Auteur/autrice : Éric

  • 7 milliards et demi

    Github est un concen­tré de tech­no­lo­gies. On ne refera pas Github de zéro avec juste une poignée de déve­lop­peurs dans un garage.

    Mais… 7 milliards et demi de dollars. Vous comp­tez comme vous voulez mais la tech­no­lo­gie seule en vaut diffi­ci­le­ment un centième. Multi­pliez par 10 parce que c’est prêt et qu’on évite du risque et du délai, il y aura encore au moins un zéro de trop. Les divi­dendes à venir ne valent pas cette diffé­rence.

    Ce que Micro­soft achète ce n’est pas Github, le logi­ciel et les équipes, c’est vous, clients. Vous et vos projets. On vient de vous vendre comme une marchan­dise. Vous n’en avez même pas touché des miettes.

    Moi non plus.

  • Gérer son pota­ger

    Propo­ser de l’auto-héber­ge­ment c’est comme recom­man­der aux gens de faire leur propre pota­ger quand ils te parlent des problèmes de la chaîne de distri­bu­tion alimen­taire (*).


    Oui l’auto-suffi­sance alimen­taire est un énorme pas dans le bon sens. Non tout le monde n’a pas les connais­sances ou les compé­tences pour main­te­nir son pota­ger, les moyens finan­ciers d’avoir un terrain et le maté­riel perti­nent, ou simple­ment le temps à y consa­crer.

    Même quand on a tout ça, on peut vite se retrou­ver avec une récolte à vide, ou obligé de déver­ser plus de pesti­cide et plus d’eau que ne le ferait une culture inten­sive.

    Bref, c’est super, mais ce n’est pas la solu­tion magique à tout et pour tout le monde. Pas ainsi.

    Certains feront leur pota­ger, mais plus par plai­sir ou convic­tion que comme source d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. D’autres iront dans des AMAP, dans des circuits courts, au super­ma­ché bio ou soli­daire, à la supé­rette du coin, ou même au super­mar­ché en faisant atten­tion à ce qu’ils achètent, en fonc­tion de leurs moyens, de leurs contraintes et de leurs besoins.


    L’auto-héber­ge­ment c’est pareil. Il vous faut un maté­riel adapté, une connexion Inter­net stable et suffi­sante, des compé­tences non négli­geables, et surtout pas mal de temps et d’at­ten­tion.

    Main­te­nir un service en fonc­tion­ne­ment n’est qu’une petite partie du problème. Combien de ceux à qui on aura conseillé l’auto-héber­ge­ment vont se retrou­ver sans sauve­garde fonc­tion­nelle au premier inci­dent ? Combien vont faire une erreur et perdre leurs données ? Combien auront une qualité de service accep­table ? Et surtout, combien vont gérer correc­te­ment la sécu­rité ?

    Genma parle d’éli­tisme. C’est un peu vrai mais il n’y a pas que ça. Même pour quelqu’un du métier, qui a les moyens finan­ciers et du temps à y consa­crer, une sécu­rité correcte demande désor­mais un inves­tis­se­ment déme­suré pour la plupart des besoins person­nels.


    Je ne dis pas que c’est forcé­ment une mauvaise idée. La centra­li­sa­tion et la dépen­dance sont de vrais enjeux, la vie privée aussi, mais ne résu­mons pas ça à l’auto-héber­ge­ment.

    Faites-le pour vous amuser, pour apprendre, pour tester, pour bidouiller. Faites-le si vous en avez envie, tout simple­ment. Aidez ceux qui veulent le faire.

    Arrê­tez par contre d’as­sé­ner ça comme une solu­tion facile et univer­selle. Arrê­tez de faire culpa­bi­li­ser ceux qui délèguent et font confiance à un pres­ta­taire. Vous ne rendez service à personne, pas même à vos amis et votre famille à qui vous êtes en train de dire « mais si, sois dépen­dant de moi et mets-moi admi­nis­tra­teur sur toutes tes données, tu verras ce sera génial ».


    (*) L’ana­lo­gie n’est pas de moi, je l’ai croi­sée récem­ment chez Clochix, merci à lui.

