Auteur/autrice : Éric

  • Chef

    J’ai l’ha­bi­tude des films avec une intrigue forte et du suspense, genre espion­nage ou poli­tique.

    Là pour une fois j’ai bien appré­cié le road movie Chef. Pas de suspense ni d’in­trigue, juste un chemin vers le bonheur. Bref, c’était beau.

    https://fr.wiki­pe­dia.org/wiki/Chef_(film,_2014)

  • C’était mieux avant, ou pas

    J’ai une vision assez noire du monde, assez pessi­miste du futur, mais je ne comprends pas l’idéa­li­sa­tion du passé.

    Non, ça n’était pas mieux avant, peu importe le avant qu’on choi­sit.

    Ce n’était mieux ni sur les condi­tions de vie, ni sur les liber­tés, ni sur la santé, ni sur le travail, ni sur la pauvreté, ni sur les domi­na­tions, ni sur la justice, ni sur l’es­pé­rance de vie, ni sur les violences ou la crimi­na­lité, ni sur le confort, ni sur l’ali­men­ta­tion, ni… sur rien en fait.

    La télé­vi­sion et la litté­ra­ture nous abreuvent d’images qui sont celles d’une mino­rité de domi­nants de chaque époque, oubliant que la masse n’avait pas ces condi­tions de vie et que même cette mino­rité n’avait pas plein de choses qui sont une évidence pour nous.

    Soyons critiques sur le présent, précau­tion­neux sur l’ave­nir, mais n’idéa­li­sons pas le passé.

  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • L’ar­ti­san et l’usine

    J’ai passé la majo­rité de ma vie à façon­ner du code, et j’en ai fait mon métier. Je me suis long­temps vu comme arti­san logi­ciel. Pour moi c’était une des spéci­fi­ci­tés de notre profes­sion. On ne faisait pas deux fois les choses de la même façon. Sinon c’était auto­ma­ti­sable, et auto­ma­tisé. Le déve­lop­pe­ment logi­ciel c’était ce qui restait, et c’était de l’ar­ti­sa­nat.

    Je remets en ques­tion cette vision depuis quelque temps.

    Fin de l’ar­ti­san logi­ciel

    L’ar­ri­vée de l’IA change ce qui est auto­ma­ti­sable, et donc les acti­vi­tés restantes. J’ai deux futurs auxquels je crois.

    Le premier, c’est celui de l’in­gé­nieur qui va mettre en place le cadre, les outils, la surveillance, les docu­men­ta­tions, la chaîne de produc­tion et de livrai­son. On passe de l’ar­ti­sa­nat à l’usine robo­ti­sée, comme plusieurs métiers avant nous.

    Le second reste quelque part un arti­san, mais un arti­san produit plus qu’un arti­san logi­ciel. L’enjeu est de remon­ter partiel­le­ment la chaîne, se concen­trer sur ce qu’on veut produire, pourquoi, comment, et traduire le besoin. C’est fina­le­ment ce qu’on fait déjà : le déve­lop­peur traduit des besoins en code. Cette traduc­tion sera diffé­rente, et moins proche du code.

    Ces deux trajec­toires ne s’ex­cluent pas. On pourra sans doute navi­guer de l’une à l’autre selon les projets, les envies, les moments de carrière. Mais dans les deux cas, le métier change, radi­ca­le­ment, et l’ar­ti­san logi­ciel ne sera proba­ble­ment plus au cœur de l’ac­ti­vité d’ici fin 2026.

    Ça demande de chan­ger de métier, et ça pose plein de ques­tions.

    Moyen ou fina­lité ?

    La ques­tion qui m’ap­pa­raît prégnante pour cette année 2026, c’est de savoir si on fait du logi­ciel parce qu’on aime faire du logi­ciel ou parce qu’on aime faire des choses avec du logi­ciel.

    Jusqu’à présent, les deux étaient assez indis­so­ciables. Pour faire des choses avec du logi­ciel, la meilleure façon était de faire du logi­ciel, avec atten­tion et exper­tise. Pour faire un bon logi­ciel, durable, main­te­nable, évolu­tif, il fallait travailler la qualité interne, à la main.

    Cette dualité permet­tait de botter en touche avec un « les deux ». Je ne crois pas que ce soit encore vrai, ni que ça le reste long­temps.

