Catégorie : Transport

  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • Mon rétro­vi­seur me mettrait en danger à vélo

    TL;DR: Je ne déplie plus mon rétro­vi­seur à vélo.

    C’est censé me mettre en sécu­rité mais (consta­ta­tion empi­rique) ça ajoute en réalité proba­ble­ment du danger.


    Expli­ca­tions

    J’ai un petit rétro­vi­seur sur mon vélo. Discret mais effi­cace. Il me permet de me sécu­ri­ser dans mes chan­ge­ments de direc­tion mais aussi d’an­ti­ci­per les manœuvres des moto­ri­sés, surtout leurs manœuvres dange­reuses.

    Il se trouve que j’ai été agressé il y a quelques temps alors que je roulais sur une voie réservé bus+­vélo, à un mètre des véhi­cules en station­ne­ment sur ma droite. Un chauf­fard avait décidé de sauter le bouchon de soirée en passant par la voie bus. Ma présence l’a empê­ché d’avoir l’ef­fi­ca­cité qu’il cher­chait dans son forfait, et ça a dérapé après qu’ il a forcé le passage pour me dépas­ser quand même en me frôlant.

    Si je raconte ça c’est qu’une des choses qu’il m’a repro­ché c’est de l’avoir vu dans mon rétro­vi­seur (c’était le cas) mais de ne pas avoir dégagé de la route pour autant (c’était ma place et pas la sienne, mais ça lui passe visi­ble­ment au-dessus).

    Depuis quelques jours je me rends compte que je subis toujours autant de chauf­fards qui occupent les bandes cyclables, les sas vélo et les approches de carre­four ou de passages piétons, mais j’ai énor­mé­ment moins de mises en danger qui viennent de l’ar­rière, notam­ment de dépas­se­ments trop proches.

    Hasard ? Je constate aussi que depuis mon agres­sion, incons­ciem­ment, je ne déplie plus mon rétro­vi­seur.

    Je commence à me dire que, empi­rique­ment, si ça me permet de voir et anti­ci­per les chauf­fards venant de l’ar­rière, ça leur indique aussi que je les vois, et ils se sentent très proba­ble­ment beau­coup plus en droit de faire n’im­porte quoi (ou consi­dèrent qu’il y a moins de risque pour eux et leur carros­se­rie que je fasse un écart au mauvais moment).

    Je n’ai pas de quoi faire un test scien­ti­fique, et n’en ai pas l’en­vie, mais mon senti­ment c’est qu’il y a une vraie rela­tion de cause à effet, de la même façon qu’on discute de moins d’égards des auto­mo­bi­listes vis-a-vis des cyclistes casqués/proté­gés.

    Est-ce que je vais déplier mon rétro­vi­seur ces prochains jours ? Proba­ble­ment pas.

  • Coût caché de la voiture

    On parle coût des trans­ports en commun. On le voit, on le paye au ticket ou à l’abon­ne­ment.

    La voiture cache ses coûts, et ils sont pour­tant impor­tants.

    On pense à l’es­sence, les péages et les parkings.

    Derrière il y a les coûts d’en­tre­tien mais aussi les consom­mables comme l’huile, les pneu­ma­tiques ou même le lave-glaces et les lavages éven­tuels.

    En coût fixe on a la carte grise, l’im­ma­tri­cu­la­tion mais aussi l’as­su­rance, le contrôle tech­nique et tous les acces­soires qu’on achète.

    Si la voiture ne dort pas dans l’es­pace public il faut comp­ter le coût du garage ou de l’es­pace sur lequel on stationne — part dans l’achat ou la loca­tion de l’ha­bi­ta­tion, de ses charges, de ses taxes éven­tuelles.

    À tout ça il faut ajou­ter la dépré­cia­tion de la voiture elle-même, qui perd de la valeur avec les années et le kilo­mé­trage.

    C’est énorme.


    Le fisc, peu habi­tué à sur-esti­mer les abat­te­ments, consi­dère un coût agrégé de 37 centimes le kilo­mètre pour les gros rouleurs dans les voitures les moins puis­santes. Les péages et parkings sont en plus.

