Quelle liseuse ebook pour l’été 2018 ?

Je n’ai plus la chance de tester toutes les liseuses sur le marché mais en ce moment c’est assez simple. Dans l’ordre :

Les recommandées

Le choix de base c’est probablement la TEA Touch HD Brown Edition, avec peut-être le meilleur rapport qualité/prix du moment. Elle a le meilleur écran 6″ du marché, un système d’éclairage moderne qui filtre la lumière bleue, des boutons physiques, un logiciel ouvert avec support LCP, ainsi une équipe technique et des librairies françaises. Il y a plein de choses que j’aimerais en plus (comme de la synchronisation des positions de lecture) mais je n’y vois pas de défaut spécifique aujourd’hui.

Si vous avez un usage exclusivement sédentaire, que vous êtes prêts à y mettre 100 € de plus, vous pouvez loucher sur la Kobo Aura One. Qualité d’écran similaire, excellente finition, mais on passe en taille 8″. C’est un peu plus lourd, ça ne se balade plus dans une poche portefeuille de veste ou dans un sac, mais ça peut être sympa si la liseuse ne quitte jamais le canapé ou votre table de chevet.

Attention à la confusion, la Kobo Aura seconde édition, parfois notée « Aura 2 » n’est pas la mise à jour de la Kobo Aura One. La Aura 2 est un modèle différent, 6″, pas forcément recommandé. On en parle plus bas.

Les bonnes liseuses sans avantages particulier

Kobo Aura H2O seconde édition : C’est un bon appareil qui peut avoir du sens si vous cherchez une liseuse étanche à côté de la piscine. Une fois que c’est dit, pour justifier un surcoût de 40% il faudrait être certain de faire tomber la liseuse à l’eau avant la moitié de sa durée de vie. Comme ce n’est probablement pas le cas, vous faites mieux d’acheter une liseuse non étanche et de prendre le risque.

Bookeen Cybook Muse HD : Elle est comparable à la TEA Touch HD mais avec 10 € de plus et datant d’il y a plus d’un an. Elle n’a donc pas LCP et son éclairage est plus simpliste. Elle a par contre une dalle plate, c’est plus flatteur côté design mais moins côté lisibilité (plus de reflets, moins de contraste).

Les deux restent des bons choix, c’est juste que je ne vois pas leur avantage par rapport à mes deux favorites.

Les modèles classiques increvables

TEA Touch Lux 3 : C’est le modèle qui dure depuis longtemps chez TEA. L’écran est de la génération précédente, on perd les fonctions avancées sur l’éclairage, mais on abaisse le prix à 99 €. C’est une bonne option pour un budget serré mais j’ai tendance à considérer que les 30 € de plus de la Touch HD valent le coup.

Cybook Muse Frontlight 2 et Kobo Aura 2 sont très similaires à la TEA Touch Lux 3. C’est en gros la même génération et les mêmes caractéristiques. Vous gagnez une dalle plate (ce qui n’est à mon avis pas un avantage en lecture) et ça vous coûtera 20 € plus cher. Bref, pas vraiment d’intérêt si vous n’êtes pas déjà enfermés dans le cloud d’un des deux revendeurs et que vous souhaitez y rester.

La Bookeen Saga est elle aussi dans la même gamme mais avec un placement différent. Elle fait 40 € de plus que la Touch Lux 3 mais avec une couverture totalement intégrée. L’ensemble est bien réussi mais je ne sais pas s’il vaut vraiment le coût.

Les modèles trop bon marché

Cybook Muse Light : Là je commence à déconseiller. Pour le même prix que la TEA Touch HD vous avez une liseuse avec deux à trois générations d’écran en dessous des actuelles.
J’ai tendance à dire que ce modèle n’est là que pour proposer une offre au même prix que la concurrence, quitte à ne pas être au niveau en qualité.

De façon générale, les liseuses avec des vieux écrans non HD en 800×600 ou sans éclairage ne valent vraiment pas le coup. On les déconseillait déjà il y a plusieurs années et elles n’ont vraiment plus de sens maintenant qu’il y a des alternatives correctes à 99 €. Les 10 ou 20 € que vous économiserez peut-être ne vous serviront à rien si vous lâchez la lecture numérique faute d’y prendre plaisir.

Les Kindle

Et la Kindle Paperwhite ? J’ai classé tout ce qui précède par ordre de préférence et je mets tout de même les Kindle en dernier.

