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Discriminations Libertés Terrorisme

État d’ur­gence: « Vous avez de sales voisins… »

Lui qui a rêvé d’être poli­cier, a monté une asso­cia­tion de préven­tion de la délinquance en parte­na­riat avec le commis­sa­riat du coin, peut citer une dizaine de briga­diers de ses rela­tions, se retrouve assi­gné à rési­dence. « Au regard de la menace terro­riste sur le terri­toire natio­nal » et « compte tenu de son compor­te­ment ». En clair, la préfec­ture voit en lui un isla­miste radi­cal à surveiller. Des soupçons nés de propos rappor­tés par des voisins.

[…] La note ne le dit pas mais on devine qu’il y a eu dénon­cia­tion. « Vous avez de sales voisins… », lui aurait glissé un gendarme lors d’une de ses visites.

Les blogs, Le Monde

Ce qui me choque n’est pas tant la possi­bi­lité de dénon­cia­tion mais le trai­te­ment aveugle qui en est fait, non contra­dic­toire, et l’im­pos­si­bi­lité de s’en défendre.

au lende­main des atten­tats contre Char­lie hebdo, il fait l’objet d’une mesure de dessai­sis­se­ment et est invité à rappor­ter ses armes, « comme tous les musul­mans amateurs de tir », précise-t-il.

[…] Le 8 décembre, la préfec­ture a envoyé à Karim un nouveau cour­rier à propos de ses armes confisquées : s’il désire les récu­pé­rer, il doit produire un certi­fi­cat médi­cal, afin de juger de « l’op­por­tu­nité de [lui] resti­tuer armes et muni­tions ou de procé­der à leur saisie défi­ni­tive ».

Un certi­fi­cat médi­cal… allez comprendre pourquoi si ce n’est le raccourci « On le lave de tout mais si on lui a retiré ses droits un moment, ce n’est pas pour rien, et puis s’il est musul­man c’est qu’il doit être un peu toqué quelque part »

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Sexisme et féminisme Uncategorized

On a décon­seillé à Emma Watson d’em­ployer le mot « fémi­nisme » dans son discours sur l’éga­lité

Je ne sais que faire comme commen­taire. Indé­pen­dam­ment des opinions sur le meilleur terme à utili­ser dans tel ou tel contexte, qu’on puisse avoir peur d’uti­li­ser le terme de fémi­nisme ne peut certai­ne­ment pas être un signe posi­tif.

Parce que c’est lié et inté­res­sant :

Chaque mois, « Libé­ra­tion » fait le point sur les histoires qui ont fait l’ac­tua­lité des femmes, de leur santé, leurs liber­tés et leurs droits. Troi­sième épisode : novembre 2015.

TL;DR: il y a encore du boulot

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Discriminations

Open bar

Nata­sha Bour­chart has taken the deci­sion the restrict access to the leisure centre and swim­ming pool in Calais -the ICèO – to those with a new access card. This will be a card that migrants cannot get because you must provide an iden­tity card and proof of address to obtain it. Use of the card will become neces­sary star­ting Monday.

[…] The article in Nord Litto­ral goes on to say ‘With the events of last weekend, many people are lumping toge­ther refu­gees and terro­rists.’

Simi­lar segre­ga­tion measures have been taken at the library in Calais. It seems clear that proce­dures such as these are racist, only serving to dehu­ma­nize and widen the divide between those with and without papers in Calais.

— Segre­ga­tion in the swim­ming pool

 

The gate agent refu­sed to let the men board because of the anony­mous bigot’s unfoun­ded fears. Maher Khalil […] called 911 and repor­ted that he had been racially profi­led by the airline. Airport secu­rity and police were summo­ned and ques­tio­ned the men, and then these crackerjack terro­rist-detec­tors dedu­ced that the bigot’s unfoun­ded fears were unfoun­ded and the men were allo­wed to board.

While the men boar­ded, other racists on the flight deman­ded to know what was in the small white pastry box that Khalil was carrying, shou­ting at him to open it.

[…] A second South­west flight from Chicago to Hous­ton was also delayed Wednes­day night when passen­gers refu­sed to allow six Muslims on the flight. The Muslim passen­gers had to be reboo­ked on another flight.

