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Patients, usagers, clients

Choi­sis­sez le mot que vous préfé­rez mais je n’ai aucun mal à parler de client là où on fait payer à l’usage. Je suis autant client de mon taxi que de mon TER. Je suis client (je paye) et usager (j’uti­lise) des deux.

J’ai l’im­pres­sion que les profes­sions de santé sont encore plus atta­chées au terme patient. Un méde­cin libé­ral fait pour­tant autant commerce de son savoir et de son exper­tise qu’une autre profes­sion. Ils parlent d’ailleurs eux-même de clien­tèle quand il s’agit de revendre un cabi­net et de le valo­ri­ser. Les profes­sion­nels de santé libé­raux sont d’ailleurs très remon­tés contre l’idée d’être des fonc­tion­naires non libres de choi­sir leur clien­tèle et leurs condi­tions.

Ça ne m’em­pêche pas d’être patient ou usager, et parfois d’être aussi un client. Les termes ne sont pas exclu­sifs. Le terme de client n’est pas sale, le commerce pas honteux. À vouloir les bannir, j’ai l’im­pres­sion des mêmes arti­fices de langue de bois que nos poli­tiques.

4 réponses sur « Patients, usagers, clients »

J’ai cru comprendre (par d’autres discussions) que le terme « patient » en médecine vient du fait que le médecin nous facture des « honoraires », c’est à dire qu’il nous accorde un temps où il **tente** de trouver la raison de notre mal, sans aucune garantie de résultat.
Or certaines personnes estiment que puisqu’elles ont payé le médecin, celui-ci **doit** obligatoirement trouver un remède.
En étant « client », on sait ce que l’on achète au moment de la transaction. Dans le cas de la médecine, impossible d’être sûr que l’on aura un résultat. Je suppose que la différence est là. J’ai peut être mal exprimé le fond de ma pensée mais j’espère que vous comprendrez où je veux en venir.
En général,

Je comprends un peu le principe de après j’ai été consultant et je n’ai jamais hésité à parler de clients quand bien même je ne pouvais garantir de résultat.

Les mots sont importants : ils permettent de faire agir des nuances qui sont autant de garantie contre les « arti­fices de langue de bois ». Le sens lui-même du mot « travail » est très vaste ; mais il est justement objet d’une renormalisation, depuis les années 80 (le travail marchand contemporain).

Ce serait une question strictement individuelle, et constituée exclusivement par des rapports de contrat (ou de nécessité, ce qui apparaît bien plus difficilement) et de rétribution. Il s’avère que le sens du travail diffère pourtant dans les différentes réalités : le sens, par exemple, que lui donne un pompier, un prof, une infirmière ou un éduc. spé. n’est pas réductible à ce cadre : ce sens est le fait d’une vision sociale plus profonde du travail. Il s’agit de pouvoir dire (encore) cette réalité, qui est particulièrement endommagée.

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