Qu’on soit clair, la Paperwhite est une bonne liseuse au niveau matériel, même si elle n’a plus l’avance à laquelle elle pouvait prétendre par le passé. La grande différence c’est que les Kindle sont faites pour ne pas être ouvertes.

Elles ne sauront pas lire nativement les EPUB, et encore moins si ces dernières contiennent une protection Adobe ou LCP. Tout est fait pour vous empêcher d’importer des livres de l’extérieur et vous empêcher d’exporter ceux que vous y avez acheté. Vous êtes pieds et poings liés à Amazon. C’est un jardin extrêmement confortable et bien doré, mais un jardin fermé dont vous n’avez pas la clef.

Les amis geeks vous diront qu’il est possible d’utiliser des logiciels qui vont convertir vos ebooks et enlever les protections s’ils en contiennent. C’est vrai. Il vous faudra toujours passer par là, les mettre à jour, subir les moments où ça ne fonctionnera pas le temps qu’il y ait une nouvelle version. Le ferez-vous ou souhaitez-vous profiter du confort d’une liseuse qui ne vous l’impose pas ?

Et même si vous vous l’imposez, vous êtes à la merci du bon vouloir d’Amazon d’un jour fermer les portes avec un peu plus de volonté. Là vous n’aurez plus de sortie possible.

Même si vous êtes prêts à subir ce jardin fermé, éthiquement personnellement je ne veux pas l’encourager. Oui, j’assume le choix politique. On fait aussi changer les choses en suivant ses valeurs.

Si vous voulez une Kindle malgré mes paragraphes précédents, restez sur la Paperwhite. La Kindle Voyage et la Oasis sont toutes deux du haut de gamme mais le prix est excessif même pour du haut de gamme. La valeur ajoutée justifie assez mal une telle différence vis à vis de la Paperwhite ou des équivalents chez d’autres constructeurs.

La Kindle « sans autre nom » est elle une vieille liseuse, sans éclairage et avec un écran obsolète. Le prix est bas mais c’est probablement une mauvaise affaire si vous cherchez quelque chose d’agréable.

Histoire d’être totalement transparent, je n’y ai plus de parts ni d’intérêt financier mais je suis un des fondateurs de TEA. J’y ai donc probablement un biais de cœur. J’espère être toutefois objectif, et ça n’a pas empêché une Kobo d’être en tête de mes recommandations une année précédente (si quelqu’un de Kobo passe ici, je cherche toujours à comprendre pourquoi vous avez remplacé l’excellente Glo HD par cette régression qu’est la Aura seconde édition).

Et si on faisait un système d’abonnement pour les ebooks ?

Ça fait plusieurs fois qu’on m’en parle alors je vais faire une réponse.

TL;DR: C’est compliqué, et pas forcément une bonne idée

Pour avoir étudié la chose dans ma vie professionnelle passée, j’en sors très dubitatif sur la pertinence du modèle.

Picorer de la musique

Nous avons tous en tête le modèle de la musique. Celui là a du sens. On explore et surtout on laisse le streaming en tâche de fond. Si l’outil sait nous faire des recommandations pertinentes, on va prendre plaisir à découvrir de nouvelles choses. On picore aussi pas mal, en fonction des liens que nous donnent les proches ou de ce qu’on entend ailleurs, des envies.

Bref, la musique est un domaine où le temps d’engagement d’une découverte est de quelques minutes, et où on accède a énormément d’œuvres différentes. L’abonnement prend tout son sens, il permet d’accéder à un catalogue très large instantanément, sans la barrière de l’achat.

Même dans ce contexte favorable, l’équation est difficile à réaliser. À ma connaissance tous les services d’abonnement et streaming musicaux sont déficitaires. Soundcloud a failli fermer il y a quelques jours.

Un usage différent pour le livre

Le livre, à l’inverse, même sur une recommandation, on prend le temps de lire le descriptif, on choisit. Peu de gens sont prêts à laisser la machine prendre la main et ouvrir en aveugle une recommandation. Les trois clics nécessaires à un achat ne sont pas vraiment un frein dans un engagement de lecture qui se chiffre souvent en semaines.

Il faut bien garder à l’esprit que la plupart des gens lisent moins de 10 livres par an. À 25 livres on est déjà dans les grands lecteurs. Est-ce que vraiment l’abonnement a du sens pour s’éviter de choisir et acheter 25 livres ? ce que j’ai sondé me fait croire que non.

