Rien ne vaut une infographie bien faite.
Ce que l’infographie ne dit pas, c’est que si avant on parlait des 1%, en réalité maintenant c’est plutôt 0,1% qui contrôlent tout.
[La CNDH recommande aux pouvoirs publics] de ne pas prendre, au nom de la lutte contre le terrorisme, n’importe quelle mesure jugée par eux appropriée, dès lors qu’elle conduirait à fragiliser voire saper l’Etat de droit au motif de le défendre
On ne saurait mieux dire. Mais aujourd’hui où certains ont fait du terme « droit de l’Homme » un terme dépréciatif voire une insulte, je doute que nos députés entendent le message.
Celle ci je ne peux me retenir de la copier car elle est magnifique :
$override = null;
if ($notify_admin and $conf['browser_language'])
{
if (!get_browser_language($override['language']))
{
$override=null;
}
}
À première vue, le code ne fait rien. À la seconde lecture non plus, je vous rassure.
Après explication, la méthode get_browser_language utilise un passage par référence (oui, avec ce nom là…), c’est à dire que la variable qui est passée en argument pourra voir sa valeur modifiée.
Eureka! En sortie de code on pourrait bien avoir une variable $override qui contient quelque chose. On a au passage fait une création de tableau implicite en utilisant la syntaxe avec crochets sur une valeur nulle (conseil : ne jamais faire ça si vous souhaitez rester lisible).
La seconde affectation $override=null sert si jamais get_browser_language a bien modifié $override['language'] mais a renvoyé une valeur évaluée à false.
Mais pourquoi cette seconde affectation à null ? Et bien il se trouve que la fonction get_browser_language renvoie false si elle ne modifie pas la variable passée par référence. Dans ce cas le code d’appel aurait quand même créé un tableau dans $override à cause de override['language'], il faut donc revenir en arrière et écraser ce tableau créé implicitement.
À retenir :
null.Ici en plus vu qu’on utilise déjà l’évaluation à true ou false du retour de get_browser_language, autant lui faire retourner directement la langue, ou null si aucune n’est trouvée.
Une étude récente mise en avant par Business Insider indique que pour la plupart des gens le ratio entre les bas salaires et les hauts salaires serait idéalement entre 4 et 5, 6 tout au plus – et ce qu’ils se qualifient de droite comme de gauche, qu’ils soient dans une couche socio-économique élevée ou non, qu’ils soient jeunes ou vieux, et pour tous niveaux d’éducation : c’est même étrangement stable.
Rien de nouveau, il y a un siècle et demi, la Commune de Paris prenait des mesures pour réduire ce ratio à 5.
Calculé à partir des grands chefs d’entreprise, ce ratio serait en réalité au delà de 110 en France, 155 en Allemagne, 130 en Espagne, 150 en Suisse, et même proche de 350 pour les États Unis. Bien que toujours sans rapport avec le ratio idéal, il est de moins de 90 au Royaume Uni, et moins de 40 en Autriche comme en Pologne.
Bien qu’avec un ratio totalement déconnecté de l’idéal des gens, la France a échoué a imposer un taux marginal d’impôt sur le revenu à 75%. La Suisse n’a pas plus réussi à définir une limite maximal aux hauts salaires en novembre dernier. Étrangement, c’est en Autriche et aux Pays Bas qu’ils ont tout de même réussi à ajouter une imposition plus forte sur les parachutes dorés et avantages au delà de 500 000 €.
Le gros problème pour agir n’est pas au niveau de la volonté, mais de la perception des gens :
D’après l’étude, les gens estiment à tort le ratio réel actuel entre 7 et 12. Que se passerait-il s’ils avaient conscience de la réalité où il faut ajouter un zéro de plus ?
Venturebeat a une superbe illustration – en gris le réel, en rouge l’estimé, en bleu l’idéal selon les mêmes personnes :
Ce qui est intéressant c’est qu’il y a une opportunité. Si on propose de limiter les revenus à un ratio 1:20, c’est bien au-delà de ce que les gens estiment comme réel, donc ils ne percevront pas ça comme une limitation catastrophique, alors que ça va provoquer un changement radical dans la réalité.
