[source: Indicateurs de coûts du travail]
Continuez à bramer que la baisse du coût du travail va résoudre le chômage après ça…
[source: Indicateurs de coûts du travail]
Continuez à bramer que la baisse du coût du travail va résoudre le chômage après ça…
Je n’aime pas le vote blanc, et encore moins l’illusion que lui donner plus de valeur résoudra quoi que ce soit. Je n’ai pas non plus grand chose pour ou contre le tirage au sort, c’est un outil technique qui peut être intégré dans une solution qui est déjà démocratique à la base, mais pas une solution en soi.
Par contre pour les aficionados de l’un ou de l’autre, j’ai vu une proposition passer qui ne me semble pas délirante, qui donne une voie intéressante aux deux parties et qui semble même assez logique au final :
Le vote blanc représente un élu ou une liste tirés au sort parmi les électeurs (éventuellement autant de fois que nécessaire pour trouver quelqu’un qui accepte).
Ça donne un sens au vote blanc sans en faire un vote de refus (parce que sinon il est toujours plus simple de dire « non » que de dire « oui »). Danger : gérer le tirage au sort pour qu’il ne puisse être faussé.
J’avais regardé CoffeeScript il y a longtemps, mais sans être convaincu. Si j’ai besoin de faire du Javascript, je fais du Javascript. Coffee apporte bien des améliorations sur la syntaxe, mais le langage n’est lui-même pas parfait et je doute que le rapport bénéfice/coût soit très élevé.
J’en ai à peu près autant au service de Dart même si, sans réellement percer pourquoi, j’ai l’impression qu’ils ont réussi à mieux se détacher de Javascript, et donc avoir un vrai langage distinct qui « compile » du Javascript (c’est bien l’esprit de Coffee aussi, mais je n’ai pas eu ce ressenti).
Je suis probablement plus ouvert à TypeScript ou Traceur, qui sont plus proches du langage d’origine et dont les objectifs et syntaxes sont presque « le prochain Javascript ». On a plutôt une couche de compatibilité arrière, et c’est un bon système.
L’impression que ça donne est tout de même qu’ils ont fait leurs propres extensions qui n’appartiennent qu’à eux.
Est-ce qu’on a quelque part un projet similaire, qui implémente un maximum de nouveautés des futurs EcmaScript mais qui évite d’ajouter trop de syntaxes divergentes au cœur du langage ?
Quelles sont vos expériences avec l’un ou l’autre de ces systèmes ?
— Him : Okay, « have you ever been convicted of fiscal fraud? » « are you tempted by it? »
— Me : No, never
— Him : How much bitcoins do you have? (he actually asked directly that question), and when he said that I started to understand
why I was there
— Me : I don’t know what you’re talking about
— Him : Don’t pretend, I heard you were saying « Bitcoin »
[..]
— Him : bitcoins are used to buy drugs, if you own bitcoins you use them to buy drugs, this is illegal, we will have to proceed to a search of your luggage
— Me : I don’t own any drugs!
— Him : have you declared your bitcoins to the fiscal administration?
— Me : Not yet I got them this year
— Him : where are your bitcoins stored?
— Me : on my personal computer
— Him : where is your personal computer? You are not allowed to travel with bitcoins (yeah riiiiiight)
Outre l’idiotie de la chose, et l’amalgame de tout ce qui est un peu techno avec tout ce qu’on peut imaginer de pire, commencer par mentir au douanier pour ensuite se contredire, ça me parait une assez mauvaise idée.
Je ne suis pas loin de rédiger un texte « Creative Commons is harmful ».
Je voyais d’un bon œil tout ça au début : On incite les gens à libérer un peu leur créations au lieu de les laisser en « tous droits réservés » par défaut. Le mouvement a pris de l’ampleur et a fait connaitre l’idée de diffusions large des œuvres.
