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Architectures ouvertes Réseaux et Internet

États-Unis : victoire cruciale pour la neutra­lité du Net

Les cinq commis­saires qui dirigent la FCC ont consi­déré par trois voix contre deux que l’In­ter­net améri­cain devait désor­mais être consi­déré comme un « bien public » au même titre que le réseau télé­pho­nique, ce qui donne à la Commis­sion le pouvoir de faire appliquer la neutra­lité d’In­ter­net sur le terri­toire améri­cain.

[…] La Commis­sion peut désor­mais inter­dire aux four­nis­seurs d’ac­cès à Inter­net de bloquer arbi­trai­re­ment des conte­nus légaux, de ralen­tir ou d’ac­cé­lé­rer les flux de données sans justi­fi­ca­tion ou de prio­ri­ser certains conte­nus tran­si­tant par leur réseau moyen­nant paie­ment.

C’est encore plein de détail, le combat est loin d’être fini, et n’a même qu’à peine commencé en Europe, mais c’est la bonne nouvelle de la semaine. Très impor­tante pour l’ave­nir.

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Architectures ouvertes Réseaux et Internet

Trois choses sur lesquelles vous devriez copier Google

  • Takeout : Pouvoir télé­char­ger toutes vos données dans un format stan­dard via un gros fichier zip.
  • Vali­da­tion en deux étapes : La possi­bi­lité d’im­po­ser un aller-retour par SMS ou l’uti­li­sa­tion d’une appli­ca­tion smart­phone en plus du mot de passe, pour sécu­ri­ser correc­te­ment votre compte.
  • Gestion­naire de compte inac­tif : Un système pour donner accès à vos données à une personne dési­gnée à l’avance si jamais votre compte devient inac­tif trop long­temps (avec une alerte pour vous permettre d’an­nu­ler l’opé­ra­tion juste avant qu’elle inter­vienne).

Parce que pouvoir critiquer ce qui ne va pas implique aussi de pouvoir montrer ce qui est bien fait.

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Culture Geek Numérique Réseaux et Internet

Archi­ver le web

J’adore le prin­cipe de la wayback machine de l’ini­tia­tive Inter­net Archive. Ils indexent le web et gardent une archive des versions rencon­trées. On peut revoir les conte­nus qui ont disparu du web, ou consul­ter des anciennes versions de conte­nus qui ont changé entre temps.

Et si on réuti­li­sait l’ini­tia­tive à titre person­nel ? Pouvoir retrou­ver les conte­nus déjà visi­tés, même s’ils ont été reti­rés ou ont été amen­dés. Avec un peu de bidouille on pour­rait même recher­cher à travers nos archives.

C’est ce que propose l’IIPC avec le projet open­way­back. Pour ceux qui ne veulent pas utili­ser pywb.

Je pense de plus en plus à me consti­tuer mon archive : Au moins avec les pages que je mets en favori, celles que je lie à partir de mon blog, les liens que j’en­re­gistre dans Pocket, que je lis dans mon flux Twit­ter ou que j’y pose moi-même. Peut-être même que ça vaudrait le coup d’en­re­gis­trer tout ce qui passe dans mon histo­rique de navi­ga­tion.

Pour l’ins­tant je n’ai jamais sauté le pas, mais est-ce si complexe ? pas certain. Il suffi­rait d’un peu de temps, d’un peu de code et de stockage en assez grande quan­tité. Rien d’in­fai­sable.

Entre temps, d’autres se mettent en tête d’ar­chi­ver le web, tout le web. Rien que ça. L’In­ter­net Archive n’est qu’une compo­sante parmi d’autres reliées grâce à Memento. L’Archive Team fait un travail paral­lèle : Eux réus­sisent à archi­ver les conte­nus de quelques services en vue avant qu’ils ferment, les conte­nus des redi­rec­teurs d’URL, et même les conte­nus FTP.

Le web gros­sit à une vitesse formi­dable mais les possi­bi­li­tés de stockage restent suffi­sam­ment impor­tantes pour qu’ar­chi­ver le web soit du domaine du possible.

