Auteur/autrice : Éric

  • Augmen­ta­tion et salaires d’em­bauche

    Quelle est l’aug­men­ta­tion annuelle stan­dard pour un déve­lop­peur qui travaille correc­te­ment mais pas excep­tion­nel­le­ment, avec une progres­sion de carrière clas­sique ? 2 %, 4 %, 6 %, 8 % ?

    J’ai demandé autour de moi, 3 à 5 % semble des esti­ma­tions raison­nables. Les augmen­ta­tions de 8 à 10 % sont consi­dé­rées comme des mérites excep­tion­nels.

    À vous de trou­ver les chiffres de votre entre­prise. Vous pouvez lisser via une moyenne sur plusieurs années mais pas exclure les années « excep­tion­nelles » où l’en­tre­prise a été en diffi­culté finan­cière.

    Et à dans la grille d’em­bauche ?

    Si vous avez une grille de salaire de réfé­rence à l’em­bauche, même si le nombre d’an­nées d’ex­pé­rience n’y est qu’in­di­ca­tif, quelle augmen­ta­tion annuelle serait néces­saire pour passer de 0 à 5 ans d’ex­pé­rience en respec­tant cette grille ?

    Ajou­tez-y l’in­fla­tion (prenons 1 % pour simpli­fier). Si votre grille des salaires à l’em­bauche a tendance à être rééva­luée plus vite que l’in­fla­tion à cause d’un marché en tension, prenez-le aussi en compte (c’est très proba­ble­ment le cas sur les métiers d’in­gé­nie­rie logi­cielle, je ne serais pas étonné qu’il faille ajou­ter 1 point de % en plus).

    Atten­tion, on parle là d’aug­men­ta­tion annuelle, toutes les années. Si vous n’aug­men­tez qu’une fois tous les deux ans, il faut doubler ce chiffre. S’il n’y a pas ou peu d’aug­men­ta­tion les années diffi­ciles, il faut l’aug­men­ter propor­tion­nel­le­ment les autres années.

    Compa­rons…

    Si, après correc­tions liés à l’in­fla­tion et à l’évo­lu­tion du marché, le chiffre que vous obte­nez à partir des salaires à l’em­bauche est plus grand que celui de vos augmen­ta­tions annuelles moyennes, vous avez un problème.

    Si, toujours après correc­tion, il est équi­valent ou supé­rieur à ce que vous consi­dé­rez comme une augmen­ta­tion excep­tion­nelle, votre problème est critique.

    Une simple ques­tion d’iné­ga­li­tés…

    Vous avez un problème parce que vous géné­rez une inéga­lité entre les nouveaux (qui s’alignent à la grille d’em­bauche) et les anciens (plus faible­ment augmen­tés).

    Vous géné­rez un senti­ment d’injus­tice pour les anciens. Comme en paral­lèle ces mêmes déve­lop­peurs vont rece­voir des offres qui, elles, s’alignent sur le marché, l’in­sa­tis­fac­tion ne va pas pouvoir être igno­rée et ne va que gran­dir avec le temps.

    Dans le meilleur des cas les anciens sont inci­tés à démis­sion­ner plus vite que prévu pour pour­suivre leur carrière. Dommage, ce sont eux qui ont la connais­sance de votre l’en­tre­prise et recru­ter coûte cher.

    Dans dans le pire des cas ces anciens restent, insa­tis­faits, géné­rant une défiance et un pessi­misme latents vis à vis de la direc­tion, en entrai­nant aussi les nouveaux dans le sillage.


    En regar­dant ce que je consi­dère le marché de l’in­gé­nie­rie logi­cielle et ce que je vois dans diffé­rentes entre­prises où je suis passé, l’aug­men­ta­tion légi­time devrait appro­cher les 6 à 7 % les 5 premières années en plus de l’in­fla­tion (donc 7 à 8% avec l’in­fla­tion du moment). Ça décroit après les premières années mais reste proba­ble­ment encore dans les 3 à 4 % hors infla­tion (donc 4 à 5 % avec) pendant les 10 ans suivants.

    Bien évidem­ment, je parle de moyenne. Pour suivre 7 à 8 % en moyenne année après année, il devrait être fréquent de voir des augmen­ta­tions de 10 % et plus.


    Vous avez fait tenté l’ex­pé­rience ? Je suis curieux de vos chiffres.

    Que consi­dé­riez-vous une augmen­ta­tion « normale » avant de faire le calcul ? Quelle augmen­ta­tion est néces­saire d’après votre grille à l’em­bauche et en y ajou­tant au moins 1% d’in­fla­tion ?

  • Encore des agen­ce­ments de photos

    Je cherche toujours la grille idéale pour présen­ter des photos avec des formats arbi­traires de façon à ce que ça passe bien et sur mobile et sur écran de bureau.