La question du prix

Ou plutôt si. Ce serait top, parce qu’un forfait de 10 euros par mois ce n’est pas grand chose pour un grand lecteur. Mais en même temps les éditeurs ne sont pas fous. Pourquoi donneraient-ils accès à un forfait à 10 euros mensuels quand une nouveauté en coûte déjà le double à l’achat et qu’on parle de leur cœur de cible qui achèteront de toutes façons des livres ?

Dire qu’ils sont frileux n’est pas un secret, et je les comprends.

Pensez aussi qu’en France les livres ont un prix fixé par l’éditeur et qu’il n’est pas légal de le contourner. Certains éditeurs autorisent un prix à la page pour du streaming, mais ça veut dire imposer des limites au lecteur. On n’est plus vraiment dans l’illimité. Cher et pas illimité donc.

Mais il existe des solutions

Kindle propose par exemple Kindle Unlimited, mais le catalogue français est limité à 25 000 titres (c’est *très* petit pour du livre), très probablement essentiellement de l’auto-édition Kindle. De mémoire même Bragelonne et Immateriel en sont partis, alors qu’ils sont bien plus ouverts au numérique que le reste de la profession. Je doute de l’intérêt pour le lecteur, et l’offre française sert surtout à occuper le terrain si jamais un jour l’auto-édition y explose comme de l’autre côté de l’Atlantique.

Il y a aussi Youboox, qui eux proposent beaucoup de fond de catalogue. On trouve des livres qui ne se vendent plus vraiment, des petits éditeurs qui n’ont rien à perdre, ou des premiers tomes de séries à succès. Ça a plus de sens d’essayer pour l’éditeur parce qu’il n’y a quasiment aucun risque de phagocyter leurs ventes habituelles. Ça vient en plus. Ils ont d’ailleurs choisi un modèle freemium, qui cadre bien avec leur catalogue.

Enfin il existe les sites de streaming de bande dessinées. Là il y a du sens. Les usages font qu’on picore plus, que l’engagement de lecture se chiffre en heure et pas en semaine comme pour un roman. Malheureusement les éditeurs font des clans et les quelques services se divisent un catalogue à base d’exclusivités.

Et les bibliothèques

La seule vraie solution vient des bibliothèques. À force de lobbying, et probablement pour éviter qu’ils finissent par avoir le droit de prêter les livres numériques aussi facilement que les livres papier, les éditeurs ont fini par céder.

En papier il faut se rendre à la bibliothèque, se contenter d’un catalogue limité et attendre longtemps la disponibilité de la nouveauté qu’on cherche. Pour ceux qui ont les finances, la bibliothèque ne remplace pas les achats en librairie (et les autres n’auraient de toutes façons pas acheté).

En numérique on peut télécharger le livre depuis son canapé et la bibliothèque n’est pas limitée par le nombre d’exemplaires qu’elle peut prêter. Les éditeurs ont donc imposé des limites :

Les bibliothèques achètent donc des licences qui leur donnent le droit de prêter un nombre de fois défini le livre qu’ils ont choisi. C’est cher, et c’est donc payé à l’acte. Les prix pratiqués me font douter que ce soit très pérenne mais comme je disais plus haut : Les éditeurs ne sont pas fous.

Entre temps, pour ceux qui cherchent de l’abonnement avec un catalogue pas trop mauvais (bien que très limité), la bibliothèque est probablement la meilleure option. C’est aussi la seule qui vous permettra d’importer les epubs sur vos liseuses électroniques.

Mais avec des DRM

Si on parle d’abonnement on parle de prêt, et donc de DRM.

Pour Kindle, Youboox ou les abonnements de BD, ça veut dire rester dans la plateforme d’origine, avec les applications mobiles de la plateforme en question. Certaines imposent même une connexion internet pour tourner les pages.

Dans le meilleur cas, sur les bilbiothèques, vous avez des EPUB avec une DRM Adobe que vous pourrez utiliser sur une liseuse ouverte (TEA, Pocketbook, Bookeen, …). Dans tous les cas, sauf à ce que la bibliothèque ait décidé d’intégrer les livres libres de droit (Maupassant, Jules Verne et plein d’autres), le DRM sera incontournable.

TL;DR

Votre meilleure option c’est la bibliothèque municipale. L’abonnement sera au plus de quelques dizaines d’euros annuels, et vous pourrez télécharger les livres sur n’importe quelle liseuse électronique un peu ouverte. Le catalogue sera limité mais contiendra à priori des nouveautés et des titres parmi ceux que vous trouverez en librairie.

Au delà, sauf à avoir envie de découvrir des auto-édités et des auteurs hors catalogue, il ne vous restera que l’achat à l’acte, simplement parce que ça ne serait pas intéressant financièrement pour les éditeurs de vous proposer autre chose.

