Catégorie : Geek

  • [blog] Suivi des discus­sions

    Vieux sujet traîné en commun avec Karl et David (mais pas que) : Faire en sorte de décen­tra­li­ser les blogs et les discus­sions qui s’en suivent.

    L’his­toire

    Par le passé nous avions Track­back. On envoyait une noti­fi­ca­tion aux conte­nus liés, avec le lien vers notre contenu, le nom du blog, un extrait et un titre. Le codage carac­tère était globa­le­ment mal géré, les titres et extraits se sont révé­lés globa­le­ment inutiles voire contre-produc­tifs, mais c’était implé­menté un peu partout et ça, tech­nique­ment, ça fonc­tion­nait assez bien.

    Pour faire court, les gens conti­nuaient à commen­ter dans le billet d’ori­gine plutôt que de commen­ter dans un nouveau billet chez eux. Par contre les track­backs étaient très utili­sés pour le spam, avec au final un ratio signal/bruit vrai­ment mauvais et donc l’aban­don du système.

    Il y a aussi eu Ping­back. Système simi­laire mais avec une auto­dé­cou­verte plus sympa et l’ar­rêt de trans­mis­sion des titres et extraits. Vu que ces derniers n’étaient jamais person­na­li­sés spéci­fique­ment pour la noti­fi­ca­tion, autant les récu­pé­rer direc­te­ment à partir du lien si jamais on en a besoin.

    Diffé­rence, Ping­back propo­sait de véri­fier la présence d’un lien sortant dans le contenu tiers avant de vali­der une liai­son entrante. Cette diffé­rence fut peu impac­tante au finale. L’idée a aussi été implé­men­tée dans les track­back mais les spameurs ont vite appris à faire des liens sortants pour poster leur spam, quitte à faire des liens invi­sibles pour le lecteur ou des liens tempo­raires suppri­més après l’opé­ra­tion.

    Je trouve aussi l’idée discu­table dans le sens où la valeur ajou­tée du lien n’est pas la même dans les deux sens. Si je réalise analyse sur une dépêche AFP, il peut être utile d’avoir une noti­fi­ca­tion chez plusieurs personnes qui reprennent verba­tim cette dépêche, mais cela n’au­rait aucun sens d’en lier plus d’un à partir de mon analyse (ce que la véri­fi­ca­tion de ping­back impose).

    Wiki­pe­dia cite aussi Refback. Je ne l’avais jamais vu forma­lisé sous ce nom mais la pratique est connue : Explo­rer les entêtes HTTP Refer­rer pour repé­rer de nouveaux liens entrants auto­ma­tique­ment. Les spam­meurs jouaient à faus­ser ces entêtes depuis long­temps donc là aussi ça n’a pas changé grand chose.

    Tous ces systèmes ne spéci­fient que la noti­fi­ca­tion. Il s’agit de parler un langage commun au niveau de cette noti­fi­ca­tion pour que ce soit plus simple pour tout le monde. Il reste à l’édi­teur du site lié de choi­sir ce qu’il fait de la noti­fi­ca­tion : L’af­fi­cher auto­ma­tique­ment avec une modé­ra­tion a poste­riori, gérer une liste blanche, mettre un système anti-spam auto­ma­tisé, ou même faire une vali­da­tion manuelle a priori.

    Il y a aussi Salmon, très orienté commen­taire, mais extrê­me­ment complexe et quasi­ment pas implé­menté (les deux sont certai­ne­ment liés). J’ai du mal à voir ce proto­cole réel­le­ment implé­menté partout.

    Webmen­tion

    Aujourd’­hui on parle de Webmen­tion. Même séman­tique que Ping­back, même méca­nismes d’au­to­dé­cou­vertes (seule la valeur de « rel » change), même requête initiale et mêmes para­mètres (seuls les noms des para­mètres changent légè­re­ment pour reti­rer les trois derniers carac­tères).

    Les diffé­rences tiennent exclu­si­ve­ment dans la préci­sion de la méthode HTTP à utili­ser (POST) et dans les codes de retours (Webmen­tion utilise les codes HTTP stan­dards et un lien vers la mention créée, là où Ping­back renvoie une code de retour dans le corps de la réponse).

    C’est tech­nique­ment plus satis­fai­sant pour les affi­cio­na­dos de HTTP mais la valeur ajou­tée fonc­tion­nelle est nulle. On ne fait rien de plus, rien de moins, et pas vrai­ment diffé­rem­ment. J’échoue d’ailleurs à

    Sachant que ping­back a une implé­men­ta­tion dispo­nible sur à peu près tous les gros moteurs de blogs, je ne trouve pas que cela justi­fie de lancer un nouveau proto­cole. En l’état c’est d’une utilité encore plus faible que ce que j’ima­gi­nais initia­le­ment. Pas de quoi m’em­bê­ter à l’im­plé­men­ter.

