Catégorie : Politique française

  • La Cour des comptes révèle des contrats de com’ obscurs de Mati­gnon et du gouver­ne­ment

    Que les postes de pouvoirs soient détour­nés pour assu­rer la survi­vance de l’élu à ce poste, ou pour favo­ri­ser le parti et ses soutiens n’est même plus éton­nant. Que par contre on arrive à sortir des scan­dales de ce type, mis en lumière par une insti­tu­tion neutre et au dessus de tout soupçon, et que cela ne donne … rien, là ça me dépasse.

    Nous aurions déjà du avoir un scan­dale menant à plus qu’une démis­sion quand cela touchait l’Ély­sée mais le manque de détail et l’ab­sence d’enquête cumu­lée à un soupçon de bluff sur l’im­mu­nité de tout le person­nel lié au président pouvait encore expliquer que cela n’ait mené à rien. Ici il n’y a rien de tout cela et s’il n’y a enquête et éven­tuel­le­ment saisie de la Cour de justice de la Répu­blique, alors c’est que nos préten­tions d’État de droit sont bien loin. Si les montants sont bien faibles par rapport au budget de l’État, les présomp­tions sont graves, d’au­tant qu’elles ne sont pas nouvelles.

  • Archos est spon­sor du G20. La Société Géné­rale aussi.

    Faire une opéra­tion de commu­ni­ca­tion d’une prési­dence tour­nante d’un sommet poli­tique est déjà le comble de l’égo et une concep­tion très parti­cu­lière du « travailler en commun » et du « se mettre au service des autres ».

    Mais quand le sommet ou la prési­dence deviennent spon­so­ri­sés ouver­te­ment, Que doit-on en penser ? Ces enseignent ne sont pas philan­thropes et ne parti­cipent pas juste pour aider les finances publiques. Elles parti­cipent avec l’es­poir d’un retour sur inves­tis­se­ment. (suite…)

  • La dimen­sion cultu­relle du bonheur… et du malheur français

    Les français sont des râleurs. Main­te­nant c’est plus ou moins prouvé scien­ti­fique­ment : Objec­ti­ve­ment nous ne sommes pas tant à plaindre, mais nous sommes parti­cu­liè­re­ment insa­tis­faits, sans lien avec la réalité.

  • Le mythe du modèle alle­mand

    À force de se servir du modèle alle­mand comme excuse pour lancer toutes les réformes qui posent un problème social, on oublie que l’Al­le­magne n’est pas un modèle, juste­ment.

    Il y a certai­ne­ment des choses bien, mais qui ne sont pas répli­cables telles quelles chez nous car tout ce qu’il y a autour n’est pas iden­tique, popu­la­tion comprise. Mais il y a aussi plein de défauts qu’on oublie, dont une partie de la popu­la­tion pauvre, au chômage, ou bloquée dans des emplois sous-payés qui est plus forte que chez nous. (suite…)

  • Guéant : les inté­gristes chré­tiens, eux, « ne brûlent pas ». Ah bon ?

    Il semble qu’une partie de nos poli­tiques croient vrai­ment à une hiérar­chie de valeurs entre les reli­gions et les cultures. Notre société a perdu bien des valeurs dont elle s’enor­gueillis­sait.

    Alors non monsieur Guéant, les inté­gristes chré­tiens ne sont pas meilleurs que les inté­gristes musul­mans.Il est très dange­reux et très symp­to­ma­tique que non seule­ment vous le croyiez mais qu’en plus vous vous fassiez la promo­tion d’une telle idée.

    J’ose­rai même deman­der qu’on parle ici d’ex­tré­miste. Je suis agacé à chaque fois qu’on pour­rit la racine « intègre » avec de si mauvaises conno­ta­tions. Inté­griste n’ac­cep­tera pas de compro­mis, mais n’a pas de raison de deve­nir agres­sif et de faire des atten­tats pour autant. Par contre l’ex­tré­miste, même s’il promeut un compro­mis, usera de tous les moyens.

  • Serment d’al­lé­geance aux armes

    L’UMP, via Jean François Copé, propose d’im­po­ser un serment d’al­lé­geance aux armes à tous les jeunes et aux deman­deurs de la natio­na­lité française.

    Je ne peux croire que ces gens, intel­li­gents et souvent brillants, puissent un seul instant envi­sa­ger sérieu­se­ment la chose autre­ment que dans une simple déma­go­gie de période élec­to­rale.

    « les jeunes »

    On demande aux jeunes en âge (je suppose à la majo­rité) de s’en­ga­ger à prêter ce serment. Quel sens a donc un serment imposé ou obtenu par la pres­sion sociale ? comment pense-t-on que les gens vont se l’ap­pro­prier dans ce cas ?

