Ces déclarations ambiguës du « aucun vote pour Marine Lepen » tout en laissant la porte ouverte à l’abstention sont juste lâches.
C’est savoir que les deux ne se valent pas du tout, le dire, mais quand accepter de laisser la pire contrôler le pays pour cinq ans histoire de ne pas avoir à explicitement soutenir Macron.
Certaines personnalités politiques jouent à ce petit jeu. Ils connaissent pourtant l’impact de leur parole, ce qu’impliquent de tels propos ambiguës et les conséquences qu’ils entrainent.
Ne pas se mouiller c’est le privilège de pureté du privilégié qui finalement ne subira pas trop les conséquences du mauvais choix. Tant pis pour les autres. On pourra dire « pas ma faute, je n’ai pas voté pour le pire, moi je reste dans mon drap blanc » en feignant d’oublier que l’inaction pourrait bien avoir la même conséquence.
Malheureusement, contrairement à d’autres élections passées, cette année l’issue du scrutin n’est pas actée à l’avance. Tout peut encore arriver.
Les électeurs feront bien ce qu’ils veulent. Je n’ai jamais vraiment aimé les consignes de vote mais si on choisit d’en faire et qu’on a l’impact qu’ils ont quand ils font une déclaration publique, alors on évite ce genre de fausse pudeur.
La question n’est pas de savoir si Emmanuel Macron mérite notre vote, s’il s’excuse du passé, améliore sa politique ou donne des gages à sa gauche. Ce n’est pas de savoir tout ce qu’il fait ou a fait de mal (et il y a pourtant pas mal de choses à dire).
On a un seul choix posé et il est magnifiquement simple : Est-ce qu’on préfère la politique d’Emmanuel Macron ou celle de Marine Lepen pour diriger le pays dans les cinq ans à venir. Tout le reste est digne d’une cours d’école et de batailles d’égos.
Peu importe que nous ayons déjà joué au barrage il y a cinq ans. Peu importe que ce même choix se répète encore, et pourrait se répéter de nouveau à l’avenir. Avoir cinq ans de Marine Lepen n’y changera rien dans le bon sens, au contraire.
Celui qui sait répondre à la question posée n’a qu’à prendre 30 minutes dimanche 22 avril pour mettre un bout de papier dans une enveloppe. Est-ce vraiment au-delà de notre capacité ou des efforts à fournir pour la direction du pays ? En face on parle de la vie des gens autour de nous.
Si vous me lisez, j’espère que vous savez déjà que non, malgré toutes les critiques légitimes de la politique d’Emmanuel Macron, il n’y a aucun doute que l’alternative soit bien pire.
Vu leurs déclarations, les têtes de parti à gauche le savent aussi, sinon ils n’iraient pas qualifier le vote Lepen comme la ligne à ne pas franchir.
J’ai beaucoup de mal à imaginer qu’on se pose vraiment la question à gauche mais, si c’est votre cas, Florent en parle bien mieux que moi même s’il ne donne qu’un petit échantillon :
On lit beaucoup « ça ne serait pas pire avec Le Pen ». Pourtant il suffit de la lire. En se souvenant que le fascisme au pouvoir fait toujours pire que ce qu’il avait annoncé. Alors, elle propose quoi ? 🧵 à faire circuler ⬇️
— Florent T. d’Ouville (@FlorentTdOuvill) April 10, 2022
Accessoirement, je trouve très déplacé d’avoir entendu certains à la limite de l’injure réclamer que tout le monde s’aligne derrière eux au nom du vote utile malgré de très fortes divergences (et globalement les électeurs de gauche l’ont fait, moitié de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon l’a fait au nom du vote utile et pas soutien) jouer désormais les prudes à faire de même quand on en est au choix final.
Ça n’a jamais été une question facile pour moi mais ça l’est encore moins cette année. Je n’ai aucun candidat qui me semble suffisamment proche de mes aspirations et valeurs, personne qui me donne envie de voter pour lui.
Du coup j’ai deux possibilités. Soit je vote pour essayer de faire gagner le moins pire, soit je vote pour donner du poids à mes attentes et les marquer dans les statistiques.
Note : Ceci n’est pas une conclusion mais une réflexion à haute voix, qui peut évoluer du tout au tout, d’autant que la réponse générale reste « je ne sais pas et je ne vois aucun bon choix ».
Voter pour donner du poids à mes attentes
J’exclus évidemment d’office tous les prêcheurs de haine et ceux qui sont prêts à s’y associer : Lepen, Zemmour, Dupont-Aignant, Pécresse.
Macron ça ne fait aucun secret que je ne suis pas aligné avec sa politique, ni sur le fond ni sur la forme. Je ne me vois pas envoyer un message de soutien ou de caution.
Roussel a fait un choix stratégique de jouer le beauf réac de gauche, et honnêtement je ne vois rien à soutenir ici.
Hidalgo et Jadot ne se distinguent pas vraiment de la politique de Macron. J’ai récemment vu le second décrit comme Macron qui fait du jardinage et ça correspond plutôt bien. Rousseau aurait fait une nette démarcation politique, lui non. Le côté climat/écologie est essentiel pour moi mais EELV n’y est pas toujours très crédible non plus donc je dis oui plus par principe. Bref, je préfère m’ajouter au statistiques de Jadot qu’à celles de Macron, mais ça ne va pas changer grand chose.
Reste Poutou, parce qu’il pousse un discours radical qui mérite d’être dit et entendu à défaut de mériter de le mettre au pouvoir. Oui, ça fait faible.
Il y a enfin Mélenchon. J’ai beaucoup hésité. Le programme de LFI/LAEC n’est pas mauvais. C’est d’ailleurs le travail le plus sérieux de la politique française côté programmes, de loin, indépendamment de ce qu’on pense des choix pris. Je ne suis pas aligné avec tout et il me manque des choses importantes mais je ne suis pas non plus très éloigné d’une majorité des points présents. Bref, pour donner du poids au premier tour ça pourrait être oui.
