J’espère qu’elle me pardonnera d’avoir repris le dessin verbatim. La version lisible grand format est chez Ellène Siber Dijoux. À partir d’une intervention de Ludovic Cinquin à Devoxx
Et ça rejoint totalement mes réflexions précédentes.
J’espère qu’elle me pardonnera d’avoir repris le dessin verbatim. La version lisible grand format est chez Ellène Siber Dijoux. À partir d’une intervention de Ludovic Cinquin à Devoxx
Et ça rejoint totalement mes réflexions précédentes.
Sélection d’une séance faite il y a quelques mois. Certaines ont déjà été posées ici. Toutes sont déjà collectées sur Flickr au fur et à mesure du temps sur l’album dédié à la séance.
Pour suivre les travaux, ça se passe sur l’album Flickr dédié à ma démarche [en raison des règles de Flickr, il vous faudra désactiver le safe search dans les préférences de votre compte pour ne pas voir qu’une partie restreinte des photos].
Comme toujours, tous les feedbacks sont plus que les bienvenus. Ils m’aident à avancer.

Ce sont des pourcentages, pas des valeurs absolues. Et si le graphique n’est pas assez clair :
La France […] La hausse des inégalités entre 2007 et 2011 est la troisième plus forte augmentation de tous les pays de l’OCDE. Les 10 % les plus riches y gagnent 7,4 fois plus que les 10 % les plus pauvres contre 6,6 fois en Allemagne, ou 5,8 fois en Suède.
[…]
En Grèce, le revenu moyen a diminué de 8 % par an entre 2007 et 2011, en Espagne, en Irlande, en Islande, les pertes annuelles ont été supérieures à 3,5 %. Mais ce ne sont que des moyennes, prévient le rapport. En Espagne, pendant que le revenu des 10 % des plus pauvres chutait de presque 13 % par an, celui des 10 % les plus riches se réduisait de 1,5 %. En France, comme aux États-Unis ou en Autriche, les plus riches ont continué à bénéficier de hausse de revenus pendant que les plus pauvres voyaient les leurs diminuer, pendant cette période.
Le magique c’est le rapport de l’OCDE :
Les politiques fiscales et de redistribution « constituent les instruments les plus efficaces et puissants de redistribution des richesses (…) La redistribution à travers les taxes et les transferts est souvent présentée comme un handicap à la croissance économique. S’ils sont bien conçus, une fiscalité plus élevée et les transferts pour réduire les inégalités ne nuisent pas à la croissance » […]
Il plaide aussi pour des réformes ambitieuses de la fiscalité. « Les gouvernements devraient réexaminer largement leur système fiscal pour s’assurer que les ménages les plus riches assument leur part dans la charge fiscale », insiste le rapport. Cela passe, selon lui, par une hausse des taux d’imposition mais surtout par des remises en cause de tous les systèmes de niches, de déductions qui ont prospéré dans tous les pays occidentaux ces dernières décennies, amenant les plus fortunés à échapper de plus en plus à l’impôt.
— Article complet sur Mediapart, accès payant ; On en parle aussi rapidement à Libération
Et l’idée d’une taxe sur la bande passante revient sur le tapis. L’idée de base c’est de trouver un moyen de faire payer les grosses multinationales du web. Sauf qu’à mettre trop de choses sur le tapis, on finit par se prendre les pieds dedans.
Donc on fait payer une taxe aux services qui consomment « beaucoup » de bande passante. Youtube, Spotify… vous êtes dans le collimateur.
Ah, mais ça va concerner aussi Orange avec Deezer et Dailymotion. Oups… Pour corriger ça on va faire un crédit d’impôt équivalent. Si tu payes des impôts ici, en gros on te rembourse ta taxe, sinon tu en es pour ta poche.
Géniale invention… sauf que ça ne fonctionne pas. Même Google paye des impôts en France. Peu, probablement pas assez, mais ils en payent. Quelques millions. Donc sauf si la taxe dépasse quelques millions, ça ne changera rien. Si la taxe dépasse ce montant, il leur suffira de laisser un peu plus de revenus sur l’entité fiscale française pour que ça s’équilibre et voilà. Croire qu’avec tout leur montage fiscal c’est ça qui va leur faire peur, c’est être plus que naïf.
