Catégorie : Politique et société

  • Google va payer £130 mlns d’ar­rié­rés au fisc anglais

    « Nous allons désor­mais payer des impôts sur la base du chiffre d’af­faires réalisé avec les annon­ceurs basés au Royaume-Uni, qui reflète le montant et l’éten­due de nos acti­vi­tés britan­niques », a déclaré un porte-parole du groupe améri­cain.[…Plus] un accord prévoyant le paie­ment de 130 millions de livres (172 millions d’eu­ros) d’ar­rié­rés, couvrant les dix dernières années.

    Reuters

    Chez d’autres ça fonc­tionne. Nous on gesti­cule et on aban­donne en échange d’un fond à la presse en partie consti­tué d’ap­ports en nature, via la publi­cité. Ques­tion de choix

  • La France a accueilli 62 réfu­giés « relo­ca­li­sés », sur les 30 000 promis

    Il faut un début à tout. Quarante-trois migrants origi­naires de Syrie, d’Irak et d’Ery­thrée sont arri­vés, lundi 25 janvier, à Saint-Nazaire (Loire-Atlan­tique) depuis un centre d’en­re­gis­tre­ment (« hots­pot ») en Grèce. Après les 19 Erythréens accueillis près de Nantes, en novembre 2015, le nombre de réfu­giés « relo­ca­li­sés » en France passe donc à 62.

    Le Monde, Les déco­deurs

    Pas 62.000, juste 62.

    Après autant de foin poli­tique, après des maires qui ont offi­cia­lisé leur envie d’ac­cueil, après la peur d’une inva­sion telle que nous ne pour­rions sauve­gar­der notre iden­tité, après plusieurs mois, nous avons accueilli 62 réfu­giés. 62.

    C’est telle­ment énorme que je n’ose y croire. Et pour­tant Les déco­deurs sont atta­chés aux chiffres et à leur véri­fi­ca­tion.

    Il y a des baffes qui se perdent.

    62 é »ç(è&) ! seule­ment 62 ! Pour 65 millions de personnes dans un des pays les plus riches de la planète. Nous sommes ridi­cules, et j’ai honte.

  • Pourquoi être un « cis het blanc » semble être une insulte ?

    Alors: être un (mec) « cis(genre) hétéro et blanc », ce n’est pas une insulte. C’est une liste de privi­lèges

    […]

    Ce n’est pas toujours facile/agréable de s’en­tendre dire (ou de lire) qu’on est privi­lé­gié(e) et notre premier réflexe est bien souvent de dire/penser « hey mais moi aussi j’ai des problèmes ». Personne ne le nie, mais je te renvoie aux para­graphes ci-dessus. c’est impor­tant d’y réflé­chir.

    — Sexy SouciS

    Encore une fois, et pas spécia­le­ment sur le fémi­nisme, combattre ceux qui prennent comme une insulte le reflet de leur statut de privi­lé­gié est assez usant. Il n’y a rien de coupable et aucun reproche à faire partie des privi­lé­giés (nous sommes tous privi­lé­giés sur un critère ou un autre, tout du moins ceux qui me lisent). La ques­tion est celle de la prise de conscience et de nos actions ensuite.

  • Du cynisme du prag­ma­tisme perma­nent

    Les critiques contre l’ab­sen­téisme des dépu­tés sont récur­rentes, en parti­cu­lier concer­nant leur assi­duité en séance publique. […] Qu’une prise de posi­tion marquée par une igno­rance des proces­sus de déci­sion vienne de personnes qui n’y connaissent rien et se fondent sur des mythes, je peux encore comprendre. Mais quand c’est le fait de dépu­tés, qui savent parfai­te­ment à quoi s’en tenir, ou de personnes qui se présentent comme des « intel­lec­tuels », c’est plus déran­geant.

    En gros c’est récur­rent, partagé, mais la popu­la­tion n’est qu’i­gno­rance, les élus savent mieux. Tout le cynisme de cette vision de la démo­cra­tie qui me gêne, mais tant pis : faisons abstrac­tion et parlons du fond.

    Arrive le passage en séance publique. En géné­ral, à ce stade, les choses se sont déjà cris­tal­li­sées, les arbi­trages ont été rendus et il s’agit surtout d’ava­li­ser offi­ciel­le­ment des choix déjà faits. Pour cela, il suffit juste que la majo­rité s’as­sure d’être en nombre suffi­sant pour empor­ter les votes. La séance publique est donc un théâtre, où les oppo­si­tions et les clivages se mettent en scène.

