Auteur/autrice : Éric

  • On ne fera pas l’éco­no­mie de parler distance des loge­ments

    On parle beau­coup prix de l’es­sence, climat, et tran­si­tion de la voiture vers d’autres modes de dépla­ce­ment comme le vélo ou les trans­ports en commun.

    Ces discus­sions arrivent régu­liè­re­ment à l’objec­tion « je suis loin, sans alter­na­tive, la voiture m’est indis­pen­sable », comme si la distance était une donnée externe intan­gible.

    La distance est pour­tant un choix. C’est parfois un choix de confort, pour ne pas démé­na­ger, ou au contraire pour gagner en surface et en confort. C’est toujours un choix collec­tif d’or­ga­ni­sa­tion urbaine, avec des pôles rési­den­tiel éloi­gnés des pôles indus­triels et des centres villes.

    La distance a été consi­dé­rée comme un para­mètre acces­soire parce qu’on pouvait se repo­ser sur la voiture et l’in­fra­struc­ture routière.


    Le parti pris c’est qu’on ne fera pas l’éco­no­mie de remettre ce choix en cause. Trop de gens dépendent de la voiture sans alter­na­tive. Si on veut pouvoir réduire la circu­la­tion auto­mo­bile, il faut aussi réduire là où elle est néces­saire.

    On ne peut pas mettre tout le monde en centre ville. Il n’y a simple­ment pas la place. On ne peut pas construire un réseau de trans­port en commun qui circule loin, partout, à une fréquence qui permet de se repo­ser dessus. Ou plutôt on pour­rait mais on n’est proba­ble­ment pas prêt à en payer le coût.

    L’al­ter­na­tive qui nous reste c’est de repen­ser à la fois l’or­ga­ni­sa­tion collec­tive et nos propres choix indi­vi­duels.

    Ça veut dire inci­ter les bureaux à se disper­ser au lieu de les concen­trer dans un centre d’af­faire ou au centre ville.

    Ça veut dire arrê­ter le modèle pavillon­naire où les plus aisés s’éloignent pour trou­ver leur maison indi­vi­duelle et leur jardin.

    Ça veut dire parfois démé­na­ger du coin qu’on aime ou du coin où on a habité histo­rique­ment pour suivre les contraintes de distance au travail ou aux acti­vi­tés, y compris si ça veut dire quit­ter la ville pour la campagne ou quit­ter la campagne pour la ville, ou d’autres compro­mis comme la surface ou le confort acces­sibles au même prix.

    Ça veut dire, pour ceux qui ont la chance de choi­sir leur travail, de le choi­sir aussi en fonc­tion de la distance aux loge­ments qu’on peut envi­sa­ger derrière.

    Ça peut vouloir dire moins d’énormes métro­poles centra­li­sées et de petits villages où il n’y a rien, pour plus de villes et zones urbaines de moyenne impor­tance qui sont rela­ti­ve­ment auto­nomes au niveau loge­ment / travail / acti­vi­tés.

    Ça veut dire moins de maisons indi­vi­duelles et plus de petits immeubles et loge­ments en co-propriété.

    Ça veut dire des zones urbaines d’abord pensées pour se dépla­cer et y vivre sans voiture, au lieu d’être essen­tiel­le­ment pensées pour y circu­ler en voiture.


    Oui, ça ne veut pas dire que des choses atti­rantes.

    On a construit un modèle de société où le rêve est d’ha­bi­ter dans une maison indi­vi­duelle sans vis-a-vis avec un grand jardin, avec une ou plusieurs grosse voitures et une route large qui nous amène à une grande ville juste à côté.

    C’est ce modèle qu’il nous faut dépas­ser, et ça pren­dra bien plus que quelques années, que ce soit au niveau chan­ge­ment des menta­li­tés ou au niveau de l’or­ga­ni­sa­tion urbaine.

    Amélio­rer les trans­ports en commun et construire des pistes cyclables en zone urbaine dense c’est indis­pen­sable mais ça n’est que le mini­mum faisable à court terme. Ça ne suffira pas.

  • « Processes are expec­ta­tions made expli­cit »

    Cita­tion de Mana­ging People, Andreas Klin­ger, avec laquelle je suis très en phase.

  • Se faire entendre à vélo

    La petite sonnette c’est bien mais ça ne se sert à rien pour se faire entendre des véhi­cules moto­ri­sés en envi­ron­ne­ment urbain. Au mieux ça ne déclenche aucune réac­tion. Le plus souvent je pense qu’ils ne la perçoivent même pas.

    Jusqu’à présent je me base sur l’idée de m’ar­rê­ter plutôt que râler, et de gueu­ler très fort dans les situa­tions où il y a besoin. Quand je veux je gueule fort. Commen­cer par gueu­ler très fort fait vite passer pour l’ex­cité qui crie et rend peu probable un échange paci­fié ensuite. Disons qu’ en cas de danger immi­nent ça permet au moins de se faire entendre et d’ob­te­nir une réac­tion immé­diate.