D’une certaine manière c’est une réussite : Les gens savent qu’il existe une possibilité de diffuser des oeuvres sous licence ouverte. Ils savent que ça a du sens, et il y a un vrai mouvement derrière qui ne se résume plus à quelques geeks radicaux du libre.
Maintenant il est temps de vite changer le fusil d’épaule : Les Creative Commons deviennent une licence par défaut pour… restreindre l’usage. Je parle là de l’application par défaut d’une licence CC pour des œuvres du domaine public ou des reproductions techniques de ces œuvres (numérisation des livres, photo des œuvres) et plus généralement pour des objets immatériels qui ne sont normalement pas couverts par le droit d’auteur.
La licence CC devient une façon de marquer sa propriété (même quand elle n’existe pas légalement). Le « BY » se fait tellement fort qu’il n’est plus possible d’exprimer quoi que ce soit sans avoir une horde de « quelqu’un l’a dit avant toi » ou « cette demi-phrase est inspirée de … tu dois suivre la licence ».
Bref, au lieu d’ouvrir l’espace, on est en train de le refermer. Il y a bien un léger mouvement vers une CC0 mais il est loin de compenser le reste.
Quel que soit l’application ou le document, quelle que soit la taille initiale, un des premiers retours fonctionnels sera « le logo n’est pas assez gros » et il sera mis en haut des listes d’importance.

Démocratie, littéralement « le peuple au pouvoir ». Qui diable a instauré l’idée que le tirage au sort serait une procédure démocratique ?
Lors d’un tirage au sort le peuple dans son ensemble, ne décide de rien, n’influe sur rien, ne choisit même rien. Il n’a aucun pouvoir, ni avant, ni pendant, ni après le mandat.
La procédure du tirage au sort est équitable dans le sens que tout le monde a la même chance d’être nommé, mais elle n’est en rien démocratique, pas plus que ne l’est une monarchie. Dans le premier cas c’est le hasard qui décide, dans le second cas c’est Dieu (ou le hasard de la naissance pour ceux qui n’y croient pas) : la différence est tenue.
Si nos démocraties représentatives représentent déjà un fort compromis, le tirage au sort est lui à l’opposé total du terme.
Qu’on ne se méprenne pas : Le tirage au sort est une très bonne procédure en soi. Il est très utile par exemple pour les assemblées où il est requis de n’avoir aucune position préalable, voire aucune compétence particulière. L’élection des jurés d’assise par tirage au sort est très adaptée. L’élection d’une assemblée constituante peut l’être aussi si l’objectif n’est que la production d’un travail préalable, qui sera ensuite discuté par le peuple à qui reviendra la décision finale.
Mais le tirage au sort pour décider au nom d’une collectivité ? représenter le peuple lors des décisions politiques ? quelle idée ! Même une très mauvaise élection avec un choix limité et une opposition muselée donne un pouvoir plus grand au peuple. Le résultat n’en sera pas meilleur, mais au moins cette élection tronquée pourrait se réclamer d’une parcelle du terme démocratie que le tirage au sort n’aura jamais.
Même la représentativité, qui intuitivement semble parfaite, sera une catastrophe à défaut d’un corpus élu suffisant pour limiter les aléas : On reconnait un tirage vraiment aléatoire au fait qu’il n’a justement que très peu de chances d’être représentatif de l’ensemble de départ.
Le système politique actuel a fini par en dégouter plus d’un, mais de là à imaginer le tirage au sort comme l’apogée de la démocratie, nous sommes arrivés bien bas.

Encore un appel au vote blanc. Ne vous laissez pas leurrer : Ce n’est pas vote blanc ou chèque en blanc, c’est vote blanc *et* chèque en blanc.
Appeler au vote blanc c’est vous appeler à ne pas choisir, à justement laisser les autres diriger et leur faire un chèque en blanc. Et ne croyez pas que la blancheur de votre vote soulagera le montant qui sera finalement inscrit sur le chèque en question.
