Catégorie : Transport

  • Voiture indi­vi­duelle

    Les consé­quences du modèle de société basé sur la voiture indi­vi­duelle sont majeures. On a besoin d’un chan­ge­ment et raison­ner ne suffira pas.

    La voiture est trop ancrée, trop néces­saire. C’est exac­te­ment ce qu’il se passe avec le tabac et l’al­cool.

    Pour moi une des réponses doit être la même : Restreindre la publi­cité.

    On peut inter­dire la publi­cité. Ça n’em­pêche pas l’achat mais ça peut permettre d’évi­ter de créer un besoin arti­fi­ciel. C’est ce qui est fait pour le tabac.

    Si on ne l’in­ter­dit pas, on peut limi­ter cette publi­cité aux carac­té­ris­tiques de la voiture. On retire les asso­cia­tions à la liberté, au plai­sir, au inter­ac­tions sociales. Il s’agit de chan­ger la percep­tion sociale, lente­ment. C’est ce qui est fait sur le tabac.


    Tout ça ne deman­de­rait qu’un peu de volonté.

  • Morta­lité cyclistes, chiffres 2025

    Oh lala… Tu as vu la catas­trophe des mobi­li­tés douces dans les chiffres de la sécu­rité routière ? Ils en parlent à la TV.

    Non, je n’ai pas vu.
    Ou plutôt je n’y ai pas vu la même chose qu’à la TV.

    Tableau de mortalité par type de déplacement et par année. Les chiffres intéressants sont discutés dans le billet.
    Bilan provi­soire de l’an­née 2025, Sécu­rité Routière

    Vélo, on a +10 morts, +4%. Ce n’est poten­tiel­le­ment pas une anoma­lie statis­tique, d’au­tant que ça monte pas à pas depuis des années : +25% depuis 2019, soit juste­ment pas loin de 4% par an sur toute la période.

    C’est moche mais les statis­tiques c’est traitre, ça ne dit pas la même chose suivant comment on les présente.

    En paral­lèle, depuis 2019, l’usage du vélo a explosé. Il y a eu le covid, le vélo à assis­tance élec­trique, et les villes ont investi massi­ve­ment dans les infra­struc­tures. La plate­forme natio­nale des fréquen­ta­tion (PNF) montrait +37 % d’usage entre 2019 et 2023, et ça ne s’est pas arrêté depuis. On parle de +5% pour l’an­née 2025.

    Et du coup, +4% de morta­lité pour un usage qui monte de +5% il n’y a pas de quoi crier victoire mais ça montre une absence d’aug­men­ta­tion du risque, et proba­ble­ment plutôt une légère _baisse_ de ce risque.

    Quand j’en­tends les édito­ria­listes parler d’ur­gence de port du casque1, de folie gran­dis­sante des inci­vi­lité cyclistes, je me dis qu’il est grand temps de chan­ger d’édi­to­ria­listes pour mettre des gens qui regardent réel­le­ment les chiffres.


    On voit par contre un +35 morts pour les EDP-m, soit +78%. Là c’est une toute autre histoire. Je n’ai pas les chiffres mais je doute très fort qu’il y ait eu +78% d’usage sur les 12 mois. On a vrai­sem­bla­ble­ment un problème, majeur, à la fois sur l’usage et sur le maté­riel utilisé2.

    Alors oui, les EDP-m font partie des fameuses mobi­li­tés douces, mais les agré­gats n’ont de sens que pour repré­sen­ter des réali­tés communes. Je conteste tota­le­ment la réalité commune d’usage entre les cycles et les EDP-m, et les chiffres de la sécu­rité routière tendent plutôt à me donner raison.


    Mais vu qu’on parle de mobi­li­tés douces au sens large, on voit aussi +45 morts chez les piétons, soit +10%. Il est peu probable que ça vienne d’un chan­ge­ment majeur de compor­te­ment des piétons. Le danger vient d’ailleurs.

    Si je reprends les matrices de colli­sion du rapport de la sécu­rité routière, on voit plutôt une faible dange­ro­sité du vélo et même des EDP-m. Avec la respon­sa­bi­lité d’un piéton mort pour chaque, on est dans l’aléa statis­tique3.

    Tableau de mortalité par type de déplacement du tué et par type de déplacement de l'antagoniste principal de l'accident.

Les chiffres importants sont repris dans le corps du billet.