Il me manque un Benoit Hamon ou une Isabelle Attard, avec les valeurs qu’il faut, suffisamment de radicalité mais tout en restant ouverts, raisonnables et pragmatiques.
Mélenchon ou Jadot donc, peut-être plus Mélenchon s’il faut faire poids pour porter un message qui ne soit pas un consensus mou. Ce serait d’autant plus intéressant que Mélenchon est le seul du lot à avoir un petit espoir de second tour, et donc faire un avoir un vote qui porte un poids ensuite dans les analyses politiques.
Je parle de premier tour seulement, parce que…
Voter pour faire gagner le moins pire
J’exclus là aussi évidemment d’office tous les prêcheurs de haine et ceux qui sont prêts à s’y associer : Lepen, Zemmour, Dupont-Aignant, Pécresse.
Dans ceux qui ont une chance de passer au second tour, il me reste donc Mélenchon et Macron.
Si j’ai dit du positif du programme, et qu’il n’y a aucun doute que ce programme se trouve bien plus proche de mes aspirations que de ce qu’a mis en œuvre Macron, je n’ai absolument aucune confiance dans la personne de Mélenchon, mais alors vraiment aucune.
Je ne suis pas du tout aligné avec la politique de Macron mais je sais que je vais garder une gestion du pouvoir avec un facteur de risque plus faible : je sais d’avance à quel point ça va être pourri, tout en sachant que je ne risque pas de m’aligner sur des dictatures, de sabrer toute la politique internationale, de partir sur une dérive autocratique pire que l’actuelle.
À l’oppose, les prises de position personnelles de Mélenchon n’ont pas toujours été très claire ni toujours aligné avec le programme qu’il représente. Mon manque de confiance en sa personne est tel que le risque me semble trop élevé.
Pour le dire autrement : Je ne veux pas d’un Trump de gauche. Je préfère perdre 5 ans de progrès social, ça sera moins difficile à rattraper qu’un président incontrôlable.
On parle de risque, sur une personne, dont je ne vois qu’une petite frange par les média et les polémiques. C’est donc forcément très subjectif, très difficile à estimer, et peut-être que je dis une grosse connerie sur laquelle je reviendrai dans un mois (et peut-être pas).
Les choses auraient été très différentes avec une personnalité pragmatique et ouverte à la tête du programme LAEC mais est-ce que ça aurait même fonctionné alors que la base attend de la radicalité et que le mouvement s’est fondé sur le rejet de la caste actuelle ? On peut difficilement refaire l’histoire.
Et alors ?
Et alors je ne sais pas, je partage mes réflexions à haute voix. Peut-être Mélenchon au premier tour et Macron au second, si tant est que les deux arrivent en face à face, ce qui ne semble pas le plus probable.
Peut-être que non, que je ne ferai pas Mélenchon -> Macron mais Jadot -> Macron, ou Poutou -> Macron, ou Jadot -> Mélenchon, ou même Mélenchon -> Mélenchon.
Je doute de voter blanc, parce que je préfère toujours un moins pire qu’un des affreux haineux, et que ma voix compte pour dire ça.
Je trouve intéressant tout ce qu’il s’est passé récemment. Je suis le fil de ma pensée mais les propos l’animateur eux-même ne sont pas ce que je veux aborder ici..
Il y a eu un témoignage précis, de première main, sur un fait d’intérêt public. À cette étape là personne n’en sait plus.
Ce témoignage s’est significativement diffusé. 2000 partages en 24h. On est très loin de ce qu’on peut qualifier de buzz sur Twitter, mais ce n’est pas rien non plus.
Il a fallu une vingtaine d’heures pour que les journalistes et les services du ministre recoupent suffisamment les faits puis montrent que le témoignage était faux.
Après avoir été confronté à ses dires par son encadrement, l’animateur est publiquement revenu sur ses déclarations en disant qu’il avait été induit en erreur.
S’ensuit une mini-polémique sur la diffusion de fausses informations.
Il est toujours bon de revenir en arrière pour en tirer les leçons en vue d’une prochaine fois. De ce que j’en lis autour de moi, on a toutefois tendance à juger les partages du témoignage d’origine à l’aune de la révélation du faux.
C’est là qu’à mon avis on fait erreur. Ce sont deux types d’information différents, à des niveaux différents.
Le premier niveau d’information c’est l’existence du témoignage et son contenu. Cette existence est une information à part entière. Même si ce n’est pas le scandale du siècle, elle est à priori d’intérêt public.
C’est ainsi que dans la presse vous trouvez des brèves reprenant une déclaration officielle, révélant un PV, pointant un fait qui pose question, etc. On les reconnait en ce qu’elles utilisent généralement des guillemets pour marquer qu’il s’agit d’une reprise.
Parfois la déclaration officielle est fausse ou trompeuse. Parfois les propos que rapportent le PV sont faux. Parfois la question posée a une réponse tout à fait légitime.
C’est malheureux quand ça arrive, on essaye de l’éviter, mais ça ne retire en rien l’intérêt public d’avoir relayé cette information en fonction de sa crédibilité et de l’intérêt public à ce moment là.
Ce qu’il s’est passé sur Twitter n’est pas différent. Il n’y a quasiment eu que des citations, avec ou sans commentaire. Les tiers ont tous vu les propos originaux, écrits au nom de cet animateur inconnu.
Tous ont pu se faire leur propre idée de la crédibilité du témoignage. Personne n’a été induit en erreur sur le fait que c’était un témoignage d’un inconnu et rien de plus.
Nulle part il n’y a eu présentation comme venant d’une source officielle, ou d’une quelqu’un ayant vérifié ou accrédité l’information.
