Sérieusement, je ne pourrai pas me passer de bloqueur de pub, mais je ne peux pas cautionner ces pratiques. Oui, vous pouvez désactiver la liste blanche, mais ce n’est pas une question de voir ou non les publicités de la liste blanche. C’est que je me refuse à donner du poids à cette extension pour qu’ensuite l’auteur le monétise de cette façon. Sur Firefox vous pouvez regarder du côté de adblock edge qui fait la même chose mais sans cette politique de rançon.
Catégorie : Geek
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Vive la translation du jargon
J’ai cherché comment traduire « commit » dans le contexte d’un contrôle de versions type git ou subversion. J’ai eu quelques propositions qui peuvent permettre de construire des phrases au cas par cas, mais aucun terme vraiment éclairant et générique.
Mais surtout je me suis heurté à pas mal de réactions concernant l’idée même de traduire le terme.
Franchement je ne cherche pas à « défendre la langue française ». Elle va très bien, merci pour elle, et surtout elle ira d’autant mieux qu’elle restera vivante et s’autorisera à importer des termes étrangers. Il est d’ailleurs amusant de voir de temps en temps de la résistance à importer un terme anglais… qui est en fait un terme français qui a été importé outre-manche ou outre-atlantique il y a bien longtemps. Bref, là n’est pas la question.
Ma petite histoire
C’est Eyrolles qui m’a pas mal ouvert les yeux sur l’utilité d’une traduction. À l’époque de la rédaction de mon livre sur PHP, ils nous ont imposé de chercher au maximum des traductions.
- Premier constat : Quand on cherche, le plus souvent, on trouve un terme français qui correspond très bien.
- Second constat : Le plus souvent même ceux qui n’utilisent que les termes anglais ne remarquent même pas qu’il y a eu effort particulier de traduction.
Tout le monde utilise thread, parser, template, tag… mais finalement un fil de discussion ou d’exécution, un moteur ou un analyseur syntaxique, un gabarit, une balise ou une étiquette, ça fonctionne très bien aussi. En fait ça fonctionne même mieux, avec une lecture bien plus fluide quand bien même les termes sont rarement francisés dans le contexte informatique.
Il m’a ainsi fallu pas mal de volonté pour faire un chapitre sur les gabarits de pages HTML en PHP. Damned, j’ai résisté et voulu écrire « template » jusqu’au bout. Je me demande même si nous n’avions pas fini sur un compromis en laissant « template » dans le titre de chapitre en craignant que « gabarit » ne soit pas immédiatement compris. Sauf qu’au final je suis bien content de l’avoir fait ce changement.
Abracadabra
J’ai vu trop d’informaticiens utiliser les termes anglais comme des formules magiques. J’ai même eu plusieurs discussions à l’époque du choix de « gabarit » où on m’a expliqué qu’un « template » c’était différent parce que [insérez ici une connotation imaginaire]. Moins mon interlocuteur avait de recul sur ce qu’il manipulait et de compréhension du fonctionnement, plus il était attaché au terme anglais. Cette constatation n’a jamais été démentie (attention à ne pas vous vexer : je ne prétends pas que la réciproque est vraie).
Si je tiens au français, c’est justement pour parler français et pour ne pas utiliser de termes formules magiques où chacun y met son propre imaginaire. Ça permet de normaliser le discours, de laisser prendre du recul à ceux qui sont trop habitués à copier sans comprendre, et de parler du fonctionnement plus que d’une série d’outils et de commandes.
Comme la plupart des informaticiens, j’ai beaucoup tendance à utiliser l’anglais dans mon jargon. J’ai toutefois pu noter de réelles différence d’impact et de compréhension dès que je fais l’effort d’utiliser des termes français. Et cette facilité d’échange ne concerne pas que les débutants : Je la constate aussi face à des habitués du terme comme de la technique qu’il recoupe. À vrai dire plus la personne en face a du recul et de la compréhension, plus on peut parler de ce qu’il y a derrière et autour et plus la langue utilisée est un détail.
