Catégorie : Politique française

  • Poli­tique de métier, ENA facteur de déclin

    S’il fallait encore un argu­ment pour montrer que la poli­tique ne doit *pas* être un métier, et qu’il faut abso­lu­ment restreindre le nombre de mandats et le cumul de ces mandats : L’ENA, facteur de déclin français.

    Le poli­tique de métier doit penser à sa carrière, doit ména­ger les suscep­ti­bi­li­tés de tous et en parti­cu­lier des pairs et des gens au pouvoir, et doit s’abs­te­nir de tout idée disrup­tive. Il prend comme néces­saire d’ac­cep­ter les conven­tions et le système, aussi mauvais puisse-t-il être.

    En France la poli­tique et l’ad­mi­nis­tra­tion sont non seule­ment un métier, mais on en fait aussi une forma­tion dédié. Tout faux.

  • Courage poli­tique

    Polé­mique sur quelqu’un de mon camp : si c’est faux ou défen­dable, j’es­saie de le défendre ; sinon, j’es­saie de me taire.

    Les vieilles pratiques ont la vie dure puisqu’on trouve ces archaïsmes même chez ceux qui militent pour une refonte des pratiques.

    Le point posi­tif c’est effec­ti­ve­ment de ne pas aller jusqu’à l’ex­cès de défendre l’in­dé­fen­dable unique­ment parce que le concerné est du même groupe ou parti. On peut cepen­dant voire le coro­laire : Que quelqu’un trouve ça posi­tif de l’ex­pri­mer c’est que ça ne va pas de soi dans le milieu. Rien que ça est hallu­ci­nant.

    Mais surtout, il ne serait pas temps de consi­dé­rer que faire de la poli­tique c’est amener des idées plutôt que son propre camp au pouvoir ? Trai­tez moi de naif, mais à la limite le poli­tique honnête devrait être celui qui préfère voir le parti adverse arri­ver au pouvoir avec ses idées plutôt que voir arri­ver au pouvoir son propre parti mais sans ses idées.

    La poli­tique qui consiste à être soit posi­tif soit neutre quand c’est dans son camp et soit néga­tif soit neutre quand ça vient du camp adverse, c’est loin de pouvoir récon­ci­lier le peuple avec ses insti­tu­tions.

    C’est aussi cette façon de faire qui laisse un parle­ment « chambre d’en­re­gis­tre­ment » et qui laisse passer tant d’hor­reurs simple­ment parce qu’elles ont été porté par un gouver­ne­ment du même parti que la majo­rité.

    Et si on se risquait à d’autres pratiques et que (atten­tion c’est révo­lu­tion­naire) on disait ce qu’on pense réel­le­ment ?

    Note : Pour que ce ne soit pas mal inter­prété : Je réagis à partir d’un message parti­cu­lier mais ma réflexion n’est pas ciblée sur cette personne, elle est plus globale.

  • Pas de ministres aux légis­la­tives

    Je ne sais pas quand ça a pu commen­cer, mais cette histoire de légi­ti­mer un ministre nommé par l’élec­tion aux légis­la­tives est un non sens complet. Et pourquoi pas le président pendant qu’on y est ?

    Un ministre ne se légi­time pas avec 50 000 votants choi­sis

    L’ab­surde de la chose se voit par le désis­te­ment de Najat Vallaud Belka­cem des légis­la­tives. Elle s’était présen­tée dans une circons­crip­tion fonda­men­ta­le­ment à droite, diffi­cile à gagner, et préfère renon­cer pour ne pas être prise au piège. Elle se serait présen­tée dans une autre circons­crip­tion, plus tour­née à gauche, elle aurait proba­ble­ment gagné faci­le­ment.

    Les légis­la­tives se font par circons­crip­tions de 110 000 habi­tants, moitié moins de votants, répar­tis poli­tique­ment de façon très hété­ro­gène. Prise indi­vi­duel­le­ment aucune circons­crip­tion n’est repré­sen­ta­tive de la France, ni même ne s’en approche. C’est l’as­sem­blage de toutes ces spéci­fi­ci­tés qui forme la repré­sen­ta­tion natio­nale.