    Mise à jour : Depuis, l’ex­cellent Aeris a parlé de ça en détail et avec bien plus de brio que moi. Allez lire.

  • BetterTou­chTool

    S’il y a Bart­den­der sur mon mac, il y a aussi BetterTou­chTool.

    Premier usage pour moi, ça me permet de dépla­cer une fenêtre sur un bord pour qu’elle se posi­tionne auto­ma­tique­ment sur la moitié de l’écran. Si je la mets sur un coin elle prend le quart d’écran corres­pon­dant.

    Le petit utili­taire ne se limite pas à ça. On peut défi­nir ou redé­fi­nir à peu près tout ce qu’on peut espé­rer comme raccour­cis : gestures ou formes sur le touch­pad ou via la souris, des combi­nai­sons ou séquences de touches au clavier, redé­fi­ni­tion des boutons de mani­pu­la­tion des fenêtres, ou des séquences de touches magiques, et même gestion de la touch­bar pour ceux qui en ont une. Le tout peut être person­na­li­sable par appli­ca­tion et en fonc­tion des touches modi­fi­ca­trices appuyées. Un vrai couteau suisse


    C’est un peu l’his­toire du canon et du mous­tique que d’uti­li­ser ça prin­ci­pa­le­ment pour agen­cer les fenêtres sur l’es­pace de travail.

    Spec­tacle le fait gratui­te­ment mais ne gère que des raccour­cis clavier pour dépla­cer les fenêtres par moitié ou quart d’écran. Il n’y a pas d’aide auto­ma­tique lors des dépla­ce­ments au touch­pad (et j’ai l’ha­bi­tude de gérer les fenêtres en glis­ser-dépo­ser plutôt qu’au clavier).

    Si vous n’avez vrai­ment que faire des autres fonc­tions de BetterTou­chTool, BetterS­napTool ne gère que les partages d’écran mais pour 2 € au lieu de 7 €. La diffé­rence de prix est assez faible pour que ça vaille à mon avis le coup de s’of­frir la version complète.

  • Barten­der

    Je ne vous ai pas parlé de Barten­der ? Ce logi­ciel a sauvé ma vie. Bon, pas vrai­ment, mais il a bien simpli­fié par mal de choses sur mon Mac.

    En ce moment j’ai quand même 15 items diffé­rents à droite de ma barre de menu. Certains ne sont lancés qu’au besoin. Parfois j’en ai plus, parfois j’en ai moins, mais en géné­ral ceux qui sont là ont une bonne raison d’y être.

    Il suffit qu’une appli­ca­tion comme Fire­fox ait pas mal de menus pour que telle ou telle icône se retrouve masquée. Loi de Murphy oblige, c’était toujours celle qui me permet­tait d’avoir des noti­fi­ca­tions impor­tantes qui se retrou­vait hors de la vue. Je me retrou­vais trop souvent à bascu­ler vers une appli­ca­tion compor­tant peu de menus unique­ment pour pouvoir accé­der à certaines icônes.

    Barten­der répond à ça. Je décide des quelques rares icônes que je laisse visible en perma­nence. Les autres sont masquées derrière un sous menu. C’est bête comme chou mais juste indis­pen­sable.

    Encore mieux, je suis capable de dire « masque l’icône de Drop­box par défaut mais montre là si quelque chose a changé depuis moins de 10 minutes ». Du coup je vois les noti­fi­ca­tions mais elle n’en­combre pas les menus le reste du temps.

    C’est payant, moins de 15 €, autant dire pas grand chose vu le confort gagné. Il y a une version d’es­sai et de de jolies anima­tions sur le site de l’édi­teur si vous voulez voir comment ça fonc­tionne.

  • Trois écrans

    Je regarde encore prin­ci­pa­le­ment l’écran du portable même quand les autres sont bran­chés mais, après plusieurs mois, je valide la confi­gu­ra­tion à trois écrans.

    Un 24″ en portrait sur le côté et un 24″ en paysage au dessus de l’écran du portable

    À gauche j’ai ce qui est annexe. Ça peut être une vidéo, un réseau social, une discus­sion asyn­chrone ou quelque chose que je surveille, comme le Matter­most du boulot. Excep­tion­nel­le­ment j’y affiche un docu­ment A4 pour en prévi­sua­li­ser l’ap­pa­rence géné­rale.