    Ce qui frappe c’est le contraire, les moto­ri­sés clas­siques sont impliqués dans presque 99% des colli­sions mortelles4, ce qui dépasse leur part modale que ce soit en nombre de dépla­ce­ments ou en kilo­mètres parcou­rus.

    La voiture tue, mais on s’est habi­tué à trou­ver ça normal, du coup on se foca­lise sur les tués.

    Les voitures ont d’ailleurs une augmen­ta­tion de +45 morts, soit +3% alors que l’usage n’a très proba­ble­ment pas progressé d’au­tant. Là pour­tant les édito­ria­listes ne parlent que d’un léger relâ­che­ment.

    Quand on ne veut pas voir l’élé­phant au milieu du couloir, on regarde de l’autre côté.


    Il y a presque deux fois plus de morts hors agglo­mé­ra­tion (hors auto­route) qu’en agglo­mé­ra­tion. C’est 50% de plus même pour les cyclistes alors que le boom à vélo est majo­ri­tai­re­ment urbain.

    Bref, ce n’est pas une ques­tion de feu rouge. La conclu­sion probable c’est que le problème est majo­ri­tai­re­ment au niveau du contrôle des véhi­cules moto­ri­sés (vitesse, alcool, stupé­fiants, atten­tion).


    Une autre facette, mise en lumière par le rapport de la sécu­rité routière, c’est le genre et l’âge des personnes impliquées. Les hommes sont sur-repré­sen­tés, ainsi que les jeunes.

    On a une culture d’agres­si­vité au volant qui est à ques­tion­ner, bien plus que le port du casque des cyclistes ou le fait que les piétons traversent au rouge.


    1. Et ça peu importe ce que vous pensez de l’obli­ga­tion du port du casque. Il ne s’agit pas de dire « pour » ou « contre » ici, juste de dire qu’il n’y a ici aucune dété­rio­ra­tion qui justi­fie­rait de nouvelles mesures. ↩︎
    2. Je suis prêt à parier ma chemise que sur Lyon la part des EDP-m régle­men­taires ne dépasse pas 50%. ↩︎
    3. Note: Sur les 7 cyclistes morts sur une colli­sion entre vélo, 5 sont hors agglo­mé­ra­tion. Je ne serais pas étonné que ce soient plutôt des pratiques spor­tives, genre des descentes ou des pelo­tons de course. Bref, je consi­dère ça un peu à part. ↩︎
    4. Pour rappel, les « sans tiers » sont des morts pour lesquels aucun tier n’a été remonté dans les statis­tiques. C’est plus une case fourre-tout « on ne sait pas » qu’une statis­tique « mort seul » (même si les véhi­cu­lés qui sont morts seuls en font effec­ti­ve­ment partie). ↩︎
  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • Mon rétro­vi­seur me mettrait en danger à vélo

    TL;DR: Je ne déplie plus mon rétro­vi­seur à vélo.

    C’est censé me mettre en sécu­rité mais (consta­ta­tion empi­rique) ça ajoute en réalité proba­ble­ment du danger.


    Expli­ca­tions

    J’ai un petit rétro­vi­seur sur mon vélo. Discret mais effi­cace. Il me permet de me sécu­ri­ser dans mes chan­ge­ments de direc­tion mais aussi d’an­ti­ci­per les manœuvres des moto­ri­sés, surtout leurs manœuvres dange­reuses.

    Il se trouve que j’ai été agressé il y a quelques temps alors que je roulais sur une voie réservé bus+­vélo, à un mètre des véhi­cules en station­ne­ment sur ma droite. Un chauf­fard avait décidé de sauter le bouchon de soirée en passant par la voie bus. Ma présence l’a empê­ché d’avoir l’ef­fi­ca­cité qu’il cher­chait dans son forfait, et ça a dérapé après qu’ il a forcé le passage pour me dépas­ser quand même en me frôlant.

    Si je raconte ça c’est qu’une des choses qu’il m’a repro­ché c’est de l’avoir vu dans mon rétro­vi­seur (c’était le cas) mais de ne pas avoir dégagé de la route pour autant (c’était ma place et pas la sienne, mais ça lui passe visi­ble­ment au-dessus).

    Depuis quelques jours je me rends compte que je subis toujours autant de chauf­fards qui occupent les bandes cyclables, les sas vélo et les approches de carre­four ou de passages piétons, mais j’ai énor­mé­ment moins de mises en danger qui viennent de l’ar­rière, notam­ment de dépas­se­ments trop proches.