    Si on ne prend que quelques circons­crip­tions arbi­traires pour juger de la légi­ti­mité d’une poignée de ministres, il ne reste plus aucune repré­sen­ta­ti­vité, ça devient pure­ment arbi­traire. Le choix de la circons­crip­tion a parfois quasi­ment plus d’im­por­tance que le candi­dat lui-même tant qu’il est soutenu par le parti.

    La seule « légi­ti­mité » qui sorti­rait pour le ministre serait celle d’être issu d’une circons­crip­tion sans risque, ou d’avoir su s’y faire dési­gner par le parti en passant devant les locaux et les autres cadres du parti.

    Un député si, enfin norma­le­ment

    Mais encore plus idiot : Le ministre ne pourra pas prendre son siège de député, il y a incom­pa­ti­bi­lité totale. C’est son second qui pren­dra le poste. Quelle est alors la légi­ti­mité de ce député remplaçant qui siègera à l’As­sem­blée natio­nale si c’est la légi­ti­mité du ministre qui est l’objet de l’élec­tion ?

    Ce n’est pas une petite ques­tion, l’As­sem­blée natio­nale est sensée repré­sen­ter les français.

    Même pour le ministre lui-même, pour peu qu’il perde son poste rapi­de­ment et récu­père son siège, quelle légi­ti­mité aura-t-il en tant que député si l’élec­tion a jugé ses compé­tences de ministre ? Les deux charges sont très diffé­rentes, les expé­riences et compé­tences néces­saires le sont aussi. Un homme peut très bien excel­ler aux deux, mais pour quel poste l’a-t-on choisi ?

    Et si on respec­tait la consti­tu­tion ?

    L’équi­libre des pouvoir n’est pas issu d’une pochette surprise. Même s’il est impar­fait, il a tout de même été pensé à la base. Le ministre repré­sente l’état, et est donc nommé par ce dernier. L’As­sem­blée natio­nale repré­sente les français, et est donc élue par ces derniers. Ensuite, les français (l’As­sem­blée natio­nale) valide la gouver­nance de l’État (le gouver­ne­ment).

    Tout ça est déjà prévu. Nulle part il n’est prévu ou même envi­sagé que les ministres ne se fassent élire. Je ne connais d’ailleurs aucun pays où ce soit le cas. Il y a des raisons à tout cela.

    Nous sommes en train de casser la repré­sen­ta­ti­vité et la légi­ti­mité du parle­ment qui repré­sente les français pour satis­faire la volonté popu­liste du pouvoir en place. C’est quand même très court terme comme vision.

    Alors quoi ?

    Alors le vrai chan­ge­ment, au lieu de dire « si vous perdez l’élec­tion, il faut démis­sion­ner », ne serait-il pas plutôt de dire « si vous vous présen­tez c’est pour assu­mer le mandat que vous briguez, et il faudra démis­sion­ner de votre poste actuel si vous êtes élu » ?

    Parce que fina­le­ment le choix est plutôt là : il faut être ministre ou député, pas les deux. Si quelqu’un se présente aux légis­la­tive ce doit pour être député, rien d’autre. L’élec­tion ne concerne que ça.

    Ce à quoi il faut mettre fin ce sont surtout ces élec­tions fantômes, ces réser­va­tions de places et chaises musi­cales avec les remplaçants pour assu­rer ses arrières et autres histoires d’égo ou de gros sous.

  • Le quinquen­nat

    Ok, c’est parti­san et de la poli­tique, mais il faut vrai­ment voir ça côté humour et paro­die, sur le même esprit que des cari­ca­tures dessi­nées ou les marion­nettes des guignols de Canal+.

    Le quinquen­nat, géné­rique de fin (c’est une vidéo mais c’est court et le son est option­nel).