    Pour l’amour du code

    Il y a toujours un peu « des deux » mais je sais que ce qui me motive prin­ci­pa­le­ment : ce que je vais pouvoir faire avec le logi­ciel, pas le logi­ciel en lui-même.

    Je comprends parfai­te­ment ceux qui ont appris à aimer le code, à le peau­fi­ner, à le faire gran­dir, et dont c’est la moti­va­tion prin­ci­pale. Ceux-là voudront peut-être rester dans l’ar­ti­sa­nat logi­ciel.

    Il y a toujours des arti­sans potiers, céra­mistes et porce­lai­niers aujourd’­hui. Peu, mais il y en a. Ils répondent à des demandes diffé­rentes. Certains sont experts pour des demandes hors normes. D’autres, plus nombreux, visent des objec­tifs non utili­taires : le luxe, le tourisme, les cadeaux, les symboles, l’hé­ri­tage histo­rique, l’art.

    À quoi corres­pon­dra l’ar­ti­sa­nat dans le logi­ciel ? Je ne sais pas encore. Peut-être à des systèmes critiques où la confiance exige une main humaine. Peut-être à des créa­tions où l’in­ten­tion artis­tique prime sur l’ef­fi­ca­cité. Peut-être simple­ment au plai­sir de comprendre ce qu’on construit, ligne par ligne. Il y a un métier à trou­ver, ce ne sera pas tout à fait le même et il sera proba­ble­ment plus l’ex­cep­tion que la règle.

    Je serai proba­ble­ment toujours un arti­san logi­ciel. Mes premiers codes datent d’il y a presque 40 ans. On ne remet pas faci­le­ment au placard un tel héri­tage. Je pres­sens toute­fois que cet arti­sa­nat ne sera plus mon métier.

    Comme les photo­graphes qui n’ont jamais lâché l’ar­gen­tique et la démarche artis­tique, je conti­nue­rai proba­ble­ment à coder un peu à la main, mais pour le plai­sir. Côté déve­lop­pe­ment on a toujours eu un énorme terrain de jeu hors profes­sion­nel avec l’open source. Ça restera proba­ble­ment.

  • Grozé­cran presque deux mois après

    J’ai craqué et j’ai commandé l’écran (Dell U4025QW) il y a deux mois.

    Je veux rédi­ger ce billet depuis les deux premières semaines mais je n’ai pas su comment le tour­ner. Ça sera donc un peu brouillon.

    Je regrette d’avoir tant hésité

    Je crois que c’est le ressenti prin­ci­pal.

    Le Dell U4025QW

    Chan­ger ses habi­tudes est diffi­cile. J’ai eu des setups sans écrans externes, avec un 24″, avec un 32″, avec deux 24″ en paysage, avec un en paysage et un en portrait. J’ai même pu tester un 34″ ultra-large. À chaque fois je me retrou­vais régu­liè­re­ment sur l’écran du macbook comme écran prin­ci­pal. Les écrans secon­daires restaient acces­soires. Un vrai confort mais acces­soire.

    Ici il ne m’a pas fallu une semaine pour avoir envie de fermer le macbook entiè­re­ment, et je le garde fermé depuis.

    De l’es­pace hori­zon­tal

    Je voulais de l’es­pace hori­zon­tal, pouvoir mettre deux ou trois fenêtres côte à côté. Ça deve­nait d’au­tant plus perti­nent pour la program­ma­tion où l’IA prend un second espace complet à côté de l’es­pace pour le code.

    Les fenêtres sont un peu plus étroites que d’or­di­naire mais j’en mets bien trois. À vrai dire, surtout côté web, j’ai l’im­pres­sion d’avoir surtout perdu de l’es­pace vide. Je n’af­fiche rien de moins.

    C’est aussi parfait pour l’édi­tion photo, qui était mon troi­sième usage. Ligh­troom permet d’af­fi­cher ma photo entière, en plus des panneaux de droite et de gauche.

    Le pari c’était de trou­ver le plus large possible mais sans que ça ne devienne inutile ou gênant. J’ai l’im­pres­sion que c’est réussi.

    L’écran fait pas loin de 90 centi­mètres de large, 30% de plus qu’un 32″. Je ne vois déjà pas les deux côtés sans bouger un peu les yeux. Peut-être est-ce le temps de m’ha­bi­tuer, mais j’ai l’im­pres­sion que plus large serait non seule­ment inutile mais proba­ble­ment contre-produc­tif, à me faire tour­ner la tête de droite à gauche.