À l’usage
Seule l’habitude fait un peu résistance, mais pas tant que ça. En fait tout l’enjeu c’est de trouver un terme qui sera immédiatement compris sans réfléchir par un natif francophone, même par celui qui n’utilise que le terme anglais dans sa vie professionnelle. Très souvent on trouve, et si extrêmement peu de mes correspondants parleront eux-même de fil d’exécution, aucun ne tique quand je le fais.
Il reste quelques termes difficiles à traduire. Le plus souvent ce sont des termes qui ont déjà été détournés de leur sens usuel en anglais. Forcément, trouver un terme français revient aussi souvent à le détourner de son sens usuel… et là ça coince. À l’écrit, quand ça arrive, je tente de forcer un peu le terme français s’il me semble viable, quitte à mettre le terme anglais en parenthèses à la première occurrence.
Et quand rien ne va ? et bien j’utilise l’anglais, ça me va aussi très bien. Fuck à l’Académie Française qui créé un nouveau mot complètement délirant par volonté absolue de ne pas utiliser l’anglais. Ce n’est pas ma motivation. Par contre j’en arrive là après une recherche sérieuse, avec l’aide de ceux qui le veulent.
Et pour « commit » alors ? Après un nombre important de contributions sans aucune suffisamment claire et générique – de mon avis personnel – Karl a proposé le simplissime « enregistrer ». Ça ne plaira peut être pas aux puriste, mais j’ai l’impression que ça colle parfaitement à pas mal de sens qu’on donne à « commit », et que je trouverai bien les termes pour les quelques sens manquants avec les notions de version et transaction. Ceci dit ça reste un sujet ouvert pour moi.
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Hébergement email perso
J’étudie les alternatives pour héberger mes e-mail.
Les indispensables:
1. Un gros quota (je suis actuellement à 13 Go et ça n’est pas prêt de s’arrêter. Je ne supprime rien et ne souhaite pas commencer à le faire)
2. Un moteur de recherche excellent (je n’utilise quasiment que ça)
3. Des capacités de filtres assez bonnes (j’en ai un paquet)
4. La capacité d’aller importer des e-mail depuis des comptes pop3 externes
5. Y accéder depuis mac, smartphone android et Web (une interface Web peut suffire si elle est pleinement adaptée aussi au smartphone)
6. Pas de changement d’adresse (gestion de mon propre domaine)
7. Un très bon anti-spam
8. La possibilité d’avoir un backup chez moi (un accès pop3 n’effacant pas les emails ira très bien)
9. Ne pas héberger moi-même
Non indispensable mais il est préférable que je puisse mettre un mail dans plusieurs catégories/tag et j’avoue que le fonctionnement inbox/archive de gmail convient très bien à mon usage. Bonus si j’ai quelque chose d’aussi adapté à ce niveau là.
La migration n’a de sens pour moi que si c’est vers un ou plusieurs prestataires situés hors US (si possible en France), et qui est/sont le moins susceptible/s de faire commerce de mes données.
Je suis prêt à faire des compromis, ne pas retrouver la même chose, faire des opérations différemment, mais l’email reste un média très important pour moi. Je souhaite rester avec des interfaces et un fonctionnement de haute qualité.
Bien évidemment je suis prêt à payer pour un service de qualité, d’ailleurs je le fais déjà.
Que proposez-vous ?
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À quoi ça sert
Quand vous aurez tous vos contenus sur Amazon, toute votre communication sur Google et toutes vos relations sur Facebook, et que deux ans après l’un des trois ou les trois vous dit « vous signez ici ou vous abandonnez tout ce que vous avez », il sera un peu tard.
Ce scénario n’est même plus de la prédiction, c’est le présent et ça a déjà commencé. Le billet précédent sur la messagerie instantanée n’est qu’une anecdote, mais qui fait partie d’un mouvement de fond bien puissant.
Ce qui m’agace le plus c’est que les gens laissent faire, et même semblent ne pas s’en préoccuper.
Parfois j’ai presque envie de laisser tomber le web à tel point je me dis « c’est foutu les gens s’en moquent ».
J’ai l’air bien beau à résister en contrôlant mes adresses et mes identifiants avec mon nom de domaine, voire mes services sur mon serveur perso. C’est utile pour moi mais ce n’est accessible qu’à une minorité. Mener le combat seul ne sert à rien : Si vous vous êtes tous vendus, alors pour continuer à vivre en relation avec vous je n’ai d’autre choix que de faire de pareil.