  • Sarkozy à la Concorde: Y’a quelqu’un?

    Vive la commu­ni­ca­tion ! Sarkozy à la Concorde : Y’a quelqu’un ?

    La commu­ni­ca­tion démon­tée : On nous annonce 150 000 personnes à la Concorde. Photos à l’ap­pui, c’est entre 25 et 30 000 au maxi­mum, soit 5 fois moins.

    Oh, l’exa­gé­ra­tion il en va dans toutes les mani­fes­ta­tions et parfois le ratio entre la police et les orga­ni­sa­teurs est de plus de 5, mais il est toujours appré­ciable de pouvoir faire une petite compa­rai­son avec la réalité et démon­ter les montages photos.

     

  • Coup de filet anti-isla­miste : la colère d’une famille humi­liée

    La vie des gens, leurs droits, leur liberté, sont utili­sés dans de simples visées élec­to­ra­listes.  La commu­ni­ca­tion du gouver­ne­ment passe au dessus des liber­tés civiles. Et comme on ne casse pas d’ome­lette sans casser d’oeuf, tant pis pour les musul­mans en ques­tions. C’est leur faute aussi, ils n’avaient qu’à être chré­tiens ou juifs comme les français de chez nous. non ?

    Coup de filet anti-isla­miste : la colère d’une famille humi­liée. Si ça peut sembler n’être rien, c’est de la trahi­son pure et simple du rôle des auto­ri­tés et de l’État.

  • Fête du travail, ou pas

    La fête du travail c’est la célé­bra­tion de la rébel­lion sociale et syndi­cale contre l’ex­ploi­ta­tion ouvrière. Aux États-Unis comme en France c’est à la fois sur la base de la réduc­tion du temps de travail légal et sur des mani­fes­ta­tions d’op­po­si­tion et de grèves qui ont eu lieu à cette date et qui se sont soldées dans le sang.

    Voilà que Nico­las Sarkozy nous annonce « orga­ni­ser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur ». Face à la presse il semble qu’il ait ajouté « de ceux qui sont expo­sés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille ». Bref, célé­brer le travail, le fait de travailler, et de vouloir travailler (plus) pour gagner plus : l’exact opposé de l’his­toire de cette jour­née.

    Je ne peux m’em­pê­cher de trou­ver ça indé­cent vis à vis de l’his­toire, un peu comme si on fêtait la guerre contre l’Irak lors de la célé­bra­tion de l’ar­mis­tice du 11 novembre.

    Mais pire, ce qui me choque c’est que ce soit celui qui occupe la fonc­tion de Président de la Répu­blique qui ose ainsi détour­ner les insti­tu­tions et les célé­bra­tions pour de simples visées élec­to­ra­listes à court terme.

  • « Des SDF, trou­vez-moi des SDF! »

    La poli­tique française est gérée comme un spec­tacle, nous le savons. Mais parfois, quand même, ça devient fran­che­ment exagéré et inac­cep­table.

    Inau­gu­ra­tion d’un centre pour sans-abri par monsieur le préfet en région lyon­naise. Comme la date n’a pas été annoncé, le jour de l’ou­ver­ture il n’y a pas de sans abris à mettre devant les camé­ras, et ça c’est problé­ma­tique.

    […]

    A 18 heures 30, donc, pas de sans-abri dans le centre d’hé­ber­ge­ment et le préfet, lui, qui va arri­ver avec les médias. Panique à bord. Tout le monde est pendu au télé­phone afin de trou­ver des SDF coûte que coûte.

    [..]

    Le listing des personnes admises dans le centre n’a été commu­niqué que dans l’après-midi et les parte­naires habi­tuels: Samu Social et Croix-Rouge n’avaient pas été préve­nus à l’avance de la date exacte d’ou­ver­ture.