    En fait à choi­sir entre ping­back et webmen­tion, une fonc­tion­na­lité forte de ping­back est l’at­tri­but ping­back, qui permet­trait de faire une noti­fi­ca­tion auto­ma­tique suivant ce dernier proto­cole, et donc de rempla­cer (en opt-in) l’en­tête HTTP Refer­rer là où elle est bloquée par HTTPS. Cette possi­bi­lité me semble bien plus utile que le respect théo­rique de HTTP (je sens que je vais atti­rer pas mal de commen­taires avec cette phrase mais j’as­sume).

    Suivi des discus­sion

    Et puis j’ai l’im­pres­sion qu’on regresse un peu par rapport au track­back initial. Ping­back et Webmen­tion noti­fient d’un lien entrant, pas d’un suivi de discus­sion.

    Je peux avoir un lien entrant sans aucun ajout à la discus­sion, juste un relai. Inver­se­ment je peux avoir un nouveau contenu qui apporte à la discus­sion et qui méri­te­rait de noti­fier plusieurs conte­nus déjà exis­tant sans forcé­ment s’im­po­ser de faire des liens.

    Autre commen­taire de Karl : Certains aime­ront avoir plus qu’un lien, avec un petit texte sur le pourquoi de la noti­fi­ca­tion, de ce qu’ajoute ce nouveau contenu au sujet déjà en cours – par exemple pour orien­ter la modé­ra­tion et le choix de (non-)publi­ca­tion. Pas forcé­ment perti­nent de le rendre obli­ga­toire (ça empê­che­rait pas mal d’au­to­ma­tismes) mais le rendre possible serait utile.

    Et si je n’im­pose pas de lien dans le contenu noti­fié, il faudra que je puisse en authen­ti­fier l’ori­gine. Un système de signa­ture simpliste devrait suffire mais sera néces­saire.

    Faire une spéci­fi­ca­tion qui implé­mente ça demande deux heures tout au plus. Rien n’em­pêche même qu’elle soit compa­tible avec Webmen­tion et qu’on puisse avoir un point d’en­trée unique. Simple­ment ça n’a de sens que si je ne suis pas le seul à jouer.

    David, Karl, les autres ? vous en pensez quoi ?

  • Un connec­teur USB de plus

    On nous prépare un nouveau connec­teur USB, de la taille du micro-USB de nos télé­phones, mais réver­sible : Le type C.

    Génial mais… Disons qu’on avait déjà deux types (A et B) à croi­ser dans trois tailles (stan­dard, mini et micro). Ça faisait déjà pas mal.

    Type A blanc gros plat PC
    Type B blanc gros carré Impri­mante, caméra
    Mini Type A blanc petit plat Obso­lète
    Mini Type B noir petit plat GPS, PDA, APN
    Micro Type A gris / blanc petit plat Obso­lète
    Micro Type B noir petit plat Smart­phone, APN, GPS

    Comme on aime bien s’amu­ser, on a même ajouté de l’USB 3. Ils sont tous rétro-compa­tibles USB 2 mais ont plus de pins et même un double connec­teur pour les petits.

    3.0 Type A bleu gros plat PC
    3.0 Type B bleu gros double carré ?
    3.0 Micro B noir petit double plat Tablette

    Rassu­rez-vous on avait aussi pas mal de dérives proprié­taire. Une brève recherche remonte ces 7 là mais ils ne sont clai­re­ment qu’un petit échan­tillon. D’ailleurs dans les 4 pins on en trouve pas mal de versions (incom­pa­tibles, voire qui peuvent dété­rio­rer les appa­reils si on prend l’une pour l’autre). Je vous fais grâce des connec­teurs mais qui font passer une inten­sité de 2A au lieu des 500mA (ou 900mA pour l’USB 3) qu’on trouve sur les tablettes. Heureu­se­ment ils ont un connec­teur non stan­dard du côté de la tablette.

    Mini 4P (4 pins) noir petit carré
    Mini type A
    (4 pins)
    blanc petit plat
    Mini Type B
    (4 pins)
    noir petit carré APN Kodac
    HTC ExtMi­cro petit plat Smart­phone HTC
    Mini 8M (8 pins) noir petit carré
    Mini 8P (8pins) noir petit rond
    Mini TDK noir petit carré
    UC-E6 noir petit plat Nikon

    Avec cet histo­rique, ajou­ter un type C (qui pour l’ins­tant n’exis­tera qu’en taille micro), ça prend un sens tout diffé­rent.