    De l’es­pace verti­cal

    J’ai hésité avec des écrans beau­coup moins chers en 32:9ème. Je crai­gnais d’avoir un ratio avec trop peu de hauteur.

    J’ap­pré­cie d’avoir pas mal de contexte sur une docu­men­ta­tion ou sur du code, et de pouvoir travailler une photo en pleine taille. C’est aussi pratique sur les feuilles de calcul.

    Ce que je n’avais pas anti­cipé c’est les visio confé­rences où je vois le partage d’écran en taille appré­ciable malgré l’es­pace pris en haut et en bas.

    J’ai un peu moins de 40 centi­mètres en hauteur, l’équi­valent d’un 32″. Là aussi c’est pari réussi, même si j’au­rais peut-être pu me conten­ter de moins.

    Des pixels, plein de pixels

    J’ai écarté beau­coup de précé­dent modèles parce qu’ils avaient une densité de pixels assez faible. Je ne vois pas les pixels, mais le ressenti de qualité est flagrant entre un écran clas­sique 96–110 ppi et un écran double densité dans les 215–225 ppi (les apple-fan parle­ront de retina).

    Ici on est à 140 ppi. Les inter­mé­diaires c’est un peu risqué parce que la mise à l’échelle n’est plus un simple facteur 2. C’est un compro­mis, mais un écran large en 220 ppi ça n’existe pas, et ça deman­de­rait un nombre de pixels que le thunb­der­bolt 5 de mon macbook ne saurait pas gérer.

    J’ai l’im­pres­sion que c’est réussi. Sur macos, better­dis­play permet de profi­ter de la mise à l’échelle quali­ta­tive. Je dois avouer qu’il m’ar­rive toute­fois excep­tion­nel­le­ment de le passer à la réso­lu­tion native.

    De la cour­bure

    La cour­bure c’est le côté qui m’a fait peur. J’ai vu un 34″ droit et je sais que c’était pénible. D’un autre côté les écrans gaming avec leur cour­bure très pronon­cée me semblaient vrai­ment exagé­rées, surtout pour de l’édi­tion photo.

    Bref, là j’ai une cour­bure légère, qui se fait oublier mais qui me semble perti­nente.

    De la lumi­no­sité et du contraste

    C’est peut-être le seul point où j’au­rais aimé plus. La lumi­no­sité est correcte mais je suis souvent proche des 100%. Je vois la diffé­rence avec l’écran du macbook et je n’au­rais pas craché sur plus.

    Là aussi c’est un compro­mis. Des écrans de cette taille avec plus de lumi­no­sité ça ne court par les rues. Il y aura peut-être un 40″ en OLED dans quelques années mais il y aura toujours une raison d’at­tendre quelques années de plus, et je suis satis­fait de ce que j’ai ici.

    Utili­sa­tion pratique

    J’ai le laptop bran­ché en USB-C, pro ou perso suivant le moment de la jour­née, fermé sur le côté. La charge est inté­grée.

    Le clavier et le track­pad sont bran­chés par cable sur les deux ports USB-C de la face avant. J’au­rais préféré les garder en blue­tooth mais les bran­cher fait qu’ils passent auto­ma­tique­ment sur le laptop qui est connecté. La webcam est bran­chée sur le hub en face arrière et passe elle aussi auto­ma­tique­ment sur le laptop que je connecte.

    Le vrai logi­ciel indis­pen­sable c’est better­dis­play, pour la mise à l’échelle comme dit plus haut, mais aussi parce que ça permet d’in­ter­cep­ter les commandes de lumi­no­sité et de volume du clavier pour les trans­mettre à l’écran.

    Plusieurs postes

    J’ai aussi décou­vert le partage du clavier et du track­pad entre mac et c’est juste le bonheur. Les deux mac s’auto-détectent tout seuls. Je peux accé­der au second laptop comme si c’était un écran supplé­men­taire, et inter­agir avec. Ça gère même le copier/coller de façon trans­pa­rente entre les deux. Quand j’ai besoin de faire un peu de pro au milieu d’une session perso, ou le contraire, il suffit que j’ouvre le laptop sur le côté et c’est parti.

    Ça plus hand­soff (pour trans­fé­rer la tâche en cours) et airdrop (pour trans­fé­rer les fichiers), l’éco­sys­tème inté­gré est quand même plus que confor­table.