    Il n’existe pas de solu­tion passe-partout. J’avais listé l’état de l’art il y a quelques temps. Il y a de rares acteurs qui font des petits plus pour rompre la mono­to­nie ou mettre en avant des images parti­cu­lières mais dans l’en­semble on se contente d’un agen­ce­ment par carré (Insta­gram), par lignes (Flickr) ou par colonnes (Tumblr) suivant ce qu’on vise comme type de photos et si elles sont prin­ci­pa­le­ment affi­chées sur des écrans de bureau ou des mobiles. C’est géné­ra­le­ment spécia­lisé et assez illi­sible dès qu’on y met une photo d’un format diffé­rent ou qu’on visua­lise sur un écran non adapté.

    Diffé­rents types d’agen­ce­ment

    J’avais tenté quelque chose d’un peu diffé­rent en m’au­to­ri­sant des confi­gu­ra­tions un peu plus limi­tées mais qui conti­nuent à respec­ter le rapport largeur/hauteur de chaque image : Des séries d’agen­ce­ments de 1 à 4 photos, empi­lés les un au dessus des autres. Ça permet d’avoir un rendu plus divers, plus riche et adapté au format de chaque image (une image format portrait peut être mise en regard d’images format paysage).

    Agen­ce­ments prédé­ter­mi­nés

    Trois ans après, ça tient toujours et ça ne m’a jamais créé de résul­tat qui jure visuel­le­ment. Du coup j’ai ajouté quelques agen­ce­ments plus complexes à la liste, ainsi que les varia­tions pour savoir si tel grand bloc va en haut ou en bas, à gauche ou à droite, etc.

    Ça donne des formules de 3 km pour trou­ver la taille de chaque image en fonc­tion de son ratio, de la taille hori­zon­tale dispo­nible et de la taille des espa­ce­ments, mais ça fonc­tionne.

    Nouveaux agen­ce­ments types

    J’ai aussi changé la formule de sélec­tion.

    Aupa­ra­vant je parcou­rais pas à pas en choi­sis­sant le bloc le plus adéquat au fur et à mesure du parcours. Ça me lais­sait parfois peu de choix sur les dernières images, avec par exemple une dernière image au format portrait à affi­cher en pleine largeur parce qu’il ne reste plus qu’elle et que je ne peux donc pas la mettre en regard d’une autre. Désor­mais je calcule toutes les combi­nai­sons possibles sur l’en­semble des images et je garde la meilleure combi­nai­son de blocs de façon globale.

    Le score d’une combi­nai­son c’est la somme des scores de chaque image. J’y compare la surface d’af­fi­chage à une surface cible « idéale » (aujourd’­hui c’est fixé à « ⅔ d’une photo au ratio 3:2 affi­chée en pleine largeur »).

    Initia­le­ment je comp­tais le nombre de pixels de diffé­rence mais ça a tendance à encou­ra­ger des photos plus petites (on retire peu de pixels) par rapport aux photos plus grandes (on ajoute beau­coup de pixels). Depuis je calcule un facteur « photo la plus grande des deux / photo la plus petite des deux ». Comme je préfère une petite varia­tion sur toutes les photos à une énorme varia­tion sur une unique photo, j’élève cette diffé­rence au carré.

    Le gros avan­tage de cette méthode c’est que je peux éven­tuel­le­ment faire varier la taille de réfé­rence. Une photo de moindre impor­tance sera compa­rée à une taille de réfé­rence plus petite. La photo prin­ci­pale sera compa­rée à une taille de réfé­rence plus grande. On arrive ainsi à mettre en valeur les bonnes images et mettre en retrait les autres.

  • Il arrive qu’ils se trompent

    « Quand on demande leur avis à des gens qui n’y connaissent pas grand-chose sur un sujet complexe, il arrive qu’ils se trompent »

    David Barroux
  • Recom­man­da­tion smart­phone

    Je vais très proba­ble­ment devoir chan­ger mon smart­phone et je suis perdu dans les marques et les modèles. J’ap­pré­cie­rais bien une recom­man­da­tion de quelqu’un qui connait bien le milieu.

    Je fais prin­ci­pa­le­ment du web, des réseaux sociaux, de la navi­ga­tion gps et des vidéos. Je cherche d’abord une très bonne auto­no­mie (je le solli­cite vrai­ment beau­coup) et un écran de bonne qualité qui n’est pas ébloui en exté­rieur (idéa­le­ment AMOLED).

    Je n’ai pas besoin d’un proces­seur dernier cri mais vu que ça influe beau­coup sur la navi­ga­tion web, on va dire que la puis­sance reste un critère secon­daire.

    Je n’ai que faire d’une taille d’écran gigan­tesque, d’une réso­lu­tion de folie, ou d’une puce graphique excep­tion­nelle pour les deux. Je n’ai aussi aucune utilité de trois zillions de capteurs photos super poin­tus.

    Pour un ordre d’idée, le précé­dent était un Samsung Galaxy A5 2017, celui d’avant un Sony Z3 Compact, les deux choi­sis parce qu’ils avaient une des meilleures auto­no­mies de leur époque.

    Auriez-vous des réfé­rences à me conseiller ?

  • Pas sous mon nom public

    Sommes-nous en guerre ou sous une dicta­ture ? Évidem­ment pas. Nous vivons au contraire dans le confort de la démo­cra­tie. De quoi devrait-on se proté­ger ? De rien.