  • Rançon­gi­ciel

    Sérieu­se­ment, je ne pour­rai pas me passer de bloqueur de pub, mais je ne peux pas caution­ner ces pratiques. Oui, vous pouvez désac­ti­ver la liste blanche, mais ce n’est pas une ques­tion de voir ou non les publi­ci­tés de la liste blanche. C’est que je me refuse à donner du poids à cette exten­sion pour qu’en­suite l’au­teur le moné­tise de cette façon. Sur Fire­fox vous pouvez regar­der du côté de adblock edge qui fait la même chose mais sans cette poli­tique de rançon.

  • Vive la trans­la­tion du jargon

    J’ai cher­ché comment traduire « commit » dans le contexte d’un contrôle de versions type git ou subver­sion. J’ai eu quelques propo­si­tions qui peuvent permettre de construire des phrases au cas par cas, mais aucun terme vrai­ment éclai­rant et géné­rique.

    Mais surtout je me suis heurté à pas mal de réac­tions concer­nant l’idée même de traduire le terme.

    Fran­che­ment je ne cherche pas à « défendre la langue française ». Elle va très bien, merci pour elle, et surtout elle ira d’au­tant mieux qu’elle restera vivante et s’au­to­ri­sera à impor­ter des termes étran­gers. Il est d’ailleurs amusant de voir de temps en temps de la résis­tance à impor­ter un terme anglais… qui est en fait un terme français qui a été importé outre-manche ou outre-atlan­tique il y a bien long­temps. Bref, là n’est pas la ques­tion.

    Ma petite histoire

    C’est Eyrolles qui m’a pas mal ouvert les yeux sur l’uti­lité d’une traduc­tion. À l’époque de la rédac­tion de mon livre sur PHP, ils nous ont imposé de cher­cher au maxi­mum des traduc­tions.

    • Premier constat : Quand on cherche, le plus souvent, on trouve un terme français qui corres­pond très bien.
    • Second constat : Le plus souvent même ceux qui n’uti­lisent que les termes anglais ne remarquent même pas qu’il y a eu effort parti­cu­lier de traduc­tion.

    Tout le monde utilise thread, parser, template, tag… mais fina­le­ment un fil de discus­sion ou d’exé­cu­tion, un moteur ou un analy­seur syntaxique, un gaba­rit, une balise ou une étiquette, ça fonc­tionne très bien aussi. En fait ça fonc­tionne même mieux, avec une lecture bien plus fluide quand bien même les termes sont rare­ment fran­ci­sés dans le contexte infor­ma­tique.

    Il m’a ainsi fallu pas mal de volonté pour faire un chapitre sur les gaba­rits de pages HTML en PHP. Damned, j’ai résisté et voulu écrire « template » jusqu’au bout. Je me demande même si nous n’avions pas fini sur un compro­mis en lais­sant « template » dans le titre de chapitre en crai­gnant que « gaba­rit » ne soit pas immé­dia­te­ment compris. Sauf qu’au final je suis bien content de l’avoir fait ce chan­ge­ment.

    Abra­ca­da­bra

    J’ai vu trop d’in­for­ma­ti­ciens utili­ser les termes anglais comme des formules magiques. J’ai même eu plusieurs discus­sions à l’époque du choix de « gaba­rit » où on m’a expliqué qu’un « template » c’était diffé­rent parce que [insé­rez ici une conno­ta­tion imagi­naire]. Moins mon inter­lo­cu­teur avait de recul sur ce qu’il mani­pu­lait et de compré­hen­sion du fonc­tion­ne­ment, plus il était atta­ché au terme anglais. Cette consta­ta­tion n’a jamais été démen­tie (atten­tion à ne pas vous vexer : je ne prétends pas que la réci­proque est vraie).

    Si je tiens au français, c’est juste­ment pour parler français et pour ne pas utili­ser de termes formules magiques où chacun y met son propre imagi­naire. Ça permet de norma­li­ser le discours, de lais­ser prendre du recul à ceux qui sont trop habi­tués à copier sans comprendre, et de parler du fonc­tion­ne­ment plus que d’une série d’ou­tils et de commandes.

