Auteur/autrice : Éric

  • Indi­ca­teurs de coût du travail

    Cout-du-travail-en-Europe-Indicateurs-trimestriels[source: Indi­ca­teurs de coûts du travail]

    Conti­nuez à bramer que la baisse du coût du travail va résoudre le chômage après ça…

  • Vote blanc pour tirage au sort

    Je n’aime pas le vote blanc, et encore moins l’illu­sion que lui donner plus de valeur résou­dra quoi que ce soit. Je n’ai pas non plus grand chose pour ou contre le tirage au sort, c’est un outil tech­nique qui peut être inté­gré dans une solu­tion qui est déjà démo­cra­tique à la base, mais pas une solu­tion en soi.

    Par contre pour les aficio­na­dos de l’un ou de l’autre, j’ai vu une propo­si­tion passer qui ne me semble pas déli­rante, qui donne une voie inté­res­sante aux deux parties et qui semble même assez logique au final :

    Le vote blanc repré­sente un élu ou une liste tirés au sort parmi les élec­teurs (éven­tuel­le­ment autant de fois que néces­saire pour trou­ver quelqu’un qui accepte).

    Ça donne un sens au vote blanc sans en faire un vote de refus (parce que sinon il est toujours plus simple de dire « non » que de dire « oui »). Danger : gérer le tirage au sort pour qu’il ne puisse être faussé.

  • Sur-Javas­cript

    J’avais regardé CoffeeS­cript il y a long­temps, mais sans être convaincu. Si j’ai besoin de faire du Javas­cript, je fais du Javas­cript. Coffee apporte bien des amélio­ra­tions sur la syntaxe, mais le langage n’est lui-même pas parfait et je doute que le rapport béné­fice/coût soit très élevé.

    J’en ai à peu près autant au service de Dart même si, sans réel­le­ment percer pourquoi, j’ai l’im­pres­sion qu’ils ont réussi à mieux se déta­cher de Javas­cript, et donc avoir un vrai langage distinct qui « compile » du Javas­cript (c’est bien l’es­prit de Coffee aussi, mais je n’ai pas eu ce ressenti).

    Je suis proba­ble­ment plus ouvert à TypeS­cript ou Traceur, qui sont plus proches du langage d’ori­gine et dont les objec­tifs et syntaxes sont presque « le prochain Javas­cript ». On a plutôt une couche de compa­ti­bi­lité arrière, et c’est un bon système.

    L’im­pres­sion que ça donne est tout de même qu’ils ont fait leurs propres exten­sions qui n’ap­par­tiennent qu’à eux.

    Est-ce qu’on a quelque part un projet simi­laire, qui implé­mente un maxi­mum de nouveau­tés des futurs EcmaS­cript mais qui évite d’ajou­ter trop de syntaxes diver­gentes au cœur du langage ?

    Quelles sont vos expé­riences avec l’un ou l’autre de ces systèmes ?

  • French customs arres­ted me for saying the word « Bitcoin »!

    — Him : Okay, « have you ever been convic­ted of fiscal fraud? » « are you temp­ted by it? »
    — Me : No, never
    — Him : How much bitcoins do you have? (he actually asked directly that ques­tion), and when he said that I star­ted to unders­tand
    why I was there
    — Me : I don’t know what you’re talking about
    — Him : Don’t pretend, I heard you were saying « Bitcoin »
    [..]
    — Him : bitcoins are used to buy drugs, if you own bitcoins you use them to buy drugs, this is ille­gal, we will have to proceed to a search of your luggage
    — Me : I don’t own any drugs!
    — Him : have you decla­red your bitcoins to the fiscal admi­nis­tra­tion?
    — Me : Not yet I got them this year
    — Him : where are your bitcoins stored?
    — Me : on my perso­nal compu­ter
    — Him : where is your perso­nal compu­ter? You are not allo­wed to travel with bitcoins (yeah riiiiiight)

    Outre l’idio­tie de la chose, et l’amal­game de tout ce qui est un peu techno avec tout ce qu’on peut imagi­ner de pire, commen­cer par mentir au doua­nier pour ensuite se contre­dire, ça me parait une assez mauvaise idée.

  • Is Crea­tive Commons harm­ful ?

    Je ne suis pas loin de rédi­ger un texte « Crea­tive Commons is harm­ful ».

    Je voyais d’un bon œil tout ça au début : On incite les gens à libé­rer un peu leur créa­tions au lieu de les lais­ser en « tous droits réser­vés » par défaut. Le mouve­ment a pris de l’am­pleur et a fait connaitre l’idée de diffu­sions large des œuvres.

    D’une certaine manière c’est une réus­site : Les gens savent qu’il existe une possi­bi­lité de diffu­ser des oeuvres sous licence ouverte. Ils savent que ça a du sens, et il y a un vrai mouve­ment derrière qui ne se résume plus à quelques geeks radi­caux du libre.

