Quel que soit l’application ou le document, quelle que soit la taille initiale, un des premiers retours fonctionnels sera « le logo n’est pas assez gros » et il sera mis en haut des listes d’importance.
Auteur/autrice : Éric
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Loi du logos magnus
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Démocratie tirée au sort
Démocratie, littéralement « le peuple au pouvoir ». Qui diable a instauré l’idée que le tirage au sort serait une procédure démocratique ?
Lors d’un tirage au sort le peuple dans son ensemble, ne décide de rien, n’influe sur rien, ne choisit même rien. Il n’a aucun pouvoir, ni avant, ni pendant, ni après le mandat.
La procédure du tirage au sort est équitable dans le sens que tout le monde a la même chance d’être nommé, mais elle n’est en rien démocratique, pas plus que ne l’est une monarchie. Dans le premier cas c’est le hasard qui décide, dans le second cas c’est Dieu (ou le hasard de la naissance pour ceux qui n’y croient pas) : la différence est tenue.
Si nos démocraties représentatives représentent déjà un fort compromis, le tirage au sort est lui à l’opposé total du terme.
Qu’on ne se méprenne pas : Le tirage au sort est une très bonne procédure en soi. Il est très utile par exemple pour les assemblées où il est requis de n’avoir aucune position préalable, voire aucune compétence particulière. L’élection des jurés d’assise par tirage au sort est très adaptée. L’élection d’une assemblée constituante peut l’être aussi si l’objectif n’est que la production d’un travail préalable, qui sera ensuite discuté par le peuple à qui reviendra la décision finale.
Mais le tirage au sort pour décider au nom d’une collectivité ? représenter le peuple lors des décisions politiques ? quelle idée ! Même une très mauvaise élection avec un choix limité et une opposition muselée donne un pouvoir plus grand au peuple. Le résultat n’en sera pas meilleur, mais au moins cette élection tronquée pourrait se réclamer d’une parcelle du terme démocratie que le tirage au sort n’aura jamais.
Même la représentativité, qui intuitivement semble parfaite, sera une catastrophe à défaut d’un corpus élu suffisant pour limiter les aléas : On reconnait un tirage vraiment aléatoire au fait qu’il n’a justement que très peu de chances d’être représentatif de l’ensemble de départ.
Le système politique actuel a fini par en dégouter plus d’un, mais de là à imaginer le tirage au sort comme l’apogée de la démocratie, nous sommes arrivés bien bas.
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Vote blanc = chèque en blanc
Encore un appel au vote blanc. Ne vous laissez pas leurrer : Ce n’est pas vote blanc ou chèque en blanc, c’est vote blanc *et* chèque en blanc.
Appeler au vote blanc c’est vous appeler à ne pas choisir, à justement laisser les autres diriger et leur faire un chèque en blanc. Et ne croyez pas que la blancheur de votre vote soulagera le montant qui sera finalement inscrit sur le chèque en question.
Personne ne vous représente ? Tous mauvais ? Tous pourris ? Vous ne cautionnez pas ? Vous ne croyez pas en la représentativité en démocratie ? Vous rejetez le système ?
Peu importe, ce n’est pas la question. Indépendamment de tous vos sentiments, une liste de personnes dirigera votre commune demain. Vous pouvez aider à ce qu’elle soit la meilleure possible – ou la moins mauvaise, suivant votre vision.
Vous pouvez aussi laisser les autres choisir, mais à priori ceux qui choisiront n’ont pas forcément votre façon de voir. Vous ne faites que leur laisser un chèque en blanc et ils risquent d’élire un conseil qui vous correspond encore moins que prévu.
Et ne croyez pas ceux qui vous disent qu’un décompte des votes blancs ou qu’une forte proportion de votes blanc changera quoi que ce soit. L’abstention grimpe chaque année un peu plus pour atteindre des sommets. Ça n’a jamais changé quoi que ce soit dans le bon sens :
Le nombre de vaches qui regardent passer les trains sans bouger n’a jamais changé la destination des dits trains.
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Baisse du chômage, mais baisse de l’emploi
La baisse (très légère) des chiffres du chômage est un dangereux trompe l’oeil. Tout le monde commence à connaitre le premier biais : Le chiffre surveillé baisse, mais le nombre d’inscrits totaux au Pôle Emploi continue d’augmenter.
En fait c’est encore pire : Le taux d’emploi – population avec un emploi par rapport à la population en âge de travailler – est stable. Le taux d’activité – population active, avec emploi ou au chômage, sur la population en âge de travailler – est lui en baisse.