    Le problème c’est qu’en ville aux heures de pointes, j’ai néces­sité à me faire entendre au moins une fois par trajet si je ne veux pas risquer ma vie. Hier soir j’ai gueulé fort, dans le froid. J’ai bien douillé aux cordes vocales toute la nuit et j’ai encore mal à la gorge le lende­main.


    Je vois parler des Airzound, une corne de brume à air comprimé alimen­tée par une bouteille dans le porte-bidons, rechargé à la pompe à vélo. C’est puis­sant, c’est un son proche des klaxons que tout le monde connait, ça semblera plus « normal » aux auto­mo­bi­listes et ça ne ressem­blera pas à « l’ex­cité à vélo qui crie ».

    Ce qui me retient c’est prin­ci­pa­le­ment la peur d’un chan­ge­ment de compor­te­ment de ma part, que je me repose plus dessus et que je finisse par avoir un compor­te­ment plus agres­sif et plus risqué là où je me serais simple­ment arrêté sinon.

    Quelqu’un a un retour d’ex­pé­rience sur le sujet ?


    Oui, je sais. L’usage d’une corne est inter­dit à vélo. Notez que c’est l’usage qui est inter­dit, pas l’équi­pe­ment. Rien n’in­ter­dit d’avoir d’autres dispo­si­tifs à côté tant qu’on a une sonnette clas­sique (c’est obli­ga­toire).

    Il reste que ça ne sert à rien si on ne peut pas en faire usage. Cela dit, en théo­rie, si c’est en cas de danger immé­diat, je me sens couvert par l’ex­cep­tion de l’article 122–7 du code pénal (il s’agit d’un acte néces­saire et propor­tion­nel face à un danger actuel ou immé­diat me menaçant). La propor­tion entre l’ir­ré­gu­la­rité du coup de corne et le danger à éviter ne fait aucun doute.

    Au pire c’est une amende de première classe, 11 €. Entre le risque d’un acci­dent de circu­la­tion avec des moto­ri­sés et celui de payer 11 € si jamais il y avait un poli­cier juste à ce moment là qui ait envie de me verba­li­ser moi pour cet usage plutôt que celui qui me met en danger et qui refuse d’ap­pliquer la justi­fi­ca­tion du danger immé­diat, mon choix est vite fait.

  • Les Reelight c’est non

    Je m’étais demandé une ou deux fois ce que valent les Reelight dont j’ai un peu trop vu de pub passer. Ça semblait telle­ment non intru­sif que j’ai même envi­sagé d’en ache­ter une.

    J’en ai croisé une en circu­la­tion la nuit. Si je dis « c’est de la merde » je suis bien en deçà de mon ressenti.

    Si j’ai vu le vélo, c’est qu’il avait un cata­dioptre à l’ar­rière. Sa lumière était quasi­ment invi­sible, en inten­sité comme en fréquence.

    On avait un timide cligno­tant rouge trop lent, sur un des côtés de la roue. Je ne l’ai vu que plus tard en passant à côté. J’ima­gine que ça aurait été encore pire si j’avais eu un angle me présen­tant l’autre côté de la roue.

    À ce niveau là ça ne vaut même pas le coup de l’ins­tal­ler si on en a une gratuite, vrai­ment.

  • Today I lear­ned : font-variant-nume­ric

    Conseil CSS : utili­sez `font-variant-nume­ric: tabu­lar-nums;` pour aligner soigneu­se­ment les nombres dans un tableau, des comp­teurs de progres­sion, etc.

    https://twit­ter.com/javan/status/1486059026064584711
  • Avec des lettres de A à Z

    Le truc que j’ai du faire avec quasi­ment tous les langages mais pour lequel j’ai rare­ment trouvé une solu­tion satis­fai­sante : trans­for­mer un texte en reti­rant tous les accents et conver­tis­sant les lettres pour ne garder que les a à z.

    Tant que je me limite au français, italien et espa­gnol, j’ai une suite de recher­cher-rempla­cer qui me suffit :

    const ascii_replacements = [
      ['áàâä', 'a'],
      ['éèêë', 'e'],
      ['íìîï', 'i'],
      ['óòôö', 'o'],
      ['úùûü', 'u'],
      ['ñ', 'n'],
      ['æ', 'ae'],
      ['œ', 'oe'],
    ].map(([search, replace]) => [
      [new RegExp(search, 'gu'), replace],
      [new RegExp(search.toUpperCase(), 'gu'), replace.toUpperCase()],
    ]).flat()
    
    function ascii(text) {
      return ascii_replacements.reduce(
       (text, [search, replace]) => text.replace(search, replace),
       text
      )
    }

    Le gros problème c’est qu’il faut tout lister et que dès que je m’aven­ture hors du français, je risque d’en oublier.