Ah, mais dans l’histoire il n’y a pas que Youtube et Dailymotion qui payent de la bande passante. Il y a aussi les content delivery network et les hébergeurs. En gros tout ce qui est hébergé via un prestataire qui prend la bande passante à son nom. Eux seront « gros », mais vont refacturer ça à tous les petits ensuite, justement ceux que personne ne souhaite faire payer pour ne pas freiner le numérique. Ça va des startups internet aux sites e-commerce en passant par les PME. Oups…
Et puis tout ça c’est oublier que le fournisseur d’accès (FAI) aussi il consomme de la bande passante, et pas qu’un peu. Tiens, on va taxer le fournisseur d’accès aussi du coup ? Tous ceux qui font du P2P, qui envoient leurs photos de vacances sur un service en ligne, qui font du backup Crashplan ou du partage Dropbox…
Bref, ça va coûter et si la taxe sert vraiment à taxer, ça va être refacturé aux abonnés. Ou alors nos fournisseurs y trouveront une façon proposer leurs services internes au mépris de la concurrence non faussée (Orange, je te regarde).
Aujourd’hui si le trafic est asymétrique, c’est aussi en grosse partie la volonté des fournisseurs d’accès qui imposent généralement un ratio de 1/20 à 1/3 à leurs abonnés. Vous croyez que ça va les inciter à ouvrir les vannes ou à les restreindre ? Dans ce modèle de taxe plus le trafic est asymétrique, plus c’est à leur avantage.
Par contre ça va pile dans la stratégie des fournisseurs d’accès qui veulent rarifier artificiellement la ressource réseau pour pouvoir la faire payer plus cher, renforcer leurs services payants internes et faire de la segmentation dans leur offre (priorité de trafic, abonnement en fonction de la bande passante disponible, extension de quota, etc.).
En voilà autant pour le développement du numérique en France.
Tout ça parce que nos FAI ne veulent pas faire face aux investissements nécessaires à l’explosion des usages et des contenus demandés par leurs propres abonnés. Oui, on peut dire que les tarifs actuels ne couvrent pas les coûts. Ça n’a pas l’air de se vérifier en réalité mais je laisse à d’autres le débat sur cette question. Si réellement nos FAI sous-facturent l’abonné, qu’ils fassent évoluer leur modèle de facturation vis à vis de l’abonné au lieu de chercher des rentes à côté en maintenant un service à perte de l’autre.
Tout ça aussi parce que nos FAI ont déjà conquis le marché (il n’y a plus énormément de non-abonnés Internet à conquérir) et qu’ils cherchent des solutions pour étendre leurs revenus. Ça passe par des options supplémentaires: Il y a l’option de la segmentation de trafic et des options réseau, qui demandent toutes deux de faire artificiellement du réseau une ressource rare alors qu’elle est abondante aujourd’hui. Il y a aussi le développement de services internes concurrents aux services disponibles sur le web, et là il faut trouver un moyen de désavantager et rendre plus chers les concurrents, d’où la taxe (entre autres).
Tout ça aussi parce que notre État n’a pas le courage d’attaquer de front le problème fiscal des géants du web et cherche 150 moyens détournés de les faire payer, quitte à ce que ça arrive dans les caisses d’intérêts privés (par exemple le fond Google pour la presse) plutôt qu’au trésor public. Ça sera toujours ça qui arrivera dans l’économie française.
Donc on enchaîne les idées bancales et pas assez réfléchies qui font plus de mal que de bien.
Le pire c’est bien ce qui ressort de ce dernier lien : Ne pas oublier que Youtube ne pousse aucun contenu vers le FAI. Youtube (et les autres) répondent aux demandes venant du réseau du FAI (qui ont l’abonné pour source).
S’il y en a bien un des deux qui est responsable du trafic échangé c’est justement le réseau du FAI (via l’abonné) et non le fournisseur de service. En réfléchissant un peu, c’est le FAI qu’on devrait taxer au profit du fournisseur de service. C’est d’autant plus vrai que les activités d’édition de contenu (que ce soit du Youtube ou de la presse) sont rarement rentable, contrairement à nos fournisseurs d’accès Internet, et que ce sont elles qui apportent le plus de valeur ajoutée à la société
Je sais qu’une vidéo de chat ce n’est pas du grand cinéma d’auteur, mais un tuyau de plastique ou un câble de cuivre sans rien dedans c’est encore moins sexy côté culturel.
