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  • Fâché avec la cédille

    Fran­che­ment, à première vue il a l’air bien ce nouvel agen­ce­ment du clavier azerty.

    On a enfin les guille­mets et apos­trophes typo­gra­phiques acces­sibles faci­le­ment. Les ouvrants et fermants sont côte à côte. Le ê est en accès direct et ça c’est un vrai gain.

    Le clavier sait aussi gagner en richesse pour qui le souhaite. Il reprend là quelques bonnes idées des claviers Mac et Linux : Le à devient À et le é devient É avec les bonnes combi­nai­sons. On gagne aussi plus de symboles et diacri­tiques euro­péens. Rien ne semble manquer à première vue ; les ajouts sont bien­ve­nus.

    Une chose qui semble frei­ner c’est qu’on a affaire à une vraie refonte. Ils ont préféré les place­ments intel­li­gents aux place­ments histo­riques.

    Ça peut se justi­fier pour les symboles qu’on ajoute ou qu’on change de complexité d’ac­cès mais était-ce vrai­ment néces­saire de dépla­cer ^ à – ) et quelques autres si c’est pour les lais­ser en accès direct ?

    C’est plus logique ainsi mais le chan­ge­ment d’ha­bi­tude n’est pas du tout à igno­rer dans un nouveau clavier. Éviter les dépla­ce­ments inutiles aurait à mon avis été préfé­rable à une telle refonte.

    Au delà de l’ha­bi­tude, j’ai un vrai reproche : ç et ù perdent leur accès direct alors qu’ils sont extrê­me­ment fréquents en français. Une fois tous les 2000 mots pour le ç d’après leur propre étude.

    On les a déclas­sés au profit du guille­met-apos­trophe culbuté ( ‘ ) — utilisé une fois tous les 238 000 mots en moyenne — et qui lui gagne un accès direct. C’est satis­fai­sant intel­lec­tuel­le­ment parce que son opposé était sur la touche adja­cente, mais fran­che­ment peu raison­nable du point de vue des usages. Un peu de prag­ma­tisme aurait été de bon aloi.

  • Sépa­rer les choses

    1. Je comprendre sans pour autant accep­ter.
    2. Je peux accep­ter sans pour autant comprendre.
    3. Je peux expliquer sans pour autant justi­fier
    4. Je peux critiquer les actions ou les paroles d’une personne dans un contexte précis ou sur un sujet précis sans pour autant reje­ter tout ce qu’elle a pu dire ou faire par ailleurs, ni aucu­ne­ment soute­nir ses oppo­sants.
    5. Je peux défendre les paroles, les actions ou les droits d’une personne dans un contexte précis ou sur un sujet précis sans pour autant accep­ter tout ce qu’elle a pu dire, faire ou repré­sen­ter par ailleurs, ni reje­ter ses détrac­teurs.
    6. Je peux reje­ter ou adhé­rer à des idées ou des propo­si­tions sans pour autant me sentir proche de tous ceux qui font de même.
    7. Je peux refu­ser un argu­ment, un moyen d’ac­tion ou une forme quel­conque tout en soute­nant le fond ou l’in­ten­tion.
    8. Je peux accep­ter ou refu­ser un élément sans forcé­ment avoir le même juge­ment sur tous les autres, fussent-ils liés ou partie d’un même tout.
    9. Je peux ne pas savoir, préfé­rer y réflé­chir, ou même ne pas souhai­ter m’ex­pri­mer sur un sujet sans que ce ne soit inter­pré­table comme un soutien ou un refus.
    10. Je peux avoir une posi­tion diffé­rente dans un cas géné­ral et dans un cas parti­cu­lier, ou même ne pas avoir de posi­tion du tout dans un des deux cas.
    11. Je peux avoir une opinion ou une posi­tion sur un point précis sans en avoir sur d’autres, quand bien même ils sont liés.
    12. Je peux être proche d’une personne sans parta­ger, soute­nir ou caution­ner ce qu’elle dit ou ce qu’elle fait.
    13. Je peux discu­ter avec quelqu’un et entendre ou comprendre ses opinions, sans pour autant les parta­ger.
    14. Je peux faire partie d’un groupe sans forcé­ment en parta­ger l’in­té­gra­lité des posi­tions ou consi­dé­rer qu’il est parfait.
    15. Je peux défendre une personne ou un groupe sans pour autant m’en sentir proche, m’y affi­lier ou en parta­ger les posi­tions.
    16. Je peux trou­ver quelque chose inté­res­sant sans pour autant l’ai­mer, le souhai­ter, le caution­ner ou le défendre.
    17. Ce que je pense, dis ou fais dans un certain contexte ne vaut pas toujours dans d’autres contextes, même si je n’ex­pli­cite pas toutes les limites en détail à chaque fois.
    18. Je peux mal m’ex­pri­mer, me trom­per, apprendre ou chan­ger d’avis. Ce que j’ai pu dire, faire ou penser ne reflète pas toujours ce que je dis, fais ou pense aujourd’­hui ni ce qu’il en sera demain.
    19. Je peux parler d’un cas précis sans me sentir obligé d’avoir à parler ou d’avoir parlé par le passé de tous les autres cas ou tous les autres sujets qui pour­raient être perti­nents ou simi­laires, et ce sans que cela ne cache une préfé­rence cachée quel­conque.
    20. Je peux accep­ter un argu­ment, un moyen d’ac­tion ou une forme quel­conque tout en reje­tant le fond ou l’in­ten­tion.