Ce que ça veut dire c’est que non seulement l’emploi n’augmente pas, mais les gens abandonnent, et quittent la catégorie des actifs, ou des étudiants qui rallongent leurs études faute de confiance et de débouchés.
Au final le résultat est le même, malgré la jolie courbe qui semble s’améliorer, la proportion de citoyens avec un emploi s’amenuise avec le temps alors que la population générale augmente. À un moment ça va craquer, et d’ailleurs ça craque déjà.
Deux solutions : Mieux répartir le travail, et descendre à 32 heures, et pourquoi pas au-delà un jour. Ou oser se détacher de l’emploi comme valeur sociale et instaurer un revenu d’existence. Dans les deux cas il va falloir imaginer les solutions et arrêter de croire qu’on résout tout en améliorant la formation ou en incitant les gens à travailler plus.
Deux liens :
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Reprendre la main sur notre monde politique
Je vois tellement de gens résignés par la politique… des gens qui semblent pourtant se sentir concernés par leur prochain. Comment en est on arrivés là ?
Ce doit être horrible de vivre en se disant qu’on ne peut rien y faire, alors qu’il a fallu des siècles pour permettre nos démocraties. Elles sont encore imparfaites, et c’est un faible mot, mais elles ne seront jamais meilleures que l’investissement qu’on y met.
D’autres avant nous avaient toutes les raisons d’être résignés et d’avoir l’impression d’être impuissants. Nous avons tant d’outils et de possibilités de plus qu’eux. Ne jouons pas les enfants gâtés parce que c’est difficile
Ça me fait d’autant plus mal que d’autres peuples se battent en ce moment pour ce que nous dédaignons parce que ça demande un peu d’efforts.
Même avec l’impression d’impuissance : n’abandonnons pas, ni pour nous ni pour les suivants. J’ai un enfant, quel monde lui laisse-je si laisse la démocratie à l’abandon simplement parce ce que ça demande des efforts ?
Ne nous laissons pas avoir par les débats sur les représentants politiques pourris, non représentatifs, sur la non prise en compte du vote blanc et toutes ces excuses. Tout ça n’a d’importance que parce que nous laissons faire.
Personne n’a dit que c’était facile, que ça se ferait en un jour, mais les choses ne peuvent changer que si nous les reprenons en main, si nous ne déclarons pas forfait et que nous n’y investissons pas un minimum de nous-mêmes.
Nous avons un peu de démocratie, nous ne la perdrons que si nous ne l’utilisons pas.
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Quelques conseils de CV
Quelques conseils qui n’engagent que moi après quelques tours dans des CV cette semaine :
Jeunes diplômés :
- Ne précisez pas votre mention si vous n’avez pas au moins obtenu « bien », voire « très bien ». Ne mentionnez pas de classement si vous n’êtes pas dans les tout premiers.
- Continuez à détailler vos projets scolaires et stages, mais précisez très explicitement quand ils appartiennent à cette catégorie. C’est très négatif quand on s’en rend compte après coup au niveau des dates. Si ça ressemble à de vrais travaux au niveau organisation, précisez le, avec la taille de l’équipe, l’organisation, le résultat…
- L’inventaire de toutes les technos que vous avez touché de près ou de loin est de faible valeur ajoutée. Hiérarchisez et mettez en avant celles que vous souhaitez développer ou celles pour lesquelles vous êtes significativement au dessus du lot. Au pire montrez que vous avez compris l’annonce à laquelle vous répondez et mettez en avant les mêmes technos.
- Trouvez ce qui vous différencie de vos collègues de promotion et mettez le en avant. C’est quasiment uniquement là dessus que se fera la sélection.
- Il peut être intéressant de montrer que vous avez un parcours professionnel ouvrier ou manutentionnaire, mais pas la peine de détailler les nombreuses expériences, voire de mettre une explication complète pour chaque. Si vous avez des expériences significatives propre à votre métier, vous pouvez ne pas perdre de place avec celles qui sont hors cadre.
- Mettez des liens vers tout : école, projets, associations, entreprises…
- Si vous avez des recommandations de professeurs ou maitres de stage, c’est fondamental de le préciser quelque part.
- Informatique : Précisez vos affinités, vos envies, les projets open source qu’eventuellement vous avez rejoint (même si c’est uniquement pour la documentation), un blog technique, etc.
Et pour tous :
- Dans une expérience, précisez toujours la taille de l’équipe, votre rôle exact, les enjeux spécifiques, difficultés, réussites
- Ne cherchez pas à être exhaustif : Détaillez ce qui doit l’être parce que c’est intéressant pour le recruteur, le reste nécessite tout juste une ligne. Vous avez plein d’expériences ? mettez les deux dernières et peut être une ou deux très significatives, pas plus.