    Hasard ? Je constate aussi que depuis mon agres­sion, incons­ciem­ment, je ne déplie plus mon rétro­vi­seur.

    Je commence à me dire que, empi­rique­ment, si ça me permet de voir et anti­ci­per les chauf­fards venant de l’ar­rière, ça leur indique aussi que je les vois, et ils se sentent très proba­ble­ment beau­coup plus en droit de faire n’im­porte quoi (ou consi­dèrent qu’il y a moins de risque pour eux et leur carros­se­rie que je fasse un écart au mauvais moment).

    Je n’ai pas de quoi faire un test scien­ti­fique, et n’en ai pas l’en­vie, mais mon senti­ment c’est qu’il y a une vraie rela­tion de cause à effet, de la même façon qu’on discute de moins d’égards des auto­mo­bi­listes vis-a-vis des cyclistes casqués/proté­gés.

    Est-ce que je vais déplier mon rétro­vi­seur ces prochains jours ? Proba­ble­ment pas.

  • Coût caché de la voiture

    On parle coût des trans­ports en commun. On le voit, on le paye au ticket ou à l’abon­ne­ment.

    La voiture cache ses coûts, et ils sont pour­tant impor­tants.

    On pense à l’es­sence, les péages et les parkings.

    Derrière il y a les coûts d’en­tre­tien mais aussi les consom­mables comme l’huile, les pneu­ma­tiques ou même le lave-glaces et les lavages éven­tuels.

    En coût fixe on a la carte grise, l’im­ma­tri­cu­la­tion mais aussi l’as­su­rance, le contrôle tech­nique et tous les acces­soires qu’on achète.

    Si la voiture ne dort pas dans l’es­pace public il faut comp­ter le coût du garage ou de l’es­pace sur lequel on stationne — part dans l’achat ou la loca­tion de l’ha­bi­ta­tion, de ses charges, de ses taxes éven­tuelles.

    À tout ça il faut ajou­ter la dépré­cia­tion de la voiture elle-même, qui perd de la valeur avec les années et le kilo­mé­trage.

    C’est énorme.


    Le fisc, peu habi­tué à sur-esti­mer les abat­te­ments, consi­dère un coût agrégé de 37 centimes le kilo­mètre pour les gros rouleurs dans les voitures les moins puis­santes. Les péages et parkings sont en plus.

    Dans une 3008 qui fait 15 000 km / an, plus repré­sen­ta­tive, on est plus proche des 50 centimes le kilo­mètre.

    Ça rela­ti­vise tout de suite le coût du ticket de bus, surtout s’il s’agit de payer le parking public en centre ville ensuite.


    Si ça vous semble beau­coup, les esti­ma­tions parlent d’un coût moyen à l’an­née de 5 à 10 000 €. Ça donne 30 à 60 centimes le kilo­mètre pour le kilo­mé­trage moyen de 15 000 km par an.

    On retombe sur nos mêmes ordres de gran­deur.


    Même en consi­dé­rant une voiture qu’on a déjà pour d’autres raisons, donc en excluant les coûts fixes et avec une sous-évalua­tion en imagi­nant des coûts variables au plus juste, on tombe très diffi­ci­le­ment sous les 15 cents du kilo­mètre.

    Avec un trajet domi­cile-travail de 10 km, ce coût margi­nal sous estimé est déjà plus impor­tant que la part du sala­rié pour l’abon­ne­ment de trans­port en commun : Mieux vaut lais­ser la voiture au garage.

    Et là on ne compte aucun parking, aucun péage, mais surtout aucun aléas comme une panne ou un acci­dent.

  • Pour des abon­ne­ments fluides sur les trans­ports en commun

    Sur la métro­pole lyon­naise, la vali­da­tion par carte bancaire gère auto­ma­tique­ment les tarifs spéciaux les jours de pollu­tion et le passage en forfait jour si on fait assez de dépla­ce­ment dans la jour­née.

    Sur la région Ile-de-France, le contrat Liber­té+ gère la bascule au forfait jour mais ajoute aussi 20% de décote sur les tickets unitaires comme le faisaient les anciens achats par carnets de 10 tickets.

    Pourquoi ne pas géné­ra­li­ser ça ?

    Pourquoi ne peut-on pas aussi bascu­ler auto­ma­tique­ment aux tarifs 48h, 78h, semaine et mensuel, en fonc­tion de la meilleure combi­nai­son en fin de mois ?