    Un élu, sur Twit­ter, à propos du fait d’être sous pseu­do­nyme

    Et pour­tant… je n’ai pas forcé­ment envie de mettre mes collègues, ma famille, mes clients, mes amis, mes voisins, mon employeur ou mes enfants de tout ce que je fais dans le moindre détail.

    Il n’y a aucun besoin de se sentir grand résis­tant à une sombre dicta­ture pour ressen­tir le besoin d’une vie privée ou d’un jardin secret.

    Le pseu­do­nyme c’est ce qui permet de parfois parler libre­ment sexe, handi­cap, poli­tique, amour, mala­die, droit du travail, avor­te­ment, reli­gion… ou simple­ment faire une surprise.

    Vous voulez des exemples ? Ils sont libres, repre­nez ceux que vous voulez et n’hé­si­tez pas à m’en propo­ser d’autres :


    Mathis est en plein ques­tion­ne­ment sur la sexua­lité et veut en discu­ter sans renon­cer à sa vie privée.

    Lena cherche des recom­man­da­tions pour trou­ver un psycho­logue, elle n’a pas trop envie qu’on s’en serve pour la discré­di­ter dans le cadre du divorce en cours.

    Capu­cine a un passé spor­tif au lycée. Ce ne fut pas au point d’être profes­sion­nelle mais elle était un peu connue, via un surnom. C’est là qu’elle a rencon­tré son conjoint, qu’ils ont formé leur groupe d’amis. Le surnom c’est un peu son nom à elle, et c’est resté. C’est son iden­tité désor­mais, même au travail. Si elle utili­sait son nom, nombreux sont ceux qui ne la recon­nai­traient pas.

    Maël rêve de chan­ger de domaine profes­sion­nel mais sans pour autant que son employeur ne le mette sur la touche demain.

    Naïm est profes­seur. Il a le devoir de présen­ter une image neutre mais ne souhaite pas pour autant s’in­ter­dire de parti­ci­per à la vie de la collec­ti­vité avec ses propres opinions.

    Élena a encore 16 ans. Elle est respon­sable, sérieuse et mesu­rée mais sait aussi que ce qu’elle dit ou fait aujourd’­hui ne repré­sente pas forcé­ment qui elle sera dans 10 ans, et ne souhaite pas que ça lui porte préju­dice.

    Sasha a sa meilleure amie qui est griè­ve­ment bles­sée dans un acci­dent de circu­la­tion. Elle aime­rait se rensei­gner pour accom­pa­gner mais sans que son amie soit forcé­ment renvoyée au pire en voyant les discus­sions et les ques­tions.

    Lyna cherche un cadeau pour les 60 ans de son père, qu’ils fête­ront dans deux ans avec toute la famille. La surprise ne doit pas être éven­tée.

    Thibault vient de se faire déce­ler un cancer et ce n’est pas facile à expliquer à ses ados. Il a besoin d’en parler sans qu’ils ne lisent toute la conver­sa­tion en amont sur Inter­net.

    Alice ne sait pas comment gérer son fils de 5 ans qui a du mal à se passer de couches. Elle n’a évidem­ment aucune envie que les copains de son fils l’iden­ti­fient quand ce dernier sera au collège.

    Louna souhaite parti­ci­per à la vie poli­tique, et parti­cu­liè­re­ment pour promou­voir le revenu de base. Elle sait que ça lui porte­rait tort avec son employeur actuel et renonce à sa liberté d’ex­pres­sion pour l’ins­tant.

    Justine a subit des harcè­le­ments. Depuis elle inter­vient sous une autre iden­tité en ligne, pour se proté­ger, elle et ses proches.

    Ismaël a été alcoo­lique quand il était jeune. Il n’a plus bu une goute depuis 10 ans mais on ne lui ferait plus confiance dans son milieu profes­sion­nel si ça se savait. Heureu­se­ment, les alcoo­liques anonymes portent bien leur nom.

    Imran est une personne connue. Pas sous ce nom là. Mais juste­ment, il a une passion pour le moyen orient et inter­ve­nir sous son nom public dans les forums risque­rait de lui atti­rer du harcè­le­ment de la part de xéno­phobes et radi­caux divers.

    Char­lie et sa compagne sont liber­tins. Ils assument leur vie mais n’ont pas forcé­ment envie d’en faire étalage auprès de leurs amis et de leurs voisins.

    Gabriel a l’im­pres­sion qu’il se passe des choses louches au bureau. Ça n’est pas le water­gate mais il souhaite se rensei­gner sur la loi et les usages sans risquer son poste.

    Giulia a simple­ment besoin de pouvoir discu­ter avec des amis ou connais­sances en ligne, tranquille­ment, sans que demain un inconnu ne l’in­ter­pelle au travail ou dans ses loisirs pour réagir à ce qu’elle a dit la veille.

    Adrien a un ex-petit ami jaloux. Il n’y a pas de harcè­le­ment mais avoir des comptes sans son nom civil sur les réseaux sociaux lui permet d’échap­per à la surveillance constante et de se sentir un peu plus tranquille.