South­west Airlines surren­ders to racists, refuses boar­ding to Arab-Ameri­can passen­gers

Je n’ai aucune envie de sauve­gar­der ou citer tous les liens qui surviennent ces jours ci, mais je compte aussi celui à qui on a refusé une loca­tion parce que « avec les événe­ments je n’ai plus confiance [dans les arabes/musul­mans] », celui qui a subit une perqui­si­tion parce qu’il s’est appro­ché de la préfec­ture (pour y deman­der des papiers admi­nis­tra­tifs), celle qui consi­dère que les musul­mans ne peuvent récla­mer le même rang que les catho­liques et globa­le­ment tous les messages haineux envers les musul­mans, au racisme tota­le­ment assumé.

Nos poli­tiques sont loin d’être les derniers, même si c’est parfois mieux enrobé. Désor­mais le racisme est open bar.

Notre société s’est trans­for­mée, pour deve­nir comme celles dont on souhaite se défendre. Quelle honte.

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Discriminations Droit Israël Libertés

Anti-Israel Acti­vism Crimi­na­li­zed in the Land of Char­lie Hebdo and “Free Speech“

Un groupe appe­lant au boycott des produits d’Is­raël vient d’être défi­ni­ti­ve­ment condamné. L’ap­pel au boycott est en soi inter­dit mais là ils l’ont été sur le critère de discri­mi­na­tion/racisme (le boycott est en fonc­tion de l’ori­gine géogra­phique, ce qui est inter­dit).

Je ne saurais juger si ce groupe avait unique­ment une visée poli­tique ou s’il y avait aussi une conso­nance nette­ment discri­mi­na­toire anti­sé­mite. Glenn Green­wald réagit dans The Inter­cept. Le discours sur la liberté d’ex­pres­sion est un peu à côté de la plaque à mon humble avis : La France et les États-Unis ont des équi­libres diffé­rents à ce niveau. Je me garde bien de consi­dé­rer que l’un ou l’autre a « raison ». J’en doute. Partir sur ce débat me parait futile.

Par contre, un tweet précis tape là où ça fait mal :

Ça cari­ca­ture, mais il y a quand même un fond que je ne me sens pas de consi­dé­rer comme faux, et ça me gêne forte­ment.

Je ne suis même pas certain que ce soit (ici) le problème d’un pénible amal­game (volon­taire ou non) entre critique d’Is­raël et anti-sémi­tisme. Un appel au boycott des USA aurait aussi poten­tiel­le­ment été condamné, mais pas un appel au boycott de la Corée du nord. Dans un État de droit basé sur des liber­tés, cette diffé­rence me gêne. Je ne sais pas mettre les bons mots dessus, je ne sais pas où placer la ligne rouge, mais il y a un truc qui fonc­tionne mal et qui ne me rend pas fier.

et parce que ce sujet est déli­cat, je préfère préve­nir : tout commen­taire que je consi­dè­re­rai comme agres­sif sera d’of­fice retiré, quel que soit le fond du discours ; de la même façon, toute discus­sion sur la situa­tion en Pales­tine ou les actions d’Is­raël serait tota­le­ment hors sujet dans le cadre de ce billet, et serait reti­rée de la même façon.

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Discriminations Religion

Discri­mi­na­tions reli­gieuses à l’em­bauche : une réalité

Ce testing dresse pour la première fois un état des lieux chif­fré de la discri­mi­na­tion reli­gieuse sur le marché du travail. Les résul­tats révèlent une forte discri­mi­na­tion à l’égard des juifs et des musul­mans.
Ces derniers ont deux fois moins de chances d’être contac­tés par les recru­teurs que les catho­liques. Les hommes musul­mans sont parti­cu­liè­re­ment discri­mi­nés : leur taux de réponse est 4 fois plus faible que celui des hommes catho­liques.

Malheu­reu­se­ment rien de neuf : Les musul­mans, et dans une moindre mesure les juifs, sont discri­mi­nés à l’em­bauche. Là où l’étude est inté­res­sante c’est qu’elle sépare la discri­mi­na­tion ethnique de la discri­mi­na­tion reli­gieuse.

