    J’ai passé la majo­rité de ma vie à façon­ner du code, et j’en ai fait mon métier. Je me suis long­temps vu comme arti­san logi­ciel. Pour moi c’était une des spéci­fi­ci­tés de notre profes­sion. On ne faisait pas deux fois les choses de la même façon. Sinon c’était auto­ma­ti­sable, et auto­ma­tisé. Le déve­lop­pe­ment logi­ciel c’était ce qui restait, et c’était de l’ar­ti­sa­nat.

    Je remets en ques­tion cette vision depuis quelque temps.

    Fin de l’ar­ti­san logi­ciel

    L’ar­ri­vée de l’IA change ce qui est auto­ma­ti­sable, et donc les acti­vi­tés restantes. J’ai deux futurs auxquels je crois.

    Le premier, c’est celui de l’in­gé­nieur qui va mettre en place le cadre, les outils, la surveillance, les docu­men­ta­tions, la chaîne de produc­tion et de livrai­son. On passe de l’ar­ti­sa­nat à l’usine robo­ti­sée, comme plusieurs métiers avant nous.

    Le second reste quelque part un arti­san, mais un arti­san produit plus qu’un arti­san logi­ciel. L’enjeu est de remon­ter partiel­le­ment la chaîne, se concen­trer sur ce qu’on veut produire, pourquoi, comment, et traduire le besoin. C’est fina­le­ment ce qu’on fait déjà : le déve­lop­peur traduit des besoins en code. Cette traduc­tion sera diffé­rente, et moins proche du code.

    Ces deux trajec­toires ne s’ex­cluent pas. On pourra sans doute navi­guer de l’une à l’autre selon les projets, les envies, les moments de carrière. Mais dans les deux cas, le métier change, radi­ca­le­ment, et l’ar­ti­san logi­ciel ne sera proba­ble­ment plus au cœur de l’ac­ti­vité d’ici fin 2026.

    Ça demande de chan­ger de métier, et ça pose plein de ques­tions.

    Moyen ou fina­lité ?

    La ques­tion qui m’ap­pa­raît prégnante pour cette année 2026, c’est de savoir si on fait du logi­ciel parce qu’on aime faire du logi­ciel ou parce qu’on aime faire des choses avec du logi­ciel.

    Jusqu’à présent, les deux étaient assez indis­so­ciables. Pour faire des choses avec du logi­ciel, la meilleure façon était de faire du logi­ciel, avec atten­tion et exper­tise. Pour faire un bon logi­ciel, durable, main­te­nable, évolu­tif, il fallait travailler la qualité interne, à la main.

    Cette dualité permet­tait de botter en touche avec un « les deux ». Je ne crois pas que ce soit encore vrai, ni que ça le reste long­temps.

    Pour l’amour du code

    Il y a toujours un peu « des deux » mais je sais que ce qui me motive prin­ci­pa­le­ment : ce que je vais pouvoir faire avec le logi­ciel, pas le logi­ciel en lui-même.

    Je comprends parfai­te­ment ceux qui ont appris à aimer le code, à le peau­fi­ner, à le faire gran­dir, et dont c’est la moti­va­tion prin­ci­pale. Ceux-là voudront peut-être rester dans l’ar­ti­sa­nat logi­ciel.

    Il y a toujours des arti­sans potiers, céra­mistes et porce­lai­niers aujourd’­hui. Peu, mais il y en a. Ils répondent à des demandes diffé­rentes. Certains sont experts pour des demandes hors normes. D’autres, plus nombreux, visent des objec­tifs non utili­taires : le luxe, le tourisme, les cadeaux, les symboles, l’hé­ri­tage histo­rique, l’art.

    À quoi est-ce que corres­pon­dra l’ar­ti­sa­nat dans le logi­ciel ? Je ne sais pas encore. Peut-être à des systèmes critiques où la confiance exige une main humaine. Peut-être à des créa­tions où l’in­ten­tion artis­tique prime sur l’ef­fi­ca­cité. Peut-être simple­ment au plai­sir de comprendre ce qu’on construit, ligne par ligne. Il y a un métier à trou­ver, ce ne sera pas tout à fait le même et il sera proba­ble­ment plus l’ex­cep­tion que la règle.

