Catégorie : Politique et société

  • 21 propo­si­tions

    Je lis des programmes en 21 points pour 2027. Je n’en demande pas tant. Voilà les 5 majeurs qui comptent pour moi pour l’ins­tant.

    1. Démo­cra­tie
      Ça ne se résume pas au vote mais chan­ger les systèmes de vote me parait un premier pré-requis : Un scru­tin de liste à la propor­tion­nelle sans prime ni seuil dès qu’on élit une assem­blée (muni­ci­pales, légis­la­tives), un scru­tin qui évite les problèmes d’ex­plo­sion des voix comme le vote alter­na­tif pour les élec­tions unino­mi­nales (prési­den­tielle).
      Une trans­pa­rence totale de la vie des insti­tu­tions, qui ne doit plus arri­ver en second derrière le droit des affaires ou permettre de garder privé des infor­ma­tions.
    2. Tran­si­tion clima­tique
      Un inves­tis­se­ment massif dans la tran­si­tion clima­tique accom­pa­gné du début d’une TVA carbone qui vise les produits et services ayant un impact signi­fi­ca­ti­ve­ment plus grand sur l’en­semble de leur cycle de vie que leurs alter­na­tives.
    3. Santé
      Une sécu­rité sociale à 100%, sans fran­chise ni plafond pour tout ce qui est néces­saire et perti­nent pour une vie normale. Le confort et tout trai­te­ment non validé dont les effets ne sont pas prou­vés est renvoyé aux mutuelles qui deviennent facul­ta­tives.
    4. Éduca­tion
      Inves­tis­se­ment dans l’édu­ca­tion, petite enfance primaire secon­daire et supé­rieure. Fin progres­sive du finan­ce­ment des établis­se­ments privés au-delà de la mise à dispo­si­tion des ensei­gnants
    5. Fisca­lité
      Premières pierres d’un revenu de base incon­di­tion­nel au niveau du RSA (et modi­fi­ca­tion fiscale asso­ciée pour que les impôts des aisés augmentent au moins d’au­tant). Réduc­tion des niches fiscales des plus riches, prin­ci­pa­le­ment sur l’hé­ri­tage. Réduc­tion des subven­tions et exoné­ra­tions aux entre­prises. Mise en place de la taxe Zuck­man pour tous les français (en France ou à l’Étran­ger).

    Et j’ai du mal à l’ex­pri­mer telle­ment j’ai l’im­pres­sion d’en­fon­cer les portes ouvertes mais je veux aussi un vrai effort pour promou­voir le vivre ensemble, expul­ser la haine et les discri­mi­na­tions.

    En bonus :

    • Faire du tri dans tous les pouvoirs que s’est arrogé l’exé­cu­tif sous prétexte de simpli­fi­ca­tion ou d’ef­fi­ca­cité. Rendre le préfet respon­sable quand il prend des mesures mani­fes­te­ment illé­gales. Rendre impos­sible pour l’exé­cu­tif de ne pas appliquer une loi, de ne pas la promul­guer, de la vider de sa substance via des décrets ou absence de décrets, ou de cher­cher sa non-appli­ca­tion.
    • Faire du ménage dans les forces de l’ordre pour avoir une police exem­plaire, sur les violences, sur la discri­mi­na­tion, mais aussi sur l’at­ti­tude de tous les jours qui les mène à outre­pas­ser les règles communes ou les droits des tiers sans néces­sité.
    • Un chan­ge­ment d’orien­ta­tion radi­cal pro-vie privée et pro-protec­tion des droits de données person­nels.
    • Un nettoyage dans l’in­dus­trie cultu­relle, avec la fin des rede­vances, droits voisins et contri­bu­tions obli­ga­toires qui taxent toutes les autres indus­tries. Pourquoi pas un pas vers une licence globale.
    • Reve­nir à l’es­prit de la laïcité de la loi de 1905 et arrê­ter la chasse aux musul­mans.
    • Un inves­tis­se­ment dans la justice pour que les gens aient des juge­ments dans des délais raison­nables.

  • Cafard démo­cra­tique

    Je sais que je suis pénible quand je parle de démo­cra­tie mais l’ac­tua­lité poli­tique me donne le cafard.