Leur FAQ explique bien comment ils ont tenté d’iso­ler la reli­gion du carac­tère ethnique, et ça semble assez convain­cant.

Quelle que soit leur reli­gion, les femmes affichent des taux de réponse signi­fi­ca­ti­ve­ment plus élevés que leurs homo­logues mascu­lins. Ce résul­tat est cohé­rent avec les stéréo­types sur le genre égale­ment asso­ciées à l’homme et à la femme, et qui tendent à résu­mer le duo « Mana­ger-Assis­tante ». En d’autres termes, les femmes sont perçues comme excel­lant aux fonc­tions d’as­sis­ta­nat (dont les postes de comp­tables, assis­tant(e)s et secré­taires comp­tables font partie), alors que les hommes, perçus comme natu­rel­le­ment leaders, sont moins faciles à diri­ger à ces fonc­tions. Et en effet, le métier « Employés de la comp­ta­bi­lité » est à 85% fémi­nin d’après une enquête 2013 de la DARES.

Je suis moyen­ne­ment convaincu par l’ex­pli­ca­tion. J’ai peur que joue aussi un autre facteur : Les femmes sont déjà discri­mi­nées par leur sexe, et les discri­mi­na­tions ne s’ajoutent pas indé­fi­ni­ment. Une fois en bas de la pile, il y a peut être moins de clas­se­ment entre ceux qui y sont. Les recru­teurs qui sont ouverts sur le genre, le sont peut être aussi plus faci­le­ment sur la reli­gion. Je suis dans les suppo­si­tions, je l’avoue.

La litté­ra­ture scien­ti­fique permet de dire que la candi­date catho­lique pratiquante a les mêmes taux de réponse que la candi­date de réfé­rence areli­gieuse

Peu éton­nant là aussi mais bon à rappe­ler : Le problème n’est pas la reli­gion mais d’avoir une reli­gion qui ne corres­pond pas à la norme.

On le voit d’ailleurs à la suite :

Le testing a comparé les taux de réponses des candi­dats pratiquants, servant de point de réfé­rence, avec ceux de candi­dats signa­lant un atta­che­ment à la laïcité dans leur CV. Seuls les musul­mans gagnent à signa­ler leur atta­che­ment à la laïcité (la diffé­rence de taux de réponse chez les juifs n’est pas statis­tique­ment signi­fi­ca­tive). A l’in­verse, les catho­liques perdent à s’af­fi­cher laïcs plutôt que pratiquants.

La norme c’est être catho­lique. Mettre sous silence la reli­gion d’un musul­man est « normal », mais réduire la reli­gion d’un catho­lique c’est passer pour un fauteur de trouble. Éclai­rant pour montrer que c’est clai­re­ment une conno­ta­tion néga­tive placée sur certaines reli­gions.

Tout ça est sur le site de l’Ins­ti­tut Montaigne. Malheu­reu­se­ment ça ne fait que confir­mer ce qu’on présume tous, sans appor­ter de solu­tion. Le nombre d’email envoyés pour tester me semble aussi assez faible (moins de 7000, pour tester toutes les combi­nai­sons, sachant que c’est réparti dans des entre­prises et dans des régions diverses).

 

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Discriminations

Code de conduite

Je suis dubi­ta­tif sur la mode des codes de conduite, et sur l’obli­ga­tion qui se dégage année après année aux diffé­rents événe­ments d’en faire un. J’ai du mal à voir l’ef­fet de ces codes et j’ai bien peur qu’ils ne changent pas grand chose.

Après discus­sion on a pu me poin­ter quatre objec­tifs (n’hé­si­tez pas à m’en poin­ter d’autres) :

  1. Expli­ci­ter et forma­li­ser ce qui est accep­table ou pas, surtout s’il y a du public venant de cultures diffé­rentes qui peuvent du coup avoir des limites et usages diffé­rents
  2. Insis­ter sur les points sensibles, les rappe­ler pour renfor­cer l’at­ten­tion et montrer qu’il y aura réac­tion, éven­tuel­le­ment parti­ci­per ainsi à former les valeurs de la commu­nauté
  3. Faci­li­ter le travail de l’or­ga­ni­sa­tion pour virer quelqu’un ou stop­per un compor­te­ment indé­li­cat sans débattre longue­ment sur si c’est hors cadre ou pas
  4. Montrer que l’or­ga­ni­sa­tion se préoc­cupe des sujets inscrits au code et réagira favo­ra­ble­ment aux solli­ci­ta­tions à ce sujet (et éven­tuel­le­ment indiquer comment le contac­ter)