E0, le retour du fils de la vengeance

Je suis content de voir qu’on parle toujours d’un éventuel reboot de cette montagne de spécifications EPUB. C’est à la fois super complexe et pas mal contraint. Plus on avance plus on ajoute des options et des spécialisations pour des usages, et plus on s’enfonce dans des matrices de compatibilité entre les contenus et les lecteurs.

Ça ne peut qu’exploser et je n’ai pas vu en quoi cette surspécification de comment coder les contenus apportait une valeur significative par rapport à ce qu’on fait déjà sur le web.

Bref, Daniel remet ça sur la table, et je le trouve modéré sur les problèmes d’EPUB. Je suis certain qu’il aurait pu mettre des listes 3 ou 4 fois plus longues s’il en avait envie.


Quelques commentaires à chaud sur la seconde partie. Mis à part le dernier, c’est essentiellement retirer des contraintes ou simplifier.

(2.2, 4) J’aurais retiré le spine, qui fait doublon avec les rel=prev/next. Dans les cas d’usage que je vois, le moteur de lecture a surtout besoin d’avancer ou reculer séquentiellement. Si un spine peut être utile, il n’est en rien indispensable et pourrait être recréé par une analyse rapide si vraiment nécessaire.

(2.3) Je rendrais optionnelle la TOC. Là aussi, elle me parait pertinente et utile dans la plupart des usages mais je ne vois pas pourquoi elle serait indispensable au bon fonctionnement de la lecture ou du moteur de lecture. Si elle est absente… et bien il n’y en a pas.

(2._) À l’inverse, j’aurais bien aimé un moyen d’externaliser les différentes <nav> proposées, ainsi que le bloc de métadonnées. L’idée c’est de pouvoir faire référence à un fichier séparé via un <link rel=toc href=toc.html> plutôt que l’embarquer directement dans le contenu du fichier de navigation.

Je vois d’ailleurs un vrai bonus sur le fait d’utiliser un <link rel> déjà existant. Je n’ai pas l’impression que ça coûterait cher à un éventuel moteur de lecture que de le permettre, mais ça libèrerait les auteurs sur comment ils veulent présenter les contenus.

Tel quel si je veux montrer la TOC à la fin du document et pas en début de lecture, il faudrait sinon que je la cache en CSS dans le document de navigation puis que la doublonne dans un fichier de contenu tiers.

(2.1) Je rendrais même optionnel le bloc de métadonnées et le <header> associé en le rendant juste recommandé. La seule métadonnée essentielle étant le titre, déjà présent dans la balise <title>. Tout requis supplémentaire est un frein à la publication dont je ne vois pas le bénéfice.

Entendons-nous bien, j’ai envie de militer pour des blocs de métadonnées ultra-complets, plus que les EPUB actuels. Je ne vois cependant simplement pas de bénéfice à refuser une publication à laquelle il n’y a pas d’auteur indiqué, ou à laquelle il manque une autre métadonnée que le titre.

(2.1) Toujours pour le bloc de métadonnées, je ne comprends pas pourquoi imposer l’attribut vocab. J’ai l’impression d’une recommandation de forme inutile pour ce http://www.idpf.org/2007/opf. On le mettra si on en a besoin pour du RDFa, et sinon on s’en passera très bien.

Je comprends d’autant moins qu’à l’inverse l’exemple utilise du Dublin Core sans expliciter l’adresse du préfixe dc. Je n’ai rien contre les conventions simples, mais dans ce cas allons-y jusqu’au bout.

(_._) Plus généralement je suis dubitatif sur l’intérêt d’imposer quoi que ce soit d’autre que le nom du fichier de navigation qui empêcherait de simplement zipper un fichier html ou une collection de fichiers html déjà existants.

(2.1) Je suis dubitatif sur la préconisation de RDFa pour les métadonnées. Je suis personnellement revenu des formats qui mélangent données et métadonnées. C’est une contrainte pour l’auteur alors que la valeur ajoutée reste à démontrer. RDFa lui-même n’est pas la syntaxe qui a le mieux pris sur le web pour l’instant. Pour ces deux raisons, proposer JSON-LD m’aurait semblé plus pertinent.

J’avoue cependant qu’on peut faire des guerres de clocher pendant des années sur ces questions et RDFa ne me semble pas un mauvais choix non plus.

(2._) Je suis dubitatif sur l’utilisation des attributs id pour différencier les différentes sections de navigation. L’attribut role me semble plus adapté quand c’est possible. L’exemple en 2.6 montre d’ailleurs un role=doc-toc.