Seuls nous n’avons quasiment aucune chance de proposer une alternative, pourtant c’est juste essentiel pour nous, notre avenir, et celui de nos enfants. Si ça vous parait encore être une « grande phrase », c’est que vous ne réalisez pas encore ce qui se joue aujourd’hui.
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Messagerie instantanée et jardins fermés
Je suis très pessimiste sur les évolutions récentes dans la messagerie instantanée.
Le mieux
Pendant un temps ça s’est un peu amélioré. Les non-techniciens ne le voyaient pas mais on a commencé à ouvrir un peu les réseaux. Le protocole ouvert et standardisé XMPP s’est plus ou moins imposé comme base, et Jabber (le réseau des serveurs XMPP ouverts) commençait à prendre pas mal d’importance.
Apple iChat, Google et même MSN savaient désormais plus ou moins communiquer entre eux via ce protocole, éventuellement avec quelques artifices. Chacun pouvait aussi monter son propre sous-réseau chez lui ou dans son entreprise, avec sa propre adresse, et communiquer avec les gros réseaux de façon transparente. Même Skype avait annoncé développer un connecteur pour la partie texte de sa messagerie. AIM avait de plus commencé à s’ouvrir au réseau de Google, ce qui était un premier pas.
Mais ce n’est pas tout : AIM, ICQ, Yahoo! Facebook et bien d’autres ont migré vers ce même protocole.Même si leurs réseaux restent isolés les uns des autres, il était possible d’utiliser le même protocole et donc d’avoir des applications qui faisaient tout. C’était encore loin d’être idéal, parfois les fonctionnalités avancées des différents réseau n’étaient pas gérées, et pour certains l’implémentation était expérimentale ou en développement, mais la direction était plus qu’encourageante. Même twitter avait une interface avec le protocole XMPP pour certains flux.
Les applications Pidgin et Adium permettaient ce qui manquait encore, en implémentant tous les protocoles principaux. Sous réserve d’avoir un compte sur chaque réseau il était possible de centraliser toute la messagerie sur une seule application et de ne pas se préoccuper de savoir qui est sur quel réseau (ou même qu’il existe différents réseaux).
Il n’y a presque que Skype qui restait dans son coin mais, au moins dans nos pays, il était quasiment exclusivement utilisé pour la voix, pas pour la messagerie instantanée.
Et le moins bien
Malheureusement le « je veux mon réseau social comme Facebook » semble être à la mode et on a tout détricoté tout juste quelques mois.
Twitter ? Ils ont fermé leur interface XMPP, et les évolutions montrent qu’ils tentent de contrôler les différentes applications clientes. Le nombre maximum d’utilisateurs par application non-officielles fait qu’il est illusoir d’imaginer une compatibilité stable et pérenne avec des applications de messagerie instantanée.
MSN ? Ils ont racheté Skype et a annoncé migrer ses utilisateurs de Windows Live vers ce réseau. Le réseau MSN fonctionne encore alors que sa date d’extinction est désormais passée, mais rien ne permet de dire si ça perdurera encore longtemps.
Le protocole Skype n’est malheureusement pas ouvert et ce ne semble pas être la direction souhaitée en interne. Il est probable qu’il faille désormais communiquer avec les contacts MSN via Skype et uniquement Skype.
Il existe encore un plugin Skype pour Pidgin mais il impose d’avoir le client Skype lancé et connecté, ne couvre pas le mobile, et semble ne pas fonctionner correctement pour les utilisateurs qui ont fusionné leur compte Skype et leur compte MSN.
Google ? Google vient d’annoncer le passage à Hangout. Ils avaient déjà éteint un bref moment les échanges entre leurs serveurs de messagerie et les serveurs tiers, rompant l’interopérabilité. Désormais c’est tout le protocole XMPP qui est jeté. Impossible de communiquer avec des utilisateurs non Google une fois que vous avez migré, pas même avec les utilisateurs du réseau AIM qui avaient une liaison spécifique. Impossible aussi d’utiliser un client autre que les clients Google.