    Comme la plupart des infor­ma­ti­ciens, j’ai beau­coup tendance à utili­ser l’an­glais dans mon jargon. J’ai toute­fois pu noter de réelles diffé­rence d’im­pact et de compré­hen­sion dès que je fais l’ef­fort d’uti­li­ser des termes français. Et cette faci­lité d’échange ne concerne pas que les débu­tants : Je la constate aussi face à des habi­tués du terme comme de la tech­nique qu’il recoupe. À vrai dire plus la personne en face a du recul et de la compré­hen­sion, plus on peut parler de ce qu’il y a derrière et autour et plus la langue utili­sée est un détail.

    À l’usage

    Seule l’ha­bi­tude fait un peu résis­tance, mais pas tant que ça. En fait tout l’enjeu c’est de trou­ver un terme qui sera immé­dia­te­ment compris sans réflé­chir par un natif fran­co­phone, même par celui qui n’uti­lise que le terme anglais dans sa vie profes­sion­nelle. Très souvent on trouve, et si extrê­me­ment peu de mes corres­pon­dants parle­ront eux-même de fil d’exé­cu­tion, aucun ne tique quand je le fais.

    Il reste quelques termes diffi­ciles à traduire. Le plus souvent ce sont des termes qui ont déjà été détour­nés de leur sens usuel en anglais. Forcé­ment, trou­ver un terme français revient aussi souvent à le détour­ner de son sens usuel… et là ça coince. À l’écrit, quand ça arrive, je tente de forcer un peu le terme français s’il me semble viable, quitte à mettre le terme anglais en paren­thèses à la première occur­rence.

    Et quand rien ne va ? et bien j’uti­lise l’an­glais, ça me va aussi très bien. Fuck à l’Aca­dé­mie Française qui créé un nouveau mot complè­te­ment déli­rant par volonté abso­lue de ne pas utili­ser l’an­glais. Ce n’est pas ma moti­va­tion. Par contre j’en arrive là après une recherche sérieuse, avec l’aide de ceux qui le veulent.

    Et pour « commit » alors ? Après un nombre impor­tant de contri­bu­tions sans aucune suffi­sam­ment claire et géné­rique – de mon avis person­nel – Karl a proposé le simplis­sime « enre­gis­trer ». Ça ne plaira peut être pas aux puriste, mais j’ai l’im­pres­sion que ça colle parfai­te­ment à pas mal de sens qu’on donne à « commit », et que je trou­ve­rai bien les termes pour les quelques sens manquants avec les notions de version et tran­sac­tion. Ceci dit ça reste un sujet ouvert pour moi.

  • Héber­ge­ment email perso

    J’étu­die les alter­na­tives pour héber­ger mes e-mail.

    Les indis­pen­sables:

    1. Un gros quota (je suis actuel­le­ment à 13 Go et ça n’est pas prêt de s’ar­rê­ter. Je ne supprime rien et ne souhaite pas commen­cer à le faire)

    2. Un moteur de recherche excellent (je n’uti­lise quasi­ment que ça)

    3. Des capa­ci­tés de filtres assez bonnes (j’en ai un paquet)

    4. La capa­cité d’al­ler impor­ter des e-mail depuis des comptes pop3 externes

    5. Y accé­der depuis mac, smart­phone android et Web (une inter­face Web peut suffire si elle est plei­ne­ment adap­tée aussi au smart­phone)

    6. Pas de chan­ge­ment d’adresse (gestion de mon propre domaine)

    7. Un très bon anti-spam

    8. La possi­bi­lité d’avoir un backup chez moi (un accès pop3 n’ef­fa­cant pas les emails ira très bien)

    9. Ne pas héber­ger moi-même

    Non indis­pen­sable mais il est préfé­rable que je puisse mettre un mail dans plusieurs caté­go­ries/tag et j’avoue que le fonc­tion­ne­ment inbox/archive de gmail convient très bien à mon usage. Bonus si j’ai quelque chose d’aussi adapté à ce niveau là.

    La migra­tion n’a de sens pour moi que si c’est vers un ou plusieurs pres­ta­taires situés hors US (si possible en France), et qui est/sont le moins suscep­tible/s de faire commerce de mes données.

    Je suis prêt à faire des compro­mis, ne pas retrou­ver la même chose, faire des opéra­tions diffé­rem­ment, mais l’email reste un média très impor­tant pour moi. Je souhaite rester avec des inter­faces et un fonc­tion­ne­ment de haute qualité.

    Bien évidem­ment je suis prêt à payer pour un service de qualité, d’ailleurs je le fais déjà.

    Que propo­sez-vous ?

  • À quoi ça sert

    Quand vous aurez tous vos conte­nus sur Amazon, toute votre commu­ni­ca­tion sur Google et toutes vos rela­tions sur Face­book, et que deux ans après l’un des trois ou les trois vous dit « vous signez ici ou vous aban­don­nez tout ce que vous avez », il sera un peu tard.

