J’en ai marre d’être pris pour un jambon. Le problème, très bien noté dans l’article, c’est qu’il y a eu un défaut sur des milliers de cadres, qu’il a fallu un rappel, et qu’ils n’ont pas su le financer.
La fabrication en France elle a bon dos.
France ou Chine, le problème est surtout qu’ils ont préféré ne pas s’assurer contre ce risque, ou mal.
Je note aussi qu’on se retrouve dans le même cas que VanMoof, c’est à dire que l’entreprise n’a pas pris la peine de penser à la pérennité des vélos vendus en cas de cessation d’activité. Sachant qu’il y a eu un précédent avec VanMoof, cette impasse est un choix de leur part.
Bref, on a juste une classique enterprise qui a rogné des choses qu’elle n’aurait pas dû et qui tente de reporter la faute ensuite.
Il est peut-être temps d’avoir une législation adaptée aux objets connectés, avec une obligation de pérennité sur une durée de vie cible, dont au minimum la divulgation des protocoles, api et signatures en cas de cessation d’activité.
Sérieusement, ça m’agace d’avoir à faire ce billet. Je suis convaincu que tout le monde en a déjà marre et il y a des personnes bien plus pertinentes que moi pour commenter. J’ai juste besoin de répondre à froid et pouvoir lier une réponse plusieurs fois.
Est-ce que ça peut être interprété comme un salut nazi ?
Est-ce que c’est crédible dans le contexte ?
Est-ce que c’est assumé par l’auteur ?
Est-ce que c’est volontaire par l’auteur ?
Est-ce que c’est prémédité par l’auteur ?
La première question ne fait simplement plus débat vu le nombre de personnes qui l’ont lu ainsi, que ce soit chez les proches des néonazi, dans les organisations anti-fascistes, ou chez monsieur-tout-le-monde. Ce n’est pas qu’une caisse de résonance. On a des vidéos de bloggueurs qui réagissent en direct avec de gros yeux.
Sur le contexte, on a un parterre d’alt-right américaine qu’on appelle « white supremacists », donc l’idéologie de suprémacie de race est bien là. Elon Musk lui-même a apporté son soutien récemment au parti qui utilise slogan et symbole nazi. Sur place les tribunes politiques sont faites à partir des représentants des extrêmes droits étrangères. Si c’est difficile à avaler, le contexte est raccord avec une référence au salut nazi.
Elon Musk a partagé ensuite lui-même une courte vidéo avec uniquement le geste, sans rien qui précède ou qui succède pour laisser penser autre chose. Il n’a fait aucune déclaration explicite niant la référence. Ça cadre mal avec quelqu’un qui voit un geste involontairement interprété avec une référence si forte. Intentionnel ou pas, l’interprétation est au moins assumée après coup.
L’autre interprétation possible liée à son discours serait qu’il mime l’envoi de son cœur. Outre la force assez caractéristique, je vous laisse essayer de plein de façon différentes, seul et avec vos amis. Je vous parie que la paume arrivera parfois vers le haut, souvent sur le côté, mais jamais vers le bas, encore moins avec cette forme bien caractéristique pouce replié en dessous. S’il y a potentiellement un double sens, le sens du salut nazi est lui-même bien recherché, volontaire.
Un geste volontaire, assumé, exécuté avec force et clarté au milieu d’un discours qui assure la plausible deniability, Difficile d’imaginer alors que la référence ne soit pas préméditée. Surtout que tout semble bien répété et il y aura bien eu quelqu’un qui lui aurait fait la remarque.
Franchement, que reste-t-il ?
Oui il y a un double sens, c’est le propre de ces dog whistle. C’est reconnu par tout le monde tout en relevant de l’interprétation. Non seulement ça permet de poser une interprétation alternative mais ça permet d’enfler le message via les débats qui en résultent.
Le contrôle des réseaux et de l’informatique par les États-Unis me saute à la figure de plus en plus souvent.
