Archives pour la catégorie Technique

Faire table rase, et cacher le passé

C’est malheureusement habituel, mais je ne peux m’empêcher de secouer la tête à chaque fois.

Le gouvernement ou l’élu change, la première action publique juste après la conférence de presse est toujours supprimer très très vite le site web précédent pour mettre quelque chose de neuf, quasiment vide au départ.

La première. C’est urgent.  Pas juste mettre une nouvelle version, changer les noms, biographies et attributions, mais supprimer le contenu du précédent. Qu’on fasse semblant de ne pas savoir qu’il y avait un précédent. Qu’on retire toute référence à ce qu’il a fait.

Vous voulez référencez un contenu publié par l’ancien président, l’ancien gouvernement ? oubliez, il a été supprimé. Dans le meilleur des cas il sera remis en ligne ailleurs, bien caché dans des archives et sans redirection à partir de l’ancienne adresse.

Il est hors de question que le site puisse parler d’autre chose que LE nouveau président ou LE nouveau gouvernement et faire de l’ombre à leur personne. Vous devriez avoir honte d’y avoir pensé.

Même si on n’a aucun contenu à y mettre et juste un PDF à lier en page d’accueil, même quand il y a continuité dans le gouvernement avec la même couleur politique et nombre d’inchangés, même les pages d’aides, même les pages sur les institutions elles-mêmes, non, on supprime tout.

On peut rigoler, expliquer, justifier, personnellement je n’y vois qu’une personnification désastreuse des élus. Ils n’endossent pas un rôle ou ne prennent pas une charge, ils deviennent le nouveau roi. Il est temps d’arrêter tout ça. Le SIG joue le jeu, et c’est bien dommage (désolé, je ne peux pas faire de lien vers la page web du SIG, elle a été supprimée avec tout le reste, elle était sur l’ancien site du gouvernement…).

Talents publicitaires – startup

Quelle honte d’accorder 33% de son revenu à son espace de vie. À l’éducation que l’on a reçu, aux soins dont on bénéficie. Mais rassurez-vous, vous pouvez en être dispensé grâce au fabuleux statut de JEI qui fait pâlir d’envie outre-atlantique

[...]

Et cerise sur le gâteau, on peut virer ses salariés dans les 6 mois sans aucun risque. Sous réserve de rester en-dessous des 50 salariés (excluant les stagiaires bien entendu). Et puis un développeur français est si peu cher, pourquoi s’en priver ?

Voilà, Tariq, les talents français du code sont au mieux de la chair à canons publicitaires US

Voici la meilleure réponse à l’article du NewYork Times. Parce que oui, la France est attractive pour des startup. Les 33% de cotisations sociales ne sont en réalité pas payées par les JEI, et la prétendue rigidité des contrats de travail ne l’est pas tant que ça. Factuellement la plupart des études mettent la France comme bien moins chère pour les startup technos que les US ou Londres.

D’autres ont fait des réponses sur les critères financiers (pas de meilleure foi) mais on tape à côté. Pourquoi est-il si choquant de payer 30% du salaire en retraite, assurances et santé ? C’est encore plus crétin quand on compare avec des pays où ces frais sont décomptés du salaire net que reçois le salarié au lieu d’être pris plus haut au niveau de l’employeur.

Mais même en dehors de la comparaison, nous devrions être heureux d’avoir un tel équilibre. Comment est-on arrivés à s’enorgueuillir de ne pas payer de prestations sociales, d’échapper à l’impôt collectif, de payer moins cher nos développeurs ou de pouvoir les virer facilement ? Est-ce vraiment de ça que le monde a besoin ? L’innovation et les nouvelles technos ne savent-elles se développer que sur ce terreau ? Si vous répondez « oui » alors il faut vite arrêter ce désastre.

D’autant que c’est juste crétin. Si Google ou Github attirent autant c’est par l’environnement qu’ils offrent (ou offraient). Sur le campus il y a tout ce qu’il faut, au restaurant d’entreprise on fait venir les meilleurs chefs, l’espace de travail est large, éclairé, attirant, en interne on glorifie ceux qui agissent et renforce les développeurs.

Ici on se fait concurrence au moins disant social, on abaisse les développeurs à de l’exécution technique, on leur retire l’idée qu’ils peuvent être le moteur.

Ce n’est pas d’un Github à la française dont nous avons besoin, mais d’une multitude de projets citoyens. Pour créer du lien social, du lien inter-générationel, du lien local, du lien politique. Pour se sentir utile en tant que développeur, pour se sentir agile en tant qu’humain.

Notre objectif ne doit pas être de créer des sociétés de 50 milliards et de copier le voisin en étant plus profitable ou plus gros financièrement. L’innovation se nourrit du lien, de l’utilité, d’une culture. La réduire à son sens économique et aux copy-cat ne ne mènera nulle part.

Il y a une culture à avoir, et ce n’est pas une culture business, c’est une culture de l’utilité, de collaboration sociale. On ne la créera pas en jouant à celui qui propose le moins au niveau social pour un meilleur profit des investisseurs.