Il n’y a pas eu tromperie ou fake news. Il y a juste eu le relai d’une information d’intérêt public, celle d’un témoignage potentiellement crédible mettant en cause une opération de communication.
Le second niveau d’information est venu de la presse. Je crois que c’est France Info qui a fait le premier article d’analyse (mis à jour depuis).
Ils ont fait ce qu’on attend d’eux. Ils ont vérifié, contacté les services du ministre, peut-être le camp de vacances. Les éléments relevés contredisent directement les déclarations de l’animateur.
On n’a toujours pas d’autres sources que les services du premier ministre concernant l’origine du dessin, mais on en a assez pour considérer que le récit de l’animateur était faux. Pas besoin d’aller plus loin sauf à ce que nouveaux témoignages apparaissent.
Cette information est différente de la première. On n’informe pas du témoignage, on va vérifier le fond.
Les deux niveaux ne se fusionnent pas et ne s’opposent pas forcément. Il est toujours vrai que l’animateur a fait ce (faux) témoignage, que ce témoignage semblait suffisamment crédible et d’intérêt public pour être repris. Il est tout aussi vrai qu’on sait désormais que les éléments principaux du témoignage étaient faux, et que donc il ne faut plus diffuser le témoignage d’origine ou ce qu’il prétendait.
Pourquoi est-ce important ? Parce qu’en assimilant les deux niveaux d’information on laisse penser que partager le premier témoignage revient à créer une fausse information. On oublie qu’il y a deux informations, à deux niveaux bien distincts.
Fallait-il attendre la vérification sur le fond avant choisir de partager l’existence du témoignage ?
Si dans l’idéal on ne peut être que d’accord, c’est oublier que la vérification n’a eu lieu que parce qu‘il y a eu cette diffusion significative préalable. Jamais ni les journalistes ni les services du ministre ne seraient intervenus sans le micro-buzz. Jamais les services du premier ministre n’auraient répondu à un citoyen non journaliste professionnel qui aurait voulu vérifier l’information.
Empêchez le premier niveau d’information tant que la presse de métier n’a pas officiellement étudié le fond, vous couperez aussi énormément de faits avérés qui n’auraient jamais eu la visibilité suffisante. Tiens, toute l’affaire Benalla vient d’un buzz similaire sur une courte vidéo à la place de la contre-escarpe, et dont certains avaient contesté la légitimité d’en faire un buzz à l’époque.
On ne peut pas espérer que ces buzz initiaux ne se fassent que sur des faits qui se révèlent vrais. Ça revient à dire aux gens « agissez mais ne vous trompez pas ». Ça ne fonctionne pas.
Il n’y a aucun comportement qui permet à la fois de mettre en lumière le vrai et de laisser sous silence le faux. On fait forcément des erreurs des deux côtés, tout est une question de positionner le curseur intelligemment.
Il ne reste du coup que le jugement de chacun : Est-ce que l’information me semble à la fois assez crédible et assez intéressante pour être partagée ?
Visiblement 2000 personnes ont pensé que oui. Ça a suffit pour qu’un journaliste s’en empare (ce qui est déjà étonnant, 2000 partages twitter ce n’est pas grand chose) et qu’on ait le fin mot de l’histoire sur le fond.
J’ai ensuite vu les correctifs et articles de presse largement diffusés. Rien que ça est assez propre à Twitter. Si les correctifs sont bien souvent bien moins visibles que les polémiques de départ, ils le sont toujours beaucoup plus sur Twitter que sur la plupart des autres médias.
C’est malheureux quand on diffuse du faux mais quelque part tout s’est passé comme ça aurait du, ou pas loin.
Nulle part le témoignage initial n’a été présenté comme autre chose qu’un témoignage unique. Il n’y a pas eu retraitement, il n’y a pas eu masquage de la source, il n’y a pas eu présentation faussée. Le correctif lui-même est arrivé dans un temps relativement rapide et la diffusion du faux s’est immédiatement arrêtée.
On est là dans un espace totalement différent de celui de la fake news. Il n’y a d’ailleurs probablement même pas eu intention de tromper de la part de l’auteur d’origine.
Et donc, puisqu’on fait un retour arrière : Ce témoignage était-il suffisamment crédible pour mériter une diffusion ?
On entre dans le subjectif. Je ne peux que donner mon propre avis, forcément biaisé.
Dans l’histoire récente on a entendu des élus et hauts fonctionnaires mentir sous serment devant une commission d’enquête. On a une porte-parole du gouvernement qui a dit assumer de mentir pour protéger le président. On a un procureur qui a fait une fausse déclaration officielle pour éviter de contredire les propos du président. On a des ministres, élus et représentants de tous bords qui font des pirouettes verbales à la limite de la mauvaise foi pour justifier tout et n’importe quoi. On a des opérations de communication à gogo, et les mises en scène n’y sont pas si rares.
De fait, les paroles officielles sont assez peu fiables dès qu’on est dans l’opération de communication. C’est malheureux, grave pour notre démocratie, pas spécifique au gouvernement ou au parti au pouvoir, mais c’est ainsi.
On était justement dans une opération de communication. Croire qu’on ait pu préparer une belle image à présenter à la presse n’est pas totalement délirant au regard de ce qui précède. Impossible de savoir si c’était vrai sans faire un travail de journaliste, mais c’était crédible et vraisemblable.
Le reste du récit, le vrai mpte personnel pas créé pour l’occasion ni réservé au militantisme, la façon de raconter, les détails sur d’autres points, disons qu’il n’y avait pas beaucoup de voyants au rouge.
À mon avis, si vous avons un problème majeur à régler, ce n’est pas tant de limiter la diffusion de fausses informations que de restaurer la confiance dans ce qui vient de nos élus, de notre administration et des personnes en position d’autorité.
Les deux sont liés. Si on ne peut plus croire ces sources là, on finit par ne plus rien croire, douter de tout ou prêter foi à tout, ce qui revient au même.