Il y a peu, je lis que les États-Unis interdisent TikTok si l’activité n’est pas revendue à un tiers. L’enjeu c’est est celui de la sécurité nationale avec le fait que c’est une base chinoise et pas une base américaine. En même temps il y a une pression qui commence à se constituer de la part des États-Unis pour que l’Europe ne bride pas les services américains, voire qu’ils considèrent les amendes de régulation de X ou de Meta comme du protectionnisme au titre des règles de libre échange. Si l’impérialisme numérique se faisait par influence, maintenant on est dans le rapport de force clair et net.
Ce n’est pas qu’une question économique. Les libertés et interdits font partie de ce qui nous est imposé. C’est vrai autant pour le légal que pour le légal. Il est intéressant de voir que les IA n’ont pas de filtre avancée pour gérer la vie privée mais qu’elles sont incapables de parler de corps féminin ou de sexe. On importe à la fois leur free speech et leurs tabous.
Où est-ce que ça nous mène ? Je ne sais pas, mais voyant quelle place est amenée à prendre l’IA, le fait qu’elle se fixe sur des règles du jeu d’un seul pays me met quelque part très mal à l’aise.
[á propos d’IA] Tu n’es pas un artiste. Tu es un producteur qui ne paye pas d’artistes, et qui utilise à la place un logiciel qui les vole.
Je ne suis tellement pas d’accord avec ça…
(spoiler : je n’utilise pas d’IA pour créer)
Utiliser un logiciel ne change rien à ma vision de l’artiste. J’ai l’impression d’un combat dépassé tel qu’on aurait pu en avoir entre les peintres et les photographes.
Celui qui utilise l’IA pour générer un texte ou une image, qui réfléchit à ce qu’il veut faire générer, pourquoi, qui va relancer le modèle et modifier sa demande jusqu’à obtenir ce qui lui convient, c’est pour moi totalement une démarche artistique, qui mène à un œuvre de l’esprit au même titre que celui qui utilise d’autres outils.
J’attribue même plus de notion de création à la situation du paragraphe précédent qu’à celle d’un photographe reproduisant des portraits convenus suivant un agencement de lumière identique à n’importe qui d’autre.
Et sur le vol ?
Outre que je ne cautionne pas le terme de vol quand il n’y a pas soustraction du bien volé, je ne vois rien de vraiment inédit là non plus.
Aucun artiste ne crée ex-nihilo. Tous vont dévorer des tonnes d’œuvres, en recopier des traits ou les détourner, s’en inspirer ou s’en éloigner, et alimenter leur propre vision à partir de là. S’il existe une période puis un courant pointilliste, un réalisme, un romantique, un pop-art et plein d’autres, c’est bien avec ce mécanisme.
Celui qui prétend créer autrement qu’après s’être alimenté des œuvres des autres manque au mieux de recul, au pire d’honnêteté.
Ce que fait l’IA c’est industrialiser ce processus, rien de plus.
Alors oui, certains vont abuser de l’outil et pousser l’inspiration trop loin, en s’inscrivant trop dans le détournement du style d’un tiers, voire dans le détournement d’une œuvre. C’est juste vrai aussi pour les artistes sans IA, et pas toujours volontairement.
Tout au plus on peut imaginer qu’il y a une question financière vu que les œuvres servant à l’apprentissage des IA ne sont pas achetées alors que celles servant à l’apprentissage des artistes le sont partiellement. Il ne me semble pas impossible d’y trouver des solutions si vraiment on le doit (ce qui ne me semble pas une évidence).
Et pourtant
S’il devait y avoir un vrai problème avec l’IA, pour moi ce n’est pas la question des artistes ou des œuvres mais celle de la consommation énergétique. Je ne sais pas si les usages artistiques génèrent vraiment un volume significatif mais l’IA en elle-même reste un problème énergétique majeur.