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-ND par Pietro­mas­simo Pasqui

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Fournisseurs d'accès Internet

Termi­nai­son d’ap­pel et débit asymé­trique

Je ne sais pas où ça a commencé mais il y en a un qui mérite des baffes. Fiction.

Hier le rapport de force a pris un tour­nant inat­tendu. Youtube a coupé l’ac­cès aux abon­nés SFR, ou plutôt a telle­ment ralenti les débits qu’il est impos­sible de regar­der une vidéo.

Le distri­bu­teur de vidéo se plaint d’un nombre gran­dis­sant de requêtes venant de SFR, nombre qui dépas­se­rait le raison­nable. La tension est montée à un niveau insou­te­nable il y a plusieurs mois, date à laquelle les abon­nés fibre SFR ont pu télé­char­ger à 1 Gb/s.

Décryp­tage : Quand vous regar­dez une vidéo sur Youtube, SFR demande la vidéo à Google et la trans­met direc­te­ment à l’abonné – actuel­le­ment sans rien payer pour l’ac­cès à la vidéo.

Non seule­ment le nombre de requêtes augmente mais en plus avec la fibre ce sont des vidéos très haute qualité qui sont deman­dées, très goinfres en bande passante. Le cas des mobiles avec une connexion inter­mit­tente et de faible qualité pose aussi problème.

Youtube rappelle qu’il gère un service gratuit, déjà défi­ci­taire, avec « un réseau que SFR conti­nue à surchar­ger sans y contri­buer finan­ciè­re­ment ».

L’abon­ne­ment inter­net SFR clas­sique coûte 29,90 € par mois et monte jusqu’à 45 € par an. Aucun rever­se­ment n’est fait aux diffé­rents four­nis­seurs de services et conte­nus qui enri­chissent la plate­forme, lais­sant ces derniers finan­cer seuls rede­vables des coûts d’in­fra­struc­ture et de bande passante néces­saires.

Rien que pour Youtube – prin­ci­pal appor­teur de contenu des FAI – on a estimé le coût de bande passante à 400 millions en 2010. Ce coût a augmenté expo­nen­tiel­le­ment depuis.

Faut-il impo­ser aux FAI une contri­bu­tion aux gros four­nis­seurs de services pour payer la bande passante et les conte­nus ? Le modèle de la contri­bu­tion des chaînes de télé­vi­sion aux studios de cinéma a déjà été évoqué.

Les FAI qui veulent faire payer les gros four­nis­seurs de contenu à cause du trafic injecté dans leur réseau se tirent une balle dans le pied. Ils oublient que le rapport de force n’est pas forcé­ment à leur avan­tage sur le long terme, et que la situa­tion peut tout à fait s’in­ver­ser à l’ave­nir.

En fait ça commence déjà : Les ayants-droits cherchent déjà à impo­ser une contri­bu­tion obli­ga­toire aux FAI pour « parti­ci­per à la créa­tion des conte­nus qui enri­chissent leurs offres »

Ne pas oublier que quand Youtube « injecte » du trafic dans le réseau du FAI, c’est en fait qu’il répond à une requête du réseau du FAI. S’il y en a un des deux de respon­sa­ble…

Photo d’en­tête sous licence CC BY-NC-SA par Hendrik Terbeck

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Réseaux et Internet

Justice folle sur le numé­rique

Notre justice est folle. Bon, celle des US, mais ça aurait pu se passer ici.

No-ip est un service qui permet à des inter­nautes de donner un nom public à leurs machines person­nelles pour pouvoir y accé­der faci­le­ment depuis Inter­net. On parle de millions d’uti­li­sa­teurs.

Ce service a été anec­do­tique­ment utilisé par des logi­ciels malveillants pour infec­ter des machines sous Micro­soft Windows.

Réac­tion : Micro­soft s’adresse à la justice pour faire cesser le problème (plus exac­te­ment ici : filtrer les accès malveillants et réus­sir à en tracer l’ori­gine). La justice lui délègue tota­le­ment la gestion des noms de domaine No-ip corres­pon­dants.