Malheureusement restaurer la confiance va être difficile et long, parce qu’aujourd’hui les pratiques sont au plus bas. Elles ont plutôt tendance à entamer ce qui reste de confiance qu’à restaurer ce qui manque.
Ou pour prendre conscience et chercher comment (ré)agir. Édition du 3 juillet 2019.
Un tribunal allemand empêche le transfert #Dublin en France d’une demandeuse d’asile et de sa fille. Le juge a considéré qu’elles encouraient des risques de traitement inhumain ou dégradant contraire à l’article 3 de la CEDH #StopDublinhttps://t.co/VHesZGv2kE via @lemondefr
6 ou 7 journalistes ont été expressément empêchés de travailler par les forces de l’ordre, hier, lors de l’occupation du siège d’Amazon — les autres passants pouvaient circuler, pas eux.https://t.co/RL01lbhJC1
Mort de Zineb Redouane : un scandale toujours plus vertigineux.
Les CRS ont refusé de faire expertiser leurs lanceurs de grenades pour qu’on puisse trouver qui a tiré dans le visage de l’octogénaire. Et l’IGPN a laissé faire.
Je ne sais pas vous mais je commence à ne plus rigoler du tout.
On parle là de droits fondamentaux, et de problèmes qui ne sont plus des petits dérapages individuels.
On parle de problèmes structurels sur toute la chaîne de la représentation publique, du policier sur le terrain jusqu’au préfet et au ministre.
On parle de ce qui ne peut plus être autre chose que l’expression de directives et d’une volonté. Même le simple laisser faire conscient n’est plus crédible.
Un ou une responsable du Rassemblement National, récemment à la radio
Le journaliste a répliqué que si. J’ai eu la même réaction dans ma tête mais y réfléchir c’est loin d’être aussi évident.
Factuellement, sur mes trois critères intuitifs pour définir l’axe droite / gauche, le RN me parait bien à droite, mais nettement moins que LR. L’étiquette d’extrême droite ne correspond pas à une droite extrême et ça me dérange quelque part.
Droite, gauche, extrême, tout ça n’est pas si simpliste et ça me fait me poser des questions.
C’est quoi la droite ?
Je vous ai demandé ce qui qualifiait pour vous l’axe droite gauche. Je reformule ici quelques réponses :
Gauche : Utiliser la dette pour investir pour tous (Keynes)
Droite : Pas de dette, pas d’investissement car ruissellement (Smith
Gauche : Idée forte de l’égalité des individus. Aucun individu n’a par nature une valeur moindre (que ce soit sa vie, sa santé, etc…), ne mérite moins qu’un autre
Droite : Présupposé du genre « X, par ce qu’il est/fait/ ne fait pas, n’est pas assez méritant pour tel truc »
(compte privé)
Gauche : Un État qui laisse les gens libre/progressiste sur les aspects sociétaux, mais control freak sur les aspects économiques / entreprise.
Droite : Un État qui laisse libre sur les aspects économiques / entreprise, mais conservateur / control freak sur les question de société
Tout ça n’est pas si loin de mes trois critères personnels :
Gauche : Responsabilité collective, protection des individus, progression des libertés civiles
Droite : Responsabilité individuelle, protection de l’économie, conservation ou retour à l’ordre moral
On me dit que la catégorisation droite / gauche n’a plus lieu d’être mais finalement les réponses données forment un tout assez cohérent.
Si certains critères semblent très différents (économiques, sociaux, espérance de changement) et que tout n’est pas aussi binaires, tout ça semble quand même assez lié.
Une des réponses qu’on m’a fait a l’avantage de trouver une généricité à tout ça :
Gauche : Pense plus le sujet comme un être social et identifie alors des structures d’échelles et des liens constitutifs à la fois des sujets et de la société, dans un projet global (on parle de holisme)
Droite : S’identifie à la notion d’ordre ; place cet enjeu dans un cadre moral généralement fort, voir coercitif, dont le centre est le sujet (identité, citoyenneté, responsabilité, croyance, mérite, etc.).
(réponse privée)
Mais alors les extrêmes ?
Si l’extrême gauche se retrouve toujours aussi plus ou moins dans la gauche extrême, ce n’est pas vrai pour l’extrême droite actuelle
On y ajoute un autre axe. Intuitivement je lis des questions de nationalisme ou globalement de constitution d’un « nous » et d’un « eux » — peu importe qui est le « nous » et qui est le « eux ».
On y trouve rapidement l’autoritarisme comme réponse pour policer, chasser ou exclure le « eux », la défiance aux autres, la radicalisation, le complotisme ; et du populisme pour légitimer cette posture autoritaire.
À droite ça prend la forme du nationalisme voire de la xénophobie, avec une réponse qui va de la militarisation et répression jusqu’au racisme et au fascisme.
Autoritarisme, militarisation, répression, protection d’un nous État + police contre un eux manifestants et étrangers, au risque de dépasser allègrement les droits fondamentaux.
Et pourtant, nous n’avons pas un gouvernement d’extrême droite. Personne ici ne le qualifierait comme tel.
Bref, quelque chose manque encore dans mes classifications, ou alors nous refusons de voir ce qui est en face de nous.
Certains parlent d’extrême centre. Si la classification d’extrême n’est pas liée au positionnement sur l’axe droite – gauche, ce n’est peut être pas une mauvaise dénomination.
Le terme démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, combinaison de δῆμος / dêmos, « territoire » (de daiesthai, « partager ») puis « peuple », et kratein, « commander »), désigne le plus souvent un régime politique dans lequel les citoyens ont le pouvoir.