    Je serai proba­ble­ment toujours un arti­san logi­ciel. Mes premiers codes datent d’il y a presque 40 ans. On ne remet pas faci­le­ment au placard un tel héri­tage. Je pres­sens toute­fois que cet arti­sa­nat ne sera plus mon métier.

    Comme les photo­graphes qui n’ont jamais lâché l’ar­gen­tique et la démarche artis­tique, je conti­nue­rai proba­ble­ment à coder un peu à la main, mais pour le plai­sir. Côté déve­lop­pe­ment on a toujours eu un énorme terrain de jeu hors profes­sion­nel avec l’open source. Ça restera proba­ble­ment.

  • Grozé­cran presque deux mois après

    J’ai craqué et j’ai commandé l’écran (Dell U4025QW) il y a deux mois.

    Je veux rédi­ger ce billet depuis les deux premières semaines mais je n’ai pas su comment le tour­ner. Ça sera donc un peu brouillon.

    Je regrette d’avoir tant hésité

    Je crois que c’est le ressenti prin­ci­pal.

    Le Dell U4025QW

    Chan­ger ses habi­tudes est diffi­cile. J’ai eu des setups sans écrans externes, avec un 24″, avec un 32″, avec deux 24″ en paysage, avec un en paysage et un en portrait. J’ai même pu tester un 34″ ultra-large. À chaque fois je me retrou­vais régu­liè­re­ment sur l’écran du macbook comme écran prin­ci­pal. Les écrans secon­daires restaient acces­soires. Un vrai confort mais acces­soire.

    Ici il ne m’a pas fallu une semaine pour avoir envie de fermer le macbook entiè­re­ment, et je le garde fermé depuis.

    De l’es­pace hori­zon­tal

    Je voulais de l’es­pace hori­zon­tal, pouvoir mettre deux ou trois fenêtres côte à côté. Ça deve­nait d’au­tant plus perti­nent pour la program­ma­tion où l’IA prend un second espace complet à côté de l’es­pace pour le code.

    Les fenêtres sont un peu plus étroites que d’or­di­naire mais j’en mets bien trois. À vrai dire, surtout côté web, j’ai l’im­pres­sion d’avoir surtout perdu de l’es­pace vide. Je n’af­fiche rien de moins.

    C’est aussi parfait pour l’édi­tion photo, qui était mon troi­sième usage. Ligh­troom permet d’af­fi­cher ma photo entière, en plus des panneaux de droite et de gauche.

    Le pari c’était de trou­ver le plus large possible mais sans que ça ne devienne inutile ou gênant. J’ai l’im­pres­sion que c’est réussi.

    L’écran fait pas loin de 90 centi­mètres de large, 30% de plus qu’un 32″. Je ne vois déjà pas les deux côtés sans bouger un peu les yeux. Peut-être est-ce le temps de m’ha­bi­tuer, mais j’ai l’im­pres­sion que plus large serait non seule­ment inutile mais proba­ble­ment contre-produc­tif, à me faire tour­ner la tête de droite à gauche.

    De l’es­pace verti­cal

    J’ai hésité avec des écrans beau­coup moins chers en 32:9ème. Je crai­gnais d’avoir un ratio avec trop peu de hauteur.

    J’ap­pré­cie d’avoir pas mal de contexte sur une docu­men­ta­tion ou sur du code, et de pouvoir travailler une photo en pleine taille. C’est aussi pratique sur les feuilles de calcul.

    Ce que je n’avais pas anti­cipé c’est les visio confé­rences où je vois le partage d’écran en taille appré­ciable malgré l’es­pace pris en haut et en bas.

    J’ai un peu moins de 40 centi­mètres en hauteur, l’équi­valent d’un 32″. Là aussi c’est pari réussi, même si j’au­rais peut-être pu me conten­ter de moins.

    Des pixels, plein de pixels

    J’ai écarté beau­coup de précé­dent modèles parce qu’ils avaient une densité de pixels assez faible. Je ne vois pas les pixels, mais le ressenti de qualité est flagrant entre un écran clas­sique 96–110 ppi et un écran double densité dans les 215–225 ppi (les apple-fan parle­ront de retina).

