Catégorie : Geek

  • French customs arres­ted me for saying the word « Bitcoin »!

    — Him : Okay, « have you ever been convic­ted of fiscal fraud? » « are you temp­ted by it? »
    — Me : No, never
    — Him : How much bitcoins do you have? (he actually asked directly that ques­tion), and when he said that I star­ted to unders­tand
    why I was there
    — Me : I don’t know what you’re talking about
    — Him : Don’t pretend, I heard you were saying « Bitcoin »
    [..]
    — Him : bitcoins are used to buy drugs, if you own bitcoins you use them to buy drugs, this is ille­gal, we will have to proceed to a search of your luggage
    — Me : I don’t own any drugs!
    — Him : have you decla­red your bitcoins to the fiscal admi­nis­tra­tion?
    — Me : Not yet I got them this year
    — Him : where are your bitcoins stored?
    — Me : on my perso­nal compu­ter
    — Him : where is your perso­nal compu­ter? You are not allo­wed to travel with bitcoins (yeah riiiiiight)

    Outre l’idio­tie de la chose, et l’amal­game de tout ce qui est un peu techno avec tout ce qu’on peut imagi­ner de pire, commen­cer par mentir au doua­nier pour ensuite se contre­dire, ça me parait une assez mauvaise idée.

  • [blog] Suivi des discus­sions

    Vieux sujet traîné en commun avec Karl et David (mais pas que) : Faire en sorte de décen­tra­li­ser les blogs et les discus­sions qui s’en suivent.

    L’his­toire

    Par le passé nous avions Track­back. On envoyait une noti­fi­ca­tion aux conte­nus liés, avec le lien vers notre contenu, le nom du blog, un extrait et un titre. Le codage carac­tère était globa­le­ment mal géré, les titres et extraits se sont révé­lés globa­le­ment inutiles voire contre-produc­tifs, mais c’était implé­menté un peu partout et ça, tech­nique­ment, ça fonc­tion­nait assez bien.

    Pour faire court, les gens conti­nuaient à commen­ter dans le billet d’ori­gine plutôt que de commen­ter dans un nouveau billet chez eux. Par contre les track­backs étaient très utili­sés pour le spam, avec au final un ratio signal/bruit vrai­ment mauvais et donc l’aban­don du système.

    Il y a aussi eu Ping­back. Système simi­laire mais avec une auto­dé­cou­verte plus sympa et l’ar­rêt de trans­mis­sion des titres et extraits. Vu que ces derniers n’étaient jamais person­na­li­sés spéci­fique­ment pour la noti­fi­ca­tion, autant les récu­pé­rer direc­te­ment à partir du lien si jamais on en a besoin.

    Diffé­rence, Ping­back propo­sait de véri­fier la présence d’un lien sortant dans le contenu tiers avant de vali­der une liai­son entrante. Cette diffé­rence fut peu impac­tante au finale. L’idée a aussi été implé­men­tée dans les track­back mais les spameurs ont vite appris à faire des liens sortants pour poster leur spam, quitte à faire des liens invi­sibles pour le lecteur ou des liens tempo­raires suppri­més après l’opé­ra­tion.

    Je trouve aussi l’idée discu­table dans le sens où la valeur ajou­tée du lien n’est pas la même dans les deux sens. Si je réalise analyse sur une dépêche AFP, il peut être utile d’avoir une noti­fi­ca­tion chez plusieurs personnes qui reprennent verba­tim cette dépêche, mais cela n’au­rait aucun sens d’en lier plus d’un à partir de mon analyse (ce que la véri­fi­ca­tion de ping­back impose).

    Wiki­pe­dia cite aussi Refback. Je ne l’avais jamais vu forma­lisé sous ce nom mais la pratique est connue : Explo­rer les entêtes HTTP Refer­rer pour repé­rer de nouveaux liens entrants auto­ma­tique­ment. Les spam­meurs jouaient à faus­ser ces entêtes depuis long­temps donc là aussi ça n’a pas changé grand chose.