Si vous avez déjà lu quelque chose à ce sujet en dehors de la télévision, des discours politiques et des livres d’école, vous savez déjà que non. On peut argumenter que nos systèmes sont les plus pertinents qu’on ait imaginé jusqu’alors, qu’une démocratie pure est irréalisable ou non souhaitable, mais le fait est que nous nous n’en sommes pas une. Il n’y a d’ailleurs pas grand débat à ce sujet.
Que nous nous désignions régulièrement de démocratie représentative n’y change rien. Les régimes marxistes-léninistes se désignaient sous le terme de démocratiepopulaire, et la Chine comme la Corée du nord se voient toujours comme telles. On peut se gausser mais ça montre bien que le nom qu’on se donne ne vaut que pour les beaux discours, et au moins démocratie populaire a le bon goût de ne pas relever de l’oxymore. On ne peut pas en dire autant chez nous.
Une décision peut-elle être prise quand bien même il apparait clair que le peuple ou sa majorité est contre ? À l’inverse, quand il apparait clair que le peuple souhaite une décision donnée, est-il possible qu’elle ne soit pas prise ?
S’il est possible de répondre oui à une des deux questions, alors le peuple n’a pas vraiment le pouvoir. Le reste n’est qu’argumentation pour éviter de regarder la vérité en face.
S’ils ne peuvent être pris comme des sources de vérité absolue et que chaque question porte ses propres biais, les instituts de sondages nous montrent quand même des exemples à loisir. Dans les discussions préalables à ce billet, on m’a par exemple rappelé que s’il avait fallu suivre l’opinion du peuple, nous n’aurions probablement pas mis fin à la peine de mort en 1981.
Dans l’essentiel des démocraties occidentales, le peuple n’a éventuellement le pouvoir qu’au moment des élections. Ensuite il le confie à des élus qui en jouissent jusqu’à la prochaine élection. Le peuple lui-même n’a de pouvoir qu’une journée de temps en temps, et encore : En France il n’a quasiment le pouvoir que de choisir à qui le confier, ou de répondre à des questions que d’autres auront choisi de lui poser. Difficile de prétendre que le peuple exerce le pouvoir.
En fait les systèmes électoraux français sont tels que même lors des élections, même en se restreignant au choix des élus, il est difficile d’affirmer que le choix réalisé représente le peuple.
Plus que de savoir si nous en sommes une, ce qui m’interpelle est plutôt de savoir si nous voulons en être une. Moi oui, mais je suis loin d’être certain que cette opinion soit partagée.
Voulons-nous (vraiment) de la démocratie ?
Vous avez d’un côté un dirigeant éclairé avec une vision pour l’avenir. Il est accompagné d’un groupe d’experts qui travaille avec le terrain pour élaborer ce qu’ils pensent être les meilleures décisions. Parfois ils peuvent se tromper, parfois ils ne voient pas la réalité du terrain, parfois le choix dépend aussi ou surtout des valeurs du dirigeant ou des experts, mais prenons pour hypothèse que cet ensemble recherche et tend vers les meilleures décisions.
De l’autre côté vous avez le peuple et un moyen d’exprimer collectivement notre décision. Parfois il est difficile de dégager une volonté dans un ensemble complexe d’opinions et il peut même y avoir des erreurs. Parfois le peuple prend une décision sans en comprendre les tenants et aboutissants, change avec le temps, voire se fait manipuler, mais prenons pour hypothèse qu’un moyen d’expression permet d’exprimer au mieux possible notre décision collective.
S’il y a désaccord, qui souhaitez-vous suivre ?
Dit autrement et en caricaturant, préférez-vous une prison dorée ou un enfer libre ? La démocratie c’est l’enfer libre. C’est peut-être prendre les mauvaises décisions mais pouvoir en décider nous.
Le futur selon #GiletsJaunes?#RIC:Référendum d’initiative citoyenne 2019 ??Suppression de la #CSG:89% de oui ??Camps de rétention des fichés S:72% de oui ??Aucune limitation de vitesse:65% de oui ??Rétablissement de la peine de mort:61% de oui ??Démission de #Macron:55% de oui
Moi aussi les réponses à ces sondages me font peur. Elles ne sont représentatives que des sondés mais je ne suis pas forcément convaincu que toutes les réponses seraient différentes pour un référendum national. Je suis pourtant personnellement très inquiet par le courant qui veut que le peuple soit trop ignorant ou trop imbécile pour décider lui-même de son avenir et qu’il faut qu’un élite décide à leur place.
En creux dans les propos cités, on dit qu’une minorité de 10 à 40% a raison et doit garder le pouvoir pour que surtout les choix de la majorité ne soient pas exécutés. Bien évidemment c’est cette même minorité qui s’érige en juge et décide de quels propos sont justes et de quels propos sont dangereux. Son seul droit à le faire c’est qu’elle est déjà au pouvoir, depuis bien longtemps.
Plus que les réponses au sondage, ce sont les propos du responsable LREM qui me font peur. Il est en train de justifier qu’il faut que laisser les gouvernants gouverner seuls parce que seuls eux ont une opinion valable, et surtout pas laisser le peuple décider. On est à la limite de souhaiter une dictature éclairée.
Que la politique actuelle les favorise depuis longtemps ne doit être qu’une coïncidence, ne croyez-vous pas ? Eux-même sont probablement les premiers à traiter les anciens régimes communistes de détestable dictature alors que c’est la mise en application la plus pure de ces principes là : Une qui élite dirige le peuple en son nom. La seule différence c’est que ce n’est pas la même élite qui est au pouvoir.
Moquez-vous si vous voulez des gouvernants anglais qui tentent contre vents et marées d’exécuter la sortie de l’Europe malgré tout ce que cela va leur coûter, mais quelque part ils auraient des leçons de démocratie à nous donner.