La limitation n’a pas à être radicale, il suffirait d’avoir un taux de taxation progressif très significatif à partir de là.
Le FN entre au Sénat. Et vous devriez vous en réjouir. Oui, même si le FN vous fait horreur.
Il y a un non-événement, et un vrai événement.
Le non-événement c’est la montée du FN. Le FN représente de manière stable 10 à 20% de la population depuis presque des dizaines d’années.
Ils ont 2 députés, et ont déjà été 35 à l’Assemblée Nationale (1986). Ils ont fait 18% à la présidentielle de 2002 et ont même fait le meilleur score devant le PS et l’UMP aux dernières européennes avec 24 députés sur 74. Dire que le résultat d’aujourd’hui est synonyme d’une montée du FN est largement discutable. Si on devait faire une bête comparaison, le FN a même plutôt un très mauvais score au Sénat.
C’est d’autant moins une « montée du FN » que l’élection qui a eu lieu ce week-end est indirecte. Les résultats ne représentent pas le score du FN parmi la population mais acte sa représentation parmi des gens déjà élus (donc rien de neuf). Le FN serait aujourd’hui soutenu par 1% de la population ou par 99%, il aurait pu faire le même score.
Bref, pas de quoi faire même un entrefilet si ce n’est pour faire peur aux gens ou vendre des journaux (maintenant ça explique pourquoi ceux qui vivent de ces deux activités parlent encore d’une montée soudaine du FN).
Le vrai événement c’est qu’un parti qui représente durablement 10 à 20% de la population a pu enfin entrer au Sénat sans faire d’alliance avec les deux gros partis historiques. Et ça, c’est forcément bien pour la démocratie. C’est le contraire qui aurait été un scandale. Dans l’idéal il faudrait même qu’il ait nettement plus d’élus au sein des deux chambres nationales (vous pouvez multiplier par 10 leurs représentants actuels que vous seriez encore largement en dessous).
Tout notre système est fait pour créer un bipartisme, faire peur avec les extrêmes mais empêcher tout tiers de venir troubler la fête sans qu’il ne courbe l’échine en s’assujettissant à un des deux gros partis. Rien n’a changé à ce niveau, mais le système reste un peu perméable quand même, et ça c’est une sacrément bonne nouvelle.
Si vous voulez râler, faites le contre les idées du FN, contre la population qui soutient le FN, mais certainement pas dans le fait qu’ils soient représentés dans nos institutions. Ce, peu importe ce que vous pensez du FN : c’est hors sujet.
Puisque le sujet refait surface, voici un peu d’explications :
Le libraire obtient les droits de vente avec toute une série de droits attachés à chaque titre. Pour faire simple ça dit sur quels pays on a le droit de vendre. La date de publication (à partir de laquelle on a le droit de vendre), le prix (parfois imposé de par la loi) et la devise sont potentiellement différents pour chaque pays. En fait on pourrait même avoir, pour des raisons de droits, une illustration de couverture différente par pays.
À partir de ça le libraire a l’obligation contractuelle (voire légale pour ce qui est du prix) de vérifier l’adéquation de ces informations avec la vente à venir. En résumé : savoir à quel pays affecter la vente.
On en arrive à des situations comme celle de Jérôme :
amazon fr est inaccessible depuis l’étranger. Revenu en france, ma kindle n’acceptait que le store australien..
En France, on impose aux libraires indépendants une triple vérification. Pour pouvoir vendre sur la France, il faut trois conditions cumulatives :
Si un des trois ne correspond pas, la vente n’est pas française et le libraire doit la refuser.
Bien entendu c’est difficilement compréhensible pour le client, surtout s’il est en vacances à l’étranger. Ne parlons même pas de celui qui a une adresse IP non reconnue par la base de géolocalisation, ou un moyen de paiement peu classique qui est enregistré à l’étranger.
Le pire c’est le pays de la carte bleue qui n’est connu qu’après l’autorisation de paiement, ce qui implique d’annuler la transaction après la saisie du numéro de CB. Autant dire que ça passe difficilement pour le client.