C’est encore plus vrai si de toutes façons on impose RDFa dans le document. La complexité étant déjà présente, autant l’utiliser. À défaut, j’aurais même préféré un attribut data-.

(2.1) Je suis gêné par l’obligation d’avoir une balise <title> et une métadonnée dc:title identiques. Je n’aime pas les doublons et donc un seul des deux devrait être reconnu comme normatif (et malheureusement l’obligation pour les métadonnées d’être dans un <header> m’empêchera d’utiliser le dc:title directement sur le <title>).

C’est d’autant plus vrai qu’il peut y avoir des différence entre le titre présenté à l’utilisateur et celui dans les métadonnées. Le cas d’usage le plus classique que j’ai vu est la gestion des tomes et des séries. Dans les métadonnées je code ce qu’est le titre de la publication et sa série, son tome, sa collection, etc. À l’utilisateur, partout où doit apparaitre le titre, je vais par contre éviter de me reposer sur le logiciel de lecture pour savoir s’il doit ou non préfixer/compléter par la série ou par la collection. Je vais manuellement mettre un titre utilisateur « Ma série : Mon titre » ou « Mon titre – Ma série ».

Je sais qu’on ne se contente pas que des livres mais le cas d’usage est tellement fréquent et pose tellement de problèmes dans les bases de données bibliographiques existantes que ça serait dommage de s’en passer.

(1.0) Je ne vois pas l’intérêt d’imposer l’extension e0. Indiquer l’extension canonique est une bonne chose mais l’imposer risque d’amener des lecteurs qui n’accepteront que celle-ci, alors que la spécification e0 telle quelle pourrait permettre de lire une quantité impressionnante d’archives zip déjà existantes qui commencent par un index.html.

(_._) Même si on ne se limite pas aux livres, le cas d’usage étant tellement courant, j’aurais aimé qu’on recommande une manière de faire référence à une image de couverture, probablement avec un <meta> ou un <link> vu que le codage officiel EPUB3 ne sera pas valable ici.

[Lecture] Un epub neutre

Avant de transférer un livre numérique sur ma liseuse, la plupart du temps je le modifie pour l’adapter à mes préférences, et aux limitations logicielles.

— Emmanuel Clément

Polices, couleurs, marges, couverture… tout y passe, et il a raison. La seule chose qui me retient est le temps nécessaire. Refaire les métadonnées à la main pour entrer le livre dans Calibre me prend déjà un temps bien trop long.

Il serait temps que les éditeurs fassent attention à ce qu’ils produisent.

Entre temps, quelqu’un pour faire un plugin Calibre qui fait tout ça automatiquement ? C’est techniquement faisable.

Recommandation liseuses Noël 2016

On me demande encore mes recommandations de liseuse. Peut-être que ce sera le dernier billet de ce type. J’ai encore une bonne vision du marché mais je n’ai plus l’occasion de toutes les avoir eu en main pour y lire un roman complet (ce qui est malheureusement vrai de beaucoup d’autres sites qui font des guides d’achat).

Le marché a peu bougé depuis la recommandation de l’hiver dernier.

Sur une liseuse je demande un écosystème un minimum ouvert et une grande qualité d’écran. Le reste est secondaire par rapport à ces pré-requis.

La mobile qu’on met dans la poche : TEA Touch Lux 3

Kobo a arrêté l’excellente Glo HD (6″), qui était ma recommandation précédente à cause de son écran.

Bookeen a une Cybook Muse HD avec un écran aux mêmes caractéristiques théoriques. Leur logiciel est bon, la qualité de finition est correcte. Ce pourrait être le vrai bon choix mais je ne veux pas la recommander sans l’avoir eu en main : Le contraste réel en lecture dépend de comment cet écran a été intégré, ainsi que de la gamme de qualité réservée à e-ink, et Bookeen ne choisissait pas toujours les meilleurs écrans jusqu’à présent.

Il reste donc l’Aura HD 2 de Kobo ou la Touch Lux 3 de TEA. Toutes les deux ont le même écran (qui malheureusement n’est pas celui de la Glo HD ou de la Muse HD, malgré le même acronyme dans le nom).

Si vous n’avez pas déjà des achats dans le cloud Kobo, celle de TEA est une valeur sûre, conseillée par d’autres et géré par un réseau local. On la trouve à 99 € chez Cultura, 10 € de plus en pack avec une couverture.