De notre côté, après le « non » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe (Rome II), nos élus ont acté ensuite le traité de Lisbonne qui contenait grosso modo la même chose reformulé autrement (sans référendum cette fois). Peut-être était-ce la meilleure décision — je vous en laisse juge — mais c’est largement discutable du point de vue démocratique. En France nous glorifions même l’idée du gouvernant visionnaire et ferme, qui sait prendre des décisions impopulaires. Impopulaire ça veut aussi dire « contre la volonté du peuple ». En terme de démocratie ça se pose là.
Tout au plus on peut se demander si le peuple du Royaume Uni n’a pas changé d’avis depuis son vote pour le Brexit. C’est d’ailleurs là un point intéressant. Nos systèmes sont faits pour assurer une stabilité et pouvoir mettre en œuvre des politiques cohérentes qui se déploient mal s’il faut systématiquement changer de direction. Mais du coup, si le peuple ne peut pas changer de direction, exerce-t-il encore le pouvoir ?
Améliorer (vraiment) la démocratie française
À défaut de parler de démocratie directe, ou de la vouloir, la France est quand même très loin du concept de démocratie. Trop loin même.
Au minimum, ce qu’il manque est un système permettant au peuple de s’exprimer quand il le souhaite. Il y en a trois simples : 1– La possibilité de révoquer des gouvernants, 2– Les référendums ou décisions d’origine populaire, et 3– le renouvellement court des mandats.
La révocation des mandats permettrait au peuple de changer d’avis ou de mettre fin à un élu qui agirait autrement que ce qui était prévisible au moment des élections. Ça semble du bon sens mais c’est aussi assez risqué. Il est facile de fédérer contre un élu, mais pas forcément d’avoir un consensus pour un remplaçant.
La révocation n’a pour moi de sens qu’au sein d’une assemblée proportionnelle et pour toute l’assemblée dans son ensemble, ou alors exceptionnellement à titre individuel mais alors avec un quorum extrêmement élevé, genre 50% des électeurs, ou 2/3 des votants (blancs inclus).
Le vrai enjeu est probablement celui des référendums d’origine populaire. Vous vous souvenez de mes deux questions pour définir une démocratie ? Ça se résume en « si la volonté du peuple est claire, est-elle suivie ? » Le référendum d’origine populaire est uniquement ça, formaliser une volonté claire, et la rendre exécutable. Toute la difficulté c’est de définir qui et sous quelles conditions peut lancer un tel référendum.
La voie qui semble être prise en ce moment est qu’il faut que ça vienne des députés – ce qui invalide tout le propos démocratique – et que les soutiens populaires se fassent de façon publics – ce qui pose bien d’autres problèmes de vie privée et de liberté de conscience pour les plus exposés.
Il y a encore beaucoup de choses à imaginer. C’est faisable mais ça va être long à s’imposer tellement notre classe dirigeante a peur de laisser la main directe au peuple.
le droit de vote c’est dangereux (1789) le suffrage universel c’est dangereux (1848) le bulletin secret c’est dangereux (1851) le parlementarisme c’est dangereux (1875) le vote des femmes c’est dangereux (1945) le référendum d’initiative citoyenne c’est dangereux (2018)
Pour ceux qui ont vraiment trop peur de laisser le peuple s’exprimer, on peut commencer par avoir une capacité de referendum d’origine populaire uniquement sur de la censure (marquer le refus à une loi ou une mesure qui viendrait d’être votée). Ça permettrait uniquement de refuser une évolution contre l’accord du peuple. Pas grand danger à part celui d’un status quo mais si on apprécie un minimum l’idée de démocratie il serait logique de ne pas pouvoir imposer quelque chose de nouveau au peuple si ce dernier arrive à exprimer son désaccord.
Le renouvellement des mandats a l’air totalement irréaliste mais c’est ce qui me semble le plus viable à court terme. Par le passé nous avions le Sénat qui fonctionnait ainsi : mandat de neuf ans renouvelable par tiers. Imaginez un vote permanent, tous les six mois, pour renouveler 1/8ème de l’Assemblée nationale. Nos députés garderaient un mandat de 4 ans, leur permettant d’apprendre et se montrer efficaces. Le renouvellement par (petite) partie permet de ne pas reprendre tout à zéro en permanence, tout en permettant à la population de changer la représentation nationale progressivement en cours d’action.
Par là le peuple met même une pression permanente sur les élus nationaux, avec la crainte de perdre ou gagner des sièges s’ils prennent des décisions impopulaires (c’est à dire « contre le peuple »). Non seulement on permet au peuple d’influencer sa représentation en continue, mais en plus on donne un peu plus de pression pour que cette représentation prenne en compte l’avis du peuple. Ça ne corrige pas tout, mais c’est déjà ça.
Et, bien évidemment, pour que ça fonctionne, il faudra quitter notre système majoritaire à deux tours découpé par circonscription et passer par des listes nationales (même si rien n’empêche de mettre des règles complexes assurant une représentativité aux différents territoires et d’en faire sortir des élus locaux). Si on peut en profiter pour que ça passe par de la proportionnelle ce serait encore mieux d’un point de vue démocratique mais on peut tout à fait passer à du renouvellement continu sans ça.
Notre président annonce que les salariés au SMIC auront 100 € de plus par mois dès janvier 2019. Je prends la plume par ce que cette histoire me met hors de moi.
Alors déjà je conchie très fortement tous les éditorialistes et politiques qui disent que 100 € par mois ce n’est rien. 100 € par mois pour quelqu’un au smic c’est juste énorme. Vu le niveau de dépenses contraintes, ça peut être la différence entre une fin de mois difficile et une fin de mois où on épargne un peu. Ça peut aussi ne pas couper le chauffage ou pouvoir faire un cadeau sympa au gamin à Noël. Critiquer 100 € par mois montre une déconnexion que même Emmanuel Macron n’a jamais affiché.
Le problème est ailleurs. Attention c’est long mais ça fait mal.