Vous noterez qu’un français en vacances au Maroc ne peut pas acheter de livre numérique, pas plus qu’un expatrié espagnol en France pour longue durée mais qui a sa visa affectée à son pays d’origine. Avec ces règles ces gens ne pourront pas plus acheter au Maroc ou en Espagne : Ils ne pourront pas acheter, point.
Pour certains libraires il est au final carrément plus simple de ne vendre que dans leur pays d’origine plutôt que de s’amuser à composer dans une multitudes de pays pour un rapport bénéfice / coût discutable. Tous ont adapté leur architecture pour tenir compte du système imposé, au prix des situations comme celle de Jérôme en début de billet, même ceux qui ne subissent pas totalement ce triple critère.
Le libraire n’est pas coupable ici. Il ne prends pas toujours la meilleure solution, mais il n’en a que des mauvaises à son arc.
Tout ça est imposé par l’éditeur, mais ne lui jetons pas la pierre trop vite non plus :
Déjà l’éditeur lui-même obtient peut être les droits uniquement pour la France à partir d’un agent ou d’un éditeur étranger (on vend plus cher un droit exclusif pour chaque pays indépendamment qu’autant de droits non exclusifs où personne n’est garanti de quoi que ce soit). Bon gré mal gré, il a lui-même l’obligation de faire respecter les droits géographiques.
Quand ce n’est pas lui qui achète les droits à des tiers, il se réserve potentiellement la possibilité de les revendre. C’est important pour son business et la rentabilité de ses investissements : Tous n’ont pas un circuit de vente international. Le tiers lui demandera des droits exclusifs, ce qui implique forcément d’imposer tout de même ces restrictions géographiques.
Bref, c’est tout le système qui fonctionne comme ça historiquement, parce que pour des livres papier ce n’est pas totalement idiot, et parce que les droits numériques accompagnent généralement les droits papier. Il faut plus qu’un peu de bonne volonté pour changer les choses.
Même quand l’éditeur dispose bien des droits monde, les prix dans certains pays sont gérés par la loi : En France le libraire doit vendre au prix fixé, ni plus ni moins. Sauf à ce que le prix soit strictement identique partout – en faisant attention aux conversions de devise et en niant la réalité économique du marché local et du niveau de vie de chaque pays – on en revient encore à devoir vérifier très strictement le pays de chaque vente.
Aussi dommage que ça puisse être, le marché a évolué ainsi. Aujourd’hui les éditeurs sont autant coincés là dedans que les libraires, les auteurs et les lecteurs.
On peut espérer voir des assouplissements dans les conditions (par exemple valider deux critères sur les trois, ou accepter un déplacement hors de France occasionnel pour un client français préexistant), mais le fond du problème ne disparaitra pas sans passer par le législatif, probablement au niveau européen.
Que faire ? discuter avec votre député, français comme européen.
Dernière note : Pour plein de raisons, la situation des vidéos est probablement différente, particulièrement en ce qui concerne les vidéos en ligne type Youtube, et ce même si les effets visibles du grand public sont similaires.
Démocratie, littéralement, « le pouvoir détenu par le peuple ».
Quel pouvoir avez-vous (collectivement) ? Si votre seul pouvoir est d’élire quelqu’un, ou de vous faire tirer au sort, alors vous n’êtes probablement pas en démocratie.
L’élection ou le tirage au sort ne sont en rien exclus. Ils ne sont toutefois que des outils, ce qui compte est tout le système qui va autour.
Jamais le fait d’avoir des élections – ou un tirage au sort- ne doit suffire à vous sentir en démocratie. Mal employée, l’élection est même un superbe outil de confiscation du pouvoir.
Vérification en trois critères :
1– Quand bien même elle aurait été préparée et négociée par le représentant, la décision est-elle prise, confirmée ou validée directement par vous (collectivement) ?
2– À défaut, avez-vous (collectivement) moyen de bloquer la décision du représentant , de vous y opposer ou de revenir en arrière ?
