Catégorie : Politique et société

  • « Si on s’en­gage sur 5% de chômeurs et qu’à l’ar­ri­vée il y en a 10… »

    Oui, je sais, c’est petit de montrer une vieille vidéo où Nico­las Sarkozy s’en­gage sur 5% de chômeurs et incite à sanc­tion­ner par les urnes en cas d’échec.

    Si on s’en­gage sur 5% de chômeurs et qu’à l’ar­ri­vée il y en a 10, c’est qu’il y a un problème.
    — Vous dites: objec­tif 5% pour le chômage. Si vous êtes élu, au bout de votre mandat, au bout de cinq ans, vous n’ar­ri­vez pas à ce chiffre, vous dites: « Je ne peux pas me repré­sen­ter »?
    —Je dis aux Français: « C’est un échec et j’ai échoué. Et c’est aux Français d’en tirer les consé­quences ». »

    Le candi­dat d’alors ne pouvait pas prévoir le contexte inter­na­tio­nal actuel. On peut argu­men­ter sur quelle part de la hausse lui revient ou pas mais ce n’est pas sur quoi je trouve cette vidéo inté­res­sante.

    On se plaint des promesses non tenues mais nous oublions vite les inco­hé­rences et revi­re­ments de circons­tance. La presse pour­rait se char­ger de mettre tout ceci en lumière. Trop peu le font.

    Si on veut amélio­rer le discours, mettre dans la tête de nos repré­sen­tant que s’ils font de l’en­fu­mage ça leur revien­dra dans la figure en extrait vidéo quelques années plus tard, ça peut peut être les inci­ter à en faire un peu moins. Et fina­le­ment, bien que celle ci soit assez peu perti­nente, en ça elle pour­rait être très utile. Rien que pour ça elle mérite d’être diffu­sée.

  • Fadettes : les curieuses pres­sions du procu­reur Cour­roye sur les poli­ciers

    Dans l’his­toire des fadettes, les curieuses pres­sions du procu­reur Cour­roye sur les poli­ciers font parler en ce moment, et c’est justi­fié. Comme scan­dale d’État on a proba­ble­ment déjà vu mieux, mais il est éton­nant qu’il n’y ait pas eu de démis­sions jusqu’au plus haut niveau, et j’en­tends par là le plus haut niveau de notre État.

    Lisez Media­part et vous verrez que ce n’est que le sommet émergé de l’ice­berg. DCRI, espion­nage, on se croi­rait dans un polar complo­tiste. Ajou­tez un soupçon de rétro commis­sions, finan­ce­ment illé­gal de partis, corrup­tions, ventes d’armes, et l’ac­tua­lité devient brulante.

    Ce qui m’in­ter­pelle c’est surtout ce que je lis dans l’ar­ticle du Monde : Les fonc­tion­naire ont répondu par deux fois que c’est illé­gal, mais ils finissent par le faire quand même, simple­ment en se couvrant par « c’est notre hiérar­chie qui demande ».

    Je trouve cette déres­pon­sa­bi­li­sa­tion, qui fina­le­ment existe aussi dans le privé, très dange­reuses. Par peur de l’his­toire, toute dénon­cia­tion de délits ou de crimes est vue comme une déla­tion. Le résul­tat c’est qu’une fois renforcé, cette idée pousse à une autre dérive : mettre au rencart toute éthique et tout état de droit pour ne lais­ser subsis­ter que la soumis­sion au puis­sant.

    Alors un rappel :

    « (…) Toute auto­rité consti­tuée, tout offi­cier public ou fonc­tion­naire qui, dans l’exer­cice de ses fonc­tions, acquiert la connais­sance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procu­reur de la Répu­blique et de trans­mettre à ce magis­trat tous les rensei­gne­ments, procès-verbaux et actes qui y sont rela­tifs. »

    Un fonc­tion­naire a non seule­ment le droit de ne pas exécu­ter un ordre illé­gal, mais aussi un devoir de ne pas le faire. Je n’ai plus le lien sous la main mais je me rappelle avoir lu il y a peu que deux mili­taires avaient été condam­nés récem­ment. Ils n’ont fait qu’o­béir aux ordres, mais il avait été établit qu’ils avaient obéit en toute connais­sance de l’illé­gi­ti­mité de cet ordre.

    Alors quand un fonc­tion­naire vient se répandre dans la presse qu’il a mené des actes illé­gaux et graves pour la démo­cra­tie et l’État de droit sous prétexte qu’il en a reçu l’ins­truc­tion expli­cite, je me demande pourquoi lui même n’est pas pour­suivi.