    Ici on est à 140 ppi. Les inter­mé­diaires c’est un peu risqué parce que la mise à l’échelle n’est plus un simple facteur 2. C’est un compro­mis, mais un écran large en 220 ppi ça n’existe pas, et ça deman­de­rait un nombre de pixels que le thunb­der­bolt 5 de mon macbook ne saurait pas gérer.

    J’ai l’im­pres­sion que c’est réussi. Sur macos, better­dis­play permet de profi­ter de la mise à l’échelle quali­ta­tive. Je dois avouer qu’il m’ar­rive toute­fois excep­tion­nel­le­ment de le passer à la réso­lu­tion native.

    De la cour­bure

    La cour­bure c’est le côté qui m’a fait peur. J’ai vu un 34″ droit et je sais que c’était pénible. D’un autre côté les écrans gaming avec leur cour­bure très pronon­cée me semblaient vrai­ment exagé­rées, surtout pour de l’édi­tion photo.

    Bref, là j’ai une cour­bure légère, qui se fait oublier mais qui me semble perti­nente.

    De la lumi­no­sité et du contraste

    C’est peut-être le seul point où j’au­rais aimé plus. La lumi­no­sité est correcte mais je suis souvent proche des 100%. Je vois la diffé­rence avec l’écran du macbook et je n’au­rais pas craché sur plus.

    Là aussi c’est un compro­mis. Des écrans de cette taille avec plus de lumi­no­sité ça ne court par les rues. Il y aura peut-être un 40″ en OLED dans quelques années mais il y aura toujours une raison d’at­tendre quelques années de plus, et je suis satis­fait de ce que j’ai ici.

    Utili­sa­tion pratique

    J’ai le laptop bran­ché en USB-C, pro ou perso suivant le moment de la jour­née, fermé sur le côté. La charge est inté­grée.

    Le clavier et le track­pad sont bran­chés par cable sur les deux ports USB-C de la face avant. J’au­rais préféré les garder en blue­tooth mais les bran­cher fait qu’ils passent auto­ma­tique­ment sur le laptop qui est connecté. La webcam est bran­chée sur le hub en face arrière et passe elle aussi auto­ma­tique­ment sur le laptop que je connecte.

    Le vrai logi­ciel indis­pen­sable c’est better­dis­play, pour la mise à l’échelle comme dit plus haut, mais aussi parce que ça permet d’in­ter­cep­ter les commandes de lumi­no­sité et de volume du clavier pour les trans­mettre à l’écran.

    Plusieurs postes

    J’ai aussi décou­vert le partage du clavier et du track­pad entre mac et c’est juste le bonheur. Les deux mac s’auto-détectent tout seuls. Je peux accé­der au second laptop comme si c’était un écran supplé­men­taire, et inter­agir avec. Ça gère même le copier/coller de façon trans­pa­rente entre les deux. Quand j’ai besoin de faire un peu de pro au milieu d’une session perso, ou le contraire, il suffit que j’ouvre le laptop sur le côté et c’est parti.

    Ça plus hand­soff (pour trans­fé­rer la tâche en cours) et airdrop (pour trans­fé­rer les fichiers), l’éco­sys­tème inté­gré est quand même plus que confor­table.

    Tout est trans­pa­rent, et c’est parfait pour moi.

    Le Dell a aussi un hub avec KVM inté­gré pour utili­ser deux sources, un seul écran un seul clavier mais je n’ai proba­ble­ment pas le droit d’ins­tal­ler un outil qui inter­cepte clavier et track­pad sur mon ordi­na­teur pro. J’ai fait sans et pour l’ins­tant je ne vois pas trop ce que ça m’ap­por­te­rait de plus.

    Ok, mais est-ce que ça vaut le coup ?

    Si on oublie le prix, c’est un grand oui. Je ne vois pas de meilleur choix sur le marché pour une utili­sa­tion mixte édition-bureau­tique.

    Il reste que c’est aussi un des plus chers du marché. J’ai la chance de l’avoir pris en promo­tion et sur du profes­sion­nel donc avant taxes et tva, mais même ainsi ça reste cher. On a des écrans larges pour beau­coup moins cher que ça, avec un peu de compro­mis.