    Tous ces systèmes ne spéci­fient que la noti­fi­ca­tion. Il s’agit de parler un langage commun au niveau de cette noti­fi­ca­tion pour que ce soit plus simple pour tout le monde. Il reste à l’édi­teur du site lié de choi­sir ce qu’il fait de la noti­fi­ca­tion : L’af­fi­cher auto­ma­tique­ment avec une modé­ra­tion a poste­riori, gérer une liste blanche, mettre un système anti-spam auto­ma­tisé, ou même faire une vali­da­tion manuelle a priori.

    Il y a aussi Salmon, très orienté commen­taire, mais extrê­me­ment complexe et quasi­ment pas implé­menté (les deux sont certai­ne­ment liés). J’ai du mal à voir ce proto­cole réel­le­ment implé­menté partout.

    Webmen­tion

    Aujourd’­hui on parle de Webmen­tion. Même séman­tique que Ping­back, même méca­nismes d’au­to­dé­cou­vertes (seule la valeur de « rel » change), même requête initiale et mêmes para­mètres (seuls les noms des para­mètres changent légè­re­ment pour reti­rer les trois derniers carac­tères).

    Les diffé­rences tiennent exclu­si­ve­ment dans la préci­sion de la méthode HTTP à utili­ser (POST) et dans les codes de retours (Webmen­tion utilise les codes HTTP stan­dards et un lien vers la mention créée, là où Ping­back renvoie une code de retour dans le corps de la réponse).

    C’est tech­nique­ment plus satis­fai­sant pour les affi­cio­na­dos de HTTP mais la valeur ajou­tée fonc­tion­nelle est nulle. On ne fait rien de plus, rien de moins, et pas vrai­ment diffé­rem­ment. J’échoue d’ailleurs à

    Sachant que ping­back a une implé­men­ta­tion dispo­nible sur à peu près tous les gros moteurs de blogs, je ne trouve pas que cela justi­fie de lancer un nouveau proto­cole. En l’état c’est d’une utilité encore plus faible que ce que j’ima­gi­nais initia­le­ment. Pas de quoi m’em­bê­ter à l’im­plé­men­ter.

    En fait à choi­sir entre ping­back et webmen­tion, une fonc­tion­na­lité forte de ping­back est l’at­tri­but ping­back, qui permet­trait de faire une noti­fi­ca­tion auto­ma­tique suivant ce dernier proto­cole, et donc de rempla­cer (en opt-in) l’en­tête HTTP Refer­rer là où elle est bloquée par HTTPS. Cette possi­bi­lité me semble bien plus utile que le respect théo­rique de HTTP (je sens que je vais atti­rer pas mal de commen­taires avec cette phrase mais j’as­sume).

    Suivi des discus­sion

    Et puis j’ai l’im­pres­sion qu’on regresse un peu par rapport au track­back initial. Ping­back et Webmen­tion noti­fient d’un lien entrant, pas d’un suivi de discus­sion.

    Je peux avoir un lien entrant sans aucun ajout à la discus­sion, juste un relai. Inver­se­ment je peux avoir un nouveau contenu qui apporte à la discus­sion et qui méri­te­rait de noti­fier plusieurs conte­nus déjà exis­tant sans forcé­ment s’im­po­ser de faire des liens.

    Autre commen­taire de Karl : Certains aime­ront avoir plus qu’un lien, avec un petit texte sur le pourquoi de la noti­fi­ca­tion, de ce qu’ajoute ce nouveau contenu au sujet déjà en cours – par exemple pour orien­ter la modé­ra­tion et le choix de (non-)publi­ca­tion. Pas forcé­ment perti­nent de le rendre obli­ga­toire (ça empê­che­rait pas mal d’au­to­ma­tismes) mais le rendre possible serait utile.

    Et si je n’im­pose pas de lien dans le contenu noti­fié, il faudra que je puisse en authen­ti­fier l’ori­gine. Un système de signa­ture simpliste devrait suffire mais sera néces­saire.

    Faire une spéci­fi­ca­tion qui implé­mente ça demande deux heures tout au plus. Rien n’em­pêche même qu’elle soit compa­tible avec Webmen­tion et qu’on puisse avoir un point d’en­trée unique. Simple­ment ça n’a de sens que si je ne suis pas le seul à jouer.

    David, Karl, les autres ? vous en pensez quoi ?