    Contour­ner le parle­ment est devenu normal. La procé­dure d’ur­gence, prévue pour être excep­tion­nelle, est deve­nue banale au point qu’on a dû la renom­mer procé­dure accé­lé­rée en 2008.

    Même en procé­dure raccour­cie, il reste plein d’ou­tils pour bloquer les temps de parole, bloquer les votes, deman­der second vote quand le premier ne convient pas, et impo­ser ou exclure des amen­de­ments. Le fameux article 49.3 qui permet de passer en force sans vote n’est que le plus connu, pas le seul.


    Comme ça ne suffit pas, la majo­rité s’amuse à détour­ner les textes et les procé­dures. Récem­ment, c’était faire pati­ner les débats sur le budget pour dépas­ser la limite de temps et envoyer le texte sans vote avec les amen­de­ments que choi­sit seul le gouver­ne­ment.

    Un autre détour­ne­ment a été utilisé pour la loi Duplomb. La majo­rité qui veut faire adop­ter un texte en vote le rejet préa­lable (donc tout le contraire) pour passer direc­te­ment en commis­sion mixte pari­taire sans examen à l’As­sem­blée. La loi avait ensuite généré une péti­tion de plus de 2.000.000 de signa­taires certi­fiés pour l’an­nu­ler.

    Vous savez quoi ? Ils nous ont refait le coup ces jours-ci pour l’au­to­ri­sa­tion du travail le 1er mai : Rejet préa­lable pour sauter l’exa­men à l’As­sem­blée.


    Tout ça c’est le quoti­dien. Les majo­ri­tés au pouvoir détruisent pas à pas la repré­sen­ta­tion natio­nale, et c’est triste pour notre démo­cra­tie.

    Ce n’est guère mieux côté judi­ciaire vu les pouvoirs admi­nis­tra­tifs de plus en plus grand donnés à l’exé­cu­tif, et les préfets qui prennent à répé­ti­tion des arrê­tés qu’ils savent illé­gaux.

  • Je ne crois pas à une crise de l’em­ploi dans le secteur logi­ciel

    Ma convic­tion c’est que, dans ce domaine, la demande croit expo­nen­tiel­le­ment avec la baisse des coûts. Les besoins en auto­ma­ti­sa­tion sont quasi illi­mi­tés, ils ne sont juste pas rentables.

    Si l’IA augmente la produc­ti­vité1, la baisse des coûts va libé­rer une masse de demandes qui n’étaient pas rentables avant et qui le devien­dront. Plus on baisse les coûts, plus la demande va être massive.

    Je ne crois pas une seconde à un renver­se­ment de l’équi­libre offre/demande. C’est une croyance, une convic­tion, comme tout dans ce billet, mais elle est forte.

    Pyramide de demande, écrasée sur le bas. Les demandes très rentables en haut, les demandes peu rentables en bas.

Une ligne horizontale "palier en fonction du coût de l'offre" divise la pyramide. La demande satisfaite en haut, la demande non satisfaite en bas.

    Je ne crois pas à la crise au niveau du secteur, mais ça ne veut pas dire que ça ira bien.

    Dans le dernier billet je parle du fait d’impo­ser l’uti­li­sa­tion de l’IA dans les équipes de déve­lop­pe­ment logi­ciel. Je ne dis pas que c’est idéal, mais person­nel­le­ment je m’en fais beau­coup plus pour ceux dont l’en­tre­prise ne les pousse pas vers l’IA, voire ne les met pas en capa­cité d’ap­prendre cette nouvelle façon de déve­lop­per.

    Ceux qui n’aug­mentent pas leur produc­ti­vité via l’IA vont vivre deux effets :

    1. L’aug­men­ta­tion de la demande ne les concer­nera pas, vu que leurs coûts ne permet­tront pas la renta­bi­lité pour les clients
    2. Sur les niveaux de demandes pré-exis­tants, ils seront en concur­rence avec d’autres profes­sion­nels plus produc­tifs.

    Dans ceux là, les meilleurs vont proba­ble­ment simple­ment se retrou­ver massi­ve­ment déclas­sés. Les moins bons risquent de se retrou­ver sur le carreau, dura­ble­ment.

    Je ne parie même pas qu’il sera facile de chan­ger d’avis et embarquer dans le train de l’IA après coup : Il faudra un employeur qui parie sur le vieux déve­lop­peur qui n’a pas su ou pas voulu évoluer, espé­rer que cette fois ça va fonc­tion­ner, et ça plutôt qu’em­bau­cher un jeune IA-natif promet­teur et moins cher.