    […]

    En effet, un respon­sable, fou furieux de consta­ter que les personnes qui avaient une place sans le savoir ne s’étaient pas présen­tées, dira en substance: « Je m’en­gage person­nel­le­ment à ce que les personnes qui ne sont pas venues ce soir retournent dans la rue et ne trouvent pas d’hé­ber­ge­ment… »

    Dans la foulée, le coupe­ret tombe et l’ou­kaze est trans­mis: toutes les personnes qui ne se sont pas présen­tées sont rayées de la liste du centre d’hé­ber­ge­ment d’ur­gence.

    […]

    « Des SDF, trou­vez-moi des SDF! », ou pas.

  • Sarkozy au monde rural : « Les chas­seurs ne sont pas les enne­mis de l’en­vi­ron­ne­ment »

    Sarkozy au monde rural : « Les chas­seurs ne sont pas les enne­mis de l’en­vi­ron­ne­ment » retiennent les média.

    La petite phrase qui m’in­té­resse moi c’est la concep­tion de la protec­tion de l’eau ou de l’en­vi­ron­ne­ment :

    « La préser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, ça n’est pas empê­cher quiconque de faire quoi que ce soit. »

    Dit autre­ment : On veut bien proté­ger, mais à condi­tion que tout le monde fasse ce qui lui plait. Plus exac­te­ment : On ne protège rien.

    « N’im­porte quelle asso­cia­tion qui veut empê­cher un maire, un élu, une initia­tive peut le faire (…), il faut abso­lu­ment lever le pied de ce point de vue »

    Je ne sais pas si vous imagi­nez, mais une asso­cia­tion peut faire appel à la justice pour faire respec­ter la loi et arrê­ter une initia­tive illé­gale. Visi­ble­ment ce n’est pas dans les habi­tudes de la prési­dence et il faut vrai­ment lever le pied de ce point de vue là.

    « J’ai entendu ce message, je rece­vrai d’ailleurs les asso­cia­tions de chas­seurs sur ce sujet-là. »

    Il y a des problèmes bien plus graves et bien plus urgents, avec des repré­sen­tants qui aime­raient bien autant d’at­ten­tion et ne rencon­trer rien qu’un ministre, mais eux ne sont pas un groupe uni qui votera d’un seul bloc aux prochaines prési­den­tielles. Chacun ses prio­ri­tés.

  • « Si on s’en­gage sur 5% de chômeurs et qu’à l’ar­ri­vée il y en a 10… »

    Oui, je sais, c’est petit de montrer une vieille vidéo où Nico­las Sarkozy s’en­gage sur 5% de chômeurs et incite à sanc­tion­ner par les urnes en cas d’échec.

    Si on s’en­gage sur 5% de chômeurs et qu’à l’ar­ri­vée il y en a 10, c’est qu’il y a un problème.
    — Vous dites: objec­tif 5% pour le chômage. Si vous êtes élu, au bout de votre mandat, au bout de cinq ans, vous n’ar­ri­vez pas à ce chiffre, vous dites: « Je ne peux pas me repré­sen­ter »?
    —Je dis aux Français: « C’est un échec et j’ai échoué. Et c’est aux Français d’en tirer les consé­quences ». »

    Le candi­dat d’alors ne pouvait pas prévoir le contexte inter­na­tio­nal actuel. On peut argu­men­ter sur quelle part de la hausse lui revient ou pas mais ce n’est pas sur quoi je trouve cette vidéo inté­res­sante.

    On se plaint des promesses non tenues mais nous oublions vite les inco­hé­rences et revi­re­ments de circons­tance. La presse pour­rait se char­ger de mettre tout ceci en lumière. Trop peu le font.

    Si on veut amélio­rer le discours, mettre dans la tête de nos repré­sen­tant que s’ils font de l’en­fu­mage ça leur revien­dra dans la figure en extrait vidéo quelques années plus tard, ça peut peut être les inci­ter à en faire un peu moins. Et fina­le­ment, bien que celle ci soit assez peu perti­nente, en ça elle pour­rait être très utile. Rien que pour ça elle mérite d’être diffu­sée.