J’avoue être très dubi­ta­tif sur le premier point. Ceux que j’ai lu n’ex­pli­citent géné­ra­le­ment rien du tout, sauf à vrai­ment être dans un milieu rela­ti­ve­ment coupé du contexte cultu­rel et du code légis­la­tif local (je me rappelle celui du Nowhere). C’est encore plus vrai quand on tente de tracer des limites morales ou subjec­tives. Il faut bannir les inter­rup­tions abusives et les contacts physiques inap­pro­priés mais quand est-ce abusif ou inap­pro­prié ? Il me semble­rait d’ailleurs très présomp­tueux de penser trou­ver un cadre plus précis que le cadre pénal quand on réflé­chit entre quelques béné­voles abso­lu­ment pas experts.

Je vois cepen­dant un vrai inté­rêt au premier point s’il s’agit d’ajou­ter une auto­ri­sa­tion ou une inter­dic­tion expli­cite au sein de l’évé­ne­ment et qui n’exis­te­rait pas en dehors. Sur celui de Paris-Web je lis la diffu­sion d’images sexuelles dans les espaces publics. On peut discu­ter de ce qu’il en est à l’ex­té­rieur mais là c’est clair et utile car poten­tiel­le­ment plus limi­ta­tif que ce qui serait auto­risé sinon.

Le second point en découle. J’ai peur du même effet que le dizaines de chartes qu’on signe tout le temps, ne parlons même pas des CGV et autres EULA. Indiquer sur les chartes infor­ma­tiques qu’on vous remet avec accès infor­ma­tique que le partage de fichier et les propos offen­sants sont inter­dits change-t-il vrai­ment votre compor­te­ment ? J’ai peur qu’on soit dans le même registre.

Je reste dubi­ta­tif sur le troi­sième point parce que je l’ai déjà été sur le premier. Toujours le même exemple : Quand le code parle d’in­ter­rup­tions abusives et de contacts inap­pro­priés, je ne vois pas en quoi cela va aider à la réso­lu­tion. J’ai même peur que ça serve de base à des discus­sions inter­mi­nables. Une équipe d’or­ga­ni­sa­tion ferme et qui ose agir sans se lais­ser marcher sur les pieds aura mille fois plus d’ef­fet.

Il reste le dernier point, et fran­che­ment il n’est pas loin de me convaincre. À défaut de préve­nir les mauvais compor­te­ments ou d’ai­der à les trai­ter, ça montre très clai­re­ment que l’équipe d’or­ga­ni­sa­tion a réflé­chi à ses ques­tions et a l’in­ten­tion de les prendre en compte. Si c’est l’objec­tif, peut-être faudrait-il toute­fois les rédi­ger un peu autre­ment.

Un point posi­tif : Je ne crois pas que ça fasse de mal donc si certains pensent que ça a plus d’ef­fet que je ne le crois moi-même, alors pourquoi ne pas essayer. Je regrette juste l’in­fla­tion de codes, chartes et condi­tions d’uti­li­sa­tion en tout genre partout. Au final on ne les lit plus.

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Algé­rie-France: Nouvel accord pour échan­ger les deux filles liées aux scan­dales des jupes

Le 9 mai une étudiante en droit qui se rendait à un examen à l’uni­ver­sité d’Al­ger n’a pas pu rentrer. La raison du refus : une jupe trop courte.

[…] le ministre français des Affaires étran­gères, Laurent Fabius, et son homo­logue algé­rien, Ramtane Lamamra, ont signé un accord d’échange des deux filles à l’ori­gine des scan­dales de la jupe longue et de la jupe courte. La partie française s’est enga­gée à accueillir l’étu­diante algé­rienne sur son sol en ordon­nant qu’elle soit inscrite comme tel pendant deux ans avec option de natu­ra­li­sa­tion. La partie algé­rienne s’est proposé en contre­par­tie de rece­voir l’élève de 3e, qui jouit déjà de la natio­na­lité algé­rienne.