À lire entièrement : Talents publicitaires de David Larlet

Sur-Javascript

J’avais regardé CoffeeScript il y a longtemps, mais sans être convaincu. Si j’ai besoin de faire du Javascript, je fais du Javascript. Coffee apporte bien des améliorations sur la syntaxe, mais le langage n’est lui-même pas parfait et je doute que le rapport bénéfice/coût soit très élevé.

J’en ai à peu près autant au service de Dart même si, sans réellement percer pourquoi, j’ai l’impression qu’ils ont réussi à mieux se détacher de Javascript, et donc avoir un vrai langage distinct qui « compile » du Javascript (c’est bien l’esprit de Coffee aussi, mais je n’ai pas eu ce ressenti).

Je suis probablement plus ouvert à TypeScript ou Traceur, qui sont plus proches du langage d’origine et dont les objectifs et syntaxes sont presque « le prochain Javascript ». On a plutôt une couche de compatibilité arrière, et c’est un bon système.

L’impression que ça donne est tout de même qu’ils ont fait leurs propres extensions qui n’appartiennent qu’à eux.

Est-ce qu’on a quelque part un projet similaire, qui implémente un maximum de nouveautés des futurs EcmaScript mais qui évite d’ajouter trop de syntaxes divergentes au cœur du langage ?

Quelles sont vos expériences avec l’un ou l’autre de ces systèmes ?

The startup freelancer

Partage de lecture:

I decided to stop doing the office job thing and started doing exactly what I want with my time, seven days a week.

[...]

I’m also a freelance programmer. I help early stage startups get their MVPs out the door. That means I get involved when the first server needs to be set up, the first database installed, the first repo created and the first line of code hastily banged out. There’s something about those first moments of a startup’s existence that is hard to reproduce – the thrill of a newborn idea coupled with the urgency of the penniless.

The startup freelancer – Vassili van der Mersch

Documentation PHP

Quelques (nombreux) écrans de présentation de Willian Durand à propos de PHP

Je ne sais pas à qui est destiné cette documentation, mais c’est un boulot énorme et très bien fait de collecte, analyse et présentation des bonnes pratiques. Vous devriez passer dessus et prendre du temps à lire même si vous travaillez déjà avec PHP au jour le jour.

Pour m’être frotté à ce genre d’exercice, j’ai rarement vu un résultat aussi bon.

Il y a une version pour la suite qui parle plus particulièrement de Symfony, mais moins essentielle à mon avis.

Offshore & startup

Je recherche des startups Europe/US dont une partie de l’équipe technique a été basée hors Europe/US pour des raisons de coûts.

  • Est-ce que ça existe ? Vous avez des noms ?
  • Si vous l’avez vécu (quel que soit le côté), quelles en ont été les enjeux, les difficultés et les résultats ?
  • Si vous avez choisi de ne pas le faire, pourquoi ?

Note : Je ne parle pas de régie offshore mais bien de gens internes à la startup.


I am looking for European/US startups in which part of the team has been located outside Europe/US to lower the costs.

  • Did you heard about such experiences ? Do you have names ?
  • If you lived it  (whatever the side), what where the stakes, the difficulties and the results ?
  • If you choose not to go this way: why ?

Note: I am not talking about offshore contracting but about people who are direct employees of the startup

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Merci (et bonne année)

Les rituels de bonne année ou de bon anniversaire m’indiffèrent pleinement. Je me plie généralement au dernier mais essentiellement pour ne pas donner l’impression de faire la tête.

Et si je disais merci plutôt ?

Je critique et vois facilement les points négatifs, au point parfois de ne parler que des détails qui me gênent au lieu de faire un gros merci ou de gros louanges pour le réalisé.

Alors voilà, c’est un peu l’occasion.

Merci Mozilla d’exister et d’avoir changé le web tel que nous le voyons. Merci Tristan d’y avoir énormément contribué à un moment où c’était un acte de foi.

Merci au groupe des fondateurs d’OpenWeb, pour ce site mais aussi pour plein d’autres projets. Ces gens là se mettent peu en avant mais sont à l’origine de beaucoup de choses en France au niveau de l’état de l’art des pratiques web et de leur diffusion. On en retrouve d’ailleurs chez les membres de Pompage, ce n’est pas pour rien.

Merci à Stéphane pour avoir lancé l’initiative Paris Web et l’avoir autant portée. Merci à ceux qui les ont suivi. J’ai envie de nommer particulièrement Corinne, Sébastien et Julien mais je sais que d’autres le méritent tout autant dans l’équipe.

Merci à Karl qui, même s’il s’en défendra, est un indispensable de cette communauté et a inspiré beaucoup de personnes. Il a souvent joué sans le savoir le rôle d’amer lors de mes navigations sur le web.

Le web qui m’entoure, le web qui m’inspire, ils y ont largement contribué. Il en manque beaucoup mais plus j’en cite et plus je m’en voudrai pour ceux que j’oublie. J’ai quand même envie d’ajouter Daniel, Elie et Muriel à titre plus personnel, parce qu’ils le méritent bien.

Merci (et bonne année)