- Vous avez de l’expérience professionnelle ? ne vous étendez pas trop sur votre parcours étudiant ou vos diplômes, ne remontez pas jusqu’au BAC, même si vous avez une très bonne mention. Votre parcours ensuite est bien plus représentatif.
- Détaillez tout ce que vous faites hors ou en plus de l’école : Associations, auto-formation, projets personnels… même si ce n’est pas dans votre branche professionnelle.
- Inversement : Le fait que vous amiez sortir entre amis, aller au cinéma, voyager, le sport… n’est que de peu d’utilité si vous n’avez pas développé quelque chose de significatif ou transformé ça à un moment où un autre en vrai projet (genre « balade en sac à dos sur les routes de Chine » ça oui)
- Je crois que je suis un cas à part mais : Je me moque de votre photo (surtout si elle est de mauvaise qualité), de votre date de naissance, de la présence d’un permis B
- Le CV c’est bien, mais un court texte qui décrit ce que vous souhaitez faire, pourquoi, ce qui vous intéresse chez le recruteur, et globalement ce qui vous différencie d’un autre et montrer que vous avez compris l’annonce : c’est surtout ça l’important.
Rien de tout cela n’est grave, pas même les fautes de français, mais il faut faire des choix sur les personnes qu’on rencontre. La différence se fait forcément entre ceux qui ont su mettre en avant ce qui semble pertinent et ceux qui l’ont noyé ou mal formulé au point que ça n’attire pas au final.
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The startup freelancer
Partage de lecture:
I decided to stop doing the office job thing and started doing exactly what I want with my time, seven days a week.
[…]
I’m also a freelance programmer. I help early stage startups get their MVPs out the door. That means I get involved when the first server needs to be set up, the first database installed, the first repo created and the first line of code hastily banged out. There’s something about those first moments of a startup’s existence that is hard to reproduce – the thrill of a newborn idea coupled with the urgency of the penniless.
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Lobbying pour la redevance de copie privée
Vous achetez un CD vierge pour vos sauvegardes, une carte mémoire pour votre appareil photo ou votre GPS, un smartphone, un PC, une tablette tactile, … : Vous payez une redevance, non négligeable, au titre de la copie privée.
De cette redevance 25% sont affectés aux sociétés de gestion collectives pour financer la création, la diffusion du spectacle vivant ou des actions de formation des artistes, et par extension des actions de défense, de promotion et d’information engagées dans l’intérêt des créateurs et de leurs œuvres.
La publication de PCInpact n’est pas récente mais il est intéressant de regarder le bas de la seconde page :
leurs actions auprès des pouvoirs publics en France, mais aussi au niveau européen, puisqu’ils interviennent directement auprès du Parlement européen, voire de la Commission. Par contre, je n’ai pas le chiffrage précis de toutes ces actions, car les comptes du SNEP sont présentés par nature de frais et non par destination, ce qui est la règle comptable en vigueur dans les syndicats professionnels
Donc quand vous payez votre redevance sur la copie privée, une partie des 25% est directement et officiellement affectée à des opérations de lobbying auprès des pouvoirs publics français et européens pour durcir le périmètre des droits d’auteurs, et probablement défendre voire renforcer cette même redevance sur la copie privée.
C’est juste magique comme montage, et proprement honteux.
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Petit calcul sur 50 milliards
Le salaire moyen en France est de 2410 euros mensuels bruts d’après l’INSEE, soit 28920 euros annuels (ne lancez pas un scud à votre département RH tout de suite pas : on parle du salaire moyen, le salaire médian est lui bien en dessous, dans les 1700 € par mois).
On peut y ajouter les charges patronales (je prends 40%, en sachant que ça fait moins, surtout si on parle de les diminuer), de l’espace au sol, un bureau, des fournitures, et du temps de gestion (faire la paie, le management, etc.). À vue de nez on peut tabler sur un coût vraiment-tout-compris de 50 000 euros par personne et par an.
Avec 50 milliards sur trois ans, disons 15 milliards par an, on finance donc à vue de nez 300 000 emplois au salaire moyen (qui vous l’admettrez n’est quand même pas super bas). C’est à peu près l’estimation du MEDEF, sur laquelle ils ne s’engagent pas.
Sauf que… cette équation considère que les emplois sont uniquement source de coûts, qu’ils ne produise rien, ne rapportent rien, ce qui est juste inimaginable.
Avec ce pacte de responsabilité, on supprime des prestations sociales (les charges retirées, se sont des cotisations pour la famille, la santé, …) pour offrir des emplois gratuits aux entreprises, qui bien sûr empocheront le résultat produit au niveau des actionnaires, accélérant le déséquilibre croissant entre capital et travail.