  • Un connec­teur USB de plus

    On nous prépare un nouveau connec­teur USB, de la taille du micro-USB de nos télé­phones, mais réver­sible : Le type C.

    Génial mais… Disons qu’on avait déjà deux types (A et B) à croi­ser dans trois tailles (stan­dard, mini et micro). Ça faisait déjà pas mal.

    Type A blanc gros plat PC
    Type B blanc gros carré Impri­mante, caméra
    Mini Type A blanc petit plat Obso­lète
    Mini Type B noir petit plat GPS, PDA, APN
    Micro Type A gris / blanc petit plat Obso­lète
    Micro Type B noir petit plat Smart­phone, APN, GPS

    Comme on aime bien s’amu­ser, on a même ajouté de l’USB 3. Ils sont tous rétro-compa­tibles USB 2 mais ont plus de pins et même un double connec­teur pour les petits.

    3.0 Type A bleu gros plat PC
    3.0 Type B bleu gros double carré ?
    3.0 Micro B noir petit double plat Tablette

    Rassu­rez-vous on avait aussi pas mal de dérives proprié­taire. Une brève recherche remonte ces 7 là mais ils ne sont clai­re­ment qu’un petit échan­tillon. D’ailleurs dans les 4 pins on en trouve pas mal de versions (incom­pa­tibles, voire qui peuvent dété­rio­rer les appa­reils si on prend l’une pour l’autre). Je vous fais grâce des connec­teurs mais qui font passer une inten­sité de 2A au lieu des 500mA (ou 900mA pour l’USB 3) qu’on trouve sur les tablettes. Heureu­se­ment ils ont un connec­teur non stan­dard du côté de la tablette.

    Mini 4P (4 pins) noir petit carré
    Mini type A
    (4 pins)
    blanc petit plat
    Mini Type B
    (4 pins)
    noir petit carré APN Kodac
    HTC ExtMi­cro petit plat Smart­phone HTC
    Mini 8M (8 pins) noir petit carré
    Mini 8P (8pins) noir petit rond
    Mini TDK noir petit carré
    UC-E6 noir petit plat Nikon

    Avec cet histo­rique, ajou­ter un type C (qui pour l’ins­tant n’exis­tera qu’en taille micro), ça prend un sens tout diffé­rent.

  • Rançon­gi­ciel

    Sérieu­se­ment, je ne pour­rai pas me passer de bloqueur de pub, mais je ne peux pas caution­ner ces pratiques. Oui, vous pouvez désac­ti­ver la liste blanche, mais ce n’est pas une ques­tion de voir ou non les publi­ci­tés de la liste blanche. C’est que je me refuse à donner du poids à cette exten­sion pour qu’en­suite l’au­teur le moné­tise de cette façon. Sur Fire­fox vous pouvez regar­der du côté de adblock edge qui fait la même chose mais sans cette poli­tique de rançon.

  • Vive la trans­la­tion du jargon

    J’ai cher­ché comment traduire « commit » dans le contexte d’un contrôle de versions type git ou subver­sion. J’ai eu quelques propo­si­tions qui peuvent permettre de construire des phrases au cas par cas, mais aucun terme vrai­ment éclai­rant et géné­rique.

    Mais surtout je me suis heurté à pas mal de réac­tions concer­nant l’idée même de traduire le terme.

    Fran­che­ment je ne cherche pas à « défendre la langue française ». Elle va très bien, merci pour elle, et surtout elle ira d’au­tant mieux qu’elle restera vivante et s’au­to­ri­sera à impor­ter des termes étran­gers. Il est d’ailleurs amusant de voir de temps en temps de la résis­tance à impor­ter un terme anglais… qui est en fait un terme français qui a été importé outre-manche ou outre-atlan­tique il y a bien long­temps. Bref, là n’est pas la ques­tion.

    Ma petite histoire

    C’est Eyrolles qui m’a pas mal ouvert les yeux sur l’uti­lité d’une traduc­tion. À l’époque de la rédac­tion de mon livre sur PHP, ils nous ont imposé de cher­cher au maxi­mum des traduc­tions.

    • Premier constat : Quand on cherche, le plus souvent, on trouve un terme français qui corres­pond très bien.
    • Second constat : Le plus souvent même ceux qui n’uti­lisent que les termes anglais ne remarquent même pas qu’il y a eu effort parti­cu­lier de traduc­tion.