    1. C’est l’hy­po­thèse, mais si vous n’y croyez pas alors il n’y a pas de crise à anti­ci­per non plus, parce que ni l’offre ni la demande ne vont chan­ger. Vous pouvez arrê­ter la lecture ;-) ↩︎
  • Je ne travaille­rai jamais ni avec vous ni avec votre employeur

    Vous m’ap­pe­lez sur mon numéro de télé­phone person­nel (*) pour me vendre vos services ?

    ➡️ Je ne travaille­rai jamais ni avec vous ni avec votre employeur.

    Colla­bo­rer avec une entre­prise qui ne respecte pas la loi sur les données person­nelles ni la vie privée des tiers serait un risque juri­dique pour mes employeurs. Je ne leur ferai pas prendre.

    Cette erreur risque égale­ment d’ar­ri­ver aux oreilles de votre employeur, car je ferai immé­dia­te­ment une requête RGPD à votre entre­prise pour comprendre l’ori­gine de mon numéro de télé­phone. Je ne manque­rai pas d’y expli­ci­ter les consé­quences de votre action.

    Cela me crée un réel préju­dice en raison du harcè­le­ment que ça consti­tue avec le nombre. Je fais donc systé­ma­tique­ment aussi une plainte à la CNIL. Parfois ça peut mener à une enquête derrière. Vous préfé­rez proba­ble­ment éviter cette mauvaise publi­cité.

    Zéro tolé­rance. Ce n’est plus tenable.

    (*) Si vous ne savez pas si c’est un numéro person­nel ou profes­sion­nel, alors ne l’uti­li­sez pas. C’est aussi simple que ça.

    Les bases de données de Kaspr, Lusha et autres brokers du même type sont pleines de données person­nelles qui sont iden­ti­fiées comme profes­sion­nelles. Vous ne pour­rez pas prétendre agir de bonne foi.

    Posté sur Linke­din. Je vous encou­rage à faire le votre. Peut-être que ça ne chan­gera rien. Peut-être que ça peut créer un mouve­ment qui sera suivi. Ça ne coûte rien d’es­sayer.

  • Voiture indi­vi­duelle

    Les consé­quences du modèle de société basé sur la voiture indi­vi­duelle sont majeures. On a besoin d’un chan­ge­ment et raison­ner ne suffira pas.

    La voiture est trop ancrée, trop néces­saire. C’est exac­te­ment ce qu’il se passe avec le tabac et l’al­cool.

    Pour moi une des réponses doit être la même : Restreindre la publi­cité.

    On peut inter­dire la publi­cité. Ça n’em­pêche pas l’achat mais ça peut permettre d’évi­ter de créer un besoin arti­fi­ciel. C’est ce qui est fait pour le tabac.

    Si on ne l’in­ter­dit pas, on peut limi­ter cette publi­cité aux carac­té­ris­tiques de la voiture. On retire les asso­cia­tions à la liberté, au plai­sir, au inter­ac­tions sociales. Il s’agit de chan­ger la percep­tion sociale, lente­ment. C’est ce qui est fait sur le tabac.


    Tout ça ne deman­de­rait qu’un peu de volonté.

  • Morta­lité cyclistes, chiffres 2025

    Oh lala… Tu as vu la catas­trophe des mobi­li­tés douces dans les chiffres de la sécu­rité routière ? Ils en parlent à la TV.

    Non, je n’ai pas vu.
    Ou plutôt je n’y ai pas vu la même chose qu’à la TV.

    Tableau de mortalité par type de déplacement et par année. Les chiffres intéressants sont discutés dans le billet.
    Bilan provi­soire de l’an­née 2025, Sécu­rité Routière

    Vélo, on a +10 morts, +4%. Ce n’est poten­tiel­le­ment pas une anoma­lie statis­tique, d’au­tant que ça monte pas à pas depuis des années : +25% depuis 2019, soit juste­ment pas loin de 4% par an sur toute la période.

    C’est moche mais les statis­tiques c’est traitre, ça ne dit pas la même chose suivant comment on les présente.