    Dans une 3008 qui fait 15 000 km / an, plus repré­sen­ta­tive, on est plus proche des 50 centimes le kilo­mètre.

    Ça rela­ti­vise tout de suite le coût du ticket de bus, surtout s’il s’agit de payer le parking public en centre ville ensuite.


    Si ça vous semble beau­coup, les esti­ma­tions parlent d’un coût moyen à l’an­née de 5 à 10 000 €. Ça donne 30 à 60 centimes le kilo­mètre pour le kilo­mé­trage moyen de 15 000 km par an.

    On retombe sur nos mêmes ordres de gran­deur.


    Même en consi­dé­rant une voiture qu’on a déjà pour d’autres raisons, donc en excluant les coûts fixes et avec une sous-évalua­tion en imagi­nant des coûts variables au plus juste, on tombe très diffi­ci­le­ment sous les 15 cents du kilo­mètre.

    Avec un trajet domi­cile-travail de 10 km, ce coût margi­nal sous estimé est déjà plus impor­tant que la part du sala­rié pour l’abon­ne­ment de trans­port en commun : Mieux vaut lais­ser la voiture au garage.

    Et là on ne compte aucun parking, aucun péage, mais surtout aucun aléas comme une panne ou un acci­dent.

  • Pour des abon­ne­ments fluides sur les trans­ports en commun

    Sur la métro­pole lyon­naise, la vali­da­tion par carte bancaire gère auto­ma­tique­ment les tarifs spéciaux les jours de pollu­tion et le passage en forfait jour si on fait assez de dépla­ce­ment dans la jour­née.

    Sur la région Ile-de-France, le contrat Liber­té+ gère la bascule au forfait jour mais ajoute aussi 20% de décote sur les tickets unitaires comme le faisaient les anciens achats par carnets de 10 tickets.

    Pourquoi ne pas géné­ra­li­ser ça ?

    Pourquoi ne peut-on pas aussi bascu­ler auto­ma­tique­ment aux tarifs 48h, 78h, semaine et mensuel, en fonc­tion de la meilleure combi­nai­son en fin de mois ?

    C’est large­ment faisable, et ça permet­trait une utili­sa­tion sans se poser de ques­tion préa­lable, sans avoir à faire des calculs en fonc­tion du futur.

    Qu’est-ce qui bloque ? Qui faut-il contac­ter pour faire avan­cer ce type de sujet ?

  • Forfait Liber­té+ pour les trans­ports pari­siens

    Le forfait liber­té+ pour les trans­ports pari­siens c’est :

    • ne pas ache­ter les tickets au préa­lable mais être prélevé du montant en fin de mois ;
    • auto­ma­tique­ment préle­ver le montant du forfait jour si le nombre de tickets dépasse le montant du forfait jour ;
    • payer les tickets unitaires avec un rabais de 20% (il faut dire que le ticket a énor­mé­ment augmenté et qu’il n’y a plus le tarif carnet qui permet­tait 20% de rabais).

    Le forfait en lui même n’en a que le nom. C’est gratuit, il faut juste s’ins­crire et donner son RIB.

    Si en plus ils savaient auto­ma­tique­ment bascu­ler au forfait semaine et au forfait mois comme ils le font pour le forfait jour, ça serait le mode d’abon­ne­ment idéal de tout trans­port en commun.


    Jusqu’à présent il fallait toute­fois l’as­so­cier à une carte Navigo nomi­na­tive. Impos­sible d’en comman­der une à distance pour moi : Ces cartes physiques ne sont déli­vrées qu’aux fran­ci­liens ou à ceux qui ont un certi­fi­cat de travail en Ile-de-France.

    L’ap­pli­ca­tion Android IDF Mobi­li­tés vient d’ajou­ter la possi­bi­lité d’as­so­cier un contrat Liberté sur le télé­phone. C’est pour l’ins­tant en béta donc il faut ativer « rejoindre la beta » sur le Play store.