    Tout le monde utilise thread, parser, template, tag… mais fina­le­ment un fil de discus­sion ou d’exé­cu­tion, un moteur ou un analy­seur syntaxique, un gaba­rit, une balise ou une étiquette, ça fonc­tionne très bien aussi. En fait ça fonc­tionne même mieux, avec une lecture bien plus fluide quand bien même les termes sont rare­ment fran­ci­sés dans le contexte infor­ma­tique.

    Il m’a ainsi fallu pas mal de volonté pour faire un chapitre sur les gaba­rits de pages HTML en PHP. Damned, j’ai résisté et voulu écrire « template » jusqu’au bout. Je me demande même si nous n’avions pas fini sur un compro­mis en lais­sant « template » dans le titre de chapitre en crai­gnant que « gaba­rit » ne soit pas immé­dia­te­ment compris. Sauf qu’au final je suis bien content de l’avoir fait ce chan­ge­ment.

    Abra­ca­da­bra

    J’ai vu trop d’in­for­ma­ti­ciens utili­ser les termes anglais comme des formules magiques. J’ai même eu plusieurs discus­sions à l’époque du choix de « gaba­rit » où on m’a expliqué qu’un « template » c’était diffé­rent parce que [insé­rez ici une conno­ta­tion imagi­naire]. Moins mon inter­lo­cu­teur avait de recul sur ce qu’il mani­pu­lait et de compré­hen­sion du fonc­tion­ne­ment, plus il était atta­ché au terme anglais. Cette consta­ta­tion n’a jamais été démen­tie (atten­tion à ne pas vous vexer : je ne prétends pas que la réci­proque est vraie).

    Si je tiens au français, c’est juste­ment pour parler français et pour ne pas utili­ser de termes formules magiques où chacun y met son propre imagi­naire. Ça permet de norma­li­ser le discours, de lais­ser prendre du recul à ceux qui sont trop habi­tués à copier sans comprendre, et de parler du fonc­tion­ne­ment plus que d’une série d’ou­tils et de commandes.

    Comme la plupart des infor­ma­ti­ciens, j’ai beau­coup tendance à utili­ser l’an­glais dans mon jargon. J’ai toute­fois pu noter de réelles diffé­rence d’im­pact et de compré­hen­sion dès que je fais l’ef­fort d’uti­li­ser des termes français. Et cette faci­lité d’échange ne concerne pas que les débu­tants : Je la constate aussi face à des habi­tués du terme comme de la tech­nique qu’il recoupe. À vrai dire plus la personne en face a du recul et de la compré­hen­sion, plus on peut parler de ce qu’il y a derrière et autour et plus la langue utili­sée est un détail.

    À l’usage

    Seule l’ha­bi­tude fait un peu résis­tance, mais pas tant que ça. En fait tout l’enjeu c’est de trou­ver un terme qui sera immé­dia­te­ment compris sans réflé­chir par un natif fran­co­phone, même par celui qui n’uti­lise que le terme anglais dans sa vie profes­sion­nelle. Très souvent on trouve, et si extrê­me­ment peu de mes corres­pon­dants parle­ront eux-même de fil d’exé­cu­tion, aucun ne tique quand je le fais.

    Il reste quelques termes diffi­ciles à traduire. Le plus souvent ce sont des termes qui ont déjà été détour­nés de leur sens usuel en anglais. Forcé­ment, trou­ver un terme français revient aussi souvent à le détour­ner de son sens usuel… et là ça coince. À l’écrit, quand ça arrive, je tente de forcer un peu le terme français s’il me semble viable, quitte à mettre le terme anglais en paren­thèses à la première occur­rence.

    Et quand rien ne va ? et bien j’uti­lise l’an­glais, ça me va aussi très bien. Fuck à l’Aca­dé­mie Française qui créé un nouveau mot complè­te­ment déli­rant par volonté abso­lue de ne pas utili­ser l’an­glais. Ce n’est pas ma moti­va­tion. Par contre j’en arrive là après une recherche sérieuse, avec l’aide de ceux qui le veulent.