    Le monde est complexe, et moi aussi. Je me réserve le droit de ne pas toujours avoir une posi­tion simple ou simpliste, d’au­tant que j’ai moi aussi mes contra­dic­tions, même si elles ne me rendent pas toutes fier.


    Je suis agacé que tout ça doive être rappelé mais main­te­nant c’est fait.

    Si on évitait les amal­games par asso­cia­tion ou par oppo­si­tion, on évite­rait beau­coup de non-sens (et on gagne­rait un peu d’hon­nê­teté intel­lec­tuelle).

  • Recherche enceinte blue­tooth

    Je cherche une enceinte blue­tooth pour la maison. Quelques critères :

    • Un son de bonne qualité. Sans être un expert, c’est un point impor­tant.
    • Une puis­sance suffi­sante pour sono­ri­ser un grand salon (ce qui exclu d’of­fice les enceintes trop direc­tion­nelles)
    • Auto­nome sur batte­rie pour pouvoir la chan­ger de pièce ou la dépla­cer ailleurs ponc­tuel­le­ment (le poids et la taille ne sont pas des critères impor­tants)
    • S’il y a un assis­tant type Alexa/Google/Siri, il doit pouvoir être décon­necté (et je ne consi­dè­re­rai que les fonc­tions acces­sibles une fois l’as­sis­tant décon­necté)

    Pas indis­pen­sable mais peut être un critère de choix :

    • Pouvoir y connec­ter au moins deux appa­reils (histoire de ne pas courir après celui dont le smart­phone est resté connecté sans y diffu­ser de son)
    • Une latence accep­table pour regar­der un film (150ms maxi­mum)
    • Une auto­no­mie d’une dizaine d’heure
    • Une résis­tance au sable, pous­sières et liquide
    • Un câble de recharge stan­dard pour rechar­ger l’en­ceinte (type USB-C ou micro-USB par exemple)

    Qu’a­vez-vous à me recom­man­der ?

  • [Inkto­ber] 3. rôti

    Couleur #996600 — Police Yaci­miento
  • [Inkto­ber] 2. Tranquille

    Couleur #66CCCC — Police Dream Only
  • [Inkto­ber] 1. Véné­neux

    Couleur #66900 — Police MB Think Twice
  • Une histoire de baga­gistes et de données person­nelles

    Une « étude » a été publiée, analy­sant l’ac­ti­vité Twit­ter autour de l’af­faire Benalla. L’étude tente de clas­ser et grou­per les acteurs, et donc leur attri­bue un couleur poli­tique. En fin d’étude, un peu de trans­pa­rence : Le site donne le lien vers deux fichiers avec les données quali­fiées.

    Problème : Ces fichiers sont donc des listes d’iden­ti­fiants auxquels on a asso­cié l’in­ten­sité de leur acti­vité poli­tique sur le sujet, et pour certains une quali­fi­ca­tion plus complète de proxi­mité avec certains médias ou types d’in­for­ma­tions/désin­for­ma­tions.

    Je me retrouve dans un des deux fichiers diffu­sés, évidem­ment contre mon gré. Résul­tat : Deux tweets. Un pour deman­der aux auteurs accès et infor­ma­tion sur le cadre de ce fichier. Un pour deman­der à la CNIL si tout cela est normal et quels sont mes moyens d’ac­tion (ce dernier sera doublé d’une demande papier, la CNIL ne répon­dant pas sur Twit­ter, mais ça permet de diffu­ser la demande publique­ment).