    Eden perd ses cheveux. Rien de scan­da­leux ni de honteux mais il le vit mal. Il en a parlé sur les réseaux sous pseu­do­nyme, a obtenu du soutien, a tissé des liens et, si ce n’est plus le sujet de discus­sion aujourd’­hui, s’est fait de vrais amis. Chan­ger d’iden­tité main­te­nant serait pour lui renier son vécu et reve­nir en arrière à une époque peu appré­ciée.

    Pauline est née Victor. Pour l’ins­tant il n’y a aucune procé­dure admi­nis­tra­tive en ce sens mais c’est juste ainsi qu’elle le vit.

    Lila a un voisin trop curieux. Elle n’a proba­ble­ment rien à craindre mais n’a aucune envie qu’il sache tout sur elle, qu’il lise ses conver­sa­tions et ses malheurs du quoti­dien.

    Thaïs se sent incom­pris de ses parents. Il a juste besoin de pouvoir échan­ger avec ses amis sans se sentir surveillé. Il ne l’est proba­ble­ment pas et il le sait très bien mais… à 17 ans on a besoin de sentir qu’on a son propre jardin.

    Lucas est auteur. Il n’a aucune envie de voir débarquer chez lui des lecteurs de son dernier livre.

  • Para­doxe de Simp­son

    Rien de plus louche qu’un redé­cou­page élec­to­ral fait en sous-marin, surtout quand il s’ac­com­pagne d’un chan­ge­ment de fonc­tion­ne­ment du scru­tin.

    Vous pouvez être certains qu’il y a une exploi­ta­tion inten­sive du para­doxe de Simp­son.

    Le para­doxe de Simp­son c’est profi­ter d’un décou­page des échan­tillons pour détour­ner le résul­tat d’un vote.

    Un petit exemple graphique vaut mille discours. On part donc d’un terri­toire avec 37 votants, 16 bleus et 19 rouges, répar­tis sans dispro­por­tion exces­sive.

    Forcé­ment, sur une élec­tion on se dit que les rouges vont gagner, non ?

    Avec une élec­tion pure­ment propor­tion­nelle sur tout le terri­toire, ce serait le cas. Imagi­nons qu’on veuille dési­gner une assem­blée de plusieurs élus. Pour qu’elle repré­sente à la fois les élec­teurs et les régions des élec­teurs, on choi­sit de décou­per le terri­toire en 3 régions et d’élire un repré­sen­tant par région.

    Imagi­nez que c’est un parti­san des bleus qui fasse le décou­page. Que croyez-vous qu’il puisse arri­ver ?

    Oui, 2 régions aux bleus, une région aux rouge.

    Si l’as­sem­blée fonc­tionne elle-même à la propor­tion­nelle, les bleus ont le pouvoir de tout déci­der seuls alors qu’ils sont théo­rique­ment mino­ri­taire.

    Déran­geant n’est-ce pas ? Et pour­tant, ce mode d’élec­tion ne vous rappelle-t-il rien ?

    Un autre arran­ge­ment aurait pu attri­buer la tota­lité des repré­sen­tants aux rouges, lais­sant les bleus sans aucun repré­sen­tant.

    La seule diffé­rence tient à qui fait le décou­page.

    Ne croyez pas que les exemples soient gros­siers et tirés par les cheveux. Nos circons­crip­tions élec­to­rales sont bien plus tordues que mes simples lignes droites, et leur compo­si­tion bien moins homo­gène que mon exemple.

    Un système à deux tours ouvre encore plus de possi­bi­li­tés de mani­pu­la­tion. Si ça vous amuse vous pouvez mettre des rouges clairs et rouges foncés, des bleus clairs et bleus foncés pour repré­sen­ter les divi­sions au sein de chaque couleur. Clairs et foncés vote­ront chacun pour eux au premier tour mais se rassem­ble­ront au second tour.

    Au final c’est juste un jeu savant à base d’énormes grilles de chiffres mais qui peut se biai­ser bien plus forte­ment que mon simple exemple ne le laisse croire.

    Évidem­ment chaque redé­cou­page sera publique­ment motivé par des ques­tions démo­gra­phiques, des ques­tions de repré­sen­ta­tion de terri­toire, des équi­libre ville/campagne, etc. En réalité les critères, leur pondé­ra­tion et la façon dont on les prend en compte reste­ront guidé par nos tableaux de chiffres et le para­doxe de Simp­son.

    Au mieux on peut avoir des accords entre les plus grandes forces en présence en fonc­tion de leur propre poids dans le bras de fer du moment et de leurs espoirs pour le futur.


    TL;DR: Le décou­page élec­to­ral ne fait que révé­ler le choix de celui qui découpe. Le système majo­ri­taire à deux tours ne fait que lui faci­li­ter le travail.

  • Une dicta­ture ?

    Dans la suite je ne réduis pas ce terme à un modèle de type Corée du nord. Pour réflé­chir je reviens à la source, et aux défi­ni­tions de diction­naire :

    Régime poli­tique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint qui en use de manière discré­tion­naire

    TLFi, via le CNRTL

    La France sépare ses pouvoirs. En cela personne ne détient le pouvoir au sens de pouvoir absolu.