Bien entendu Micro­soft n’a pas eu l’in­fra­struc­ture suffi­sante pour gérer le trafic et le service No-ip s’est partiel­le­ment écroulé, lais­sant les utili­sa­teurs dans le noir.

À vrai dire tout se serait bien passé que le scan­dale serait quand même là. La justice vient de donner à Micro­soft, qui n’est pas ciblé par les attaques infor­ma­tiques mais unique­ment concerné indi­rec­te­ment parce que ça exploite des failles de son OS, l’ac­cès aux noms de domaine d’une société tierce à qui on ne reproche rien.

Avec ça Micro­soft contrôle (et ici a fait s’écrou­ler) le busi­ness d’un tiers, peut en tracer le volume, les clients, les services utili­sés, etc. Sans compen­sa­tion aucune.

Tout ça sans même avoir contac­ter No-ip pour tenter de résoudre le problème en colla­bo­ra­tion initia­le­ment.

Vous avez un .com ? prenez peur.

 

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Réseaux et Internet

John Oliver (HBO) – Neutra­lité du net

Ok, le ton est humo­ris­tique, et pas des plus fins, c’est déli­rant, ridi­cule, mais au final il y a des éléments sérieux et c’est un des meilleurs argu­men­taires que j’ai vu sur la neutra­lité du net.

Ça se regarde jusqu’au bout.

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Réseaux et Internet

Diffé­ren­cier le trafic pour créer de la valeur – le réseau auto­rou­tier

Les jour­na­listes râlent encore sur l’en­com­bre­ment des réseaux auto­rou­tiers. Marron­nier. Évidem­ment il est hors de ques­tion d’aug­men­ter encore les tarifs des usagers.

Vinci est créa­teur de 7500 emplois directs, les Auto­routes Paris-Rhin-Rhône plus de 4500, et ce ne sont que deux des conces­sion­naires du réseau auto­rou­tier. Tout ça fait vivre autant de personnes sur les commerces et sur l’éco­no­mie géné­rée aux alen­tours. C’est aussi par l’au­to­route que sont désen­cla­vées nombre de petites villes qui sinon dépé­ri­raient. Faut-il mettre tout ce monde au chômage sur l’au­tel d’un concept théo­rique ?

Les asso­cia­tions se sont en effet oppo­sés à la segmen­ta­tion fine du trafic auto­rou­tier. Créa­teur de valeur pour les conces­sions d’au­to­route, ce système aurait pour­tant permis de géné­rer un revenu supplé­men­taire signi­fi­ca­tif.

Merce­dez-Benz est en effet l’ori­gine de 20% du trafic auto­rou­tier poids-lourd à lui tout seul, le trafic le plus encom­brant pour le réseau. Le construc­teur profite sans gêne de nos infra­struc­tures pour vendre ses camions. Il est évident que les conces­sion­naires d’au­to­route ne peuvent pas conti­nuer à finan­cer seuls l’évo­lu­tion du réseau auto­rou­tier alors que les étran­gers qui y injectent du trafic n’y contri­buent en rien.

La solu­tion tout le monde la connait : Faire du trafic diffé­ren­cié et canton­ner les véhi­cules de Merce­dez à la voie la plus à droite et à une seule file au barrières de péages. Le construc­teur devra payer l’opé­ra­teur auto­rou­tier pour un accès plus perfor­mant, et contri­buer ainsi au paie­ment des infra­struc­tures.

Ce système vien­drait en renfor­ce­ment des offres à valeur ajou­tée pour les usagers : Des accès privi­lé­giés ont déjà été mis en œuvre via les télé­badges qui permettent de passer par des files prio­ri­taires dans les barrières de péage. On réflé­chit à étendre ce système pour permettre à des profes­sion­nels de sauter les bouchons via la bande d’ar­rêt d’ur­gence sous réserve de sous­crip­tion à un abon­ne­ment spéci­fique, ou d’ache­ter une exten­sion « Accès prio­ri­taire Merce­dez » pour ne plus être limité à la voie de droite.