    Ce scéna­rio n’est même plus de la prédic­tion, c’est le présent et ça a déjà commencé. Le billet précé­dent sur la messa­ge­rie instan­ta­née n’est qu’une anec­dote, mais qui fait partie d’un mouve­ment de fond bien puis­sant.

    Ce qui m’agace le plus c’est que les gens laissent faire, et même semblent ne pas s’en préoc­cu­per.

    Parfois j’ai presque envie de lais­ser tomber le web à tel point je me dis « c’est foutu les gens s’en moquent ».

    J’ai l’air bien beau à résis­ter en contrô­lant mes adresses et mes iden­ti­fiants avec mon nom de domaine, voire mes services sur mon serveur perso. C’est utile pour moi mais ce n’est acces­sible qu’à une mino­rité. Mener le combat seul ne sert à rien : Si vous vous êtes tous vendus, alors pour conti­nuer à vivre en rela­tion avec vous je n’ai d’autre choix que de faire de pareil.

    Seuls nous n’avons quasi­ment aucune chance de propo­ser une alter­na­tive, pour­tant c’est juste essen­tiel pour nous, notre avenir, et celui de nos enfants. Si ça vous parait encore être une « grande phrase », c’est que vous ne réali­sez pas encore ce qui se joue aujourd’­hui.

  • Messa­ge­rie instan­ta­née et jardins fermés

    Je suis très pessi­miste sur les évolu­tions récentes dans la messa­ge­rie instan­ta­née.

    Le mieux

    Pendant un temps ça s’est un peu amélioré. Les non-tech­ni­ciens ne le voyaient pas mais on a commencé à ouvrir un peu les réseaux. Le proto­cole ouvert et stan­dar­disé XMPP s’est plus ou moins imposé comme base, et Jabber (le réseau des serveurs XMPP ouverts) commençait à prendre pas mal d’im­por­tance.

    Apple iChat, Google et même MSN savaient désor­mais plus ou moins commu­niquer entre eux via ce proto­cole, éven­tuel­le­ment avec quelques arti­fices. Chacun pouvait aussi monter son propre sous-réseau chez lui ou dans son entre­prise, avec sa propre adresse, et commu­niquer avec les gros réseaux de façon trans­pa­rente. Même Skype avait annoncé déve­lop­per un connec­teur pour la partie texte de sa messa­ge­rie. AIM avait de plus commencé à s’ou­vrir au réseau de Google, ce qui était un premier pas.

    Mais ce n’est pas tout : AIM, ICQ, Yahoo! Face­book et bien d’autres ont migré vers ce même proto­cole.Même si leurs réseaux restent isolés les uns des autres, il était possible d’uti­li­ser le même proto­cole et donc d’avoir des appli­ca­tions qui faisaient tout. C’était encore loin d’être idéal, parfois les fonc­tion­na­li­tés avan­cées des diffé­rents réseau n’étaient pas gérées, et pour certains l’im­plé­men­ta­tion était expé­ri­men­tale ou en déve­lop­pe­ment, mais la direc­tion était plus qu’en­cou­ra­geante. Même twit­ter avait une inter­face avec le proto­cole XMPP pour certains flux.

    Les appli­ca­tions Pidgin et Adium permet­taient ce qui manquait encore, en implé­men­tant tous les proto­coles prin­ci­paux. Sous réserve d’avoir un compte sur chaque réseau il était possible de centra­li­ser toute la messa­ge­rie sur une seule appli­ca­tion et de ne pas se préoc­cu­per de savoir qui est sur quel réseau (ou même qu’il existe diffé­rents réseaux).

    Il n’y a presque que Skype qui restait dans son coin mais, au moins dans nos pays, il était quasi­ment exclu­si­ve­ment utilisé pour la voix, pas pour la messa­ge­rie instan­ta­née.

    Et le moins bien

    Malheu­reu­se­ment le « je veux mon réseau social comme Face­book » semble être à la mode et on a tout détri­coté tout juste quelques mois.

    Twit­ter ? Ils ont fermé leur inter­face XMPP, et les évolu­tions montrent qu’ils tentent de contrô­ler les diffé­rentes appli­ca­tions clientes. Le nombre maxi­mum d’uti­li­sa­teurs par appli­ca­tion non-offi­cielles fait qu’il est illu­soir d’ima­gi­ner une compa­ti­bi­lité stable et pérenne avec des appli­ca­tions de messa­ge­rie instan­ta­née.