Mise à jour : Quand on se plante il faut le dire. C’est donc dit (et je me suis bien planté, d’autant en plus ça a beaucoup été diffusé rapidement sans que personne ne me corrige). Il y a un joli effet d’annonce qui ne me plait pas de la part de l’Élysée mais ce n’est pas malhonnête au point que j’ai initialement décrit. Pas plus que d’ordinaire dans les communications politiques quoi (*)
Il reste que très peu de gens vont voir cette augmentation de 100 €. Entre autres :
20 € concernent l’augmentation légale du SMIC pour rattraper l’inflation, sans coup de pouce. Oui il y aura 20 € nets de plus sur la fiche de salaire de janvier 2019. Non ça ne représente aucun pouvoir d’achat supplémentaire par rapport à janvier 2018 (en fait c’est le contraire, c’est tous les autres mois de 2018 où il y a eu une perte de pouvoir d’achat à cause de l’inflation).
20 € concernent la baisse des cotisations salariales. Ce ne sera pas valable pour tout le monde (coucou mes amis du public ?)
Enfin 30 + 20 + 20 € viennent d’une anticipation d’augmentation de la prime d’activité. C’est le montant maximum de la hausse avant application des coefficients pour les personnes à charge. Si vous gagnez plus que le SMIC ou si le conjoint a aussi des revenus, ça peut vite baisser ou passer à zéro. L’augmentation était déjà actée et on ne fait que l’anticiper. C’est surtout qu’elle était en échange d’un gel de l’alignement sur l’inflation sur 3 ans. J’ai toujours considéré qu’annoncer un planning de hausse de la main droite tout en gelant l’alignement sur l’inflation de la main gauche était de la communication malhonnête, même si le solde est positif. À une inflation de 2% par an vous pouvez considérer que vous perdrez ensuite quelque chose comme 4 € par an à euros constants.
Annoncé
À € constant
Nouveau ?
SMIC + 1,8%
+ 20 €
0 €
non
baisse cotisations sociales
+ 20 €
+ 20 € pour le privé
non
hausse prime activité
+ 70 €
+ 70 € gelés 3 ans
anticipé
On me signale toutefois que la prime d’activité est prise en compte dans le calcul des APL donc que pour ceux qui bénéficient d’APL (généralement ce sont les mêmes) l’augmentation réelle pourrait donc être en partie compensée par une diminution des APL. À vérifier, je veux bien une confirmation sourcée de quelqu’un qui connait le sujet.
(*) L’erreur de calcul était sur la prime d’activité (ceux qui ont exploré les modes de calcul de cette prime comprendront). L’augmentation d’octobre a été plus faible en ce qu’elle comprenait en même temps un changement de taux. J’ai (bêtement) reproduit ce même calcul pour toutes les années alors que le taux ne change évidemment qu’une seule fois.
L’effet kiss cool c’est toutefois qu’on continue dans l’idéologie de la « valeur travail » : On ne cible que les gens avec un emploi. On préfère continuer à croire que s’il y a du chômage c’est parce que les gens ne veulent pas travailler, et donc qu’il faut récompenser ceux qui ont trouvé un emploi.
On ne change rien à la répartition travail/capital vu que ce qu’on donne sera pris sur le budget public et donc les impôts (et pan les gilets jaunes qui militaient en grande partie contre la pression fiscale et le trop de taxes), mais aucun effort particulier n’est demandé aux entreprises. On (nos impôts) est en train de sponsoriser les travailleurs bons marché auprès des entreprises.
Superbe opération de communication de la part du gouvernement et du parti LREM en faveur de Nutri-score. Plusieurs ministres y vont de leur propre vidéo.
Aujourd’hui, rares sont les entreprises qui affichent le Nutriscore sur les emballages de leurs produits. Mais VOUS avez le pouvoir de les faire changer d’avis.
Comment ? Interpellez les marques, demandez-leur de jouer le jeu !
Et là… on comprend que l’important c’est la communication.
Il faut dire l’obligation d’affichage du Nutriscore a été rejeté dans la loi il y a à peine un mois… sur avis défavorable du gouvernement et après le vote négatif du groupe LREM.
D’un côté on fait en sorte que ça n’arrive pas, et de l’autre on prend une jolie posture de militant face à l’opinion publique. Du double jeu même pas caché.
Le pire je trouve c’est cette vidéo là, qui rejette la faute sur l’Europe. C’est facile, ça ne coûte pas cher et ça fonctionne toujours. Malheureusement la Commission européenne a au contraire explicitement notifié à la France l’autorisation d’utiliser Nutriscore. La vraie raison du rejet elle se trouve encore facilement dans les articles de presse du mois dernier : LREM a refusé l’utilisation de Nutriscore… pour ne pas faire fuir les annonceurs publicitaires.
Et aujourd’hui ils osent se donner le beau rôle…
Et si nous ne les laissions pas faire ? si nous en parlions ?
Oui, nous souhaitons travailler avec les associations.
Nous poursuivrons le dialogue. Sur le sujet de l’hébergement d’urgence, comme sur les autres.
Les Français comprennent la politique raisonnable et humaine que nous menons. ?#RTLMatinpic.twitter.com/Bb2E3pj1BE
J’avais commencé à lister un historique de ces dernières années mais je vais vous dire autre chose.
J’ai honte.
J’aimerais ne plus avoir honte. On peut avoir des divergences fortes sur la politique à mener, mais j’aimerais ne plus avoir honte de ma police, de comment elle met en œuvre cette politique.
Je ne veux plus entendre que notre police confisque duvets et couvertures à des personnes qui dorment dehors en plein hiver. C’est illégal mais c’est aussi inhumain.
Je ne veux plus entendre que notre police lacère ou jette des tentes de personnes sans domiciles. Ces tentes sont peut-être elles-mêmes anormal mais fragiliser ces gens dehors en plein hiver n’est pas justifiable pour autant.