    Via Le Hollan­dais Volant, une solu­tion qui utilise normalize :

    text.normalize("NFD").replace(/\p{Diacritic}/gu, "");

    C’est plus court, presque magique, mais en géné­ral j’ai aussi besoin de conver­tir æ et œ, qui seront oubliés ici. Il faut donc ajou­ter ces deux cas et leur version en majus­cule. Du coup c’est mieux mais pas encore ça.

    On peut se dire qu’en échange ça fonc­tionne pour toutes les langues, pas que le français, mais c’est passer à côté des spéci­fi­ci­tés locales. Si en français ö peut être dégradé en o, en alle­mand c’est l’équi­valent de oe.

    Reti­rer les signes diacri­tiques ne suffit pas pour obte­nir une version accep­table. La conver­sion dépend de la langue. L’al­le­mand est loin d’être la seule langue avec ce type de spéci­fi­ci­tés. Il faudra aussi ajou­ter les lettres propres à chaque langues, comme ß qui donne­rait ss.

    Par le passé j’ai utilisé iconv en PHP. Je me souviens que ce n’était pas parfait mais ça faisait ce type de job.

     iconv('UTF-8', 'ASCII//TRANSLIT', $text)

    Il faut juste penser à bien défi­nir la bonne locale avant. Ce n’est pas un défaut, c’est une fonc­tion­na­lité : Le résul­tat sera diffé­rent pour diffé­rentes locales.

  • Bicy­code

    Ça y est, j’ai un fait faire tatouage.

    Non, pas pour moi, pour mon vélo.

    C’est marrant mais ça renforce l’im­pres­sion d’avoir un vélo de grand, à moi, un qu’il faut réfé­ren­cer à mon nom.

    Le vélo, le code

    Du coup je suis passé à la Maison du Vélo à Lyon, et l’ac­cueil était super sympa. Ça prend 5 minutes et les quelques euros incluent l’adhé­sion à l’as­so­cia­tion.

    Je m’at­ten­dais à une machine type marteau piqueur. Je me suis retrouvé avec quelque chose plus proche du pyro­gra­veur du petit cousin en terme de niveau sonore.

    La bête (via)

    Faites marquer vos anciens vélos. Ça n’em­pêche pas le vol mais ça dissuade un peu et ça complique la vie des reven­deurs.

  • Lecture : 1 000 km à travers la Lapo­nie

    Arnaud Maza­nini a achevé son projet North­cal­ling : l’ul­tra-cycliste français a roulé près de 1 000 km jusqu’au Cap Nord, traver­sant la Lapo­nie. Par moins trente, bravant la tempête (et les tests PCR) consom­mant plus de 6000 KCal par jour.

    https://www.lequipe.fr/Velo-mag/Parcours/Actua­lites/1–000-km-a-travers-la-lapo­nie-le-recit-de-l-expe­di­tion-hiver­nale-d-arnaud-maza­nini/1311556

    De fait, les jours suivants, Arnaud roule­rait « à la tempé­ra­ture » comme d’autres roulent « au capteur de puis­sance » ou « au cardio ». « J’ai géré, de sorte à me main­te­nir entre 37,4°C et 37,6°C. Ainsi je ne trans­pi­rais pas, donc je ne gelais pas, donc je ne m’ar­rê­tais pas, je gagnais du temps. En fait la tempé­ra­ture corpo­relle est une clé de la perfor­mance. »

  • GPS illus­tré

    Global Posi­tio­ning System is, without a doubt, one of the most useful inven­tions of the late 20th century. It made it signi­fi­cantly easier for ships, airplanes, cars, and hikers to figure out where they are with high degree of accu­racy.

    https://ciecha­now.ski/gps/

    Cet article est juste excep­tion­nel. On explique tout le GPS, depuis la trian­gu­la­tion dans un espace à trois dimen­sion jusqu’au déco­dage radio, en passant par les ques­tions de trajet élip­tique et dérives de temps dues à la rela­ti­vité.

    Il faut tout ça et ça reste tota­le­ment acces­sible, à base d’illus­tra­tions qui se mani­pulent dans la page. Incroyable.

    À lire jusqu’au bout (via Nim)

  • Engi­nee­ring Ladders

    This frame­work allows soft­ware engi­nee­ring mana­gers to have meaning­ful conver­sa­tions with their direct reports around the expec­ta­tions of each posi­tion and how to plan for the next level in their career ladder.

    http://www.engi­nee­rin­glad­ders.com/

    Je regrette de ne pas avoir trouvé ça il y a quelques mois. J’ai défini mes grilles de carrière sous forme de tableaux fixes et je trouve ce système bien plus adapté pour diffé­ren­cier les progres­sions.