3– À défaut, et à condition de garder un contrôle sur le représentant (renouvellement très court du mandat, ou capacité de révocation, ou possibilité de revenir exceptionnellement à un des deux points précédents en cas de besoin, etc.), la décision relève-t-elle d’un choix réalisé (collectivement) lors de la désignation de ce représentant ? soit que la décision à prendre ait fait explicitement partie du choix, soit qu’elle est directement issue d’une position ou de valeurs générales assez claires qui faisaient partie de ce choix.
Si vous ne répondez-pas « oui » à au moins un de ces trois scénarios, en pratique la décision prise n’est pas démocratique.
Mais ça ne s’arrête pas là. Il y a deux conditions supplémentaires, à cumuler aux précédentes :
A- Vous êtes (collectivement) en pleine capacité de réaliser des choix libres et éclairés. Ceci implique entre autres d’être pleinement informés de l’ensemble des contextes utiles concernant les choix passés et futurs, ou en capacité raisonnable d’obtenir une telle information si vous le souhaitez.
B- L’ensemble des décisions et choix d’importance vous concernant (collectivement) sont pris suivant un procédé démocratique.
#16ans m’annonce qu’il a été élu délégué de classe dans sa terminale. #démocratie
Petite illustration à partir d’une phrase lue aujourd’hui, sur un sujet volontairement léger.
En tout état de cause, la classe n’a généralement aucune information sur les sujets réellement abordés par le représentant au conseil de classe (et heureusement, ce sont des questions de personnes).
Pire, le délégué lui-même n’a quasiment aucun pouvoir. Il participe à des instances dans lesquelles il est partie extrêmement minoritaire, au milieu de tiers qui ont tous une forte autorité sur lui, parfois très directe. Il n’a lui-même que peu de recul sur les enjeux des décisions qui sont prises ni de capacité à les comprendre. Il est au mieux un porte-parole ou un indicateur du sentiment de la classe, certainement pas un détenteur de pouvoir.
Démocratie ? certainement pas.
Le pire c’est qu’ici l’élection est plus de nature à dissocier les élèves du pouvoir en leur donnant un os à ronger. On enseigne directement à la génération future que la démocratie c’est la capacité à se plier aux décisions de tiers pour peu qu’on puisse envoyer quelqu’un aux instances de décision.
Ce n’est pas un apprentissage de la démocratie, c’est un apprentissage du renoncement par l’illusion démocratique.
Ce qui m’inquiète n’est pas l’absence de démocratie dans le fonctionnement de la classe, mais que les citoyens adultes que nous sommes puissent confondre une simple élection de représentant avec un système démocratique – bien entendu, l’exemple ici n’est qu’une illustration, pas l’objet du débat.
Un graphique tourne un peu avec des données sur l’éducation en France :
Les chiffres sont intéressants mais la visualisation est totalement biaisée. Le point le plus flagrant est la position du zéro sur chaque axe qui augmente des différences.
Quelqu’un a gentiment fourni une version alternative, mais tout aussi biaisée :

L’intention est honnête, mais la volonté de graduer tous les axes sur la même échelle n’a aucun sens quand on compare des choux et des carottes. Ici non seulement les données n’ont pas le même sens (le nombre d’heures et le nombre de jours n’ont pas à être comparés sur la même échelle, car ils ne représentent pas une donnée cohérente), mais elles n’ont même pas la même unités : il y a des heures, des pourcentages, des nombres de jours et des nombres de personnes. Penser que 100% correspond à 100 jours et 100 élèves n’a strictement aucun sens. Du coup les axes sont écrasés et on ne verrait aucune différence quand bien même elle serait significative.
Refaisons donc avec un maximum différent sur chaque axe, mais lequel ?
Premier choix, si on tente de comparer des chiffres bruts pour voir la répartition sur toute la dynamique. Ca permet de voir où se massent la plupart des pays, et éventuellement sur quelle dynamique ça se répartit. On a l’avantage aussi d’avoir des chiffres absolus et pas des % par rapport à quelqu’un d’autre.