    En paral­lèle, depuis 2019, l’usage du vélo a explosé. Il y a eu le covid, le vélo à assis­tance élec­trique, et les villes ont investi massi­ve­ment dans les infra­struc­tures. La plate­forme natio­nale des fréquen­ta­tion (PNF) montrait +37 % d’usage entre 2019 et 2023, et ça ne s’est pas arrêté depuis. On parle de +5% pour l’an­née 2025.

    Et du coup, +4% de morta­lité pour un usage qui monte de +5% il n’y a pas de quoi crier victoire mais ça montre une absence d’aug­men­ta­tion du risque, et proba­ble­ment plutôt une légère _baisse_ de ce risque.

    Quand j’en­tends les édito­ria­listes parler d’ur­gence de port du casque1, de folie gran­dis­sante des inci­vi­lité cyclistes, je me dis qu’il est grand temps de chan­ger d’édi­to­ria­listes pour mettre des gens qui regardent réel­le­ment les chiffres.


    On voit par contre un +35 morts pour les EDP-m, soit +78%. Là c’est une toute autre histoire. Je n’ai pas les chiffres mais je doute très fort qu’il y ait eu +78% d’usage sur les 12 mois. On a vrai­sem­bla­ble­ment un problème, majeur, à la fois sur l’usage et sur le maté­riel utilisé2.

    Alors oui, les EDP-m font partie des fameuses mobi­li­tés douces, mais les agré­gats n’ont de sens que pour repré­sen­ter des réali­tés communes. Je conteste tota­le­ment la réalité commune d’usage entre les cycles et les EDP-m, et les chiffres de la sécu­rité routière tendent plutôt à me donner raison.


    Mais vu qu’on parle de mobi­li­tés douces au sens large, on voit aussi +45 morts chez les piétons, soit +10%. Il est peu probable que ça vienne d’un chan­ge­ment majeur de compor­te­ment des piétons. Le danger vient d’ailleurs.

    Si je reprends les matrices de colli­sion du rapport de la sécu­rité routière, on voit plutôt une faible dange­ro­sité du vélo et même des EDP-m. Avec la respon­sa­bi­lité d’un piéton mort pour chaque, on est dans l’aléa statis­tique3.

    Tableau de mortalité par type de déplacement du tué et par type de déplacement de l'antagoniste principal de l'accident.

Les chiffres importants sont repris dans le corps du billet.

    Ce qui frappe c’est le contraire, les moto­ri­sés clas­siques sont impliqués dans presque 99% des colli­sions mortelles4, ce qui dépasse leur part modale que ce soit en nombre de dépla­ce­ments ou en kilo­mètres parcou­rus.

    La voiture tue, mais on s’est habi­tué à trou­ver ça normal, du coup on se foca­lise sur les tués.

    Les voitures ont d’ailleurs une augmen­ta­tion de +45 morts, soit +3% alors que l’usage n’a très proba­ble­ment pas progressé d’au­tant. Là pour­tant les édito­ria­listes ne parlent que d’un léger relâ­che­ment.

    Quand on ne veut pas voir l’élé­phant au milieu du couloir, on regarde de l’autre côté.


    Il y a presque deux fois plus de morts hors agglo­mé­ra­tion (hors auto­route) qu’en agglo­mé­ra­tion. C’est 50% de plus même pour les cyclistes alors que le boom à vélo est majo­ri­tai­re­ment urbain.

    Bref, ce n’est pas une ques­tion de feu rouge. La conclu­sion probable c’est que le problème est majo­ri­tai­re­ment au niveau du contrôle des véhi­cules moto­ri­sés (vitesse, alcool, stupé­fiants, atten­tion).


    Une autre facette, mise en lumière par le rapport de la sécu­rité routière, c’est le genre et l’âge des personnes impliquées. Les hommes sont sur-repré­sen­tés, ainsi que les jeunes.

    On a une culture d’agres­si­vité au volant qui est à ques­tion­ner, bien plus que le port du casque des cyclistes ou le fait que les piétons traversent au rouge.