Même en ignorant la question énergétique, le seul problème à la réutilisation des œuvres c’est le risque de tourner en rond. Ces outils sont intrinsèquement faits pour que leurs créations restent dans l’écosystème pré-existant. Ce n’est après tout que de la prédiction statistique très élaborée. Si la masse d’œuvres faites à l’aide de l’IA dépasse un certain seuil, ça va s’auto-alimenter et il deviendra difficile de créer des œuvres qui sortent du lot.
Bon, au pire ça fera revenir l’utilité et l’importance des artistes humains.
Verbaliser les vélos sur l’absence de sonnette, la présence d’un avertisseur sonore autre qu’un timbre, l’absence de catadioptres aux pédales me parait totalement vain. Je n’ai même rien contre les casques audio des cyclistes tant qu’ils sont ouverts aux bruits extérieurs. On a juste mieux à faire pour protéger les cyclistes et autres usagers de la route.
Il y a toutefois une mesure règlementaire qui me semble essentielle :
Les vélos doivent avoir un éclairage fonctionnel la nuit.
Sur ce point, j’aimerais vraiment des politiques de prévention, de verbalisation, et une tolérance zéro.
Je vois la communauté dire « les bandes cyclables ne servent à rien, elles sont contre-productives ». Il y a quelques temps le même discours fleurait sur les sas vélo au feu. Je me méfie des jugements un peu trop binaires.
Est-ce que je préfère des infrastructures séparées « en dur » ? bien entendu. Ce n’est pas toujours possible, que ce soit au niveau place ou au niveau coût.
Est-ce que toutefois je préfère avoir bande cyclable et sas vélo plutôt que rien ? en ville(*), oui(**).
Ça ne joue pas forcément sur la distance avec laquelle je suis dépassé, et peut-être négativement (même si, honnêtement, je suis dépassé de façon dangereuse dans tous les cas).
Ça évite qu’on se rabatte sur moi après le dépassement. C’est régulier à l’approche des feux rouges en l’absence de bande cyclable mais ça arrive aussi hors de ces cas.
Ça me permet un flux séparé quand la circulation est dense. C’est là que tout le monde va me fleurer voire me renverser, redémarrer sur moi, vouloir me dépasser à tout prix. C’est une situation fréquente en ville. Deux voies distinctes c’est bien.
Ça me permet de bénéficier d’une meilleure fluidité, en remontant les files de voitures qui vont moins vite en circulation dense ou en bouchons. Ça me permet aussi de remonter les files au feu rouge pour bénéficier soit du sas vélo soit du céder-le-passage cycliste (M12)
Ça me fait gagner un peu d’attention de la part des conducteurs respectueux quand ils tournent à droite et croisent une bande cyclable au sol. Ça n’empêchera pas les chauffards mais si ça évite un ou deux accidents, je suis pour.
C’est peut-être rien pour vous, expérimentés, mais une bande assure plus de sécurité pour mon fils parce qu’il va rouler dedans au lieu de mal évaluer ce qu’est « sur la droite ». Ça stresse aussi moins ma femme qui s’autorise à y rouler en ville. Même si ce n’est qu’un faux sentiment de sécurité, ça compte quand même.
Ça ajoute de la visibilité aux cyclistes et légitimise leur présence. Ça ne devrait rien changer mais dans les faits une grande partie des problèmes arrive aussi par le sentiment que la chaussée est « pour les voitures ».
Avec une bande on essaie moins de refuser volontairement mes priorités « parce que je suis à vélo », et globalement de me mettre la pression ou de tenter de me pousser hors de la chaussée de façon punitive.
Je finis quand même par un : ça facilite le stationnement des livreurs, qui vont imposer de déboîter. C’est une situation dangereuse, à cause de la visibilité mais aussi de la volonté punitive de certains automobilistes. Serait-ce différent sans bande cyclable ? Pas certain.
Les recommandations de bande cyclable ou bande dérasée sur voie à 70 ou 80 km/h m’interroge toutefois.