Second choix, on veut avoir une vision de la répartition européenne, on les compare donc à la moyenne OCDE (on aurait pu choisir la médiane, mais elle ne faisait pas partie des données sources). Ça permet de visualiser facilement qui s’échappe de la masse.
Dernière possibilité, si on souhaite comparer le reste des pays à la France, on utilise nos propres chiffres comme référence au lieu de la moyenne OCDE. Ca permet de visualiser plus facilement où la France particulièrement est significativement différente du reste :
Le choix entre ces trois visualisations est totalement arbitraire, en fonction de ce qu’on recherche ou de ce qu’on veut montrer. Dans tous les cas, le choix même de la représentation, est déjà un acte d’analyse et donc subjectif. Aucune n’est plus « objective » que les autres.
Dans l’intention du graphique initial, c’est probablement la dernière visualisation qui est la plus pertinente, vu qu’elle montre facilement là où la France est isolée.
D’ailleurs mes trois graphiques sont eux-même biaisés. Le départ à zéro semble naturel mais ne l’est en fait pas du tout. Une différence de 1% pourrait très bien être extrêmement significative sur une donnée, et ne pas du tout être visible si on graphe bêtement avec une échelle qui part de zéro.
Même après avoir résolu cette question des axes, on n’aurait pas fini pour autant :
Pourquoi uniquement ces quelques pays, ont-ils été sélectionnés pour accentuer un discours pré-établi ? Est-ce qu’on n’aurait pas plein d’autres pays qui sont proches de nous, voire encore plus divergents ?
À défaut de mettre tous les pays de l’OCDE, colorier l’écart type serait appréciable pour voir si notre écart est particulièrement anormal ou pas. Avoir la médiane plutôt que la moyenne pourrait aussi être pertinent au cas où certains pays sont exceptionnellement hauts ou exceptionnellement bas.
Au niveau des données elles-mêmes, pourquoi avoir pris un pourcentage d’heures de math sur la totalité et pas avoir compté le nombre d’heures d’enseignement en valeur absolu ? Au niveau des résultats pour l’élève ça aurait été plus cohérent.
On a aussi le nombre d’heures par jour et le nombre de jours. Le nombre d’heures par an est-il similaire pour tous ? Ca aurait été sacrément intéressant de le grapher.
Même chose pour le nombre d’élèves par classe : Pour combien d’enseignant ? Il y a-t-il des aides, des assistants maternelles, des assistants de vie, des accompagnements personnalisés en plus de l’instituteur principal ? Quelle est la proportion des enseignements en demi groupe ou en groupes autonomes restreints par rapport aux enseignements « pleine classe » ?
Vous voulez une représentation objective ? Ça n’existe pas. Une donnée objective non plus d’ailleurs, même si ça ressemble à un chiffre brut. C’est bien tout le travail des analystes : Choisir une donnée, la méthode de calcul et de récolte, une représentation, puis la mettre en forme accompagnée des explications utiles. Tout ça se fait en fonction d’un objectif particulier déterminé au départ.
Du coup le graphique initial est totalement biaisé, mais finalement… pas forcément plus qu’un autre. S’il cherche uniquement à montrer que nous sommes hors du groupe formé par les 4 autres références pointées, il y réussit et probablement avec la meilleure visualisation de tout ce qui est présenté ici. Le défaut vient peut être uniquement de ceux qui le critiquent, qui tentent de le sur-interpréter.
Il y manquait surtout une légende pour guider la lecture. Ca passait pour des chiffres bruts, ce que ça n’était évidemment pas puisqu’il y avait une mise en forme et un objectif de communication.

On m’a montré le retour de Ninja Squad concernant leur ebook sur AngularJS.
Premier retour : Bravo. J’ai étudié la possibilité de faire quelque chose de similaire, et je sauterai probablement le pas si j’écris un nouveau livre. Ils l’ont fait, l’expérience a été positive pour eux, et ils ont eu une rémunération non négligeable. Bref, bravo.