    Et pour « commit » alors ? Après un nombre impor­tant de contri­bu­tions sans aucune suffi­sam­ment claire et géné­rique – de mon avis person­nel – Karl a proposé le simplis­sime « enre­gis­trer ». Ça ne plaira peut être pas aux puriste, mais j’ai l’im­pres­sion que ça colle parfai­te­ment à pas mal de sens qu’on donne à « commit », et que je trou­ve­rai bien les termes pour les quelques sens manquants avec les notions de version et tran­sac­tion. Ceci dit ça reste un sujet ouvert pour moi.

  • Héber­ge­ment email perso

    J’étu­die les alter­na­tives pour héber­ger mes e-mail.

    Les indis­pen­sables:

    1. Un gros quota (je suis actuel­le­ment à 13 Go et ça n’est pas prêt de s’ar­rê­ter. Je ne supprime rien et ne souhaite pas commen­cer à le faire)

    2. Un moteur de recherche excellent (je n’uti­lise quasi­ment que ça)

    3. Des capa­ci­tés de filtres assez bonnes (j’en ai un paquet)

    4. La capa­cité d’al­ler impor­ter des e-mail depuis des comptes pop3 externes

    5. Y accé­der depuis mac, smart­phone android et Web (une inter­face Web peut suffire si elle est plei­ne­ment adap­tée aussi au smart­phone)

    6. Pas de chan­ge­ment d’adresse (gestion de mon propre domaine)

    7. Un très bon anti-spam

    8. La possi­bi­lité d’avoir un backup chez moi (un accès pop3 n’ef­fa­cant pas les emails ira très bien)

    9. Ne pas héber­ger moi-même

    Non indis­pen­sable mais il est préfé­rable que je puisse mettre un mail dans plusieurs caté­go­ries/tag et j’avoue que le fonc­tion­ne­ment inbox/archive de gmail convient très bien à mon usage. Bonus si j’ai quelque chose d’aussi adapté à ce niveau là.

    La migra­tion n’a de sens pour moi que si c’est vers un ou plusieurs pres­ta­taires situés hors US (si possible en France), et qui est/sont le moins suscep­tible/s de faire commerce de mes données.

    Je suis prêt à faire des compro­mis, ne pas retrou­ver la même chose, faire des opéra­tions diffé­rem­ment, mais l’email reste un média très impor­tant pour moi. Je souhaite rester avec des inter­faces et un fonc­tion­ne­ment de haute qualité.

    Bien évidem­ment je suis prêt à payer pour un service de qualité, d’ailleurs je le fais déjà.

    Que propo­sez-vous ?

  • À quoi ça sert

    Quand vous aurez tous vos conte­nus sur Amazon, toute votre commu­ni­ca­tion sur Google et toutes vos rela­tions sur Face­book, et que deux ans après l’un des trois ou les trois vous dit « vous signez ici ou vous aban­don­nez tout ce que vous avez », il sera un peu tard.

    Ce scéna­rio n’est même plus de la prédic­tion, c’est le présent et ça a déjà commencé. Le billet précé­dent sur la messa­ge­rie instan­ta­née n’est qu’une anec­dote, mais qui fait partie d’un mouve­ment de fond bien puis­sant.

    Ce qui m’agace le plus c’est que les gens laissent faire, et même semblent ne pas s’en préoc­cu­per.

    Parfois j’ai presque envie de lais­ser tomber le web à tel point je me dis « c’est foutu les gens s’en moquent ».

    J’ai l’air bien beau à résis­ter en contrô­lant mes adresses et mes iden­ti­fiants avec mon nom de domaine, voire mes services sur mon serveur perso. C’est utile pour moi mais ce n’est acces­sible qu’à une mino­rité. Mener le combat seul ne sert à rien : Si vous vous êtes tous vendus, alors pour conti­nuer à vivre en rela­tion avec vous je n’ai d’autre choix que de faire de pareil.

    Seuls nous n’avons quasi­ment aucune chance de propo­ser une alter­na­tive, pour­tant c’est juste essen­tiel pour nous, notre avenir, et celui de nos enfants. Si ça vous parait encore être une « grande phrase », c’est que vous ne réali­sez pas encore ce qui se joue aujourd’­hui.