    1. Et ça peu importe ce que vous pensez de l’obli­ga­tion du port du casque. Il ne s’agit pas de dire « pour » ou « contre » ici, juste de dire qu’il n’y a ici aucune dété­rio­ra­tion qui justi­fie­rait de nouvelles mesures. ↩︎
    2. Je suis prêt à parier ma chemise que sur Lyon la part des EDP-m régle­men­taires ne dépasse pas 50%. ↩︎
    3. Note: Sur les 7 cyclistes morts sur une colli­sion entre vélo, 5 sont hors agglo­mé­ra­tion. Je ne serais pas étonné que ce soient plutôt des pratiques spor­tives, genre des descentes ou des pelo­tons de course. Bref, je consi­dère ça un peu à part. ↩︎
    4. Pour rappel, les « sans tiers » sont des morts pour lesquels aucun tier n’a été remonté dans les statis­tiques. C’est plus une case fourre-tout « on ne sait pas » qu’une statis­tique « mort seul » (même si les véhi­cu­lés qui sont morts seuls en font effec­ti­ve­ment partie). ↩︎
  • Le vélo quand il faut froid

    Si les enfants font du vélo pour aller à l’école l’hi­ver en Scan­di­na­vie, c’est que le problème est dans nos têtes.

    C’est diffi­cile à croire tant qu’on n’a pas passé le cap mais la diffi­culté prin­ci­pale quand il fait froid, c’est la volonté de sortir. Une fois le choix fait, le froid ne pose pas vrai­ment de problème.

    La réalité c’est que, en France, l’hi­ver (froid) est proba­ble­ment plus agréable pour du vélo que l’été (chaleur) ou l’au­tomne (pluie).

    Sous les 10 à 15°C

    Les tempé­ra­tures varient suivant vos sensi­bi­li­tés. Moi je suis assez frileux.

    Sous les 10° je m’ha­bille norma­le­ment, blou­son inclus. J’ajoute juste un sous-casque fin contre le vent. Si vous avez un casque urbain sans ouver­ture peut-être que le sous-casque est même inutile, d’au­tant plus si vous avez une visière qui bloque le courant d’air froid.

    Le vrai problème ce sont les mains, et l’as­tuce c’est d’ajou­ter des manchons au vélo plutôt que de mettre des gants. S’en passer serait une erreur.

    Sous les 0 à 5°C

    Là ça caille si on ne s’ha­bille pas.

    Pour les mains j’ajoute de fins sous-gants de soie (existe aussi en laine méri­nos). L’idée du sous-gant est que ça reste fin sans handi­ca­per la dexté­rité. Ça suffit pour sortir les mains des manchons quelques instants pour indiquer une direc­tion, ou le temps que les manchons se réchauffent.

    Pour la tête j’ajoute un vrai bonnet fin (en plus du sous-casque éven­tuel qui bloque le courant d’air qui sinon passe­rait à travers le bonnet). L’idée c’est d’avoir un bonnet qui épouse bien la tête pour passer sous le casque, donc sans espace vide au-dessus du crâne et sans revers sur le bas du bonnet.

    J’ajoute enfin un legging méri­nos fait pour la rando sous le jean qui n’est pas fait pour ça, et des chaus­settes meri­nos trou­vées à Carre­four en lieu et place du coton. Ces dernières ne semblent plus être en vente et c’est dommage parce que ça faisait très chaus­settes de ville, mais sinon il y a plein de modèles plus sport à Decath­lon.

    Norma­le­ment ça suffit mais comme je suis un frileux et que je mets le même pull qu’en inter­sai­son, je troque aussi le t-shirt coton par un t-shirt meri­nos de rando.

    Je suis frileux et ça tient tranquille les –5°C d’aujourd’­hui.

    J’ai pris de la laine méri­nos pour le confort mais on doit pouvoir divi­ser le prix par deux en prenant de la laine clas­sique ou polaire.

    Contre le vent

    Dès qu’on approche les 5°C, le vent peut mordre le visage. Là, si besoin et unique­ment si besoin, on peut ajou­ter un masque sur la partie basse du visage, ou mettre une cagoule fine à la place du sous-casque.

  • Détour­ne­ment des commu­nau­tés

    Je vois passer le takeo­ver de Ruby Central sur RubyGems et Bund­ler. Je me rappelle la tenta­tive simi­laire de Auto­mat­tic sur les exten­sions Word­press pour écar­ter un concur­rent.

    Tout ça devrait aler­ter les commu­nau­tés et les inci­ter à mettre au plus vite des struc­tures juri­diques claires pour empê­cher toute dérive ou prise de contrôle future, même si ça parait impen­sable aujourd’­hui. Le « il suffit de faire un fork » ne peut pas être la seule réponse, même si ça reste une possi­bi­lité.

