Catégorie : Politique et société

  • Projet de loi copie privée : le député dési­gné rappor­teur est…

    Ce n’est pas la première fois que j’ai un problème avec la vision de leur rôle par certains élus, et parti­cu­liè­re­ment les dépu­tés. Dans la nomi­na­tion de Marie-Hélène Thora­val comme rappor­teur sur un projet de loi rapport à la copie privée, on sent bien qu’on cherche quelqu’un qui exécu­tera le projet et pas quelqu’un qui pensera la loi ou qui soupè­sera les enjeux.

    C’est toute­fois la dépu­tée elle-même en l’af­firme le mieux avec cette phrase à garder en mémoire : « C’est un honneur d’être choi­sie par ses collègues pour leur appor­ter un éclai­rage sur un projet de loi présenté par le Gouver­ne­ment, surtout pour moi qui suis là depuis moins d’un an. Les prochaines semaines promettent d’être parti­cu­liè­re­ment char­gées, mais le rôle du parle­men­taire est de faire voter la loi donc j’en­dosse cette respon­sa­bi­lité avec beau­coup d’en­thou­siasme et de sérieux  »

    Alors non, le rôle du parle­men­taire n’est pas de faire voter la loi, mais au contraire de déci­der ou non s’il y a lieu de voter un projet de loi, et de le discu­ter avant. Exprimé ainsi, et je n’ai aucun doute que ce soit bien l’état d’es­prit de la dépu­tée, on voit bien que pour certains le député est au service du gouver­ne­ment pour faire appliquer ce que le gouver­ne­ment a décidé.

    C’est d’au­tant plus étrange que, bien que le gouver­ne­ment soit à l’ori­gine des projets de loi, c’est au gouver­ne­ment de faire exécu­ter les lois discu­tées et votées par le parle­ment, et non au parle­ment d’en­re­gis­trer et acter les lois déci­dées par le gouver­ne­ment.

    Je sais que tout ce délire découle du système des partis, mais il serait plus que temps que nos godillots se réveillent et se rendent compte du rôle primor­dial qu’ils ont dans notre répu­blique. Ce qui arrive n’est pas la faute du gouver­ne­ment qui négo­cie les projets de loi et qui les enchaîne en urgence, mais bien la faute des dépu­tés qui n’as­sument pas leur rôle et font une simple chambre d’en­re­gis­tre­ment.

  • Surveillance du net : un député demande à Claude Guéant de s’ex­pliquer

    Encore un bon exemple de la société de surveillance dans laquelle nous nous enfonçons, et qui aurait fait peur à George Orwell : « Surveillance du net : un député demande à Claude Guéant de s’ex­pliquer ».

    Nous sommes le troi­sième pays au monde qui envoie le plus de demandes d’iden­ti­fi­ca­tion à Google, avec 1300 demandes sur le premier semestre 2011. Le plus agaçant est que nous parlons en volume et pas en propor­tion à la popu­la­tion : Notre petit pays est le troi­sième au monde ! Coco­rico !

    Diffi­cile d’ex­pliquer cela dans le cadre d’une société qui se veut démo­cra­tique, basée sur le droit et la liberté d’ex­pres­sion. Impos­sible de s’y trom­per puisque d’ailleurs Google affirme avoir répondu favo­ra­ble­ment à moins d’une requête sur deux (48%). Cela veut aussi dire que notre pays a fait plus de 52% de requêtes d’iden­ti­fi­ca­tions à priori illé­gi­times ou sans raison (% en hausse).

    À titre de compa­rai­son les États Unis sont à 93% de requêtes légi­times, l’Al­le­magne 67%. Il est évident qu’il y a un problème spéci­fique­ment français ici, et l’aug­men­ta­tion de 30% du nombre de requêtes sur une période de 6 mois montre sans état d’âme qu’il s’agit d’une poli­tique volon­taire du gouver­ne­ment actuel.

  • Le jour­na­lisme est-il à la hauteur ?

    À lire : Le jour­na­lisme est-il à la hauteur ?

    Fran­che­ment, j’ai trop souvent l’im­pres­sion de voir des atta­chés presse à la place des jour­na­listes poli­tiques en France. Côté télé­vi­sion je rejoins ce que je lis chez Philippe Bilger : Si nous avons parfois des jour­na­listes acides ou agres­sifs, le fond est creux. Nous ne voyons pas de jour­na­liste contes­tant les chiffres donnés, refu­sant les réponses qui tournent autour du pot, ou poin­tant avec préci­sion les inco­hé­rences. Les réponses sont accep­tées, comme si de rien n’était. Au mieux on relance une fois, et puis c’est bon. Il semble que le jour­na­liste consi­dère que son rôle s’ar­rête à poser les ques­tions, et pas à discu­ter du fond. Sur papier ce n’est guère mieux. Si nous avons des édito­riaux et des articles qui parlent du fond, la parole offi­cielle n’est pas vrai­ment mise en défaut, ou si peu.

    Pire, de nombreux articles sont plus ou moins le reflet des commu­niqués de presse et des conte­nus prémâ­chés des agences de commu­ni­ca­tion. On leur donne des images, l’angle d’ap­proche, la date à laquelle commu­niquer, et parfois même une demande de ne pas diffu­ser telle ou telle infor­ma­tion avant le futur point presse mis au bon moment. Si les contre­feux média­tiques fonc­tionnent si bien, c’est parce que trop de nos jour­na­listes ne sont que des rédac­teurs qui refor­mulent ce qu’on leur donne, ni plus ni moins. C’est au point ou l’UMP s’était même éner­vée une fois l’an­née dernière parce que la presse n’avait pas repris un de ses commu­niqués (qui n’ap­por­tait pour­tant rien de neuf). C’est dire à quel point d’au­to­ma­ti­sa­tion nous sommes.