Vous pouvez trouver moins cher, mais beaucoup moins bien. Je le déconseille très très fortement.

Celle du canapé, qui reste à la maison : Kobo Aura One

Sur le grand format (8″) il n’y a pas vraiment de débat. La Kobo Aura One est loin devant. Meilleur écran du marché, excellent contraste, vrai travail sur l’éclairage intégré. Ok elle est à 230 € mais elle les vaut.

Si vous voulez moins cher, restez sur la Touch Lux 3 du format 6″.

L’Inkpad de Pocketbook et Cybook Ocean de Bookeen ne sont pas au même niveau, avec des écrans respectivement d’une (Inkpad) ou deux (Cybook) générations de retard.

La Kobo Aura H2O est une bonne liseuse mais sur un format intermédiaire qui ne m’a pas convaincu. Trop grand pour être mobile et entrer dans les poches de veste mais la différence de taille n’est pas assez significative pour mériter qu’on la prenne pour un grand format.

Autres digressions
On trouve moins cher !

Oui, et je déconseille très fortement. Prendre une liseuse sans marque ou de marque bon marché c’est un coup à vous dégouter du numérique à vie. Ne jamais descendre en dessous du milieu de gamme (les liseuses 6″ entre 99 et 130 €). C’est vrai aussi pour les 8″ : Il y a moins cher mais le résultat risque de ne pas donner envie de lire.

Et pour les mangas, les BD, les livres techniques, les PDF ?

Aujourd’hui les liseuses peuvent être recommandées pour du texte linéaire simple et en noir et blanc : roman, essai ou nouvelle.

Techniquement les liseuses sont capables de lire du PDF, des livres techniques voire des livres jeunesse mais le résultat sera au mieux peu agréable, le plus souvent bien pire.

Il ne manque pas forcément grand chose à la 8″ pour du manga mais ça reste juste, et le tourné de page n’y sera pas super rapide. Bref, testez avant d’acheter. Si vous sautez le pas, la taille imposera une lisibilité excellente alors ne tapez pas en dessous de la Kobo Aura One, même si elle vous semble chère.

Et l’éclairage ?

Toutes les liseuses que je recommande ici ont un sur-éclairage intégré.Si vous avez un·e conjoint·e dans le lit, c’est un confort dont vous ne pourrez plus vous passer.

Je dis sur-éclairage. Le principe est opposé à celui du rétro-éclairage des smartphone et tablettes LCD, et l’effet sur les yeux ne sera pas le même. Ce sur-éclairage sait aussi être en bien moindre intensité que vos smartphone, et gênera moins la nuit dans le lit.

Allez-y tranquille, au point que ce serait une erreur de prendre une liseuse sans sur-éclairage même si vous ne projetez pas de vous en servir.

Et Kindle ?

Les Kindle sont de bonnes liseuses, très bonnes pour la Paperwhite.

Le problème est que c’est un appareil fermé dans un écosystème fermé. Ce que vous y achetez y restera, totalement assujetti à la volonté d’Amazon : S’ils ferment votre compte vous l’avez dans l’os. Si vous changez de pays, même chose. Si vous voulez passer à une liseuse autre que Kindle, même chose. Vous aurez à abandonner tous vos achats, et plus longtemps vous y resterez plus vous aurez à abandonner.

Si demain ils deviennent simplement plus chers ou moins bons que la concurrence, vous serez coincés. Et si demain ils se fâchent plus fort qu’hier avec Hachette, c’est un tiers des livres français que vous ne trouverez plus dans le catalogue. Si demain, comme Sony, ils décident de ne plus faire de livre numérique, là c’est la catastrophe potentielle.

Il y a possibilité de convertir les livres mais seuls quelques rares parmi les plus geeks d’entre vous continueront à le faire au jour le jour plutôt que de profiter de tous les avantages de l’écosystème interne. Et même alors, ça ne concerne que les livres sans DRM, c’est à dire très peu voire aucune des nouveautés les plus vendues.

Bien entendu, s’ils changent de format, vous êtes dépendants de l’hypothétique développement d’un nouveau convertisseur de la part de la communauté, sans aide et contre la volonté d’Amazon. Tiens, ça me rappelle l’actualité de l’année dernière. Oups…

Bref, pas de Kindle tant qu’ils ne s’ouvrent pas plus. La pérennité n’est pas tip top.

Et la couleur ?

Il n’y a toujours pas de technologie à encre électronique couleur de bonne qualité. Certaines marques tentent de vendre des liseuses couleur qui sont en réalité des tablettes LCD bas de gamme. Fuyez.