    Pour autant, nous n’en sommes pas si loin à cause de délé­ga­tion à plusieurs niveaux.

    Niveau 1 : Au sein de chaque circons­crip­tion, le candi­dat gagnant a en géné­ral 30 à 40% des votes au premier tour. Ces 40% de votants sont ceux qui auront le pouvoir, à eux seuls.

    Niveau 2 : Ces dépu­tés votent à la majo­rité au sein de l’As­sem­blée natio­nale. La majo­rité ne tient pas forcé­ment à grand chose. Mettons qu’elle repré­sente 60% de l’as­sem­blée, le pouvoir est donc au main de 60% des 40% des votants.

    Niveau 3 : Tous les dépu­tés ne votent pas à chaque fois. L’as­sem­blée est rare­ment remplie. Nous avons en réalité une mino­rité des 60% des 40% des votants qui décide réel­le­ment.

    Ce sont des accords tacites en amont mais ça fonc­tionne aussi parce qu’il y a des votes par groupes. La disci­pline y est forte. Mettons le cas idéal où le groupe fonc­tionne lui-même à la majo­rité, la déci­sion revient à la majo­rité de 60% de 40% des votants.

    Niveau 4 : La réalité est plus complexe. Le groupe est en réalité très dirigé par le parti et le gouver­ne­ment. Avec la coor­di­na­tion des élec­tions prési­den­tielles et légis­la­tives, le président est faci­le­ment celui qui contrôle l’exé­cu­tif, le parti, et plus ou moins indi­rec­te­ment qui décide de ce que doit voter le groupe majo­ri­taire.

    Dès lors, une personne ou un groupe restreint de personnes dirige la majo­rité de 60% de 40% des votants. Ce même groupe dirige aussi tout l’exé­cu­tif.


    On ne contrôle pas le judi­ciaire, mais peut-on dire tout de même que le pouvoir est entre les mains d’un groupe restreint ?

    Reste le qui en use de manière discré­tion­naire. Nous avons une consti­tu­tion. Ce n’est pas rien, je ne l’ou­blie pas, mais ça laisse encore une marge de manœuvre très très large.

    Est-ce que ça corres­pond assez pour parler de dicta­ture ? (*)

    Je ne sais pas, mais on s’en approche proba­ble­ment assez pour éviter de trop faire les malins et se conten­ter de dire « nous ne sommes pas la Corée du nord » (ce qui est vrai)

  • Choix d’en­ga­ge­ment

    J’ai pris un peu de recul sur mes orien­ta­tions poli­tiques histoire de voir où et comment m’im­pliquer. Je suis arrivé avec quelques critères (donnés ici dans le désordre) :

    • Recherche une société meilleure, quitte à remettre en cause l’exis­tant et le passé
    • Écolo­gie et urgence clima­tique
    • Société soli­daire, basée sur du collec­tif et des communs
    • Fortes liber­tés civiles, droits de l’hu­main, liberté d’ex­pres­sion et vie privée
    • Idéal démo­cra­tique avec une vision pour nos insti­tu­tions
    • Euro­péen à tendance fédé­ra­liste, univer­sa­liste dans ses valeurs
    • Recherche de justice sociale et partage des richesses
    • Modèle de société qui revoit le rapport au travail, à l’éco­no­mie et à la produc­tion
    • N’ex­clut pas les choix poli­tiques forts ou radi­caux bases sur des opinions, mais ne contre­dit pas la science, les faits, le ration­nel et le prag­ma­tique

    Oui, j’en demande beau­coup.

    Typique­ment pour moi ça exclut proba­ble­ment une majeure partie des collec­tifs qu’on quali­fie­rait « de droite » en France : L’éco­no­mie, la souve­rai­neté, la liberté indi­vi­duelle, l’ordre, et la défense du système actuel y priment en géné­ral sur les critères que j’ai listé plus haut. Ce ne sont aussi pas eux qui vont remettre en cause le système.

    Mon dernier point m’em­pêche très nette­ment d’en­vi­sa­ger EELV, au moins tant qu’ils restent dans des actes entre deux chaises vis à vis des vaccins, du nucléaire, et ce genre de choses.

    Le PS j’ai trop de défiance après l’avoir vu amener Valls, suivre les tenants de l’ordre et renon­cer à tout ce pourquoi je vote­rai pour eux. Je retiens le mariage pour tous, c’est énorme, mais d’autres à gauche avaient ce même projet. Ça ne suffit pas à contre­ba­lan­cer.

    LFI je n’ac­croche pas à la vision popu­liste et natio­na­liste. La base mili­tante est très diverse, amal­ga­mant tous ceux qui en ont marre, allant parfois sur le brun. Le chef est lui a tendance auto­cra­tique et mégalo. Ça fait trop et j’ai même peur de ce qu’il se passe­rait s’ils arrivent au pouvoir avant d’avoir fait le ménage. C’est un no go indé­pen­dam­ment de ce que je pense du programme.