La ministre est bien sévère avec le directeur général du plus grand CHU de France, un bon élève pourtant, qui vise un budget à l’équilibre en 2016, dans le contexte très rigoureux décidé par le gouvernement : d’ici 2017, l’hôpital doit économiser 10 milliards d’euros. Ce ne sont pas des économies sèches : les budgets des hôpitaux vont continuer d’augmenter, mais bien moins que la demande de soins, portée par le vieillissement de la population, le développement des maladies chroniques et le progrès technique.
ou sur une vision plus concrète
À mes débuts il y a 33 ans dans mon service de chirurgie, 2 infirmières étaient chargées en binôme de 12 malades. Aujourd’hui, 1 infirmière a la charge de 11 lits. Nous consacrons 20 minutes à chaque patient pour les soins, les explications, les papiers d’entrée et de sortie, les mots de réconfort.
avec les conséquences
Mais l’augmentation constante de notre activité se fait à moyens constants. Par exemple, dans un service de 50 lits, on doit accueillir 50 patients de plus chaque année, avec les mêmes effectifs. Cela veut dire que les patients doivent rester moins longtemps. Et si notre activité n’augmente pas assez, on nous supprime des postes. Avec les médecins, on envisage de refuser les patients qui risquent d’immobiliser trop longtemps des lits. Mais où vont-ils aller ? Nous sommes l’hôpital public, le dernier recours.
On peut se battre contre les impôts, la dépense publique, mais il ne faut pas oublier ce qu’il y a derrière. Quand on sait que notre système est non seulement envié à l’étranger, mais en plus moins coûteux au final que ceux des autres pays similaires…
Vision comptable du service publique, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
— L’AP-HP se mobilise contre Martin Hirsch et ses « 35 heures autrement » (mediapart, accès payant)
Doudou trouvé à la gare de Lyon, RT pour retrouver le propriétaire
Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi ?
Faut-il espérer que le propriétaire soit un utilisateur de Twitter (ça restreint déjà pas mal), qu’en plus il ait une relation directe ou indirecte avec vous (là ça devient improbable) et qu’en plus il voit passer votre message ou sa recopie ?
Les chances sont plus fortes que pour le loto, mais c’est se reposer pas mal sur le hasard.
Non, s’il vous plait, quand vous trouvez quelque chose, amenez-le aux objets trouvés. C’est là que les gens pourront légitimement signaler la perte et espérer le retrouver.
Annoncer son chat perdu relève de la même logique incompréhensible pour mon intellect limité.
Avant, Charlie Hebdo était un “fanzine” (dixit Luz), déficitaire, qui se vendait à près de 30.000 exemplaires, et comptait près de 10.000 abonnés.
Mais, ça c’était avant. Depuis les attentats, le nombre d’abonnés a grimpé à 220.000. Le numéro du 14 janvier a été tiré à 8 millions d’exemplaires, un record historique pour la presse française. Le tirage du numéro suivant, qui paraît ce mercredi 25 février, reste à un niveau sans équivalent en France, à 2,5 millions d’exemplaires.
Je n’ai déjà pas bien compris pourquoi d’un coup les gens ont donné ou se sont abonnés à Charlie Hebdo en réponse aux attentats. Que l’État donne 1 million était déjà juste démesuré – malheureusement on commence à s’habituer à la politique spectacle, donc il fallait un gros chiffre – mais ce qu’est devenu l’appel à dons (qui date d’avant l’attentat) me laisse perplexe.
Le numéro du 14 janvier a rapporté 10 à 12 millions d’euros (7 à 8 millions après impôts), a indiqué Me Richard Malka, l’avocat de l’hebdomadaire, au Monde. Et les abonnements devraient générer 3 millions d’euros de marge. A cela s’ajoute le million d’euros d’aide d’urgence accordé par le ministère de la Culture.