Les asso­cia­tions idéa­listes crient à l’at­teinte à la neutra­lité mais ces dernières n’ont rien compris à l’éco­no­mie, à la confron­ta­tion entre notre réseau auto­rou­tier financé en partie par l’État et les usagers, et entre les gros construc­teurs étran­gers qui en profitent sans y contri­buer. Il est temps d’ar­rê­ter avec ces concepts théo­riques et de prendre pied dans la réalité. Lais­sons les opéra­teurs d’au­to­route créer de la valeur.

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Démocratie et institutions Numérique Réseaux et Internet

Éton­nant l’es­pion­nage, vrai­ment ?

Ces jours ci on apprend que la NSA aurait un accès sur les données de Google, Apple, Yahoo, Micro­soft, Face­book et d’autres via un projet nommé PRISM.

Je trouve très hypo­crite tous ces gens qui se disent éton­nés et d’un coup scan­da­li­sés.

Qui n’a pas entendu parler d’Eche­lon ? Même Jean-Pierre Pernot a du en parler à l’époque. Quel infor­ma­ti­cien un peu âgé et travaillant dans les réseaux n’a pas entendu parler de Carni­vore ? Quel geek n’a pas entendu parler de la pièce 614A utili­sée par la NSA au milieu de AT&T ? Quel infor­ma­ti­cien de plus de 30 ans n’a pas entendu parler de la polé­mique sur la clef NSA dans Micro­soft Windows ?

Que les USA fouillent dans les commu­ni­ca­tions en ligne, ce n’est même plus un sujet. D’ailleurs les autres pays non plus. On peut parler du Great Fire­wall of China, mais aussi de Amesys en Libye, la Suède, la Suisse, et bien entendu la France. En fait quasi­ment tous les pays espionnent les commu­ni­ca­tions en ligne à leur niveau. Notre pays est même à la pointe sur ce genre d’outils d’in­ter­cep­tion à l’échelle de pays entiers.

L’in­ter­cep­tion des lignes télé­pho­niques est main­te­nant presque un outil du passé. Qui croit vrai­ment que les États n’ont pas fait évoluer leurs outils ? Aujourd’­hui les polices et agences de rensei­gne­ment ont très offi­ciel­le­ment des batte­ries de virus et autres enre­gis­treurs de frappe. Il y a même des lois pour cadrer tout ça (au moins aux USA, en France et en Alle­magne, mais proba­ble­ment aussi partout ailleurs).

Bref, oui c’est grave, oui il faut lutter, mais faire semblant de décou­vrir que les données privées sont proba­ble­ment inter­cep­tées, c’est juste hypo­crite. La seule chose qui change aujourd’­hui c’est que nous avons un nom et des éléments pour poser des ques­tions formelles.

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Architectures ouvertes Geek Réseaux et Internet Vie personnelle

À quoi ça sert

Quand vous aurez tous vos conte­nus sur Amazon, toute votre commu­ni­ca­tion sur Google et toutes vos rela­tions sur Face­book, et que deux ans après l’un des trois ou les trois vous dit « vous signez ici ou vous aban­don­nez tout ce que vous avez », il sera un peu tard.

Ce scéna­rio n’est même plus de la prédic­tion, c’est le présent et ça a déjà commencé. Le billet précé­dent sur la messa­ge­rie instan­ta­née n’est qu’une anec­dote, mais qui fait partie d’un mouve­ment de fond bien puis­sant.

Ce qui m’agace le plus c’est que les gens laissent faire, et même semblent ne pas s’en préoc­cu­per.

Parfois j’ai presque envie de lais­ser tomber le web à tel point je me dis « c’est foutu les gens s’en moquent ».

J’ai l’air bien beau à résis­ter en contrô­lant mes adresses et mes iden­ti­fiants avec mon nom de domaine, voire mes services sur mon serveur perso. C’est utile pour moi mais ce n’est acces­sible qu’à une mino­rité. Mener le combat seul ne sert à rien : Si vous vous êtes tous vendus, alors pour conti­nuer à vivre en rela­tion avec vous je n’ai d’autre choix que de faire de pareil.