    C’est large­ment faisable, et ça permet­trait une utili­sa­tion sans se poser de ques­tion préa­lable, sans avoir à faire des calculs en fonc­tion du futur.

    Qu’est-ce qui bloque ? Qui faut-il contac­ter pour faire avan­cer ce type de sujet ?

  • Forfait Liber­té+ pour les trans­ports pari­siens

    Le forfait liber­té+ pour les trans­ports pari­siens c’est :

    • ne pas ache­ter les tickets au préa­lable mais être prélevé du montant en fin de mois ;
    • auto­ma­tique­ment préle­ver le montant du forfait jour si le nombre de tickets dépasse le montant du forfait jour ;
    • payer les tickets unitaires avec un rabais de 20% (il faut dire que le ticket a énor­mé­ment augmenté et qu’il n’y a plus le tarif carnet qui permet­tait 20% de rabais).

    Le forfait en lui même n’en a que le nom. C’est gratuit, il faut juste s’ins­crire et donner son RIB.

    Si en plus ils savaient auto­ma­tique­ment bascu­ler au forfait semaine et au forfait mois comme ils le font pour le forfait jour, ça serait le mode d’abon­ne­ment idéal de tout trans­port en commun.


    Jusqu’à présent il fallait toute­fois l’as­so­cier à une carte Navigo nomi­na­tive. Impos­sible d’en comman­der une à distance pour moi : Ces cartes physiques ne sont déli­vrées qu’aux fran­ci­liens ou à ceux qui ont un certi­fi­cat de travail en Ile-de-France.

    L’ap­pli­ca­tion Android IDF Mobi­li­tés vient d’ajou­ter la possi­bi­lité d’as­so­cier un contrat Liberté sur le télé­phone. C’est pour l’ins­tant en béta donc il faut ativer « rejoindre la beta » sur le Play store.

    Avec des dépla­ce­ments profes­sion­nels hebdo­ma­daires sur Paris, ça fait long­temps que j’es­pé­rais pouvoir accé­der au forfait Liber­té+. J’ai tenté. J’ai bien rempli mon adresse lyon­naise, passé toutes les étapes, et me voici avec un contrat Liber­té+.

    Les condi­tions géné­rales de vente spéci­fiques du forfait Liberté + sur télé­phone ne font en effet pas mention (aujourd’­hui) d’une contrainte de domi­ci­lia­tion ou de lieu de travail.

    Je ne sais pas si ce chan­ge­ment est conscient ou s’ils ont simple­ment oublié que la restric­tion de domi­cile était liée au pass Navigo physique, qui n’est désor­mais plus néces­saire. Je n’ex­clus pas qu’il puisse de nouveau y avoir une restric­tion à la sous­crip­tion dans le futur.


  • Celui qui veut voler votre vélo le volera

    Les bons U résistent une ving­taine de secondes à une disqueuse portable. Les meilleurs prennent dans les 40 secondes pour faire deux coupes1.

    C’est plié en moins d’une minute. Le voleur est déposé, découpe l’an­ti­vol prévu et part avec. Les repé­rages ont déjà été faits en amont.

    Moins d’une minute. C’est trop court pour espé­rer que quelqu’un réagisse, ni en pleine rue, ni dans le local vélo ou les caves de votre immeuble. Ce ne serait de toutes façons pas forcé­ment une bonne idée de se confron­ter à un voleur armé d’une disqueuse.

    La réalité c’est que le U ne sert pas à empê­cher le vol. Il sert juste à empê­cher les vols d’op­por­tu­nité et à redi­ri­ger les autres vers des cibles plus acces­sibles.

    • Atta­chez toujours le cadre à un point fixe2 solide3 avec un U de bonne qualité4. En obli­geant l’uti­li­sa­tion d’une disqueuse, vous évitez les vols d’op­por­tu­nité et les voleurs les moins outillés.
    • Si le vélo est dehors ajou­tez au moins un câble pour empê­cher qu’on vous prenne les roues, surtout si elles sont avec des attaches rapides.
    • Ne lais­sez pas votre vélo seul sans autre vélo autour. Proté­gez le mieux que les autres vélos de même gamme qui sont à portée de vue. S’ils ont un U, mettez en deux. S’ils ont deux anti­vols, mettez en trois. Ça rendra peu perti­nent de s’at­taquer au votre.
    • Ne lais­sez pas un vélo dormir la nuit dehors. S’il est cher, ne le lais­sez pas non plus dans un local vélo commun. Si vous stockez votre vélo quoti­dien cher ou neuf dans une cave ou un parking, faites en sorte que personne ne sache derrière quelle porte vous le rangez.