    D’au­tant qu’outre l’idée d’un patrio­tisme exacerbé gouverné par la peur de l’autre et le conflit armé qui m’agace au plus haut point, ce serait un formi­dable retour en arrière. Depuis long­temps on a accepté le prin­cipe de l’objec­tion de conscience, que se battre n’est pas l’unique façon de servir son pays.

    Même dans le pire des cas, suite à une guerre géné­ra­li­sée où on instau­re­rait un enrô­le­ment par la force géné­ra­lisé au niveau légis­la­tif, le droit d’y aller malgré nous et à recu­lons me paraît essen­tiel. De toutes façons si on parle d’obli­ga­tion légale, la décla­ra­tion de serment n’a plus vrai­ment d’im­por­tance.

    Encore mieux, que fait-t-on s’ils refusent ? On leur refuse la majo­rité ou on les rend apatrides ? J’es­pé­rais qu’on avait dépassé ce stade où l’ap­par­te­nance est liée au sang versé et pas à l’at­ta­che­ment à des valeurs, à des lois, ou à la parti­ci­pa­tion à la cité, à ce qui fait de nous un citoyen.

    Le seul fait qu’on cible « les jeunes » et pas « les citoyens » ou « les français » est de toutes façons problé­ma­tique. C’est très signi­fi­ca­tif d’une posture poli­tique ou d’une idéo­lo­gie plutôt qu’un réel enjeu de pacte social. Le fait de consi­dé­rer ces gens comme des citoyens ou des citoyens en deve­nir plutôt que comme des « jeunes », ça permet­trait peut être juste­ment de renfor­cer leur appar­te­nance à la nation, mais ça demande de faire chan­ger les hommes poli­tiques, et ça c’est un combat de tous les jours.

    Les natu­ra­li­sés

    Consi­dé­rant donc qu’im­po­ser un tel serment aux natifs serait sans utilité et proba­ble­ment simple­ment impos­sible, quelle perti­nence il y aurait-il à l’im­po­ser aux deman­deurs de la natio­na­lité ? Pour reprendre une phrase de l’ar­ticle en l’in­ver­sant : Ce devrait être un honneur d’ac­cueillir des ressor­tis­sants étran­gers dans notre nation, au lieu de ça nous les stig­ma­ti­sons et nous ajou­tons de la défiance et des contraintes.

    Pourquoi faudrait-il que ces derniers aient moins de droits ou plus d’obli­ga­tions que les natifs ? Ce n’est pas ma concep­tion de la natio­na­lité et je ne souhaite pas avoir des grades ou des niveaux de français.

    C’est de plus encore une fois bien mal comprendre le chan­ge­ment de natio­na­lité. Deve­nir français n’im­pose pas forcé­ment, et ne doit pas impo­ser, de cracher ou renier son ancien pays. Si les deux entrent en guerre, que vaut ce serment ? Que faire s’il a du aussi faire le même dans son ancien pays ? Si on accepte qu’il doive et puisse renier son serment précé­dent que vaut alors celui qu’on demande à notre tour ?

    Ça sent à moitié la défiance face à l’étran­ger et à l’im­mi­gré, avec un saupou­drage sur « les jeunes » qui ne coûte pas cher histoire de ne pas montrer trop clai­re­ment qu’on cible encore les étran­gers. La peur de l’autre est déci­dé­ment un marché porteur.

     Une vision de la poli­tique, et de la nation

    Ma vision de la nation est celle d’un peuple qui construit ensemble, pas celle de l’op­po­si­tion face à l’étran­ger, avec arme au poing et serment d’al­lé­geance.  Je trouve détes­table cette façon de faire de la poli­tique avec des jeux d’an­nonces qu’on sait impos­sibles mais surtout faits pour monter les gens les uns contre les autres.

    D’ailleurs, et c’est peut être ce qui montre le mieux qu’il s’agit de décla­ra­tions dange­reuses et pas d’un projet sérieux, on ne trouve aucun texte écrit sur cette idée sur les sites de l’UMP ou de Jean François Copé. Le contenu a été trans­mis aux jour­na­listes, mais sous une forme qui permette plus tard de s’en déta­cher, de la nier, ou de contes­ter les inter­pré­ta­tions.

    J’ac­cepte d’être traité de naïf idéa­liste, mais je suis convaincu qu’il est possible et souhai­table d’agir autre­ment. Peut être que là nous aurions un vrai senti­ment d’at­ta­che­ment entre les français, leur nation, leurs insti­tu­tions, et du coup aussi les corps néces­saires à cette nation comme l’ar­mée ou la police.