Ces solutions favorisent clairement les dépassements trop proches et à trop haute vitesse de la part des motorisés. C’est particulièrement sensible pour les poids lourds (mais pas uniquement).
En même temps, en l’absence, on prend aussi le risque que le conducteur motorisé voit le cycliste trop tard pour freiner ou qu’un véhicule en face l’empêche de se déporter au dernier moment.
Les deux situations sont mortelles. Mes expériences sur nationales et départementales denses ne me rendent pas très positif sur la possibilité de mixer des modes doux avec des motorisés au-delà de 50 km/h. C’est d’ailleurs là qu’il y a le plus de morts à vélo.
(*) Je ne parle que de la ville. Une grande partie des arguments n’a pas de pertinence hors agglomération. Le dépassement devient la problématique centrale. S’il n’est pas possible de faire une bande cyclable extra-large d’au moins 1,5m, alors il est probablement effectivement préférable de ne pas en avoir du tout, surtout avec des poids lourds et une vitesse élevée (si ça les incite à frôler, c’est mortel).
(**) Bien évidemment aussi, je parle de vraies bandes cyclables, pas les traits de peinture qui laissent 50cm de caniveau impraticable.
Les estimations trouvées sur Internet nous donnent un coût de possession de 5 à 7 000 € en moyenne par an.
Bon, c’est une moyenne, il y a forcément des gens en-dessous et des gens au-dessus. Ça reste toutefois une approximation pas si mauvaise.
Difficile à croire, hein ?
Le problème c’est que c’est énormément de dépenses qu’on considère assez normales pour les oublier. Du coup j’ai tenté deux façons de vérifier si la moyenne était réaliste du cas habituel.
La première c’est l’approximation du fisc, pas vraiment connu pour ses largesses. Pour une moyenne de 15 000 km par an, on arrive à entre 6 500 et 7 500 € d’indemnités kilométriques suivant qu’on prend une Clio avec un petit moteur ou voiture plus puissante.
6430 €
4 CV (Petite voiture de base. Exemple : Clio petit moteur)
6750 €
5 CV (Berline classique. Exemple : 308 petit moteur)
7067 €
6 CV (Grosse familiale, SUV et Monospace. Exemple : 3008)
7424 €
7 CV (Gros moteur, voiture puissante)
La seconde estimation j’ai regardé ma 3008 de 10 ans d’âge en listant ce à quoi je pense. J’arrive très facilement au moins à 4 000 € et je suis certain que je sous-estime l’évaluation du coût/risque d’un accident ou d’une casse matériel.
Entretien exceptionnel (housses, tapis, ampoules de phare, clé d’ouverture à distance, mais aussi un rétroviseur cassé, une batterie qui rend l’âme, etc.)
??
Pannes rares mais chères, à lisser sur plusieurs années. Ça compte, et pas qu’un peu.
La vérité c’est qu’on n’y est pas encore. Il faut ajouter les parkings en ville, surface ou sous-terrains, ainsi que l’autoroute. Ce n’est compté ni dans les indemnités kilométriques du fisc ni dans mon estimation sur ma 3008. Combien ? Ça dépend de vous mais ce n’est pas rien.
Mais surtout, et là beaucoup l’oublient, si la voiture ne reste pas dans la rue, il faut compter combien coûte l’espace occupé. Un box c’est entre 600 et 2500 € par an suivant où vous habitez. Une place dans une cour d’immeuble ça compte aussi. Si « vous l’avez donc ça ne compte pas » en fait ça compte quand même, parce que vous pourriez la louer à un tiers, ou avoir acheté/loué un bien moins cher si cet espace n’existait pas.
⁂
Bref, votre voiture vous coûte très certainement beaucoup plus que vous ne le pensez au premier abord. Parler de 4 à 7 000 € pour la plupart des gens n’est pas si délirant.