    Le prin­ci­pal se passe sur un des deux écrans paysage. C’est éton­nant parce que fina­le­ment je n’uti­lise pas toute largeur de l’écran. Ration­nel­le­ment tout ce que je fais ou presque serait mieux avec plus de hauteur dispo­nible. Je ne m’ex­plique pas la contra­dic­tion mais passer l’écran prin­ci­pal en portrait a été un échec à chaque essai.

    Sur ces deux écrans en paysage j’ai ce qui est en cours. Géné­ra­le­ment un pour le travail (rédac­tion, code) et l’autre pour le contexte (docu­men­ta­tion, discus­sion, tests, etc.). Ça a l’air orga­nisé comme ça mais j’ai plein de fenêtres et je les déplace fréquem­ment entre les deux écrans en fonc­tion de ce sur quoi je me concen­tre… et je ne les replace pas forcé­ment sur le premier écran quand je me recon­centre dessus. Au final les fenêtres en arrière plan sont à peu près n’im­porte où.

    Le second truc qui me gêne c’est que je conti­nue à utili­ser l’écran du portable comme écran prin­ci­pal la plupart du temps. Il est plus petit, il m’oblige à bais­ser un peu la tête pour être à l’aise, mais je reviens souvent dessus quand je n’y fais pas atten­tion. J’ima­gine que c’est qu’il est plus flat­teur en terme de lumi­no­sité et de défi­ni­tion mais l’ha­bi­tude ne change pas malgré mes tenta­tives d’en bais­ser arti­fi­ciel­le­ment la lumi­no­sité pour que celui du dessus soit plus atti­rant.

    Dernière chose à laquelle je ne m’at­ten­dais pas : J’ai beau avoir un clavier et un track­pad externes à bonne hauteur au dessus de mes genoux sur une tiroir ouvert, je conti­nue à utili­ser le clavier et le track­pad du portable. Je peux me forcer à faire autre­ment, je reviens sur le portable si mes mains quittent à un moment le clavier. Je n’es­saye même plus.

    Au final ça fonc­tionne. Deux écrans c’est confor­table, le troi­sième me permet d’avoir quelque chose à côté sans avoir à prendre la place sur les deux premiers. Ma vrai diffi­culté c’est dès qu’une appli­ca­tion se met en plein écran. Certaines fenêtres restent derrière et deviennent inac­ces­sibles alors que moi je conti­nue de travailler sur les autres écrans. J’ado­re­rais qu’elles se déplacent seules sur les autres écrans, un peu comme si je débran­chais celui qui est occupé.

    Et vous ? Vous utili­sez quoi ?

  • Je ne sais pas encore

    J’ai des hauts et des bas. Ça n’al­lait pas, ras le bol assez global.

    J’ai fini par désac­ti­ver le compte Twit­ter public. Trop pénible, plus de frus­tra­tions et de tensions que de posi­tif, ça m’ap­porte peut-être plus de mal que de bien.

    Il parait que j’ai un mois pour déci­der ce que j’en fais avant qu’il ne soit supprimé. Je ne sais pas encore. Proba­ble­ment fini­rai-je par le rouvrir, parce que j’ai aussi besoin de lâcher quelque part ce que j’ai en tête, d’in­te­ra­gir avec des gens.

    Peut-être pas. Peut-être que le compte privé suffira. Quelques amis m’y ont rejoint. Je regrette de ne pas pouvoir répondre aux autres, de ne pouvoir parler qu’a­vec ceux qui ont préa­la­ble­ment choisi de s’abon­ner, qui ont su qu’il fallait le faire.

    Bref. Oui, le compte Twit­ter public n’est plus, pour l’ins­tant. Non ce n’est les modé­ra­teurs Twit­ter qui ont eu la main lourde. Si besoin vous savez toujours où me joindre.

  • À 130 € du seuil de pauvreté

    Seuil de pauvreté 1 015 €
    SMIC 1.148,96 € net

    J’en­tends qu’il n’est pas normal que les gens ne faisant rien touchent autant que les travailleurs.