    J’ai beau­coup d’af­fi­ni­tés avec Géné­ra­tion-s, notam­ment parce que Benoît Hamon ose avan­cer sérieu­se­ment sur la ques­tion du travail et du revenu de base, mais pas que. Ils parlent social, société, communs, démo­cra­tie, etc.

    Malheu­reu­se­ment ils ont des posi­tions offi­cielles très marquées sur la fin du nucléaire. Pour­tant, s’il y a un seul enjeu sur notre géné­ra­tion, c’est le climat. Et là, honnê­te­ment, je n’ai vu aucun scéna­rio crédible qui permette de se passer du nucléaire. L’ur­gence est de construire, pas détruire.

    On m’a proposé Place Publique, mais le site ne présente que de très vagues valeurs, qui pour­raient être dites par une majo­rité des partis français. Avec trop d’af­fi­ni­tés au PS et pas de vrai programme concret, je passe mon tour.

    Nouvelle Donne… Le programme a des valeurs proches des miennes des idées inté­res­santes, quelques trous (toujours rien, ni pour ni contre ni analyse, à propos du nucléaire ? Vrai­ment ?) mais.. j’ai déjà donné. Il paraît que ça s’est amélioré sur certains points qui posaient problème en interne mais il n’en sort toujours pas grand chose à part des alliances à chaque élec­tion. C’est d’ailleurs peut être ça le problème. Je ne veux pas d’un parti qui soit un moyen pour les têtes d’af­fiches d’ob­te­nir un mandat aux élec­tions. Les élec­tions c’est le moyen, pas le but.

    Du coup j’ai fait un tour ailleurs.

    J’avais un souve­nir du Parti Pirate quasi­ment unique­ment orienté culture, réseaux et liber­tés civiles, ainsi qu’une conno­ta­tion très « libe­ra­tienne et liber­tés indi­vi­duelles » que je ne partage à priori pas.

    Peut-être que ça a changé, peut être que mes souve­nirs ou préju­gés étaient faux. Toujours est-il que j’y ai trouvé des posi­tions pas si éloi­gnées de ce que je cherche avec mes critères.

    C’est en construc­tion. Il me manque beau­coup de prises de posi­tion, notam­ment sur la partie « Société soli­daire, basée sur du collec­tif et des communs ». J’ai toujours peur que la tendance libe­ra­tienne puisse s’y retrou­ver et donc faire partie du bateau. Pour autant, si j’au­rais parfois pris d’autres choix, rien de ce que j’ai vu ne m’a fait sauter au plafond ou même gêné.

    Ma vraie rete­nue à plutôt été sur la capa­cité de l’as­so­cia­tion à avoir un vrai impact. J’étais prêt à faire de gros compro­mis pour avan­cer avec une struc­ture qui a un vrai impact… mais pas rien.

    Avec un peu de recul, si on ne se limite pas à la France, le Parti Pirate a eu et à encore un impact. Le fait que ce ne soit pas un parti avec un leader tête d’af­fiche laisse aussi penser qu’on pourra imagi­ner des choses diffé­rentes. La taille peut sur ce point aussi être un avan­tage.

    Bref, me voilà parti avec le Parti Pirate pour tenter l’aven­ture.

  • Le passé c’est le passé

    Le passé c’est le passé darling, ça para­site le présent !

    Edna Mode, Les indes­truc­tibles

    Si vous saviez combien elle est impor­tante pour moi profes­sion­nel­le­ment cette maxi­me… Edna je t’adore.


    Sans cette règle, impos­sible de se mettre à nu, de parler de ses erreurs, de deman­der de l’aide, d’oser échouer. Comment espé­rer résoudre les problèmes et s’amé­lio­rer si chaque erreur sera rete­nue contre nous pour l’éva­lua­tion annuelle, pour la prime, pour le futur poste, ou si simple­ment on se fait passer un savon ?

    Le passé c’est le passé darling. Occu­pons nous du présent. Peu importe les erreurs, les respon­sables et mêmes les consé­quences. Ce qui importe c’est ce qu’on fait main­te­nant et comment on influence l’ave­nir : Répa­rer les erreurs, obte­nir de l’aide, progres­ser, mettre en œuvre ce qui permet­tra d’évi­ter de futures occur­rences à l’ave­nir.

    Juger, râler, reti­rer des respon­sa­bi­li­tés, ne pas donner une prime ou une augmen­ta­tion, c’est inci­ter à ne pas parler. On s’oc­cupe du passé, on para­site le présent et on ne résout rien pour l’ave­nir.


    Cette règle c’est aussi un fonde­ment très fort de ma vision de l’agi­lité.

    On est en retard, les esti­ma­tions étaient mauvaises, on a pris le mauvais chemin et on a fait explosé la dead­line. Quelle impor­tance ?

    Le passé c’est le passé. On ne pourra de toutes façons pas reve­nir en arrière. L’im­por­tant c’est regar­der le plan qu’on peut construire à partir d’aujourd’­hui, avec la situa­tion d’aujourd’­hui, même si ce n’est pas celle qu’on avait voulu.