Évidemment, si vous avez une vieille Twingo qui roule peu, assurée au tiers, que vous espacez vos révisions, ne prenez pas l’autoroute et la garez dans la rue sans parking payant, vous allez taper assez bas.
Attention tout de même à prendre en compte le risque de casse. Si vous comptez tout, on parle quand même très probablement en milliers d’euros. De même que l’assurance au tiers, il faut prendre en compte le coût si d’aventure votre voiture finit bonne pour la casse.
Bien évidemment, tout ça vous considère comme conducteur respectueux des règles. Si vous ajoutez quelques contraventions de stationnement ou de vitesse, la facture augmente assez vite.
En voiture, si vous devez* vous arrêter ici, comment le faîtes-vous ?
J’ai posé la question sur Twitter et Mastodon pour générer un peu de débat mais surtout attirer l’attention sur les occupations de bandes cyclables.
Il y a eu des choses intéressantes.
Préambule : Je vais une synthèse et pas une correction. La seule bonne réponse est de ne pas s’arrêter là, même si vous pensez que vous avez une bonne raison, que vous pensez ne pas avoir le choix, ou que c’est juste pour deux minutes.
S’il faut choisir, la plupart semblent discuter de ce qui gêne le moins ou de ce qui est le moins dangereux.
Trois catégories ressortent :
Ceux qui acceptent de bloquer le trottoir (situation C)
Ceux qui acceptent de bloquer la bande cyclable (situations A et B)
Ceux qui acceptent de bloquer une voie motorisée (A, D, E et F)
L’aspect moral
Et vous, qu’acceptez-vous de bloquer ?
En fait la situation n’est pas tout à fait équilibrée donnée ainsi. Si on bloque le trottoir on va inciter des piétons à contourner par la chaussée, y compris des familles, enfants, personnes âgées dont pour qui ce comportement n’est pas forcément anodin. S’ils remontent la rue, ils vont même arriver sur la chaussée en surgissant de derrière la voiture arrêtée sans qu’on puisse les voir avant. Bref, c’est dangereux.
Un blocage du trottoir c’est aussi un vrai problème pour les PMRs, qui dans le meilleur des cas devront rebrousser chemin puis descendre toute la rue par la chaussée en pleine circulation, voire la remonter à contre-sens.
Si on bloque la bande cyclable on fait contourner les cyclistes. Ça ne semble pas vraiment un sujet aux profanes. Les cyclistes, eux, savent que ça peut être une manœuvre dangereuse. Il y a des morts à cause de ce types de contournement, littéralement, régulièrement. Des morts.
En ville, un blocage d’une voie de circulation motorisée sur les deux peut faire un peu de bazar si la circulation est dense mais ne provoquera certainement rien de grave. Dans le pire des cas, peu probable, on a de la tôle froissée. Si je peux facilement retrouver une dizaine de récits de cyclistes morts en contournant dans la presse, je pense échouer à trouver le récit d’un seul accident grave dû à un arrêt en pleine voie en ville. La peur d’un accident grave par l’arrière en cas d’arrêt est justifiée sur autoroute et sur nationale, mais probablement pas en ville.
Vous me voyez venir, non ? Il s’agit un peu d’arbitrer qui on choisit de gêner mais il s’agit surtout beaucoup de choisir si on crée un danger ou pas, et lequel.
On peut toutefois noter que le schéma A bloque la bande cyclable et la voie de motorisée de droite. Ça n’a quasiment aucun avantage par rapport à la B.
Choix du risque
Si je m’en tiens à l’analyse plus haut, il faut privilégier les schémas D, E ou F. Je soupçonne d’ailleurs que la très grande majorité des votants pour le schéma D soient des cyclistes.
Tous ne sont toutefois pas d’accord. Une minorité de cyclistes préfère contourner plutôt que risquer l’ouverture de portière par l’intérieur que le schéma D rend possible. Ça tient probablement du vécu de chacun, mais aussi certainement des infrastructures et conditions de circulation qu’il rencontre au quotidien.