    Tout est trans­pa­rent, et c’est parfait pour moi.

    Le Dell a aussi un hub avec KVM inté­gré pour utili­ser deux sources, un seul écran un seul clavier mais je n’ai proba­ble­ment pas le droit d’ins­tal­ler un outil qui inter­cepte clavier et track­pad sur mon ordi­na­teur pro. J’ai fait sans et pour l’ins­tant je ne vois pas trop ce que ça m’ap­por­te­rait de plus.

    Ok, mais est-ce que ça vaut le coup ?

    Si on oublie le prix, c’est un grand oui. Je ne vois pas de meilleur choix sur le marché pour une utili­sa­tion mixte édition-bureau­tique.

    Il reste que c’est aussi un des plus chers du marché. J’ai la chance de l’avoir pris en promo­tion et sur du profes­sion­nel donc avant taxes et tva, mais même ainsi ça reste cher. On a des écrans larges pour beau­coup moins cher que ça, avec un peu de compro­mis.

    Pas pour le jeu ultra-rapide
    ni pour le HDR de préci­sion

    Et parce qu’on m’a inter­rogé là dessus : L’écran monte en 120 Hz mais le temps de réac­tion des pixels n’est pas très bon.

    Ce n’est pas un bon écran pour faire du jeu ultra-rapide genre shoot-them-up. Pour des jeux plus lents, genre un facto­rio, je ne vois rien à y redire (et l’es­pace dispo­nible est vrai­ment agréable).

    De même, si le rendu des couleurs est correct en HDR, il y a peu de zones distinctes pour la lumi­no­sité. Ce ne sera pas le meilleur pour des films en HDR ou du HDR de préci­sion.

    Bref, bureau­tique et édition plutôt que jeux et films. On ne peut pas avoir un écran qui fait tout.

  • Respon­ding to change over follo­wing a plan

    L’agile mani­festo n’a rien perdu de sa valeur des années après.

    Cet item « l’adap­ta­tion au chan­ge­ment plutôt que le suivi d’un plan » est toujours celui qui me semble le plus diffi­cile à faire accep­ter aux tiers.

    On apprend et on découvre des choses en perma­nence. On fait ce qui doit être fait en fonc­tion des contraintes, des connais­sances et des objec­tifs du moment, indé­pen­dam­ment de ce qui a été prévu ou non.

    Les plans sont là pour aider à l’or­ga­ni­sa­tion. Le suivi du plan ne doit pas deve­nir un objec­tif ou un critère de succès en soi.


    Consé­quence: Venez discu­ter autant qu’il le faut à propos de ce qui doit être fait, de ce qui est prio­ri­taire ou non, ou de ce qui le sera à l’ave­nir. Vous êtes aussi bien­ve­nus à reve­nir en arrière à propos de ce qui était prio­ri­taire ou non dans le passé, pour voir si on a agit au mieux, pour en tirer les leçons et pour agir mieux à l’ave­nir.

    Les discus­sions sur comment rester sur le plan prévu, sur pourquoi on n’a pas pu le dérou­ler entiè­re­ment, ou pas dans les temps, sont non seule­ment du temps mal investi mais assez toxiques. C’est se trom­per d’objec­tif.

    Au mieux, ça peut être inté­res­sant de discu­ter de pourquoi le plan était mauvais et comment faire mieux à l’ave­nir. Le problème c’est le plan, pas ce qui a été fait.


    On risque de ne pas livrer ce qu’on a promis !

    Ne promet­tons pas.

    Sérieu­se­ment. Le plus souvent ce n’est pas néces­saire. On commu­nique une direc­tion, éven­tuel­le­ment un objec­tif, pas un enga­ge­ment de livrai­son.

    L’im­por­tant devrait être dans ce qu’on fait, pas dans ce qu’on promet. Quand c’est néces­saire on commu­nique sur un objec­tif géné­ral, pas sur le détail, et/ou avec une marge suffi­sante pour prendre en compte les chan­ge­ments qui pour­raient inter­ve­nir.

    Dans tous les cas, si on fait ce qui doit être fait indé­pen­dam­ment du plan, que le plan n’est pas rempli, c’est le plan qui était mauvais, pas l’exé­cu­tion.

    On a besoin de prédic­ti­bi­lité !

    Vrai­ment ?

    Parfois oui. Dans ce cas là la visi­bi­lité entre dans les besoins pour déci­der ce qui doit être fait ou non.