    Main­te­nant il est temps de vite chan­ger le fusil d’épaule : Les Crea­tive Commons deviennent une licence par défaut pour… restreindre l’usage. Je parle là de l’ap­pli­ca­tion par défaut d’une licence CC pour des œuvres du domaine public ou des repro­duc­tions tech­niques de ces œuvres (numé­ri­sa­tion des livres, photo des œuvres) et plus géné­ra­le­ment pour des objets imma­té­riels qui ne sont norma­le­ment pas couverts par le droit d’au­teur.

    La licence CC devient une façon de marquer sa propriété (même quand elle n’existe pas léga­le­ment). Le « BY » se fait telle­ment fort qu’il n’est plus possible d’ex­pri­mer quoi que ce soit sans avoir une horde de « quelqu’un l’a dit avant toi » ou « cette demi-phrase est inspi­rée de … tu dois suivre la licence ».

    Bref, au lieu d’ou­vrir l’es­pace, on est en train de le refer­mer. Il y a bien un léger mouve­ment vers une CC0 mais il est loin de compen­ser le reste.

  • Loi du logos magnus

    Quel que soit l’ap­pli­ca­tion ou le docu­ment, quelle que soit la taille initiale, un des premiers retours fonc­tion­nels sera « le logo n’est pas assez gros » et il sera mis en haut des listes d’im­por­tance.

  • Démo­cra­tie tirée au sort

    Démo­cra­tie tirée au sort

    Démo­cra­tie, litté­ra­le­ment « le peuple au pouvoir ». Qui diable a instauré l’idée que le tirage au sort serait une procé­dure démo­cra­tique ?

    Lors d’un tirage au sort le peuple dans son ensemble, ne décide de rien, n’in­flue sur rien, ne choi­sit même rien. Il n’a aucun pouvoir, ni avant, ni pendant, ni après le mandat.

    La procé­dure du tirage au sort est équi­table dans le sens que tout le monde a la même chance d’être nommé, mais elle n’est en rien démo­cra­tique, pas plus que ne l’est une monar­chie. Dans le premier cas c’est le hasard qui décide, dans le second cas c’est Dieu (ou le hasard de la nais­sance pour ceux qui n’y croient pas) : la diffé­rence est tenue.

    Si nos démo­cra­ties repré­sen­ta­tives repré­sentent déjà un fort compro­mis, le tirage au sort est lui à l’op­posé total du terme.

    Qu’on ne se méprenne pas : Le tirage au sort est une très bonne procé­dure en soi. Il est très utile par exemple pour les assem­blées où il est requis de n’avoir aucune posi­tion préa­lable, voire aucune compé­tence parti­cu­lière. L’élec­tion des jurés d’as­sise par tirage au sort est très adap­tée. L’élec­tion d’une assem­blée consti­tuante peut l’être aussi si l’objec­tif n’est que la produc­tion d’un travail préa­lable, qui sera ensuite discuté par le peuple à qui revien­dra la déci­sion finale.

    Mais le tirage au sort pour déci­der au nom d’une collec­ti­vité ? repré­sen­ter le peuple lors des déci­sions poli­tiques ? quelle idée ! Même une très mauvaise élec­tion avec un choix limité et une oppo­si­tion muse­lée donne un pouvoir plus grand au peuple. Le résul­tat n’en sera pas meilleur, mais au moins cette élec­tion tronquée pour­rait se récla­mer d’une parcelle du terme démo­cra­tie que le tirage au sort n’aura jamais.

    Même la repré­sen­ta­ti­vité, qui intui­ti­ve­ment semble parfaite, sera une catas­trophe à défaut d’un corpus élu suffi­sant pour limi­ter les aléas : On recon­nait un tirage vrai­ment aléa­toire au fait qu’il n’a juste­ment que très peu de chances d’être repré­sen­ta­tif de l’en­semble de départ.

    Le système poli­tique actuel a fini par en dégou­ter plus d’un, mais de là à imagi­ner le tirage au sort comme l’apo­gée de la démo­cra­tie, nous sommes arri­vés bien bas.

  • Vote blanc = chèque en blanc

    Vote blanc = chèque en blanc

    Encore un appel au vote blanc. Ne vous lais­sez pas leur­rer : Ce n’est pas vote blanc ou chèque en blanc, c’est vote blanc *et* chèque en blanc.

    Appe­ler au vote blanc c’est vous appe­ler à ne pas choi­sir, à juste­ment lais­ser les autres diri­ger et leur faire un chèque en blanc. Et ne croyez pas que la blan­cheur de votre vote soula­gera le montant qui sera fina­le­ment inscrit sur le chèque en ques­tion.