L’ancien réseau XMPP de Google est encore là mais on ne sait pas pour combien de temps. Toujours est-il que les utilisateurs vont migrer vers Hangout au fur et à mesure (consciemment ou non) et ce sont autant de gens qui deviendront injoignables pour ceux qui n’y sont pas encore. Pire : Il semble qu’ils sont encore vus comme connectés, mais ne peuvent pas lire vos messages ou vous en envoyer.
Là aussi, le protocole n’est pas connu, donc il faudra avoir un logiciel spécifique pour Hangout, impossible d’utiliser Pidgin ou un équivalent.
Sans avenir
Twitter, MSN et Google s’enferment chacun dans leur pré : impossible de communiquer avec eux depuis l’extérieur, ou d’avoir une même application qui se connecte aux différents réseaux. Difficile de compter sur Facebook pour s’ouvrir, et les autres qui étaient au stade de développement ou d’expérimentation ne risquent pas d’investir pour pérenniser la chose désormais.
Bref : Vous appartenez au réseau que vous choisissez, et vous n’êtes qu’un pion dans la guerre qui oppose les multinationales d’Internet. Le courant dominant est maintenant de fermer les frontières et de capitaliser sur les utilisateurs pieds et poings liés, c’est à dire vous. Votre propriétaire pourra vous imposer les contenus, les services ou la publicité qu’il souhaite (rassurez-vous, il attendra un peu que ça se calme avant de le faire, histoire de ne pas risquer une migration en masse). Une société souhaite lancer des contenus ou innover ? OK si elle paye votre propriétaire et n’entre pas en concurrence avec lui. Moins vous pourrez communiquer avec l’extérieur, mieux ce sera car vous serez sous contrôle de votre propriétaire de réseau.
Sauf renversement de situation ou prise de conscience exceptionnelle des utilisateurs :
- Jabber est mort à court ou moyen terme, sauf pour quelques geeks et internautes convaincus
- Vous ne pourrez plus choisir vos applications, il faudra accepter les applications officielles, en leur donnant les droits qu’elles demandent, en acceptant publicités, mises en avant ou marketing qu’elles choisissent
- Si vous n’acceptez pas de vous laisser enfermer et menotter sur un seul réseau, il faudra installer et lancer simultanément plusieurs logiciels différents non interopérables
- Le web ouvert est mal barré
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TLS par défaut
Il ne fallait qu’une heure pour le faire mais je ne l’avais jamais investie jusqu’à présent. C’est maintenant fait : Cet espace utilise une connexion HTTP sécurisée par défaut.
Le lien HTTP non sécurisé redirige directement vers la partie sécurisée. Cette dernière envoie l’entête HSTS pour bloquer ce choix.
Remontez-moi toute difficulté.
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La paralysie du tout parfait
Je lis Tristan, et par là un billet essentiel d’Anthony, que malheureusement j’avais manqué en janvier.
Savoir, tout savoir, puis décider
Il me faut un savoir quasi-encyclopédique sur le domaine pour me sentir à l’aise au moment de faire un choix.
Oh combien je m’y retrouve. Au risque de renforcer le petit côté autiste, je dirai que ce fut encore pire pour moi. Pour un achat je construis des tableaux de dix kilomètres en comparant tous les produits du marché sur toutes les boutiques, et même un peu plus, et finis – parfois – par me décider au bout de longs mois. Je ne sais pas lequel de nous deux avec Anthony est le moins impulsif, mais je ne dois pas me laisser tant distancer que ça.
Les bases du choix
Mais là c’est encore simple finalement, parce qu’on peut trouver des critères objectifs, des recommandations, des expériences. Et quand le sujet est purement subjectif alors ? Fut un temps mes connaissances rigolaient (peut être un peu jaune) sur mon incapacité à faire des choix simples comme « quel parfum souhaites-tu ? ». Parce qu’entre la glace à la fraise et la glace à la vanille il n’y a pas vraiment de *raison* de prendre l’un ou l’autre, du coup j’étais incapable de dire quoi que ce soit, ou même de prendre une alternative au hasard. Ce n’est pas tant que j’hésite sur le choix, c’est que le choix n’a souvent pour moi aucun sens si je n’ai pas de critère objectif et de « pourquoi » ; je ne le conçois même pas dans mon esprit.