    Peu importe le rythme, on se pose et on rééva­lue. Le plan­ning passé n’est d’au­cune impor­tance, savoir si on a réussi l’objec­tif non plus. Tout ça ne fait que para­si­ter le présent darling.


    Quand je tombe sur des mana­gers qui sont dans le contrôle et le reproche, on me regarde avec de grands yeux. « Je ne peux quand même pas lais­ser passer ! », « À eux de rattra­per main­te­nant ! »

    Para­si­tage contre-produc­tif du présent. Si les colla­bo­ra­teurs ne sont pas impliqués et ne cherchent pas à faire de leur mieux pour atteindre la réus­site, on a de toutes façons un problème majeur. Râler ou mettre la pres­sion ne fonc­tion­nera pas, ou mal et pas long­temps.

    On ne peut pas travailler avec des gens qui ne cherchent pas à bien faire. On ne peut pas non plus travailler avec celui qui pense que vous ne cher­chez pas à bien faire. Au diable les objec­tifs et les erreurs. Alerte rouge ! C’est l’équipe ou sa direc­tion qu’il faut corri­ger ou déman­te­ler immé­dia­te­ment, toutes affaires cessantes. Le reste ne compte pas.

    Et si tout le monde cherche à avan­cer, alors peu importe le passé. Il ne nous sert qu’à apprendre pour gérer le présent. La ques­tion n’est pas le respon­sable mais comment on peut éviter de recom­men­cer. La ques­tion n’est pas de comp­ter les échecs mais de comment on peut réus­sir.


    Pitié, arrê­tez le mana­ge­ment par la sanc­tion et par la peur, même si ça ne se traduit que par le juge­ment d’un histo­rique d’in­di­ca­teurs au rouge.

    Le passé c’est le passé darling, ça para­site le présent.

    Honnê­te­ment ce n’est pas une posture facile. Ça demande des efforts et le retour des mauvaises habi­tudes est fréquent au début, mais ça apporte telle­ment de séré­nité et d’ef­fi­ca­cité une fois que le collec­tif est sur cette même longueur d’on­de…

  • Critères pour les entre­prises tech

    Je me souviens qu’il y a quelques années on m’a parlé du Joel Test pour quali­fier une entre­prise tech qui recrute des ingé­nieurs. En rédi­geant ce billet on m’a donné aussi le lien vers une grille de compé­tences pour les entre­prises tech.

    C’est inté­res­sant mais je me rends compte que je m’at­tache beau­coup plus aux valeurs et à l’or­ga­ni­sa­tion géné­rale. Le reste en découle, ou pourra être changé si les critères de plus haut niveau sont au vert. Inver­se­ment, je ne me senti­rai pas bien sans ces critères de haut niveau même si les outils tech­niques sont bons.

    J’ai tenté, la liste va bouger, mais voici 10 de mes critères prin­ci­paux pour juger d’une entre­prise qui recrute des tech :


    1. Le meilleur maté­riel et les meilleurs logi­ciels qui me sont utiles pour mon travail. Ça repré­sente proba­ble­ment au moins dans les 200 € mensuels en abon­ne­ments et amor­tis­se­ments, et une auto­no­mie budgé­taire locale jusqu’à un certain niveau.

    2. Des locaux qui permettent de travailler effi­ca­ce­ment. On parle de liai­sons de trans­port en commun, d’abris fermés pour les vélos, de capa­cité à y manger et de commerces autour.
    Évidem­ment ça veut dire des bureaux de taille raison­nable, non inuti­le­ment bruyants, qui ne mélangent pas des équipes diffé­rentes, des projets diffé­rents, des gens qui ne travaillent pas « ensemble sur la même chose là main­te­nant ».
    Ajou­tez-y des espaces de repos, ainsi que des pièces supplé­men­taires en nombre suffi­sant pour des réunions ad hoc, des visio ou coups de télé­phone impromp­tus, et des discus­sions à deux ou trois.
    Pour ceux qui sont en télé­tra­vail choisi c’est forcé­ment déjà à moitié rempli mais vous pouvez ajou­ter le fait que l’em­ployeur vous aide à avoir de bonnes condi­tions (chaise, casque anti-bruit, indem­ni­sa­tion correcte du coût d’une pièce dédiée, possi­bi­lité d’al­ler dans un espace de co-working adapté, rencontres fréquentes avec les collègues, temps possibles pour discu­ter, etc.).

    3. Du temps et des moyens de forma­tion conti­nue, même dans les années « avec des objec­tifs de produc­tion impor­tants » (spoi­ler: on est toujours dans ces années là, je n’ai jamais connu d’an­née où la direc­tion dise « cette année on va pouvoir se repo­ser un peu »). Ça veut dire une culture qui promeut la veille tech­nique, la présence aux confé­rences tech­niques, voire des forma­tions externes de temps en temps, le tout sur au moins 5 % du temps en moyenne.
    Plus globa­le­ment, l’or­ga­ni­sa­tion tient à faire progres­ser les gens dans leur propre plan de carrière.