Bien entendu ceci est le scénario positif. Comme le MEDEF ne souhaite pas s’engager formellement, il est probable qu’une partie des charges économisées aille directement grossir la marge et les revenus des actionnaires. Ce serait juste plus simple ainsi, surtout dans une période sans demande, donc où on n’a pas vraiment besoin de nouveaux salariés.
Et si…
Le salaire moyen d’un fonctionnaire est de 2950 € mensuels bruts. Toujours avec le même type de calcul, on arrive à quelque chose comme 62 000 euros annuels vraiment-tout-compris.
15 milliards permettrait de créer 242 000 fonctionnaires, ou du moins d’arrêter de baisser leur nombre. C’est un peu moins mais ils profiteront à l’ensemble de la société.
Imaginez qu’on créé des crèches, qu’on assure une éducation à un niveau bien meilleur, surtout là où c’est difficile, qu’on résorbe un peu le gigantesque délai d’attente judiciaire, qu’on ait des policier en patrouille dans les rues pour éviter les problèmes au lieu de caméras pour les observer, qu’on ait des hôpitaux avec un personnel qui travaille mieux…
Nous n’aurons fait baisser le chômage que de 7% (que…) mais il ne s’agit plus d’une parole en l’air non engageante d’un représentant du MEDEF, il s’agit d’un fait concret qui ne demande qu’une décision.
On a donc un effet court terme plus fort. On perd probablement l’effet moyen terme sur les emplois induits par la relance d’activité (impossible à chiffrer) qu’aurait de mettre 300 000 emplois de plus dans les entreprises. Mais d’un autre côté un gagne des effets long terme et très long terme indéniables en terme d’éducation, d’attractivité du territoire (qui est loin d’être uniquement une question de charges et de coût salarial).
Bien entendu, si on regarde le salaire médian (donc qu’on ne prend pas de hauts fonctionnaires très bien payés), on fait baisser le coût et c’est 315 000 emplois possibles.
Et sinon…
Et sinon, si le côté « fonctionnaire » fait peur : quid de financer plutôt des créations d’entreprises, des grands projets publics d’infrastructure, des productions utiles ?
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Loup en France
Pourquoi n’arrive t’on pas à contrôler les loups ? Un peu de courage politique permettrait facilement d’en limiter le nombre.
— Laure de La Raudière, Député d’Eure-et-LoirPour rappel les loups sont une espèce protégée, qui a failli disparaitre de France et qui recommence seulement récemment à augmenter depuis quelques années.
Les chiffres ne sont pas tous précis mais ceux qui viennent d’études de la faune sont assez cohérents : entre 200 et 250 individus en 2012, probablement entre 250 et 300 en 2013, avec une progression d’environ 20% par an.
Donc voilà, nos députés sont certainement pour la protection des animaux, mais uniquement quand ça ne risque pas d’entrer en conflit avec un quelconque intérêt humain.
La citation vient du salon international de l’agriculture. Ce sont les éleveurs qui râlent. Factuellement, ils sont pourtant indemnisés correctement, avec même plutôt peu de contrôle, et cela représente moins une part faible de la mortalité des troupeaux.
Les éleveurs sont en fait indemnisés sur simple déclaration pour peu que la cause du loup ne puisse être exclue. En fait cette cause est exclue sur 20% des déclarations mais elle n’est aussi confirmée que sur 20%. Sur les 60% des déclarations restantes le loup n’a pu ni être exclu ni être confirmé, et le doute profite à l’éleveur.
L’indemnisation couvre les dégâts direct, c’est à dire le remplacement de la bête au prix du marché, plus 15% pour couvrir les dégâts indirects (principalement le stress au troupeau). Cela a représenté 1,5 millions d’euros en 2011, à ajouter aux efforts directs des départements (1,2 millions d’euros sur la question du loup pour la seule Drôme en 2013).
Au final ce sont 1800 attaques qui sont déclarées sur 6 000 bêtes sur 2012. Les pertes dues au loup représentent 0,6% du cheptel là où la mortalité pour d’autres raisons (maladie, chutes, etc.) est de 3 à 6% du cheptel sur les brebis et de 10 à 15% sur les agneaux. En 2006 – ça a du augmenter depuis – cela représentait 0,5 brebis et 0,18 attaques par éleveur et par an (donc une attaque de deux à trois brebis tous les cinq ans en moyenne).
Pour mettre en perspective, les morsures de chiens sur l’homme ayant entraîné un besoin de soin représentent 10 fois plus de cas déclarés en France.
Limiter les 300 loups français ? vraiment la priorité ?