    Heureu­se­ment nous avons des jour­na­listes comme à Media­part, mais d’ici à ce que ces derniers soient auto­ri­sés à inter­vie­wer nos poli­tiques, il risque de couler de l’eau sous les ponts.

  • La Cour des comptes révèle des contrats de com’ obscurs de Mati­gnon et du gouver­ne­ment

    Que les postes de pouvoirs soient détour­nés pour assu­rer la survi­vance de l’élu à ce poste, ou pour favo­ri­ser le parti et ses soutiens n’est même plus éton­nant. Que par contre on arrive à sortir des scan­dales de ce type, mis en lumière par une insti­tu­tion neutre et au dessus de tout soupçon, et que cela ne donne … rien, là ça me dépasse.

    Nous aurions déjà du avoir un scan­dale menant à plus qu’une démis­sion quand cela touchait l’Ély­sée mais le manque de détail et l’ab­sence d’enquête cumu­lée à un soupçon de bluff sur l’im­mu­nité de tout le person­nel lié au président pouvait encore expliquer que cela n’ait mené à rien. Ici il n’y a rien de tout cela et s’il n’y a enquête et éven­tuel­le­ment saisie de la Cour de justice de la Répu­blique, alors c’est que nos préten­tions d’État de droit sont bien loin. Si les montants sont bien faibles par rapport au budget de l’État, les présomp­tions sont graves, d’au­tant qu’elles ne sont pas nouvelles.

  • Archos est spon­sor du G20. La Société Géné­rale aussi.

    Faire une opéra­tion de commu­ni­ca­tion d’une prési­dence tour­nante d’un sommet poli­tique est déjà le comble de l’égo et une concep­tion très parti­cu­lière du « travailler en commun » et du « se mettre au service des autres ».

    Mais quand le sommet ou la prési­dence deviennent spon­so­ri­sés ouver­te­ment, Que doit-on en penser ? Ces enseignent ne sont pas philan­thropes et ne parti­cipent pas juste pour aider les finances publiques. Elles parti­cipent avec l’es­poir d’un retour sur inves­tis­se­ment. (suite…)

  • Notre visage : l’enjeu biomé­trique de demain

    Fichage géné­ra­lisé nous voilà. Aujourd’­hui c’est une base de données de visages qui est à l’étude. Une telle base si on se contente d’un échan­tillon réduit de 70 millions de personnes, permet quasi­ment d’iden­ti­fier les gens en temps réel avec une simple caméra. (suite…)

  • La dimen­sion cultu­relle du bonheur… et du malheur français

    Les français sont des râleurs. Main­te­nant c’est plus ou moins prouvé scien­ti­fique­ment : Objec­ti­ve­ment nous ne sommes pas tant à plaindre, mais nous sommes parti­cu­liè­re­ment insa­tis­faits, sans lien avec la réalité.

  • Le mythe du modèle alle­mand

    À force de se servir du modèle alle­mand comme excuse pour lancer toutes les réformes qui posent un problème social, on oublie que l’Al­le­magne n’est pas un modèle, juste­ment.

    Il y a certai­ne­ment des choses bien, mais qui ne sont pas répli­cables telles quelles chez nous car tout ce qu’il y a autour n’est pas iden­tique, popu­la­tion comprise. Mais il y a aussi plein de défauts qu’on oublie, dont une partie de la popu­la­tion pauvre, au chômage, ou bloquée dans des emplois sous-payés qui est plus forte que chez nous. (suite…)

  • Guéant : les inté­gristes chré­tiens, eux, « ne brûlent pas ». Ah bon ?

    Il semble qu’une partie de nos poli­tiques croient vrai­ment à une hiérar­chie de valeurs entre les reli­gions et les cultures. Notre société a perdu bien des valeurs dont elle s’enor­gueillis­sait.

    Alors non monsieur Guéant, les inté­gristes chré­tiens ne sont pas meilleurs que les inté­gristes musul­mans.Il est très dange­reux et très symp­to­ma­tique que non seule­ment vous le croyiez mais qu’en plus vous vous fassiez la promo­tion d’une telle idée.

    J’ose­rai même deman­der qu’on parle ici d’ex­tré­miste. Je suis agacé à chaque fois qu’on pour­rit la racine « intègre » avec de si mauvaises conno­ta­tions. Inté­griste n’ac­cep­tera pas de compro­mis, mais n’a pas de raison de deve­nir agres­sif et de faire des atten­tats pour autant. Par contre l’ex­tré­miste, même s’il promeut un compro­mis, usera de tous les moyens.

  • Il faudra entre 9 et 10 milliards d’eu­ros d’éco­no­mie

    On nous dit qu’il faut faire de sacré écono­mies pour équi­li­brer les budgets. C’est vrai, mais c’est un seul côté du problème. On pour­rait aussi amélio­rer les recettes, ou faire un peu des deux. À la place on a fait des allè­ge­ments de charges, des exoné­ra­tions d’im­pôts et de taxes.

    Rien que l’exo­né­ra­tion des heures supplé­men­taires, quali­fié de pur effet par la cour des compte, et qui objec­ti­ve­ment n’a pas entrainé d’aug­men­ta­tion du nombre d’heures travaillées, fait la moitié de cette somme.

    Tout est une ques­tion de choix.