    Le plus souvent on cherche la prédic­ti­bi­lité parce qu’on n’as­sume pas le chan­ge­ment et l’in­connu, pour essayer de rendre les gens heureux au lieu d’avoir des discus­sions honnêtes.

    La solu­tion c’est de commu­niquer sur le passé (la valeur déjà livrée) et sur le présent (les prio­ri­tés, les capa­ci­tés) plutôt que sur le futur (ce qui va être fait).

    C’est facile à dire tout ça

    Et diffi­cile à faire, on est tous d’ac­cord. Lâcher prise demande beau­coup d’ef­fort, surtout quand on est habi­tué au contrôle.

  • Vélo pour voyage à vélo

    Je vais devoir cher­cher un vélo, neuf ou occa­sion, mais bonne qualité. Je suis preneur de recom­man­da­tions.

    Je parle d’un vélo méca­nique, sans assis­tance élec­trique.

    Usage prin­ci­pal de voyage à vélo en famille, routes et chemins en Europe, camping le soir.

    J’ai une orien­ta­tion confort et dura­bi­lité avec faible entre­tien, plus que l’op­ti­mi­sa­tion de poids ou de vitesse. Entre autres, je vise une posi­tion droite ou très rele­vée.

    Confort + famille ça veut dire pas mal de char­ge­ment, surtout depuis que je dois embarquer une machine pour l’apnée du sommeil. Ca veut dire sacoches avant et arrière.

    Je fais 95 kg, je vais avoir dans les 30 kg de char­ge­ment. Ça veut proba­ble­ment dire un vélo qui accepte un poids total de 150 kg (vélo inclus).

    J’ai un poids limité sur le porte-vélo pour toute la famille. Idéa­le­ment il faudrait que je puisse rester avec un vélo sous les 17 kg sans ce qui est amovible, c’est à dire avec tout ce qui ne peut pas être retiré faci­le­ment et rapi­de­ment. S’il faut que j’en­lève la selle, c’est faisable, mais je n’ai pas envie de m’amu­ser à enle­ver les gardes-boue par exemple.

    Je suis un séna­teur. Chargé, je vais avoir besoin d’un déve­lop­pe­ment mini­mum assez bas. Quelque chose vers 1.7 ou 1.8 mètres ? Le déve­lop­pe­ment maxi­mum est moins un critère, tant qu’il approche au moins les 8 mètres.

    Je me servi­rai du vélo la nuit. Je veux une dynamo et une lumière de bonne qualité. Je peux éven­tuel­le­ment chan­ger la lumière moi-même dans un second temps si le prix du vélo le permet.

    Pour avoir gouté les deux, de bons freins à disque me semble indis­pen­sable. Je n’ai pas d’ex­pé­rience donc pas d’avis sur les freins à disque méca­niques.

    Je ne renou­velle pas/peu ce que j’achète. Je vise un vélo pour durer le reste de ma vie, autant sur la qualité que sur les usages.

    J’es­père trou­ver entre 750 et 1500 euros équi­pe­ment inclus. Le budget n’est cepen­dant pas limité si je ne suis pas dans la bonne four­chette ou si ça vaut vrai­ment le coup. Si j’ai un super vélo à 2000 euros, pourquoi pas. Je risque toute­fois d’avoir envie d’en faire un vélo unique, qui me sert aussi au quoti­dien en ville, et je n’ai pas envie d’être trop préoc­cupé par le risque de vol d’un vélo beau­coup trop cher.

    Ce n’est pas une contrainte, mais si j’ai le choix je ne suis pas contre un enjam­be­ment bas plutôt qu’un cadre haut.

    Peut-être que je peux arri­ver à ne mettre que du léger à l’avant (mate­las, duvets) donc la suspen­sion n’est pas exclue, mais elle n’est pas recher­chée.

    Si j’ai une trans­mis­sion Rohloff ou Pinion c’est la joie, mais ça va certai­ne­ment me mener dans des gammes de prix que je n’en­vi­sage pas à priori. Même chose pour la cour­roie en lieu et place de la chaîne.

  • 21:9 ou 32:9

    Chidi, person­nage éter­nel­le­ment indé­cis de The Good Place

    Parfois mon indé­ci­sion est patente. Je suis encore en train d’hé­si­ter sur quel écran prendre, entre le 21:9ème et le 32:9ème. Les deux ont la hauteur et la réso­lu­tion d’un écran 4k 32″ qu’on agran­dit en largeur.