    Sur un autre ordre, Micro­soft contrôle désor­mais Github, et des chan­ge­ments de poli­tiques peuvent rapi­de­ment avoir un impact critique sur tout l’en­vi­ron­ne­ment open source telle­ment c’est au cœur de tout aujourd’­hui.

    On est sur des enjeux vitaux.


    Même en dehors du logi­ciel libre, les sites et initia­tives dits commu­nau­taires, avec des conte­nus et efforts de tiers béné­voles, peuvent à tout moment bascu­ler vers d’autres inté­rêts. J’ai en tête l’évo­lu­tion d’Open­class­rooms, ex- site du Zéro mais je suis certain de pouvoir retrou­ver 5 ou 10 exemples simi­laires.

    Plus large­ment, sur les conte­nus géné­rés par les utili­sa­teurs, j’ai les dérives de Reddit et Twit­ter en exemple.

    Même sur les entre­prises plus clas­siques, tous les sacri­fices et efforts consen­tis parce qu’il y a une culture ou une mission parti­cu­lière peuvent (et seront) trans­for­més à n’im­porte quel moment en capi­tal par celui qui en a la propriété juri­dique.

    Je me rappelle la culture anti-Accen­ture d’OCTO qui a fina­le­ment été revendu à… Accen­ture. Là aussi, c’est juste le nom qui me vient en tête mais je suis certain d’avoir plein d’exemples en réflé­chis­sant quelques minutes.


    N’y voyez pas forcé­ment des reproches1.

    Je n’ex­clus pas du tout que les personnes de Ruby Central pensent avoir fait ce qu’il y a de mieux pour la commu­nauté. Je crois que c’est une erreur grave mais peut-être que l’al­ter­na­tive aurait eu plus de consé­quences.

    Je ne reproche en rien à Mathieu d’avoir tenté de faire évoluer la struc­ture du Site du Zéro. Je ne vois même pas non plus en quoi on pour­rait critiquer la revente d’OCTO par quelqu’un qui veut juste prendre sa retraite et profi­ter de la vie. Peut-être que j’au­rais même fait ce choix plus tôt à sa place.


    Mon histoire person­nelle, parce que je l’ai vu et vécu trop de fois, m’a rendu très sensible à ces ques­tions. Je refuse de m’ins­crire dans une initia­tive colla­bo­ra­tive, commu­nau­taire ou béné­vole s’il y a un risque de récu­pé­ra­tion tech­nique ou juri­dique. Je ne discute pas les bonnes inten­tions initiales des fonda­teurs ou main­te­neurs, même ceux en qui je pour­rais avoir totale confiance.

    De mon expé­rience la ques­tion n’est pas de si la récu­pé­ra­tion va arri­ver mais de quand, et je me refuse à signer des chèques en blanc, peu importe avec qui.

    Je me rappelle une conver­sa­tion avec un des fonda­teurs de Tech.Rocks. Je pense que je n’ai pas été compris, voire été pris comme abusi­ve­ment critique. Le fait est que ce qui est présenté comme commu­nau­taire ou sans but lucra­tif à un moment donné ne repose pas sur de bonnes bases si derrière c’est une SAS qui gagne en valeur et pourra être reven­due ou exploi­tée. Il faut faire un choix.

    Le mini­mum c’est une struc­ture asso­cia­tive avec un régime qui rend impos­sible la conver­sion future en entre­prise commer­ciale, et des status qui donnent un mini­mum de pouvoir à la commu­nauté pour éviter les détour­ne­ments.


    1. Pas forcé­ment, mais dans la liste, je ne vois aucun moyen de justi­fier les actions d’Au­to­mat­tic. Je ne peux pas non plus justi­fier les déci­sions de Reddit suite à la réac­tion de la commu­nauté. ↩︎
  • Taxer le patri­moine papier

    Ça n’est pas du cash, on ne peut pas juste faire un vire­ment. Ce sont des actions, des inves­tis­se­ments.

    Alors, si on parle des ultra-riches, il est extrê­me­ment peu probable qu’il n’y ait pas au moins 2% liquide ou liqui­dable : des parts de société cotées et des actifs finan­ciers qui sont valo­ri­sables.