    Discus­sions

    Est-ce une donnée person­nelle ? Oui, il y a peu de doutes sur le sujet. Un iden­ti­fiant twit­ter est bien une donnée person­nelle. Il iden­ti­fie assez bien une personne, au même titre qu’un email, une adresse IP ou d’autres iden­ti­fiants de connexion. Le fait que ces iden­ti­fiants ne soient pas ratta­chés aux états civils des concer­nés ne leur retire en rien le quali­fi­ca­tif de donnée person­nelle. Voir la CNIL « qu’est-ce qu’une donnée person­nelle ».

    Sont-ce des données sensibles ? C’est moins évident pour moi. L’opi­nion poli­tique est une donnée dite « sensible » qui a un cadre parti­cu­lier et qui néces­site des consen­te­ments expli­cites. J’ai tendance à penser que l’ac­ti­vité poli­tique et son inten­sité est suffi­sam­ment lié à l’opi­nion poli­tique pour être sensibles, surtout quand c’est lié à un sujet précis, et que derrière l’étude fait des clas­se­ments où elle indique que sauf quelques rares cas, les acteurs signi­fi­ca­tifs sont tous clas­sés dans trois sphères poli­tiques d’op­po­si­tion et pas affi­liés LREM.
    On donne des indi­ca­tions poli­tiques ou de réac­tion à des infor­ma­tions poli­tiques, même si c’est en préjugé et pas exact à 100%, ça quali­fie à-priori pour être une donnée sensible.

    Mais c’est une infor­ma­tion publique, que tu diffuses volon­tai­re­ment ! Oui, et ça ne retire en rien le fait que ce soit une donnée person­nelle (Je cite la CNIL « Peu importe que ces infor­ma­tions soient confi­den­tielles ou publiques ») et le cadre qui s’y rattache.
    Pour enfon­cer l’évi­dence : Le fait que des adresses email soit publiées quelque part n’au­to­rise pas un tiers à les récol­ter pour en faire un fichier diffé­rent avec une fina­lité diffé­rente. La situa­tion est simi­laire avec d’autres iden­ti­fiants que les emails.

    Est-ce un fichier de données person­nelles ? La remarque m’a un peu abasourdi mais elle a été faite. Physique­ment il s’agit d’un fichier, qui contient des données person­nelles. Pour la défi­ni­tion légale, le CIL du CNRS répond aussi « tout ensemble struc­turé de données à carac­tère person­nel acces­sibles ». Et ici le trai­te­ment et la présen­ta­tion de données nomi­na­tives sous forme de liste pour leur accès direct est l’objet même du fichier. Si celui-ci n’en était pas un, pas grand chose serait consi­déré comme fichier.

    Les auteurs sont belges, ça ne concerne pas la CNIL française ! Peut-être. Je ne fais que deman­der à mon auto­rité locale quels sont mes moyens d’ac­tion. Une bonne partie des règle­men­ta­tions sont euro­péennes donc tout à fait appli­cables aux belges. Heureu­se­ment pour nous, les fron­tières euro­péennes ne blan­chissent pas l’uti­li­sa­tion de données person­nelles
    Je ne suis cepen­dant pas caté­go­rique. On a une étude qui concerne essen­tiel­le­ment des français, sur un sujet de poli­tique française, destiné à des français. Le fichier de données person­nelles est lui même hébergé sur un site français (dl.free.fr) avec des serveurs français et une entité légale française. Dire que la loi française est inap­pli­cable ici me semble aller un peu vite (mais quand bien même, l’au­to­rité française pourra bien me répondre sur comment exer­cer mes droits vis à vis d’au­teurs belges — la ques­tion posée est d’au­tant plus légi­time.

    Tu as aban­donné tous tes droits à Twit­ter, c’est un problème entre toi et Twit­ter ! Non. Quand bien même j’au­rais auto­risé Twit­ter à lui-même auto­ri­ser ses parte­naires à faire ça (plus sur le sujet plus bas), le droit d’ac­cès et d’in­for­ma­tion persiste pour tous ceux qui traitent mes données. J’exerce ce droit direc­te­ment vis à vis de ceux qui diffusent le fichier. Twit­ter est tota­le­ment étran­ger à la ques­tion (et pour l’avoir fait par le passé avant que ça ne devienne à la mode ou que le RGPD n’existe, Twit­ter, eux, répondent très sérieu­se­ment à ce type de requêtes).