    Pas pour le jeu ultra-rapide
    ni pour le HDR de préci­sion

    Et parce qu’on m’a inter­rogé là dessus : L’écran monte en 120 Hz mais le temps de réac­tion des pixels n’est pas très bon.

    Ce n’est pas un bon écran pour faire du jeu ultra-rapide genre shoot-them-up. Pour des jeux plus lents, genre un facto­rio, je ne vois rien à y redire (et l’es­pace dispo­nible est vrai­ment agréable).

    De même, si le rendu des couleurs est correct en HDR, il y a peu de zones distinctes pour la lumi­no­sité. Ce ne sera pas le meilleur pour des films en HDR ou du HDR de préci­sion.

    Bref, bureau­tique et édition plutôt que jeux et films. On ne peut pas avoir un écran qui fait tout.

  • Respon­ding to change over follo­wing a plan

    L’agile mani­festo n’a rien perdu de sa valeur des années après.

    Cet item « l’adap­ta­tion au chan­ge­ment plutôt que le suivi d’un plan » est toujours celui qui me semble le plus diffi­cile à faire accep­ter aux tiers.

    On apprend et on découvre des choses en perma­nence. On fait ce qui doit être fait en fonc­tion des contraintes, des connais­sances et des objec­tifs du moment, indé­pen­dam­ment de ce qui a été prévu ou non.

    Les plans sont là pour aider à l’or­ga­ni­sa­tion. Le suivi du plan ne doit pas deve­nir un objec­tif ou un critère de succès en soi.


    Consé­quence: Venez discu­ter autant qu’il le faut à propos de ce qui doit être fait, de ce qui est prio­ri­taire ou non, ou de ce qui le sera à l’ave­nir. Vous êtes aussi bien­ve­nus à reve­nir en arrière à propos de ce qui était prio­ri­taire ou non dans le passé, pour voir si on a agit au mieux, pour en tirer les leçons et pour agir mieux à l’ave­nir.

    Les discus­sions sur comment rester sur le plan prévu, sur pourquoi on n’a pas pu le dérou­ler entiè­re­ment, ou pas dans les temps, sont non seule­ment du temps mal investi mais assez toxiques. C’est se trom­per d’objec­tif.

    Au mieux, ça peut être inté­res­sant de discu­ter de pourquoi le plan était mauvais et comment faire mieux à l’ave­nir. Le problème c’est le plan, pas ce qui a été fait.


    On risque de ne pas livrer ce qu’on a promis !

    Ne promet­tons pas.

    Sérieu­se­ment. Le plus souvent ce n’est pas néces­saire. On commu­nique une direc­tion, éven­tuel­le­ment un objec­tif, pas un enga­ge­ment de livrai­son.

    L’im­por­tant devrait être dans ce qu’on fait, pas dans ce qu’on promet. Quand c’est néces­saire on commu­nique sur un objec­tif géné­ral, pas sur le détail, et/ou avec une marge suffi­sante pour prendre en compte les chan­ge­ments qui pour­raient inter­ve­nir.

    Dans tous les cas, si on fait ce qui doit être fait indé­pen­dam­ment du plan, que le plan n’est pas rempli, c’est le plan qui était mauvais, pas l’exé­cu­tion.

    On a besoin de prédic­ti­bi­lité !

    Vrai­ment ?

    Parfois oui. Dans ce cas là la visi­bi­lité entre dans les besoins pour déci­der ce qui doit être fait ou non.

    Le plus souvent on cherche la prédic­ti­bi­lité parce qu’on n’as­sume pas le chan­ge­ment et l’in­connu, pour essayer de rendre les gens heureux au lieu d’avoir des discus­sions honnêtes.

    La solu­tion c’est de commu­niquer sur le passé (la valeur déjà livrée) et sur le présent (les prio­ri­tés, les capa­ci­tés) plutôt que sur le futur (ce qui va être fait).

    C’est facile à dire tout ça

    Et diffi­cile à faire, on est tous d’ac­cord. Lâcher prise demande beau­coup d’ef­fort, surtout quand on est habi­tué au contrôle.