  • Messa­ge­rie instan­ta­née et jardins fermés

    Je suis très pessi­miste sur les évolu­tions récentes dans la messa­ge­rie instan­ta­née.

    Le mieux

    Pendant un temps ça s’est un peu amélioré. Les non-tech­ni­ciens ne le voyaient pas mais on a commencé à ouvrir un peu les réseaux. Le proto­cole ouvert et stan­dar­disé XMPP s’est plus ou moins imposé comme base, et Jabber (le réseau des serveurs XMPP ouverts) commençait à prendre pas mal d’im­por­tance.

    Apple iChat, Google et même MSN savaient désor­mais plus ou moins commu­niquer entre eux via ce proto­cole, éven­tuel­le­ment avec quelques arti­fices. Chacun pouvait aussi monter son propre sous-réseau chez lui ou dans son entre­prise, avec sa propre adresse, et commu­niquer avec les gros réseaux de façon trans­pa­rente. Même Skype avait annoncé déve­lop­per un connec­teur pour la partie texte de sa messa­ge­rie. AIM avait de plus commencé à s’ou­vrir au réseau de Google, ce qui était un premier pas.

    Mais ce n’est pas tout : AIM, ICQ, Yahoo! Face­book et bien d’autres ont migré vers ce même proto­cole.Même si leurs réseaux restent isolés les uns des autres, il était possible d’uti­li­ser le même proto­cole et donc d’avoir des appli­ca­tions qui faisaient tout. C’était encore loin d’être idéal, parfois les fonc­tion­na­li­tés avan­cées des diffé­rents réseau n’étaient pas gérées, et pour certains l’im­plé­men­ta­tion était expé­ri­men­tale ou en déve­lop­pe­ment, mais la direc­tion était plus qu’en­cou­ra­geante. Même twit­ter avait une inter­face avec le proto­cole XMPP pour certains flux.

    Les appli­ca­tions Pidgin et Adium permet­taient ce qui manquait encore, en implé­men­tant tous les proto­coles prin­ci­paux. Sous réserve d’avoir un compte sur chaque réseau il était possible de centra­li­ser toute la messa­ge­rie sur une seule appli­ca­tion et de ne pas se préoc­cu­per de savoir qui est sur quel réseau (ou même qu’il existe diffé­rents réseaux).

    Il n’y a presque que Skype qui restait dans son coin mais, au moins dans nos pays, il était quasi­ment exclu­si­ve­ment utilisé pour la voix, pas pour la messa­ge­rie instan­ta­née.

    Et le moins bien

    Malheu­reu­se­ment le « je veux mon réseau social comme Face­book » semble être à la mode et on a tout détri­coté tout juste quelques mois.

    Twit­ter ? Ils ont fermé leur inter­face XMPP, et les évolu­tions montrent qu’ils tentent de contrô­ler les diffé­rentes appli­ca­tions clientes. Le nombre maxi­mum d’uti­li­sa­teurs par appli­ca­tion non-offi­cielles fait qu’il est illu­soir d’ima­gi­ner une compa­ti­bi­lité stable et pérenne avec des appli­ca­tions de messa­ge­rie instan­ta­née.

    MSN ? Ils ont racheté Skype et a annoncé migrer ses utili­sa­teurs de Windows Live vers ce réseau. Le réseau MSN fonc­tionne encore alors que sa date d’ex­tinc­tion est désor­mais passée, mais rien ne permet de dire si ça perdu­rera encore long­temps.

    Le proto­cole Skype n’est malheu­reu­se­ment pas ouvert et ce ne semble pas être la direc­tion souhai­tée en interne. Il est probable qu’il faille désor­mais commu­niquer avec les contacts MSN via Skype et unique­ment Skype.

    Il existe encore un plugin Skype pour Pidgin mais il impose d’avoir le client Skype lancé et connecté, ne couvre pas le mobile, et semble ne pas fonc­tion­ner correc­te­ment pour les utili­sa­teurs qui ont fusionné leur compte Skype et leur compte MSN.