    — Authueil, de l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la déma­go­gie

    Bref, ça ne sert à rien. Si on part par là, si c’est juste pour faire spec­tacle, alors profi­tons-en pour y mettre un terme, offi­cia­li­sons le vote en asyn­chrone sur une liste d’émar­ge­ment ou je ne sais quel autre procédé simple, et arrê­tons les séances publiques.

    Ça ne serait pas choquant. Le travail est fait ailleurs, et on peut très bien imagi­ner se baser sur la synthèse des travaux qui sera soumise par le rappor­teur ou par la majo­rité.

    Fran­che­ment, je suis même fonciè­re­ment pour.

    * * *

    Pour autant, il y a un autre sujet derrière tout cela. Il y a une ques­tion de repré­sen­ta­tion et de démis­sion.

    On ne parle pas ici d’une loi tech­nique travaillée en paral­lèle à d’autres. On parle de modi­fier la consti­tu­tion pour y envi­sa­ger des périodes où l’exé­cu­tif a de plus forts pouvoirs, jusqu’à aller contre les droits de l’homme. On peut être pour ou contre, mais qu’on ne me fasse pas croire qu’un député puisse avoir mieux à faire.

    Quitte à parler spec­tacle, même simple­ment montrer symbo­lique­ment aux citoyens qu’on est concerné, qu’on pèse son vote, que oui on vote pour/contre et que le résul­tat global corres­pond effec­ti­ve­ment à la volonté du congrès, … rien que ça c’est plus impor­tant pour quelques jours que tout le reste du travail de député. Rien que ça.

    À l’heure où on parle juste­ment de modi­fier la consti­tu­tion pour y ajou­ter une mesure sans effi­ca­cité à portée unique­ment symbo­lique, diffi­cile nier le symbole de l’ab­sence de tant de dépu­tés à la séance publique.

    Lundi 8 février au soir, il y avait 136 dépu­tés en séance publique. Pour un lundi soir, c’est excep­tion­nel­le­ment élevé, quasi­ment un record.

    * * *

    Le symbole est une raison suffi­sante pour que l’ab­sence de tant de dépu­tés hier soit scan­da­leuse, mais ce n’est pas le seul reproche.

    Être absent c’est aussi bien pratique. Ça permet de ne rien assu­mer. Quoi qu’il se passe on pourra dire qu’on n’y a pas pris part.

    C’est encore plus vrai quand on a une voix diver­gente avec son groupe. On évite de se griller des oppor­tu­ni­tés de carrière « pour rien ». Sauf qu’en faisant cela on passe sous silence l’ab­sence d’una­ni­mité, on oublie qu’un vote 80/20 et un vote 55/45 ça n’a pas la même portée. Ques­tion de respect des citoyens, encore une fois.

    C’est aussi caution­ner tota­le­ment le système où une poignée de chefs ont l’in­fluence sur le groupe, qui lui même a la majo­rité de la majo­rité parle­men­taire, qui elle même a la majo­rité des dépu­tés, qui eux même n’avaient que la plus grosse mino­rité des votes expri­més, qui eux même ne repré­sentent même pas la moitié des élec­teurs. Bonjour la démo­cra­tie !

    Oui c’est comme ça que ça fonc­tionne mais, au moins une fois par manda­ture sur un texte aussi fonda­men­tal, couper deux ou trois indi­rec­tions pour au moins reve­nir à « un député = un vote », ça n’est pas du luxe. Au moins là.

    Sur les textes légis­la­tifs habi­tuels je ferme ma gueule, mais là c’est non.

  • De la diffi­culté d’évoquer le fémi­nisme

    Je ne comprends la logique à l’œuvre quand on affirme (ou qu’on sous-entend) que certaines causes ne peuvent pas être défen­dues par une personne à cause de son sexe, de son appa­rence ou d‘un quel­conque attri­but qui la classe ipso facto dans le clan des oppres­seurs.

    — De la diffi­culté d’évoquer le fémi­nis­me…

    Sujet récur­rent auquel je n’ai toujours pas trouvé de réponse correcte.

    Je comprends que la parole sur le sujet ne puisse être portée majo­ri­tai­re­ment par les hommes, sauf à juste­ment repro­duire le problème. Je comprends que certains événe­ments qui discutent le sujet puissent être entre femmes, pour plein de raisons.

    Je comprends aussi que, non victime, je ne compren­drais pas forcé­ment tout, et que de toutes façons je n’ai pas, moi, à tout comprendre pour le recon­naître comme légi­time. C’est même en partie la base du sujet.
    Accep­ter de ne pas tout comprendre ou tout maîtri­ser n’est – parti­cu­liè­re­ment pour moi – pas une mince affaire, quel que soit le sujet.