    Ok, mais c’est grand comment ?

    Le 21:9ème fait 95 cm. J’ai déjà l’im­pres­sion de grand.

    Le 32:9ème fait 133 cm. J’ai testé de me repré­sen­ter avec un mètre à mesu­rer. Même avec la cour­bure, je me rends compte que les bords sont à la péri­phé­rie de la vision. Pour utili­ser les côtés il va falloir tour­ner la tête. Ça ne parait rien, mais ce n’est pas dit que ce soit mieux que de jongler avec les fenêtres au clavier. Si vrai­ment besoin, je peux toujours mettre le macbook ouvert sur le côté.

    Ok, mais par rapport à ce que tu as ?

    J’ai mis mon macbook pro 14″ et mon écran 24″ actuels pour compa­rai­son.

    Surfaces d'affichages comparées. 
Samsung Odyssey Neo G9 G95NC — 57" — 133 cm de largeur — 7680 x 2160 @ 140 dpi. Dell U4025QW — 40" — 95 cm de largeur — 5120 x 2160 @ 140 dpi. Dell U2414H — 24" — 54 cm — 1920 x 1080 @ 90 dpi. Macbook pro — 14" — 32 cm — 3024 x 1964 @ 254 dpi

    La compa­rai­son est poten­tiel­le­ment trom­peuse. La densité de pixel joue énor­mé­ment. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait reje­ter tous les écrans 1440p. Là j’ai trois densi­tés diffé­rentes, ce qui fausse les compa­rai­sons.

    L’écran 14″ du macbook me donne par exemple un ressenti de meilleure surface utile que mon écran externe 24″ du fait qu’il est plus proche et mieux défini.

    Ce que j’ima­gine c’est que le 40″ 21:9 me donnera un ressenti de 2 bon écrans, peut-être un peu plus ; et que le 57″ donnera un ressenti de 3 bons écrans, peut-être un peu plus.

  • Détour­ne­ment des commu­nau­tés

    Je vois passer le takeo­ver de Ruby Central sur RubyGems et Bund­ler. Je me rappelle la tenta­tive simi­laire de Auto­mat­tic sur les exten­sions Word­press pour écar­ter un concur­rent.

    Tout ça devrait aler­ter les commu­nau­tés et les inci­ter à mettre au plus vite des struc­tures juri­diques claires pour empê­cher toute dérive ou prise de contrôle future, même si ça parait impen­sable aujourd’­hui. Le « il suffit de faire un fork » ne peut pas être la seule réponse, même si ça reste une possi­bi­lité.

    Sur un autre ordre, Micro­soft contrôle désor­mais Github, et des chan­ge­ments de poli­tiques peuvent rapi­de­ment avoir un impact critique sur tout l’en­vi­ron­ne­ment open source telle­ment c’est au cœur de tout aujourd’­hui.

    On est sur des enjeux vitaux.


    Même en dehors du logi­ciel libre, les sites et initia­tives dits commu­nau­taires, avec des conte­nus et efforts de tiers béné­voles, peuvent à tout moment bascu­ler vers d’autres inté­rêts. J’ai en tête l’évo­lu­tion d’Open­class­rooms, ex- site du Zéro mais je suis certain de pouvoir retrou­ver 5 ou 10 exemples simi­laires.

    Plus large­ment, sur les conte­nus géné­rés par les utili­sa­teurs, j’ai les dérives de Reddit et Twit­ter en exemple.

    Même sur les entre­prises plus clas­siques, tous les sacri­fices et efforts consen­tis parce qu’il y a une culture ou une mission parti­cu­lière peuvent (et seront) trans­for­més à n’im­porte quel moment en capi­tal par celui qui en a la propriété juri­dique.

    Je me rappelle la culture anti-Accen­ture d’OCTO qui a fina­le­ment été revendu à… Accen­ture. Là aussi, c’est juste le nom qui me vient en tête mais je suis certain d’avoir plein d’exemples en réflé­chis­sant quelques minutes.


    N’y voyez pas forcé­ment des reproches1.

    Je n’ex­clus pas du tout que les personnes de Ruby Central pensent avoir fait ce qu’il y a de mieux pour la commu­nauté. Je crois que c’est une erreur grave mais peut-être que l’al­ter­na­tive aurait eu plus de consé­quences.

