C’est quoi un revenu de base pour vous ?


J’ai vu énor­mé­ment de visions diffé­rentes du revenu de base. Puis-je vous deman­der de passer quelques minutes sur ce formu­laire pour me dire ce que ça veut dire pour vous ?

Si vous lais­sez les cases libres de la fin, ça ne devrait pas prendre plus de 2 ou 3 minutes.

Merci à vous

Bien entendu, je parta­ge­rai les résul­tats.


Après 78 réponses, un petit point :

Si je prends le cas majo­ri­taire aujourd’­hui, on a un revenu de base, qui concerne l’en­semble de la popu­la­tion (enfant compris), d’un montant proche du seuil de pauvreté à 60% (envi­ron 1000€ aujourd’­hui), mis en place d’abord comme une alter­na­tive à l’em­ploi suite à la robo­ti­sa­tion mais aussi pour retrou­ver du travail choisi.

Ce revenu rempla­ce­rait quasi­ment toutes les pres­ta­tions sauf les allo­ca­tions de situa­tion spéci­fique et de handi­cap. Il vien­drait en plus de la sécu­rité sociale et ne remet­trait pas en cause l’édu­ca­tion gratuite.

* * * retraite et chômage

J’avoue que je suis très surpris de voir que pour vous ce revenu remet en cause l’as­su­rance chômage (par 73%) et l’as­su­rance retraite (par 52%).

Une fois reti­rés les mini­mum sociaux, ce sont juste­ment d’abord des systèmes d’as­su­rance et pas de répar­ti­tion des richesses.

Je ne vois pas par exemple en quoi le revenu de base rempla­ce­rait le chômage pour celui qui perd un emploi avec son crédit à payer, ni pourquoi il ne pour­rait pas coti­ser pour le cas où il serait plus tard trop vieux pour travailler.

Tout au plus on pour­rait rendre ces deux systèmes complè­te­ment privés à partir du moment où on n’y assure plus les minima sociaux, mais je ne vois pas ce qu’on aurait à y gagner. Au contraire, que quelqu’un se retrouve trop endetté à cause d’un acci­dent de vie sans assu­rance ne me parait pas forcé­ment posi­tif pour l’éco­no­mie et donc la collec­ti­vité.

Bref, pour moi on ne touchait pas à l’as­su­rance chômage et l’as­su­rance retraite. On pouvait juste en reti­rer les mini­mums vu qu’ils seront gérés par le revenu de base, et éven­tuel­le­ment réduire légè­re­ment les pres­ta­tions pour en assu­rer l’équi­libre (la dimi­nu­tion sera moins visible parce qu’il y aura le montant du revenu de base qui lui ne bougera pas).

* * * sécu­rité sociale et handi­cap

Je suis aussi très surpris par la remise en cause de la sécu­rité sociale par plus de 10% des répon­dants. On voit qu’il y a bien deux concep­tions du revenu de base : Celle qui vise un objec­tif social et celle qui vise un objec­tif liber­taire. Avec la seconde on paye un forfait et on se dégage de toute entraide ensuite. Tant pis pour lui si quelqu’un se retrouve plus atteint par des problèmes de santé.

C’est d’au­tant plus dommage qu’on sait désor­mais très bien que si les gens freinent leur accès aux soins en amont, on aura plus de cas graves en aval et ça finira par coûter plus cher à tout le monde.

Les propo­si­tions libé­rales de sépa­ra­tion des pres­ta­tions santé entre les atteintes légères et les cas vitaux sont extrê­me­ment nocives. Non seule­ment elles encou­ragent les moins aisés à vivre en moins bonne santé de façon conti­nue, mais elles finissent pas coûter plus cher à tout le monde à la fin (sauf à refu­ser la soli­da­rité sur les cas graves mais quasi­ment personne ne le souhaite).

Même chose pour l’al­lo­ca­tion handi­cap, que le revenu de base rempla­ce­rait pour presque 20% des répon­dants. Si vous ne pouvez pas marcher, à vous de vivre avec la même chose que les autres, sans aide. C’est vrai­ment une réponse à laquelle je ne m’at­ten­dais pas et qui me fait mal au cœur.