    Par contre je n’adhère pas à la vue du « seule les victimes peuvent en parler et ont un avis légi­time », pas plus là que sur d’autres sujets. En fait c’est même tout le contraire. Par prin­cipe tous les impliqués dans une ques­tion ont une vue biai­sée, la victime autant que l’op­pres­seur. C’est bien pour ça qu’en justice on impose un juge neutre au milieu.

    Le problème c’est qu’ici il n’y a personne de neutre.

    Tout le monde est biaisé à des degrés divers, conscient à des degrés divers. Tout le monde est concerné, ou est légi­time à se sentir concerné par le problème, avec son propre biais : les femmes comme les hommes.
    Oui, les hommes aussi, sauf à nier que l’homme joue un rôle dans la société patriar­cale et à penser qu’ils sont hors du problème.

    Je sais que je ne dois pas prendre le débat. Je sais que je ne dois pas impo­ser mes vues. Je sais que je dois juste­ment lais­ser de la place et lais­ser l’es­pace mili­tant se construire sans moi. Je sais que j’ai beau­coup à apprendre et toujours à écou­ter.

    Pour autant je crois aussi que mon avis est aussi légi­time qu’un autre, ni plus ni moins, et que c’est ensemble que nous pour­rons agir. Je respecte que d’autres n’aient pas cet avis, qu’ils me le disent. J’es­père juste qu’ils pour­ront respec­ter le mien et que nous pour­ront conti­nuer à agir en désac­cord.


     

    Oui, mon texte n’est pas clair mais je le publie tout de même. Il ne le sera peut-être jamais. Les débats sont souvent violents sur ce sujets et j’ai l’im­pres­sion de devoir mettre 50 précau­tions oratoires avant de dire quoi que ce soit, que ce soit à l’at­ten­tion des uns ou des autres.

    Je crains autant les critiques violentes de mili­tant·e·s que les partages de personnes qui en profi­te­ront pour cracher sur le mouve­ment. Je doute que cela ne faci­lite grand chose. Le message final s’en trouve brouillé.

    L’échange sera proba­ble­ment plus simple en privé. Vous y êtes les bien­ve­nus, y compris – et surtout – si c’est pour m’ex­pliquer quelque chose que je n’ai pas compris.

  • Sûreté nucléaire en France : « Un contexte parti­cu­liè­re­ment préoc­cu­pant »

    Il y a plein de choses à dire alors je ne garde que le péri­phé­rique, suffi­sam­ment inquié­tant en soi – et non, la ques­tion n’est pas de savoir si vous êtes pour ou contre le nucléaire, mais de comment on le gère aujourd’­hui. Nous avons tout ce qu’il faut pour amor­cer le pire :

    « Nous sommes entrés dans une phase d’enjeux sans précé­dent en matière de sûreté et de radio­pro­tec­tion. » Pierre-Franck Chevet, le président de l’Au­to­rité de sûreté nucléaire (ASN), avait un ton grave, sinon alar­mant, en présen­tant, mercredi 20 janvier, ses vœux à la presse.

    […]

    Le calen­drier s’an­nonce donc « très chargé et très serré ».

    […]

    Tous ces chan­tiers se profilent alors que les indus­triels char­gés de ces instal­la­tions sont « en grandes diffi­cul­tés écono­miques et tech­niques », souligne M. Chevet. Ce qui consti­tue « une source de préoc­cu­pa­tion majeure ».

    […]

    Face à ces multiples enjeux, le gendarme de l’atome lance un aver­tis­se­ment solen­nel au gouver­ne­ment. Il n’a, dit-il, « pas les moyens » d’y faire face correc­te­ment.

    […]

    Pour­tant, observe-t-il, les 170 postes manquants au trai­te­ment serein des ques­tions de sûreté nucléaire repré­sentent un budget de l’ordre de 50 millions d’eu­ros. Très loin des 55 milliards d’eu­ros prévus pour la prolon­ga­tion des réac­teurs français…

    — Le Monde

  • Rendre publics des docu­ments prou­vant une fraude de l’État

    L’ou­ver­ture des archives de l’État se fait progres­si­ve­ment depuis les années 70, dans les pays occi­den­taux. La Suède est très en avance : depuis une loi de 1776, les factures et fiches de payes des ministres sont publiques, et les fonc­tion­naires peuvent rendre publics des docu­ments prou­vant une fraude de l’État.

    via

    Rien de neuf mais toujours bon à rappe­ler. La seconde partie est aussi essen­tielle. On contraste telle­ment avec la France où les « ouver­tures » récentes se font en consul­ta­tion unique­ment sur place, sous surveillance, prise de note et copie inter­dites, publi­ca­tion des infor­ma­tions inter­dites même par la presse.