    Avec des dépla­ce­ments profes­sion­nels hebdo­ma­daires sur Paris, ça fait long­temps que j’es­pé­rais pouvoir accé­der au forfait Liber­té+. J’ai tenté. J’ai bien rempli mon adresse lyon­naise, passé toutes les étapes, et me voici avec un contrat Liber­té+.

    Les condi­tions géné­rales de vente spéci­fiques du forfait Liberté + sur télé­phone ne font en effet pas mention (aujourd’­hui) d’une contrainte de domi­ci­lia­tion ou de lieu de travail.

    Je ne sais pas si ce chan­ge­ment est conscient ou s’ils ont simple­ment oublié que la restric­tion de domi­cile était liée au pass Navigo physique, qui n’est désor­mais plus néces­saire. Je n’ex­clus pas qu’il puisse de nouveau y avoir une restric­tion à la sous­crip­tion dans le futur.


  • Celui qui veut voler votre vélo le volera

    Les bons U résistent une ving­taine de secondes à une disqueuse portable. Les meilleurs prennent dans les 40 secondes pour faire deux coupes1.

    C’est plié en moins d’une minute. Le voleur est déposé, découpe l’an­ti­vol prévu et part avec. Les repé­rages ont déjà été faits en amont.

    Moins d’une minute. C’est trop court pour espé­rer que quelqu’un réagisse, ni en pleine rue, ni dans le local vélo ou les caves de votre immeuble. Ce ne serait de toutes façons pas forcé­ment une bonne idée de se confron­ter à un voleur armé d’une disqueuse.

    La réalité c’est que le U ne sert pas à empê­cher le vol. Il sert juste à empê­cher les vols d’op­por­tu­nité et à redi­ri­ger les autres vers des cibles plus acces­sibles.

    • Atta­chez toujours le cadre à un point fixe2 solide3 avec un U de bonne qualité4. En obli­geant l’uti­li­sa­tion d’une disqueuse, vous évitez les vols d’op­por­tu­nité et les voleurs les moins outillés.
    • Si le vélo est dehors ajou­tez au moins un câble pour empê­cher qu’on vous prenne les roues, surtout si elles sont avec des attaches rapides.
    • Ne lais­sez pas votre vélo seul sans autre vélo autour. Proté­gez le mieux que les autres vélos de même gamme qui sont à portée de vue. S’ils ont un U, mettez en deux. S’ils ont deux anti­vols, mettez en trois. Ça rendra peu perti­nent de s’at­taquer au votre.
    • Ne lais­sez pas un vélo dormir la nuit dehors. S’il est cher, ne le lais­sez pas non plus dans un local vélo commun. Si vous stockez votre vélo quoti­dien cher ou neuf dans une cave ou un parking, faites en sorte que personne ne sache derrière quelle porte vous le rangez.

    La seule bonne solu­tion la nuit reste de remon­ter votre vélo dans l’ap­par­te­ment prin­ci­pal. Oui, c’est peu pratique.


    1. Le Hiplock D1000 et le Lite­lock X sont les seuls qui résistent réel­le­ment à la disqueuse, au point que ce soit réel­le­ment pénible et diffi­cile à décou­per. Malheu­reu­se­ment, au-delà d’être lourds, ils coûtent 200 à 250 € et ne vous protè­ge­ront pas tota­le­ment : À un moment il devient plus inté­res­sant de décou­per le point fixe auquel vous êtes atta­chés pour avoir le même résul­tat, et ça vous ne pouvez rien y faire. ↩︎
    2. Atten­tion à tout ce qui est boulonné. Parfois il suffit de dévis­ser un ou deux boulons et c’est parti. ↩︎
    3. Ne vous atta­chez pas au grillage ou à quelque chose qui se découpe avec une simple pince. Il faut que le point fixe soit au moins aussi diffi­cile à décou­per que votre anti­vol. ↩︎
    4. Pas besoin de prendre le plus cher, un bon U 900 à 20 € chez Décath­lon sera parfait. Les deux seules contraintes c’est de ne pas casser à la cisaille et de deman­der deux découpes pour reti­rer l’an­ti­vol. ↩︎
  • Sécu­ri­sa­tion du parking vélo Part-Dieu

    Il y a un parking vélo « sécu­risé » à Part-Dieu côté Villette. 214 places, acces­sibles sur inscrip­tion gratuite1.