    MSN ? Ils ont racheté Skype et a annoncé migrer ses utili­sa­teurs de Windows Live vers ce réseau. Le réseau MSN fonc­tionne encore alors que sa date d’ex­tinc­tion est désor­mais passée, mais rien ne permet de dire si ça perdu­rera encore long­temps.

    Le proto­cole Skype n’est malheu­reu­se­ment pas ouvert et ce ne semble pas être la direc­tion souhai­tée en interne. Il est probable qu’il faille désor­mais commu­niquer avec les contacts MSN via Skype et unique­ment Skype.

    Il existe encore un plugin Skype pour Pidgin mais il impose d’avoir le client Skype lancé et connecté, ne couvre pas le mobile, et semble ne pas fonc­tion­ner correc­te­ment pour les utili­sa­teurs qui ont fusionné leur compte Skype et leur compte MSN.

    Google ? Google vient d’an­non­cer le passage à Hangout. Ils avaient déjà éteint un bref moment les échanges entre leurs serveurs de messa­ge­rie et les serveurs tiers, rompant l’in­te­ro­pé­ra­bi­lité. Désor­mais c’est tout le proto­cole XMPP qui est jeté. Impos­sible de commu­niquer avec des utili­sa­teurs non Google une fois que vous avez migré, pas même avec les utili­sa­teurs du réseau AIM qui avaient une liai­son spéci­fique. Impos­sible aussi d’uti­li­ser un client autre que les clients Google.

    L’an­cien réseau XMPP de Google est encore là mais on ne sait pas pour combien de temps. Toujours est-il que les utili­sa­teurs vont migrer vers Hangout au fur et à mesure (consciem­ment ou non) et ce sont autant de gens qui devien­dront injoi­gnables pour ceux qui n’y sont pas encore. Pire : Il semble qu’ils sont encore vus comme connec­tés, mais ne peuvent pas lire vos messages ou vous en envoyer.

    Là aussi, le proto­cole n’est pas connu, donc il faudra avoir un logi­ciel spéci­fique pour Hangout, impos­sible d’uti­li­ser Pidgin ou un équi­valent.

    Sans avenir

    Twit­ter, MSN et Google s’en­ferment chacun dans leur pré : impos­sible de commu­niquer avec eux depuis l’ex­té­rieur, ou d’avoir une même appli­ca­tion qui se connecte aux diffé­rents réseaux. Diffi­cile de comp­ter sur Face­book pour s’ou­vrir, et les autres qui étaient au stade de déve­lop­pe­ment ou d’ex­pé­ri­men­ta­tion ne risquent pas d’in­ves­tir pour péren­ni­ser la chose désor­mais.

    Bref : Vous appar­te­nez au réseau que vous choi­sis­sez, et vous n’êtes qu’un pion dans la guerre qui oppose les multi­na­tio­nales d’In­ter­net. Le courant domi­nant est main­te­nant de fermer les fron­tières et de capi­ta­li­ser sur les utili­sa­teurs pieds et poings liés, c’est à dire vous. Votre proprié­taire pourra vous impo­ser les conte­nus, les services ou la publi­cité qu’il souhaite (rassu­rez-vous, il atten­dra un peu que ça se calme avant de le faire, histoire de ne pas risquer une migra­tion en masse). Une société souhaite lancer des conte­nus ou inno­ver ? OK si elle paye votre proprié­taire et n’entre pas en concur­rence avec lui. Moins vous pour­rez commu­niquer avec l’ex­té­rieur, mieux ce sera car vous serez sous contrôle de votre proprié­taire de réseau.

    Sauf renver­se­ment de situa­tion ou prise de conscience excep­tion­nelle des utili­sa­teurs :

    • Jabber est mort à court ou moyen terme, sauf pour quelques geeks et inter­nautes convain­cus
    • Vous ne pour­rez plus choi­sir vos appli­ca­tions, il faudra accep­ter les appli­ca­tions offi­cielles, en leur donnant les droits qu’elles demandent, en accep­tant publi­ci­tés, mises en avant ou marke­ting qu’elles choi­sissent
    • Si vous n’ac­cep­tez pas de vous lais­ser enfer­mer et menot­ter sur un seul réseau, il faudra instal­ler et lancer simul­ta­né­ment plusieurs logi­ciels diffé­rents non inter­opé­rables
    • Le web ouvert est mal barré

     

  • TLS par défaut

    Il ne fallait qu’une heure pour le faire mais je ne l’avais jamais inves­tie jusqu’à présent. C’est main­te­nant fait : Cet espace utilise une connexion HTTP sécu­ri­sée par défaut.

