Député pour l’intérêt général ?

Ce gouvernement a des idées que je ne partage pas. Je critique, je milite, j’explique. C’est le fonctionnement d’une démocratie, où tous les avis s’expriment et où le mien ne l’emporte pas toujours.

Ce que je n’accepte pas c’est quand un député démissionne de son rôle et trahit son mandat.

Ça n’a l’air de rien mais ils sont au moins trois députés à avoir envoyé la même chose cette même soirée. Au moins deux membres du bureau national du PS.

Ils déclament trouver ça inacceptable mais ils l’accepteront quand même. Aucun d’eux n’aura utilisé l’arme en leur pouvoir pour bloquer l’inacceptable. Aucun d’eux n’a signé la motion de censure, pourtant parfaitement adaptée quand un gouvernement n’a plus la confiance des députés.

On perçoit mieux la trahison quand on sait qu’il n’aura manqué que de deux signatures pour procéder au vote de cette motion de censure.

Le débat se fera aux primaires ? mais… la loi sera passée. Nos députés ont préféré lâcher le pays pour sauvegarder et corriger le PS plutôt que l’inverse.

Ils ont simplement violé les deux premiers articles de leur code de déontologie. Le parti – et leur carrière – sont passés avant l’intérêt général et leur rôle de député. Je pleure quand certains de mes interlocuteurs sont résignés au point de trouver ça normal et acceptable.

La droite ne fait pas mieux. La motion n’est pas déposée parce qu’elle obligerait les députés à rester jusqu’à 19h le jeudi soir au lieu d’être dans les fan zone de leur circonscription pour le match de foot… En pleine réforme sur le droit du travail je trouve l’image magnifique.

On arrive à un niveau de trahison fantastique où personne ne fait même plus semblant de travailler pour l’intérêt général, de prendre les responsabilités allant avec son mandat.

Même en cas de duel avec N. Sarkozy, il faudra argumenter très dur pour me revoir voter PS. Le gouvernement Valls aura tout fait pour me dégouter mais c’est finalement accessoire.

Ce n’est même plus une question d’opinion politique. C’est une question de valeurs et de confiance. Je vois que des députés PS cadres et membres du bureau national font passer le parti avant la nation, en dépit de ce qu’ils pensent, trahissant par là leur mandat national de représentant du peuple. C’est l’organisation même qui est corrompue.

Malheureusement je n’ai pas mieux en réserve. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de m’impliquer ailleurs.

Oui, je ne crois pas à l’homme ou la femme providentiels mais c’est un·e des seul·es que je vois droit·e dans ses bottes à toujours privilégier l’intérêt général et respecter des valeurs humanistes. Je n’en demande pas beaucoup plus.