Que se passe-t-il le jour où je ne suis plus là ?

Je peux passer sous un bus et me retrouver soit sur un lit d’hôpital soit dans une boite en chêne. Que se passe-t-il le jour où je ne suis plus là ?

Les données informatiques ne sont pas forcément les premières choses auxquelles mes proches penseront mais j’ai la désagréable habitude de chiffrer les disques et avoir de vrais mots de passe. Pire : je suis l’informaticien de la maison et donc le seul à détenir certaines clefs.

Photos, documents, tout ceci risque d’être perdu si le NAS arrête de fonctionner. Les fichiers qui peuvent trainer sur un Google Drive ou un Dropbox ont eux un compte à rebours. Il y a des vraies données qu’il faut faire vivre plus longtemps que moi.

Livres, textes, codes sources, qu’est-ce que ceux qui restent vont faire de ça ? Sauront-ils même les identifier et quelles sont les possibilités ?

Pour le reste – blog, réseaux sociaux, noms de domaine – je ne sais pas bien quel sens ça a mais je n’ai pas envie de laisser un parcours du combattant pour que mes survivants les éteignent ou les archivent s’ils le souhaitent.

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J’ai beaucoup de questions, peu de réponses. Je peux faire un document qui explique des choses. Le plus compliqué va être qu’il survive et puisse être trouvé facilement. Le papier peut brûler s’il y a vraiment un accident grave, plus probablement il sera perdu avant 20 ans. L’informatique n’est guère mieux : j’ai des sauvegardes mais qui saura y avoir accès sans moi ? qui saura les exploiter et retrouver l’information ?

Même avec ce document, est-ce suffisant pour qu’un non-informaticien se débrouille ? Je n’ai de toutes façons pas envie que ma famille fasse de l’archéologie informatique.

Aujourd’hui je demande à deux proches en qui j’ai toute confiance s’ils peuvent prendre cette lourde charge : transmettre et porter assistance sur ces questions le jour où je ne le pourrai pas. Je ne sais pas comment ça tiendra 50 ans, quelle forme ça pourra prendre.

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Il restera de toutes façons le point central : les clefs, les mots de passe, les identifiants. Je ne peux pas laisser un document avec tout ça, ni sous forme de papier ni sous forme informatique, ni chez moi ni chez d’autres.

Il y a la question de sécurité et de confidentialité tant que je suis encore là, mais aussi que les mots de passe vivent. Comment mettrai-je à jour systématiquement ce document tout en gardant sa confidentialité et sans peser sur les deux proches qui accepteront d’être mes relais ?

On me propose des fichiers chiffrés à poser d’un côté et la clef ou le mot de passe à poser de l’autre. Je ne sais pas quelle pérennité j’ai côté humain. Je crains aussi la technique : Quel est le risque que le chiffrement soit cassé de mon vivant et que les données fuitent ? Quel est le risque que le chiffrement ne soit pas cassé mais que les technologies changent et deviennent difficile à exploiter à ce moment là ?

* * *

Plein de questions, et diablement l’envie de monter yet another side project pour créer ce qui n’existe pas : une plateforme et des outils pour s’occuper de tout cela, simplifier ce qui est déjà difficile humainement et qui ne doit pas être aussi difficile techniquement.

9 réponses sur “Que se passe-t-il le jour où je ne suis plus là ?”

  1. Je n’ai pas lu les liens donnés à la fin, mais pour ma part, j’ai bêtement paramétré mon compte Google pour donner quelques infos. Ce n’est certainement pas parfait, certainement pas très secure non plus, ni privacy-compliant.

    Mais Google a quand même pensé le truc et fait un outil pas si dégueu : il envoie un mail régulièrement pour vérifier les données, dans lesquelles j’ai écrit le nécessaire pour délocker un peu tout ce qui m’appartient. Notamment une procédure (qui vaut ce qu’elle vaut) pour récupérer un mot de passe (il faudrait que je change cette procédure pour que seule ma conjointe puisse le trouver, donc un mélange + ) et ensuite, tout est sur le NAS. Une base keepass avec tous mes comptes en ligne et leur mot de passe (donc beaucoup de boulot pour fermer tout ça propremement, mais je n’ai jamais dit que mourir était un truc simple pour la famille), les accès aux dossiers lockés et/ou chiffrés, etc.
    Après, faut globalement fouiller.

    Il n’y a au final que quelques répertoires qui périront avec moi. Dommage notamment pour tout ce porno accumulé ;)

    Bref, je suis totalement preneur d’une solution. Je crois avoir entendu parler d’une startup qui développait un truc comme ça, mais bon, c’est certainement un truc payant ou sur abonnement, et le problème de la confiance reste, puisqu’il s’agit un peu d’y stocker le point d’entrée de tout.

    Bref, pour résumer, un service à la Google, une procédure pour retrouver un mot de passe principal, et le reste c’est ma base keepass qui contient toujours tout et est forcément à jour.

    ** NB : si Margaux se lançait dans GPG, il y aurait possibilité de déchiffrer le mot de passe via sa clé privée. Ainsi, je pourrais laisser mon mot de passe principal sur un service à la Google sans m’inquiéter de leur curiosité.

    1. Le gestionnaire de compte inactif est une très bonne idée de Google, oui. Ça répond à une partie du problème, effectivement. Reste que ça donne les clefs à Google et à quiconque sait aller chercher dans Google (donc à peu près tous les États / systèmes judiciaires). Même si je n’ai rien à cacher de particulier (et que je me fais peu d’illusion sur le fait qu’un État qui le veuille ait accès à mes données), ça me gêne un peu.

      Sur le principe, sinon j’aime assez (malheureusement ça ne fonctionne pas pour les comptes Google App comme le mien)

  2. Première question à résoudre.

    Que se passe-t-il le jour où je ne suis plus là dans le monde physique. Comme je suis passé par là dernièrement, le monceau de tâches est « intéressant » Une fois que tu as bien compris ce qui se passe déjà, cela te permet de comprendre un peu mieux comment gérer le domaine du numérique et de résoudre les points manquants.

    Pour t’aider un peu :

    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F16507

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