Quant au choix entre D et E, pas grand monde ne choisit E. Mon intuition me dit que ça tient peut-être de la peur de se faire emboutir par l’arrière. En ville ce risque me semble toutefois faible, et surtout il ne concerne que des débats matériels (assurés), pas du corporel.
L’aspect pénal
Reste le « et le code, il dit quoi ? ».
I. – En agglomération, tout véhicule à l’arrêt ou en stationnement doit être placé par rapport au sens de la circulation selon les règles suivantes :
1° Sur l’accotement, lorsqu’il n’est pas affecté à la circulation de catégories particulières d’usagers et si l’état du sol s’y prête ;
2° Pour les chaussées à double sens, sur le côté droit de celles-ci, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police ;
3° Pour les chaussées à sens unique, sur le côté droit ou gauche, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police.
Les automobilistes l’interprètent souvent comme « le bord droit c’est la bande cyclable » mais ils ont par ailleurs l’interdiction explicite de s’y arrêter (Arrêt dit « très gênant », R417–11) donc ça ne fonctionne pas. Les schémas A et B sont exclus.
Les cyclistes l’interprètent souvent comme « le bord droit possible, sur cette route, c’est la voie motorisée de droite », c’est à dire le schéma D. Il est aussi possible de l’interpréter comme « quand il y a une voie réservé, le bord droit est interdit ».
C’est c’est une route en 2×2 avec un gros terre-plein central, est-ce qu’il y a deux chaussée ou une seule ? Si c’est une seule, elle est à double sens. Si c’est deux, on a un sens unique et l’arrêt à gauche est autorisé, ce qui ouvrirait éventuellement le schéma E si on ne provoque pas de gêne excessive.
Dans tous les cas, il est interdit de s’arrêter sur le trottoir, même avec juste deux roues. Les schémas B et C sont donc exclus. S’arrêter sur le terre-plein est aussi interdit. Autant exclure le schéma F qui de toutes façon n’apporte aucun avantage par rapport au E.
Et toi alors ?
En général je ne m’arrête pas sans un emplacement explicite, même si ça m’arrangerait beaucoup. Si je peux je reste en dehors de la bande cyclable, comme dans le Schéma D.
Je suis convaincu que le schéma E est la bonne façon de faire en ville s’il y a une chaussée distincte pour chaque sens de circulation. En pratique je ne sais pas si j’oserai affronter mes concitoyens pour ça.
Je garde le B en tête, toutefois, si sur place il semble le moins dangereux des trois, ou si je cède à la pression des autres automobilistes qui voudront me faire dégager de la chaussée.
(*) Je pose la question dans ces termes parce que sans l’emphase sur le devoir beaucoup répondront qu’ils ne s’arrêteront pas. En réalité, combien refuseront de s’arrêter sur le bord pour laisser descendre un passager ? Pour aller chercher la pizza s’il n’y a aucun parking tout prêt ? Pour décharger je ne sais quoi de lourd ? Pour attendre quelqu’un qui doit sortir de l’immeuble en face ? etc
Tout le monde dit qu’il n’a pas le choix mais en réalité on sait tous que pour la plupart des arrêts, en réalité on a ce choix. On a juste pas envie des alternatives..
On parle encore d’un problème avec une champione qui aurait trop d’hormones de Testosterone.
Secret de polichinelle : Nous ne sommes pas tous égaux au départ. Nous n’avons pas la même constitution, et ça ne tient pas qu’à nos efforts et notre entraînement. Un petit fera plus facilement un bon jockey qu’un bon basketteur, et inversement.
Est-ce juste ? Probablement pas plus ni moins que le fait qu’un joueur de basket qui fait plus de 2 mètres.
Le fait notable c’est que ce qu’on célèbre des caractéristiques exceptionnelles chez les hommes alors qu’on critique et blâme les femmes pour des anomalies physiologiques.