Personne ne vous représente ? Tous mauvais ? Tous pourris ? Vous ne cautionnez pas ? Vous ne croyez pas en la représentativité en démocratie ? Vous rejetez le système ?
Peu importe, ce n’est pas la question. Indépendamment de tous vos sentiments, une liste de personnes dirigera votre commune demain. Vous pouvez aider à ce qu’elle soit la meilleure possible – ou la moins mauvaise, suivant votre vision.
Vous pouvez aussi laisser les autres choisir, mais à priori ceux qui choisiront n’ont pas forcément votre façon de voir. Vous ne faites que leur laisser un chèque en blanc et ils risquent d’élire un conseil qui vous correspond encore moins que prévu.
Et ne croyez pas ceux qui vous disent qu’un décompte des votes blancs ou qu’une forte proportion de votes blanc changera quoi que ce soit. L’abstention grimpe chaque année un peu plus pour atteindre des sommets. Ça n’a jamais changé quoi que ce soit dans le bon sens :
Le nombre de vaches qui regardent passer les trains sans bouger n’a jamais changé la destination des dits trains.
La baisse (très légère) des chiffres du chômage est un dangereux trompe l’oeil. Tout le monde commence à connaitre le premier biais : Le chiffre surveillé baisse, mais le nombre d’inscrits totaux au Pôle Emploi continue d’augmenter.
En fait c’est encore pire : Le taux d’emploi – population avec un emploi par rapport à la population en âge de travailler – est stable. Le taux d’activité – population active, avec emploi ou au chômage, sur la population en âge de travailler – est lui en baisse.
Ce que ça veut dire c’est que non seulement l’emploi n’augmente pas, mais les gens abandonnent, et quittent la catégorie des actifs, ou des étudiants qui rallongent leurs études faute de confiance et de débouchés.
Au final le résultat est le même, malgré la jolie courbe qui semble s’améliorer, la proportion de citoyens avec un emploi s’amenuise avec le temps alors que la population générale augmente. À un moment ça va craquer, et d’ailleurs ça craque déjà.
Deux solutions : Mieux répartir le travail, et descendre à 32 heures, et pourquoi pas au-delà un jour. Ou oser se détacher de l’emploi comme valeur sociale et instaurer un revenu d’existence. Dans les deux cas il va falloir imaginer les solutions et arrêter de croire qu’on résout tout en améliorant la formation ou en incitant les gens à travailler plus.
Deux liens :

Je vois tellement de gens résignés par la politique… des gens qui semblent pourtant se sentir concernés par leur prochain. Comment en est on arrivés là ?
Ce doit être horrible de vivre en se disant qu’on ne peut rien y faire, alors qu’il a fallu des siècles pour permettre nos démocraties. Elles sont encore imparfaites, et c’est un faible mot, mais elles ne seront jamais meilleures que l’investissement qu’on y met.
D’autres avant nous avaient toutes les raisons d’être résignés et d’avoir l’impression d’être impuissants. Nous avons tant d’outils et de possibilités de plus qu’eux. Ne jouons pas les enfants gâtés parce que c’est difficile
Ça me fait d’autant plus mal que d’autres peuples se battent en ce moment pour ce que nous dédaignons parce que ça demande un peu d’efforts.
Même avec l’impression d’impuissance : n’abandonnons pas, ni pour nous ni pour les suivants. J’ai un enfant, quel monde lui laisse-je si laisse la démocratie à l’abandon simplement parce ce que ça demande des efforts ?
Ne nous laissons pas avoir par les débats sur les représentants politiques pourris, non représentatifs, sur la non prise en compte du vote blanc et toutes ces excuses. Tout ça n’a d’importance que parce que nous laissons faire.
Personne n’a dit que c’était facile, que ça se ferait en un jour, mais les choses ne peuvent changer que si nous les reprenons en main, si nous ne déclarons pas forfait et que nous n’y investissons pas un minimum de nous-mêmes.
Nous avons un peu de démocratie, nous ne la perdrons que si nous ne l’utilisons pas.