Très heureux de voir aussi que les lecteurs sont prêts à soutenir l’initiative, et pas payer le prix plancher à chaque fois. Ça commence à être connu sur les humble bundle, mais c’est agréable à chaque fois qu’on le confirme.
Maintenant vu qu’on m’a pointé le billet, ça vaut le coup de démonter tout le discours parce que ça va induire trop de monde en erreur.
Tous les auteurs ne se seraient pas mis à risque ainsi. Ils l’ont fait, bien fait, avec succès. Bravo.
caractéristique notable qui n’aura échappé à personne : il est vendu à prix libre
Aïe, c’est illégal.
En France, le prix la loi impose de fixer un prix pour le livre, et il est interdit de vendre à un autre prix (c’est un peu plus complexe que ça sur des cas particuliers mais on peut s’arrêter à ça concernant notre exemple).
Difficile du coup de recommander l’initiative de Ninja Squad.
J’avais exploré un peu le sujet. Le don est quasiment exclu dans ce cas. Une possibilité est de faire plusieurs éditions à des prix échelonné sur la fourchette probable, avec du contenu légèrement différent (images supplémentaires, préface en plus, formats en plus, couverture de couleur différente, etc.). Une autre serait de vendre en bundle un dessin, un autographe, enfin quelque chose qui lui serait à prix libre à côté du livre à prix plancher fixe.
Ça reste de toutes façons très artificiel et je ne garantis pas l’idée inattaquable juridiquement.
4000 € HT ce n’est pas rien. Il y a plein d’auteurs qui effectivement gagnent moins que ça. Bref, encore une fois bravo.
on a fait 4300 visiteurs unique, et 395 ventes pour un total de plus de 3900€ HT
Attention tout de même, ici on ne parle pas de gain « auteur » mais de gain « entreprise ». Quand l’éditeur vous verse 4000 €, il ne reste que l’impôt sur le revenu à payer. Ici c’est la structure qu’ils ont choisi qui encaisse. Il faut payer l’impôt sur les sociétés, et probablement des charges et cotisations avant que ça arrive dans la poche de l’auteur. Dans le meilleur des cas (auto-entrepreneur) c’est 20% forfaitaires environ. Il ne reste donc au mieux que 3200 € en réalité.
D’un autre côté ils ont facturé à 20% de TVA, et je ne comprends pas du tout pourquoi. Le livre, y compris numérique, c’est une TVA à 5%. Ils ont donné 15 points de marge à l’État, gratuitement, au lieu de les garder pour eux. Bref, ils ont eux 3 200 € en poche mais avec le bon taux de TVA ça aurait effectivement pu être dans les 4 000 €.
Moralité : des auteurs reconnus, sortant un livre de référence sur des technologies universellement utilisées, n’ont pas gagné plus d’argent que nous avec ce modeste livre vendu par nous-même dans des proportions infiniment plus faibles.
Foutaises !
Toutes proportions gardées parce que j’ai publié en papier, mais mon gain total sur mon premier livre, donc avant que je ne sois connu, a probablement été d’environ 40 000 € au total. On était deux, donc le gain du livre était de l’ordre de 80 000 €. C’est quand même autre chose que 4 000 €.
Ce n’est pas à chaque fois, rarement autant, et on pourra trouver plein de contre-exemples, mais de là à dire qu’un auteur connu gagne moins de 5 000 € sur un livre référence, il y a un pas que je ne franchirai juste pas.
Pour la rémunération, c’est simple : l’auteur touche 8/10/12% du prix… EDITEUR !!! Donc, mon livre est à 49$, prix éditeur 22$ et moi je touche 2.2$
Foutaises !
L’histoire rapportée par le billet de Ninja Squad est certainement vraie, mais elle est loin d’être la norme, pas en France tout du moins.
Si en France on parle bien de 8, 10 ou 12% pour l’auteur, on parle d’un pourcentage sur le prix de vente public HT, pas du prix éditeur. La différence est juste du simple au double.
Du coup, sur un bouquin technique, souvent au delà de 20€, avec une TVA à 5%, c’est quasiment toujours au moins 2 € par livre et non 1 € comme indiqué dans le billet.