    4. Une orga­ni­sa­tion du travail flexible avec une large dose de confiance et d’au­to­no­mie tant que les résul­tats sont là et que ça reste compa­tible avec le collec­tif, notam­ment sur les horaires, le télé­tra­vail ou la prise de congés. Il y a des métiers dont le résul­tat est essen­tiel­le­ment dépen­dant du temps de présence. Ce n’est pas le cas de la plupart des travaux intel­lec­tuels, et pas le cas du mien.

    5. Une chaîne de mana­ge­ment dédiée à donner les moyens, appor­ter de l’aide, et globa­le­ment mettre en capa­cité plutôt que pour déci­der, faire exécu­ter et contrô­ler.
    Ce n’est pas qu’une ques­tion de confiance, c’est une façon de penser les rôles de chacun. Si vous avez l’im­pres­sion que les condi­tions et l’écoute sont propor­tion­nels au niveau hiérar­chique, on n’y est proba­ble­ment pas.

    6. Des équipes auto­nomes sur leurs objec­tifs, leurs orga­ni­sa­tions, l’uti­li­sa­tion de leur budget, mais aussi leurs choix tech­niques, leur stra­té­gie produit, et globa­le­ment quoi faire quand et comment. Des respon­sables plus que des exécu­tants.

    7. Une grille de rému­né­ra­tion trans­pa­rente, qui permet de savoir comment on se posi­tionne par rapport aux autres, quels sont les écarts entre les diffé­rents rôles, exper­tises et expé­riences.

    8. Des valeurs qui font passer l’hu­main en prio­rité avant le reste. Ce critère ne doit pas s’ef­­fa­­cer lors des périodes diffi­­ciles, c’est juste­­ment quand il y a tension et besoin de faire des choix tous mauvais qu’on voit ce qui compte vrai­ment. Ça se voit au niveau des arbi­trages, des prio­ri­tés, et à la sécu­rité psycho­lo­gique des employés.

    9. Une recherche d’éthique et d’im­pact social posi­tif. Pas de « c’est le busi­ness ». Refu­ser d’être toxique ou néga­tif pour les clients, pour les four­nis­seurs, pour les sala­riés, et globa­le­ment aussi pour le reste de la société. Ça passe aussi par des stan­dards moraux plus indi­vi­duels de ne pas trom­per, pas mentir, pas cacher, pas faire de mal, faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait, que ce soit en interne ou en externe. Enfin, ça passe par une atten­tion parti­cu­lière à l’in­clu­sion de chacun, dont une réflexion sur les mino­ri­tés et les biais sociaux.
    Les valeurs et les prio­ri­tés se mesurent là aussi parti­cu­liè­re­ment quand faire le bien « coûte » quelque chose et que le choix ne va pas de soi.

    10. Une vision de l’agi­lité qui passe par une façon d’abor­der les choses plus que les rituels et l’ap­pli­ca­tion d’une méthode. Réflé­chir à la prochaine étape réaliste à partir de la situa­tion actuelle plutôt que de savoir où on en est par rapport au plan prévu.

    11. Être fier·e ou enthou­siaste de où on travaille, à quoi on travaille collec­ti­ve­ment, comment on y travaille, et avec qui. Le critère est forcé­ment subjec­tif mais l’idée est de placer la barre haute, notam­ment en termes d’uti­lité sociale.


    J’ai tenté de noter mes postes précé­dents avec cette grille de 0 à 33, en attri­buant de 0 (il y a peut être des choses mais c’est vrai­ment insuf­fi­sant) à 3 (pas forcé­ment parfait mais il n’y a globa­le­ment rien à redire). Volon­tai­re­ment il n’y a pas de case « neutre », pour forcer à choi­sir quand même.

    Ce n’est pas toujours ce qu’on croit qui arrive en premier. L’es­sen­tiel arrive entre 15 et 20. Les hauts scores ne sont pas toujours où on les attend. Souvent le score à la dernière ques­tion masque une forte pauvreté à d’autres, et rétros­pec­ti­ve­ment c’est même justi­fié ainsi dans les discours.

    J’y suis resté trop peu de temps donc peut-être que je n’ai pas eu le temps de crever quelques illu­sions mais l’OCTO d’il y a 10 ans s’en sort parti­cu­liè­re­ment bien.

    Retour sur le passé, cette grille montre aussi très bien ce que j’ai mal vécu dans la start-up que j’ai cofondé. Avoir un rôle de direc­tion n’a aucun sens si on n’a aucune liberté d’ac­tion sur l’or­ga­ni­sa­tion, et c’est encore pire quand en plus il y a conflit de valeurs.

    Note : Mes notes sont forcé­ment liées à mon contexte person­nel (donc mon propre enca­dre­ment, mes liber­tés). Il ne s’agit pas de juge­ments abso­lus sur les socié­tés elles-mêmes, et j’es­père par exemple que j’ai contri­bué à donner de meilleures condi­tions aux personnes que j’ai moi-même enca­drées.

    Et vous ? Tentez l’exer­cice. Où situez-vous votre entre­prise actuelle et les précé­dentes ? Je vous ai fait un petit formu­laire par curio­sité pour les résul­tats.