    Google ? Google vient d’an­non­cer le passage à Hangout. Ils avaient déjà éteint un bref moment les échanges entre leurs serveurs de messa­ge­rie et les serveurs tiers, rompant l’in­te­ro­pé­ra­bi­lité. Désor­mais c’est tout le proto­cole XMPP qui est jeté. Impos­sible de commu­niquer avec des utili­sa­teurs non Google une fois que vous avez migré, pas même avec les utili­sa­teurs du réseau AIM qui avaient une liai­son spéci­fique. Impos­sible aussi d’uti­li­ser un client autre que les clients Google.

    L’an­cien réseau XMPP de Google est encore là mais on ne sait pas pour combien de temps. Toujours est-il que les utili­sa­teurs vont migrer vers Hangout au fur et à mesure (consciem­ment ou non) et ce sont autant de gens qui devien­dront injoi­gnables pour ceux qui n’y sont pas encore. Pire : Il semble qu’ils sont encore vus comme connec­tés, mais ne peuvent pas lire vos messages ou vous en envoyer.

    Là aussi, le proto­cole n’est pas connu, donc il faudra avoir un logi­ciel spéci­fique pour Hangout, impos­sible d’uti­li­ser Pidgin ou un équi­valent.

    Sans avenir

    Twit­ter, MSN et Google s’en­ferment chacun dans leur pré : impos­sible de commu­niquer avec eux depuis l’ex­té­rieur, ou d’avoir une même appli­ca­tion qui se connecte aux diffé­rents réseaux. Diffi­cile de comp­ter sur Face­book pour s’ou­vrir, et les autres qui étaient au stade de déve­lop­pe­ment ou d’ex­pé­ri­men­ta­tion ne risquent pas d’in­ves­tir pour péren­ni­ser la chose désor­mais.

    Bref : Vous appar­te­nez au réseau que vous choi­sis­sez, et vous n’êtes qu’un pion dans la guerre qui oppose les multi­na­tio­nales d’In­ter­net. Le courant domi­nant est main­te­nant de fermer les fron­tières et de capi­ta­li­ser sur les utili­sa­teurs pieds et poings liés, c’est à dire vous. Votre proprié­taire pourra vous impo­ser les conte­nus, les services ou la publi­cité qu’il souhaite (rassu­rez-vous, il atten­dra un peu que ça se calme avant de le faire, histoire de ne pas risquer une migra­tion en masse). Une société souhaite lancer des conte­nus ou inno­ver ? OK si elle paye votre proprié­taire et n’entre pas en concur­rence avec lui. Moins vous pour­rez commu­niquer avec l’ex­té­rieur, mieux ce sera car vous serez sous contrôle de votre proprié­taire de réseau.

    Sauf renver­se­ment de situa­tion ou prise de conscience excep­tion­nelle des utili­sa­teurs :

    • Jabber est mort à court ou moyen terme, sauf pour quelques geeks et inter­nautes convain­cus
    • Vous ne pour­rez plus choi­sir vos appli­ca­tions, il faudra accep­ter les appli­ca­tions offi­cielles, en leur donnant les droits qu’elles demandent, en accep­tant publi­ci­tés, mises en avant ou marke­ting qu’elles choi­sissent
    • Si vous n’ac­cep­tez pas de vous lais­ser enfer­mer et menot­ter sur un seul réseau, il faudra instal­ler et lancer simul­ta­né­ment plusieurs logi­ciels diffé­rents non inter­opé­rables
    • Le web ouvert est mal barré

     

  • TLS par défaut

    Il ne fallait qu’une heure pour le faire mais je ne l’avais jamais inves­tie jusqu’à présent. C’est main­te­nant fait : Cet espace utilise une connexion HTTP sécu­ri­sée par défaut.

    Le lien HTTP non sécu­risé redi­rige direc­te­ment vers la partie sécu­ri­sée. Cette dernière envoie l’entête HSTS pour bloquer ce choix.

    Remon­tez-moi toute diffi­culté.

  • La para­ly­sie du tout parfait

    Je lis Tris­tan, et par là un billet essen­tiel d’An­thony, que malheu­reu­se­ment j’avais manqué en janvier.

    Savoir, tout savoir, puis déci­der

    Il me faut un savoir quasi-ency­clo­pé­dique sur le domaine pour me sentir à l’aise au moment de faire un choix.