    Le lien HTTP non sécu­risé redi­rige direc­te­ment vers la partie sécu­ri­sée. Cette dernière envoie l’entête HSTS pour bloquer ce choix.

    Remon­tez-moi toute diffi­culté.

  • La para­ly­sie du tout parfait

    Je lis Tris­tan, et par là un billet essen­tiel d’An­thony, que malheu­reu­se­ment j’avais manqué en janvier.

    Savoir, tout savoir, puis déci­der

    Il me faut un savoir quasi-ency­clo­pé­dique sur le domaine pour me sentir à l’aise au moment de faire un choix.

    Oh combien je m’y retrouve. Au risque de renfor­cer le petit côté autiste, je dirai que ce fut encore pire pour moi. Pour un achat je construis des tableaux de dix kilo­mètres en compa­rant tous les produits du marché sur toutes les boutiques, et même un peu plus, et finis – parfois – par me déci­der au bout de longs mois. Je ne sais pas lequel de nous deux avec Anthony est le moins impul­sif, mais je ne dois pas me lais­ser tant distan­cer que ça.

    Les bases du choix

    Mais là c’est encore simple fina­le­ment, parce qu’on peut trou­ver des critères objec­tifs, des recom­man­da­tions, des expé­riences. Et quand le sujet est pure­ment subjec­tif alors ? Fut un temps mes connais­sances rigo­laient (peut être un peu jaune) sur mon inca­pa­cité à faire des choix simples comme « quel parfum souhaites-tu ? ». Parce qu’entre la glace à la fraise et la glace à la vanille il n’y a pas vrai­ment de *rai­son* de prendre l’un ou l’autre, du coup j’étais inca­pable de dire quoi que ce soit, ou même de prendre une alter­na­tive au hasard. Ce n’est pas tant que j’hé­site sur le choix, c’est que le choix n’a souvent pour moi aucun sens si je n’ai pas de critère objec­tif et de « pourquoi » ; je ne le conçois même pas dans mon esprit.

    Heureu­se­ment j’évo­lue. Ça a été un grand travail sur moi-même, et ça l’est encore un peu parfois, avec quelques stra­té­gies d’évi­te­ment (« vanille » la glace, il y en a toujours et ça m’évite de faire un choix arbi­traire qui n’a aucun sens pour moi). Heureu­se­ment en contexte profes­sion­nel ce travail sur moi-même je l’ai fait avec encore plus de force, au point qu’il a été au moins en partie trans­formé en qualité : atten­tion au détail et volonté d’étu­dier les problé­ma­tiques profon­dé­ment.

    Avan­cer, sauter dans l’in­connu

    Mais tout n’est fina­le­ment pas vrai­ment une ques­tion de savoir faire un choix. C’est un besoin de tout savoir, tout comprendre. Un baptême de plon­gée, je soupçonne ma femme d’avoir été surprise de me voir être capable d’uti­li­ser le déten­deur sans faire trop de sima­grées sans pour autant savoir en détail comment ça fonc­tionne. Côté tech­nique infor­ma­tique c’est une malé­dic­tion qui prend un temps mons­trueux.

    Bien entendu ça se travaille, mais en gran­dis­sant on réalise jour après jour l’éten­due de tout ce qu’on ne connait pas, qui gran­dit bien plus vite que l’éten­due de nos propres connais­sances.

    Apprendre c’est se rendre compte de l’im­por­tance de notre igno­rance. Parfois il y a de quoi se sentir un peu perdu.

    Tout ça pour dire

    Si j’ai appris une chose, c’est qu’a­van­cer est le plus diffi­cile. Même quand je suis (très) critique sur des initia­tives, je ne perds pas de vue que la grande force c’est d’avoir essayé, d’avoir avancé dans l’in­connu, et que ça c’est plus impor­tant que tout. C’est une qualité rare, c’est celle que nous tentons chaque jour de mettre en exergue en star­tup.

    Avan­cez, sans mettre la char­rue avant les boeufs, sans oublier qui vous êtes et ce en quoi vous croyez, mais avan­cez, c’est ça l’im­por­tant.

    Et cette gêne qui nous impose de tout savoir et tout contrô­ler, qui nous incite à refu­ser l’im­per­fec­tion, faisons-en une force. C’est la même force qui nous pousse à toujours vouloir mieux, et à nous dépas­ser nous-même. C’est une capa­cité d’in­ves­tir pour comprendre et savoir avan­cer dans la bonne direc­tion au lieu d’avan­cer bête­ment n’im­porte comment. Ne reniez pas ce trait de votre person­na­lité, culti­vez-le, guidez-le : Le tout est d’avan­cer.