Seuls nous n’avons quasi­ment aucune chance de propo­ser une alter­na­tive, pour­tant c’est juste essen­tiel pour nous, notre avenir, et celui de nos enfants. Si ça vous parait encore être une « grande phrase », c’est que vous ne réali­sez pas encore ce qui se joue aujourd’­hui.

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Architectures ouvertes Geek Réseaux et Internet

Messa­ge­rie instan­ta­née et jardins fermés

Je suis très pessi­miste sur les évolu­tions récentes dans la messa­ge­rie instan­ta­née.

Le mieux

Pendant un temps ça s’est un peu amélioré. Les non-tech­ni­ciens ne le voyaient pas mais on a commencé à ouvrir un peu les réseaux. Le proto­cole ouvert et stan­dar­disé XMPP s’est plus ou moins imposé comme base, et Jabber (le réseau des serveurs XMPP ouverts) commençait à prendre pas mal d’im­por­tance.

Apple iChat, Google et même MSN savaient désor­mais plus ou moins commu­niquer entre eux via ce proto­cole, éven­tuel­le­ment avec quelques arti­fices. Chacun pouvait aussi monter son propre sous-réseau chez lui ou dans son entre­prise, avec sa propre adresse, et commu­niquer avec les gros réseaux de façon trans­pa­rente. Même Skype avait annoncé déve­lop­per un connec­teur pour la partie texte de sa messa­ge­rie. AIM avait de plus commencé à s’ou­vrir au réseau de Google, ce qui était un premier pas.

Mais ce n’est pas tout : AIM, ICQ, Yahoo! Face­book et bien d’autres ont migré vers ce même proto­cole.Même si leurs réseaux restent isolés les uns des autres, il était possible d’uti­li­ser le même proto­cole et donc d’avoir des appli­ca­tions qui faisaient tout. C’était encore loin d’être idéal, parfois les fonc­tion­na­li­tés avan­cées des diffé­rents réseau n’étaient pas gérées, et pour certains l’im­plé­men­ta­tion était expé­ri­men­tale ou en déve­lop­pe­ment, mais la direc­tion était plus qu’en­cou­ra­geante. Même twit­ter avait une inter­face avec le proto­cole XMPP pour certains flux.

Les appli­ca­tions Pidgin et Adium permet­taient ce qui manquait encore, en implé­men­tant tous les proto­coles prin­ci­paux. Sous réserve d’avoir un compte sur chaque réseau il était possible de centra­li­ser toute la messa­ge­rie sur une seule appli­ca­tion et de ne pas se préoc­cu­per de savoir qui est sur quel réseau (ou même qu’il existe diffé­rents réseaux).

Il n’y a presque que Skype qui restait dans son coin mais, au moins dans nos pays, il était quasi­ment exclu­si­ve­ment utilisé pour la voix, pas pour la messa­ge­rie instan­ta­née.

Et le moins bien

Malheu­reu­se­ment le « je veux mon réseau social comme Face­book » semble être à la mode et on a tout détri­coté tout juste quelques mois.

Twit­ter ? Ils ont fermé leur inter­face XMPP, et les évolu­tions montrent qu’ils tentent de contrô­ler les diffé­rentes appli­ca­tions clientes. Le nombre maxi­mum d’uti­li­sa­teurs par appli­ca­tion non-offi­cielles fait qu’il est illu­soir d’ima­gi­ner une compa­ti­bi­lité stable et pérenne avec des appli­ca­tions de messa­ge­rie instan­ta­née.

MSN ? Ils ont racheté Skype et a annoncé migrer ses utili­sa­teurs de Windows Live vers ce réseau. Le réseau MSN fonc­tionne encore alors que sa date d’ex­tinc­tion est désor­mais passée, mais rien ne permet de dire si ça perdu­rera encore long­temps.