    Je ne reproche en rien à Mathieu d’avoir tenté de faire évoluer la struc­ture du Site du Zéro. Je ne vois même pas non plus en quoi on pour­rait critiquer la revente d’OCTO par quelqu’un qui veut juste prendre sa retraite et profi­ter de la vie. Peut-être que j’au­rais même fait ce choix plus tôt à sa place.


    Mon histoire person­nelle, parce que je l’ai vu et vécu trop de fois, m’a rendu très sensible à ces ques­tions. Je refuse de m’ins­crire dans une initia­tive colla­bo­ra­tive, commu­nau­taire ou béné­vole s’il y a un risque de récu­pé­ra­tion tech­nique ou juri­dique. Je ne discute pas les bonnes inten­tions initiales des fonda­teurs ou main­te­neurs, même ceux en qui je pour­rais avoir totale confiance.

    De mon expé­rience la ques­tion n’est pas de si la récu­pé­ra­tion va arri­ver mais de quand, et je me refuse à signer des chèques en blanc, peu importe avec qui.

    Je me rappelle une conver­sa­tion avec un des fonda­teurs de Tech.Rocks. Je pense que je n’ai pas été compris, voire été pris comme abusi­ve­ment critique. Le fait est que ce qui est présenté comme commu­nau­taire ou sans but lucra­tif à un moment donné ne repose pas sur de bonnes bases si derrière c’est une SAS qui gagne en valeur et pourra être reven­due ou exploi­tée. Il faut faire un choix.

    Le mini­mum c’est une struc­ture asso­cia­tive avec un régime qui rend impos­sible la conver­sion future en entre­prise commer­ciale, et des status qui donnent un mini­mum de pouvoir à la commu­nauté pour éviter les détour­ne­ments.


    1. Pas forcé­ment, mais dans la liste, je ne vois aucun moyen de justi­fier les actions d’Au­to­mat­tic. Je ne peux pas non plus justi­fier les déci­sions de Reddit suite à la réac­tion de la commu­nauté. ↩︎
  • Apnée du sommeil, quatre mois après

    On m’a diagnos­tiqué une apnée du sommeil très sévère avant l’été. Je suis appa­reillé depuis juin.

    J’ai changé d’em­ploi et de pas mal d’ha­bi­tudes au même moment. Pendant un bon moment ça a brouillé mes repères. J’étais peu capable de mesu­rer la diffé­rence avant/après, ou de savoir à quoi l’at­tri­buer.

    Je crois que c’est assez clair dans ma tête main­te­nant. Chaque fois que je dors sans la machine, par exemple parce que j’ai le nez bouché, je me retrouve dans un état de fatigue impor­tant, immé­dia­te­ment.

    Je m’amu­sais des chiffres du diagnos­tic — je passais litté­ra­le­ment plus de temps en apnée qu’en respi­ra­tion — mais je prends conscience désor­mais de ce qu’ils signi­fient. Je ne sais pas depuis combien de temps ça durait mais, main­te­nant que j’ai les idées claires, je dirais au moins 2016, où je disais déjà clai­re­ment être toujours fati­gué en perma­nence.

    10 ans. Je ne sais pas bien ce qu’au­rait été ma vie si j’avais pu avoir ce diagnos­tic et ce trai­te­ment des années plus tôt. Je ne sais pas bien en fait, après coup, comment j’ai même pu tenir des années ainsi.

    Je vois bien toute­fois comment ça a pu créer, entre­te­nir ou renfor­cer mon état dépres­sif chro­nique voire perma­nent pendant ces 10 dernières années.

    10 ans de souf­france physiques et mentales, de descente aux enfers.

    Est-ce que tout était attri­bu­table à ça et est-ce que tout est défi­ni­ti­ve­ment derrière ? Diffi­cile pour moi d’af­fir­mer quoi que ce soit, peut être pas, mais je ne l’ex­clus pas non plus. C’est dire.

    Il reste plein de choses qui me sont propres et qui font que je ne serai proba­ble­ment jamais comme un autre, mais j’ai un peu le vertige de tout ce temps perdu, de toutes les épreuves person­nelles et profes­sion­nelles qui ont pu en décou­ler, ou être inten­si­fiées, ou simple­ment pour lesquelles j’avais moins d’éner­gie ou de résis­tance dans l’af­fron­te­ment.