    Je laisse les guille­mets à « sécu­risé » parce qu’en lisant les commen­taires tout à la fin de la page après les mentions légales, ça raconte une toute autre histoire.

    Ce sont des racks à deux étages. Chaque empla­ce­ment a un bras en métal recou­vert de plas­tique rouge où accro­cher l’an­ti­vol. Malheu­reu­se­ment ce bras se démonte faci­le­ment avec une simple vis, ce qui permet de prendre le vélo sans même casser l’an­ti­vol.

    Ce n’est pas théo­rique, il y a plusieurs récits dans les commen­taires. Je me permets de reco­pier une réponse qu’on m’a fait sur un réseau social :

    Les places situées en hauteur permettent d’at­ta­cher presque correc­te­ment un vélo (un seul point fixe non démon­table entre la roue avant et le cadre).
    Par contre en bas, effec­ti­ve­ment, ça ne sert à rien. Et pas mal de bras sont démon­tés…

    Comme il n’y a ni gardien ni caméra, le démon­tage peut se faire en toute tranquillité. Ça donne l’im­pres­sion que le vélo sera plus sécu­risé en visi­bi­lité sur un arceau en pleine rue que dans cette vélo­sta­tion « sécu­ri­sée ».

    J’es­père que le maté­riel sera meilleur pour la toute nouvelle station Bérau­dier de 1300 vélos de l’autre côté de la gare. Entre temps ça explique pourquoi les 214 places de la Villette ne font pas le plein.

    Je féli­cite vrai­ment la métro­pole pour toutes les initia­tives vélo mais atten­tion, à vouloir faire les choses trop rapi­de­ment on risque d’in­ves­tir pour rien.


    1. Bon, il faut une carte TCL ou une carte Oura mais il n’y a pas besoin d’abon­ne­ment en cours, juste de la carte. Si vous n’en avez pas déjà une, la TCL coûte 5€ pour 5 ans. C’est honnête. ↩︎
  • Impor­tance des éclai­rages à vélo

    Verba­li­ser les vélos sur l’ab­sence de sonnette, la présence d’un aver­tis­seur sonore autre qu’un timbre, l’ab­sence de cata­dioptres aux pédales me parait tota­le­ment vain. Je n’ai même rien contre les casques audio des cyclistes tant qu’ils sont ouverts aux bruits exté­rieurs. On a juste mieux à faire pour proté­ger les cyclistes et autres usagers de la route.

    Il y a toute­fois une mesure règle­men­taire qui me semble essen­tielle :

    Les vélos doivent avoir un éclai­rage fonc­tion­nel la nuit.

    Sur ce point, j’ai­me­rais vrai­ment des poli­tiques de préven­tion, de verba­li­sa­tion, et une tolé­rance zéro.

  • En défense des bandes cyclables

    Je vois la commu­nauté dire « les bandes cyclables ne servent à rien, elles sont contre-produc­tives ». Il y a quelques temps le même discours fleu­rait sur les sas vélo au feu.
    Je me méfie des juge­ments un peu trop binaires.

    Est-ce que je préfère des infra­struc­tures sépa­rées « en dur » ? bien entendu. Ce n’est pas toujours possible, que ce soit au niveau place ou au niveau coût.

    Est-ce que toute­fois je préfère avoir bande cyclable et sas vélo plutôt que rien ? en ville(*), oui(**).


    ❌ Ça ne joue pas forcé­ment sur la distance avec laquelle je suis dépassé, et peut-être néga­ti­ve­ment (même si, honnê­te­ment, je suis dépassé de façon dange­reuse dans tous les cas).

    ✅ Ça évite qu’on se rabatte sur moi après le dépas­se­ment. C’est régu­lier à l’ap­proche des feux rouges en l’ab­sence de bande cyclable mais ça arrive aussi hors de ces cas.

