Consentement et pression

Ce billet est privé parce que je ne veux pas lancer un débat qui brouille un message général que soutiens, et qui soit utilisé pour soutenir des thèses ou des gens qui luttent en sens contraire du mien.

Il est aussi le reflet de questionnements qui ne pas aboutis, et vous êtes plus que bienvenu·es à m’aider à me forger une opinion plus éclairée.


Il devient admis que le consentement est vicié quand il est donné sous pression. C’est une bonne avancée dans les mentalités. Je ne renie rien de tout ça.

J’ai par contre un truc qui me titille.

J’ai le choix de travailler ou non mais je sais aussi que si je ne le fais pas, je vais perdre mon logement et avoir des difficultés majeures pour vivre dignement au jour le jour. J’ai le choix de ne pas faire les tâches quotidiennes de la maison mais je sais que je vais voir partir ma femme ou qu’on risque de placer mon fils en accueil. J’ai le choix de ne pas respecter des obligations sociales ou normes sociales mais j’en paierai le prix à chaque fois.

Parfois je suis prêt à payer le prix de mon choix, souvent non. L’essentiel de ce que je fais dans la vie de tous les jours me semble soumis à pression ou à contrainte, souvent de façon majeure.

Je ne sais pas si un quelconque consentement, quel que soit le sujet, peut vraiment se dire étranger à toute pression.


Où est le curseur ? Quand est-ce que la pression devient illégitime au point de vicier le consentement ?

Pour parler concret, j’ai du mal à relier l’affirmation claire et univoque des conclusions de l’enquête NousToutes avec les questions auxquelles les personnes ont répondu.

Si le conjoint vit mal l’absence ou le faible nombre de relations intimes, qu’il n’en dit rien mais que ça se voit, que ça se ressent. Il peut y avoir une pression ressentie. Est-ce que la personne répond « j’ai déjà eu des relations sexuelles à cause de pression » ? Est-ce que ça implique une conclusion sur la proportion de femmes ayant subi un viol du fait de pressions ?

Même situation mais le couple est sain et parle. Le conjoint exprime donc explicitement son malaise. La pression ressentie peut là aussi être forte. Cela peut-il plus facilement être vécu ou ressenti comme une pression ? Cela implique-t-il un viol ?

Même situation mais le conjoint le vit assez mal pour envisager de ne pas s’engager à vie sur cette base. Le couple est sain, le sujet est abordé explicitement. La pression est telle que ça peut être ressenti comme un chantage quand bien même ce n’est pas ce qui est exprimé. Est-ce une pression ? Qu’en est-il des notions de consentement et de viol ?


Bien évidemment, toutes les situations ne se résument pas à ça. Qu’on relie la pression, le consentement et le viol est évidemment une grande avancée.

Je regrette juste que des conclusions très fortes soient prises à partir de questions qui peuvent avoir bien des interprétations. J’aurais aimé que l’enquête ne soit pas qu’une façon d’amener des chiffres frappant à partir de donnés qui peuvent être interprétés bien autrement.

J’aurais aimé que qu’on précise ce qui est entendu par « pression ». J’aurais aimé qu’on s’assure que tout ce qui peut être compris comme tel relève bien de la conclusion de viol. Et si on pense que c’est le cas, qu’on ne l’explicite pas qu’avec des exemple qui sembleront évidents à tous mais aussi avec ceux qui vont générer du débat.