Je ne sais que faire comme commentaire. Indépendamment des opinions sur le meilleur terme à utiliser dans tel ou tel contexte, qu’on puisse avoir peur d’utiliser le terme de féminisme ne peut certainement pas être un signe positif.
Parce que c’est lié et intéressant :
Chaque mois, « Libération » fait le point sur les histoires qui ont fait l’actualité des femmes, de leur santé, leurs libertés et leurs droits. Troisième épisode : novembre 2015.
C’est ce qui est en train d’arriver à Martell Chubbs en Californie, accusé récemment de meurtre dans une affaire qui remonte à 1977, inculpé parce que son ADN correspondrait à l’ADN trouvé sur place, selon les bases de données génétiques de la police américaine. Chubbs a donc demandé à inspecter le code du logiciel qui a fait la corrélation entre son ADN et celui recueillit à l’époque afin de constater l’exactitude des résultats. Bien sûr, le constructeur du programme a refusé, faisant valoir le risque encouru par le dévoilement du code de son programme propriétaire. Le tribunal a donc rejetté la demande de l’accusé, laissant la défense libre d’examiner le témoin expert, mais pas l’outil que le témoin invoque. D’autres tribunaux américains ont rendu des décisions semblables.
[…] “L’immunité logicielle n’existe pas”, rappelle Rebecca Wexler. Les erreurs de programmation peuvent modifier les rapports de vraissemblance de l’ADN d’un facteur 10. Quand des experts ont mis à jour un bug dans un logiciel d’alcootest, la Cour suprême du Minnesota a interdit qu’il puisse servir de preuve dans tout jugement futur.
Comme le dit l’article, rien que le scandale récent de triche de Volkswagen sur les contrôles anti-pollution montre qu’un logiciel ne reste qu’un outil. Si on ne peut pas étudier les limites de l’outil, son analyse ne vaut rien.
Le pire c’est que des problèmes graves dans les analyses ou procédures d’analyses d’ADN, de cheveux, d’alcoolémie… on en trouve une bonne poignée en cherchant un peu. Mais officiellement, impossible de contester les logiciels pour lesquels il n’y a encore eu aucun scandale.
peut-on faire reposer des décisions publiques sur des boites noires ?
Police have used powers under the Terrorism Act to seize the laptop of a young Newsnight journalist in a case that has shocked BBC colleagues and alarmed freedom of speech campaigners, The Independent can disclose.
Officers obtained an order from a judge that was served on the BBC and Secunder Kermani, who joined the flagship BBC2 news show early last year and has produced a series of reports on British-born jihadis.
Le pouvoir tout puissant des États ne semble vouloir s’arrêter de progresser. Tous les gardes-fous mis en place année après année par les générations précédentes sautent sans difficulté notable, comme s’ils étaient superflus.
Je crains le pire pour l’avenir, le jour où un gouvernement glissera doucement vers le totalitaire, nous n’aurons plus de base légale pour réagir, nous n’aurons plus qu’une révolution dans le sang comme seule option.
Le terrorisme est une tellement belle opportunité pour faire tout ce qui était impossible hier… comment croire qu’ils y résisteraient ?
By words of Nurlan Meirmanov, Managing director on innovations of Kazakhtelecom JSC, Internet users shall install national security certificate, which will be available through Kazakhtelecom JSC internet resources. « User shall enter the site www.telecom.kz and install this certificate following step by step installation instructions”- underlined N.Meirmanov.
Seconde réaction : Chez nous c’est déjà le cas. Notre gouvernement contrôle une autorité de confiance installée dans tous les gros navigateurs du marché. Pire : Ils l’ont déjà utilisée pour faire du man in the middle.
On peut se réconforter en se disant que l’intention n’a jamais été délictueuse, mais au final la capacité est là. Il y a déjà eu dérapage et vu le climat actuel, il n’y a pas vraiment lieu d’avoir beaucoup plus confiance que dans le Kazakhstan sur ce point là. Plus récemment, l’État français demande aussi accès aux codes sources et architectures des hébergeurs et des fournisseurs d’accès. On pourrait ajouter que nous sommes déjà un des leaders mondiaux sur les solutions commerciales de surveillance à l’échelle de pays.
Plutôt que de se moquer, nous devrions avoir honte de montrer l’exemple. Le Kazakhstan est juste en retard sur nous.
C’est grâce à ce chantage à l’emploi permanent que le Medef arrive à arracher toute sorte d’avantages. […] De nos jours on n’ose plus rien faire contre les entreprises de peur qu’elles arrêtent de promettre qu’elles vont créer les emplois qui manquent.
Relisez bien la citation, deux fois. C’est criant de vérité.
Une seconde ?