De manière logique toute­fois, ceux qui souhaitent rempla­cer la sécu­rité sociale ou les allo­ca­tions handi­cap ont plutôt eu tendance à choi­sir un montant plus élevé que les autres (mais pas tous, il y a quand même quelqu’un pour choi­sir un seuil de pauvreté à 50% et y rempla­cer toutes les pres­ta­tions, y compris les soins vitaux et handi­caps).

* * * montants

Les montants sont très divers mais plutôt plus élevés que je ne m’y atten­dais (logique aussi, vu que vous rempla­cez souvent la retraite et le chômage alors que j’y voyais un complé­ment).

Ça se divise essen­tiel­le­ment entre le seuil de pauvreté à 50%, celui à 60% et le smic. Je pensais avoir pas mal de réponses pour des montants sous le RSA mais ça a été anec­do­tique. Il y a par contre un petit groupe signi­fi­ca­tif qui envi­sage un revenu supé­rieur au smic actuel. Je ne m’y atten­dais pas.

Après on a des extrêmes : de celui qui souhaite un revenu d’aide à 300 € qui remplace et les minima sociaux (qui sont actuel­le­ment à 500 €), à celui qui souhaite un revenu au moins au smic mais qui s’ajoute à toutes les pres­ta­tions sans en rempla­cer.

* * * visions

J’en retiens quand même qu’il y a pas mal de visions très diffé­rentes derrière le revenu de base, certaines avec une visée soli­daire, certaines sur le fonc­tion­ne­ment de l’em­ploi et du travail, et certaines avec une visée liber­taire.

Il me parait juste essen­tiel de parler d’abord du modèle de société avant de cher­cher les détails de finan­ce­ment et de montant. Savoir ce qu’on remplace comme pres­ta­tion est une première grille de lecture mais il faut aller plus loin.

* * * liens

Pour ceux que ça inté­resse, on m’a glissé deux fois deux liens comme réfé­rence :


3 réponses à “C’est quoi un revenu de base pour vous ?”

  1. Le fait que tu es « mélangé » revenu de base et salaire à vie explique pourquoi tu ne comprends pas toujours les réponses.
    Le « salaire à vie », si je ne m’abuse, remplace TOUT ou presque.
    Enfin je l’ai compris comme ça.

    Le revenu de base, c’est « juste » un RSA augmenté, qui, selon les candidats et l’orientation politique, remplace tout ou partie des prestations sociales.

    • Demander la dénomination était justement là pour voir si pour les gens il y avait des concepts clairement distincts comme tu le crois. La réponse est à priori négative pour l’instant.

      Force est de constater que la majorité de ceux qui prétendent tout remplacer ne le font pas en utilisant le terme de « salaire à vie », et que 1 sur 3 utilisant ce terme le font en le plaçant au niveau du seuil de pauvreté et qu’il est loin d’y avoir unanimité sur les prestations remplacées (il y a même 1/6 qui ne remplace quasiment rien). Même dans ta définition, « tout ou presque » ne veut pas dire grand chose parce que laisser de côté la sécurité sociale ou non est loin d’être un détail par exemple.

      Inversement pour le revenu de base où plus d’un tiers l’évaluent au smic ou au dessus (donc loin d’un « rsa augmenté »). Sachant que ta définition c’est « tout ou partie », c’est à dire « on ne sait pas ».

      Bref, visiblement c’est ne pas proposer les deux appellations et les différentes déclinaisons qui aurait été une erreur. La distinction que tu fais toi entre les termes n’est déjà pas très forte, mais elle ne semble de plus pas être partagée.

    • La question de la dénomination monopolise malheureusement une partie des débats, alors qu’il n’existe aucun consensus même au sein de chaque « camp ». Ne perdons pas de temps avec des tiroirs troués, débattons des fondamentaux (sources de financement, prestations remplacées, montant) et surtout ouvrons le débat sur les consolidations externes, car on ne balance pas une révolution économique et sociale dans une société qui n’y est pas préparée. Un exemple simple : instaurer un revenu de base sans plafonner les loyers entraînerait une recaptation immédiate des fonds par les investisseurs locatifs. On n’aurait pas inventé la Sécurité sociale sans mettre en place les tarifs conventionnés.

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