    Ok, mais du coup les auteurs de l’étude ont bien le droit de faire ça parce que tu as tout cédé à Twit­ter ! Non. J’ai cédé certains droits. Un re-parcours récent des CGU et privacy policy de Twit­ter ne me montre rien qui auto­rise ce type de diffu­sion par les parte­naires de Twit­ter. Avec le RGPD ce devrait pour­tant être simple à trou­ver puisque les diffé­rents tiers doivent être listés avec l’in­té­gra­lité des fina­li­tés, une à une. Je ne m’avan­ce­rai pas à dire que ça n’est pas présent, mais je n’ai pas trouvé. Vous êtes les bien­ve­nus à me détrom­per (même si ça ne change rien à la légi­ti­mité de mes demandes d’in­for­ma­tion).
    À noter que l’ac­tua­lité est taquine puisque l’UFC a juste­ment gagné un procès contre Twit­ter pour faire quali­fier comme abusives certaines clauses, dont juste­ment le trai­te­ment et la diffu­sion de données person­nelles, et le fait de consi­dé­rer que ces données sont. « publiques » par défaut.
    Tout laisse à penser que les auteurs de l’étude ont juste utilisé l’API publique de recherche (ils donnent même leurs critères) et s’il n’est pas anor­mal qu’ils puissent récu­pé­rer les messages et faire des analyses statis­tiques dessus, ça ne les auto­rise pas à en tirer des fichiers de données person­nelles et encore moins à les diffu­ser.

    Mais c’est pour la recherche, l’ar­ticle 5b du RGPD auto­rise ces fina­li­tés ! J’avoue que je ne connais pas tout le cadre de cette auto­ri­sa­tion, mais le fait de trai­ter les données n’au­to­rise pas forcé­ment le fait de diffu­ser ensuite un fichier de données person­nelles alors que ce fichier ne repré­sente ni les données d’ori­gine (ie: les para­mètres de recherche, et éven­tuel­le­ment par exten­sion la sauve­garde des résul­tats de la recherche) ni les données de résul­tat (ie: les statis­tiques et éven­tuel­le­ment le nomi­na­tif des quelques comptes parti­cu­liers qui pour­raient être cités unitai­re­ment dans l’étude).
    La fina­lité de recherche est au moins enca­dré par l’ar­ticle 89 qui dit préci­sé­ment cela. Il aurait au mini­mum fallu anony­mi­ser les données (ce qui leur aurait fait perdre le quali­fi­ca­tif de données person­nelles), et ce qui n’a pas été fait.

    D’autres études font cela ! Je n’en suis pas si certain. Je suis curieux sur d’autres études euro­péennes récentes (post-RGPD) qui diffu­se­raient ainsi publique­ment des fichiers de données person­nelles (non anony­mi­sées) avec des infor­ma­tions sensibles, et ça sans l’ac­cord des concer­nés.
    Et quand bien même, si l’ar­gu­ment « d’autres le font » était légi­time, nos tribu­naux pour­raient immé­dia­te­ment fermer.

    Mais c’est une étude sérieuse ! En fait non. Au point qu’ils ont quali­fié dans leurs sources de désin­for­ma­tions une infor­ma­tion réelle et recon­nue comme telle (oui la voiture avait des giro­phares). Les critères pris et leur sélec­tion, les inter­pré­ta­tions faites, tout semble du travail rapide et sans grande valeur. Ne parlons même pas de revue par des pairs.
    Il y a surtout une « étude » qui est desti­née à faire la une pour servir de vitrine média­tique et deman­der des subven­tions, avec des choses qui buzzent un peu comme « les russes ». Mis à part pour l’uti­li­sa­tion du logi­ciel qui traite les données ensuite, il n’y a pas grand chose.
    Les études sérieuses font d’ailleurs à priori très atten­tion aux ques­tions d’ano­ny­mi­sa­tion, parce que ça fait partie du métier. Pas ici.
    Et quand bien même, ça n’au­to­rise pas tout, et ça ne délé­gi­time certai­ne­ment pas une demande d’in­for­ma­tion.

  • [Voca­bu­laire] le mentor et le …

    Comment nommer l’in­ter­lo­cu­teur du mentor ?