En numérique c’est encore plus délicat vu qu’outre atlantique – puisque l’auteur cité a publié là bas – et avec un éditeur classique, il n’est pas anormal d’avoir une commission doublée sur les ventes numériques. Les éditeurs techniques pur numériques vont même jusqu’à 50% (PragProg par exemple).
le suivi est miséreux, la relecture quasi inexistante et les contraintes multiples
Je ne peux que raconter mon expérience : Ça n’a pas empêché de multiples coquilles et quelques ratés de maquettage, mais j’ai eu une relecture non technique à chaque édition. Je me rappelle particulièrement la première, relativement pointilleuse, y compris sur la typographie et ce malgré un nombre de pages impressionnant et de multiples allers-retours.
Côté relecture technique ils se sont simplement assurés que c’était sérieux et que nous avions des gens pour ça. Je crois qu’ils nous ont proposé des contacts pour ça au moins pour une édition. Je n’imaginais de toutes façons pas qu’ils aient un expert technique de chaque sujet en interne, mais ils ont fait leur boulot.
Je ne me rappelle pas de contraintes particulières mis à part l’impression papier en noir et blanc, pas dues à l’éditeur en tout cas. On leur a pourtant parfois demandé des choses « anormales ».
Par contre j’ai du du suivi, des coups de pieds au fesse quand il fallait pour que ça avance, des commentaires sur le sommaire avant de prendre une mauvaise direction. Rien de fantasmagorique, mais ils étaient là. Merci Muriel et Karine (entre autres).
nous ne voyons pas l’intérêt de passer par le circuit traditionnel de l’édition
Je ne dis pas que passer par un éditeur est forcément une bonne idée. Devoir abandonner ses droits pour sa vie, et même 70 ans après sa mort, ça me bloque sérieusement désormais.
Pour du pur numérique, il y a largement de quoi se poser la question. J’aurais tendance à privilégier l’auto-publication. Pour un livre qui aurait un volume de vente significatif en papier, ou si vous privilégiez la diffusion et le bénéfice d’image à la rémunération, l’éditeur a en revanche une carte à jouer (assurez-vous qu’il la joue, il peut aussi ne quasiment rien faire si on ne le challenge pas, comme n’importe quel fournisseur).
Et même si rien n’est fait exactement comme nous on l’aurait fait, l’éditeur qui se charge du choix des polices, du maquettage, de l’envoi sur les réseaux de vente, de la collecte des ventes, du dépôt légal, des déclarations fiscales… ce n’est pas rien non plus. En tous cas ce n’est pas aussi noir que décrit.
Ça n’empêchera de toutes façons pas de faire sa propre landing page, son marketing, et tout ce que Ninja Squad a pu faire comme communication autour de leur livre.

Auteur (un peu) connu ; chroniqueur humoristique, en rupture du monde de l’édition qui ne m’accorde pas de crédit malgré mon lectorat passé, et encore actuel, depuis quelques années (http://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Mizio), je lance cette nouvelle forme de ce que jadis on appelait une souscription.
— Ivres de la jungle, sur Ulule
Dans tous les systèmes économiques alternatifs pour la production culturelle, le financement participatif est un de ceux que j’apprécie le plus.
C’est encore bancal car hors des usages, mais ça répondra à une partie des problématiques bien mieux que les licences globales, redevances de copie privée, contribution créatives et autres systèmes dérivés d’une gestion collective.
Voyez ça comme un système de micro-mécénat, qui est juste le système qui a financé la culture sur quasiment toute l’histoire humaine. La prévalence du droit d’auteur patrimonial est un événement assez récent qui n’a jamais été stable ou totalement satisfaisant.
Ici ça prend de plus la forme d’une précommande, ce qui assure le créateur de sa rémunération minimum avant même la réalisation.
On ne financera pas tout par le participatif, il ne s’agit pas de faire mourir le droit d’auteur pour autant, mais si vous voulez participer à la liberté des auteurs et à la construction d’un autre écosystème, c’est entre autres par là que ça se passe. Et c’est sacrément bien adapté à la problématique du livre.