Heureusement j’évolue. Ça a été un grand travail sur moi-même, et ça l’est encore un peu parfois, avec quelques stratégies d’évitement (« vanille » la glace, il y en a toujours et ça m’évite de faire un choix arbitraire qui n’a aucun sens pour moi). Heureusement en contexte professionnel ce travail sur moi-même je l’ai fait avec encore plus de force, au point qu’il a été au moins en partie transformé en qualité : attention au détail et volonté d’étudier les problématiques profondément.
Avancer, sauter dans l’inconnu
Mais tout n’est finalement pas vraiment une question de savoir faire un choix. C’est un besoin de tout savoir, tout comprendre. Un baptême de plongée, je soupçonne ma femme d’avoir été surprise de me voir être capable d’utiliser le détendeur sans faire trop de simagrées sans pour autant savoir en détail comment ça fonctionne. Côté technique informatique c’est une malédiction qui prend un temps monstrueux.
Bien entendu ça se travaille, mais en grandissant on réalise jour après jour l’étendue de tout ce qu’on ne connait pas, qui grandit bien plus vite que l’étendue de nos propres connaissances.
Apprendre c’est se rendre compte de l’importance de notre ignorance. Parfois il y a de quoi se sentir un peu perdu.
Tout ça pour dire
Si j’ai appris une chose, c’est qu’avancer est le plus difficile. Même quand je suis (très) critique sur des initiatives, je ne perds pas de vue que la grande force c’est d’avoir essayé, d’avoir avancé dans l’inconnu, et que ça c’est plus important que tout. C’est une qualité rare, c’est celle que nous tentons chaque jour de mettre en exergue en startup.
Avancez, sans mettre la charrue avant les boeufs, sans oublier qui vous êtes et ce en quoi vous croyez, mais avancez, c’est ça l’important.
Et cette gêne qui nous impose de tout savoir et tout contrôler, qui nous incite à refuser l’imperfection, faisons-en une force. C’est la même force qui nous pousse à toujours vouloir mieux, et à nous dépasser nous-même. C’est une capacité d’investir pour comprendre et savoir avancer dans la bonne direction au lieu d’avancer bêtement n’importe comment. Ne reniez pas ce trait de votre personnalité, cultivez-le, guidez-le : Le tout est d’avancer.
L’étape suivante c’est savoir déconnecter, profiter de la vie sans toujours avoir dans un coin l’ensemble de tout ce qu’on estime imparfait ou incomplet. C’est là dessus que se situe mon prochain combat.
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Paiement avec Mozilla
Je ne sais quoi penser. Mozilla a sorti sa solution de paiement. C’est une étape essentielle dans l’objectif de proposer une plateforme applicative complète concurrente à l’App store d’Apple et au Google Play d’Android.
Maintenant, on va me dire que je suis trop critique sur un projet naissant mais..
Prix par palier
Le prix par palier est une fausse bonne idée. C’est une galère à gérer si on veut vendre sur plusieurs plateformes ou si on vend aussi hors ligne. Comment est-ce que je synchronise les prix ou justifie les différences ?
Google et Apple le font, parce qu’ils veulent que tout passe par eux et se plie à leur structure. Est-ce vraiment le modèle de Mozilla ?
Comment fais-je pour revoir mon business plan tous les six mois ? Tous les six mois Mozilla va changer les prix en euros pour tenir compte des conversions face au dollar (alors que mes coûts sont en euros et ne changent pas). Au final c’est ma marge qui va faire yoyo hors de mon contrôle, et ça c’est sacrément risqué.
Pire, pour moi qui vend du livre numérique avec des prix fixés, je ne peux simplement pas légalement me conformer à cette grille. J’ai pourtant dans les cartons une application mobile full web qui cadre pourtant parfaitement avec la philosophie du Market Place Mozilla : dommage.
Plus étonnant, pourquoi n’ai-je pas de palier au delà de 10€ ? Il y a bien des logiciels qui valent plus de ce montant. Ce n’est même pas rare dans l’App Store ou dans Google Play. Côté Chrome Web Store on a un palier 17 à 37€ et un maximum de transaction à 1000€. Il serait dommage que le Market Place Mozilla se limite aux petits jeux à 2$.