    Ce qui n’est pas normal c’est que travailler à plein temps soit à 130 € du seuil de pauvreté.

    Propos repris et refor­mu­lés, trou­vés sur Frama­piaf

    Le seuil de pauvreté c’est un niveau rela­tif au revenu médian (pas le salaire médian, le revenu médian du ménage divisé par les personnes compo­sant le ménage). Il permet de cher­cher qui a un niveau de vie signi­fi­ca­ti­ve­ment en dessous du gros du reste de la popu­la­tion locale, et s’en retrouve en consé­quence exclu de fait.

    C’est un seuil arbi­traire. Savoir s’il y a 5%, 10% ou 15% de la popu­la­tion sous ce seuil a peu de sens : Ça dépend de quel seuil on prend. Tant qu’on ne prend pas un seuil déli­rant (le commu­né­ment admis est de 60% du revenu médian) ça permet toute­fois de regar­der l’évo­lu­tion dans le temps, de compa­rer des zones géogra­phiques, et de regar­der quel type de popu­la­tion se retrouve concer­née.


    C’est le dernier point qui m’in­té­resse ici : Quel type de popu­la­tion est concerné.

    Intui­ti­ve­ment on peut y imagi­ner ceux qui n’ont pas d’em­ploi (soit par choix soit par diffi­culté spéci­fique comme un handi­cap) et ceux qui ont des gens à charge.

    Qu’une personne travaillant à temps plein et se gardant seul l’en­tiè­reté de ses reve­nus ne soit pas loin de se retrou­ver exclu sous ce seuil de pauvreté, ça doit faire réflé­chir et c’est un problème en soi.

    Ça pose des ques­tions sur l’échelle des salaires, sur la répar­ti­tion préa­lable entre travail et capi­tal, sur la capa­cité des plus pauvres à se sortir de leur situa­tion par leurs propres moyens. Dans tous les cas : Ça craint.


    Et donc, le sens de la cita­tion pour moi : On ne rendra pas la société plus juste en forçant les gens à travailler ou en abais­sant les aides à ceux qui ne travaillent pas. On ne rend pas la situa­tion de certains plus juste en écra­sant ceux qui se trouvent en dessous.

    Le jour où travailler à temps plein permet­tra de s’en sortir, on en repar­lera. Entre temps le problème est ailleurs.

  • Un serveur email chif­fré

    J’amorce mon départ de Gmail, dans la lignée de la reprise de contrôle sur mes données. Le problème avec les emails c’est qu’on est dans un écosys­tème où tout est échangé en clair.

    J’ai aban­donné l’idée de conver­tir tout le monde à GPG. En fait j’ai même aban­donné l’idée de m’y conver­tir moi-même. J’ai long­temps eu des clefs expo­sées sur mes profils en ligne et malgré un réseau très geek sensible à ces ques­tions, je crois que je n’ai jamais reçu un seul email chif­fré.

    Bref, vous échan­gez les emails en clair avec l’ex­té­rieur et vous ne pour­rez rien faire contre ça. Vous pouvez cepen­dant chif­frer vos archives et tout email dès sa récep­tion. C’est ce que font Proton­mail, Tuta­nota et Mail­den.

    Mail­den ce sont des versions modi­fiés de Post­fix et Dove­cot qui chiffrent et déchiffrent les emails à la volée pour vous. Le serveur a donc accès à vos clefs quand vous vous y connec­tez mais promet de les oublier dès que la connexion prend fin. L’avan­tage c’est que de votre point de vue vous avez un serveur email tout ce qu’il y a de plus clas­sique.

    Proton­mail et Tuta­nota gèrent eux un vrai chif­fre­ment de bout en bout. Le serveur ne voit jamais passer votre clef de déchif­fre­ment. Seul vous pour­rez lire vos email une fois qu’ils ont été chif­frés. En échange il vous faudra des appli­ca­tions email spéci­fiques ou un proxy de déchif­fre­ment inter­mé­diaire.

    Aucun des deux modèles n’est parfait. Tuta­nota me tente mais ça reste assez spar­tiate et j’ai peur que leur approche de la recherche m’em­pêche d’y indexer toutes mes archives. Disons que ça sera à tester avant de s’en­ga­ger.