    ✅ Ça me permet un flux séparé quand la circu­la­tion est dense. C’est là que tout le monde va me fleu­rer voire me renver­ser, redé­mar­rer sur moi, vouloir me dépas­ser à tout prix. C’est une situa­tion fréquente en ville. Deux voies distinctes c’est bien.

    ✅ Ça me permet de béné­fi­cier d’une meilleure flui­dité, en remon­tant les files de voitures qui vont moins vite en circu­la­tion dense ou en bouchons. Ça me permet aussi de remon­ter les files au feu rouge pour béné­fi­cier soit du sas vélo soit du céder-le-passage cycliste (M12)

    ✅ Ça me fait gagner un peu d’at­ten­tion de la part des conduc­teurs respec­tueux quand ils tournent à droite et croisent une bande cyclable au sol. Ça n’em­pê­chera pas les chauf­fards mais si ça évite un ou deux acci­dents, je suis pour.

    ✅ C’est peut-être rien pour vous, expé­ri­men­tés, mais une bande assure plus de sécu­rité pour mon fils parce qu’il va rouler dedans au lieu de mal évaluer ce qu’est « sur la droite ».
    Ça stresse aussi moins ma femme qui s’au­to­rise à y rouler en ville. Même si ce n’est qu’un faux senti­ment de sécu­rité, ça compte quand même.

    ✅ ✅ Ça ajoute de la visi­bi­lité aux cyclistes et légi­ti­mise leur présence. Ça ne devrait rien chan­ger mais dans les faits une grande partie des problèmes arrive aussi par le senti­ment que la chaus­sée est « pour les voitures ».

    Avec une bande on essaie moins de refu­ser volon­tai­re­ment mes prio­ri­tés « parce que je suis à vélo », et globa­le­ment de me mettre la pres­sion ou de tenter de me pous­ser hors de la chaus­sée de façon puni­tive.

    Je finis quand même par un ❓ : ça faci­lite le station­ne­ment des livreurs, qui vont impo­ser de déboî­ter. C’est une situa­tion dange­reuse, à cause de la visi­bi­lité mais aussi de la volonté puni­tive de certains auto­mo­bi­listes. Serait-ce diffé­rent sans bande cyclable ? Pas certain.


    Le Cerema expli­cite ses recom­man­da­tions en fonc­tion du trafic vélo, du trafic moto­risé et de la vitesse. C’est effec­ti­ve­ment bien moins binaire.

    Les recom­man­da­tions de bande cyclable ou bande déra­sée sur voie à 70 ou 80 km/h m’in­ter­roge toute­fois.

    Ces solu­tions favo­risent clai­re­ment les dépas­se­ments trop proches et à trop haute vitesse de la part des moto­ri­sés. C’est parti­cu­liè­re­ment sensible pour les poids lourds (mais pas unique­ment).

    En même temps, en l’ab­sence, on prend aussi le risque que le conduc­teur moto­risé voit le cycliste trop tard pour frei­ner ou qu’un véhi­cule en face l’em­pêche de se dépor­ter au dernier moment.

    Les deux situa­tions sont mortelles. Mes expé­riences sur natio­nales et dépar­te­men­tales denses ne me rendent pas très posi­tif sur la possi­bi­lité de mixer des modes doux avec des moto­ri­sés au-delà de 50 km/h. C’est d’ailleurs là qu’il y a le plus de morts à vélo.


    (*) Je ne parle que de la ville. Une grande partie des argu­ments n’a pas de perti­nence hors agglo­mé­ra­tion. Le dépas­se­ment devient la problé­ma­tique centrale. S’il n’est pas possible de faire une bande cyclable extra-large d’au moins 1,5m, alors il est proba­ble­ment effec­ti­ve­ment préfé­rable de ne pas en avoir du tout, surtout avec des poids lourds et une vitesse élevée (si ça les incite à frôler, c’est mortel).

    (**) Bien évidem­ment aussi, je parle de vraies bandes cyclables, pas les traits de pein­ture qui laissent 50cm de cani­veau impra­ti­cable.

  • Ça coûte combien une voiture ?

    Les esti­ma­tions trou­vées sur Inter­net nous donnent un coût de posses­sion de 5 à 7 000 € en moyenne par an.