    Je voulais éviter les termes élève ou appre­nant qui me semblaient trop scolaires. Le mentor n’est pas un forma­teur mais un accom­pa­gna­teur. J’aime l’idée qu’on est en appren­tis­sage perma­nent mais je sais aussi bien l’image que ces termes vont donner chez des gens qui n’ont pas ce recul.

    Plus géné­ra­le­ment, je voulais éviter les termes qui laissent penser à un faible niveau de compé­tence pour la personne en face du mentor. Dans mon esprit un expert tech­nique reconnu inter­na­tio­na­le­ment peut tout à fait avoir un mentor (et pas forcé­ment un plus expert d’ailleurs). Les termes d’apprenti ou de stagiaire me gênent à ce niveau.

    Je veux aussi abso­lu­ment éviter les termes qui induisent une rela­tion de subor­di­na­tion forte. Ce n’est pas ma vision de la chose. Le terme de disciple me fait immé­dia­te­ment penser à la bande dessi­née Léor­nard avec le génie et son disciple proche de l’es­clave. Acolyte n’est que légè­re­ment mieux. 
    Protégé
    est mieux mais on risque d’en­trer dans le pater­na­lisme qui n’est pas forcé­ment de bon aloi, avec le risque de carré­ment infan­ti­li­ser sans le vouloir.


    Pour l’ins­tant il me reste pada­wan, qui doit être compris de tout le monde dans le métier mais j’avoue que j’au­rais aimé me sépa­rer des envi­ron­ne­ments de ninjas, rocks­tars et autres jedi. En être réduit à prendre un terme à partir d’une fiction de guerre des étoiles me semble hallu­ci­nant.

    On me propose mentoré, un peu par défaut. Je me vois bien utili­ser ce terme dans une thèse ou un article scien­ti­fique, proba­ble­ment moins dans le langage de tous les jours, et pas quand la personne est proche. Quitte à utili­ser ce type de formu­la­tion, on me propose accom­pa­gné qui est peut-être plus joli car plus usuel.

    Il y a aussi condis­ciple et compa­gnon. Même si on perd la notion de mento­rat, compa­gnon est encore ce que j’ai trouvé de mieux, sans que cela ne me convienne vrai­ment (et puis, ça se fémi­nise comment compa­gnon ?). Il y a une notion de commu­nauté, j’y colle (peut-être à tort) une image d’entre-aide et d’ap­pren­tis­sage perma­nent quand c’est dans un contexte profes­sion­nel arti­san.

    Quitte à rester dans cette méta­phore, affi­lié pour­rait éven­tuel­le­ment conve­nir. Dans le compa­gno­nage c’est celui qui a fini son appren­tis­sage et qui est inté­gré à la commu­nauté mais toujours consi­déré comme en perfec­tion­ne­ment. On a une proxi­mité avec la notion de filia­tion profes­sion­nelle qui ne me déplait pas. Il reste que l’affi­lié n’est pas un compa­gnon à part entière, donc je garde­rai donc proba­ble­ment compa­gnon rien que pour ça.

    Avez-vous d’autres propo­si­tions ? (je mettrai à jour le billet)

  • « tu » ou « vous »

    Jeune, on m’a appris qu’on vouvoie les gens avec qui on n’a pas de rela­tion proche, une façon de montrer le respect.

    C’est en réalité moins relui­sant. On tutoie les enfants voire les plus jeunes. À l’in­verse on doit le vouvoie­ment à quelqu’un de bien plus âgé, à un supé­rieur hiérar­chique, à un élu ou repré­sen­tant quel­conque, à un méde­cin, à un préposé admi­nis­tra­tif à qui on demande quelque chose, et globa­le­ment à quiconque a une auto­rité ou un pouvoir sur nous.

    Ce n’est pas tant du respect que de la défé­rence et de la subor­di­na­tion, voire un rapport de domi­na­tion. Si c’était simple­ment du respect, on vouvoie­rait les amis les plus proches.

    Dans un échange c’est d’ailleurs toujours celui qui a l’au­to­rité qui a le droit de propo­ser le passage au tutoie­ment, l’op­posé serait malvenu. Il s’agit un peu de dire « je t’au­to­rise à me tutoyer [pauvre manant] ».


    Le truc c’est que la hiérar­chie ce n’est pas ma tasse de thé.