     

  • Empê­cher les crimes et renon­cer à la démo­cra­tie ?

    Si le titre est un peu sensa­tion­nel, la réflexion qui est derrière est plus que perti­nente et révé­la­trice de nos dérives actuelles : Empê­cher les crimes et renon­cer à la démo­cra­tie ? 

    Fina­le­ment jusqu’où souhai­tons-nous aller pour éviter les risques et parti­cu­liè­re­ment la réci­dive si décriée ?

    Empri­son­ner des coupables un peu plus long­temps ? beau­coup plus long­temps ? Et si cet empri­son­ne­ment est dispro­por­tionné par rapport à l’acte ? Et si cela implique de lais­ser en prison ceux qui ont changé et seraient réin­té­grables dans la société ? Et si cela implique de rendre irré­cu­pé­rables ceux qui se seraient réin­té­grés si on les avaient libéré au bon moment ?

    Et pour aller plus loin, et si ça implique d’em­pri­son­ner des gens pour ce qu’ils pour­raient commettre « si » ? Et pourquoi ne lais­se­rions-nous pas en prison plus long­temps les auteurs d’agres­sion sexuelle au cas où ils tour­ne­raient violeurs, les auteurs d’agres­sion au cas où ils tour­ne­raient assas­sins ? Et fina­le­ment les enfants qui se battent cas ils risque­raient de deve­nir agres­seurs.

    Il n’y a pas de fin si ce n’est la mesure et la propor­tion­na­lité. Malheu­reu­se­ment cette propor­tion­na­lité implique d’avoir un risque non nul, donc des fois des échecs. La propor­tion­na­lité implique aussi d’avoir un juge­ment, qui forcé­ment n’est pas une prédic­tion exacte. En voulant un risque nul, nous irons forcé­ment dans l’ex­cès, qui risque de faire plus de mal qu’il n’en évitera.

    Il reste juste à déter­mi­ner si éviter un risque à des « inno­cents » vaut d’être dispro­por­tionné avec des « coupables ». Ah… si la vie était si binai­res…

  • Revea­led: US spy opera­tion that mani­pu­lates social media

    Conti­nuons à nous faire peur. Revea­led: US spy opera­tion that mani­pu­lates social media

    Mili­ta­ry’s ‘sock puppet’ soft­ware creates fake online iden­ti­ties to spread pro-Ameri­can propa­ganda

    Même si l’in­for­ma­tion n’est pas neuve et que c’est su depuis long­temps, la récur­rence du sujet me fait de plus en plus peur.

    Orwell, vrai­ment, tu étais un petit joueur. Ou alors c’est simple­ment que nous avons dépassé 1984 depuis main­te­nant déjà 28 ans… et nous avons fait du chemin entre temps.

  • Eric Schmidt : « Inter­net tel que nous le connais­sons est menacé »

    Je ne sais que dire sur SOPA telle­ment le sujet est vaste et les risques sont verti­gi­neux. Le choix de l’ar­ticle pour vous aler­ter est proba­ble­ment mauvais. Le choix de Google pour porter l’ar­gu­men­taire est proba­ble­ment malheu­reux.

    Pour autant le titre est le bon et pour une fois je vous encou­rage à écou­ter Éric Schmidt : « Inter­net tel que nous le connais­sons est menacé »

  • Linky : le comp­teur élec­trique commu­ni­cant qui étale votre vie privée

    Certains avaient déjà aver­tit : Linky, le comp­teur élec­trique commu­ni­cant étale votre vie privée. L’ar­gu­ment de l’équi­li­brage des réseaux, béné­fice annoncé de cet outil, semble en effet assez fumeux. En réalité les avan­tages se situent surtout au niveau de l’au­to­ma­ti­sa­tion pour la trans­mis­sion d’in­for­ma­tions. Les trans­mis­sions en temps réel pour équi­li­brer le réseau semblent assez douteuses vu le volume à trai­ter pour en tirer une infor­ma­tion à pas si forte valeur ajou­tée que ça.

    Par contre les risques sur la vie privée se véri­fient, eux. Un groupe alle­mand bien connu a prouvé que ces risques sont bien réels. Chaque appa­reil a une signa­ture parti­cu­lière qui peut être repé­rée par le comp­teur, un cycle connu, une consom­ma­tion prédic­tible. Au final il est possible de reti­rer toutes les consom­ma­tions connues pour isoler la télé­vi­sion et faire coïn­ci­der les varia­tions de puis­sance du LCD avec la chaîne en cours d’écoute. Oui, si vrai­ment EDF vous ciblait et mettait en œuvre les moyens adéquats, ils pour­raient savoir si vous regar­dez TF1 au moment de leur publi­cité. Ce n’est pas là de la science fiction, une démo a été faite.