    Bon, c’est une moyenne, il y a forcé­ment des gens en-dessous et des gens au-dessus. Ça reste toute­fois une approxi­ma­tion pas si mauvaise.

    Diffi­cile à croire, hein ?

    Le problème c’est que c’est énor­mé­ment de dépenses qu’on consi­dère assez normales pour les oublier. Du coup j’ai tenté deux façons de véri­fier si la moyenne était réaliste du cas habi­tuel.

    La première c’est l’ap­proxi­ma­tion du fisc, pas vrai­ment connu pour ses largesses. Pour une moyenne de 15 000 km par an, on arrive à entre 6 500 et 7 500 € d’in­dem­ni­tés kilo­mé­triques suivant qu’on prend une Clio avec un petit moteur ou voiture plus puis­sante.

    6430 €4 CV (Petite voiture de base. Exemple : Clio petit moteur)
    6750 €5 CV (Berline clas­sique. Exemple : 308 petit moteur)
    7067 €6 CV (Grosse fami­liale, SUV et Monos­pace. Exemple : 3008)
    7424 €7 CV (Gros moteur, voiture puis­sante)

    La seconde esti­ma­tion j’ai regardé ma 3008 de 10 ans d’âge en listant ce à quoi je pense. J’ar­rive très faci­le­ment au moins à 4 000 € et je suis certain que je sous-estime l’éva­lua­tion du coût/risque d’un acci­dent ou d’une casse maté­riel.

    500 €Assu­rance
    1550 €Carbu­rant, diesel
    300 €Révi­sions, pièces incluses
    150 €Pneu­ma­tiques 4 saisons, 40 000 km
    1250 €Dépré­cia­tion
    35 €Contrôle tech­nique, 70 € tous les 2 ans
    ??Entre­tien courant (nettoyage, lavage, lave-glace, etc.)
    ??Entre­tien excep­tion­nel (housses, tapis, ampoules de phare, clé d’ou­ver­ture à distance, mais aussi un rétro­vi­seur cassé, une batte­rie qui rend l’âme, etc.)
    ??Pannes rares mais chères, à lisser sur plusieurs années. Ça compte, et pas qu’un peu.

    La vérité c’est qu’on n’y est pas encore. Il faut ajou­ter les parkings en ville, surface ou sous-terrains, ainsi que l’au­to­route. Ce n’est compté ni dans les indem­ni­tés kilo­mé­triques du fisc ni dans mon esti­ma­tion sur ma 3008. Combien ? Ça dépend de vous mais ce n’est pas rien.

    Mais surtout, et là beau­coup l’ou­blient, si la voiture ne reste pas dans la rue, il faut comp­ter combien coûte l’es­pace occupé. Un box c’est entre 600 et 2500 € par an suivant où vous habi­tez. Une place dans une cour d’im­meuble ça compte aussi. Si « vous l’avez donc ça ne compte pas » en fait ça compte quand même, parce que vous pour­riez la louer à un tiers, ou avoir acheté/loué un bien moins cher si cet espace n’exis­tait pas.

    Bref, votre voiture vous coûte très certai­ne­ment beau­coup plus que vous ne le pensez au premier abord. Parler de 4 à 7 000 € pour la plupart des gens n’est pas si déli­rant.

    Évidem­ment, si vous avez une vieille Twingo qui roule peu, assu­rée au tiers, que vous espa­cez vos révi­sions, ne prenez pas l’au­to­route et la garez dans la rue sans parking payant, vous allez taper assez bas.

    Atten­tion tout de même à prendre en compte le risque de casse. Si vous comp­tez tout, on parle quand même très proba­ble­ment en milliers d’eu­ros. De même que l’as­su­rance au tiers, il faut prendre en compte le coût si d’aven­ture votre voiture finit bonne pour la casse.

    Bien évidem­ment, tout ça vous consi­dère comme conduc­teur respec­tueux des règles. Si vous ajou­tez quelques contra­ven­tions de station­ne­ment ou de vitesse, la facture augmente assez vite.