    Dans certains milieux le vouvoie­ment semble la règle. J’ai par exemple cru comprendre que les équipes de restau­ra­tion et d’hô­tel­le­rie se vouvoient au travail même quand ils se connaissent person­nel­le­ment.

    Dans le milieu infor­ma­tique ça semble l’op­posé. Le tutoie­ment est plutôt la norme. Le milieu star­tup en fait une règle quasi abso­lue, même si c’est souvent pour de mauvaises raisons (l’image moderne, jeune, cool et tous copains que certains veulent se donner pour des raisons marke­ting).

    Le résul­tat c’est qu’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais vouvoyé personne dans les entre­prises où j’ai été, DG et action­naires inclus. Ça n’était juste pas un sujet. On bosse ensemble ou on est amené à le faire alors on se tutoie.

    J’ai parfois vouvoyé des clients ou des pros­pects, mais proba­ble­ment très rare­ment des gens dans les divi­sions tech­niques, direc­teurs compris. En fait même les direc­tions géné­rales se tutoient assez faci­le­ment, y compris pour des grandes entre­prises très clas­siques. Ceux que j’ai tendance à vouvoyer sont plutôt les commer­ciaux et DRH, et pour les premiers c’est proba­ble­ment une marque de défiance ou de distance de ma part.


    Bref, j’ai du rédi­ger des annonces de recru­te­ment aujourd’­hui. Le « vous » me gênait pour la distance qu’il mettait, qui me semblait fausse vis à vis de mon expé­rience. C’était un peu prendre une posi­tion d’au­to­rité et de domi­na­tion alors que je n’ai jamais conçu la colla­bo­ra­tion profes­sion­nelle ainsi. Indé­pen­dam­ment de moi, ça ne me semblait pas reflé­ter la réalité des rela­tions dans l’en­tre­prise.

    Il reste que le « tu » des star­tups m’a tué, ce « tu » qui parle de baby­foot et fait semblant qu’on soit de vieux copains de skate­board et de concerts de métal alors que c’est une personne du marke­ting qui écrit les lignes après avoir lu des livres genre « la géné­ra­tion Y » en croyant que ça attire les jeunes.

    Bref, j’ai tout sauf envie de ressem­bler à ce « tu » star­tup, et visi­ble­ment c’est aussi lui qui semble repous­soir pour une partie des déve­lop­peurs qui m’ont aidé à choi­sir la bonne tour­nure. Je suis repassé au « vous », quitte à utili­ser un style très détendu autour de ce « vous ».

    Peut-être que je deviens vieux.


    Où est-ce que vous vous situez là-dedans de votre côté ? Quelle est la tour­nure que vous utili­sez au jour le jour quand vous n’avez ni rela­tion de proxi­mité ni rela­tion hiérar­chique ou de pouvoir ?

  • [Lecture] Colo­nies et nazisme

    [C]e formi­dable déve­lop­pe­ment techno-scien­ti­fique a produit une puis­sance jusque-là incon­nue qui a permis le déchaî­ne­ment de la colo­ni­sa­tion grâce aux armes à feu, et cette domi­na­tion sur le monde s’est faite non au nom de la problé­ma­ti­sa­tion mais de la néga­tion de la culture d’au­trui, au nom de la supé­rio­rité de la race blanche euro­péenne, supé­rio­rité qui a dominé toute l’his­toire de l’Eu­rope.

    L’ur­gence et l’es­sen­tiel, Edgar Morin

    À médi­ter, à l’heure où on a trop vite l’im­pres­sion que le nazisme de la seconde guerre mondiale est une atro­cité ponc­tuelle alors que c’est un mode de fonc­tion­ne­ment continu de notre conti­nent (au moins de celui-ci) depuis bien bien long­temps.

    Je n’avais jamais envi­sagé les choses sous cet angle. Et si le capi­ta­lisme n’était qu’une suite de cette « néga­tion de la culture d’au­trui » au nom de la supé­rio­rité de la race riche ?

    Colo­nies et nazisme, David Larlet

    Réflexion avec beau­coup d’écho chez moi quand je vois le trai­te­ment de l’im­mi­gra­tion actuelle mais aussi la consi­dé­ra­tion qu’ont ces gouver­ne­ments élitistes pro-écono­mie pour les gens qui n’ap­par­tiennent pas à leur caste, et l’op­pres­sion quoti­dienne qui en découle.