Commission de 30%
Je ne peux pas non plus donner 30% en commission. Désolé, même avec toute la bonne volonté du monde. Comme beaucoup de commerçants, 30% c’est parfois plus que la marge brute de mes ventes. Si je donne ça, je suis déficitaire avant même d’imputer mes coûts.
Oui, Google et Apple le font. Ils profitent de l’enfermement de leurs utilisateurs : Si vous voulez vendre il faut accepter de passer par là et de laisser 30%. Est-ce que vraiment Mozilla cherche aussi à monétiser l’enfermement ?
Mais quitte à comparer il faut parler du Chrome Web Store, qui est bien plus proche de l’approche du Market Place Mozilla. Donc le Chrome Web Store prend 5%. Pas 30%, 5%. Forcément, l’utilisateur n’est ici pas dans un jardin fermé donc il est plus difficile de justifier de telles commissions.
D’ailleurs, quitte à en parler, Google Wallet est capé à 5% mais peut même prendre moins que ça si on dépasse les 9 € sur une transaction. Il y a une API pour du in-app, et au final les mêmes possibilités de paiement puisque pour l’instant Mozilla n’est branché qu’à Google Wallet. Difficile de justifier les 25 points supplémentaires de commission.
Alors ?
Alors une API passe-plat qui fait la liaison avec différents fournisseurs de solutions de paiement ça a de la valeur. Se simplifier la vie aussi.
Disons qu’il faudrait au minimum faire sauter la contrainte du palier maximum. Là je peux être prêt à payer un ou deux points de pourcentage sur le prix de vente. Le prestataire pourra certainement en gagner au moins deux autres avec ses prestataires de paiement vu le volume de transactions en jeu et l’absence d’interaction avec les vendeurs.
Par contre pour 25 points de plus que Google Wallet, ça me parait difficile à justifier. C’est encore plus plus difficile à imaginer aujourd’hui où ça ne fait que Google Wallet avec des contraintes en plus et moins de fonctionnalités.
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42 pour une seule école ? ça fait 41 de trop
Bon, une nouvelle école. Quelques réactions :
J’apprécie l’ouverture sans trop faire attention à l’âge. Les formations privées sont trop souvent attachées au cursus avec l’obligation d’enchaîner sans s’arrêter sous peine de devoir passer dans les formations continues spécifiques pour.
J’apprécie aussi l’honnêteté de faire une vraie sélection, sur l’été pour laisser les élèves avoir une porte de sortie avec la fac. Le fait de croire dans une formation de développeur et pas que dans des chefs de projets / ingénieurs, ça me fait aussi plaisir : Il faut recrédibiliser ces postes si on veut avoir des gens compétents.
Technicien expert, C++
On y forme des techniciens, dans la pure lignée Epita / Epitech. Que ce soit un ancien Epitech qui reprenne la chose n’est pas anodin. Ce n’est ni un plus ni un moins, juste différent de beaucoup de formations actuelles. Je continue à voir une vraie différence entre ceux qui sont formés avec une orientation « ingénieur » et ceux qui sont formés avec une orientation « technicien expert ».
Une école de plus avec de réels techniciens informatiques très pointus, ok, pourquoi pas, voyons plus loin.
On ne cède pas à la mode. Tout s’apprend par C++ dès la première année. C’est la langue obligée qui sert de base pour le reste si je lis bien le programme. Je dirais que ça ne fait pas de mal, que les développeurs bas niveau sont trop peu nombreux, mais je questionne la pertinence de voir le modèle objet par le prisme de C++.
Peu de web
Par la suite il y a de nombreuses sections pour C# et les technologies Microsoft, quelques sections Java, mais pour le reste on repassera : 3 crédits pour apprendre toutes les technologies web (Javascript, PHP, HTML, XML, etc.) et 3 autres pour apprendre en même temps les frameworks web et le e-commerce (Rails, Zend, Ruby, le e-commerce, les cms, les IHM web, et même l’ergonomie web), ça fait franchement chiche, même pour un simple survol Si j’étais méchant je dirai qu’on comprend mieux le pourquoi des interfaces de Free.