    Admet­tons toute­fois. Il y a proba­ble­ment une petite mino­rité de fonda­teurs de star­tup ou des déten­teurs de socié­tés fami­liales1 dont le patri­moine ne serait pas suffi­sam­ment liquide.

    Pas de problème pour autant : Si l’ar­gu­ment est que ce n’est que du papier, alors taxons sous forme de papier.

    Je ne parle pas forcé­ment de trans­fé­rer des parts de société à l’État2 : On peut très bien imagi­ner que l’État ne se serve, au-prorata, que lors des cessions futures (revente, héri­tage) et prenne les éven­tuels divi­dendes entre temps.

    C’est juste un décompte à tenir, rien d’in­fai­sable. On pour­rait même lais­ser les pouvoirs de vote au contri­buable entre temps3 .

    Pas d’im­pact sur la capa­cité de vendre ou de garder, pas d’im­pact sur la capa­cité de dilu­tion ou réin­ves­tis­se­ment, pas d’im­pact sur la direc­tion de l’en­tre­prise. On se contente de récu­pé­rer les divi­dendes (s’il y en a) et les sommes quand il y a trans­for­ma­tion en liqui­di­tés (si ça arrive un jour).

    Ce serait un cadeau immense fait à ces ultra-riches4, mais si ça permet d’avan­cer : go !


    1. Même si ça me pose un problème éthique. Au nom de quoi devrait-on garan­tir qu’une société dite « fami­liale » reste propriété unique ou majo­ri­taire d’une famille ? Ce type de garan­tie ressemble furieu­se­ment à des privi­lèges d’an­cien régime qui ne cadrent pas vrai­ment avec ma vision répu­bli­caine. ↩︎
    2. C’est un compro­mis. Ça ne me semble­rait pas impos­sible mais je sais que ça donne­rait des boutons à certains : La BPI est souvent un inves­tis­seur parmi d’autres en France. On pour­rait faire de même ici avec le trans­fert de parts de société au nom de la BPI (ou autre véhi­cule), et voir la cette dernière indem­ni­ser l’État à hauteur de valo­ri­sa­tions à déter­mi­ner entre eux. ↩︎
    3. C’est là aussi un compro­mis. Ça me semble­rait normal mais je sais que ça donne­rait là aussi des boutons à certains : Si on dit que c’est du papier, ça fonc­tionne des deux côtés. On ne peut pas à la fois refu­ser la liqui­dité en prétex­tant que c’est du papier et refu­ser en même temps de céder au pro-rata ce que repré­sente le papier en ques­tion (dont le pouvoir de déci­sion). Je ne vois pas pourquoi on devrait garan­tir aux ultra-riches qu’ils gardent entier leur pouvoir et leur contrôle sur le monde, comme si c’était un dû. ↩︎
    4. Parce que bon, les pauvres aussi aime­raient pouvoir dire qu’ils gardent le béné­fice de leur patri­moine et ne payent leur impôts qu’à leur mort, en fonc­tion de ce qu’il reste sur le compte en banque à ce moment là. Pourquoi est-ce qu’on fait ce cadeau unique­ment aux riches ? ↩︎
  • Richesse, pauvreté

    Tu es pauvre quand tu n’as pas de quoi mener une vie décente dans la société qui t’en­toure en subve­nant à tous tes besoins de base.

    Tu es aisé quand tu peux t’of­frir ce que les autres n’ont pas, et que tu n’as pas à penser parti­cu­liè­re­ment avant de faire un achat.

    Tu es riche quand l’argent n’est pas une préoc­cu­pa­tion, que tu peux ne pas regar­der ou discu­ter le prix, que tu n’as pas besoin de comp­ter combien tu gagnes ou combien tu as.

    Tu es ultra-riche quand tu as un tel patri­moine que tu n’ar­ri­ve­ras pas à le dépen­ser dans toute ta vie.

    Ce ne sont que mes défi­ni­tions et ça peut bouger avec le temps mais je les aime bien parce que ça reste rela­tif. Ce n’est pas une histoire de montant, c’est une histoire de liberté.

    Le point inté­res­sant c’est que je ne vois aucune raison pour la société d’ac­cep­ter l’ac­ca­pa­re­ment que repré­sente les ultra-riches. Personne n’en profite, pas même eux.