La femme n’a pas le droit d’être exceptionnelle ou différente. Si elle l’est, particulièrement pour des épreuves de force ou de puissance, on va chercher à lui disputer son statut de femme.
Ça n’est pas le problème actuel ni sa solution — quoique — mais il y a une possible ouverture pour une prise de conscience sur ce vieux sujet toujours d’actualité.
Aujourd’hui le parlement est une machine anti-démocratique. Le mode de scrutin permet au parti dominant de gouverner seul, sans compromis ni concertation, quand bien même ce parti est loin de lui-même représenter une majorité de la population. Les grands partis alternatifs sont écrasés. Les petits partis n’y sont même pas représentés.
Ces dernières années c’était LREM qui avait cette majorité. Demain ce sera probablement le RN. Indépendamment de leur politique, représentant entre 30 et 35 % de la population, il est clair qu’aucun des deux ne devrait être capable de tout décider seul.
Il est plus que temps de retrouver un fonctionnement démocratique et un parlement qui représente la population. Ce n’est pas sans enjeux, ça impose aux élus de discuter entre eux, trouver des compromis et des solutions ensemble. C’est un changement total de politique.
Qu’est-ce que ça veut dire en pratique ?
La façon simple d’imaginer ça c’est d’avoir un scrutin de listes, national.
Le défaut c’est qu’on ne représente pas les spécificités des territoires. Il y a certes des choix individuels mais en pratique, ne nous leurrons pas, c’est déjà une élection qui se fait sur des enjeux nationaux.
Les exceptions sont essentiellement liées aux territoires d’outre-mer mais ils peuvent constituer une liste nationale sans pénalité si, justement, on fonctionne vraiment à la proportionnelle.
Si on tient à garder un ancrage local, on peut envisager un scrutin de liste par région plutôt qu’un scrutin national. C’est ce qu’on a pour les européennes par exemple, mais je vois peu de bénéfice ici.
On peut aussi garder un ancrage au niveau des départements en regroupant les circonscriptions par deux ou trois et en ajoutant des listes pour compenser la proportionnalité au niveau national. C’est plus complexe et je ne suis pas convaincu que ça le justifie.
Je préfère garder la représentation des territoires via le Sénat, dont le mode de scrutin exacerbe déjà les spécificités locales.
Une proportionnelle c’est un changement total de politique.
Si personne n’a intérêt à s’allier, le risque c’est une multiplication des listes avec 20 bulletins possibles. Il sera aussi temps de tester le bulletin unique (un grand bulletin avec toutes les options où on coche la bonne liste, plutôt que 20 bulletins individuels parmi lesquels choisir) mais ça ne réglera pas tout.
Je ne veux pas de seuil minimal (ce qui existe pour les européennes). Je veux que les partis qui représentent 5 % aient une voix au parlement. Ça représente quand même plusieurs millions d’électeurs et presque 30 parlementaires potentiels.
Il faut aussi garder une incitation à ce que chacun ne lance pas une liste indépendante. Une possibilité est de trier les listes par leur importance (par sondage, par proportion dans les élus actuels). Trop se diviser fait arriver bas dans la liste et personne n’y a intérêt. On peut aussi jouer sur les remboursements de frais de campagne, proportionnels au nombre d’élus. Il y a des choses à imaginer.
Le vrai problème c’est que le gagnant du mode de scrutin n’a pas intérêt à le changer, et que rien ne peut être fait sans lui.
Hier c’était LREM, et ils n’ont jamais avancé vers la proportionnelle malgré leurs promesses. Aujourd’hui c’est le RN et j’ai peu d’espoir qu’ils osent passer à une proportionnelle qui les plafonnerait à 30 ou 35 % alors qu’ils ne sont pas loin d’avoir une majorité absolue au parlement.
Et pourtant… On parle de séisme dans les médias mais tout ça serait très différent si on avait un parlement qui représente vraiment la population plutôt que de chercher à savoir quel parti va rafler la mise.