Peut être est-ce parce que c’est mon domaine et que j’y attache de l’importance, mais le web me semble l’objet technologique majeur de ces dernières années. Bref, pour moi c’est étrange d’y consacrer si peu. Je ne vois pas les gens apprendre Javascript, PHP, HTML5, Zend Framework, Ruby et Rails comme ça d’un coup.
Quelques points datés
Je continue à tiquer sur GANTT, UML, Merise, ITIL. Je peux le comprendre dans certaines formations. J’ai plus de mal dans une nouvelle formation de zéro, et surtout dans celle là qui est très orientée pratique / technique / développement.
À l’inverse, pour une formation axée sur le projet et la mise en pratique, parler de méthodes agiles en dernière année ça me semble un peu du gâchis.
Point global sur le programme
Bon, mais finalement tout ce qui précède reste assez cohérent. On forme des techniciens experts, plutôt bas niveau, dont le haut du panier saura probablement intervenir partout avec aisance et compétence.
Tout juste le programme laisse-t-il apparaître beaucoup de noms de technologies et j’aurais aimé y voir plus d’algorithmie ou de théorie, mais il est tout à fait possible que ce soit abordé à l’occasion des projets.
Je ne vais pas dire que c’est ce que j’aurais choisi en créant une formation, mais ça ne me semble pas mériter toutes les critiques que j’ai vues.
Enrobage marketing
Non, moi ce qui me fait prendre de la distance c’est l’enrobage. Ça pue le mauvais marketing au point que ça en est négatif. J’ai l’impression de retrouver l’EPITA en 97 : tutoiement, on met en avant la création de virus, une épreuve de sélection « ultime et redoutable » (qui élimine 2/3 à 3/4 des candidats, donc bien moins que la plupart des concours ou processus de sélection, dans l’éducatif ou non), le but est plus d’en mettre plein les yeux que d’apparaître sérieux.
On retrouve aussi cet enrobage dans le super marketing « pas de diplôme, l’important ce sont les compétences ». Sauf que le diplôme en France c’est essentiellement un certificat indiquant que tu as suivi une certaine formation. Au lieu d’indiquer « diplôme de master à xxxx » les élèves indiqueront « suivi formation complète à xxx ». S’ils ne le font pas c’est mauvais signe pour la réputation de la formation en question.
Pas de diplôme
Au final ça ne changera donc rien. Ou plutôt si, ça rendra impossible certains emplois publics ou difficile certaines embauches à l’étranger, ça sera irréaliste d’enchaîner sur d’autres études supérieures comme la recherche ou un MBA en gestion/commerce pour la double compétence, et ça empêchera les échanges par équivalence de diplôme/compétence en Europe.
Je note d’ailleurs que le parcours du DG[*] avec un MBA à HEC ne peut probablement pas être fait dans cette nouvelle école (sauf à reprendre de zéro la prépa HEC) justement à cause du manque de diplôme. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Tout ça pour quoi, un effet de manche marketing ?
En fait là aussi ça me fait beaucoup penser à l’EPITA qui à l’époque se défendait de trouver un intérêt à avoir un diplôme reconnu par la CTI mais qui tentait régulièrement de la demande (et se fera rejeter jusqu’en 2007).
Je me dis que l’absence de diplôme en sortie est probablement dû à l’absence de pré-requis du bac en entrée (ça empêche probablement de faire reconnaître le niveau ensuite par l’État) mais ça aurait été plus honnête de l’exprimer ainsi.
[*] D’ailleurs, c’est moi ou il y a un couac ? Dans son profil Linkedin le DG en question est ingénieur EPITA depuis 92 alors que cette dernière ne délivre de diplôme reconnu que depuis 2007. Même chose pour la précision du master EPITECH 2005 alors que l’école n’est habilitée que depuis 2007. Pire, parce que là il indique une formation entre 1999 et 2005 alors qu’il a fondé l’école et en était le DG à ce moment là (ça me parait un peu incompatible avec l’idée d’en sortir diplômé pour moi). On voit qu’effectivement tout n’est pas clair côté diplômes, et ça n’inspire pas confiance (Je me souviens un peu trop de l’ambiguité entretenue concernant le titre ingénieur à l’EPITA avant qu’ils n’obtiennent l’habilitation).