On dit que Mittal fait vivre 20 000 salariés. Non ! Il y a 20 000 salariés qui font vivre Mittal
C’est tellement évident et incontestable après coup…
Bon, la vidéo ne tourne pas autour de ces deux petites phrases mais je ne saurais résumer, d’autant qu’on parcours beaucoup de sujets. Allez regarder, il y a plein de passages intéressants.
Sortir du capitalisme semble urgent, mais pour ça il faudrait déjà qu’on y réfléchisse sérieusement en commun au niveau politique, plutôt que de dire « si ça ne marche pas il faut faire la même chose encore plus fort ».
Il était payé x xxx € par mois pour s’occuper de [bonne action]. Te rends-tu compte du scandale [du scandale] ?
Je ne me rappelle plus le montant. Je ne me rappelle plus la source. La dernière parlait d’aide aux réfugiés mais c’est quelque chose que j’entends souvent, dans différents contextes.
Dès qu’on s’occupe d’humanitaire, de social, d’un objectif un minimum éthique, ou même qu’on prétend simplement tenter d’être respectueux de la collectivité, les grandes rémunérations sont immédiatement jugées scandaleuses, honteuses. Ça parait sain : C’est autant d’argent qui ne va pas à la cause, quelle qu’elle soit.
Sauf qu’à réagir ainsi on renforce un modèle social complètement idiot, un modèle où ceux qui contribuent positivement sont forcément moins bien payés que ceux qui détruisent les gens et le monde autour d’eux.
On insinue que ceux qui aident les autres doivent accepter des rémunérations plus faibles ou plafonnées, qu’on ne doit pas gagner de l’argent en faisant quelque chose de bien. Une sorte de double peine.
Pire, parce qu’en creux on dessine que gagner de l’argent au détriment des autres c’est quelque part plus légitime, moins honteux. On marche sur la tête.
Réfléchissons-y deux fois. Finalement, quitte à ce qu’il existe de fortes rémunérations, je préfère largement que ce soit pour ceux qui contribuent positivement à la collectivité, même si ce n’est qu’un peu, même si ça se limite à une intention difficilement mise en œuvre. Réjouissons-nous plutôt.
Je suis beaucoup plus gêné par les fortes rémunérations de personnes ou d’entreprises qui ne contribuent pas à un modèle social positif, au moins un peu, au moins dans l’intention.
Ce qui me fait honte – bien plus que n’importe quelle forte rémunération – c’est que ceux qui aident leur prochain ou contribuent à un modèle de société un peu plus juste soient moins bien payés, voire bénévoles.
Cherche 3 stagiaires non rémunérés (…) pour devenir la référence dans la lutte contre la précarité de l’emploi.
Les attentats exigeaient des réponses. On ne pouvait pas rester les bras ballants. François Hollande a frappé fort. A-t-il frappé juste? Je n’en suis pas sûr. Quand j’étais contrôleur général des lieux de privation de liberté, j’avais mis en exergue une histoire que j’avais appelé la fable du soutien-gorge. C’est le fait d’enlever systématiquement son soutien-gorge à une femme lorsqu’on la place en garde à vue, au motif que c’est dangereux. J’avais demandé à la police de m’expliquer pourquoi c’était dangereux et combien d’attaques et de suicides par soutien-gorge avaient été comptabilisés. Elle était incapable de donner le moindre chiffre évidemment. Je veux dire par là qu’en matière de sécurité, on est souvent dans l’irrationnel. L’exécutif prend régulièrement des mesures destinées uniquement à prouver sa force.
— Jean Marie Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté et ex-président de la Commission de contrôle des écoutes, via Challenges
C’est tellement ça. Par peur d’être vus comme des faibles qui ne font rien, on montre la force. Par peur d’être traités de laxistes, la gauche sur-réagit.
L’utilité de ces mesures est secondaire. Plus exactement, l’utilité est d’apparaitre comme l’homme et le parti fort en période de crise. Peu importe que les mesures soient des atteintes graves aux libertés, on ne pourra pas les accuser de n’avoir rien fait.
Si aucun nouvel attentat n’arrive d’ici les prochaines présidentielles alors ça sera grâce à eux. Si un nouveau survient, c’est qu’ils auraient du aller encore plus fort.
Aucune réflexion aucun recul. C’est au point où un politique a demandé récemment d’arrêter de discuter l’utilité des mesures, que le temps n’était pas venu, que le temps d’aujourd’hui était celui de l’action. Quel aveu !
