Oh combien je déteste cette novlangue du DRM qui « protège » le contenu ou le fichier.

Le contenu et le fichier vont très bien, merci pour eux. Ils ne risquent rien. Le DRM en lui-même n’em­pêche d’ailleurs géné­ra­le­ment pas la copie, juste ce qu’on peut faire avec.

Le DRM protège les inté­rêts de certaines personnes, dont les ayant droits. Parfois pas très intel­li­gem­ment et avec un effet posi­tif à démon­trer, mais OK.

Le fichier, lui, n’est pas protégé. Il est verrouillé. Et c’est bien diffé­rent.

En commençant avec les bonnes formu­la­tions, on va déjà éviter de se leur­rer et de trom­per nos inter­lo­cu­teurs.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-ND par Lok Leung

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7 commentaires

  1. En commençant avec les bonnes formulations, on va déjà éviter de se leurrer et de tromper nos interlocuteurs.

    La formulation est délibérément trompeuse. Les « droits » dans DRM sont les usages autorisés par les ayants-droits. Ils n’auraient jamais réussi à vendre le concept s’ils l’avaient nommé correctement : technologie de restriction des usages.

  2. Mais … critiques tu tout autant les gens qui disent qu’ils mettent un cadenas pour protéger leur vélo ?
    Le vélo n’est pas du tout protégé par le cadenas (puisque n’importe qui peut démolir le vélo malgré le cadenas). Le cadenas protège en réalité le propriétaire du vélo.

    Je suis d’accord sur la manipulation des mots qui tournent autour des DRM ou ayant-droits ou …, mais parler de novlangue (terme qui est aussi le résultat d’un effet de mode d’un autre groupe de personnes qui manipule les mots) pour un sens « courant » semble plutot montrer que c’est juste une excuse pour critiquer qlq chose qu’on n’aime pas pour d’autres raisons.

    1. Disons qu’au moins, si on me vole mon vélo, ce dernier disparait.
      Loin d’être le cas pour les biens immatériels.

      Mais surtout dans le cadre du vélo, le verrou a pour objectif premier de me permettre de continuer à utiliser mon vélo ; le fait que ça empêche le tiers de s’en servir n’est finalement qu’un effet de bord (sisi).
      Dans le cadre d’un fichier il a pour objectif premier d’empêcher les autres de faire quelque chose. Ça reste une différence fondamentale dans l’objectif.

      Après le sens est « courant » parce qu’on le laisse s’installer. Les DRM étant eux-mêmes très récents, l’argument historique joue assez mal.
      Ça me rappelle l’argument du terme « pirate » pour la contrefaçon., de la vidéo-protection, etc. Tout ça est finalement très récent dans l’histoire de notre langue, et loin d’être involontaire.

      1. > Disons qu’au moins, si on me vole mon vélo, ce dernier disparait.

        Pas si tu habites à côté d’un magasin de vélo.
        Tu me diras: oui mais racheter à chaque fois un nouveau vélo me coute de l’argent.
        Ça tombe bien, c’est exactement pour ça que le contenu est protégé: pour des raisons économiques du propriétaire du contenu.

        Ensuite, on peut parler de notion de bien de rival ou des dérives du droits d’auteur par rapport à ses objectifs originels. Mais à ce petit jeu, la grande majorité du vocabulaire que tu utilises toi-même n’est plus valide.
        En effet, parler de « protéger du contenu » est plus proche de l’usage courant du verbe protéger que « envoyer un fichier » où rien du tout n’est matériellement déplacé.

        > Après le sens est « courant » parce qu’on le laisse s’installer.

        Non non, quand je dis « le sens courant », je parle du sens « protéger mon vélo avec un cadenas », qui existe depuis au moins 100 ans.
        Remplace « contenu » et « fichier » par vélo, et « DRM » par « cadenas » dans ton texte original, et tu auras un texte qui est tout aussi sensé dans le contexte du vélo (à une phrase près, celle qui parle de copie).

        > et loin d’être involontaire.

        Bien sûr. Tout comme « logiciel privateur » ou « partage » au lieu de « copie ». On me répondra que ces termes sont bien plus proches de la réalité, mais en réalité, cela dépend souvent du point de vue.

  3. Malheureusement, cette novlangue ne concerne pas que les DRM. Elle est partout et Orwell ne se doutait pas qu’on l’appliquerait quotidiennement. Des exemples ? On ne dit plus « chômeur », trop péjoratif, on dit « demandeur d’emploi », plus positif puis « prospecteur d’emploi » pour brouiller encore plus les pistes. On passe d’un statut passif à un statut actif en deux temps trois mouvements. Et des exemples comme celui-là, il y en a à la pelle. Il suffit d’écouter les journaux radiotélévisés. Ils nous en inventent tous les jours.

  4. Réduire « DRM » à « verrou », c’est quand même aller vite en besogne. Le DRM ça sert aussi à dénombrer. C’est comme quand on force le HTTPS partout, on force la connexion identifiée de bout en bout, comme quand on met du DRM sur un ePub, c’est la même logique :-)

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