Formation
Je retrouve encore EPITA dans l’idée qu’ils forment des architectes techniques, des chefs de projets et des experts. J’ai bien parlé de technicien expert plus haut, mais c’est plus pour faire la différence avec nombre de formations de techniciens basiques. Il reste que faire miroiter qu’être architecte ou expert en sortie d’école c’est tromper les élèves. À mon époque certains EPITA croyaient valoir deux fois le salaire d’embauche moyen tellement on leur montait la tête à ce niveau (je parle d’EPITA mais ce n’étaient pas les seuls).
Et là où je bip c’est quand je vois parler d’école peer-to-peer. Outre le mot clef marketing pour les élèves en manque, ça me rappelle ce que j’ai vu dans d’autres organismes de formation où ce sont les élèves qui donnent les cours aux autres élèves. Ça peut fonctionner, mais ça a aussi de graves manques. C’est aussi juste infaisable au départ.
Si on ajoute que monter une promo de 1000 élèves en une seule année est quasiment infaisable en arrivant à une bonne qualité de formation, j’ai tendance à croire que les cinq premières promo passeront à la trappe et qu’on s’en moque.
Epita / Epitech / 42
Au final voilà juste une EPITA / EPITECH de plus, fondée par la même personne, avec la même orientation de technicien expert, la même philosophie vis à vis des diplôme (affirmer que c’est inutile jusqu’à enfin réussir à avoir l’habilitation), le même danger sur la formation en partie assurée par les élèves. Faire des écoles en série ne m’inspire pas tant confiance que ça. La formation n’est cependant pas aussi critiquable que ne le laissent entendre quelques geeks.
Côté résultat, comme les EPITA / EPITECH, il peut en sortir du mauvais comme du bon. Et comme dans les deux autres, il en sortira probablement quelques-uns de très bons, comme une masse qui n’est pas exceptionnelle pour autant. Bref, comme partout : La valeur des gens dépend plus des gens que de la formation.
Vus le système, la promo immense et le côté marketing un peu forcé, je conseille tout de même au moins de ne pas faire partie des premières promos qui risquent de payer les pots cassés.
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Petit guide de typographie française à l’usage de Mac OS X
Pour publier les raccourcis plus ou moins bien connus :
- Les majuscules de É, È, Ç et À se trouvent sur les même touches que les minuscules, il faut juste avoir activé les majuscules (pas avec le shift, qui donnerait des chiffres, mais avec le caps lock). Je ne crois pas qu’il existe d’autres lettres accentuées qui devraient se retrouver en majuscules nativement mais n’hésitez pas à m’en signaler.
- Les guillemets typographiques à la française se trouvent sur le 7 avec option pour l’ouvrant « et shift+option pour le fermant ». Les guillemets de second niveau ‹ et › sont eux sur le w avec les mêmes combinaisons mais ses dernières conflictent parfois avec des raccourcis applicatifs. Si vous citez de l’anglais, les guillemets “ ”et apostrophes anglaises ‘ ’ sont simplement positionnés sur le guillemet et l’apostrophe droits, donc sont plus simples à trouver. J’avoue que j’utilise le guillemet simple anglais fermant pour l’apostrophe typographique française ’ ; je crains que ce ne soit une erreur mais je n’ai pas trouvé de combinaison plus adéquate.
- Les æ et œ se trouvent respectivement sur le a et sur le o en combinaison avec la touche option, vous pouvez ajouter le shift pour la majuscule.
- Les points de suspensions … sont sur la même touche que le point, avec la touche option activée. Le point de puce de liste • est sur la même position avec shift en plus. Il y a aussi un point simple en milieu de ligne · qu’on peut trouver sur option+shift avec la touche f.
- Les quadratins — et demi quadratins – se trouvent sur la touche du trait-d’union – en activant la touche option, cumulée à la touche shift dans le second cas.
- Oh, et l’espace insécable fine est bien entendu sur option + espace. Attention, certains logiciels convertissent tout seuls en espace simple.
Dans l’ensemble c’est assez naturel avec option et shift+option mais j’avoue ne jamais retrouver les guillemets.