    Personne ne vous repré­sente ? Tous mauvais ? Tous pour­ris ? Vous ne caution­nez pas ? Vous ne croyez pas en la repré­sen­ta­ti­vité en démo­cra­tie ? Vous reje­tez le système ?

    Peu importe, ce n’est pas la ques­tion. Indé­pen­dam­ment de tous vos senti­ments, une liste de personnes diri­gera votre commune demain. Vous pouvez aider à ce qu’elle soit la meilleure possible – ou la moins mauvaise, suivant votre vision.

    Vous pouvez aussi lais­ser les autres choi­sir, mais à priori ceux qui choi­si­ront n’ont pas forcé­ment votre façon de voir. Vous ne faites que leur lais­ser un chèque en blanc et ils risquent d’élire un conseil qui vous corres­pond encore moins que prévu.

    Et ne croyez pas ceux qui vous disent qu’un décompte des votes blancs ou qu’une forte propor­tion de votes blanc chan­gera quoi que ce soit. L’abs­ten­tion grimpe chaque année un peu plus pour atteindre des sommets. Ça n’a jamais changé quoi que ce soit dans le bon sens :

    Le nombre de vaches qui regardent passer les trains sans bouger n’a jamais changé la desti­na­tion des dits trains.

  • Baisse du chômage, mais baisse de l’em­ploi

    La baisse (très légère) des chiffres du chômage est un dange­reux trompe l’oeil. Tout le monde commence à connaitre le premier biais : Le chiffre surveillé baisse, mais le nombre d’ins­crits totaux au Pôle Emploi conti­nue d’aug­men­ter.

    En fait c’est encore pire : Le taux d’em­ploi – popu­la­tion avec un emploi par rapport à la popu­la­tion en âge de travailler – est stable. Le taux d’ac­ti­vité – popu­la­tion active, avec emploi ou au chômage, sur la popu­la­tion en âge de travailler – est lui en baisse.

    Ce que ça veut dire c’est que non seule­ment l’em­ploi n’aug­mente pas, mais les gens aban­donnent, et quittent la caté­go­rie des actifs, ou des étudiants qui rallongent leurs études faute de confiance et de débou­chés.

    Au final le résul­tat est le même, malgré la jolie courbe qui semble s’amé­lio­rer, la propor­tion de citoyens avec un emploi s’ame­nuise avec le temps alors que la popu­la­tion géné­rale augmente. À un moment ça va craquer, et d’ailleurs ça craque déjà.

    Deux solu­tions : Mieux répar­tir le travail, et descendre à 32 heures, et pourquoi pas au-delà un jour. Ou oser se déta­cher de l’em­ploi comme valeur sociale et instau­rer un revenu d’exis­tence. Dans les deux cas il va falloir imagi­ner les solu­tions et arrê­ter de croire qu’on résout tout en amélio­rant la forma­tion ou en inci­tant les gens à travailler plus.

    Deux liens :

  • Reprendre la main sur notre monde poli­tique

    Reprendre la main sur notre monde poli­tique

    Je vois telle­ment de gens rési­gnés par la poli­tique… des gens qui semblent pour­tant se sentir concer­nés par leur prochain. Comment en est on arri­vés là ?

    Ce doit être horrible de vivre en se disant qu’on ne peut rien y faire, alors qu’il a fallu des siècles pour permettre nos démo­cra­ties. Elles sont encore impar­faites, et c’est un faible mot, mais elles ne seront jamais meilleures que l’in­ves­tis­se­ment qu’on y met.

    D’autres avant nous avaient toutes les raisons d’être rési­gnés et d’avoir l’im­pres­sion d’être impuis­sants. Nous avons tant d’ou­tils et de possi­bi­li­tés de plus qu’eux. Ne jouons pas les enfants gâtés parce que c’est diffi­cile

    Ça me fait d’au­tant plus mal que d’autres peuples se battent en ce moment pour ce que nous dédai­gnons parce que ça demande un peu d’ef­forts.

    Même avec l’im­pres­sion d’im­puis­sance : n’aban­don­nons pas, ni pour nous ni pour les suivants. J’ai un enfant, quel monde lui laisse-je si laisse la démo­cra­tie à l’aban­don simple­ment parce ce que ça demande des efforts ?

    Ne nous lais­sons pas avoir par les débats sur les repré­sen­tants poli­tiques pour­ris, non repré­sen­ta­tifs, sur la non prise en compte du vote blanc et toutes ces excuses. Tout ça n’a d’im­por­tance que parce que nous lais­sons faire.

    Personne n’a dit que c’était facile, que ça se ferait en un jour, mais les choses ne peuvent chan­ger que si nous les repre­nons en main, si nous ne décla­rons pas forfait et que nous n’y inves­tis­sons pas un mini­mum de nous-mêmes.

    Nous avons un peu de démo­cra­tie, nous ne la perdrons que si nous ne l’uti­li­sons pas.