Je voudrais qu’on équipe la police dans chaque département de modalités de réaction extrêmement rapides. J’aurais rêvé que le soir du 13 novembre, il y ait une équipe de six motards lourdement armés qui soit d’astreinte à la préfecture de police et qui prenne en chasse les assaillants. Il faudrait aussi créer un compte Twitter de la police accessible à tout moment. Ce compte serait certes saturé de fausses alertes mais quand une attaque d’ampleur se produirait dans un lieu donné, la police serait très vite alertée. Le 13 novembre, le 17 était inaccessible par téléphone, les pompiers sont arrivés sur les lieux beaucoup plus vite que la police. Ce n’est pas normal.
Je ne sais pas si cette idée est la bonne, je vois par contre très bien quel sens elle a vis à vis des événements passés, quel impact elle aurait pu avoir ou non. Ce qu’on est en train de faire ou de prévoir aujourd’hui… aucunement.
Globalement je déteste la guerre, comme Miss France. […] Et pourtant, il a suffi d’un soir, d’un massacre d’innocents comme nous, d’un seul coup et avec des méthodes dignes des pires cauchemars, pour lancer la France dans la guerre.
[…] J’ai compris donc pour la première fois comment les choses arrivaient dans l’Histoire. J’ai compris que le progrès, les Lumières, l’expérience du passé, l’humanisme revendiqué, l’esprit des anciens, na valaient pas tripette face au consensus sanguinaire. Le besoin de vengeance, animal, est bien plus fort que tous les raisonnements.
[…] Un ami m’a dit « Tu ferais moins le philosophe si cela avait été ta femme, ou ta fille, au Bataclan ! ». C’est exact. Je pense que si cela avait été ma femme ou ma fille je serais déjà en guerre partout en train de combattre avec plus de kalachnikovs sur moi que dans tout le Moyen-Orient. Mais c’est pour protéger l’humanité de cela que nous avons créé un tas d’institutions, des lois, des protections collectives.
[…] Quand je vois que seulement six députés ont voté contre la loi sur l’état d’urgence, je suis tétanisé. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas la signer, mais s’interroger n’est pas un crime. Prendre du recul est possible.
[…] « OK donc t’es contre l’état d’urgence et la fermeté ? » (on me l’a dit). Pas du tout. […] Mais je ne crois pas qu’il fallait foncer tête baissée dans la guerre là-bas, en le clamant, tel un croisé, l’œil ému et le bras tremblant.
[…] Nous avons perdu notre sang-froid et avons foncé dans l’Histoire des guerres avec si peu de recul que j’en suis terrifié.
Un grand merci aux six, qui ont du avoir un grand courage pour faire face à la meute, qui ont du et vont encore subir beaucoup de pression, en plus d’une mise sur le banc pour tout ce qui est nomination et postes à pourvoir.
La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France […]. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause […]. L’écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte.
Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière […].
Depuis 1996, nous sommes confrontés à un phénomène très stable : la radicalisation de deux catégories de jeunes Français, à savoir des « deuxième génération » musulmans et des convertis « de souche ».
Le problème essentiel pour la France n’est donc pas le califat du désert syrien, qui s’évaporera tôt ou tard comme un vieux mirage devenu cauchemar, le problème, c’est la révolte de ces jeunes.
Chercher à traquer les gens déjà radicalisés au point d’envisager des actions violentes c’est tenter de contenir les symptômes, en sachant qu’on en laissera passer. Quand bien même l’action extérieure serait utile, dire nous sommes en guerre et envoyer des bombes est aussi une bien piètre réponse au problème de fond.
Pour révolutionnaire qu’elle paraisse, l’idée défendue – réserver à la Banque nationale suisse le droit de créer de la monnaie, autrement dit mettre fin au crédit bancaire qui ne soit pas intégralement couvert par de la monnaie centrale (billets en circulation et avoirs en comptes de virement) – est en réalité vieille sinon comme le monde, du moins de trois bons quarts de siècle. C’est en 1939 en effet qu’Irvin Fisher et cinq autres économistes américains signèrent une proposition de réforme monétaire (« A Program for Monetary Reform ») visant à éliminer ce qu’ils considéraient comme l’une des causes majeures des grandes dépressions (à commencer bien sûr par celle dont le monde, alors, peinait à se relever), à savoir la progression incontrôlée du crédit bancaire. Leur projet, qui s’appuyait en les approfondissant sur les thèses défendues par quelques monétaristes de l’époque, est resté dans les annales sous le nom de « Chicago Plan »; il sera même repris tout récemment (2012) par des chercheurs du Fonds monétaire international qui lui trouveront passablement d’avantages (« The Chicago Plan Revisited »).
On rejoint un autre billet récent. Plutôt que de permettre à des banques privées de créer une masse incontrôlée d’argent virtuel à leur propre profit, créer peu d’argent directement à destination des ménages et laisser les banques organiser cet argent sans création.
Problème : Le pays qui va instaurer ça isolément va voir ses banques partir ailleurs.