Je ne veux plus entendre qu’on enferme illégalement, qu’on créé des centres de rétention artificiels sans leur en donner le nom et le statut.
Je ne veux plus entendre qu’on traite des enfants légèrement et qu’on les laisse à la rue, parce que c’est plus simple, en se défaussant sur leurs parents, ou simplement en leur niant leur minorité.
Je ne veux plus lire des récits qui me font honte dans les communiqués d’ONG au dessus de tout soupçon de partialité et jusque dans la presse internationale. C’est toute la France qui devrait avoir honte, honte au point de ne pas oser faire une quelconque déclaration internationale avant de régler ça.
J’ai honte et c’est grave.
C’est grave parce que ce sont des actions de forces de l’ordre qui se croient au dessus de la loi, qui font justice eux même. On a là un terreau fertile pour les dérapages les plus graves.
C’est grave parce que ce sont des fonctionnaires qui acceptent des ordres illégaux et inhumains, et ça doit faire réfléchir vu le passé de la France.
C’est grave parce que sont des responsables politiques qui cautionnent voire qui soutiennent. Pire, ils vont vanter le traitement humain alors qu’ils ont des alertes cohérentes et persistantes d’acteurs incontestables. Bref, pour montrer leur fermeté ils renforcent le sentiment que tout est permis.
J’ai honte, c’est grave et j’ai peur.
J’ai désormais peur quand je vois la police, celle qui devrait me protéger. Je n’imagine plus participer à une manifestation légale, déclarée et pacifique sans craindre de revenir avec des hématomes voire mutilé par une grenade.
J’ai peur d’une police ivre de son pouvoir et qui n’a plus aucune limite. Même quand il y a mort après interpellation, on lit ensuite dans la presse qu’il n’y a rien eu d’anormal ou de répréhensible de la part des forces de l’ordre, limite que le passé du décédé justifie bien ce qui lui est arrivé.
Élevé dans le respect de l’ordre et dans l’idée que la police est là pour moi, à toute occasion, aujourd’hui je change de trottoir si je le peux pour éviter toute rencontre avec la police. On ne sait jamais, parce que je n’ai plus aucune confiance.
J’ai honte, c’est grave, j’ai peur et je veux du changement.
Je crève d’envie de demander la démission de ministres, préfets et autres personnes à responsabilité dans toute cette chaîne défaillante mais je veux surtout du changement.
Je veux un ministre qui trace clairement les limites de l’inacceptable. Je suis prêt à ne pas faire attention s’il prend plein de précautions oratoires, s’il dit que ce sont des faits isolés alors qu’il est désormais évident que ce n’est pas le cas, mais je veux qu’il le fasse, clairement.
Je veux que derrière il y ait des enquêtes et des sanctions. Je veux qu’il y ait des syndicats qui reprennent voix pour dire qu’ils s’opposeront aux ordres illégaux et immoraux. Je veux des policiers qui s’expriment, même anonymement.
Je veux qu’on marginalise l’inacceptable, que ça redevienne inacceptable. Je veux pouvoir être fier de mon pays et de sa police.
J’ai honte, c’est grave, j’ai peur, je veux du changement et c’est urgent.
Si j’ai peur, moi qui ai toujours défendu la police pendant toute ma vie, j’imagine ce qu’il doit en être pour ceux qui n’ont pas une situation aussi privilégiée que la mienne.
On va ramer pour retrouver de la confiance, pour retrouver du lien entre le citoyen et les forces de l’ordre. Ce ne sont pas des belles paroles qui vont changer des choses. Il faut du visible, du poing sur la table, et pas qu’un peu, pas juste pendant une opération de communication de quelques jours.
Même ainsi ça va prendre du temps, des années peut-être, mais si on ne le fait pas rapidement ça risque vite de devenir trop tard. J’espère que ça ne l’est pas déjà.
C’est maintenant qu’il y a un train à prendre, pour qu’un jour je ne pleure pas de dégoût quand j’entends parler de « la politique raisonnable et humaine que nous menons » à la radio.
Il y a tout un monde entre la théorie sur le papier et la réalité sur le terrain. Le problème c’est quand celui en charge se permet d’être hautain avec les gens sur le terrain.
Il suffit de quelques mots d’un concerné pour se rendre compte combien les mots d’humeur à l’origine de la polémique sont ceux de quelqu’un déconnecté du terrain.
Mention spéciale à notre ministre Gérard Collomb dont les propos sont rapportés par Marianne. Lui n’a même plus de limites dans son statut de privilégié, ou alors il a conscience de ce qu’il dit et c’est encore pire :
« C’est pas le problème de 180 kilomètres », assure Gérard Collomb, qui estime que les deux points se relient en trois coups d’accélérateur : « Si vous êtes relié par une autoroute ou une voie ferrée qui peut y aller… Je viens de Lyon, j’ai pas de problème pour venir chez vous. »
Ça permet d’ailleurs à Marianne de rappeler que ces 180 km prennent plus de temps qu’un Paris-Lyon, que ce soit en voiture ou en train – entre 5 et 7 heures aller-retour, rien que ça, pour du quotidien c’est un peu difficile –, et de rappeler l’état de la politique d’infrastructures hors des liaisons pour cadres qui vont sur Paris :
Comme semble l’ignorer Gérard Collomb, la desserte des territoires ruraux est de fait en déliquescence. La SNCF a récemment supprimé quatre arrêts à la gare de La Souterraine, alors que le nombre de voyageurs y a augmenté de 60% en sept ans. Et A Ussel, la situation n’est guère meilleure. « Ussel est coincée », pointe Frédéric Cueille de la CGT des cheminots limousins, qui déplore dans La Montagne un « enclavement » des zones rurales : « L’objectif de la SNCF est de fermer vingt-deux des vingt-sept points de vente. Ussel et Égletons sont menacées… ».