    C’est encore pire puisque les données trans­mises ne sont pas cryp­tées. On peut mentir, ou écou­ter.

    Plus que jamais, nous pouvons affir­mer que l’au­teur de 1984 avait une imagi­na­tion sacré­ment pauvre.

     

  • Les gens sont en train de craquer

    C’est le genre de texte qui provoque une émotion mais dans lequel on ne sait pas extraire un résumé ou un argu­men­taire.

    Je me permets de citer mais même pour ça je n’ai su que prendre en réfé­rence. J’ai fini par garder les quelques lignes de conclu­sion.

    Quand j’étais petit, mon père m’a montré comment les Arabes nettoyaient leurs casse­roles avec du sable et de l’eau. Mais qui sait ça encore aujourd’­hui? Reli­sez Thoreau, bordel, et partez, partez tout de suite, avant de deve­nir fous vous aussi. Parce que lorsque vous serez fous, ce sera trop tard, ce sera le Lithium ou rien.

    Le texte est assez court, il mérite d’être lu. Les gens sont en train de craquer, et ça me semble assez vrai.

  • South afri­can restau­rant wimpy creates ‘braille burgers’ for blind people

    C’est au mieux une initia­tive pour un marché de niche, proba­ble­ment un simple coup de publi­cité, le besoin étant large­ment couvert plus simple­ment avec des boites ou des papiers à côté, mais c’est tout de même inté­res­sant pour voir qu’on peut amélio­rer les choses avec des idées origi­nales : South afri­can restau­rant wimpy creates ‘braille burgers’ for blind people.

    Parfois il suffit d’un peu de volonté. Qui met du braille sur ses cartes de visites ? sur ses embal­lages ? Qui met des condi­tions géné­rales en carac­tères lisibles par des personnes âgées ?

    Nous y arri­vons, je crois que c’est Auchan qui met déjà pas mal de braille à diffé­rents endroits sur ses embal­lages. Ça avance cepen­dant douce­ment, trop douce­ment. On consi­dère encore trop que c’est un « bonus » que de ne pas exclure des gens.

  • Copé dément trou­ver « minables » les parle­men­taires « qui se contentent de 5000€ »

    « Tu comprends si on n’a que des gens ici qui se contentent de 5000 euros par mois, on n’aura que des minables. »

    Jean François Copé dément trou­ver « minables » les parle­men­taires « qui se contentent de 5000€ », mais la cita­tion est le reflet bien trop criant de la façon dont on perçoit la rela­tion de nos repré­sen­tants avec les salaires et le patri­moine.

    C’est loin d’être la première fois qu’on ressent ce déca­lage énorme entre la réalité de la popu­la­tion et le senti­ment de nos repré­sen­tant. Bien peu d’entre eux seraient même capable d’ima­gi­ner vivre avec moins de trois fois le smic. Forcé­ment, ce qui va de soi pour eux, ce qui leur semble impor­tant ou pas, prend forcé­ment des tour­nures diffé­rentes. Comment voulons-nous qu’ils comprennent la gravité d’un gréviste qui demande une augmen­ta­tion de 50 euros par mois ? Forcé­ment, quand on gagne 5 000 fois ça par mois, on peut avoir l’im­pres­sion que la grève est juste pour le plai­sir.

    Mise en pers­pec­tive : En 2009 le dernier décile est à 35 000 euros par an, soit 2 900 euros par mois. Seuls 10 % des gens gagnaient plus que ça. Autant dire qu’il est peu probable que ceux qui se contentent de 5 000 soient tous des minables, même quand ils ont les compé­tences pour être à très haut niveau.

  • Marianne se serait-elle faite enfu­mer ?

    Désor­mais c’est auto­ma­tique. Plusieurs docu­ments ont fuité ces dernières années montrant que c’est une poli­tique volon­taire de la part de notre gouver­ne­ment : Quand une actua­lité risque d’être déran­geante, on la noie avec un contre­feu.

    Coro­laire : Quand une actua­lité débile ou une petite phrase fait la une pendant des jours, ou quand un titre de la presse sort un scan­dale qui se révèle trop faci­le­ment être du vent, il faut imagi­ner qu’ils ont allumé malgré eux un contre­feu pour éviter le vrai problème.

    Du coup Daniel demande, Marianne se serait-elle faite enfu­mer ?

    Pas impos­sible. En tout cas la chro­no­lo­gie serait exac­te­ment la bonne pour un contre­feu, le sujet aussi. Et si un jour nous ne nous lais­sions pas avoir ?