Le proto­cole Skype n’est malheu­reu­se­ment pas ouvert et ce ne semble pas être la direc­tion souhai­tée en interne. Il est probable qu’il faille désor­mais commu­niquer avec les contacts MSN via Skype et unique­ment Skype.

Il existe encore un plugin Skype pour Pidgin mais il impose d’avoir le client Skype lancé et connecté, ne couvre pas le mobile, et semble ne pas fonc­tion­ner correc­te­ment pour les utili­sa­teurs qui ont fusionné leur compte Skype et leur compte MSN.

Google ? Google vient d’an­non­cer le passage à Hangout. Ils avaient déjà éteint un bref moment les échanges entre leurs serveurs de messa­ge­rie et les serveurs tiers, rompant l’in­te­ro­pé­ra­bi­lité. Désor­mais c’est tout le proto­cole XMPP qui est jeté. Impos­sible de commu­niquer avec des utili­sa­teurs non Google une fois que vous avez migré, pas même avec les utili­sa­teurs du réseau AIM qui avaient une liai­son spéci­fique. Impos­sible aussi d’uti­li­ser un client autre que les clients Google.

L’an­cien réseau XMPP de Google est encore là mais on ne sait pas pour combien de temps. Toujours est-il que les utili­sa­teurs vont migrer vers Hangout au fur et à mesure (consciem­ment ou non) et ce sont autant de gens qui devien­dront injoi­gnables pour ceux qui n’y sont pas encore. Pire : Il semble qu’ils sont encore vus comme connec­tés, mais ne peuvent pas lire vos messages ou vous en envoyer.

Là aussi, le proto­cole n’est pas connu, donc il faudra avoir un logi­ciel spéci­fique pour Hangout, impos­sible d’uti­li­ser Pidgin ou un équi­valent.

Sans avenir

Twit­ter, MSN et Google s’en­ferment chacun dans leur pré : impos­sible de commu­niquer avec eux depuis l’ex­té­rieur, ou d’avoir une même appli­ca­tion qui se connecte aux diffé­rents réseaux. Diffi­cile de comp­ter sur Face­book pour s’ou­vrir, et les autres qui étaient au stade de déve­lop­pe­ment ou d’ex­pé­ri­men­ta­tion ne risquent pas d’in­ves­tir pour péren­ni­ser la chose désor­mais.

Bref : Vous appar­te­nez au réseau que vous choi­sis­sez, et vous n’êtes qu’un pion dans la guerre qui oppose les multi­na­tio­nales d’In­ter­net. Le courant domi­nant est main­te­nant de fermer les fron­tières et de capi­ta­li­ser sur les utili­sa­teurs pieds et poings liés, c’est à dire vous. Votre proprié­taire pourra vous impo­ser les conte­nus, les services ou la publi­cité qu’il souhaite (rassu­rez-vous, il atten­dra un peu que ça se calme avant de le faire, histoire de ne pas risquer une migra­tion en masse). Une société souhaite lancer des conte­nus ou inno­ver ? OK si elle paye votre proprié­taire et n’entre pas en concur­rence avec lui. Moins vous pour­rez commu­niquer avec l’ex­té­rieur, mieux ce sera car vous serez sous contrôle de votre proprié­taire de réseau.

Sauf renver­se­ment de situa­tion ou prise de conscience excep­tion­nelle des utili­sa­teurs :

  • Jabber est mort à court ou moyen terme, sauf pour quelques geeks et inter­nautes convain­cus
  • Vous ne pour­rez plus choi­sir vos appli­ca­tions, il faudra accep­ter les appli­ca­tions offi­cielles, en leur donnant les droits qu’elles demandent, en accep­tant publi­ci­tés, mises en avant ou marke­ting qu’elles choi­sissent
  • Si vous n’ac­cep­tez pas de vous lais­ser enfer­mer et menot­ter sur un seul réseau, il faudra instal­ler et lancer simul­ta­né­ment plusieurs logi­ciels diffé­rents non inter­opé­rables
  • Le web ouvert est mal barré