    L’étape suivante c’est savoir décon­nec­ter, profi­ter de la vie sans toujours avoir dans un coin l’en­semble de tout ce qu’on estime impar­fait ou incom­plet. C’est là dessus que se situe mon prochain combat.

  • Paie­ment avec Mozilla

    Je ne sais quoi penser. Mozilla a sorti sa solu­tion de paie­ment. C’est une étape essen­tielle dans l’objec­tif de propo­ser une plate­forme appli­ca­tive complète concur­rente à l’App store d’Apple et au Google Play d’An­droid.

    Main­te­nant, on va me dire que je suis trop critique sur un projet nais­sant mais..

    Prix par palier

    Le prix par palier est une fausse bonne idée. C’est une galère à gérer si on veut vendre sur plusieurs plate­formes ou si on vend aussi hors ligne. Comment est-ce que je synchro­nise les prix ou justi­fie les diffé­rences ?

    Google et Apple le font, parce qu’ils veulent que tout passe par eux et se plie à leur struc­ture. Est-ce vrai­ment le modèle de Mozilla ?

    Comment fais-je pour revoir mon busi­ness plan tous les six mois ? Tous les six mois Mozilla va chan­ger les prix en euros pour tenir compte des conver­sions face au dollar (alors que mes coûts sont en euros et ne changent pas). Au final c’est ma marge qui va faire yoyo hors de mon contrôle, et ça c’est sacré­ment risqué.

    Pire, pour moi qui vend du livre numé­rique avec des prix fixés, je ne peux simple­ment pas léga­le­ment me confor­mer à cette grille. J’ai pour­tant dans les cartons une appli­ca­tion mobile full web qui cadre pour­tant parfai­te­ment avec la philo­so­phie du Market Place Mozilla : dommage.

    Plus éton­nant, pourquoi n’ai-je pas de palier au delà de 10€ ? Il y a bien des logi­ciels qui valent plus de ce montant. Ce n’est même pas rare dans l’App Store ou dans Google Play. Côté Chrome Web Store on a un palier 17 à 37€ et un maxi­mum de tran­sac­tion à 1000€. Il serait dommage que le Market Place Mozilla se limite aux petits jeux à 2$.

    Commis­sion de 30%

    Je ne peux pas non plus donner 30% en commis­sion. Désolé, même avec toute la bonne volonté du monde. Comme beau­coup de commerçants, 30% c’est parfois plus que la marge brute de mes ventes. Si je donne ça, je suis défi­ci­taire avant même d’im­pu­ter mes coûts.

    Oui, Google et Apple le font. Ils profitent de l’en­fer­me­ment de leurs utili­sa­teurs : Si vous voulez vendre il faut accep­ter de passer par là et de lais­ser 30%. Est-ce que vrai­ment Mozilla cherche aussi à moné­ti­ser l’en­fer­me­ment ?

    Mais quitte à compa­rer il faut parler du Chrome Web Store, qui est bien plus proche de l’ap­proche du Market Place Mozilla. Donc le Chrome Web Store prend 5%. Pas 30%, 5%. Forcé­ment, l’uti­li­sa­teur n’est ici pas dans un jardin fermé donc il est plus diffi­cile de justi­fier de telles commis­sions.

    D’ailleurs, quitte à en parler, Google Wallet est capé à 5% mais peut même prendre moins que ça si on dépasse les 9 € sur une tran­sac­tion. Il y a une API pour du in-app, et au final les mêmes possi­bi­li­tés de paie­ment puisque pour l’ins­tant Mozilla n’est bran­ché qu’à Google Wallet. Diffi­cile de justi­fier les 25 points supplé­men­taires de commis­sion.

    Alors ?

    Alors une API passe-plat qui fait la liai­son avec diffé­rents four­nis­seurs de solu­tions de paie­ment ça a de la valeur. Se simpli­fier la vie aussi.

    Disons qu’il faudrait au mini­mum faire sauter la contrainte du palier maxi­mum. Là je peux être prêt à payer un ou deux points de pour­cen­tage sur le prix de vente. Le pres­ta­taire pourra certai­ne­ment en gagner au moins deux autres avec ses pres­ta­taires de paie­ment vu le volume de tran­sac­tions en jeu et l’ab­sence d’in­te­rac­tion avec les vendeurs.

    Par contre pour 25 points de plus que Google Wallet, ça me parait diffi­cile à justi­fier. C’est encore plus plus diffi­cile à imagi­ner aujourd’­hui où ça ne fait que Google Wallet avec des contraintes en plus et moins de fonc­tion­na­li­tés.