Bien entendu, l’ar­ticle dont est tiré cette cita­tion est saty­rique, un peu à la manière de Le Gorafi. Il n’en reste que c’est une des meilleures illus­tra­tions du cynisme de notre posi­tion.

Nous ne sommes plus un pays de liberté. Nous impo­sons nos vues, de la même manière que ceux que nous critiquons. Nous avons juste des vues diffé­rentes – pas meilleures.

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Tes papiers ! Oh excu­sez-moi, Maître, je ne vous avais pas vu

Je suis bruta­le­ment sorti de ma réflexion par l’ir­rup­tion de deux hommes en blou­son sombre, la mine pati­bu­laire, qui mettent une main puis­sante sur l’épaule de mon inter­lo­cu­teur.

 »Toi, tes papiers ! »

Dans un premier temps je me dis « ton compte est bon, j’en étais sûr, il ne fallait pas venir, tu vas être témoin d’un racket, d’un vol de papiers d’iden­tité, si ce n’est victime toi-même ».

Puis je réalise que les agres­seurs ont un bras­sard orange « police » et effec­tuent un contrôle d’iden­tité, en fait.

La source m’in­cite à peu douter de la retrans­crip­tion de la formu­la­tion d’ori­gine. Plus agres­sif ça devien­drait une agres­sion.

Plus que la discri­mi­na­tion ordi­naire du jeune-capuche-banlieu face au blanc-complet-avocat, c’est l’in­ter­pré­ta­tion qui suit qui fait écho :

Vouloir savoir si c’est parce que la police harcèle les jeunes « des quar­tiers » que ceux-ci sont parfois agités ou si c’est parce que les jeunes   »des quar­tiers » sont agités que la police les contrôle en perma­nence et sans ména­ge­ments, c’est comme essayer de déter­mi­ner qui, de l’œuf ou de la poule, était là le premier.

Sauf qu’il va bien falloir nous sortir de ce cercle vicieux.

Car tant que les uns se senti­ront malve­nus et les autres stig­ma­ti­sés, l’on main­tien­dra chacun dans sa propre cari­ca­ture et le mur de l’in­com­pré­hen­sion conti­nuera de s’éri­ger entre une popu­la­tion et des repré­sen­tants de l’état, censés la proté­ger.

Sous la robe

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Discriminations Police

Le tribu­nal correc­tion­nel de Bordeaux condamne un délit de faciès

« Le prévenu en situa­tion irré­gu­lière a fait l’objet d’un contrôle d’iden­tité dans le cadre de l’ar­ticle 78.2, posent-ils dans leur juge­ment. Ce contrôle a été effec­tué sur la base d’une tenue vesti­men­taire banale et d’une appa­rence physique de type nord-afri­cain. Ces véri­fi­ca­tions qui ont pour but d’iden­ti­fier des personnes suspec­tées de commettre des infrac­tions limi­ta­ti­ve­ment énumé­rées et défi­nies par la réqui­si­tion ne peuvent être utili­sés pour faire des contrôles discri­mi­na­toires.  »

Le tribu­nal correc­tion­nel a donc annulé ce contrôle au faciès, « enta­ché d’ir­ré­gu­la­rité ainsi que toute la procé­dure qui a suivi »

— Le Monde

C’est bien la première fois que j’en­tends parler d’un contrôle au faciès reconnu comme tel en justice. Grande avan­cée.

Plus qu’à espé­rer que ça fasse boule de neige. Faites un tour Gare du Nord à Paris, il ne faudra pas une demie-heure pour comprendre que les critères premiers sont la couleur de peau et le survê­te­ment-capuche.

J’ai honte pour ma police quand des gens non typés cauca­siens me racontent leur fréquence de contrôle, moi qui n’ai jamais été contrôlé à 36 ans.

Un gros merci au tribu­nal de Bordeaux pour son courage. Vu que par défi­ni­tion on ne peut pas prou­ver la discri­mi­na­tion sur un acte arbi­traire non motivé, il aurait été facile de reje­ter le motif discri­mi­na­toire, comme partout ailleurs.