[…] Mais ce n’est pas tout. Le “journal irresponsable” a aussi reçu 4,2 millions d’euros de dons versés par des particuliers via deux canaux: l’association Presse et pluralisme (2,65 millions d’euros), et l’Association des amis de Charlie Hebdo (1,5 million d’euros). A noter que Google a aussi versé 250.000 euros.
Au total on parle de 20 à 25 millions d’euros. Juste incompréhensible dans le montant.
Qu’il faille défendre le droit de dire des conneries ne rend pas d’un coup le contenu éditorialement magnifique, et ne transforme pas l’hebdomadaire en organisme caritatif. Si on veut donner pour faire un geste dans la bonne direction, Reporters sans frontières me semble tellement plus pertinent et plus utile…
Bref, le présent n’est pas rationnel, ce qui n’étonnera personne. Aujourd’hui j’apprends le passé, et là je ris jaune :
en 2006 après la publication des caricatures de Mahomet, un numéro qui s’écoula à 500.000 exemplaires. En effet, quand Charlie se portait bien, les bénéfices n’ont pas été gardés en réserve, mais reversés en quasi-intégralité aux actionnaires qui, en six ans, se sont ainsi octroyés collectivement 3,8 millions d’euros de dividendes.
[…] En 2009, le résultat a plongé dans le rouge, et depuis lors, plus aucun dividende n’a été distribué. En 2010, l’hebdomadaire a dû augmenter son prix de vente de 2 à 2,5 euros, et licencier 12 salariés sur 50. Et à peine deux mois avant les attentats, un appel aux dons était lancé face à une situation financière critique…
Donc voilà, on lance un licenciement économique tout juste quelques années après avoir sorti près de 4 millions de dividendes, et on finit en appel aux dons publics quelques années après. … Et c’est ce journal qui désormais patauge dans plus de 20 millions d’euros, essentiellement de générosité publique.
— via Les crises
Intéressante à plus d’un titre cette courbe. Déjà pour voir le niveau anormal de l’immobilier aujourd’hui. Ce n’est pas tenable, pas ainsi.
Les tentatives d’aides et soutien à l’immobilier pour éviter que la courbe ne s’effondre – ce qui poserait de sérieux problèmes aux jeunes propriétaires, moi le premier – sont dangereuses pour notre avenir et illégitimes. Nous ne faisons que maintenir et renforcer une bulle.
Mais surtout, on voit aussi – oui, c’est mon sujet du moment – un conflit de génération. Ceux qui ont profité d’un achat peu cher, parfois même avec un taux d’intérêt plus faible que l’inflation, et qui s’enrichissent sans raison sur la génération suivante. Mais aussi ceux, plus récents, qui sont partis avec une très grosse mise gagnée ou (souvent) héritée, qui ont pu acheter après le début de la montée, et qui ne comprennent pas pourquoi ils devraient perdre ce qu’ils ont investi.
Il reste qu’aujourd’hui, acheter dans certaines régions n’est possible que via un héritage ou en revendant un bien précédent acheté à la bonne période. Impensable à Paris d’acheter avec son seul revenu, même si ce revenu est dans les 10% les plus élevés en France.
— Courbe tirée d’une page plus complète sur le tunnel de Friggit
Le truc, Laurence, c’est que les secrets, par principe, c’est secret – et que mon espace ici est plutôt public. En plus, franchement, les chaînes… très peu pour moi.
Et si un jour ça finit par péter, serai-je du côté des vieux qui ont trop à perdre ? Savoir que le changement est nécessaire est une chose, savoir l’embrasser en est une autre.
Je me sais privilégié, et de plus en plus intégré dans un système dont je profite. J’ai personnellement tout à perdre à un changement, quand bien même je le sais nécessaire globalement.
Parce que finalement, penser de plus en plus qu’il est préférable d’avoir un changement lent et progressif, on peut considérer que c’est de la sagesse, mais c’est aussi un peu de la peur de se remettre en cause. Être réac – oh que je n’aime pas cette expression, vous êtes bienvenus à m’en trouver une autre – c’est un peu ça finalement.
Jusqu’où suis-je et serai-je prêt à remettre en cause ma propre position pour une avancée collective ?
Je n’ai pas de réponse, je ne pense jamais en avoir, mais je suis preneur de vos commentaires pour alimenter ma réflexion.