    La seule bonne solu­tion la nuit reste de remon­ter votre vélo dans l’ap­par­te­ment prin­ci­pal. Oui, c’est peu pratique.


    1. Le Hiplock D1000 et le Lite­lock X sont les seuls qui résistent réel­le­ment à la disqueuse, au point que ce soit réel­le­ment pénible et diffi­cile à décou­per. Malheu­reu­se­ment, au-delà d’être lourds, ils coûtent 200 à 250 € et ne vous protè­ge­ront pas tota­le­ment : À un moment il devient plus inté­res­sant de décou­per le point fixe auquel vous êtes atta­chés pour avoir le même résul­tat, et ça vous ne pouvez rien y faire. ↩︎
    2. Atten­tion à tout ce qui est boulonné. Parfois il suffit de dévis­ser un ou deux boulons et c’est parti. ↩︎
    3. Ne vous atta­chez pas au grillage ou à quelque chose qui se découpe avec une simple pince. Il faut que le point fixe soit au moins aussi diffi­cile à décou­per que votre anti­vol. ↩︎
    4. Pas besoin de prendre le plus cher, un bon U 900 à 20 € chez Décath­lon sera parfait. Les deux seules contraintes c’est de ne pas casser à la cisaille et de deman­der deux découpes pour reti­rer l’an­ti­vol. ↩︎
  • Sécu­ri­sa­tion du parking vélo Part-Dieu

    Il y a un parking vélo « sécu­risé » à Part-Dieu côté Villette. 214 places, acces­sibles sur inscrip­tion gratuite1.

    Je laisse les guille­mets à « sécu­risé » parce qu’en lisant les commen­taires tout à la fin de la page après les mentions légales, ça raconte une toute autre histoire.

    Ce sont des racks à deux étages. Chaque empla­ce­ment a un bras en métal recou­vert de plas­tique rouge où accro­cher l’an­ti­vol. Malheu­reu­se­ment ce bras se démonte faci­le­ment avec une simple vis, ce qui permet de prendre le vélo sans même casser l’an­ti­vol.

    Ce n’est pas théo­rique, il y a plusieurs récits dans les commen­taires. Je me permets de reco­pier une réponse qu’on m’a fait sur un réseau social :

    Les places situées en hauteur permettent d’at­ta­cher presque correc­te­ment un vélo (un seul point fixe non démon­table entre la roue avant et le cadre).
    Par contre en bas, effec­ti­ve­ment, ça ne sert à rien. Et pas mal de bras sont démon­tés…

    Comme il n’y a ni gardien ni caméra, le démon­tage peut se faire en toute tranquillité. Ça donne l’im­pres­sion que le vélo sera plus sécu­risé en visi­bi­lité sur un arceau en pleine rue que dans cette vélo­sta­tion « sécu­ri­sée ».

    J’es­père que le maté­riel sera meilleur pour la toute nouvelle station Bérau­dier de 1300 vélos de l’autre côté de la gare. Entre temps ça explique pourquoi les 214 places de la Villette ne font pas le plein.

    Je féli­cite vrai­ment la métro­pole pour toutes les initia­tives vélo mais atten­tion, à vouloir faire les choses trop rapi­de­ment on risque d’in­ves­tir pour rien.


    1. Bon, il faut une carte TCL ou une carte Oura mais il n’y a pas besoin d’abon­ne­ment en cours, juste de la carte. Si vous n’en avez pas déjà une, la TCL coûte 5€ pour 5 ans. C’est honnête. ↩︎
  • Impor­tance des éclai­rages à vélo

    Verba­li­ser les vélos sur l’ab­sence de sonnette, la présence d’un aver­tis­seur sonore autre qu’un timbre, l’ab­sence de cata­dioptres aux pédales me parait tota­le­ment vain. Je n’ai même rien contre les casques audio des cyclistes tant qu’ils sont ouverts aux bruits exté­rieurs. On a juste mieux à faire pour proté­ger les cyclistes et autres usagers de la route.

    Il y a toute­fois une mesure règle­men­taire qui me semble essen­tielle :

    Les vélos doivent avoir un éclai­rage fonc­tion­nel la nuit.

    Sur ce point, j’ai­me­rais vrai­ment des poli­tiques de préven­tion, de verba­li­sa­tion, et une tolé­rance zéro.