  • Well okay but I mean maybe you’re a shitty came­ra­man

    Parce que parfois ça commence à souler cette façon de certains d’à tout prix vouloir culpa­bi­li­ser et préca­ri­ser les autres. Une vraie idéo­lo­gie.

    Vidéo de Matt Damon à propos des ensei­gnants et de la sécu­rité de l’em­ploi.

  • Ça s’ap­pelle un chan­ge­ment de régime

    À ceux qui pensent que l’état d’ur­gence est un État de droit qui respecte le minima que sont les droits de l’Homme : notre gouver­ne­ment annonce formel­le­ment le contraire à la fois au Conseil de l’Eu­rope et aux Nations Unies.

    Aux deux insti­tu­tions, nous avons fait jouer une clause noti­fiant que nous n’al­lons plus respec­ter la Conven­tion euro­péenne des droits de l’Homme et le Pacte inter­na­tio­nal rela­tif aux droits civils.

    Ceci est possible tempo­rai­re­ment quand un danger immé­diat menace respec­ti­ve­ment la vie et l’exis­tence de la nation. Sans nier la gravité des événe­ments, peut-on raison­na­ble­ment penser que l’exis­tence même de la nation est mena­cée ?

    Si je devais être cynique, elle l’est, juste­ment par ce que notre exécu­tif s’au­to­rise.

    Bien sûr ça inquiète les experts des Droits de l’Homme à l’ONU, comme à peu près toutes les insti­tu­tions sérieuses sauf le gouver­ne­ment. Le président, lui, en est encore à annon­cer que tout ça ne fait pas débat.

    Dans des entre­tiens à l’étran­gers nos membres du gouver­ne­ments disent tranquille­ment que l’état d’ur­gence pour­rait durer aussi long­temps qu’il y a du terro­risme dans le monde et que notre pays est impliqué dans des actions mili­taires exté­rieures. L’évo­ca­tion d’une durée de 30 ans ne soulève aucune contra­dic­tion. Chan­ge­ment de régi­me…

  • The Pencils­word: On a plate

    Il a tourné 20 fois mais je le place là pour pouvoir y faire réfé­rence plus tard. Je doute que la petite bande dessi­née convainque vrai­ment quiconque n’a pas déjà conscience du problème.

    when [they] go on about « equa­lity of oppor­tu­nity, not equa­lity of outcome, » they’re either blin­ded to the fact that equa­lity of oppor­tu­nity doesn’t exist

    À ceux qui vont lire de travers : Il ne s’agit pas de dire que vous avez simple­ment eu de la chance et que tout vous est tombé dans le bec dès la nais­sance. Personne ne nie vos efforts ou votre mérite.

    Il ne s’agit nulle­ment de culpa­bi­li­ser ceux sont arri­vés en bas à gauche, unique­ment de rappe­ler que ces efforts et ce mérite sont géné­ra­le­ment démul­ti­pliés dans leur résul­tat par d’où vous venez, qui vous avez rencon­tré, et par un peu de chance au bon moment.

    En face, et c’est toute l’his­toire de la colonne de gauche, il y a des gens avec autant de mérite, qui font autant et parfois plus d’ef­forts, mais qui ont simple­ment eu une histoire diffé­rente.

    La méri­to­cra­tie et l’éga­lité des chances sont une vaste blague, voilà l’his­toire.

    Le fait même d’avoir été éduqué pour valo­ri­ser l’ef­fort ou d’avoir eu quelqu’un pour dire un simple « vas-y » au bon moment vient aussi de ce qu’on a reçu. Même ça, tout le monde ne l’a pas eu.

    L’ou­blier, le nier, c’est oublier toute une réalité. Il ne s’agit pas de culpa­bi­li­ser qui que ce soit, juste de prendre conscience.

    The concept of equa­lity of oppor­tu­nity is a farce. Of course there will be people who start in the right column and through hard work and some luck end up in the left. That’s not really the point.

    […]

    I’m happy for you that your parents knew the value of educa­tion and hard work and instil­led those values in you and your siblings. Many people are not so lucky in who they get as parents.

    Et si vous avez l’im­pres­sion que vous ne devez tout qu’à vous-même malgré l’ad­ver­sité, que jamais vous n’avez eu personne pour vous donner quoi que ce soit, vous méri­tez peut-être encore plus que d’autres mais ça ne retire rien à ceux qui n’ont pas autant réussi malgré des situa­tions qui semblent plus favo­rables. Souve­nez-vous, on ne connait jamais toute l’his­toire des autres.