Le problème ce sont les charges sur les bas salaires

Le problème ce sont les charges sur les bas salaires

Ou pas.

+30,3%. C’est l’aug­men­ta­tion des divi­dendes distri­bués par les entre­prises cotées en France au deuxième trimestre 2014, période où près de 40% des verse­ments sont effec­tués, selon une enquête d’Hen­der­son Global Inves­tors publiée lundi 18 août. La France arrive en tête des progres­sions en Europe, devant l’Al­le­magne (+9,7%) et le Royaume-Uni (+3,9%). Les divi­dendes ont aussi augmenté au Japon (+18,5%) et aux États-Unis (+13,8%), mais ont dimi­nué dans les pays émer­gents (-14,6%)

À priori extrait du jour­nal Le Monde.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-ND par Franck Vervial

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4 réponses à “Le problème ce sont les charges sur les bas salaires”

  1. Je suis surtout choqué de voir les médias en faire un pataquès. Ça ne devrait pas être une surprise, mais une simple compréhension du système économique qui nous entoure : en période de crise, l’investissement est plus risqué, et la finance rémunère le risque, donc les investisseurs sont davantage récompensés.
    Je ne dis pas que c’est bien, hein, juste que je suis étonné de voir qu’on continue 1) à prendre les gens pour des cons en leur faisant croire qu’il s’agit d’une info absolument pas prévisible et 2) que les gens le confirment en stigmatisant les patrons plutôt que le système entier.

    • Bullshit.

      Déjà « l’investissement est plus risqué » dans des termes si génériques. Le même investissement est plus risqué s’il est fait en mauvaise période par rapport à une bonne période, mais on n’y fait justement donc pas les mêmes investissements. Il y a probablement plus de « NO GO » sur la mauvaise période, mais pas forcément un profil moyen plus risqué. Au contraire même, en mauvaise période je parierai ma chemise que la plupart des investisseurs prennent au final moins de risques avec leurs sous.

      Ensuite parce que c’est l’investissement réalisé aujourd’hui qui mérite cette prime de risque. Là on rémunère l’investissement réalisé il y a bien longtemps. Les entreprises du CAC40, sauf celles qui ont fait une augmentation de capital récente, sont sur des investissements assez anciens. La prime de risque elle s’évalue logiquement en fonction du risque d’alors.

      Donc bref, tout ça n’est pas tout à fait faux, mais quand même pas assez exact pour être décrit ainsi.

      Dans la démarche théorique, si le dividende augmente en mauvaise période c’est plus parce que ceux qui détiennent le capital préfèrent justement en tirer le jus au cas où ça périclite plutôt qu’investir. Logique d’ailleurs, l’argent soit on le met en investissement maintenant pour l’avoir en dividende plus tard, soit on le met en dividende maintenant, on ne fait pas les deux. C’est déjà beaucoup moins sexy qu’une éventuelle prime compensant le risque d’investissement. C’est même exactement le contraire : c’est une prime au non-investissement.

      Je dis « en théorie » parce que le mécanisme est encore moins reluisant. On donne souvent des dividendes surtout pour montrer aux actionnaires et investisseurs futurs que tout va bien, pour donner « un signal positif ». Bref, purement et simplement de la communication et du marketing. Et cette communication et ce marketing ça se paye. Demander d’un côté des réductions du filet de sécurité social collectif pour payer de la communication vers les actionnaires, on peut trouver que c’est « habituel », mais c’est un peu normal que ça fasse râler. Surtout si ça vient justement en diminution des sommes disponibles pour investir.

      Mais le signal ici n’est pas tant de montrer qu’il y a dividende, comme tu dis, c’est attendu (même si on peut tout à fait leur reprocher). Par contre une augmentation très importante (30%) qui est une anomalie vis à vis des autres pays, c’est ça l’information.

  2. Le problème surtout avec des analyses basées sur le CAC 40 c’est qu’elles ne veulent plus rien dire en France, le CAC40 représente certes des boites françaises, mais qui font tout leur profit à l’étranger : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=73038 ça date d’octobre 2013 mais la situation n’a pas changé:
    « le CAC 40
    représente un groupe d’entreprises multinationales, assez peu liées à la
    France, et dont les caractéristiques financières sont nettement différentes de
    celles des entreprises opérant en France. »

    Pour être honnête sur la situation en France il faut plutôt prendre la situation des vrais employeurs en France : les PME et ETI, et là, je ne pense pas qu’il y est une augmentation de 30% des dividendes…

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