    Oh combien je m’y retrouve. Au risque de renfor­cer le petit côté autiste, je dirai que ce fut encore pire pour moi. Pour un achat je construis des tableaux de dix kilo­mètres en compa­rant tous les produits du marché sur toutes les boutiques, et même un peu plus, et finis – parfois – par me déci­der au bout de longs mois. Je ne sais pas lequel de nous deux avec Anthony est le moins impul­sif, mais je ne dois pas me lais­ser tant distan­cer que ça.

    Les bases du choix

    Mais là c’est encore simple fina­le­ment, parce qu’on peut trou­ver des critères objec­tifs, des recom­man­da­tions, des expé­riences. Et quand le sujet est pure­ment subjec­tif alors ? Fut un temps mes connais­sances rigo­laient (peut être un peu jaune) sur mon inca­pa­cité à faire des choix simples comme « quel parfum souhaites-tu ? ». Parce qu’entre la glace à la fraise et la glace à la vanille il n’y a pas vrai­ment de *rai­son* de prendre l’un ou l’autre, du coup j’étais inca­pable de dire quoi que ce soit, ou même de prendre une alter­na­tive au hasard. Ce n’est pas tant que j’hé­site sur le choix, c’est que le choix n’a souvent pour moi aucun sens si je n’ai pas de critère objec­tif et de « pourquoi » ; je ne le conçois même pas dans mon esprit.

    Heureu­se­ment j’évo­lue. Ça a été un grand travail sur moi-même, et ça l’est encore un peu parfois, avec quelques stra­té­gies d’évi­te­ment (« vanille » la glace, il y en a toujours et ça m’évite de faire un choix arbi­traire qui n’a aucun sens pour moi). Heureu­se­ment en contexte profes­sion­nel ce travail sur moi-même je l’ai fait avec encore plus de force, au point qu’il a été au moins en partie trans­formé en qualité : atten­tion au détail et volonté d’étu­dier les problé­ma­tiques profon­dé­ment.

    Avan­cer, sauter dans l’in­connu

    Mais tout n’est fina­le­ment pas vrai­ment une ques­tion de savoir faire un choix. C’est un besoin de tout savoir, tout comprendre. Un baptême de plon­gée, je soupçonne ma femme d’avoir été surprise de me voir être capable d’uti­li­ser le déten­deur sans faire trop de sima­grées sans pour autant savoir en détail comment ça fonc­tionne. Côté tech­nique infor­ma­tique c’est une malé­dic­tion qui prend un temps mons­trueux.

    Bien entendu ça se travaille, mais en gran­dis­sant on réalise jour après jour l’éten­due de tout ce qu’on ne connait pas, qui gran­dit bien plus vite que l’éten­due de nos propres connais­sances.

    Apprendre c’est se rendre compte de l’im­por­tance de notre igno­rance. Parfois il y a de quoi se sentir un peu perdu.

    Tout ça pour dire

    Si j’ai appris une chose, c’est qu’a­van­cer est le plus diffi­cile. Même quand je suis (très) critique sur des initia­tives, je ne perds pas de vue que la grande force c’est d’avoir essayé, d’avoir avancé dans l’in­connu, et que ça c’est plus impor­tant que tout. C’est une qualité rare, c’est celle que nous tentons chaque jour de mettre en exergue en star­tup.

    Avan­cez, sans mettre la char­rue avant les boeufs, sans oublier qui vous êtes et ce en quoi vous croyez, mais avan­cez, c’est ça l’im­por­tant.

    Et cette gêne qui nous impose de tout savoir et tout contrô­ler, qui nous incite à refu­ser l’im­per­fec­tion, faisons-en une force. C’est la même force qui nous pousse à toujours vouloir mieux, et à nous dépas­ser nous-même. C’est une capa­cité d’in­ves­tir pour comprendre et savoir avan­cer dans la bonne direc­tion au lieu d’avan­cer bête­ment n’im­porte comment. Ne reniez pas ce trait de votre person­na­lité, culti­vez-le, guidez-le : Le tout est d’avan­cer.

    L’étape suivante c’est savoir décon­nec­ter, profi­ter de la vie sans toujours avoir dans un coin l’en­semble de tout ce qu’on estime impar­fait ou incom­plet. C’est là dessus que se situe mon prochain combat.