    Mail­den pour­rait être une option mais si c’est pour faire confiance au serveur lors de la récep­tion des emails, lors de l’en­voi des email, lors de chaque accès, et que contacts comme calen­driers devront être gérés tota­le­ment en clair chez un autre héber­geur…

    … Je commence à me deman­der si tout ça vaut le coup et si je ne devrais pas juste sous­crire à la gamme complète chez Fast­mail. Ce ne sera pas chif­fré mais c’est un bon choix et je leur fais confiance pour ne pas exploi­ter mes données privées. Ce pour­rait être un compro­mis perti­nent le temps que Tuta­nota et les offres simi­laires soient un peu plus abou­ties.


    Pourquoi pas Proton­mail plutôt que Tuta­nota ?

    Sécu­rité : Tuta­nota chiffre les contacts et le sujet des emails, pas Proton­mail. Tuta­nota propose aussi ses appli­ca­tions clientes en open source, ce qui apporte un peu plus de garan­tie ou permet d’hé­ber­ger soi-même le webmail.

    Utili­sa­tion : Proton­mail a la bonne idée d’of­frir un proxy pour utili­ser un vrai client email sur le poste fixe mais en échange l’app mobile ne saura pas faire de recherche dans le contenu des emails, ce qui me parait un défaut très sérieux.

    Prix : Au delà de 5 Go, Proton­mail est prohi­bi­tif. On parle de 1€ le Go par mois.

    Pour mon usage, avec un gros quota et un usage mobile complet, le choix est vite fait.

  • [Liens] Éthique et travail

    I funda­men­tally believe that my time at Reddit made the world a worse place. That sucks. It sucks to have to say that about myself.

    An Apology for the Inter­net, McCo­mas

    I wonder which propor­tion of deve­lo­pers is sharing that feeling. Knowing to work for the (dark) grey guys out there, imple­men­ting addic­tive algo­rithms, dark patterns, profi­ling and so on. Whate­ver the reasons, that should be hard to live with. Is there some­thing exis­ting like ethi­cal burn out?

    Worse Place, David

    Il est possible de penser à l’éthique person­nelle versus l’éthique de l’en­tre­prise. Il est néces­saire d’ex­plo­rer ce que nous appe­lons profes­sio­na­lisme et ses consé­quences. Qu’est-ce que signi­fie « bien faire son travail » ?

    Éthique, Karl

    Merci Karl et David, je trouve toujours de l’écho chez moi dans vos liens et propos.

  • L’an­cien CEO WhatsApp en cheva­lier blanc

    Des fois j’ai vrai­ment l’im­pres­sion qu’on nous prend pour des imbé­ciles.

    Notre CEO mont un service en faisant appel à des fonds de capi­tal risque. On parle de dizaines ou centaines de millions d’eu­ros quand même.

    En public il promet un service quasi gratuit, sans publi­cité, sans exploi­ta­tion commer­ciale des données utili­sa­teur, consi­dé­rant que c’est l’ADN même du service.

    C’est beau, c’est blanc, c’est propre, mais il sait pour­tant très bien qu’il va falloir non seule­ment finan­cer l’ex­ploi­ta­tion du service mais en plus rembour­ser les capi­taux risque. En gros il espé­rait juste avoir revendu et quitté le navire avant que quelqu’un ne doive rompre la promesse initiale.

    En reven­dant le service 19 milliards à Face­book, il devait bien se douter qu’il faudrait renta­bi­li­ser un mini­mum l’in­ves­tis­se­ment, que ce n’était pas un don cari­ta­tif. Connais­sant Face­book, il était évident que le service serait gratuit, que ce seraient les promesses liées à la publi­cité et aux données person­nelles qui seraient rompues.

    Sauf à être tota­le­ment naif et un peu idiot (et je ne le crois pas), il savait tout cela. Alors quand il claque publique­ment la porte de Face­book en se posant en cheva­lier blanc qui résiste contre la publi­cité et les problèmes de vie privée, j’ai l’im­pres­sion que c’est un peu nous qu’on prend pour des imbé­ciles.